Overheard 3 (竊聽風雲3, Hong Kong – Chine, 2014) Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec
Louis Koo, Lau Ching-wan, Daniel Wu, Crystal Huang, Zhou Xun, Michelle Ye, Alex
Fong Chung-sun, Zhang Jing-chu, Wu Xiubo, Ng Man-tat, Kenneth Tsang, Lam
Ka-tung, Huang Lei, Dominic Lam, Stephen Au, Samuel Kwok, Helena Law, Felix
Lok, Chin Ka-lok. 132 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong :
5 juin 2014.
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jeudi 5 juin 2014
mercredi 6 février 2013
The Silent war
En 1949, le morse était le moyen le plus sûr et
discret d’envoyer des messages secrets. Dans cette période de transition et de
troubles entre communistes et nationalistes, il fallait pouvoir communiquer
sans se faire prendre par l’ennemi. Zhang Xuening (Zhou Xun) fait partie de l’unité
701 du gouvernement. C’est une espionne qui cherche à traquer les ennemis
invisibles. The Silent war s’ouvre d’ailleurs
sur une de ses missions où, par la ruse, elle enlève un homme en feignant de
tuer Guo (Wang Xuebing). Ce derniers est son supérieur hiérarchique et, une
fois rétabli, il l’envoie chercher des hommes capables de repérer les signaux des
messages en morse, silencieux à une oreille normale mais audible pour des
personnes plus sensibles.
Qui entend mieux qu’un aveugle ? Personne, pense Zhang Xuening qui tombe dans une salle de
concert sur Bing (Tony Leung Chiu-wai), l’accordeur de piano. Elle était venu
recruter le pianiste mais c’est son employé qu’elle embauche après avoir vu
combien ses capacités sont grandes : le mari de la maîtresse du pianiste
débarque avec ses sbires et Bing l’avait entendu avant de le voir. Elle
comprend qu’il est un homme d’action. Zhang amène son protégé dans un lieu tenu
secret. Enlevant ses lunettes noires, on découvre ses yeux morts qui la fixent.
Cela dérange la jeune femme mais on sent bien qu’elle commence déjà à tomber
sous le charme. Bien entendu, Bing ne remarque pas les regards qu’elle lui
porte mais il les sent.
L’entente entre eux deux est parfaite mais elle doit
convaincre Guo de la valeur de son protégé. Toute une série de tests est mise
en œuvre où Bing, unique aveugle au milieu de voyant portant un bandeau, entend
les sons en basse fréquence, amène Zhang dans une autre pièce et savoure dans
un grand sourire sa victoire. Cette partie, plutôt amusante, permet de
découvrir un monde du contre-espionnage avec ses émetteurs radio, ses chambres
de silence et ses bandes de papier recouvertes de trous. La formation au morse
de Bing est montrée en détail. Or, si Guo doute de Bing, ça n’est pas seulement
à cause de son assurance, c’est parce qu’il est illettré. Ainsi, il ne comprend
pas ce qu’il tape mais retransmet tous les messages qui permettent de traquer
les ennemis (c’est-à-dire les nationalistes et les anti-Mao).
Ces ennemis, Bing finira par les entendre dans la
chambre capitonnée et silencieuse. Ils sont au nombre de six. Avec des images
en surimpression et floutées artistiquement comme pour appuyer le mystère, Bing
détermine précisément qui sont ces gens, comment ils tapent sur le poussoir
(gaucher, droitier, vite lentement), s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Ces images mentales typiques des personnages qui savent tout avant tout le monde est
plaisante, dans une volonté de marquer le caractère énigmatique de la mission. Bing
devient la vedette de l’unité 701, acclamé et applaudi. La traque se précise,
Zhang Xuening va maintenant s’infiltrer dans ce milieu en se faisant passer pour
une femme d’affaires. Après la réflexion de Bing, l’action pour Zhang, la tête et
les jambes. Là, le récit se fait un peu moins passionnant, devient plus
transparent. Jamais le scénario ne jouera sur une éventuelle rivalité entre
Zhang, Bing et Guo, tout concentré dans sa volonté, franchement lassante, de montrer l’unité pour
sauver la patrie de ses traites.
Le film est très inégal dans sa narration abordant
quelques pistes scénaristiques confuses. Il refuse d’établir une liaison entre
Bing et Zhang Xuening mais fait intervenir un autre personnage féminin au
milieu du film. Shen Jing (Mavis Fan) est une collègue qui décrypte les
messages codés de l’ennemi. Seulement voilà, son père est exilé à Taïwan et est
proche du pouvoir nationaliste. Les éventuels soupçons de trahison tombent en
quelques lignes de dialogue : la jeune femme assure l’unité des deux Chine.
Shen Jing tombe amoureuse de Bing. Ils se marient. Son personnage n’aura guère
plus grande envergure. Le récit a alors l’idée malheureuse de faire recouvrer
la vue à Bing par une opération chirurgicale. Cousue de fil blanc, cette
ouverture scénaristique fait que Bing n’arrive plus à entendre les sons bas. The Silent war est un peu long (119
minutes) et le scénario est parfois incohérent mais parvient constamment à
créer des coups de théâtre dignes d’un film d’espionnage qui se respecte.
The Silent war (聽風者, Hong Kong –
Chine, 2012) Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Tony Leung Chiu-wai, Zhou Xun, Mavis Fan, Wang
Xue-bing, Carrie Ng, Gan Ting-ting, Bai Ru, Dong Yong.
vendredi 10 août 2012
Sorties à Hong Kong (août 2012)
The Silent war (聽風者, Hong Kong, 2012)
Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Tony Leung
Chiu-wai, Mavis Fan, Zhou Xun, Wang Xue-bing, Carrie Ng, Gan Ting-ting, Bai Ru,
Dong Yong. 119 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 10 août 2012.
mardi 6 décembre 2011
Infernal affairs III

Deux ans et demi après avoir écrit sur Infernal affairs puis Infernal affairs II, il était temps que j’achève de causer de cette trilogie. Infernal affairs III démarre dès la fin du premier film. Ming (Andy Lau), après une mise à pied et une enquête suite à la mort irrésolue de Yan (Tony Leung Chiu-wai), reprend du service mais dans les bureaux et non plus sur le terrain. Le jour de la reprise de son travail, un jeune policier se suicide. Le seul témoin est l’inspecteur Yeung (Leon Lai), nouveau venu à la police et cela titille Ming qui a l’impression que Yeung n’est pas pour rien dans ce suicide.
Ming décide de chercher des indices sur cet inspecteur qui a une attitude continuellement calme. Jamais il ne semble montrer la moindre émotion, y compris lors de la mort de ce collègue. Un jeu du chat et de la souris s’engage entre les deux hommes, un jeu feutré et sournois. Ming installe sous la voiture de Yeung un émetteur pour suivre ses déplacements, il place des caméras dans son bureau pour le surveiller et surtout avoir le code d’accès de son coffre fort dans lequel Yeung a placé des cassettes où sont sans doute enregistrés des secrets. Yeung n’est pas dupe des petits secrets de Ming, il voit clair dans son jeu. Quand Ming pose l’émetteur, son téléphone sonne, feint de se disputer avec sa femme dont il divorce, mais Yeung a une mini caméra dans sa voiture et tout est filmé. Il a une longueur d’avance sur son adversaire. Ainsi, il s’amuse à regarder frontalement la caméra de surveillance en faisant comme s’il réfléchissait longuement, mettant les nerfs de Ming à rude épreuve (a-t-il deviné ?, se demande-t-il).
Pour les besoins de son enquête, Ming va demander l’aide du Docteur Lee (Kelly Chen). Dans Infernal affairs, on voyait régulièrement Yan venir faire la sieste dans son cabinet. Infernal affairs III montre comment Yan en est arrivé à devoir consulter une psychiatre sur les ordres de son chef, le commissaire Wong (Anthony Wong, que l’on voit peu dans ce volet, tout comme Eric Tsang, tous deux relégués comme personnages secondaires). Ming veut consulter le dossier de Yan, qui se trouve sur l’ordinateur du médecin. Il devra le voler, puis réussir à extorquer le mot de passe pour accéder aux dossiers. Le film revient longuement sur ces consultations de Yan chez le docteur Lee, changeant d’époque fréquemment, passant de six mois avant la mort du flic infiltré dans la triade à un temps bien postérieur à son décès. Et Ming commence lui aussi à s’assoir sur le divan. Le Docteur Lee pratique l’hypnose et il ne va pas tarder à révéler sa vraie nature.
Le fil narratif remonte jusqu’à la mort de Yan avec l’ajout d’un personnage énigmatique. Shen (Chen Dao-ming), tout aussi secret que celui de Yeung, mais qui est dans l’autre camp. De toute façon, avec les personnages de la trilogie Infernal affairs, il ne faut pas s’attendre à ce que quiconque ne soit ce qu’il semble être au premier abord. Sam (Eric Tsang) donne des ordres étranges à Yan, comme s’il voulait le piéger. Yeung fait-il partie des triades ? Connait-il Sam ? Qui est vraiment ce Shen ? Le film se plonge dans le cerveau de Ming qui veut tout voir, connaitre tous les secrets, espionner chacun des protagonistes. Il sombre peu à peu dans la schizophrénie, aidé en cela par une mise en scène qui alterne le passé et le présent, qui met dans le cadre Yan alors qu’il est mort, comme si les deux personnages n'étaient qu'un. J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans cette confusion, mais Andrew Lau et Alan Mak ont choisi de tout expliquer, peut-être un peu trop.
Infernal affairs III (無間道 III, Hong Kong, 2003) Un film d’Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung Chiu-wai, Andy Lau, Leon Lai, Chen Dao-ming, Kelly Chen, Anthony Wong, Eric Tsang, Chapman To, Ng Ting-yip, Wan Chi-keung, Hwang Zhi-zhong, Sammi Cheng, Carina Lau, Edison Chen, Shawn Yue, Lam Ka-tung, Vincent Wan, Courtney Wu, Waise Lee.
Libellés :
Alan Mak & Felix Chong,
Andrew Lau,
Andy Lau,
Anthony Wong,
Carina Lau,
Chapman To,
Eric Tsang,
Hong Kong,
Lam Ka-tung,
Leon Lai,
Sammi Cheng,
Shawn Yue,
Tony Leung Chiu-wai
mercredi 9 novembre 2011
Overheard 2

Overheard 2 n’est pas la suite d’Overheard. Alan Mak et Felix Chong pour leur deuxième film sorti cette année ont repris les acteurs et les ont placés dans des situations et des personnages nouveaux. En revanche, ce qui ne change est le fond de l’histoire. On est encore dans les magouilles des milieux financiers. Un groupe de riches hommes d’affaire s’est constitué depuis 1973 et tient la mainmise sur les entreprises locales depuis. C’est une société secrète ou presque et leur prête-nom est Law man-sang (Lau Ching-wan), le plus jeune et récent membre de ce groupe.
Law est l’objet de surveillance de Joe (Daniel Wu) qui a placé sur sa voiture un traceur. D’une fourgonnette, il le suit dans les rues de Hong Kong, il le pourchasse mais Law tente de le semer. Les deux cinéastes tentent de refaire le coup de génie d’une séquence d’ouverture (celle d’Overheard était magnifique) mais ici, cela fonctionne avec moins de brio. Joe observe Law répondre à une interview à la télévision puis engage une course poursuite. Là encore aucun mot n’est prononcé, on ne connait pas les rapports entre les deux hommes ni la raison pour laquelle Joe poursuit Law.
Ce sera à Jack Ho (Louis Koo qui pour l’occasion porte une barbe de trois jours et a les cheveux gris) de résoudre cette histoire. Jack Ho bosse à la sécurité intérieure. C’est un policier incorruptible qui est allé jusqu’à arrêter sa femme qui s’était livrée à des pots de vin. Ho cherche partout où se trouve Law des micros et il en trouve beaucoup. Très vite, il tombe sur Joe qui surveille Law dans l’immeuble en face, très vite les deux hommes vont jouer au jeu du jeu du chat et la souris. Joe balance quelques explosifs dans les rues et on le retrouve aider sa mère amnésique dans un hospice. C’est lui qui sera au centre du film, un personnage sec, taiseux, malin et a priori, il est méchant du film.
A priori bien entendu. Comment pourrait-il être mauvais alors qu’il prend si soin de sa maman ? Les vrais affreux du film sont les membres du club financiers qui corrompent le système et on découvrira au fur et à mesure pourquoi Joe leur veut du mal. Non pas parce qu’ils sont corrompus jusqu’à la moelle et qu’ils dirigent de leur bureau l’industrie de Hong Kong (la charge contre les financiers est assez grossière) mais parce que Joe estime que Tony (Kenneth Tsang), le chef du clan, est responsable de la mort de son père Szema (Wu Fung). Mais toutes ces informations seront distillées au compte gouttes, dans des tunnels de dialogues explicatifs ce qui alourdit considérablement le film.
Le trio d’acteurs est ce qu’il ya de mieux dans le film. Chacun a un caractère très différent. Louis Koo incarne le calme, Lau Ching-wan l’inquiétude et Daniel Wu la nervosité. Ils se complètent et se répondent. Il faudrait pouvoir oublier ces histoires financières qui sont beaucoup trop développées et ralentissent le récit qui partait sur les chapeaux de roue. Les deux réalisateurs finissent leur film sur un montage alterné digne de Francis Ford Coppola entre le nid d’aigle de Tony assailli par Joe et le bureau de Law où il met en œuvre le plan machiavélique conçu par Joe pour se venger. Jack Ho est entre les deux, il résout une énigme que le spectateur aura déjà compris dix minutes avant lui.
Overheard 2 (竊聽風雲2, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Felix Chong et Alan Mak avec Lau Ching-wan, Louis Koo, Daniel Wu, Michelle Ye, Alex Fong Chung-sun, Chrystal Huang, Kenneth Tsang.
dimanche 6 novembre 2011
The Lost Bladesman

Il était logique que Donnie Yen ait sa version de l’histoire des trois royaumes. En tant que plus grosse star actuelle de Hong Kong et de Chine (puisque ses films sont aujourd’hui conçus pour pouvoir être présentés au public continental), il ne pouvait pas manquer un concept qui a réussi à John Woo avec ses deux Red Cliff et à Andy Lau avec Les Trois royaumes, la résurrection du Dragon de Daniel Lee (que je n’ai pas vu d’ailleurs). Voici donc The Lost bladesman tourné par Alan Mak et Felix Chong, essentiellement connu pour avoir travaillé avec Andrew Lau pour la trilogie Infernal affairs.
Donnie Yen est le général Guan Yu, un homme courageux et passionné comme dit de lui Cao Cao (Jiang Wen), le premier ministre de l’empereur (Wang Bo-chieh). Cao Cao gouverne seul l’empire car le jeune souverain ne sent pas encore prêt. Mais les guerres entre les trois royaumes font rage. Cao Cao souhaite faire de Guan Yu son allié pour combattre Yan Liang (Chin Siu-ho), son principal rival. Mais le général préfère rejoindre son maître, Liu Bei (Alex Fong Chung-sun) et partir avec la belle Qilan (Betty Sun), promise à Liu Bei mais dont Guan Yu est tombé amoureux il y a de cela des années. Jamais il ne lui a dit mais elle l’a compris et n’est pas insensible au charme de son garde du corps.
Le voyage commence mais Cao Cao fait partir ses pigeons voyageurs à ses mercenaires et décide de tuer Guan Yu, malgré ses promesses de le laisser libre. Le film après une longue introduction prend la forme d’un road-movie où tous les quarts d’heures Guan Yu se bat contre un des mercenaires. L’impression de répétition se fait assez vite sentir, la construction du récit est assez lâche et sans ossature. D’un côté, Donnie Yen (qui a dirigé les scènes de combat) rencontre son ennemi, se bat dans une chorégraphie souvent dynamique et plus réaliste que d’habitude. Je veux dire par là que personne ne vole, ne se déplace ; les combats sont une tradition à la Liu Chia-liang. D’un autre côté, les sentiments amoureux mais interdits entre Guan Yu et Qilan se développent. Cet amour ne se concrétisera pas et de toute façon, il faut savoir garder sa pudeur pour le public.
Ce qui intéresse plus est l’affrontement entre Cao Cao et Guan Yu. Cet affrontement est double. Dans les personnages, Cao Cao a un profond respect pour son adversaire. C’est même de l’admiration tant Guan Yu fait preuve de loyauté, jusqu’à l’aberration d’ailleurs. Guan Yu ne comprend rien à la politique, c’est un soldat avant tout, dont le seul destin est de se battre pour son souverain. The Lost Bladesman commence par l’enterrement de Guan Yu que son bourreau a pourtant voulu rendre exceptionnel. Car Guan Yu était un héros. Il a toujours agi de manière héroïque et c’est cela que Cao Cao admirait. Le deuxième affrontement est entre les acteurs. Jiang Wen vole toutes les scènes qu’il partage avec Donnie Yen qui, parce qu’il joue un personnage univoque, joue de manière très statique. Jiang Wen campe un personnage retords et ambivalent. Son jeu est très fort puisqu’il offre de l’humanité à cet homme machiavélique de politicien. Mais peu importe, on sait tous pourquoi on regardera ce film : pour l’agilité de Donnie Yen. Mais pendant combien de temps réussira-t-il à nous intéresser ? Va-t-il se renouveler ? La suite au prochain numéro.
The Lost bladesman (關雲長, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Donnie Yen, Jiang Wen, Chin Siu-ho, Betty Sun Li, Andy On, Wang Bo-chieh, Alex Fong Chung-sun, Zhao Ke, Li Zong-han, Nie Yuan, Wang Xuebing, Chen Hong, Hei Zi, Yu Ai-lei, Shao Bing, Dong Yong, Zhou Bo.
jeudi 18 août 2011
Sorties à Hong Kong (août 2011)
jeudi 28 avril 2011
Sorties à Hong Kong (avril 2011)
The Lost bladesman (關雲長, Hong Kong - Chine, 2011)
Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Donnie Yen, Jiang Wen, Chin Siu-ho, Betty Sun Li, Andy On, Wang Bo-chieh, Alex Fong Chung-sun, Zhao Ke, Li Zong-han, Nie Yuan, Wang Xuebing, Chen Hong, Hei Zi, Yu Ai-lei, Shao Bing, Dong Yong, Zhou Bo. 109 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 28 avril 2011.
mardi 20 octobre 2009
Overheard
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Overheard commence par l’une des meilleures scènes d’ouverture vue dans le cinéma cantonais depuis des mois. Les deux cinéastes scénaristes Alan Mak et Felix Chong, inventeurs dans une certaine mesure, des Infernal affairs reviennent avec un polar noir et cette séquence inaugurale récompensent ceux qui espéraient un film policier hongkongais digne de ce nom.
Tout se passe la nuit. Après un court générique, on voit une faible lumière vacillante dans un immeuble. En face, des policiers sont devant leurs moniteurs pour surveiller. Johnny (Lau Ching-wan), Max (Daniel Wu) et Gene (Louis Koo) apparaissent dans cet immeuble de bureaux vides. Ils entrent par effraction avec de fausses clés. Ils s’introduisent dans les bureaux et font leurs petites affaires. En l’occurrence, installer des caméras de surveillance et des micros dans toute l’entreprise E&T. Ils travaillent pour une section de la police chargée des crimes financiers. Toute cette séquence de cinq minutes se fera dans le silence le plus absolu, sans musique ni dialogue. Une merveille de mécanique de précision dans la mise en place du récit.
Mais il faut bien entendu briser cette mécanique pour que le film commence. C’est Monsieur Low (Waise Lee), administrateur de E&T, qui revient à l’impromptu créant le risque de tout faire foirer. Les trois policiers vont devoir se cacher et improviser pour ne pas se faire prendre. Un subterfuge est créé (un fax est envoyé) donnant le temps à Gene de sortir des bureaux et d’enfiler un uniforme de vigile pour faire diversion. D’autres policiers s’apprêtent à arriver pour une éventuelle intervention. Gene maîtrise la situation et Monsieur Low ne s’aperçoit de rien. Ils finissent d’installer l’attirail d’espionnage et rentrent dans leur planque dans l’immeuble d’en face.
Après une scène si forte, le spectateur serait en droit d’attendre un polar racé et sec. Il viendra par intermittence, mais on aura droit auparavant à une exposition des personnages principaux et secondaires un peu datée. D’abord nos trois policiers. Max est un jeune flic un peu naïf. Il s’apprête à se marier avec la fille d’un de ses supérieurs hiérarchiques. Il subit son futur beau-père comme un poids. Un bel appartement leur est offert ce qui détonne avec le faible salaire de Max. Gene est un père de famille (quatre enfants) dont l’un est atteint d’une grave maladie. Gene apprendra lui-même qu’il a un cancer très avancé. Johnny sort avec la femme de son collègue. Ils viennent de se séparer mais elle ne lui a pas dit qu’elle a un nouvel amant.
Chacun de nos trois personnages cherche de l’argent pour des raisons différentes. Ainsi quand il entendent en surveillance que E&T doit faire une affaire douteuse en bourse, ils gardent l’information pour eux et décident d’en profiter pour se servir dans les échanges des traders. Cela provoquera une réaction en chaîne. Le grand chef de E&T, Will Ma (Michael Wong) veut mettre la main sur ceux qui lui ont volé l’argent qu’il cherchait à gagner illégalement. Il va s’agir pour Johnny, Max et Gene de cacher à la police leurs renseignements et de se cacher des sbires de Will Ma qui veulent leur faire la peau.
Overheard joue donc une partie de cache-cache entre ceux censés tout savoir et tout voir et les gens espionnés qui sont de vrais salauds. Alan Mak et Felix Chong font preuve d’une belle rigueur dans la mise en place des mouvements scénaristiques même s’ils semblent parfois un peu déjà vus. Ils offrent également un retournement de situation qui permettra de dénouer un récit d'une belle noirceur.
Overheard (竊聽風雲) Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Lau Ching-wan, Louis Koo, Daniel Wu, Zhang Jing-chu, Alex Fong Chung-sun, Stephen Au, William Chan, Queenie Chu, Henry Fong, Lam Ka-wah, Waise Lee, Lok Ying-kwan, Sharon Luk.
jeudi 30 juillet 2009
Sorties à Hong Kong (juillet 2009)
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Overheard (竊聽風雲)
Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Lau Ching-wan, Louis Koo, Daniel Wu, Zhang Jing-chu, Alex Fong Chung-sun, Stephen Au, William Chan, Queenie Chu, Henry Fong, Lam Ka-wah, Waise Lee, Lok Ying-kwan, Sharon Luk. 100 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 30 juillet 2009.
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Tracing shadow (追影)
Un film de Francis Ng et Marco Mak avec Francis Ng, Pace Wu, Jaycee Chan.90 minutes Classé Catégorie IIA. Sortie : 30 juillet 2009.
dimanche 12 avril 2009
Infernal affairs II
Comment Ming et Yan sont-ils devenus des infiltrés ? Comment se fait-il que Sam et l'Inspecteur Wong se connaissent-ils tant ? Voilà quelques questions que se sont sans doute posé les spectateurs devant le premier opus. On connaît le pragmatisme de l'industrie du cinéma à Hong Kong, il était logique que, devant l'immense succès public et critique de Infernal affairs, les producteurs du film aient décidé de tourner une suite. Problème majeur : un des personnages principaux disparaît à la fin. Après quelques réflexions, les scénaristes ont opté pour développer la genèse des quatre personnages principaux. Infernal affairs II est donc sorti le 1er octobre 2003 sur les écrans de Hong Kong, soit dix mois seulement après Infernal affairs.
Ming, le gangster infiltré chez les flics était interprété par Andy Lau (il reprendra son rôle dans Infernal affairs III), il est ici joué par Edison Chen. Le rôle de Yan, le flic infiltré dans les triades de la famille Ngai était tenu par Tony Leung Chi-wai. C'est Shawn Yue qui fait Yan jeune. Par chance, l'Inspecteur Wong et Sam sont toujours joués par Anthony Wong et Eric Tsang. C'est avec ces deux personnages que le film commence en 1991. Sam, membre du clan des Ngai, est allé manger au poste de police de Kowloon avec son ami l'Inspecteur. Ils ne savent pas encore que l'Oncle Kwun va être assassiné ce soir. Et ce meurtre va changer profondément leur destin respectif.
Place au passé ! C'est Ming qui a tué Kwun Ngai. Le jeune homme est fasciné par les montres (pourquoi pas), symbole à ses yeux de réussite. Le meurtre a été commandité par Mary (Carina Lau), la femme de Sam. Mais il se pourrait que tout ne soit pas aussi simple que ces apparences le laissent supposre. Qui est réellement derrière l'assassinat du chef de la triade ? Certes Mary veut protéger son mari, mais la solution semble expéditive. Et Ming, après son meurtre, s'engage dans la police pour devenir une taupe. Et l'Inspecteur Wong demande à Yan, par ailleurs demi-frère de Hau Ngai (Francis Ng) héritier de l'Oncle Kwun, d'infiltrer la triade. Plus personne n'est tout blanc, plus personne n'est tout blanc.
Comme dans beaucoup de films de triades, c'est la fidélité des protagonistes qui est le sujet principal. Quand Hau Ngai prend le pouvoir, il met rapidement à l'épreuve quatre chefs de clan qui aimeraient bien prendre la place vacante. De la même façon, la position des jeunes Ming et Yan n'est pas certaine. Ming va au fil des ans devenir commissaire adjoint de Wong et Yan est en bonne place pour devenir le parrain de la famille Ngai. L'Inspecteur Wong se retrouve dans une position délicate face à la Justice ; quant à Sam, il est obligé de s'exiler en Thaïlande où il refait sa vie. Le film se termine au moment de la Rétrocession , tout va changer dans la continuité, nous disent les cinéastes.
Il faut parfois s'accrocher pour comprendre tous les méandres du scénario de Infernal affairs II qui, en 115 minutes, propose de nombreuses chausse-trapes, coups de théâtre et autres rebondissements. Andrew Lau et Alan Mak privilégient l'effet de surprise en inversant la temporalité de ces chocs scénaristiques. Comme chacun le sait Lau est aussi son directeur de la photographie (ici avec Ng Man-ching), le film arbore une teinte bleutée qui déclare largement la déprime générale des personnages.
Hong Kong est un pays royal pour les acteurs. Il ne sera donc pas surprenant qu'on fasse ici, encore une fois, l'éloge d'Anthony Wong, d'Eric Tsang, de Carina Lau et de Francis Ng (très sobre dans son rôle d'ordure intégrale). Le choix de Edison Chen et de Shawn Yue est lui aussi idéal. Leur juvénilité, leur ressemblance physique, leur candeur remplissent tout à fait la fonction de transparence que veut leur rôle. Infernal affairs II est une vraie réussite qui confirme l'idée, parfois trompeuse, que les N°2 des trilogies sont les meilleurs.
Infernal affairs II (无间道 II, Hong Kong, 2003) Un film de Andrew Lau et Alan Mak avec Anthony Wong, Eric Tsang, Francis Ng, Carina Lau, Shawn Yue, Edison Chen, Hu Jun, Chapman To, Roy Cheung, Liu Kai-chi, Yu Chiu, Kara Hui, Andrew Lin, Henry Fong Ping, Arthur Wong, Peter Ngor, Teddy Chan, Joe Cheung, Wan Chi-keung, Wu Kwan, Kelly Fu, Alexander Chan, Hera Lam, Eva Wong, Brian Ireland, Bey Logan.
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Kara Hui,
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samedi 11 avril 2009
Infernal affairs
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Andrew Lau a bien fait de quitter Wong Jing et la série des Young and dangerous pour proposer une vision, désormais classique, du film de flics et voyous. C’est le miracle de Infernal affairs qu’il a tourné avec Alan Mak sur un scénario de ce dernier avec Felix Fong. Ce qui impressionne tout d’abord dans le film, c’est son casting impressionnant avec deux des plus grandes stars dans les rôles principaux et mes préférés Anthony Wong et Eric Tsang.
Infernal affairs commence à l’école de police où les jeunes futures recrues nous sont présentées. Lau Kin-ming et Chen Wing-yan s’entraînent durement et en quelques minutes, on apprend que chacun d’entre eux sera une taupe infiltrée dans le camp inverse. Les deux jeunes flics sont joués par Edison Chen et Shawn Yue, qui reprendront leurs partitions dans Infernal affairs II. Seuls l’inspecteur Wong (Anthony Wong) et le chef de la police seront au courant que Yan est infiltré dans les triades.
Le film continue dix ans plus tard avec le visage de Tony Leung Chiu-wai qui se substitue à celui de Shawn Yue. Le chef de la police vient de mourir et Yan aimerait assister à l’enterrement, mais il ne peut pas se dévoiler. Wong est l’unique policier à connaître ce secret si difficile à supporter désormais pour Yan qui n’a pas de vie personnelle tout au service de Sam (Eric Tsang). Pour trouver un peu de calme, il va régulièrement chez sa psy le Docteur Lee (Kelly Chen), non pas pour parler mais pour dormir. Il profite d’une séance pour lui avouer, avec un petit sourire, qu’il est un flic. Yan n’a pas de vie, mais aurait pu en avoir une, comme le suggère la rencontre avec May et sa jeune fille qui pourrait justement celle de Yan.
A l’opposé, la vie de Ming (Andy Lau) est beaucoup plus rangée. Il est donc un membre de la triade de Sam infiltré chez les flics. Toujours habillé avec de chics costumes cravate type Armani, il s’apprête à emménager avec sa fiancée Mary (Sammi Cheng), écrivaine. Ming rencontre d’ailleurs Yan dans un magasin de chaines hi-fi. Dès ce moment, un jeu du chat et de la souris va s’entamer entre eux, chacun ignorant bien entendu la fonction de l’autre. Heureusement d’ailleurs. Mais l’inspecteur Wong se doute qu’un mafieux est infiltré tout autant que Sam est persuadé qu’une taupe a fait capoté un achat de drogues avec des thaïlandais.
Comment communiquer avec l’autre, avec celui qui connait le secret est le grand problème d’Infernal affairs. Ming se contente de téléphoner à Sam, quand il le peut, pour donner les informations sur les enquêtes de Wong. Mais l’affaire se corse quand Wong demande à ce que personne ne téléphone, Wing doit trouver des moyens pour communiquer. Yan lui informe Wong grâce au morse. Mais les secrets sont révélés via la technologie, forcément. Car au milieu, ceux qui savent disparaissent, ce qui va poser un gros problème à Yan qui n’a désormais plus aucun moyen de revenir à une vie normale.
Film sur les faux semblants, sur le mensonge, sur l’effet miroir (Yan et Wing ne sont finalement qu’une seule personne à deux facettes), comme ce fût le cas dans Face/off de John Woo ou Running out of time de Johnnie To, Infernal affairs révèle une surprise finale. Deux fins ont été tournées. L’une amorale où Wing s’en sort. Version officielle pour le public hongkongais et le nôtre. Une autre, plus classique et morale, où Wing commet les meurtres de Yan et du personnage de flic de Lam Ka-tung, mais il se fait arrêter par la police. Bien évidemment, la première fin est plus savoureuse. Le reste c’est l’histoire du cinéma : deux suites et une parodie signée Wong Jing, le navrant Love is a many stupid thing.
Infernal affairs (無間道, Hong Kong, 2002) Un film de Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung, Andy Lau, Anthony Wong, Eric Tsang, Sammi Cheng, Kelly Chen, Elva Hsiao, Chapman To, Lam Ka-tung, Edison Chen, Shawn Yue, Berg Ng, Wan Chi-keung, Dion Lam, Tony Ho, Yuen Wai-ho.
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