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jeudi 19 juin 2014

Sorties à Hong Kong (juin 2013) Z storm


Z storm (Z 風暴, Hong Kong, 2014) Un film de David Lam avec Louis Koo, Lam Ka-tung, Dada Chan, Janelle Sing, Michael Wong, Lo Hoi-pang, Stephen Au, Derek Tsang, Eddie Cheung, Felix Lok, Liu Kai-chi, Patrick Keung, Tony Ho, Cheung Chung-kei, Tin Hok-wai, Tsui Ching-man, Alfred Cheung, May Law, Henry Fong, Joe Cheung. 92 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 19 juin 2014.

jeudi 5 juin 2014

Sorties à Hong Kong (juin 2014) Overheard 3


Overheard 3 (竊聽風雲3, Hong Kong – Chine, 2014) Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Louis Koo, Lau Ching-wan, Daniel Wu, Crystal Huang, Zhou Xun, Michelle Ye, Alex Fong Chung-sun, Zhang Jing-chu, Wu Xiubo, Ng Man-tat, Kenneth Tsang, Lam Ka-tung, Huang Lei, Dominic Lam, Stephen Au, Samuel Kwok, Helena Law, Felix Lok, Chin Ka-lok. 132 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 5 juin 2014.

jeudi 19 décembre 2013

Sorties à Hong Kong (décembre 2013) Firestorm


Firestorm (風暴, Chine – Hong Kong, 2013) 
Un film d’Alan Yuen avec Andy Lau, Lam Ka-tung, Yao Chen, Ray Lui, Hu Jun, Michael Wong, Michael Tong, Cheung Kwok-keung, Bonnie Sin, William Chan, Patrick Keung, Eddie Cheung, Wong Cho-lam, Kenny Wong, Oscar Leung, Vincent Sze, Terence Yin, Grace Wong, Hinson Chou. 110 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 19 décembre 2013.

mardi 10 décembre 2013

Tales from the dark 2


Après Tales from the dark 1, les fantômes reviennent hanter les vivants dans Tales from the dark 2. Trois courtes histoires réalisées par trois cinéastes. Gordon Chan se charge de la première partie, la moins aboutie et la moins inspirée. Hong (Lam Ka-tung) et Ching (Fala Chen) forment un couple aisé dont la routine va être brisée par la jalousie de Ching. Cette dernière espionne le téléphone de son mari. Il s’en aperçoit, demande des explications. Elle lui demande à son tour pourquoi il est resté en contact avec son ex. Elle crie et casse des objets provoquant le départ de Hong.

Assistante médicale, Ching perd le sommeil depuis le départ de son homme. Sa collègue et son patron comprennent que ça ne va pas. Insomniaque, elle se goinfre de somnifères mais ne parvient pas à dormir jusqu’à l’achat d’un oreiller parfumé qui l’emmène dans un monde de rêves (filmée dans un flou vaporeux) où Hong s’avère plus amoureux d’elle que jamais. Pour Ching, c’est le début d’une plongée dans un univers de songes érotiques (nombreuses scènes de lit) qu’elle va préférer à sa vie éveillée. Les scènes oniriques alternent avec des révélations sur Hong, donnant des explications plutôt que rester dans un suspense haletant.

Hide and seek (cache-cache) joue au contraire sur le schéma classique mettant en scène des jeunes gens qui partent s’amuser tous ensemble et qui vont être confrontés à une bande de fantômes qui va chercher à les décimer. Huit amis, âgés d’environ vingt ans, décident de visiter leur ancienne école qui doit être démolie dans quelques jours. Le bâtiment est vétuste, les livres trainent sur le sol, l’obscurité est accentuée par l’absence d’électricité. Ils décident de jouer à un jeu qu’ils jugent innocent : chasser les fantômes. Ils tirent au sort qui jouera au fantôme et qui sera le chasseur.

Ils ont beau avoir été prévenus du danger par un vieil homme qui semble habiter là, qui les a suppliés de partir avant la nuit, les huit amis continuent leur jeu. Ils ne remarquent pas une peinture murale où des écoliers sont dessinés, ils auraient dû, car ces écoliers sont des fantômes qui viennent chasser les huit amis dirigés par un professeur disparu depuis longtemps. Le film joue à fond la carte de la pénombre, du personnage qui surgit, des bruits suspects pour faire sursauter le spectateur. Rien de bien nouveau dans le domaine de l’effroi mais c’est efficace et plutôt amusant.

Le dernier film, Black umbrella tourné par Teddy Robin avec lui-même dans le premier rôle est le plus mystérieux, donc le plus intéressant. Teddy Robin, costumes trois pièces, cravate et grosses lunettes, se promène à Hong Kong avec un parapluie noir à la main qui lui sert de canne. A chaque coin de rue, il aide les gens à ne pas mourir. Ici, une vieille femme qui traverse trop vite une rue, là un chauffeur qui est menacé par un voleur, plus loin un joueur qui se fait bastonner par un membre des triades. Enfin, il rencontre une jeune femme (Aliza Mo) qui se promène seule dans les rues désertées de Hong Kong.

Ces rencontres, au fur et à mesure du récit, semblent de moins en moins dues au hasard, comme si l’homme au parapluie noir avait prévu d’être là, comme si c’était son destin. Il s’adresse toujours aux personnes sauvées avec un petit proverbe puis repart plus loin. Les 25 minutes de Black umbrella composent le meilleur de Tales from the dark 2, notamment son finale où aucune réelle explication sur l’origine et la finalité de l’homme au parapluie noire. Le film de Teddy Robin ne fait pas à proprement peur mais il laisse dans une perplexité sourde et un plaisir de spectateur qu’aucun des autres courts-métrages des deux films ne procuraient à ce niveau.

Tales from the dark 2 (李碧華鬼魅系列-奇幻夜, Hong Kong, 2013) Un film de Gordon Chan, Lawrence Ah Mon et Teddy Robin. 1. Pillow avec avec Fala Chen, Lam Ka-tung, Tony Ho, Joman Chiang. 2. Hide and seek avec Chan FatKuk, Sham Ka-ki, Kiki Tam, Pam Cheung, Ronny Yuen, Tong Kit-leung, Yatho Wong, Jaqueline Chan, Eric Leung, Lai Hon-chi, Lam Suk-ching. 3. Black umbrella avec Teddy Robin, Aliza Mo, Kelvin Kwan, Cheung Kwok-keung, Vincent Wan, Lana Wong, Yick Tin-hung, Ho Ka-wah, Law Chi-sing.

jeudi 8 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) Tales from the dark 2


Tales from the dark 2 (李碧華鬼魅系列奇幻夜, Hong Kong, 2013)
Un film de Teddy Robin, Gordon Chan et Lawrence Ah Mon avec Fala Chen, Lam Ka-tung, Teddy Robin,  Mo Qiwen, Chan Yiu-wing, Sham Ka-ki, Lai Hon-chi, Vincent Wan, Kelvin Kwan, Cheung Kwok-keung, Siu Yam-yam. 90 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 8 août 2013.

mardi 9 juillet 2013

Drug war


Un car qui transporte des passagers aux estomacs remplis de boulettes de drogue. Un camion qui passe de l’amphétamine. Un trafiquant qui perd le contrôle de sa voiture et s’écrase dans un magasin. L’ouverture de Drug war, premier polar de Johnnie To (produit et co-écrit par Wai Ka-fai) tourné entièrement en Chine, va droit au but. La drogue cherche par tous les moyens à traverser la frontière pour se répandre dans la République populaire. Dans le même mouvement, le cinéaste hongkongais apporte son savoir faire et son ambiance unique en Chine en traversant la frontière entre les deux pays. La question immédiate que l’on se pose : Drug war parviendra-t-il à abolir les limites de la censure chinoise en parlant de drogue, de policiers et de mafia, sujets ultra sensibles ?

Ce trafiquant, bave aux lèvres et couverts d’ecchymoses est Timmy Choi (Louis Koo). Son laboratoire clandestin, situé au beau milieu de la campagne chinoise, a explosé, tuant sa femme et deux de ses hommes. Son accident de voiture, filmé par les nombreuses caméras de surveillance, l’a conduit à un hôpital. Là, il doit faire face aux interrogatoires du lieutenant Zhang (Sun Honglei), chargé de la répression du trafic de drogues et de sa fidèle assistante Xiaobei (Crystal Huang). Il se tait d’abord. Son téléphone n’arrête pas de sonner et de délivrer des messages codés. Or Timmy risque la peine de mort et préfèrera collaborer avec la police pour réduire sa peine. Ensemble, ils vont partir en mission : démanteler le réseau que Timmy a lui-même mis en place.

Timmy va mettre en scène Zhang qui va se faire passer pour Chang devant le bien nommé Haha (Hao Ping). Chang (Tan Kai) est l’homme de main de l’oncle Bill (Li Zhenqi), qui doit acheter de l’héroïne pour la vendre en Corée et au Japon. D'abord trouver le costume de mafieux à Zhang. Puis, choisir le décor : un hôtel de luxe. Haha passe son temps à rire très fort et Chang a, au contraire, un visage impavide. La rencontre s'improvise comme une répétition de la scène qu’il faudra ensuite à nouveau interpréter. Zhang incarne cette fois Haha devant Chang et Xiaobei sera la petite amie frivole de Haha. Zhang doit jouer deux rôles opposés, se rappeler de chaque détail de ses personnages tout en surveillant Timmy qui, lui-même, le guide. Le public ne sera pas seulement constitué des spectateurs du film mais aussi de tous les policiers qui surveillent par caméra la chambre d’hôtel.

La tension, amplifiée par la superbe musique de Xavier Jamaux, est subtilement portée à son paroxysme. Il faut avouer que Johnnie To prend un malin plaisir à faire s’échanger les rôles à ses personnages et à créer des méandres qui menacent chaque fois de perdre le fil du récit. On retrouve les deux conducteurs du camion d’amphétamines, deux abrutis finis qui se sont servis dans la cargaison que Timmy va copieusement rosser. On découvre un deuxième laboratoire tenu par des muets qui se révèlent être de furieux manipulateurs de fusils en abattant la moitié des hommes de Zhang. Séquence magnifique de brutalité où les visages des deux muets (Guo tao et Li Jing) passent de la jovialité lors de leur retrouvaille avec Timmy (la célébration de la mort de son épouse où de vrais billets sont brûlés) à la fureur sourde. Chaque fois, Timmy garde la main sur le récit, Zhang n'est qu'une marionnette bien qu'il croit être le meneur de jeu.

Les personnages interprétés par les acteurs de Hong Kong sont tous de trafiquants de drogue. Outre Timmy (Louis Koo est remarquable, portant constamment un sparadrap sur le visage), plusieurs fidèles de Johnnie To et de la Milkyway sont de la partie : l’inévitable Lam Suet qui marmonne des mots en anglais, Lam Ka-tung et Michelle Ye en Bonnie et Clyde, Eddie Cheung, entre autres. Ils forment les bras droits de Timmy qui doivent organiser le trafic. Ils n’arrivent que dans le dernier tiers de Drug war mais leur partition, l’attention que leur porte le cinéaste et le caractère pince sans rire de leur personnage (un humour glacial est constant dans le film) les rend plus vivants que tous les policiers chinois. C’est là sans doute qu’est le plus grand pied de nez de Johnnie To : remplir son contrat de faire un film contre la drogue tout en égratignant la raideur de la justice et de la police de la Chine et en s’offrant le luxer de filmer l’un des plus beaux gunfights finaux vus depuis bien longtemps.

Drug war (毒戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Johnnie To avec Louis Koo, Sun Honglei, Crystal Huang, Hao Ping, Gan Ting-ting, Michelle Ye, Lam Suet, Wallace Chung, Gao Yun-xiang, Xiao Cong, Li Guang-jie, Yin Zhu-sheng, Lo Hoi-pang, Eddie Cheung, Lam Ka-tung, Wang Bao-qiang, Guo Tao, Cheng Tai-shen, Li Jing, Hai Qing, Tan Kai.

jeudi 18 avril 2013

Sorties à Hong Kong (avril 2013) Drug war


Drug war (毒戰, Hong Kong – Chine, 2013) 
Un film de Johnnie To avec Louis Koo, Sun Hong-lei, Crystal Huang, Michelle Ye, Lam Suet, Wallace Chung, Gan Ting-ting, Gao Yun-xiang, Xiao Cong, Li Guang-jie, Yin Zhu-sheng, Lo Hoi-pang, Eddie Cheung, Lam Ka-tung, Wang Bao-qiang, Guo Tao, Cheng Tai-shen, Li Jing, Hai Qing, Patrick Keung, Tan Kai, Alex Fong Lik-sun. 105 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 18 avril 2013.

jeudi 14 mars 2013

Cold war


Un attentat a lieu au beau milieu du quartier de Mongkok dans le cinéma Broadway Circuit. La police est en alerte. Ailleurs, sur l’autoroute, un homme alcoolisé roule à toute vitesse. Cold war démarre sur les chapeaux de roue avec une scène rapide et inspirée, ce qui en cette période de vache maigre est très agréable. Rien à voir entre les deux faits si ce n’est que les cinq policiers, venus arrêter le chauffard, vont être enlevés par des terroristes masqués. Le commissaire en chef (Michael Wong, qui comme à son habitude parle anglais mais qui par chance vient juste faire une courte apparition) est absent. Il confie les rênes de l’enquête à ses deux divisionnaires : Sean Lau (Aaron Kwok), responsable du personnel, et MB Lee (Tony Leung Ka-fai), responsable des opérations. C’est ce dernier qui chapeaute le tout et décide de d’appeler l’opération « Cold war ». Une cellule de crise se met en place dans les locaux immenses et glaciaux des quartiers généraux de la police.

Ce qui impressionne également est le casting pléthorique du film : Lam Ka-tung, Andy On, Charlie Yeung, Terence Yin, Chin Ka-lok et un caméo d’Andy Lau. Chacun a une spécialité dans la police qu’il va utiliser pour tenter de retrouver les flics disparus. Cold war est une course contre la montre où les ravisseurs demandent une rançon. Les policiers sont menés d’un lieu à un autre. La cale d’un bateau est remplie de dynamite. Les matelots sont interrogés avec violence, torturés à l’ancienne par Kwong (Lam Ka-tung) et Shek (Andy On). Un paquet est déposé à la police, il contient un portable pour communiquer avec les bandits. To (Terence Yin), l’informaticien, va tenter de tracer le portable et les GPS des flics enlevés. Le thriller se met en place avec un grand renfort d’effets sonores, la musique tonitruante de Peter Kam appuie chaque moment de suspense et de tension. Quand Vincent (Chin Ka-lok), le fidèle homme de main de Lau meurt sous les balles, sa veuve se crispe de douleur et se met en colère. L’émotion qui devait se dégager de son chagrin ne parvient pas à se créer.

Seulement voilà, la guerre des chefs s’empare de la police. En effet, l’un des policiers enlevés est Joe Lee (Eddie Peng), le fils de MB Lee. Lau estime qu’il a outrepassé ses pouvoirs et qu’il ne peut plus diligenter les investigations. Le film s’engage alors dans de longues scènes de dialogues, ou plutôt d’engueulades entre les deux divisionnaires. Tony Leung Ka-fai est impressionnant avec son crâne rasé et sa barbe. Comme à son habitude, il sait donner du poids à son personnage, élevant la voix avec un regard de fou furieux. Mais le problème réside moins dans le jeu des acteurs (ils sont tous bons) que dans le statisme de ces scènes. Longman Leung et Sunny Luk, qui tournent leur premier film en tant que réalisateurs, ne savent pas comment filmer les dialogues si ce n’est en champ contre-champ des personnages qui parlent entre eux. Le rythme retombe donc fréquemment jusqu’au coup de théâtre suivant qui amène une nouvelle scène d’action.

Une fois les cinq policiers retrouvés, Cold war change de cap avec l’arrivée de deux nouveaux personnages venus mettre leur nez dans toute cette histoire. Mak (Alex Tsui) et Cheung (Aarif Lee) pensent qu’une taupe est responsable de l’enlèvement des cinq policiers. Le film repart donc sur une nouvelle enquête où chaque policier est un suspect en puissance. La tension passe cette fois dans les joutes verbales entre Cheung et les autres, que le jeune policier interroge. Le climax étant l’affrontement avec MB Lee qui, grâce à son sens du discours, parvient à retourner l’interrogatoire en contre-interrogatoire. Evidemment, Tony Leung Ka-fai fait tout le boulot, Aarif Lee fait ce qu’il peut face au talent monstre de son aîné.  Cold war évoque dans cette deuxième partie les luttes de pouvoirs à l’intérieur de la police. MB Lee, comme Lau, veulent la place de chef. Le film, avec son scénario rempli de rebondissements, est malin et, ce qui ne gâche rien, est esthétiquement agréable. Les deux cinéastes lorgnent du côté d’Infernal affairs mais en éludant totalement la vie privée des personnages ce qui les prive d’une complexité psychologique qui aurait permis qu’on se sente plus proches d’eux. Eux aussi veulent la place de chefs du film policier d’action depuis qu’Andrew Lau, parti faire des romances en Chine, a laissé la place vacante.

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012) Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau, Alex Tsui.

jeudi 8 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 novembre 2012.

lundi 10 septembre 2012

Motorway


La base de Motorway repose sur le duo entre Lo (Anthony Wong) et Cheung (Shawn Yue), co-équipiers de la « brigade invisible » qui patrouillent, en voiture banalisée, dans les rues de Kowloon Est pour contrôler les excès de vitesse. Un boulot pas franchement passionnant pour aucun des deux. Cheung, le plus jeune, est bridé dans son envie d’aller poursuivre les contrevenants en allant à toute allure avec la pauvre voiture de police. Lo n’attend qu’une chose : enfin prendre sa retraite et passer du temps avec son épouse. On est donc dans un buddy movie policier classique produit par Johnnie To, via la MilkyWay Image, avec des caractères, des méthodes et des aspirations différentes.

Après une chasse un peu dangereuse, Cheung se voit interdire par son chef (Lam Ka-tung) de conduire et doit maintenant travailler derrière un radar, au grand contentement de son collègue qui peut manger tranquillement ses nouilles. Cette tranquillité sera de courte durée quand une voiture vient le narguer. Le bolide est conduit par Jian (Guo Xiao-dong), un chinois (il parle mandarin) qui prépare un casse avec Wong (Li Hai-tao), un de ses compatriotes. L’un conduira la voiture, l’autre ira dérober un diamant brut. Evidemment, on ne peut pas s’empêcher de penser à Drive, mais Motorway est rarement comparable avec le film de Nicolas Winding Refn.

Les préparatifs du cambriolage constituent une partie importante du film. Tout est d’abord mystérieux, car inexpliqué, avec l’objectif simple de laisser le spectateur dans l’expectative, mais avec néanmoins une longueur d’avance sur les policiers. Jian repère sur un plan les rues dans lesquelles il va circuler pour semer les flics. Il choisit des rues biscornues, aux angles anguleux où un mauvais conducteur sera coincé, puis il crée un événement pour que son véhicule soit disponible lors de l’évasion de Wong qui est en prison. Cette manière de décrire par le menu un plan si élaboré est jouissive pour le spectateur. L’évasion a lieu, Jian s’est fait arrêté par Lo et Cheung, il peut maintenant libérer son complice.

Quant à Cheung, il prépare une voiture plus rapide pour pallier la lenteur des véhicules de la police. Dans une scène, il montre sa précision en draguant une belle femme (Barbie Hsu), dans une séquence amusante. Les personnages féminins sont tous au second plan. Barbie Hsu a de belles scènes en tant que potentielle petite amie que Cheung n’arrive pas à séduire, comme cette partie de billard pour échanger les numéros de téléphone. Josie Ho incarne la chef de la police qui dirige l’opération pour arrêter Jian et Wong, quand les éléments de l’enquête sont assez fiables. Son personnage autoritaire est un peu ingrat. Enfin, Michele Ye est la femme de Lo. Aimante, elle apporte à son mari de quoi manger un soir de planque, et patiente, elle attend qu’il prenne sa retraite.

Pour Soi Cheang, il s’agit de trouver aussi de nouvelles manières de filmer une course poursuite sans lasser le spectateur. Contrairement au spécialiste du genre, Ringo Lam (les courses poursuite dans Full alert sont une référence majeure et des séquences inégalées en termes de mise en scène), elles sont tournées dans des autoroutes pratiquement vides le jour (personne ne conduit donc en journée ?) et peu de monde la nuit (idem). Passé cet écueil, les scènes sont vives, les plans variés (la caméra change de cadre souvent, elle est même parfois placée en plongée accrochée au capot avant), le tout filmé dans un clair obscur somptueux. La musique de Xavier Jamaux et Alex Gopher, quasi minimaliste, permet aux courses poursuite de ne pas tomber dans l’excès de précipitations.

Mais je reviens sur les rapports entre Lo et Cheung. L’une des idées du film consiste à développer leurs relations dans un schéma dramaturgique qui rappelle les récits d’apprentissage de certains classiques du wu xia pian. En trois moments. Le premier, Cheung est un jeune arrogant, chien fou qui n’écoute aucun conseil. Sa première chasse contre Jian se solde par un échec où il s’est mis en danger. Deuxième moment, il apprend que Lo a été jadis un habile conducteur et qu’il a déjà arrêté le méchant Jian. Il connait donc le méchant, ses forces et faiblesses. Il va enseigner son savoir afin de mener sa quête à bien. Troisième et dernier moment, Cheung est désormais formé, le disciple a bien appris auprès du sifu. Lors de la dernière course poursuite, il se rappellera les judicieux conseils (voix off  d'Anthony Wong). C’est souvent dans les plus vieux pots qu’on fait les meilleures plats.

Motorway (車手, Chine, 2012) Un film de Soi Cheang avec Shawn Yue, Anthony Wong, Guo Xiao-dong, Michelle Ye, Lam Ka-tung, Barbie Hsu, Li Guang-jie, Josie Ho, Li Hai-tao.

jeudi 21 juin 2012

Sorties à Hong Kong (juin 2012)


Motorway (車手, Chine, 2012) 
Un film de Soi Cheang avec Shawn Yue, Anthony Wong, Guo Xiao-dong, Michelle Ye, Lam Ka-tung, Barbie Hsu, Li Guang-jie, Josie Ho, Li Hai-tao. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 juin 2012.


mercredi 28 mars 2012

A-1 Headline


Quelques heures avant sa mort, Peter téléphonait à sa petite amie et collègue de travail Elaine (Angelica Lee) pour lui parler du scoop qu’il espérait pourvoir mettre en gros titres. Ils sont tous deux journalistes, lui politique, elle de mode. Elle conseille toute la rédaction sur les derniers produits et dépense beaucoup d’argent en vêtements, accessoires et nouvelle technologie. La conséquence directe est qu’elle emprunte de l’argent, qu’elle a des dettes et qu’elle doit les rembourser. Et c’est Fei (Anthony Wong), fidèlement accompagné de Ma (Eric Kot vieilli par la tonsure de son crâne) qui récupère les dettes pour son patron. A Hong Kong, tout le monde a des dettes et même les flics (comme le montre la scène d’ouverture), même Fei doit de l’argent.

Elaine est un peu perturbée. Fei la suit en voiture et décide de la conduire en ville. Elle est allée voir le lieu de l’accident de son copain, mais assez vite, Fei prétend que ce ne serait pas un accident, que ce dernier coup de fil dédaigné par Elaine. Elle veut enquêter et doit convaincre le rédacteur en chef de son journal, Tsang (Tony Leung Ka-fai). Kevin, le jeune photographe (Edison Chen) sera de la partie. Ils vont mener des investigations contre l’avis du patron du journal et celui la police. Cela irrite Tony (Lam Ka-tung), commissaire chargé de l’enquête qui a conclu à l’accident de moto due à l’ivresse. Et puis, il y a cette femme trouvée morte, des indices indiquent que ce serait la maîtresse de Sean Cheung (Chan San-chung), magnat qui compte acheter des parts dans le journal d’Elaine.

Fei va se montrer très protecteur envers Elaine. Et il fait bien parce qu’on cherche à l’éliminer physiquement : poursuite en voiture, incendie d’une cabane où elle se trouve pour un rendez-vous avec un indic. Elaine met un peu de temps à comprendre qu’on lui en veut. Le personnage d’Angelica Lee semble constamment hébété, dans un flottement concernant ses réactions. A-1 Headline prend son temps pour développer son récit, le rythme est lent et ne se concentre sur aucun motif de l’histoire en particulier. L’enquête avance à tâtons à coup de révélations sur cette double mort : soudain des preuves apparaissent dans l’appartement du mannequin maîtresse de Sean Cheung ; des vidéos de surveillance de Peter disparaissent. Et puis surtout, il y a des soupçons de corruption de la police, des manipulations du nouveau patron, des embarras de Tsang concernant tous ces révélations.

A vrai dire, tout cela n’est pas très intéressant. Comme souvent dans ce genre de films, les scénaristes donnent beaucoup trop d’éléments, se perdent dans les fausses pistes pour relancer un scénario sans réelle nécessité. Le film a suffisamment de personnages pour intéresser sans avoir recours à ces nombreux twists. Ce qu’on remarque, c’est que tous sont célibataires, solitaires et que cela est l’un des raisons qui les poussent à aller si loin dans cette enquête. Tsang, le directeur du journal, campé par un Tony Leung Ka-fai magistral, change de vêtements (passer du bleu de travail au nœud pap) comme d’attitude (le patron directif devient soudain obséquieux). C’est encore une fois Anthony Wong qui épate le plus avec un jeu tout en retenue (au diapason du film) mais qui domine allégrement toute le casting, son comparse Eric Kot, sidekick comique idéal, Lam Ka-tung son ancien collègue triste de leur amitié au point mort, Edison Chen qui découvre ses chances auprès d’Elaine disparaitre au gré du rapprochement avec Fei. Car A-1 Headline a la bonne idée de ne pas appuyer une éventuelle romance mais de montrer Fei plutôt comme un père putatif d’Elaine. Finalement, moins qu’un film policier, c’est un film sur la solitude.

A-1 Headline (A-1頭條, Hong Kong, 2004) Un film de Gordon Chan et Chung Kai-cheong avec Angelica Lee, Anthony Wong, Edison Chen, Eric Kot, Lam Ka-tung, Tony Leung Ka-fai, Lo Wai-luk, Chan San-chung, Wong Siu-yin, Miao Chang-jun, Chan Siu-wan, Dante Lam.

samedi 28 janvier 2012

Love me, love my money


Comédie romantique à la sauce Wong Jing, suite et fin (c’est promis, j’arrête de parler de ses films pendant un bon bout de temps après ces deux mois de rétrospective que je lui ai donné ici). Tony Leung Chiu-wai est Richard, un businessman qui au début de Love me, love my money revient de New York où il fait des affaires (lesquelles, on ne le saura jamais, mais ça n’aura aucune importance). Dans le taxi qui le ramène en ville, la voix off de l’acteur nous présente Helena (Cho Chun) et Tom (Lam Ka-tung), ses deux plus fidèles collaborateurs. Tom est son avocat, son ami de vingt ans, son confident, l’homme qui pense à tout préparer avant que son patron ne lui demande. Tom est indispensable à Richard qui n’a même pas un téléphone perso, il le connait comme sa poche et lui parle franchement de tout et surtout des femmes.

Les femmes, justement, est le souci de Richard. Il est riche et doute que sa copine Martha l’aime pour lui-même mais plutôt pour son argent. Une grosse dispute se déclare entre eux deux parce qu’il refuse de lui donner une forte somme d’argent. Ce qui conforte son opinion sur elle et donne encore une fois une bonne idée de ce que Wong Jing pense des femmes entre misogynie et clichés de potache. Elle quitte le luxueux appartement de Richard et décide de se venger. Elle va, quand il s’est absenté, enlever tous ses meubles et vêtements pour les donner à des hospices de vieux. Richard a envie de changer ses comportements et son nouveau maître mot est : économie. Il trouve qu’il dépense trop et veut virer tous ses employés, dans le même temps il demande à Helena de tout prendre en charge toutes les affaires. Résultat : elle démissionne. Mais assez parlé du boulot, le film ne le prend pas en compte contrairement à ce que faisaient Johnnie To et Wai Ka-fai dans Needing you, exemple type de la comédie romantique patron employée.

Richard rencontre par hasard Choi (Shu Qi) dans un restaurant de serpents où avec sa meilleure amie Fong (Teresa Mak) elle se réfugie pour échapper à Fatty (Yau Man-shing), un bon gros bonhomme qui tente de la convaincre de l’épouser. Fatty est en fait envoyé par le père de Choi (Wong Yat-fei), un homme plutôt traditionnel qui se désespère que sa fille ne se marie pas. Là nait l’idée géniale d’engager Richard pour le faire passer pour son fiancé. Elle ignore qui il est. Lui a envie d’être aimé pour lui et non pour son argent (tout comme dans Prince charming, vingt ans plus tôt). Or il se trouve que Choi plait plutôt à Richard et inversement. Mais on le sait tous, quand une relation démarre sur un mensonge, ça se passe rarement bien par la suite. Dans le même temps, Fong et Tom ont le coup de foudre et vivent une histoire d’amour débridée.

Le gros souci de Love me, love my money est que tout ce qui pourrait être drôle ne l’est jamais vraiment. Les quiproquos relatifs aux fausses fiançailles sont poussifs (encore une fois la passion de Wong Jing pour le jeu où Richard plume Fatty et son père venus rencontrer le « petit ami » virtuel). Pareillement, la soirée organisée chez Richard pour que le père de Choi rencontre sa future belle-famille est assez mauvaise, Wong Yat-fei reprenant son gag de Shaolin soccer où il chante faux un petit air à la guitare. Quand Choi se rend compte qu’elle a été bernée par Richard et Tom, elle lui donne des coups de pied ce qui semble la seule réponse aux yeux de Wong Jing qui faisait faire la même chose à Cecilia Cheung dans Everyday is Valentine. Quant au final, il est tellement écœurant de romantisme benêt que ça en est gênant. Que les fans de Tony Leung Chiu-wai se rassurent, l’acteur n’a plus jamais avec Wong Jing

Love me, love my money (有情飲水飽, 2001) Un film de Wong Jing avec Tony Leung Chiu-wai, Shu Qi, Lam Ka-tung, Teresa Mak, Wong Yat-fei, Angie Cheung, Cho Chun, Helen Poon, Joe Lee, Winston Yeh, Kao Bao-yun, Pang Lap-wai, Dick Tung, Yau Man-shing, Kam Kong, Wong Sum-yue.

mardi 6 décembre 2011

Infernal affairs III


Deux ans et demi après avoir écrit sur Infernal affairs puis Infernal affairs II, il était temps que j’achève de causer de cette trilogie. Infernal affairs III démarre dès la fin du premier film. Ming (Andy Lau), après une mise à pied et une enquête suite à la mort irrésolue de Yan (Tony Leung Chiu-wai), reprend du service mais dans les bureaux et non plus sur le terrain. Le jour de la reprise de son travail, un jeune policier se suicide. Le seul témoin est l’inspecteur Yeung (Leon Lai), nouveau venu à la police et cela titille Ming qui a l’impression que Yeung n’est pas pour rien dans ce suicide.

Ming décide de chercher des indices sur cet inspecteur qui a une attitude continuellement calme. Jamais il ne semble montrer la moindre émotion, y compris lors de la mort de ce collègue. Un jeu du chat et de la souris s’engage entre les deux hommes, un jeu feutré et sournois. Ming installe sous la voiture de Yeung un émetteur pour suivre ses déplacements, il place des caméras dans son bureau pour le surveiller et surtout avoir le code d’accès de son coffre fort dans lequel Yeung a placé des cassettes où sont sans doute enregistrés des secrets. Yeung n’est pas dupe des petits secrets de Ming, il voit clair dans son jeu. Quand Ming pose l’émetteur, son téléphone sonne, feint de se disputer avec sa femme dont il divorce, mais Yeung a une mini caméra dans sa voiture et tout est filmé. Il a une longueur d’avance sur son adversaire. Ainsi, il s’amuse à regarder frontalement la caméra de surveillance en faisant comme s’il réfléchissait longuement, mettant les nerfs de Ming à rude épreuve (a-t-il deviné ?, se demande-t-il).

Pour les besoins de son enquête, Ming va demander l’aide du Docteur Lee (Kelly Chen). Dans Infernal affairs, on voyait régulièrement Yan venir faire la sieste dans son cabinet. Infernal affairs III montre comment Yan en est arrivé à devoir consulter une psychiatre sur les ordres de son chef, le commissaire Wong (Anthony Wong, que l’on voit peu dans ce volet, tout comme Eric Tsang, tous deux relégués comme personnages secondaires). Ming veut consulter le dossier de Yan, qui se trouve sur l’ordinateur du médecin. Il devra le voler, puis réussir à extorquer le mot de passe pour accéder aux dossiers. Le film revient longuement sur ces consultations de Yan chez le docteur Lee, changeant d’époque fréquemment, passant de six mois avant la mort du flic infiltré dans la triade à un temps bien postérieur à son décès. Et Ming commence lui aussi à s’assoir sur le divan. Le Docteur Lee pratique l’hypnose et il ne va pas tarder à révéler sa vraie nature.

Le fil narratif remonte jusqu’à la mort de Yan avec l’ajout d’un personnage énigmatique. Shen (Chen Dao-ming), tout aussi secret que celui de Yeung, mais qui est dans l’autre camp. De toute façon, avec les personnages de la trilogie Infernal affairs, il ne faut pas s’attendre à ce que quiconque ne soit ce qu’il semble être au premier abord. Sam (Eric Tsang) donne des ordres étranges à Yan, comme s’il voulait le piéger. Yeung fait-il partie des triades ? Connait-il Sam ? Qui est vraiment ce Shen ? Le film se plonge dans le cerveau de Ming qui veut tout voir, connaitre tous les secrets, espionner chacun des protagonistes. Il sombre peu à peu dans la schizophrénie, aidé en cela par une mise en scène qui alterne le passé et le présent, qui met dans le cadre Yan alors qu’il est mort, comme si les deux personnages n'étaient qu'un. J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans cette confusion, mais Andrew Lau et Alan Mak ont choisi de tout expliquer, peut-être un peu trop.

Infernal affairs III (無間道 III, Hong Kong, 2003) Un film d’Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung Chiu-wai, Andy Lau, Leon Lai, Chen Dao-ming, Kelly Chen, Anthony Wong, Eric Tsang, Chapman To, Ng Ting-yip, Wan Chi-keung, Hwang Zhi-zhong, Sammi Cheng, Carina Lau, Edison Chen, Shawn Yue, Lam Ka-tung, Vincent Wan, Courtney Wu, Waise Lee.

jeudi 10 novembre 2011

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


Let’s go (保衛戰隊之出動喇!朋友!, Hong Kong, 2011)
Un film de Wong Ching-po avec Juno Mak, Stephy Tang, Pat Ha, Lam Ka-tung, Gary Chaw, Jimmy Wang Yu, Chin Siu-ho, Ken Lo. 96 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 10 novembre 2011.



mercredi 7 avril 2010

72 tenants of prosperity



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J’aime les comédies du nouvel an lunaire. Et je les préfère quand elles sont drôles. Et quand en plus il y a des stars et des acteurs que j’adore, c’est le bonheur total. 72 tenants of prosperity est non seulement le succès surprise de ce début d’année à Hong Kong mais il est aussi une comédie réussie où j’ai ri, et parfois très fort. Le film est l’adaptation d’un classique du théâtre, connu par tous les Hongkongais, ce qui explique sans doute ce succès. C’est une production de la Shaw Brothers et de sa chaîne de télévision TVB qui a le vent en poupe après Laughing Gor Turning point, également plébiscité par le public.

On retrouve Anita Yuen, qui avait un peu disparu des écrans depuis quelques temps. Elle est Pinky, le pivot central du film, le personnage féminin que se disputent Kin (Jacky Cheung) et Kung (Eric Tsang) depuis leur adolescence. Les deux garçons étaient tous les deux amoureux d’elle (on les retrouve en flash back joués par Raymond Lam et Justin Lo). Pinky a été jouée à pile ou face. C’est Kung qui est devenu son mari. Depuis Kin et Kung ne se parlent plus. Chacun a eu deux enfants d’une vingtaine d’années, donc en âge de tomber amoureux, si vous voyez ce que je veux dire. Effectivement, Bosco Lam et Linda Chung vont s’aimer tandis que Wong Cho-lam et Stephy Tang vont s’aimer aussi, malgré les rivalités entre les deux papas. La comédie du nouvel an lunaire c’est aussi ça : des histoires d’amour très simples avec des happy ends attendus. Il est inutile de cacher que Eric Tsang et Jacky Cheung vont se réconcilier.

L’humour dans 72 tenants of prosperity est varié et se décline sur plusieurs modes. Le plus difficile à comprendre est celui qui joue sur les jeux de mots grivois en cantonais. Bosco Wong lors de sa première rencontre avec Linda Chung parle d’excréments à la place d’un autre mot. Plus tard, Jacky Cheung se moque d’Eric Tsang qui ne sait pas dire « Try your best » et qui prononce « breast », poitrine. Autre genre d’humour parfois un peu difficile à cerner, celui qui évoque la vie people locale. Linda Chung est régulièrement comparée à une actrice japonaise de films AV, cinéma très populaire. Et il y a aussi les références à tous les acteurs de TVB venus faire un petit coucou, car le film regorge d’apparitions fugaces de stars de la télé (voir le générique en fin de texte). Le film se permet de rendre hommage à Laughing Gor Turning point avec Michael Tse lui-même qui reprend le temps d’une séquence son propre rôle. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Le film commence par une brillante parodie de The House of the 72 tenants, classique de la Shaw brothers. Tout y est : les voix et les accents de ces années-là, les zooms sur les personnages, les vêtements et l’ambiance de l’époque. Cerise sur la gâteau, le rose de Lydia Shum est repris par sa fille Bernice Liu. Et sensuite, le comique des situations fait le reste. Kin et Kung travaillent l’un en face de l’autre dans une rue très populaire de Mongkok. Chacun vend ses téléphones portables censés résister à l’eau. Kin montre des filles très sexy arrosées par des pistolets à eau. Kung lui emboîte le pas avec des filles pas sexy qui se font couler du dentifrice, de la glace et du lait sur leur poitrine. La confrontation, un peu misogyne, fonctionne et fait rire. Puis, on se lance sur une chanson de comédie musicale sur les conditions de travail de tout ce beau monde. Et puis on termine avec les vœux où Wong Cho-lam et Bosco Wong font du marketing en citant tous les sponsors.

Entre ces deux moments, il y aura beaucoup de situations incongrues, des filles en maillot de bains, dont une qui cherche à vendre à un Lam Suet désorienté un portable. Pas mal de guest stars venues cabotiner une minute le temps d’une scène. Wong Cho-lam qui imite Jacky Cheung juste à côté de lui. Des parodies de plusieurs films récents. Et encore un chinois du continent qui semble d’abord être un vilain promoteur et qui s’avère être le sauveur de la situation. Il faut bien vendre le film en Chine, ce qui n’empêche pas Bosco Lam de se moquer du mandarin (la langue). Et puis une intrigue secondaire autour d’acide lancée du toit et qui se rapporte à l’actualité de Hong Kong. 72 tenants of prosperity fournit à l’amateur de comédie suffisamment d’éléments pour le rassasier et là est bien l’essentiel.

72 tenants of prosperity (72 家租客, Hong Kong, 2010) Un film de Eric Tsang et Chung Shu-kai et Patrick Kong avec Jacky Cheung, Eric Tsang, Anita Yuen, Bosco Wong, Stephy Tang, Wong Cho-lam, Linda Chung, Liang Tian, Aimee Chan, Joel Chan, Chan Pak-cheung, Sunny Chan, Vincy Chan, Fala Chen, Joyce Cheng, Kevin Cheng, Cheng Sze-kwan, Cheng Yim Lai, Kelly Chen, Chen Shuang, Chen Yoyo, Alfred Cheung, Cheung Chi-kwong, Dicky Cheung, Cheung Kayi, Cheung Kwok-keung, Chiang Tao, Jaime Mei Chun-chik, Chin Kar-lok, Chin Siu-hou, Andy Hui, Cho Wing-lim, Terence Chui, Sherman Chung, Chun Wong, Jacky Heung, Denise Ho, Kara Hui, Timmy Hung, Tracy Ip, Ko Hoi-ning, Ella Koon, Ku Feng, Emily Kwan, Kwok Jing-hung, Peter Lai, Lai Yiu-cheung, Lam Ka-tung, Raymond Lam, Lam Suet, Lau Mei-guan, Lau Siu-kwan, Tats Lau, Sam Lee, Jeanette Leung, Kaki Leung, Leung Lit-wai, Sammy Leung, Toby Leung, Bernice Liu, David Lo, Justin Lo, Koni Lui, Rosanne Lui, Luk Wing-kuen, Joe Ma, Mak Cheung-ching, Ma Kwok-ming, Ma Tai-lo, Ming Tai-yiu, Lawrence Ng, Ron Ng, Charmaine Sheh, Nancy Sit, Maggie Siu, William So, Tam Jan-yut, Tang Lai-ming, Tin Kai-man, Natalie Tong, Angela Tong, Michael Tse, Kate Tsui, Wong Ching, Wong Chi-yin, Fung Woo, Wu Myolie, Shaw Yin Yin, Yiu Ying-ying, Yuen King-tan, Kitty Yuen, Louis Yuen, Yuen Wai-ho, Mimi Zhu, Maria Cordero.

mardi 27 octobre 2009

The First 7th night


Tous ses collègues l’appellent Mapking (Lam Ka-tung), le roi des cartes routières. Il est chauffeur de taxi en Chine (il roule à droite et son volant est à gauche. Mapking vit dans son taxi. Il y dort, il y mange, tous ses vêtements sont conservés dans le coffre. On pourrait presque croire que c’est un clochard, mais The First 7th night révélera une toute autre piste qui fait la saveur du film d’Herman Yau.


Un soir, Mapking est appelé sur la cibi par un autre chauffeur de taxi qui cherche à avoir des renseignements sur un lieu totalement inconnu de lui et qui ne figure sur aucune carte. Le client promet une belle somme d’argent si on le guide là-bas. Il doit convoyer dans son camion une livraison. Mapking se rend sur les lieux et décide de montrer le chemin en éclaireur. L’homme, Pony (Cheung Chi-lam) lui donnera, en plus de la course, 2000 $ pour aller dans ce « village du soleil et de la lune » situé à 250 kilomètres de là.


Le voyage commence et pour enlever l’ennui de ce long trajet, les deux hommes vont converser grâce à la cibi. Pony pose quelques questions à Mapking puis, en guise de divertissement, il se propose de raconter une histoire qui a eu lieu dans ce village il y a de nombreuses années de cela. Flash-back dans une maison perdue. Quatre malfrats qui viennent de commettre un casse s’y réfugient. Fong (Michelle Ye) y vit avec son jeune fils Long.


Le chef des malfrats est blessé. Un autre veut appeler sa femme mais le téléphone ne marche plus. Il va le réparer. Le troisième va prendre une douche et le quatrième n’arrête pas de boire. Fong ne dit pas un mot mais elle accepte de leur faire à manger. Le chef trouve ses repas très bons. Elle part se coucher avec son fils. Là le quatrième bandit monte dans sa chambre et la viole. Mais le sourire de Fong se fait énigmatique, comme si elle avait pu éprouver du plaisir de cette étreinte forcée.


Fong attend le retour de son mari. Et quand elle parle de retour, elle veut dire que son fantôme doit apparaître à nouveau sept jours après son décès. Et là, le sourire de Fong s’explique. Le fantôme du mari va venger l’affront fait à sa veuve. L’un des malfrats annonce qu’il peut voir les fantômes et ce qu’il voit l’effraie. Les choses s’enchaînent et tous périssent dans l’incendie de la maison. Herman Yau nous propose une petite histoire de fantômes plutôt bien menée. Quelques effets horrifiques, mais rien de grandiloquent.


Seulement voilà, on en est à 30 minutes de film. Il reste une heure à se dérouler. Herman Yau se lance alors dans une sorte de Rashomon fantastique. Pony va raconter sa propre version des faits. Les personnages restent les mêmes : les quatre malfrats et Fong, mais tout change. Le chef a eu les yeux blessés. Fong ne sait pas préparer correctement à manger et surtout, elle est de mèche avec l’un d’eux pour récupérer le butin. La fin sera la même (la maison brûle avec ses occupants), mais il reste encore quelques énigmes à résoudre.


Tout The First 7th night se déroule de nuit. Herman Yau parvient à ménager un joli suspense dans les deux flashèback qui se répondent et se contredisent. Le premier est de l’ordre du fantastique et amène deux sursauts. Le deuxième est gore et digne d’un bon catégorie III. Le personnage de Fong n’y va de main morte (sans jeu de mot) avec la hache. Michelle Ye propose deux jeux différents (une femme apeurée et une autre dominante). Elle excelle dans les deux registres où ses regards en disent beaucoup plus que ses gestes. Car tout le film de Herman Yau est un jeu du regard. Le récit est narré par deux témoins qui n’ont vécu la scène. Lequel a raison ? Lequel a tort ? Le final donne quelques réponses.


The First 7th night (頭七, Hong Kong, 2009) Un film de Herman Yau avec Cheung Chi-lam, Lam Ka-tung, Eddie Cheung, Michelle Ye, Fung Hark-on, Tony Ho, Nahatai Lekbumrung.

jeudi 21 mai 2009

Sorties à Hong Kong (mai 2009)

The First 7th night (頭七)

Un film de Herman Yau avec Cheung Chi-lam, Lam Ka-tung, Eddie Cheung, Michelle Ye. 88 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 21 mai 2009.






mercredi 20 mai 2009

Vengeance


A l’origine, Alain Delon devait reprendre son rôle du Samouraï et il aurait à nouveau joué le personnage de Costello. C’est finalement Johnny Hallyday qui reprend le chapeau et le manteau du film de Melville. Mais tout le sait, Hallyday n’est pas Delon, loin de là et le chanteur a beau se venter d’avoir tourné dans un film de Godard, on voit une belle différence. Mais à Hong Kong, Johnnie To et Wai Ka-fai ont accepté de faire jouer le rôle de Costello par le chanteur.


Costello arrive à Macao après avoir appris que sa fille interprétée par Sylvie Testud qui vit là bas avec son mari (Vincent Sze) et leurs deux enfants ont été assassinés par trois truands. La fille parvient à faire comprendre à son père qu’elle veut qu’il se venge. Dans le même temps, Monsieur Fung (Smon Yam) demande à ses trois tueurs préférés (Anthony Wong, Lam Suet et Lam Ka-tung) de se débarrasser de sa maîtresse volage qui sort avec un garde du corps. Dans l’hôtel où les deux amants se sont donné rendez-vous, les trois truands rencontrent Costello.


Une inspectrice de Macao (Maggie Shiu) cherche à comprendre ce qu’il s’est passé lors de l’assassinat de la famille de Costello et se rend compte qu’il a été un témoin du meurtre de la maîtresse de Fung. Mais il prétend ne pas reconnaître l’un des tueurs et décide d’engager le trio pour accomplir sa vengeance. Ils vont trouver des indices pour retrouver les tueurs et notamment chez un « cousin » d’Anthony Wong, un vieux bonhomme qui vit dans un taudis au milieu des poubelles.


Le scénario de Vengeance écrit par Wai Ka-fai est d’une extrême simplicité. Très vite le quatuor arrive sur la piste des trois truands, sans se soucier de ménager un quelconque suspense. On apprendra assez vite que les trois truands ont été chargés de la mission de tuer la famille de Costello. D’où le problème suivant : les employés de Costello doivent se débarrasser des employés de Fung et vont donc devoir trahir contre leur chef de triade.


En regardant Vengeance, une impression de déjà-vu se dégage très vite. Johnnie To donne la sensation d’avoir faire une anthologie de ses meilleures scènes et de travailler en roue libre. Il y a de belles scènes de gunfight, notamment celle qui se déroule à Hong Kong dans un parc où les trois truands font un piquenique avec femmes et enfants. Les familles s’en vont et les hostilités peuvent commencer au milieu des arbres avec la lune comme seul moyen d’éclairage. C’est très beau. Une belle autre scène a lieu dans le taudis du « cousin » où les ballots de détritus sont utilisés comme boucliers. La scène évoque les films épiques et guerriers très à la mode en ce moment.


Les personnages sont souvent dans l’attente, ils mangent quelques fois – mais rarement. Ils attendent que quelque chose se passe et le spectateur attend aussi qu’un peu de nouveauté arrive sur l’écran. Ainsi quand Johnnie To tente de mettre à nouveau des parapluies dans la rue, on se dit qu’on a déjà vu ça dans Sparrow et que les scènes d’attentes nocturnes évoquent PTU et les diurnes The Mission. Tous les acteurs sont bons. Simon Yam en fait un peu beaucoup dans l’ultra violence et les règlements de compte expéditifs. Anthony Wong est parfait et sublime.


En revanche, Johnny Hallyday est un peu à côté de la plaque. Johnnie To filme son visage en gros plan sans que l’on arrive à trouver la moindre émotion dans ses yeux. Plusieurs scènes où il est seul tombent dans le ridicule. Petit à petit Costello perd la mémoire et il a pris des photos en polaroïd sur lesquelles il note les noms de ses alliés et des ennemis. Mais notre chanteur national en fait des tonnes dans l’amnésie et n’est pas le moins du monde crédible. Quand les acteurs hongkongais disparaissent du film, on les regrette. Il y a un Johnny de trop dans Vengeance et pas assez de Johnnie. Pas de quoi faire tout un pataquès cannois.


Vengeance (復仇, France – Hong Kong, 2009) Un film de Johnnie To avec Johnny Hallyday, Anthony Wong, Lam Suet, Lam Ka-tung, Simon Yam, Maggie Shiu, Sylvie Testud, Michelle Ye, Cheung Siu-fai, Felix Wong, Ng Ting-yip, Vincent Sze.

samedi 11 avril 2009

Infernal affairs


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Andrew Lau a bien fait de quitter Wong Jing et la série des Young and dangerous pour proposer une vision, désormais classique, du film de flics et voyous. C’est le miracle de Infernal affairs qu’il a tourné avec Alan Mak sur un scénario de ce dernier avec Felix Fong. Ce qui impressionne tout d’abord dans le film, c’est son casting impressionnant avec deux des plus grandes stars dans les rôles principaux et mes préférés Anthony Wong et Eric Tsang.

Infernal affairs commence à l’école de police où les jeunes futures recrues nous sont présentées. Lau Kin-ming et Chen Wing-yan s’entraînent durement et en quelques minutes, on apprend que chacun d’entre eux sera une taupe infiltrée dans le camp inverse. Les deux jeunes flics sont joués par Edison Chen et Shawn Yue, qui reprendront leurs partitions dans Infernal affairs II. Seuls l’inspecteur Wong (Anthony Wong) et le chef de la police seront au courant que Yan est infiltré dans les triades.

Le film continue dix ans plus tard avec le visage de Tony Leung Chiu-wai qui se substitue à celui de Shawn Yue. Le chef de la police vient de mourir et Yan aimerait assister à l’enterrement, mais il ne peut pas se dévoiler. Wong est l’unique policier à connaître ce secret si difficile à supporter désormais pour Yan qui n’a pas de vie personnelle tout au service de Sam (Eric Tsang). Pour trouver un peu de calme, il va régulièrement chez sa psy le Docteur Lee (Kelly Chen), non pas pour parler mais pour dormir. Il profite d’une séance pour lui avouer, avec un petit sourire, qu’il est un flic. Yan n’a pas de vie, mais aurait pu en avoir une, comme le suggère la rencontre avec May et sa jeune fille qui pourrait justement celle de Yan.

A l’opposé, la vie de Ming (Andy Lau) est beaucoup plus rangée. Il est donc un membre de la triade de Sam infiltré chez les flics. Toujours habillé avec de chics costumes cravate type Armani, il s’apprête à emménager avec sa fiancée Mary (Sammi Cheng), écrivaine. Ming rencontre d’ailleurs Yan dans un magasin de chaines hi-fi. Dès ce moment, un jeu du chat et de la souris va s’entamer entre eux, chacun ignorant bien entendu la fonction de l’autre. Heureusement d’ailleurs. Mais l’inspecteur Wong se doute qu’un mafieux est infiltré tout autant que Sam est persuadé qu’une taupe a fait capoté un achat de drogues avec des thaïlandais.

Comment communiquer avec l’autre, avec celui qui connait le secret est le grand problème d’Infernal affairs. Ming se contente de téléphoner à Sam, quand il le peut, pour donner les informations sur les enquêtes de Wong. Mais l’affaire se corse quand Wong demande à ce que personne ne téléphone, Wing doit trouver des moyens pour communiquer. Yan lui informe Wong grâce au morse. Mais les secrets sont révélés via la technologie, forcément. Car au milieu, ceux qui savent disparaissent, ce qui va poser un gros problème à Yan qui n’a désormais plus aucun moyen de revenir à une vie normale.

Film sur les faux semblants, sur le mensonge, sur l’effet miroir (Yan et Wing ne sont finalement qu’une seule personne à deux facettes), comme ce fût le cas dans Face/off de John Woo ou Running out of time de Johnnie To, Infernal affairs révèle une surprise finale. Deux fins ont été tournées. L’une amorale où Wing s’en sort. Version officielle pour le public hongkongais et le nôtre. Une autre, plus classique et morale, où Wing commet les meurtres de Yan et du personnage de flic de Lam Ka-tung, mais il se fait arrêter par la police. Bien évidemment, la première fin est plus savoureuse. Le reste c’est l’histoire du cinéma : deux suites et une parodie signée Wong Jing, le navrant Love is a many stupid thing.

Infernal affairs (無間道, Hong Kong, 2002) Un film de Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung, Andy Lau, Anthony Wong, Eric Tsang, Sammi Cheng, Kelly Chen, Elva Hsiao, Chapman To, Lam Ka-tung, Edison Chen, Shawn Yue, Berg Ng, Wan Chi-keung, Dion Lam, Tony Ho, Yuen Wai-ho.