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dimanche 11 mai 2014

Midnight zone


Midnight zone est composé de trois sketches autour de fantômes qui viennent hanter les vivants. Dans Headless soul, un policier (Jerry Lamb) doit surveiller une scène de crime pendant la nuit. Dans Hit and run, un couple (Elvis Tsui et Liz Kong) tue accidentellement un piéton (Joey Leung) qui revient les hanter à leur domicile. Dans Midnight dinner, la grand-mère (Helena Law) d’une famille composée du père (Anthony Wong), de la mère (Kingdom Yuen) et de deux enfants revient la septième nuit après sa mort dans l’appartement familial.

Les trois histoires se déroulent pour l’essentiel de nuit avec chacune une idée autour des fantômes chinois. Mais c’est d’abord la peur des personnages principaux qui est mise en avant. Pour le policier, c’est la découverte des signes de la présence d’un revenant qui commence à l’angoisser. Un bruit étrange, une machine à écrire qui tape toute seule, des papiers qui s’envolent, des lumières qui s’allument sans raison. L’ennui, la solitude et la faim font redoubler ses craintes sur la présence d’un fantôme.

Sa supérieure se moque de son angoisse tandis que le gardien du lieu explique rationnellement ces phénomènes surnaturels. La peur du couple du deuxième sketch vient du remords d’avoir fui quand leur voiture a percuté le piéton (qui portait un t-shirt avec un dessin du panneau STOP). Pas de chance pour eux, le fantôme du mort vient habiter en face de chez eux, et avec un grand sourire, les harcèle pour qu’ils reconnaissent leur forfait. Les incantations taoïstes que fait le couple ne chasse pas le fantôme qui perturbera définitivement leur vie.

Le troisième sketch a également une base religieuse. La famille attend avec angoisse le septième jour, celui où les morts partent dans l’au-delà. Tout le monde a quitté l’appartement pour éviter la visite du fantôme de la grand-mère mais elle viendra tout de même les hanter. Ils ont été incapables de partir de chez eux. Il faut dire que le fils comme la belle-fille sont des égoïstes qui n’ont jamais cessé de mal traiter la vieille dame. Ils ont peur qu’elles viennent se venger. La visite se transforme en cauchemar pour les parents et les deux enfants.

Midnight zone est d’abord un film avec une épaisse morale sur l’honnêteté et le respect des anciens. Le message est édifiant et dit, en substance, qu’il faut vivre avec ses valeurs de peur que l’au-delà vienne hanter les malfaisants. Mais, par chance, cette leçon de morale est contrecarrée par un humour potache. Le duo Elvis Tsui et Liz Kong est très poussif dans l’inquiétude burlesque qui les fait agir avec inconséquence. Celui entre Anthony Wong et Kingdom Yuen, tout en lâcheté devant l’arrivée du fantôme de la vieille dame, est bien plus savoureux.

Midnight zone (迴轉壽屍, Hong Kong, 1997) Un film de Wilson Yip avec Jerry Lamb, Spencer Lam, Liz Kong, Elvis Tsui, Joey Leung, Anthony Wong, Kingdom Yuen, Helena Law, Wong Wai-nam, Maggie Wong, Kim Yip, Chiu Yue-ming, Chan Chiu-ming, Lee Kin-yan, Wilson Yip.

jeudi 30 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Golden Chickensss


Golden Chickensss (金雞 SSS, Hong Kong, 2014) Un film de Matt Chow avec Sandra Ng, Louis Koo, Michelle Chen, Nick Cheung, Tony Leung Ka-fai, Donnie Yen, Anthony Wong, Dayo Wong, Shawn Yue, Alex To, Eason Chan, Ronald Cheng, William So, Chapman To, Wyman Wong, Edison Chen, Lo Hoi-pang, Chin Ka-lok, Cheung King-hin, Eddie Cheung, Jim Chim. 99 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 30 janvier 2014.

jeudi 9 janvier 2014

Le Petit revenant


Johnnie To et les fantômes, c’est une longue histoire qui a commencé en 1986 avec Happy ghost III, s’est poursuivi avec Le Petit revenant (les deux films sont produits par l’inénarrable Raymond Wong Bak-ming) puis a continué avec Wai Ka-fai (My left eye sees ghosts en 2002 et Mad detective en 2007). Le fantôme ici est un enfant, le petit Bobo (Cheng Pak-lam), habillé avec son uniforme de base-ball. En début de film, ses parents – fortunés – quittent leur immense demeure par désespoir d’avoir perdu leur fils. Ce dernier pouvant les voir mais ne parvenant pas à se faire voir.

Le but du film de Johnnie To est donc de faire en sorte que Bobo puisse se réincarner pour enfin avoir une nouvelle belle vie. Qui va l’aider ? King (Tony Leung Chiu-wai) et Meng (Kent Cheng), préposés aux parcmètres, célibataires et passionnés d’électronique. Ce qui veut dire en gros que les deux collègues vont découvrir l’existence de ce petit revenant grâce à la tentative de séduction qu’ils exercent sur Mona (Sonia Su) et sa cousine (Kingdom Yuen). Les deux femmes se trouvent être les cousines du petit Bobo.

Johnnie To cherche à produire un film de fantômes non pas tourné vers le passé, avec des revenants qui se déplacent en sautillant, avec des talismans que les vivants apposent sur le front des fantômes pour se protéger. Le cinéaste s’éloigne de la mode de l’époque des fantômes pour faire de l’électronique le moyen de pénétrer dans le royaume des morts. Le professeur Lion Head (John Shum), savant un peu fou va aider le quatuor à communiquer avec Bobo. Les lieux où vivent les défunts anticipent les bas-fonds des deux Heroic trio, lumière bleue et grands mouvements de caméra (le film a été co-réalisé officieusement par Ching Siu-tung).

A vrai dire, le scénario du Petit revenant n’a aucune importance, les personnages ne font que des allers et retours entre les mondes de vivants et des morts. Ici, le méchant ultime du film est Cheap Chan (Anthony Wong). L’acteur joue un cousin du petit Bobo, un homme maléfique  qui a enlevé le gamin contre une rançon caché dans une peluche. Sauf que le gamin a été étouffé par toutes ses peluches et qu’il est mort. Anthony Wong excellait dans ces rôles de taré. Pour camper ce cousin dégénéré, il postillonne à chaque mot et avale goulument sa salive avec un grand « slurp » chaque fois qu’il a commis un acte répréhensible.

Du coup, chacune des apparitions de l’acteur est attendue avec une certaine impatience, d’autant que les personnages des gentils ne sont pas forcément intéressants. Tony Leung Chiu-wai doit ainsi se contenter de jouer un joli jeune homme bien propre sur lui et qui n’attend que l’amour. On lui demande de sourire gentiment. L’acteur ne jouera plus jamais dans un film de Johnnie To. De plus, les romances plaquées sur son personnage avec Sonia Su sont fades. Le Petit revenant est ainsi constitué de deux films, l’un gentil et sans saveur, l’autre pervers où le méchant se permet les pires horreurs. C’est ce côté que Johnnie To développera dans ses films suivants, notamment avec Anthony Wong.

Le Petit revenant (Lucky encounter, 踢到寶, Hong Kong, 1992) Un film de Johnnie To avec Tony Leung Chiu-wai, Kent Cheng, Cheng Pak-lam, Anthony Wong, Sonia Su, Kingdom Yuen, John Shum, Wong Yat-fei, Sylvia Chang.

jeudi 5 décembre 2013

Sorties à Hong Kong (décembre 2013) The Four 2


The Four 2 (四大名捕2, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Gordon Chan et Janet Chun avec Anthony Wong, Ronald Cheng, Ngai Sing, Liu Yi-fei, Deng Chao, Ken Lo, Cheng Tai-shen, Lai Xi, Wu Xiubo, Liu Yan, Jiang Yi-yan, Sheren Tang, Wu Ying-jie, Waise Lee, Bao Bei-er, Miao Chi, Michael Tong. 117 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 5 décembre 2013.

dimanche 3 novembre 2013

My name ain't Suzie


L’intérêt principal de My name ain’t Suzie est de voir Anthony Wong dans son tout premier rôle au cinéma. L’acteur, qui n’avait fait que de la télé, est crédité, dans cette production Shaw Brothers, sous le nom d’Anthony Perry. A cela il y a une raison scénaristique. Il faut admirer ses cheveux ondulants et ses chemises occidentales qui contrastent avec les autres acteurs chinois, il incarne Jimmy un jeune métisse à la recherche de son père américain qu’il n’a jamais connu. Nous sommes au milieu des années 1950.

Jimmy traine la plupart du temps dans le Lucky Bar tenu par Lin Yuk (Angela Yu), surnommée Little Lady. Une main de fer dans un gant de velours. Il est devenu son amant bien qu’elle puisse être sa mère. Il ne l’aime pas vraiment, regarde toujours les jeunes femmes qui travaillent dans le bar. S’il traine là, c’est parce que le lieu est fréquenté par des marins à qui Jimmy demande s’ils connaissent son père. Il montre une photo de son père qui jouxte celle de James Dean, son idole.

Parmi toutes les filles qui servent à faire cracher leur argent à ces marins américains, Chiu-mei (Pat Ha) est celle qui intéresse le plus Jimmy. Elle vient de la campagne sans vraiment comprendre qu’elle serait son métier à Hong Kong. Elle pensait juste se faire un peu d’argent et revenir aider sa famille. C’est Monie (Betty Ting) qui l’a convaincu de venir travailler au Lucky Star. Monie était de son village et elle a réussi dans la vie, comme on dit. Chiu-mei veut, comme Monie, avoir de belles robes.

La première partie de My name ain’t Suzie est consacrée à l’apprentissage de Chiu-mei qui adopte le pseudonyme de Mary. On découvre les jeunes recrues toutes naïves devant le maquillage qui sent mauvais selon leur critères, le dédain des employées déjà blasées alors qu’elles ne doivent avoir que quelques mois d’ancienneté et l’apprentissage de la séduction avec un slogan imparable à sortir aux marins « no money, no horny », soit pas d’argent, pas de plaisir. Le film en reste aux clichés sur le changement des jeunes filles qui passent de le tenue traditionnelle aux belles robes colorées et sexy.

Quand Jimmy et Chiu-mei commencent à flirter, Little Lady voit rouge. La patronne se sent vexée d’être mise sur le banc. Puis Jimmy quitte le film quand il retrouve son père. Avec sa cousine Leung, Chiu-mei décide de quitter la boite à marins pour fonder sa propre entreprise avec les risques du métier. En l’occurrence, le poids des triades qui commencent à sévir. Elles vont se faire aider par Wong Ying (Deannie Yip, la future grand-mère de A simple life d’Ann Hui), personnage androgyne qui porte le pantalon et fume le cigare. Leur duo est croustillant.

Le film d’Angela Chan joue sur plusieurs tableaux. C’est d’abord un film d’époque qui se déroule sur une vingtaine d’années. Elle montre la transformation de Hong Kong par le prisme de l’évolution des mœurs en se concentrant sur un quartier unique. Mei-li était une jeune fille innocente, elle deviendra une proxénète aguerrie. C’est surtout une romance contrariée parfois un peu poussive. La conclusion, un peu moralisante, se veut plus mélancolique quand Mei-li se rend compte qu’elle a raté sa vie amoureuse.

My name ain’t Suzie (花街時代, Hong Kong, 1985) Un film d’Angela Chan avec Pat Ha, Angela Yu, Betty Ting, Anthony Wong, Deannie Yip, Kwan Yik-nam, Lee Sze-ping, Colette Goo, Kelvin Wong, Wong Wai, Che Fong.

lundi 29 juillet 2013

Don't fool me


Ils étaient amis au lycée et un jour, ils se retrouvent après des années sans s’êtres vus. Hero Wah (Andy Lau) n’a jamais eu de diplôme. Petite frappe qui vit grâce à ses poings qu’il utilise à escroquer de pauvres gens (dont le gentil Wong Yat-san alias la Tortue) pour le compte de Shing Fui-on, un sbire des triades. Cheung Ho-kit (Tony Leung Chiu-wai) est courtier en assurance et travaille pour une grosse entreprise. Kit fait comprendre à Wah que son boulot est bien plus compliqué que le sien tant il doit croiser des gens bizarres. Ils décident alors d’échanger leur poste pour faire le travail de l’autre.

Changement d’abord de tenue. Wah troque ses fringues décontractées pour un costume de bureau. Hero Wah rencontre Madame Mui (Teresa Mo), la stricte patronne de Kit. Elle impose une discipline à ses employés et Wah, qui fait exploser les règles, va séduire cette patronne coincée. Quant à Kit, il débarque sur une course illégale de voitures. Son costume cravate le fait immédiatement remarqué par tous, et surtout Fanny (Fennie Yuen), qui sur sa moto aide Kit à s’échapper quand la police débarque. Il découvre que Fanny est la fille d’un chef de gang (Michael Chan).

L’habit fait le moine et Fanny va relooker son nouveau protégé avec une veste en jean’s et du gel dans les cheveux. Une bonne partie de l’humour du film est autour de l’apparence des acteurs (« Madame Mui, comme Anita Mui », dit Wah à Kit), les coupes des acteurs (les cheveux bouclés ridicules de Teresa Mo et Anthony Wong) et les fringues tape-à-l’œil dont se moquent les personnages (le costume de Michael Chan), les différents costumes que porte Andy Lau pour son premier jour de travail : une veste violette, puis une tenue traditionnelle chinois et enfin une djellaba comme s’il était un cheikh arabe.

Le duo entre Tony Leung Chiu-wai et Andy Lau est finalement assez peu présent dans Don’t fool me. Les deux acteurs se rencontrent qu’en début et en fin de film, tout le reste est dévolu à leur romance respective car bien évidemment, les deux hommes vont se disputer avec leur petite copine avant la réconciliation finale. Car les deux gars vont s’améliorer au contact des femmes au caractère bien trempé. Le film d’Herman Yau est une comédie burlesque qui joue sur l’incompétence de chaque personnage dans un univers inconnu. En gros, les triades ce n’est pas si éloigné que ça du milieu des assurances. Les gags qui traversent Don’t fool me sont d’abord du comique de la situation d’échange des emplois.

Certains gags visuels illustrent l’idée non-sensique en vogue à cette époque : une confrontation entre Andy Lau et Anthony Wong au restaurant. Ce dernier jette au visage tous les ingrédients qui se trouvent sur sa table et Andy Lau les rattrape dans sa bouche. Vers la fin du film, les deux héros sont suspendus à une corde d’un immeuble d’où ils s’échappaient mais ils sont à 50 centimètres. La scène finale de prise d’otages qui tourne au grotesque avec la TV en direct. On sent que de nombreux jeux de mots existent dans les dialogues, pas forcément détectables grâce aux sous-titres. Du coup, Don’t fool me navigue suivant la qualité des gags entre le très nul et l’hilarant.

Don't fool me (
中環英雄, Hong Kong, 1991) Un film de Herman Yau avec Andy Lau, Tony Leung Chiu-wai, Teresa Mo, Fennie Yuen, Michael Chan, Shing Fui-on, Anthony Wong, Charine Chan, Wong Yat-san, Jeffrey Lam, Chow Mei-yan, Lee Hoi-sang, Wong Chi-keung, Bruce Law.

mercredi 8 mai 2013

Sortie en France d'Une vie simple d'Ann Hui

La sortie en salles d'Une vie simple est une bonne nouvelle. Ann Hui, hormis quelques éditions en dvd, a rarement eu la chance de voir ses films distribués. 29 cinémas proposent le film, il ne faut pas hésiter tant la qualité du dernier film de la réalisatrice est grande. Le film a reçu en 2012 les principaux Hong Kong Film Awards. Ann Hui poursuit ainsi son analyse de la vieillesse en Chine et à Hong Kong, après The Postmodern life of my aunt en 2007 et The Way we are en 2008

Mon texte sur Une vie simple.


jeudi 28 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Ip Man, the final fight


Ip Man, the final fight (葉問終極一戰, Hong Kong, 2013)
Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 mars 2013.

vendredi 22 février 2013

A beautiful life


Après Look for a star et Legend of the fist, Return of Chen Zhen, A beautiful life marque la troisième collaboration consécutive entre Andrew Lau et Shu Qi. L’actrice incarne Li Peiru, une Hongkongaise immigrée à Pékin pour le travail, inversant ainsi le scénario de nombreux films de Hong Kong où des Chinois du continent venaient faire fortune dans l’ancienne colonie britannique. Souvent dans ces films, les Chinois étaient vus comme des parasites de la société, mafieux ou prostituées. Li Peiru n’est ni l’un ni l’autre, elle est seulement alcoolique. Pour rester au niveau de ses clients, elle boit autant qu’eux mais elle devient vite soûle. Un soir, dans une boite de nuit, elle ne tient plus debout et elle tombe sur Fang Zhengdong (Liu Ye) un jeune policier venu fêter l’anniversaire d’un de ses collègues. Parce qu’il est très serviable, il va la ramener chez elle sur son dos. Elle l’embrasse, sans vraiment s’en rendre compte. On comprend vite la romance qui va s’amorcer entre eux.

Quelques jours plus tard, alors qu’il patrouille en uniforme, Dong la revoit par hasard. Elle s’est mal garée. Il la gronde gentiment et lui demande si elle se souvient de lui. Oui, même sobre, elle se rappelle ce qu’il a fait pour lui et lui promet de l’inviter à boire un café. Ils échangent leur numéro de téléphone. Régulièrement, ils vont se rencontrer au gré du hasard, au supermarché, dans la rue. Elle l’appelle par son nom complet n’importe où, n’importe quand. Il l’appelle Miss Li. Les collègues de Dong se réjouissent enfin qu’il ait rencontré une fille, tout comme Zhong (Anthony Wong) son ami restaurateur. Toute cette première partie du film où ils se découvrent, ne savent pas encore s’ils s’aiment et pèsent le pour et le contre d’une éventuelle romance apporte de l’humour. Ils se font du bien, platoniquement, car tous deux ont un passé amoureux difficile. Lui s’est fait plaquer par sa femme neuf ans auparavant, elle est abonnée aux maris infidèles. Ils donc beaucoup de points communs question amour.

Le film glisse assez vite dans le mélodrame dégoulinant de bons sentiments quand il se confronte avec la maladie des personnages. Miss Li est alcoolique et ses actes entrainent souvent des écarts de conduite qui font d’elle une femme irresponsable. Dong se met à avoir des douleurs au bras. Plus tard, il sera diagnostiqué une tumeur au cerveau qui lui changera sa personnalité. C’était un homme bon, dévoué et réfléchi. Il va perdre la mémoire, sera irascible et parfois violent. Cela l’amènera à quitter son poste de policier. Comme si cela ne suffisait pas, Dong a la garde de Fang Zhencong (Tian Liang), son petit frère autiste mais qui est un bon dessinateur. Les murs de sa chambre sont couverts de portraits des gens qu’il aime (son grand frère en tout premier lieu, mais bientôt également Miss Li). Cong est amoureux de Xiaowan (Feng Dan-ying), une jeune muette qui vend des journaux pour gagner sa vie. Dong, avec son grand cœur va prendre soin d’eux, d’autant qu’ils veulent se marier.

Parce que c’est l’homme le plus gentil du monde, Dong va aider également Miss Li pour son travail. Là est sans doute la partie la plus maladroite de A beautiful life. Le personnage de Miss Li était jusqu’à lors montrée comme espiègle bien qu’un peu inconséquente. Elle est désormais pointée comme irrespectueuse des lois de la Chine, non pas parce qu’elle est inconséquente mais parce qu’elle vient de Hong Kong. On lui répond lorsqu’elle va demander un prêt bancaire que son dossier pourrait être accepté à Hong Kong, mais qu’à Pékin il faut respecter les règles. Plus tard quand, après avoir emprunté de l’argent à Dong, la commission de sécurité refusera l’agrément, elle protestera de manière hystérique. Dong lui rétorquera qu’on n’est pas à Hong Kong ici et qu’il y a des lois. Le personnage de Miss Li est alors accablé de tous les maux et rentrera chez elle où elle sera confrontée à une mère égoïste. A l’opposé, la police de Pékin (en tout cas le commissariat où travaille Dong) est montrée comme exemplaire, très respectueuse de la loi où même son chef accepte d’être critiqué par ses subalternes. Il ne restera à Miss Li qu’à retrouver son amoureux reparti vivre dans sa campagne natale où la vie simple fait les gens heureux, dans un finale lacrymal interminable. La gentillesse ne produit pas forcément un bon film.

A beautiful life (不再讓你孤單, Hong Kong – Chine, 2011) Un film d’Andrew Lau avec Shu Qi, Liu Ye, Tian Liang, Feng Dan-ying, Anthony Wong. Sarina. 

mardi 8 janvier 2013

Big bullet


Forte tête de la police de Hong Kong, l’inspecteur Bill Chu (Lau Ching-wan) se fait interroger par des officiers sur l’échec d’une mission où il s’est disputé avec son supérieur, le commissaire Guan (Ng Ting-yip). Les deux hommes ne s’entendent pas du tout et l’issue d’une prise d’otage a couté cher à Guan qui se retrouve à l’hôpital. Solitaire invétéré, caractéristique de tous les héros des films policiers, Bill se fait saquer par sa hiérarchie et se retrouve dans une nouvelle équipe, moins prestigieuse, mais en demeure le chef compte tenu de ses brillants états de service malgré son sale caractère.

C’est son ami Yang (Francis Ng) qui lui annonce qu’il n’est pas viré mais transféré, ce qui ne satisfait pas du tout Bill qui y voit une punition humiliante. Il va faire la connaissance de ses nouveaux collègues en se rendant incognito dans les vestiaires et écouter, comme une petite souris ce qu’on dit sur lui. Chacun a eu écho de son tempérament, les histoires vont bon train et c’est Dan (Spencer Lam) qui défend son futur chef, sans savoir qu’il est à côté en narrant une enquête où Bill a arrêté trois voleurs. Puis il révèle enfin son identité et fait la connaissance de ses futurs partenaires. Bill se rend vite compte, à l’instar du vieux Dan, proche de la retraite, qu’on lui a filé que des tocards.

D’abord Dan qui sera le chauffeur attitré du bus de police et dont l’épouse, très mère-poule, vient apporter de la soupe pendant les planques. Ensuite, Matt (Cheung Tat-ming), gringalet qui se rêve en super flic mais qui est un grand froussard. Puis, Apple (Theresa Lee), jeune émigrée canadienne qui vient dans sa patrie servir la police et qui s’exprime mal en cantonais. Et finalement, Jeff (Jordan Chan), jeune policier qui souhaite appliquer à la lettre le règlement et va ainsi contre Bill qui n’aime rien tant qu’en faire à sa guise. Une bonne partie de Big bullet sera consacrée à cette équipe désaccordée qui n’arrive pas, en début de film, à travailler ensemble. Chaque défaut des personnages se révélera un atout pour l’enquête.

C’est un grand classique du film policier comique que de mettre des personnages divergents et de voir ce que ça donne. Evidemment, ils vont parfois se disputer mais ils vont finir pas comprendre la méthode de Bill, l’accepter et même le soutenir quand Guan, revenu de convalescence, veut à nouveau saquer son ennemi intime. De tous les personnages qui secondent Bill, c’est sans doute celui de Jeff qui est le plus intéressant puisque c’est celui qui devra être convaincu par Bill que ses méthodes sont bonnes. Jeff est un personnage de révolté parce que son jeune frère Yong (Woody Chan) est passé du côté obscur de la force et est devenu membre des triades. Cela encourage Jeff à être extrêmement vigilant sur la loi quitte à freiner une enquête. Mais lorsque Guan décide de le mettre chef à la place de Bill, il décide que se sont les méthodes de Bill qui seront appliquées désormais car elles sont plus éfficaces.

C’est donc une équipe unie qui va pouvoir combattre le vrai ennemi venu de l’extérieur, c'est-à-dire un grand criminel répondant au surnom de Professeur (Yu Rong-guang) assisté d’un sbire aux cheveux longs incarné par Anthony Wong. Ces deux hommes et leur bande de sales bandits sont l’incarnation du mal dans Big bullet. Et comme c’était toujours le cas dans ces films du milieu des années 1990, Anthony Wong ne fait pas dans la dentelle pour incarner ce salaud qui tire avec son flingue sur ses victimes en arborant un sourire diabolique. Benny Chan et ses scénaristes ne font pas dans la légèreté concernant l’action relativement violente et excessive dans le nombre de morts. Les scènes d’action finales sont épuisantes, c’était la belle époque de la Golden Harvest et Benny Chan met toute son énergie dans les gunfights pétaradants, jouissifs et distrayants.

Big bullet (衝鋒隊怒火街頭, Hong Kong, 1996) Un film de Benny Chan avec Lau Ching-wan, Ng Ting-yip, Spencer Lam, Theresa Lee, Jordan Chan, Cheung Tat-ming, Francis Ng, Yu Rong-guang, Anthony Wong, Vincent Kok, Wong Wa-wo, Chan Siu-kwan, Leung Chung, Tony Renny, So Wai-naam, Leung Yat-ho, Lam Tak-shing, Wong Chi-keung, Lau Sui-sang, Winston Yeh, Ying-Wen, Woody Chan.

jeudi 27 décembre 2012

Sorties à Hong Kong (décembre 2012)


The Guillotines (血滴子, Hong Kong – Chine, 2012) 
Un film d’Andrew Lau avec Wang Luo-dan, Ruan Jing-tian, Huang Xiao-ming, Li Yu-chun, Shawn Yue, Jing Bo-ran, Purba Rygal, Zhou Yiwei, Jimmy Wang Yu, Wen Zhang, Li Meng, Yu Shao-qun, William Fung, Stephy Tang, Anthony Wong, Tang Guo-qiang, Hou Yong, Gao Tian. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sorties à Hong Kong : 27 décembre 2012.

lundi 10 septembre 2012

Motorway


La base de Motorway repose sur le duo entre Lo (Anthony Wong) et Cheung (Shawn Yue), co-équipiers de la « brigade invisible » qui patrouillent, en voiture banalisée, dans les rues de Kowloon Est pour contrôler les excès de vitesse. Un boulot pas franchement passionnant pour aucun des deux. Cheung, le plus jeune, est bridé dans son envie d’aller poursuivre les contrevenants en allant à toute allure avec la pauvre voiture de police. Lo n’attend qu’une chose : enfin prendre sa retraite et passer du temps avec son épouse. On est donc dans un buddy movie policier classique produit par Johnnie To, via la MilkyWay Image, avec des caractères, des méthodes et des aspirations différentes.

Après une chasse un peu dangereuse, Cheung se voit interdire par son chef (Lam Ka-tung) de conduire et doit maintenant travailler derrière un radar, au grand contentement de son collègue qui peut manger tranquillement ses nouilles. Cette tranquillité sera de courte durée quand une voiture vient le narguer. Le bolide est conduit par Jian (Guo Xiao-dong), un chinois (il parle mandarin) qui prépare un casse avec Wong (Li Hai-tao), un de ses compatriotes. L’un conduira la voiture, l’autre ira dérober un diamant brut. Evidemment, on ne peut pas s’empêcher de penser à Drive, mais Motorway est rarement comparable avec le film de Nicolas Winding Refn.

Les préparatifs du cambriolage constituent une partie importante du film. Tout est d’abord mystérieux, car inexpliqué, avec l’objectif simple de laisser le spectateur dans l’expectative, mais avec néanmoins une longueur d’avance sur les policiers. Jian repère sur un plan les rues dans lesquelles il va circuler pour semer les flics. Il choisit des rues biscornues, aux angles anguleux où un mauvais conducteur sera coincé, puis il crée un événement pour que son véhicule soit disponible lors de l’évasion de Wong qui est en prison. Cette manière de décrire par le menu un plan si élaboré est jouissive pour le spectateur. L’évasion a lieu, Jian s’est fait arrêté par Lo et Cheung, il peut maintenant libérer son complice.

Quant à Cheung, il prépare une voiture plus rapide pour pallier la lenteur des véhicules de la police. Dans une scène, il montre sa précision en draguant une belle femme (Barbie Hsu), dans une séquence amusante. Les personnages féminins sont tous au second plan. Barbie Hsu a de belles scènes en tant que potentielle petite amie que Cheung n’arrive pas à séduire, comme cette partie de billard pour échanger les numéros de téléphone. Josie Ho incarne la chef de la police qui dirige l’opération pour arrêter Jian et Wong, quand les éléments de l’enquête sont assez fiables. Son personnage autoritaire est un peu ingrat. Enfin, Michele Ye est la femme de Lo. Aimante, elle apporte à son mari de quoi manger un soir de planque, et patiente, elle attend qu’il prenne sa retraite.

Pour Soi Cheang, il s’agit de trouver aussi de nouvelles manières de filmer une course poursuite sans lasser le spectateur. Contrairement au spécialiste du genre, Ringo Lam (les courses poursuite dans Full alert sont une référence majeure et des séquences inégalées en termes de mise en scène), elles sont tournées dans des autoroutes pratiquement vides le jour (personne ne conduit donc en journée ?) et peu de monde la nuit (idem). Passé cet écueil, les scènes sont vives, les plans variés (la caméra change de cadre souvent, elle est même parfois placée en plongée accrochée au capot avant), le tout filmé dans un clair obscur somptueux. La musique de Xavier Jamaux et Alex Gopher, quasi minimaliste, permet aux courses poursuite de ne pas tomber dans l’excès de précipitations.

Mais je reviens sur les rapports entre Lo et Cheung. L’une des idées du film consiste à développer leurs relations dans un schéma dramaturgique qui rappelle les récits d’apprentissage de certains classiques du wu xia pian. En trois moments. Le premier, Cheung est un jeune arrogant, chien fou qui n’écoute aucun conseil. Sa première chasse contre Jian se solde par un échec où il s’est mis en danger. Deuxième moment, il apprend que Lo a été jadis un habile conducteur et qu’il a déjà arrêté le méchant Jian. Il connait donc le méchant, ses forces et faiblesses. Il va enseigner son savoir afin de mener sa quête à bien. Troisième et dernier moment, Cheung est désormais formé, le disciple a bien appris auprès du sifu. Lors de la dernière course poursuite, il se rappellera les judicieux conseils (voix off  d'Anthony Wong). C’est souvent dans les plus vieux pots qu’on fait les meilleures plats.

Motorway (車手, Chine, 2012) Un film de Soi Cheang avec Shawn Yue, Anthony Wong, Guo Xiao-dong, Michelle Ye, Lam Ka-tung, Barbie Hsu, Li Guang-jie, Josie Ho, Li Hai-tao.

jeudi 23 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)

Naked soldier (赤裸戰士, Hong Kong, 2012) 
Un film de Marco Mak avec Jennifer Tse, Sammo Hung, Jiang Lu-xia, Philip Ng, Andy On, Ian Powers, Ankie Beilke, Ellen Chan, Lena Lam, Timmy Hung, Anthony Wong, Wilson Tong. 92 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 23 août 2012.


jeudi 16 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


Mc Dull, The Pork of music (麥兜噹噹伴我, Hong Kong, 2012) 
Un film de Brian Tse avec les voix de Sandra Ng, Anthony Wong, Ronald Cheng, The Pancakes. 79 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 16 août 2012.


jeudi 2 août 2012

When fortune smiles



Quand le patriarche de la famille s’apprête à mourir, toute la parentèle est présente pour connaitre le nom de l’héritier, attentive aux derniers mots du moribond. Son frère (Lau Kau) à son chevet entend bien faire respecter son testament : que sa fille Fei-fei hérite de toute sa fortune. Mais il faut la retrouver, personne ne sait où elle se trouve depuis qu’elle est partie étudier en France. Le but du jeu de When fortune smiles est de piquer l’héritage avant elle et tous les coups sont bons.

Le neveu du défunt, Lung (Shing Fui-on) aurait bien aimé profiter de l’héritage mais son père n’est pas d’accord. En secret, il va engager un jeune cambrioleur Vincent (Stephen Chow) pour s’introduire chez lui et dérober le testament. Il sera aidé par le détective privé Wong (Anthony Chan, le réalisateur du film), grand gars effilé à lunettes franchement pas adroit de ses mains : dans l’un des gags du film, on le retrouve la tête dans la cuvette des WC, histoire de bien montrer quel genre d’humour le film privilégie. Le style de Stephen Chow est ici à l’état brut. Dans une longue scène face à Lung, son personnage doit essayer de le faire rire. S’il réussit, il aura la vie sauve. C’est l’occasion pour l’acteur de faire de nombreuses mimiques et de tordre son corps burlesque dans tous les sens. En revanche, quand l’humour se fait scatologique, il devient paradoxalement plus fin. Vincent est en prison et doit se taire mais Stephen Chow mime son envie d’aller aux WC à quelqu’un qui ne comprend rien.

Face à Lung, le fils du patriarche, Wei (Anthony Wong) n’entend pas se laisser voler le magot par une sœur disparue depuis des années. Wei est un fou furieux, ultra violent, un personnage qu’Anthony Wong joue sans aucune retenue. Son idée est de trouver un sosie qui sera incarné par la mendiante Feng (Sandra Ng), une obsédée des cannettes de soda qu’elle écrase d’un bon coup de pied pour mieux ensuite les revendre. Feng se fera passer pour Fei-fei. Wei, pour la première rencontre avec l’oncle et Lung, lui donne un émetteur dans l’oreille et lui dicte son dialogue. Très vite, elle perd son oreillette et doit improviser. Pour corser le tout, elle rencontre Vincent qui est justement venu ce soir-là voler les dernières volontés. Ils se rendent vite compte qu’ils sont dans la même galère. Il se déguisera en servante (gags un peu misogynes) et elle l’aidera à s’en sortir dans une série de quiproquos.

Le reste du film développe ce simulacre où les deux personnages jouent eux-mêmes deux personnages qui vont, forcément, tomber amoureux l’un de l’autre. C’est la règle du jeu. Le sujet du film, l’héritage et ses contraintes, les rancœurs des spoliés et les cœurs purs des deux fantoches, était un thème largement développé par Wong Jing (Perfect girls ou Prince charming) mais surtout très normatif. Anthony Chan, spécialiste de la comédie du mariage, comprend assez vite que l’attraction majeure de son film est Stephen Chow. Alors qu’il commençait en duo comique, son propre personnage s’efface progressivement. Je retiendrai deux autres gags en dehors de ceux déjà évoqués (celui sur le mime du caca étant le meilleur du film) : dans le premier Stephen Chow fait de la boxe en imitant le cri de Bruce Lee, le match est arrangé, il défonce tout le monde puis devient le punching-ball humain d’un adversaire ignorant l’arrangement. Dans cette scène, ses changements de regard, d’abord arrogant puis angoissé, donnent déjà l’étendue du pouvoir comique de son visage. L’autre gag est typiquement visuel : c’est un combat en cuisine avec des poêles comme armes : la taille des ustensiles augmentent au fur et à mesure du combat : là, c’est l’esprit non-sensique qui officie.

When fortune smiles (無敵幸運星, Hong Kong, 1990) Un film d’Anthony Chan avec Stephen Chow, Sandra Ng, Anthony Chan, Anthony Wong, Cutie Mui, Shing Fui-on, Lam Kau, Hui Ying-sau, Mai Kei, Billy Chow, Stuart Ong, Sai Gwa-pau, Billy Ching, Lui Tat, Gam Lau.

jeudi 12 juillet 2012

Sorties à Hong Kong (juillet 2012)


The Four (四大名捕, Hong Kong – Chine, 2012) 
Un film de Gordon Chan et Janet Chun avec Deng Chao, Liu Yi-fei, Ngai Sing, Ronald Cheng, Sheren Tang, Jiang Yi-yan, Anthony Wong, Waise Lee, Cheng Tai-shen, Wu Xiubo, Liu Changde, Bao Bei-er, Michael Tong, Tang Zhiping, Kohata Ryu, Zhang Song-wen, Anna Fang. 118 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 12 juillet 2012.


lundi 9 juillet 2012

Le Dernier royaume



Dans A simple life d’Ann Hui, sur lequel j’ai causé il y a quelques jours, on voit une scène avec Andy Lau qui discute avec quelques uns de ses collègues de l’industrie du cinéma de Hong Kong. Ils se demandent quel sera le prochain à prendre pour cadre l’histoire de la Chine antique. Ils se demandent si Andy Lau va tourner une nouvelle et énième version des 3 royaumes. Bref, le film d’Ann Hui interroge la question de tous ces films historiques qui arrivent sur les écrans depuis quelques mois maintenant et qui semblent être tous conçus selon le même moule. Daniel Lee après avoir exploité le filon dans Les 3 royaumes : la résurrection du dragon (avec justement Andy Lau, d’où la private joke) puis dans La 14ème lame, remet le couvert avec Le Dernier royaume. On admirera la constance de l’éditeur dvd pour mettre le point sur le même mot.

Comme le titre l’indique bien, il s’agit d’un récit autour de batailles entre d’un royaume de l’ancienne Chine. Le film se concentre sur celui qui doit devenir le nouvel empereur entre les Han et les Chu après la défaite des Qin. Deux hommes s’affrontent autour de la cité de Xianyang : Liu Bang (Leon Lai) et Xiang Yu (Feng Shaofeng). Mais c’est aussi une jeune femme qui est au centre de leur rivalité. Yuji (Liu Yifei), la concubine de Xiang Yu que Liu Bang surveille sans pour autant la tenir prisonnière. Yuji jour du luth, une manière facile de mettre un peu de douceur dans ce monde brutes. Le premier a comme second l’impétueux Fan Kuai (Jordan Chan, qu’on n’avait pas vu dans un film depuis bien longtemps), comme allié le Général Han (Andy On, un acteur au jeu qui ne cesse de s’améliorer) et Xiang Liang (Zhang Hanyu). Face à ce quatuor, Xiang Yu peut compter sur les judicieux conseils de Fan Zeng (Anthony Wong), un vieillard aveugle aux cheveux blancs, expert en échec et jeu de go. Des ennemis s’affrontent d’ailleurs au jeu de go, Fan Zeng joue cinq parties à la fois. Chaque fois qu’il en gagne une, un homme est torturé : visage déchiqueté, oreille tranchée, doigts coupés, jusqu’à ce que Fan Kuai intervienne enfin.

Tout Le Dernier royaume est constitué autour des stratégies de guerre entre les deux personnages. Pour dire la vérité, très vite, tout cela devient incompréhensible à moins de prendre des notes sur les alliances et les trahisons. L’idée maitresse du film consiste à montrer des seigneurs de guerre qui discutent entre eux avec la plus grande courtoisie puis partent s’affronter avec la plus extrême violence à grand coups de flèches, de sabre et de lance. Donc, dans le film, les scènes de discussion alternent avec les scènes de bataille. Ces dernières sont toutes conçues sur le même modèle à grand renfort d’effets spéciaux. On observe d’un plan d’ensemble (souvent vu du ciel) des milliers de fantassins prêts à attaquer avec force poussière. Puis les archers lancent leur flèches qui dans le plan suivant blessent leurs ennemis avec des ralentis. Enfin, deux adversaires sont pris en particulier avec beaucoup de gros plans histoire de ne pas voir la pauvreté de la chorégraphie des combats. Désormais dans ce genre de films, la lumière est sombre (crépusculaire) et Daniel Lee n'oublie pas de mettre une scène avec de la neige car, on le sait, le sang ça fait poétique dans la neige. Bref, tout très vite devient totalement illisible et ennuyeux d’autant plus que le film s’étire sur 130 minutes qui en paraissent le double. Une autre version du film (The Last supper) réalisée par Lu Chuan, auteur de The City of life and death, vient de sortir en Chine.

Le Dernier royaume (White vengeance, 鴻門宴, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Daniel Lee avec Leon Lai, Feng Shaofeng, Jordan Chan, Zhang Hanyu, Liu Yifei, Anthony Wong, Jia Qing, Andy On, Du Yiheng, Wu Ma, Chen Kuan-tai.

samedi 7 juillet 2012

Une vie simple



Avec A simple life (présenté au Festival de Venise 2011 où Deannie Yip reçut le prix d’interprétation féminine), Ann Hui poursuit son approche de la vieillesse des habitants de Hong Kong après The Way we are. Deannie Yip est Chung Chun-tao, que tout le monde appelle Ah Tao. Célibataire, elle a passé toute sa vie a été la bonne à tout faire, la femme de ménage et la nurse de la famille de Roger Leung (Andy Lau). Il a été élevé, ainsi que sa sœur et son frère, par Tao qui a été au service des Leung pendant soixante ans. Le pré-générique du film indique que Tao a été « adoptée » à l’âge de dix ans par le grand-père de Roger. C’était alors la guerre et son destin de fille de personne la condamnait sans cela.

La fin de l’autonomie pour la vieille dame est arrivée. Elle est victime d’une crise cardiaque. Roger a décidé de s’occuper d’elle. Elle a lui tant donné et veut l’en remercier en retour. Il est producteur de cinéma ce qui permet de le mettre en scène avec Tsui Hark et Sammo Hung, ses deux partenaires de Detective Dee, pour un moment humoristique où ils sont censés concevoir un film ensemble en Chine et qu’ils tentent (avec succès) de faire cracher au bassinet un producteur chinois. Plus tard dans le film, Roger et Tao assistent à l’avant première de ce film (dont Roger dira qu’il est mauvais) et on voit dans l’assistance Raymond Chow, Andrew Lau, John Shum ou le réalisateur chinois Ning Hao, poulain de la société Focus d’Andy Lau. Un peu de pub ne fait pas de mal.

Tao reste handicapée. Son côté gauche ne fonctionne plus. Roger cherche une maison de repos, un hospice de vieux où elle pourra être soignée. Cette recherche n’est pas simple, son interlocutrice lui fait clairement comprendre que plus il pourra payer, mieux elle sera soignée. On pense d’abord qu’Ann Hui cherche à faire un film pamphlet sur les mauvais traitements que subissent les vieux, sur leur abandon par la nouvelle génération. Mais elle parvient à déjouer les écueils du film social. Roger parvient à magouiller une place pour sa vieille nourrice grâce à sa rencontre avec Grasshopper (Anthony Wong), un homme un peu étrange qui porte un bandeau sur l’œil. Ils semblent être amis depuis longtemps. Tao sera soignée par l’infirmière Choi (Qin Hailu).

La majorité du film se déroulera dans cet hospice de vieux. Tao a d’abord un peu de mal à s’y faire puis elle rencontre ses coturnes. Beaucoup de vieilles dames avec leurs soucis de sante et aussi monsieur Kin (Paul Chun) qui vient bousculer tout en proposant de donner des cours de danse, en faisant des blagues et surtout en demandant régulièrement 300 HK$ pour ses « besoins » personnels. La belle idée de A simple life est de s’adapter au rythme de son personnage principal, d’y montrer une vie lente mais qui vibre encore beaucoup. L’énergie de Deannie Yip, son jeu fort, son regard perçant sont pour beaucoup dans la réussite du film qui se veut le plus réaliste possible sans tomber à aucun moment dans le moindre misérabilisme.

Le film montre aussi une société chinoise qui a radicalement changé dans se hiérarchisation de ses classes sociales. Tao a toujours fait partie des gens qui servent les riches. Elle refuse de se faire soigner les dents par un dentiste incarné par Chapman To. Or, ces gens riches sont aujourd’hui devenus banals comme le montre cette scène où Roger, parce qu’il s’habille simplement, sans luxe, est pris par une secrétaire pour le plombier. Mais pour Tao, il faut continuer de perpétuer cette manière en restant obséquieuse devant la mère de Roger, en refusant cet argent dont elle pourtant bien besoin. Pas seulement un portrait sur la vieillesse, A simple life est un beau film sur l’amitié entre les âges qui parvient à donner la dose juste de l’émotion et de du sourire comme dans cette belle scène où Roger et ses anciens copains d’enfance parlent à Tao au téléphone et qu’elle les reconnait tous.

Une vie simple (A simple life, 桃姐, Hong Kong, 2011) Un film d’Ann Hui avec Andy Lau, Deannie Yip, Wang Fu-li, Qin Hailu, Lam Yi-man, Paul Chun, Hui Pik-kei, Elena Kong, Anthony Wong, Yu Man-si, Don Yu Dong, Helena Law, Sammo Hung, Tsui Hark, Chapman To, Ning Hao, John Shum, Raymond Chow, AngelaBaby, Leung Tin, Hui Siu-ying, Tam Bing-man, Andrew Lau, Gung Suet-fa, Joe Cheung.

jeudi 21 juin 2012

Sorties à Hong Kong (juin 2012)


Motorway (車手, Chine, 2012) 
Un film de Soi Cheang avec Shawn Yue, Anthony Wong, Guo Xiao-dong, Michelle Ye, Lam Ka-tung, Barbie Hsu, Li Guang-jie, Josie Ho, Li Hai-tao. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 juin 2012.


mercredi 23 mai 2012

The Tigers, the legend of Canton



Après s’être attaqué à Wong Fei-hung, le triturant dans tous les sens, le faisant passer pour un moins que rien dans ses deux parodie Once upon a time a hero in China et Master Wong vs Master Wong, Lee Lik-chi va trouver un autre pan de l’histoire : Sun Yat-sen et la résistance à l’armée japonaise. The Tigers, the legend of Canton est d’abord l’occasion de réunir devant la caméra les cinq membres du groupe The Wynners. Comme dans les deux autres parodies citées plus haut, ces tigres-là n’ont rien de bien vaillant. Au contraire ce sont des incompétents notoires et le titre du film qui parle de légende indique bien dans quelle direction on se dirige.

Comme il se doit, chaque personnage a son caractère. Alan To (Alan Tam) est persuadé d’être un superbe séducteur de femmes. Chung Kwok-yan (Kenny Bee), déguisé en Indiana Jones, chapeau et fouet en bandoulière, aide la veuve et l’orphelin. Avec ses vétements anachroniques, il est censé, dès qu’on le voit, apporter de l’humour. Sum Si-koon (Anthony Chan) est un lettré. Habillé en habits traditionnels, il peut discourir sur tous les sujets et régler tous les problèmes. En revanche, il ne sait pas se battre. Jian (Bennett Pang) est un esprit alerte pourvu d’une grande mémoire. Enfin, Keung (Danny Yip) prétend posséder des dons de divination. A eux cinq, ils semblent donc armés pour affronter les Japonais ennemis. Wah (Nat Chan) les a dépêchés pour les combattre. Ils se reconnaissent au signe sur leur valise : un soleil japonais barré.

Seulement voilà, une fois réunis tous ensemble à Shanghai pour venir en aide à Sun Yat-sen qui a disparu (et qu’on ne verra jamais), ils ne trouvent pas Wah, qui dans des gags qui ponctuent le film, se trouvent toujours dans des situations impossibles où il ne peut pas approcher les cinq sauveurs. Le meilleur gag donne le niveau du film : Wah arrive chez les cinq tigres, il rentre par la fenêtre, rentre dans les toilettes qui sont piégées et se voit expédié, tête la première au beau milieu du marché de la ville. Les héros sont ici des tocards qui trouvent le message laissé à leur intention mais l’interprètent de travers. Ils sont persuadés qu’ils doivent sauver Yuen (Anthony Wong) et arrêter Sun Yat-sen. C’est donc toute une série de quiproquos qui sert de fil conducteur au scénario.

Car Yuen est dans le camp des annemis. Anthony Wong ne fait pas dans la dentelle avec son personnage de renégat à la petite moustache à la Hiro Hito (ou à la Hitler selon ce qu’on y voit), au rire sardonique et au regard torve de l’expert en traitrise. Face aux cinq membres des Wynners, c’est lui qu’on attend à chaque scène. L’allié japonais de Yuen est le redoutable général japonais surnommé « le poing invisible » (Leung Kar-yan), c’est à lui que sont dévolues les scènes d’arts martiaux. Et les femmes sont au nombre de deux : Alan et Yan vont tous les deux tomber amoureux de Lam (Monica Chan) et ne même pas regarder sa copine Siu Yuen (Kingdom Yuen). Une romance nunuche destinée à créer un suspense entre les deux hommes : leur amour ne va-t-il pas troubler leur mission. Mais à ce niveau du film, on a déjà capitulé devant le scénario balourd et la pauvreté des gags. Après avoir bine travaillé avec Alan Tam, Lee Lik-chi est allé vers d’autres cieux et a travaillé avec Stephen Chow pour Flirting scholar. Et franchement, on voit la différence.

The Tigers, the legend of Canton (廣東五虎之鐵拳無敵孫中山, Hong Kong, 1993) Un film de Lee Lik-chi avec Alan Tam, Kenny Bee, Anthony Chan, Bennett Pang, Danny Yip, Anthony Wong, Monica Chan, Kingdom Yuen, Nat Chan, Leung Kar-yan, Ku Feng, Gabriel Wong, Joey Leung.