mercredi 11 juin 2014
Black coal
dimanche 29 décembre 2013
Tel père, tel fils
mercredi 11 décembre 2013
A touch of sin
lundi 7 octobre 2013
Blind detective
mercredi 4 septembre 2013
Ilo Ilo
dimanche 26 mai 2013
Hirokazu Kore-eda, Jia Zhangke, Anthony Chen et Moon Byoung-gon primés à Cannes 2013
vendredi 24 mai 2013
Only God forgives
vendredi 19 octobre 2012
In another country
vendredi 12 octobre 2012
Like someone in love
mercredi 26 septembre 2012
Sauna on Moon
vendredi 31 août 2012
Thirst
mardi 26 juin 2012
The Day he arrives - Matins calmes à Séoul
mercredi 30 mai 2012
The King of pigs
mercredi 1 février 2012
Tatsumi

Yoshihiro Tatsumi a 75 ans au moment de la réalisation de Tatsumi qui est sa biographie en animation tournée par Eric Khoo. Le cinéaste de Singapour est amateur de projet incongru. Après Be with me, qui parlait de son pays, il avait tourné My Magic qui avait déconcerté beaucoup de monde (enfin, le film a été tellement peu montré que finalement, il a déconcerté uniquement ceux qui s’attendaient à voir une suite de son précédent film). Le film commence avec en voix off le dessinateur (ou l’illustrateur selon ses propres mots), qui vient d’ailleurs de recevoir un Prix au Festival d’Angoulème, qui narre les moments cruciaux de sa vie. Mais Tatsumi rend d’abord un hommage à Osamu Tezuka qu’il a rencontré à 15 ans.
Enfant, Yoshihiro Tatsumi était fan du dessinateur et c’est en espérant être son égal qu’il commence à créer des mangas. Il en envoie à des éditeurs dès ses dix ans rendant jaloux son grand frère qui, malade, ne peut dessiner. La confrontation sera violente puisqu’un jour son frère, dans un excès de colère, déchire tout ses bandes. Tatsumi est publié pour la première fois à l’âge de 15 ans. Comme cadeau, en plus d’être payé, il aura la joie de rencontrer Tezuka. « Le plus jour de ma vie », s’exclame-t-il. Petit à petit, ses travaux sont achetés régulièrement. Puis, il s’installe avec deux autres mangakas dans un appartement d’Osaka, sa ville d’origine. Puis, il tombe amoureux.
Ces parties biographiques (ou données comme telles) en couleur sont souvent très émouvantes. Son esthétique créée avec Phil Mitchell est simple, somme toute peu animée (les dessins sont saccadés). L’animation est plutôt enfantine sur une jolie musique mélancolique de Christopher Khoo. L’illustrateur ne se vante jamais, au contraire, il est parfois critique avec lui-même, expliquant parfois sa naïveté devant ses mangas pour enfants, ou encore expliquant ses moments de creux dans sa carrière. Il narre aussi l’avènement du gekiga, le manga pour adultes dont les histoires seraient plus sombres et matures.
Ces gekigas fournissent l’autre partie du film. Entre quelques moments de biographie, on plonge dans des histoires écrites par Tatsumi dans les années 1970 et qui, selon ses propres mots, décrivaient son grand malaise. Animées en noir et blanc, ces cinq histoires de fiction montrent des personnages solitaires et dépressifs. Hell évoque un photographe qui travaille sur un reportage à Hiroshima juste après le lancement de la bombe. Beloved monkey montre un ouvrier qui vit seul avec un singe et qui perd un bras dans un accident de travail. Just a man est le récit d’un homme bientôt à la retraite qui désespère de devoir passer le reste de sa vie avec une femme qu’il hait. Occupied décrit l’ennui d’un mangaka à qui l’inspiration fait défaut et qui va la retrouver en observant les graffitis obscènes dans les toilettes. Good-bye exprime la déprime d’un vieux père face à sa fille « pute à soldats américains » qui se fait rejeter par tout le monde.
Ces cinq histoires, bien que plus dures, plus rudes, plus sèches, sont paradoxalement moins émouvantes que le récit biographique. Elles montrent cependant l’univers de Tatsumi. Mis en parallèle, on constate que la vie du dessinateur irrigue ses fictions. On sent qu’il a observé et qu’il a tiré de ce qu’il a pu voir de quoi écrire et dessiner (on le sent particulièrement dans Occupied). Il n’est sans soute pas le seul à parler du Japon contemporain, à faire des récits sérieux, mais sa manière est sans romanesque, sans fin à proprement parler laissant un fin ouverte. Tatsumi dessine sur le quotidien et sur les marginaux. C’est un auteur, à ce titre, contestataire et critique du Japon. Et Eric Khoo porte sur son œuvre un regard plein de tendresse. On comprend que son univers est très proche de celui de Yoshihiro Tatsumi.
Tatsumi (Singapour, 2011) Un film d’Eric Khoo avec les voix de Tetsuya Bessho, Motoko Gollent, Yoshihiro Tatsumi, Mike Wiluan.
jeudi 1 décembre 2011
Hara kiri, mort d’un samouraï

Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2011, Hara kiri, mort d’un samouraï sort aujourd’hui mais n’est projeté nulle part en 3D, alors que la projection cannoise l’était. C’est un remake d’un classique de Masaki Kobayashi ou une nouvelle version du roman de Yasuhiko Takiguchi. Je ne comparerai pas le film de Takashi Miike avec le roman ou le film, mais dans mon souvenir, le film n’est pas si éloigné que ça de cette mouture actuelle.
Le film nous place d’emblée dans le Japon de la première moitié du 17ème siècle. Un Japon de shogunats, de samouraïs et de rônins. On ne sortira jamais de ce milieu où les rituels, l’honneur et l’autorité sont les règles inamovibles. Un homme vient se présenter au château du clan Ii pour pratiquer le suicide rituel. Kageyu (Kôji Yakusho), le chef du clan veut dissuader Hanshiro (Ebizô Ichikawa), qui se présente comme un rônin – un samouraï sans maître – de pratiquer le hara kiri.
Il existe une nouvelle pratique depuis peu, le hara kiri pantomime. Le rônin vient chez un maître, annonce qu’il veut mourir dans le rituel mais le chef l’arrête dans son élan et décide de l’embaucher. Sauf que le chef du clan Ii, encouragé par son inflexible et intolérant bras droit Omodaka (Munetaka Aoki) pour qui l’honneur prime sur l’humanité, oblige le samouraï à mourir. Seulement voilà Motome Chiijiwa (Eita) ne venait que mendier un peu d’argent pour sa femme et son bébé malades et surtout, il n’a qu’un sabre en bois. Le film se fait documentaire sur le rituel du shepukku, montrant chaque détail vestimentaire, chaque posture, chaque parole à prononcer, chaque mouvement du sabre dans l’estomac. La musique se fait alors très discrète et, Miike ne montre que le visage d’Otome pétri de douleur.
Ce récit est fini, Kageyu pense avoir dissuadé Hanshiro qui embraye sur son propre récit (qui durera bien une heure). Il décide de raconter sa vie de rônin, sur la difficulté d’être pauvre quand on doit obéir à un shogun intransigeant. Là aussi, Miike décrit avec minutie une société basée sur l’inégalité, sur un pouvoir dictatorial. Hanshiro commence également à raconter la vie de son fils adoptif qui se trouve être Motome. Plus tard, le jeune homme épousera Miho (Hikari Mitsushima), la fille de Hanshiro. Le funeste destin du jeune homme est en train de s’accomplir.
Le récit de Hara kiri, mort d’un samouraï est lent. Miike prend son temps pour détailler la vie japonaise dans cette première moitié du 17ème siècle. Le cinéaste est plus connu pour ses fulgurances et la rapidité d’exécution de ses films (ce qui souvent veut dire qu’ils sont bâclés, un peu irregardables d’ailleurs). Mais ce serait oublier qu’Audition, par exemple, est aussi d’une grande lenteur narrative. La scène de découpage ne se déroule que dans le dernier quart d’heure après 100 minutes de drague. Mais on ne se rappelle que la fin. Le spectateur est tout de même en attente d’une grande scène de sabre. Elle arrivera dans le dernier quart d’heure. Là aussi, sans musique, avec les flocons de neige qui distancie encore plus les personnages, comme pour insister que les victimes tombent toujours dans les oubliettes de l’Histoire.
Hara kiri, mort d’un samouraï (一命, Japon, 2011) Un film de Takashi Miike avec Kôji Yakusho, Naoto Takenaka, Hikari Mitsushima, Eita, Kazuki Namioka, Ebizô Ichikawa, Hanshirô Tsugumo, Hirofumi Arai, Takashi Sasano, Ayumu Saitô, Munetaka Aoki, Goro Daimon, Baijaku Nakamura, Takehiro Hira, Yoshihisa Amano, Ippei Takahashi.
mardi 11 octobre 2011
Wu xia

D’abord filmer le calme d’une journée de l’été 1917. Une vie tranquille dans un petit village isolé. Liu Jinxi (Donnie Yen) travaille dans une papeterie ; il est marié et a deux jeunes enfants. On découvre cette vie simple et de labeur, les techniques pour fabriquer le papier, la vie paysanne, sur un mode quasi documentaire. Yu (Tang Wei), la timide épouse prépare les repas, s’occupe des enfants. Tout le monde semble épanoui. Ça ne va pas durer bien longtemps, nous somme dans un film qui s’appelle Wu xia (sabre et épée) dont la star est Donnie Yen, le roi du film d’action. Ensuite filmer le chaos.
Les fauteurs de troubles sont deux hommes qui viennent braquer un commerce du village. Ils commandent du vin, plusieurs verres du vin local. Ils font la fine bouche et demandent l’argent de la caisse. Jinxi est justement dans le magasin, tapi derrière le comptoir, il attend que quelque chose se passe. Les deux malfrats vont taper sur le commerçant et son serveur, ils les menacent pour avoir l’argent qui ne doit pas couler à flots. Jinxi intervient, un peu mollement, il s’agrippe à l’un des marauds et ne le lâche plus. Sa méthode marche tant et si bien qu’il parvient à les battre. L’un d’eux se cogne la tête contre un meuble, auparavant il aura, dans sa maladresse, coupé l’oreille de son comparse, ce dernier recevra un sale coup de poing sur cette oreille et se noiera dans la rivière.
L’enquête sera menée par le détective Xu Baiju (Takeshi Kaneshiro), homme lettré, vêtu de blanc, portant chapeau et lunettes cerclées. En cela, il s’oppose d’abord physiquement à Jinxi qui est tout en habits noirs et n’a qu’une éducation primaire. Les deux hommes contrastent également dans leur comportement, Baiju est constamment fébrile dans ses investigations. C’est d’ailleurs l’un des moments les plus divertissants du film. Le limier recompose tout le combat entre Jinxi et les deux malfrats, il refait par rapport au récit et à ce que l’on a vu auparavant, ce qui a réellement pu se dérouler. On revoir donc entièrement l’action, avec Baiju qui entre dans le champ, qui corrige la mise en scène initiale. Tout cela est à la fois très sophistiqué (et évoque l’idée hitchcokienne du point de vue) et jouissif.
En recréant ce qui a pu se passer, en analysant la scène du crime et donc en devenant metteur en scène, Baiju estime que Jinxi n’est pas le simple bon père de famille qu’il affirme être. Il est persuadé qu’il est Tang Long, le fils du chef des 72 Démons, c'est-à-dire un groupe d’hommes qui s’est mis hors la loi et dirigé par l’impitoyable Grand Maitre (Jimmy Wang Yu). Wu Xia est donc l’histoire d’un homme qui voulait refaire sa vie et qui rencontre un homme qui veut lui faire payer son passé criminel. Ça rappelle bien entendu A history of violence mais avec un supplément de karma, de destin et de fatalité. Ce qui pousse Baiju à révéler en Jinxi le monstre qu’il était n’est pas tant sa soif de justice aveugle qu’à exorciser ses propres démons, son propre passé et la mort qu’il doit combattre tous les jours.
A trop vouloir que la vérité soit annoncée, Baiju va transformer ce village paisible en enfer sur terre. Le père de Jinxi veut aussi que le destin s’accomplisse. Jimmy Wang Yu pour son grand retour s’offre un combat face à Donnie Yen, en hommage au mythe du sabreur manchot. Wu xia comporte peu de scène d’arts martiaux. Au centre du film, Donnie Yen, mains nues, affrontera Kara Hui armée de deux poignards. Les trois combats (le premier étant celui dans le magasin en début de film) sont mis en scène avec précision par Donnie Yen sur une musique rock dominée par des riffs de guitare électrique. Ils offrent un bon contrepoint à la psychologie appuyée de Peter Chan qui donne l’un des meilleurs films de Hong Kong de l’année et peut-être son meilleur film tout simplement.
Wu Xia (武術, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Peter Chan Ho-sun avec Donnie Yen, Takeshi Kaneshiro, Tang Wei, Zheng Wei, Li Jiamin, Jimmy Wang Yu, Ethan Ruan, Kara Hui, Chun Hyn, Jiang Wu, Li Xiao-ran, Wan To-shing.













