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jeudi 3 octobre 2013

Sorties à Hong Kong (octobre 2013) Out of Inferno


Out of Inferno (逃出生天, Hong Kong, 2013) Un film d’Oxide Pang et Danny Pang avec Louis Koo, Lau Ching-wan, Angelica Lee, Wang Xue-qi, Gillian Chung, Wang Bao-qiang, Jackie Xu, Chen Sicheng, Eddie Cheung, Natalie Tong, Jin Qiao-qiao, Hui Siu-hung, Sun Hong-lei, Terence Tsui. 107 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 3 octobre 2013.





mardi 1 octobre 2013

Conspirators


Les vieilles histoires de famille recèlent parfois des secrets qu’il fallait laisser enfouis. C’est ce que va découvrir Chan Tam (Aaron Kwok), détective privé en Thaïlande qui part en Malaisie à la recherche de la vérité. Depuis trente ans, il ne sait pas comment son morts ses parents et encore moins qui les a tués. Oxide Pang, qui abuse encore et toujours des mêmes filtres jaunes et verts, poursuit sa franchise autour de ce détective lancée en 2007. J’avoue ne pas avoir ni Detective ni Detective 2.

Le début de Conspirators est plutôt stimulant, Tam se rend compte qu’en Malaisie personne ne veut lui donner le moindre renseignement. Il va discuter avec un propriétaire de discothèque, Chai (Chen Kuan-tai) qui reconnait les parents de Tam, désigne sur une autre photo un certain Pang. Il reste évasif sur la mort des parents. Il conseille surtout au détective de rentrer chez lui. Tam apprend d’ailleurs qu’on est entré par effraction dans son bureau, que tout a été chamboulé et qu’on lui a volé des objets.

Stimulant parce que le spectateur est dans la même situation que Tam, qu’il avance à l’aveugle dans cette enquête sur la fin des parents du détective. Stimulant aussi parce que Tam engage un détective, Zheng Fong-hei (Nick Cheung). Zheng (qui porte le même nom qu’un personnage du film He never gives up, comme il fait remarquer lui-même) se prétend la bonne personne pour cette enquête alors qu’il n’a jamais fait que travailler sur des cas de dettes ou d’adultère. Zheng est un expert en arts martiaux et pourra le défendre.

Le duo fonctionne bien. Nick Cheung, qui porte les cheveux mi-longs, déploie un comique léger face à Aaron Kwok, très sérieux. Zheng Fong-hei reçoit son pair dans un bureau encombré de toutes sortes d’objets, il sort sa calculette pour compter ses honoraires, trop content d’avoir une si belle affaire. Du moins le pense-t-il, car dès que les deux hommes commencent à aller interroger les éventuels témoins, les embuches se mettent à pleuvoir sur leur chemin. Le macguffin du film est une bande sonore et un film qui révéleraient tout.

Et c’est là que le film se gâte. Conspirators est un jeu de pistes où les indices sont donnés régulièrement mais Oxide Pang s’acharne à produire un retournement de situation à espace régulier pour augmenter le suspense du film. Tam et Zheng rencontrent un témoin, il fait une révélation et, paf, il est tué par celui qui ne veut pas que Tam remonte jusqu’à lui. Entre chaque mort, on a droit de longs dialogues explicatifs et à des interrogations sur un musique tonitruante. Pour épicer le tout, Zheng donne quelques coups de tatanes dans une chorégraphie trop hachée.

Le passé difficile de Tam est connu. Le film nous montre la mort au ralenti de ses parents dans un flash-back inutile et racoleur. Pour faire bonne mesure, on apprend que Zheng Fong-hei a lui aussi des problèmes avec la bande de Pang. Son frère jumeau (joué par lui-même) mais avec les cheveux courts, est en prison à cause de Pang et Zheng va chercher à le venger. A cela il faut ajouter Zi-wei, la fille adoptive de Chai, pour qui Tam se prend de sympathie. Le finale est composé d’une grosse scène de tabassage puis d’une interminable conclusion en forme de happy end d’autant plus écœurant que le début était prometteur.

Conspirators (同謀, Hong Kong, 2013) Un film d’Oxide Pang avec Aaron Kwok, Nick Cheung, Jiang Yi-yan, Li Chen-hao, Chen Kuan-tai.

jeudi 11 avril 2013

Sorties à Hong Kong (avril 2013) Conspirators

Conspirators (同謀, Hong Kong, 2013) 
Un film d’Oxide Pang avec Aaron Kwok, Nick Cheung, Jiang Yi-yan, Li Chen-hao, Chen Kuan-tai. 103 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 11 avril 2013.

jeudi 10 mai 2012

Sorties à Hong Kong (mai 2012)

Fairy tale killer (追凶, Hong Kong, 2012) 
Un film de Danny Pang avec Lau Ching-wan, Wang Bao-qiang, Elanne Kong, Man Yee-man, Fu Ka-lei, Ken Lo, Lam Suet, Felix Lok, Elena Kong, Lam Si-man, Ho Chung-hung, Chiu Cheun-sing. 94 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 10 mai 2012.


jeudi 3 novembre 2011

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


Sleepwalker in 3D (夢遊, Hong Kong, 2011)
Un film d’Oxide Pang avec Angelica Lee, Charlie Young, Kent Cheng, Li Zong-han, Huo Siyan. 108 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 3 novembre 2011.

jeudi 12 mai 2011

Sorties à Hong Kong (mai 2011)

The Detective 2 (B+偵探)

Un film d’Oxide Pang avec Aaron Kwok, Gong Beibi, Jo Kuk, Liu Kai-chi, Patrick Tam, Lam Suet, Wilfred Lau, Xu Zheng-xi, Eddie Cheung. 100 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 12 mai 2011.






jeudi 28 octobre 2010

Nothing lo lose


Au pied d’un grand immeuble, un jeune homme attend. Il regarde en l’air. Il veut monter mais l’ascenseur est en panne. Il décide de monter à pied jusqu’au toit. Somchai (Pierre Png) porte une belle chemise blanche qu’il enlève, plie comme il faut, pose dessus ses petites affaires et s’apprête à grimper sur le parapet. Mais il a le vertige et recule. A l’autre bout de la terrasse, Gogo (Fresh) se tient bien droite sur ses talons, prête à sauter. Elle porte une minijupe et des cheveux colorés. Somchai s’approche d’elle et engage la conversation.

Tous deux étaient là pour se suicider pour des raisons que Nothing to lose va donner au fur et à mesure de son récit mouvementé. Mais en attendant de se donner la mort, Somchai et Gogo décident d’aller manger un bout. Comme ils n’ont pas d’argent, ils s’enfuient du restaurant après s’être goinfrés. Et ils vont continuer leur chemin en duo à toute vitesse. Un passage à la banque où ils pourraient faire un hold up. Un passage à l’appartement de Gogo où elle récupère des vêtements pour Somchai. Un vol de perruques dans un magasin.

Etape dans un motel minable tenu par un tenancier complètement follasse. La chambre est toute crasseuse et Gogo exige que Samchoi dorme sur le sol. Mais lui trouve la fille tout à fait à son goût et aimerait bien que le duo se transforme en couple. Après tout, s’ils n’ont rien à perdre, ils n’ont qu’à baiser ensemble. Gogo refuse tout net et ils partent dans la ville, le lendemain matin, faire un petit casse dans un magasin. Et Somchai emmène Gogo dans le tripot où il joue et perd beaucoup d’argent. Et évidemment, ils vont jouer et perdre beaucoup d’argent et avoir le patron du tripot sur le dos.

Jusqu’à présent, Nothing to lose se démène pour être une petite comédie colorée au rythme trépidant. Le montage effectué par le réalisateur et un autre de ses frères y est pour beaucoup. Plans courts, montés cut, dialogues débités à toute vitesse. Dès son premier film, Danny Pang programme son style proche de celui de Wong Jing. Style américain si l’on peut dire, ou tel qu’il l’imagine. Et justement, le film va plonger dans le policier après avoir traversé la comédie par le truchement d’un super-flic, comme il se présente lui-même.

Ce flic enquête sur ce couple. Il prétend avoir fait ses armes au FBI et tout connaitre de la psychologie de « Bonnie and Clyde » comme il aime à appeler Gogo et Somchai. Parce que le spectateur découvre les tenants et aboutissants de leur vie minable, il se crée une tension entre le comique involontaire du flic filmé au premier degré et un suspense inhérent à son incompétence. C’est dans cette tension que Nothing to lose trouve sa saveur. Danny Pang joue sur l’attente du spectateur qui doit s’identifier (ou au moins prendre en sympathie) deux losers. Et ce pari est plutôt réussi sans changer quoi que ce soit du cinéma d’action.

Nothing to lose (1+1 เป็นสูญ, Thaïlande, 2002) Un film de Danny Pang avec Arisara Wongchalee, Pierre Png, Yvonne Lim, Nimponth Chaisirikul.

jeudi 14 octobre 2010

Sorties à Hong Kong (octobre 2010)

The Child’s eye 3D (童眼)

Un film d’Oxide Pang et Danny Pang avec Elanne Kwong, Rainie Yang, Shawn Yue, Ka Tung Lam, Izz Xu, Rex Ho. 97 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 14 octobre 2010.






vendredi 19 février 2010

Storm warriors


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Onze ans après Storm riders d’Andrew Lau, Nuage (Aaron Kwok) et Vent (Ekin Cheng) reprennent les armes pour répandre le bien dans la Chine ancestrale menacée par le Lord Godless (= sans dieu, Simon Yam) et son jeune fils Heart (Nicholas Tse). Les Frères Pang veulent, avec Storm warriors, montrer toute l’étendue de leur talent en matière d’effets spéciaux qui ont largement progressés depuis une décennie. Contrairement au film de Lau, ou encore à The Legend of Zu de Tsui Hark, cette fois le CGI sert au scénario et non plus seulement l’inverse. Les Frères Pang sont parvenus à ne pas se laisser dominer (parfois) par la surenchère d’effets visuels.

Lord Godless veut devenir le maître de la Chine et s’emparer du Secret Royal qui lui permettre d’acquérir une force comme aucun n’a jamais pu en posséder. Godless bat Nameless (Kenny Ho) dans un combat sans merci. L’arme secrète est son poing qui s’embrase et lance un feu meurtrier contre son adversaire. Nameless est très blessé et ne peut plus battre Godless. Pinky King (Lam Suet, le seul élément vaguement comique du film) va conseiller d’aller rencontrer Lord Wicked (Kenny Wong), en exil dans une grotte pour battre Godless et faire revenir la paix en Chine. Mais celui-ci rechigne à aider, il affirme s’être retiré des affaires humaines et vouloir méditer seul.

Or, Nuage et Vent vont comprendre que Lord Wicked ne peut pas battre Godless. Wicked a goûté à l’esprit du mal pour obtenir une grande force. Il a tué des innocents et a choisi, devant le désastre de la domination du mal sur son âme, de se couper les bras. Bien que très rétif à cette idée, Wicked va accepter d’initier Vent et leur enseigner la manière de vaincre Godless. Il refuse d’initier Nuage parce qu’il estime que son tempérament est trop fougueux. Car il va falloir toucher à l’esprit du mal et Vent risque de s’y plonger sans rémission. Nuage apparait à Wicked comme plus raisonnable et serein.

Dans le même temps, Nuage va apprendre à manier l’épée chez Nameless tandis que les plans machiavéliques de Godless vont s’accomplir. Godless fait prisonnier l’Empereur et toute sa descendance pour savoir où se trouve le Secret Royal. Heart, le fils de Godless, n’hésitera pas à assassiner les enfants de l’Empereur pour avoir le secret. Godless a envoyé ses soldats éliminer Nuage et Vent dans leurs grottes. Les amies de Nuage et Vent, soit respectivement Second Dream (Charlene Choi) et Chu Chu (Tiffany Tang) sont menacées. Vent va secourir sa belle en plein initiation ce qui risque d’avoir une conséquence fâcheuse : il pourrait avoir acquis le mal intégral en lui, tel Wicked.

Je dois l’avouer, le scénario de Storm warriors est si fourni qu’il y a de quoi en perdre parfois ses repères, à moins d’être spécialiste des aventures originales parues en bandes dessinées. Les personnages sont présentés tels quels sans que ne soient expliqués leur tenants et aboutissants. On comprend vite que Godless est le super méchant qui veut dominer le monde et Simon Yam est parfait dans ce rôle. En revanche, les deux seuls personnages féminins sont anecdotiques et un peu ingrats, ne servant que de faire valoir à Ekin Cheng et Aaron Kwok. Charlene Choi et Tiffany Tang n’ont presque pas de dialogues et cette dernière ne vaut pas Shu Qi qui jouait son personnage dans Storm riders.

Les références des frères Pang sont évidentes. D’un côté la saga Star Wars pour les aspects de la force avec Vent qui va succomber à son côté obscur et tenter de tuer Nuage quand ce dernier se bat contre Godless. Le personnage de Simon Yam est d’ailleurs vêtu d’une combinaison noire qui évoque celle de Darth Vader. On entendrait presque la célèbre « je suis ton père ». D’un autre versant, les effets visuels évoquent 300 de Zack Snyder avec son lot de ralentis, d’arrêts sur image et de brusque accélération. Les images sont parfois superbes comme lorsque les frères Pang reviennent aux origines de l’œuvre et proposent un combat très « roman graphique ». Cependant le débauche de numérique fatigue vite l’imaginaire et provoque la même réaction que devant la plupart des blockbusters à effets spéciaux. Un plaisir en dents de scie qui finit par disparaitre devant tant d’esthétisme vain.

Storm warriors (風雲II, Hong Kong, 2009) Un film de Oxide Pang et Danny Pang avec Aaron Kwok, Ekin Cheng, Charlene Choi, Tiffany Tang, Simon Yam, Nicholas Tse, Kenny Ho, Lam Suet, Kenny Wong, Patrick Tam, Anson Leung, Byron Pang, Candy Liu.

jeudi 10 décembre 2009

Sorties à Hong Kong (décembre 2009)

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The Storm Warriors (風雲II)
Un film de Oxide Pang et Danny Pang avec Aaron Kwok, Ekin Cheng, Charlene Choi, Kenny Ho, Nicholas Tse, Simon Yam, Lam Suet, Patrick Tam, . 111 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 10 décembre 2009.







jeudi 5 novembre 2009

Sorties à Hong Kong (novembre 2009)

Seven 2 One (關人7)

Un film de Danny Pang avec Stephanie Cheng, Cheung Siu-fai, Chiu Chun-sing, Chrissie Chow, Pakho Chow, James Ho, Mimi Chi, Elanne Kwong, Izz Tsui, William Chan. 81 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 5 novembre 2009.









jeudi 26 février 2009

Sorties à Hong Kong (février 2009)

Basic love (愛情故事 )

Un film de Oxide Pang avec Elanne Kwong, Janice Man. 103 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 26 février 2009.





LOVE (愛到底)

Un film de Giddens Ko, Vincent Fang, Jen Yi-shian, Huang Tzu Chiao, Vega Tsai (Taiwan) avec Ruan Jing-Tian, Lan Zheng Long (Blue), Van Fan, Chen Bo Lin, Modi, Prince, Tracy Chou, Alec Su . 93 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 26 février 2009.








mardi 8 avril 2008

The Eye vs. The Eye


Au pays merveilleux de Hollywood, on n’en finit plus de faire des remakes des « classiques » des films horrifiques. Depuis cinq ans, on aura tout eu : Amityville la maison du diable, Halloween, La Colline a des yeux, L’Armée des morts, Massacre à la tronçonneuse, Sœurs de sang. A force, il ne doit plus rester beaucoup de films à refaire aux goûts et couleurs du jour. Mais des producteurs ont décidé que la nouvelle génération devait avoir leur nouvelle version. Le cas de The Eye est différent puisque nos chers Américains sont, paraît-il, incapables de lire des sous-titres en bouffant du pop-corn. Impossible de leur montrer un film parlé en cantonais et thaï. Faisons donc un remake. Ce sont deux français qui se sont mis à la tache. Moreau et Palud avaient déjà fait un sympathique et inabouti Ils. PS : si les Américains veulent garder Alexandre Aja, grand bien leur fasse. Cet homme a produit la pire bouse vue cette année : 2ème sous-sol. Une vraie merde.

Mais je reviens à The Eye. Le scénario est identique aux deux versions. Une jeune femme, la vingtaine (Angelica Lee chez les Pang, Jessica Alba chez les Français) est aveugle depuis l’enfance. Attention, elle n’est pas née aveugle. C’est pourquoi tous les espoirs pour qu’elle puisse voir à nouveau sont permis. Elle recouvre la vue après une greffe de la cornée. Passé un temps d’adaptation, elle se rend compte qu’elle peut voir les morts, et surtout les êtres qui viennent chercher les moribonds pour les amener de vie à trépas. Un psychologue (Lawrence Chou ou Alessandro Nivola selon la version) va l’aider à s’acclimater à sa nouvelle vie de voyante. Mais un jour notre héroïne s’aperçoit qu’elle voit, notamment dans les miroirs, le visage de la jeune femme qui est donneuse d’organes. Avec le psy, elle va en Thaïlande ou au Mexique (cocher la bonne réponse) pour comprendre pourquoi ceci lui arrive.

Le scénario est identique mais les ambitions divergent. Les frères Pang voulaient renouveler le film de fantômes, genre tombé en désuétude à Hong Kong, mais qui vivait à nouveau au Japon, sous des formes dégénérées (Ring, par exemple). Il s’agissait pour eux de montrer le passage entre les vivants et les morts. The Eye version Hong Kong ne fait pas vraiment peur. Le psy est très vite convaincu que la jeune femme doit rencontrer son alter ego décédée. En revanche, Moreau et Palud utilise tous les artifices classiques du montage cut pour faire sursauter. Et effectivement le spectateur sursaute dans leur The Eye, comme il le faisait dans Ils, mais sans réussir à produire une ambiance d’angoisse. Il faut dire qu’ils en mettent beaucoup plus de ces moments où la réalité se transforme en forme de flash-back ou de flash-forward, histoire de tenter de nous perturber. Si Moreau et Palud échouent, c’est que notre croyance en les morts est radicalement différente que dans le bouddhisme, car nous ne croyons pas, nous autres judéo-chrétiens, en la réincarnation.

The Eye version Hollywood met beaucoup plus de temps à s’installer. Le fait que notre héroïne soit violoniste est donné d’emblée chez eux pour évoquer les sens que Jessica Alba a développé plus que la vue. Ainsi ils peuvent jouer sur les effets sonores qui parasitent les moments horrifiques. Chez les Pang, l’orchestre dans lequel joue Angelica Lee est un orchestre de non-voyants. Ils se font plus cruels puisqu’elle est renvoyée de la formation et se retrouve toute seule, finalement bien plus seule que lorsqu’elle était aveugle. La fin de The Eye tournée par les frères Pang est là aussi bien plus noire car la jeune femme échoue dans sa mission. Difficile de dire lequel des deux est le meilleur ou lequel est le moins pire. Tout dépendra finalement de ce que l’on en attend et de son envie d’avoir un petit peu peur.

The Eye (见鬼, Hong Kong – Thaïlande, 2002) Un film d'Oxide Pang et Danny Pang avec Angelica Lee, Lawrence Chou, Candy Lo, Chutcha Ruijnanon, Pierre Png.

The Eye (Etats-Unis, 2008) Un film de David Moreau et Xavier Palud avec Jessica Alba, Alessandro Nivola, Parker Posey, Fernanda Romero, Chloe Moretz.

jeudi 17 janvier 2008

Sorties à Hong Kong (janvier 2008)

See you in you tube (愛鬥大)

Un film de sept jeunes cinéastes produit par Oxide Pang avec Janice Man, Elanne Kong, Maggie Lee. 105 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 17 janvier 2008.



dimanche 28 octobre 2007

Leave me alone


Deux jumeaux, Man et Kit, respectivement interprétés par Ekin Cheng et Ekin Cheng, dixit le générique inaugural avec une certaine ironie, vont vivre entre la Thaïlande et Hong Kong des aventures où ils se trouvent plongés bien malgré eux.
Les frères Pang travaillent parfois en solo. En 2004, on a pu voir Ab-normal beauty d'Oxide et ce Leave me alone tourné par Danny, comédie sur la gémellité qui plonge dans le film de triade. Les deux films étaient tous les deux sortis en novembre 2004 à Hong Kong à une semaine d'intervalle. C'est un agréable divertissement.
Tout commence à Hong Kong. Kit, qui vit et travaille en Thaïlande, vient voir son frère jumeau Man, qui vit à Hong Kong. L'appartement est cossu, spacieux. Apparemment, les deux frères ne se sont pas retrouvés depuis un certain temps. Danny Pang n'encombre pas le film d'images trafiquées pour montrer Man et Kit dans le même plan. Rapidement la distinction entre les deux personnages se fait. Tout d'abord Man est gay. Et évidemment styliste. Ekin Cheng, qu'on n'a rarement vu très expressif, joue justement de son flegme, pour ne pas surcharger son personnage d'homo. On ne peut que s'en réjouir.
Les jumeaux sont parfaits, et forcément quand Kit a besoin de se déplacer en voiture, il emprunte le permis de conduire de son frère. Pas de chance, Kit a un accident et se retrouve dans le coma à l'hôpital. Man se rend au chevet de son jumeau et ne peut que constater la catastrophe. Il ne révèle pas au personnel soignant qu'il y a eu échange d'identité. Man récupère le portable de Kit qui se met à sonner. A l'autre bout du fil, une jeune femme s'adresse à lui et se plaint qu'il ne soit pas encore rentré en Thaïlande. C'est Jane, la petite amie de Kit. Man lui explique la situation. Jane lui demande de venir à Bangkok pour signer un papier à la banque.
Jane, c'est Charlene Choi. Que dis-je, la géniale Charlene Choi ! Vêtue d'une robe noire ultra courte qu'elle porte sous un imper beige, une paire de lunettes fumées sur le nez, cheveux courts plaqués en arrière, Jane observe, sans mot dire, Man comme une curiosité. Ils ne s'étaient jamais vus. Charlene utilise ses petites mimiques, lui tourne autour pour admirer la ressemblance confondante entre les deux jumeaux. Rassurée, ils filent à la banque signer les papiers pour le prêt. Jane ne donne aucune explication à Man et lui demande de ne répondre que " oui " à toutes les questions du banquier thaïlandais. A la banque, tout commence bien. Man, qui ne parle un mot de thaï, réponde " oui " à quelques questions banales. Mais lorsque le banquier lui demande si cet argent servira à des choses illégales le pauvre Man, avec un sourire idiot, répond " oui ". Nouvelle catastrophe, car l'argent devait servir à rembourser un mafieux local, l'irascible King.
Il faut trouver une solution. Cet âne de Man a oublié les clefs de l'appartement de Kit. Jane et Man filent donc chez le papa de Jane. Elle prévient Man que son père déteste Kit. Le père ouvre la porte de sa maison : c'est une sorte de beauf, short, chemise crade sur un vieux marcel, cheveux longs et sales. Il sort les poubelles. Mais Man est styliste et tout au long du film, il va conseiller le papa d'abord de se faire couper les cheveux (il le fait), puis de mettre des vêtements de couleur (il le fait aussi) et enfin de porter de belles chaussures au lieu de ses habituelles tongs (il s'exécute). Danny Pang prend les clichés de l'homo branché pour les retourner et en faire un fort élément humoristique. Jane dira même à son père à un moment, " vas-y drague-le, il est homo ", et le père, petit sourire en coin, semble apprécier l'idée de sa fille. Le père est joué par Kenny Bee, qu'on avait pu voir récemment dans Shanghai Blues de Tsui Hark. Sa transformation au cours du film est remarquable. Kenny Bee campe un second rôle dont on attend les apparitions avec impatience.
Mais pendant que son jumeau est en Thaïlande pour régler ses problèmes, Kit est resté à Hong Kong cloué au lit. Il se réveille de son coma. Assis à côté de son lit, il découvre Ching-chung (Jan Lamb). C'est le petit ami de Man, aussi mal fagoté que Man est une fashion victim. Il s'avère que Ching est policier. Kit décide donc de jouer le jeu et de continuer d'incarner Man, non sans certaines réactions épidermiques quand Ching veut soigner son amoureux. Ching ne se rend pas compte de la supercherie. Il tente au contraire d'expliquer son désarroi face à l'égoïsme de Man qu'il ressent dans sa vie de couple. Dans une jolie séquence alternée, Jane décrit, elle aussi, son amertume qu'elle éprouve dans sa propre vie de couple avec Kit. Les jumeaux, que l'un soit gay et l'autre hétéro, sont tout à fait semblables.
Mais King le mafieux veille pour faire vivre un enfer à Jane et son mec. King est l'exemple typique du mafieux au mauvais goût certain mais hilarant. Sa maison est kitsch à souhait, ses sapes dénotent une constante volonté d'en mettre plein la vue. Sa vulgarité est aussi grande que son arrogance. Et quand Jane et Man, tentant de négocier de la drogue contre de l'argent, tuent Keith, le frère de King, la colère de ce dernier est immense. Et sa vengeance sera plus grande encore. A ce moment du film, Danny Pang délaisse la comédie de mœurs pour aller vers les cieux plus musclés du film d'action avec cascades, gunfights, poursuites en voitures, carambolages et effets pyrotechniques. On a déjà vu tout ça ailleurs, on en est moins satisfait.
Leave me alone s'avère être une fine comédie. Le cinéma de Hong Kong a rarement produit des films où l'homosexualité est aussi décomplexée. Danny Pang en a fait un élément de comédie et non de moquerie. C'est largement suffisant pour conseiller Leave me alone. Et plutôt deux fois qu'une.
Leave me alone (阿孖有難, Hong Kong, 2004) Un film de Danny Pang avec Ekin Cheng, Ekin Cheng, Charlene Choi, Kenny Bee, Jan Lamb, Lawrence Chou

mercredi 26 septembre 2007

Sorties à Hong Kong (septembre 2007)

Beauty and the 7 beasts (七擒七縱七色狼)
Un film de Chung Shu-kai avec Eric Tsang. Joe Koo, Natahalis Chan, Meng Yao. 97 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 25 septembre 2007.




Lust. Caution (色,戒)

Un film américano-chinois de Ang Lee avec Joan Chen, Tony Leung Chiu-wai, Chu Chihying, Wei Tang, Alexander Wang, Johnson Yuen. 157 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 26 septembre 2007.




The Detective (C+偵探)

Un film d’Oxide Pang avec Aaron Kwok, Liu Kai-chi, Lau Siu-ming, Jo Koo, Kenny Wong, Shing Fui-on. 110 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 26 septembre 2007.