Affichage des articles dont le libellé est Maria Cordero. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maria Cordero. Afficher tous les articles

vendredi 21 février 2014

City on fire


La ville est en feu. Un flic sous couverture se fait poignarder sauvagement dans la rue. Wah (Elvis Tsui) travaillait pour le commissaire Kuang (Suen Yuet). Dans une boîte de nuit, Chow (Chow Yun-fat), un peu excité drague une fille en fanfaronnant, clope au bec. Mais il cherche sa petite amie Hung (Carrie Ng) qui en a marre des infidélités de Chow. Ce dernier fout le bordel dans la boite, frappe le patron de Hung et se fait arrêter par le police et conduire au poste. Kuang le libère vite fait car Chow est lui aussi un flic sous couverture.

Chow veut démissionner, il ne supporte sa situation de flic infiltré. A la fois flic (il doit servir l’ordre) et petit malfrat (il veut rester loyal à ses amis de la pègre), Chow est tiraillé. Kuang, vieux flic, lui demande de l’aider à accomplir une dernière mission avant d’accepter son retrait. Il doit infiltrer un gang de voleurs qui attaquent à mains armées les bijouteries. L’idée de Kuang est simple : s’approcher de la bande, sympathiser avec eux et leur proposer d’acheter des pistolets, denrée rare à Hong Kong car réservée à la police.

La bande est dirigée par Monsieur Nam (Fong Yau), qui prend bien soin de ne jamais toucher lui-même à une arme. Il ne fait que donner des ordres et observe depuis son siège de voiture. Ses sbires sont d’un autre acabit. Certains sont tellement stupides qu’ils ne trouvent rien de mieux que de s’engueuler dans le braquage, un autre est fasciné par les armes au point d’en devenir dangereux, créant encore plus de chaos dans le chaos. Le premier braquage de City on fire tourne à la catastrophe : pertes humaines du côté de la police comme de celui de malfrats. Les deux camps vont crier vengeance et mettre encore plus la ville en feu.

Mais c’est Fu (Danny Lee) que Chow doit contacter et avec qui il va devenir ami. La situation se corse pour Chow et son protecteur Kuang quand, pour mater ces cambriolages sanglants, un nouveau superintendant est nommé. Le commissaire John Chiao (Roy Cheung) n’entend pas mener ses affaires comme Kuang. Arrogant, sûr de lui et n’hésitant pas à user de violence, il menace la couverture de Chow en demandant à deux de ses hommes de mener une filature. Les trois jouent au chat et à la souris permettant à Ringo Lam de filmer sa ville avec grâce. Pour Chow Yun-fat, c’est l’occasion de déployer son talent comique quand il ironise sur les deux policiers qui le suivent à la trace.

Le film mélange habilement les conflits qui assaillent Chow. Le plus personnel et celui qu’il a le plus de mal à contrôler est celui avec Hung, sa petite amie. Ereintée par son absence (elle semble ignorer sa vraie place dans le monde), elle rêve de fortune et de s’envoler pour le Canada avec son patron (l’angoisse de la rétrocession de 1997 était déjà dans tous les esprits). Là encore, Ringo Lam filme les engueulades dans le couple comme les moments plus tendres et parfois verse dans le burlesque (hilarante scène de douche où Chow Yun-fat fanfaronne en se foutant à poil).

City on fire, tous comme les trois autres « on fire » de Ringo Lam, exprime le destin qui s’acharne sur un pauvre homme qui est littéralement prisonnier du choix des autres, de Kuang, de John Chiao, de Fu comme de Hung. Dans sa première scène, Chow Yun-fat apparait d’ailleurs menotté, symbolisant et métaphorisant son état d’homme sans liberté. Ringo Lam n’a pas encore atteint le niveau de lyrisme de ses films suivants mais le film est resté à la postérité pour avoir très largement inspiré Quentin Tarantino avec Reservoir dogs.

City on fire (龍虎風雲, Hong Kong, 1987) Un film de Ringo Lam avec Chow Yun-fat, Danny Lee, Suen Yuet, Carrie Ng, Roy Cheung, Lau Kong, Elvis Tsui, Chan Chi-fai, Fong Yau, Parkman Wong, William Ho, Jessica Chow, Maria Cordero.

jeudi 30 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) From Vegas to Macau


From Vegas to Macau (賭城風雲, Hong Kong, 2014) Un film de Wong Jing et Billy Chung avec Nicholas Tse, Chow Yun-fat, Chapman To, Kimmy Tong, Jing Tian, Annie Wu, Gao Hu, John Zhang, Hui Siu-hung, Natalie Meng, Philip Ng, Sammy Sum, Michael Wong, Michelle Hu, Tony Ho, Maria Cordero, Bonnie Wong, Patrick Keung, Winnie Leung, Candy Yuen. 94 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 30 janvier 2014.

lundi 20 janvier 2014

To spy with love


Que faut-il pour faire un film d’espionnage comique ? D’abord un élément déclencheur. Un objet que les divers services secrets vont chercher, soit un microfilm contenant des renseignements. Ensuite, il faut présenter le un homme innocent qui sera au milieu de toute cette histoire mais sans le savoir, tout comme Cary Grant dans La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock. Soit Terry (Teddy Robin), manager d’un groupe de rock cantonais appelé The Playgirls. Bon, le groupe composé de filles (dont Maria Cordero à la batterie ou au saxo) ne chante pas de très bonnes chansons, mais elles doivent participer à un festival de musique.

Personnage essentiels : les espions eux-mêmes. Deux pays s’affrontent : le Japon et Taïwan. Eric Kot et Jan Lam, du duo Soft / Hard très populaire à l’époque, jouent les agents japonais qui doivent suivre à la trace Terry. Une espionne chinoise a caché le microfilm dans le camion jaune du manager. Il l’ignore bien-sûr et le duo aussi. Ils vont, sur ordre de leur patronne surnommée Fujiyama One (Mak Kit-man) fouiller chez lui, tout remuer et changer le sens des robinets de salle de bains. Plus tard, quand il rentrera chez lui, il ne comprendra pas pourquoi le bouton de la chasse d’eau fait couler le robinet du lavabo (gags !).

Les deux espions sont surtout des gaffeurs nés. Habillés pendant pratiquement tout le film avec des chemises hawaiiennes, ils vont causer quelques catastrophes en raison de leur incompétence crasse. Terry, censé être sous leur surveillance, leur échappe constamment des yeux, bien qu’il n’y soit pour rien. Ils sont la risée de leur patronne, dont le tic est de manger pendant qu’elle leur parle à l’intérieur du camion semi-remorque hi-tech, ce qui correspond pour To spy with love sorti en 1990 à placer ici ou là quelques ordinateurs, à faire sortir du toit du véhicule une parabole et à placer quelques caméras de surveillance.

Les espions de Taïwan ne sont guère mieux lotis. Ce sont deux gros costaux en costumes jaune canari franchement ridicules mais qui vont deux fois la taille de Teddy Robin. Dans leurs gros bras, ils portent le petit homme vers Formosa One (Sibelle Hu), patronne des services secrets dont les bureaux se trouvent dans un immense palais doré. Elle demande son aide à Terry pour que le microfilm ne tombe pas dans des mains étrangères. C’est elle qui l’informe de tout ce que le spectateur sait déjà. Il va sans dire que les deux services vont s’affronter, surtout dans le cuisine de Terry où un jeu de cache-cache plein de quiproquos comiques s’établit.

Terry reçoit le soutien de Li Chi (Nina Li Chi), inspectrice de police qui va l’aider à démêler tous les fils de l’intrigue. Assez vite To spy with love part dans de nombreuses directions. Les espions ne travaillent peut être pas seulement pour leur pays mais s’avèrent être agents doubles. Le scénario est aussi bancal que l’humour est inégal. Passant des gags graveleux (le patron de la boite homo, la fermeture éclair de Terry qui se coince dans les cheveux de Li Chi) aux déguisements improbables d’Eric Kot et Jan Lam, le film trouve parfois la matière pour faire sourire de ces aventures d’espionnage. Mais tout reste très fade en comparaison de ce que fera plus tard Stephen Chow dans ses films d'espionnage comique.

To spy with love (小心間諜, Hong Kong, 1990) Un film de Peter Mak avec Teddy Robin, Nina Li Chi, Sibelle Hu, Eric Kot, Jan Lam, Elsie Chan, Maria Cordero, Chan Fai-hung, Mak Kit-man, Amy Yip, Shing Fui-on, Raymond Fung, Manfred Wong.

vendredi 30 août 2013

Tiger on the beat 2


Le titre est presque le même mais Tiger on the beat 2 n’est pas une suite de Tiger on the beat tout en se déroulant dans l’univers de la police qui lutte contre des affreux trafiquants de cocaïne. Le concept primaire n’évolue pas, seuls les personnages changent. Danny Lee remplace Chow Yun-fat dans le rôle du flic incompris de sa hiérarchie. L’inspecteur Lim doit accueillir son neveu Buffalo (Conan Lee, dont la musculature a doublé depuis Tiger on the beat), jeune marin qui débarque candidement de son bateau en provenance de Los Angeles. Sa mère l’envoie à Hong Kong pour que Lim lui trouve une épouse chinoise avant la rétrocession, sujet plusieurs fois évoqué superficiellement dans le film.

Trouver une fiancée à ce grand benêt de Buffalo, gentil jeune homme qui a le cœur sur la main (toujours prêt à rendre service) et le poing facile (l’impulsivité est le moteur psychologique) est la mission de Lim. Il demande conseil à un de ses collègues qui ne trouve rien de mieux que d’emmener Lim et Buffalo sur une pagode remplie de réfugiées illégales à la recherche d’un mari pour devenir citoyennes de Hong Kong. Le rendez-vous tourne court, le policier et son neveu s’en vont vite quand leur bateau croise le yacht de Fai (Gordon Liu), que Lim connait très bien, trop bien pour s’être souvent confronté à lui pour des affaires louches.

Fai, attifé comme un nouveau riche et donnant des coups de fil avec ces téléphones géants, si typique de ces années du cinéma cantonais, n’est pas ravi de voir débarquer son ennemi sur son yacht. D’autant qu’il monte parce qu’une jeune femme, surnommée Sweet Dream (Ellen Chan) a sauté du navire en criant à l’aide. Buffalo cherche à savoir pourquoi elle a fui l’homme d’affaires qui feint de n’avoir rien à se reprocher. Sweet Dream a été témoin d’un meurtre par le tueur à gages (Roy Cheung) de Fai, un homme au regard sombre qui manie le couteau avec une grande dextérité. Sweet Dream a surtout volé une bague sertie de diamants à l’homme assassiné, un autre trafiquant.

Le personnage de Sweet Dream est l’un des plus pénibles vus dans le cinéma de Liu Chia-liang. Minaudant d’abord pour faussement séduire Buffalo, elle va ensuite s’incruster dans sa vie en l’invitant chez elle où sa colocataire, nymphomane, manque de violer le jeune homme. Séquence comique avec une série de quiproquos où un tueur débarque pour flinguer Sweet Dream. Lim est persuadée que la jeune femme a inventé cette histoire de tueur venu la flinguer (elle est la seule témoin) alors que Buffalo veut la croire et l’aider. Tout cela dure des plombes, les avanies pleuvent sur la pauvre jeune femme que personne ne croit, jusqu’à ce que Lim comprenne qu’elle est effectivement en danger. Les méchants sont sans pitié et frappent fort. Les deux amis ne font pas le poids contre eux.

C’est sans doute pour cela que le récit fait entrer un autre personnage féminin, Maria (Maria Cordero), collègue de Lim au physique à l’opposé de celui d’Ellen Chan. Maria Cordero, qui chantait la chanson du générique de Tiger on the beat, était jusqu’à présent habituée aux simples apparitions comiques que son physique de femme gironde commande. Aussi raisonnable que Sweet Dream est écervelée, Maria va aider la petite bande à affronter Gordon Liu et Roy Cheung dans un combat qui lorgne à la fois du côté de Piège de cristal (Buffalo se retrouve pieds nus à marcher sur du verre) et les films de Jackie Chan (les chutes brutales sur le sol, l’utilisation des meubles pour se battre). Pour conclure, Tiger on the beat 2 est un film très poussif, très répétitif et très convenu. Le film a été un échec public.

Tiger on the beat 2 (老虎出更2, Hong Kong, 1990) Un film de Liu Chia-liang avec Danny Lee, Conan Lee, Ellen Chan, Gordon Liu, Roy Cheung, Maria Cordero, James Wong, Mak Tak-law, Norman Chu, Margaret Lee, Melvin Wong, John Cheung, Phillip Ko.

vendredi 20 juillet 2012

Aces go places V : Terracota hit



La cinquième et dernière aventure du duo de policiers espions King Kong (Samuel Hui) et Albert le Chauve (Karl Maka) a été confié à Liu Chia-liang. Aces go places V Terrocota hit commence avec une mission que les deux hommes mènent ensemble mais qui se soldera par une grosse fâcherie. Chacun  part de son côté exercer un nouveau métier sans grand succès. King Kong est devenu vendeur de conseils en bourse dans des bureaux bien trop coûteux pour lui. Albert a expédié sa femme et son fils au Canada et passe son temps à jouer au mahjong. Ainsi, on ne verra pas Sylvia Chang dans cette aventure ni leur enfant qui étai au centre des épisodes 3 et 4 de la franchise, alors qu’elle constituait, dans ses disputes avec le personnage de Karl Maka, l’un des piliers comiques des Aces go places.

La police de Hong Kong cherche à réunir les deux hommes (on se demande bien pourquoi vu leur gaffes continuelles dans les autres films) après que des soldats de terre cuite (les terracota) et une fameuse épée aient été volés. Les voleurs des objets traditionnels chinois sont – en sous doute – des occidents sans foi ni loi avec des rires sardoniques qui expriment que l’appât du gain est leur unique motivation. Mais si elle les cherche, c’est parce que la police est persuadée qu’ils ont fait le coup. En fait, il s’agit de deux voleurs au grand cœur, un frère (Leslie Cheung) et sa sœur (Nina Li-chi). Le nouveau duo, rajeuni et mixte, est là pour apporter un supplément au duo vieillissant de Samuel Hui et Karl Maka. De là, il va découler de nombreux quiproquos qui provoqueront les habituelles courses poursuites qui ont fait la gloire de la série.

Le film montre l’affrontement (plutôt sympathique puisque Aces go places V Terracota hit est une comédie tout public) entre deux générations d’acteurs. On se doute bien que pour vaincre l’ennemi commun qui veut spoiler la Chine de son patrimoine, les deux générations vont faire cause commune. Les embuches vont être nombreuses sur le parcours du quatuor. Il faut dire que King Kong et Albert ont tout le monde contre eux : la police de Hong Kong, les méchants qui ont volé les antiquités et l’armée chinoise. Ils vont même se retrouver en prison avec un Danny Lee tout droit sorti d’un de ses films où il est le héros et avec Roy Cheung qui reprend son personnage de taulier intransigeant de Prison on fire. Le film ne cherche même plus à avoir un scénario cohérent et part un peu dans tous les sens. Le film perd à la fois sa candeur et son humour bon enfant qui amenaient les films vers une poésie bancale et non-sensique.

Après la fin du wu xia pian et son départ de la Shaw Brothers, Liu Chia-liang, un des piliers de la compagnie, tente de continuer de travailler. L’une des idées qu’il apporte dans sa mise en scène des combats (dans une franchise où les gadgets sont légion – parodie de James Bond oblige) est de trouver le moyen de faire combattre ses personnages dans des arts martiaux traditionnels, ce qui constitue la marque de fabrique de Liu Chia-liang. La solution est trouvée : les statues de terre cuite risqueraient d’être abimées avec des armes modernes, il faudra donc se battre à l’ancienne, de manière authentique. Mais cette volonté d’authenticité des combats n’apporte pas grand-chose. Malgré la relève, la série s’arrêtera avec ce film après avoir bien vécu et beaucoup diverti le public. En 1997, Alan Tam et Tony Leung Chiu-wai, tenteront de reprendre le concept dans New mad mission, sans grand succès.

Aces Go Places V (新最佳拍檔, 1989) Un film de Liu Chia-liang avec Samuel Hui, Karl Maka, Leslie Cheung, Nina Li, Conan Lee, Ha Chi-jan, Walter Tso, Ellen Chan, Fennie Yuen, Dannie Lee, Roy Cheung, Maria Cordero, Liu Chia-liang, Hung Yan-yan.

vendredi 11 mai 2012

I love Hong Kong 2012 + All's well end's well 2012


Sandra Ng, Crystal Tin et Donnie Yen dans All's well end's well 2012

Teresa Mo et Eric Tsang dans I love Hong Kong 2012

Une guerre terrible se déroule sur les écrans depuis trois ans entre Eric Tsang et Raymond Wong Pak-ming. Les deux vétérans de la comédie cantonaise sortent chacun un film pour le Nouvel An Lunaire. D’un côté, la franchise All’s well end’s well créée en 1992 par Clifton Ko et que Raymond Wong a relancé en 2009 avec Louis Koo et Sandra Ng comme interprètes principaux. De l’autre côté, la Shaw Brothers qui joue sur le sentiment d’union populaire avec des titres évocateurs : 72 tenants of prosperity et I love Hong Kong, le premier film rappelant un classique ultra connu. La compagnie pour son retour a fait appel à Eric Tsang, personne central, acteur célèbre pour figurer le hongkongais moyen.

Au casting de All’s well end’s well 2012, Sandra Ng, qui revient après avoir été partenaire d’Eric Tsang dans I love Hong Kong. Autour d’elle, on trouve Donnie Yen (qui rempile) dans le rôle d’un guitariste sur le retour avec une coiffure pas possible. Sandra Ng est elle-même une ancienne vedette de cantopop et fournit d’ailleurs dans une scène de flash-back en duo avec Crystal Tin la seule scène vraiment hilarante. Autre souci capillaire pour Louis Koo, ouvrier en bâtiment (il bosse avec Lam Suet), homme modeste qui rencontre un jour Kelly Chan, photographe de mode qui souhaite le prendre en photo, il passera pratiquement tout le film torse nu, à montrer ses muscles et sa bonne mine en tant qu’atout charme. La beauté n’est pas ce qui caractérise Chapman To qui drague une jeune femme aveugle, Lynn Hung, car comme on le sait, la beauté intérieure est bien plus importante. Chapman To, dans un grand élan romantique, va créer tout un monde autour d’elle, fait de sensations. Enfin, Raymond Wong Pak-ming doit se réconcilier avec sa fille et aider sa nièce a hérité d’une forte somme d’argent. Sa vie amoureuse est inexistante et sa femme crée un site internet qui permet à tous les personnages de se rencontrer.

Dans I love Hong Kong 2012, Eric Tsang accueille Teresa Mo qui fût la belle sœur dans le premier All’s well end’s well. Les deux acteurs se connaissent très bien, ils ont été des partenaires parfaits dans Men suddenly in black. C’est d’abord une histoire de famille. Autour du père incarné par Stanley Fung, présentateur météo vétéran, on retrouve ses enfants turbulents. L’aînée est Teresa Mo, mariée à Eric Tsang qui tente de rallumer la flemme de son couple. Une scène de séduction figure dans les meilleurs moments du film, Eric Tsang se déguise en différents super héros (Batman, Captain America, Spider-man) face à Teresa Mo en combinaison à la Beyoncé. La seconde est Denise Ho, cheveux courts en garçon manqué et fiancée à Bosco Wong (la vedette en devenir de la Shaw Brothers), vendeur en magasin qui lui est très efféminé (cela rappelle le comique du personnage de Louis Koo dans All’s well end’s well 2011). Tout le monde est très réticent de cette union. Le troisième fils est 6 Wing amoureux d’une jeune femme (Zhang Xin-yu). Mais William So, le patron de Stanley Fung, ne l’entend pas de cette oreille et se réserve cette femme timide.

Les deux films jouent sur le même registre : divers couples pas forcément bien assortis qui se rencontrent, s’aiment mais ne se le disent pas ouvertement, se disputent gentiment pour se réconcilier sur fond de guimauve. La formule est celle des comédies du Nouvel An Lunaire, il faut les accepter quand on regarde ces films. Cette année, c’est I love Hong Kong 2012 qui emporte la manche. Le souci de All's well ends well 2012 est que le finale est insupportablement sirupeux, sombrant dans une mièvrerie indigeste. Le film souffre d’une longueur (2 heures) incompréhensible. Cette année les gags ne sont pas meilleurs que l’an dernier, bien au contraire. Les situations restent anecdotiques. Les personnages hauts en couleurs sont dans I love Hong Kong 2012 notamment Evergreen Mak, dans le rôle du frère de Stanley Fung, a priori largué mais finalement plein de bon sens. Et puis William So, tout en paillettes entourés de ses gardes du corps habillés ultra kitsch et bien ridicules. C’est sans doute pour cela que I love Hong Kong 2012 est moins mauvais : parce que Eric Tsang n’a jamais eu peur du ridicule. Rendez-vous l’an prochain.

All's well ends well 2012 (八星報喜, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Chan Hing-kai et Janet Chun avec Donnie Yen, Sandra Ng, Raymond Wong Pak-ming, Yang Mi, Kelly Chan, Louis Koo, Chapman To, Joey Yung, Yan Ni, Lynn Hung, Karena Ng, Jeremy Liu, Lam Suet, Ronald Cheng, Vincent Kok, Crystal Tin, Matt Chow, 6 Wing, Maria Cordero,

I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012) Un film de Wilson Chin et Chung Shu-kai avec Eric Tsang, William So, Bosco Wong, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse.

jeudi 16 février 2012

Sorties à Hong Kong (février 2012)

Mr. & Mrs. Gambler (爛賭夫鬥爛賭妻, Hong Kong, 2012)

Un film de Wong Jing avec Chapman To, Fiona Sit, Philip Ng, Wan Chiu, Law Kar-ying, Yeung Sze-man, Mimi Chu, Bonnie Wong, Zuki Lee, Matt Chow, Jin Gang, Maria Cordero. 100 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 16 février 2012.


mercredi 23 mars 2011

Pedicab driver


Dans le Macao des années 1950, quatre amis très unis sont conducteurs de taxi tricycle. Il ne faut pas les confondre avec des coolies qui tirent leurs pousse-pousse avec qui ils se battent régulièrement. Les « pedicab drivers » sont sur des vélos alors que les coolies sont à pied. Tung (Sammo Hung) est un bon vivant, toujours souriant et toujours aimable. Sucre d’Orge (Max Mok) est un jeune homme romantique comme son surnom l’indique. Boule de Riz (Mang Hoi) est marié et père de trois petites filles. Et enfin, San (Lowell Lo) soute sur toutes les filles qu’il trouve. Quatre amis aux vies et caractères différents.

Les célibataires cherchent à trouver des femmes. Tung est épris de la jeune Siu (Fennie Yuen) qui travaille à la boulangerie de son oncle Fong (Suen Yuet). Seulement voilà, le tonton la trouve aussi très à son goût et abuse de sa position dominante pour que Tung ne tente pas de la séduire. Siu, elle, ne s’intéresse pas au boulanger et aime la gentillesse de Tung, même s’il est un peu rustre et qu’il veut toujours en faire trop. Tung ne sait pas séduire une femme mais saura la protéger dans l’adversité, notamment quand, par accident, il arrive dans le casino tenu par Liu Chia-liang et casse une table de jeu. Cela donne une séquence où Sammo Hung se bat contre Liu, sorte d’hommage au maître du kung-fu authentique.

Sucre d’Orge va rencontrer une jeune femme, Bing (Nina Li Chi) qui heurte son tricycle par accident. Il va tomber amoureux d’elle et lui offre le voyage. C’est autour du personnage de Bing que va tourner le récit. Son petit ami travaille pour les triades et il doit une somme à Maitre 5 (John Sham) mais il ne peut pas payer. Les sbires le tuent et décident de mettre Bing dans un bordel jusqu’au remboursement de la dette. Son issue de secours est Sucre d’Orge qu’elle revoit et qui commence à lui plaire. Il ne sait rien du fâcheux destin de Bing mais San révèle cette histoire après être allé dans cette maison close.

Avec Pedicab driver, Sammo Hung se lance dans la comédie romantique. Mais comédie d’action avec un finale particulièrement sanglant et brutal. Les personnages féminins sont a priori mieux traités que dans ses films précédents, mais elles restent des faibles femmes. L’excuse de l’époque (les années 1950) est un peu faible. Ce qui marque le plus est le rôle de John Sham qui avait habitué à ses personnages de gentil lunaire avec ses grosses lunettes rondes et ses cheveux en bataille. Il est parfait en méchant sadique et vicieux. Quant au film, globalement, il ne fait pas partie des réussites de Sammo Hung. Dans un genre similaire, Jackie Chan réalisait à l’époque des films largement supérieurs.

Pedicab driver (群龍戲鳳, Hong Kong, 1989) Un film de Sammo Hung avec Sammo Hung, Nina Li Chi, Suen Yuet, Max Mok, Fennie Yuen, Lowell Lo, Mang Hoi, John Sham, Liu Chia-liang, Maria Cordero, Corey Yuen, Billy Lau, Manfred Wong, Alfred Cheung, Lam Ching-ying, Peter Chan, Dick Wei, Michelle Yip, Billy Chow, Eric Tsang, Hsiao Ho.

mercredi 7 avril 2010

72 tenants of prosperity



-->
J’aime les comédies du nouvel an lunaire. Et je les préfère quand elles sont drôles. Et quand en plus il y a des stars et des acteurs que j’adore, c’est le bonheur total. 72 tenants of prosperity est non seulement le succès surprise de ce début d’année à Hong Kong mais il est aussi une comédie réussie où j’ai ri, et parfois très fort. Le film est l’adaptation d’un classique du théâtre, connu par tous les Hongkongais, ce qui explique sans doute ce succès. C’est une production de la Shaw Brothers et de sa chaîne de télévision TVB qui a le vent en poupe après Laughing Gor Turning point, également plébiscité par le public.

On retrouve Anita Yuen, qui avait un peu disparu des écrans depuis quelques temps. Elle est Pinky, le pivot central du film, le personnage féminin que se disputent Kin (Jacky Cheung) et Kung (Eric Tsang) depuis leur adolescence. Les deux garçons étaient tous les deux amoureux d’elle (on les retrouve en flash back joués par Raymond Lam et Justin Lo). Pinky a été jouée à pile ou face. C’est Kung qui est devenu son mari. Depuis Kin et Kung ne se parlent plus. Chacun a eu deux enfants d’une vingtaine d’années, donc en âge de tomber amoureux, si vous voyez ce que je veux dire. Effectivement, Bosco Lam et Linda Chung vont s’aimer tandis que Wong Cho-lam et Stephy Tang vont s’aimer aussi, malgré les rivalités entre les deux papas. La comédie du nouvel an lunaire c’est aussi ça : des histoires d’amour très simples avec des happy ends attendus. Il est inutile de cacher que Eric Tsang et Jacky Cheung vont se réconcilier.

L’humour dans 72 tenants of prosperity est varié et se décline sur plusieurs modes. Le plus difficile à comprendre est celui qui joue sur les jeux de mots grivois en cantonais. Bosco Wong lors de sa première rencontre avec Linda Chung parle d’excréments à la place d’un autre mot. Plus tard, Jacky Cheung se moque d’Eric Tsang qui ne sait pas dire « Try your best » et qui prononce « breast », poitrine. Autre genre d’humour parfois un peu difficile à cerner, celui qui évoque la vie people locale. Linda Chung est régulièrement comparée à une actrice japonaise de films AV, cinéma très populaire. Et il y a aussi les références à tous les acteurs de TVB venus faire un petit coucou, car le film regorge d’apparitions fugaces de stars de la télé (voir le générique en fin de texte). Le film se permet de rendre hommage à Laughing Gor Turning point avec Michael Tse lui-même qui reprend le temps d’une séquence son propre rôle. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Le film commence par une brillante parodie de The House of the 72 tenants, classique de la Shaw brothers. Tout y est : les voix et les accents de ces années-là, les zooms sur les personnages, les vêtements et l’ambiance de l’époque. Cerise sur la gâteau, le rose de Lydia Shum est repris par sa fille Bernice Liu. Et sensuite, le comique des situations fait le reste. Kin et Kung travaillent l’un en face de l’autre dans une rue très populaire de Mongkok. Chacun vend ses téléphones portables censés résister à l’eau. Kin montre des filles très sexy arrosées par des pistolets à eau. Kung lui emboîte le pas avec des filles pas sexy qui se font couler du dentifrice, de la glace et du lait sur leur poitrine. La confrontation, un peu misogyne, fonctionne et fait rire. Puis, on se lance sur une chanson de comédie musicale sur les conditions de travail de tout ce beau monde. Et puis on termine avec les vœux où Wong Cho-lam et Bosco Wong font du marketing en citant tous les sponsors.

Entre ces deux moments, il y aura beaucoup de situations incongrues, des filles en maillot de bains, dont une qui cherche à vendre à un Lam Suet désorienté un portable. Pas mal de guest stars venues cabotiner une minute le temps d’une scène. Wong Cho-lam qui imite Jacky Cheung juste à côté de lui. Des parodies de plusieurs films récents. Et encore un chinois du continent qui semble d’abord être un vilain promoteur et qui s’avère être le sauveur de la situation. Il faut bien vendre le film en Chine, ce qui n’empêche pas Bosco Lam de se moquer du mandarin (la langue). Et puis une intrigue secondaire autour d’acide lancée du toit et qui se rapporte à l’actualité de Hong Kong. 72 tenants of prosperity fournit à l’amateur de comédie suffisamment d’éléments pour le rassasier et là est bien l’essentiel.

72 tenants of prosperity (72 家租客, Hong Kong, 2010) Un film de Eric Tsang et Chung Shu-kai et Patrick Kong avec Jacky Cheung, Eric Tsang, Anita Yuen, Bosco Wong, Stephy Tang, Wong Cho-lam, Linda Chung, Liang Tian, Aimee Chan, Joel Chan, Chan Pak-cheung, Sunny Chan, Vincy Chan, Fala Chen, Joyce Cheng, Kevin Cheng, Cheng Sze-kwan, Cheng Yim Lai, Kelly Chen, Chen Shuang, Chen Yoyo, Alfred Cheung, Cheung Chi-kwong, Dicky Cheung, Cheung Kayi, Cheung Kwok-keung, Chiang Tao, Jaime Mei Chun-chik, Chin Kar-lok, Chin Siu-hou, Andy Hui, Cho Wing-lim, Terence Chui, Sherman Chung, Chun Wong, Jacky Heung, Denise Ho, Kara Hui, Timmy Hung, Tracy Ip, Ko Hoi-ning, Ella Koon, Ku Feng, Emily Kwan, Kwok Jing-hung, Peter Lai, Lai Yiu-cheung, Lam Ka-tung, Raymond Lam, Lam Suet, Lau Mei-guan, Lau Siu-kwan, Tats Lau, Sam Lee, Jeanette Leung, Kaki Leung, Leung Lit-wai, Sammy Leung, Toby Leung, Bernice Liu, David Lo, Justin Lo, Koni Lui, Rosanne Lui, Luk Wing-kuen, Joe Ma, Mak Cheung-ching, Ma Kwok-ming, Ma Tai-lo, Ming Tai-yiu, Lawrence Ng, Ron Ng, Charmaine Sheh, Nancy Sit, Maggie Siu, William So, Tam Jan-yut, Tang Lai-ming, Tin Kai-man, Natalie Tong, Angela Tong, Michael Tse, Kate Tsui, Wong Ching, Wong Chi-yin, Fung Woo, Wu Myolie, Shaw Yin Yin, Yiu Ying-ying, Yuen King-tan, Kitty Yuen, Louis Yuen, Yuen Wai-ho, Mimi Zhu, Maria Cordero.

jeudi 1 octobre 2009

New mad mission


Ho Sik (Alan Tam, l’acolyte de Jackie Chan dans Mister Dynamite que je trouvais ringard) se voit contraint de reprendre les affaires familiales après la mort de son père. Sa mère castratrice et omniprésente (Maria Cardero) l’oblige à accepter le poste. Il devient un nouveau chef des triades. Mais il a du mal à accepter son sort. Il va rencontrer Cheong (Tony Leung Chiu-wai) qui devient son garde du corps. Cheong a une particularité, il est un fin tireur quand il a bu. Il va aussi rencontrer deux filles qui ignorent sa position de parrain de la mafia. Mais l’une d’elle est une tueuse à gages, Shan (Christy Chung). Et Ho Sik se laisse convaincre qu’il doit éliminer la belle.

Mais Ho Sik a une sainte horreur des armes et de toute façon, il ne sait pas s’en servir. Les deux garçons vont aussi rencontrer Mandy (Donna Chu), une jeune femme très douce qui ne cherche que l’âme sœur. Ensemble, ils vont former une bande à quatre d’autant que Ho Sik trouve Shan très à son goût bien qu’il doit se venger. Seulement voilà, il y a également Lui Yue-yeung (Francis Ng) un autre chef de triades que Shan a cambriolé devant ses yeux et lui aussi cherche à se venger. Pendant 90 minutes, c’est une course poursuite entre tout ce beau monde qui va s’engager. Sur le mode de la comédie bien entendu.

Près d’une décennie après Aces go places 5, Raymond Wong Bak-ming veut réssuciter la franchise lancée par la Cinema City & Films Company. New mad mission est produit par le comique pas drôle et la Mandarin Films qui s’est spécialisée dans la comédie avec les deux années précédentes Le Festin chinois et Tri-star de Tsui Hark. Il ne reste rien des complots politiques internationaux que Karl Maka, Sam Hui et Sylvia Chang devaient résoudre dans les trois premiers épisodes. Seule demeure la musique, et encore au générique. Ce 97 Aces go places, rebaptisé en France New mad mission peine à atteindre le niveau de ses prédécesseurs, alors même que c’était déjà pas génial.

Il faut dire qu’entre temps, la comédie cantonaise s’est totalement renouvelée grâce à Stephen Chow. Et on a vraiment l’impression que Tony Leung Chiu-wai ne cesse d’imiter son camarade. L’acteur en était encore à cette époque à continuer de faire de la grosse comédie avant de ne faire plus que du Wong Kar-wai. New mad mission recycle beaucoup de gags de Stephen Chow, notamment l’ambiguïté sexuelle entre nos deux héros. Tony leung Chiu-wai, en tant que soulard, propose une belle scène où il parodie le kung-fu de l’ivrogne. Les revolvers remplacent les poings. C’est à Francis Ng que revient la palme d’or de l’interprétation. Il en fait des tonnes, cabotine à mort comme jamais. Il est un chef de triade maniéré qui ne mange qu’avec des musiciens qui jouent du violon derrière lui. C’est pas grand-chose, mais ça fait déjà deux gags marrants dans un film tourné à la truelle.

New mad mission (97 Aces go places, 最佳拍檔之醉街拍檔, Hong Kong, 1997) Un film de Chin Kar-lok avec Alan Tam, Tony Leung Chiu-wai, Christy Chung, Donna Chu, Francis Ng, Simon Lui, Moses Chan, Lam Kwok-bun, Billy Chow, Raymond Wong Bak-ming, Emily Kwan, Chin Siu-ho, Ngai Sing, Dayo Wong, Mang Hoi, Chin Kar-lok, Vincent Kok, Maria Cordero, Timmy Hung.

dimanche 2 août 2009

Look for a star


Comédie romantique pour le Nouvel An Lunaire 2009, Look for a star apparaît comme un mélange de deux rôles romantiques d’Andy Lau. D’un côté Needing you de Johnnie To et Wai Ka-fai où Andy Lau était un patron qui tombait amoureux de son employée, de l’autre Dance of a dream d’Andrew Lau où l’acteur était un employé qui tombait amoureux de sa patronne. Dans Look of a star, Andy Lau va tomber amoureux d’une de ses employées. Ça n’est pas très original, mais ça marche toujours.


Sam Ching (Andy Lau) est un chef d’entreprise qui arrive de Hong Kong à Macao pour voir comment se porte le business dans son casino. Il est accompagné de son chauffeur Tim Ma (Lam Ka-wah) et de son assistante Jo Kwok (Denise Ho). Tous les trois sont des cœurs à prendre, des célibataires avec trois caractères bien différents. Sam est un homme à femmes marié et divorcé trois fois. Le chauffeur est très timide et peu sûr de lui. Jo est trop sûre d’elle et fait peur aux hommes. Chacun va bien entendu trouver chaussure à son pied, on est dans une comédie romantique.


Milan Sit (Shu Qi) entre alors dans l’histoire. Elle est danseuse la nuit dans un cabaret tenu par Rocky (George Lam) et travaille en journée en tant que croupier dans le casino de Sam. Elle vit avec son oncle et sa tante (David Chiang et Maria Cordero), cette dernière étant une joueuse invétérée. C’est là que Sam rencontre Milan, alors qu’elle tente de faire partir sa tante de la table de baccarat où elle vient de perdre de l’argent. Mais Milan ignore que Sam est son patron. Elle le prend pour un simple joueur. Ils vont devenir amis puis vont tomber amoureux l’un de l’autre sans qu’il ne lui dise qui il est.


Quant à Tim Ma, le chauffeur de Sam, il va rencontrer une jeune divorcée dans un blind test. Elle a une fillette de cinq ans et Tim va commencer à revivre et à comprendre qu’il peut très bien être un père. Jo va, quant à elle, fournir l’histoire la plus intéressante du film. Elle rencontre dans le couloir de l’hôtel du casino un ouvrier de maintenance Lin Jiu (Zhang Hanyu) qui débarque du fin fond de la Chine avec ses quelques sous qu’il économise pour aider sa mère restée là-bas. Leur rencontre est rude. Elle l’engueule mais il la reçoit avec beaucoup de douceur.


Dans cette relation entre deux classes sociales que tout oppose, la businesswoman va avoir du mal à accepter qu’elle puisse tomber amoureuse d’un homme manuel habillé en bleu de travail. Il lui écrit son numéro de téléphone sur un bout de papier. Elle pense qu’elle n’aura jamais à l’utiliser, mais un soir elle se rend compte qu’elle oublié son argent chez elle, elle ne peut pas payer le verre qu’elle vient de prendre. Il va arriver après son coup de fil et payer la note salée. Cette relation est bien dessinée et devient de plus en plus touchante. C’est l’histoire que l’on attend le plus parmi les trois. Denise Ho, star de la cantopop sous le nom de HoCC, campe un personnage sans glamour, mesquin et insensible qui va finir par abandonner ses réticences et se laisser aller à aimer Liu.



Mais c’est évidemment les deux stars du film, Andy Lau et Shu Qi, qui sont au centre du film. Les autres personnages, bien qu’autonomes, ne font que graviter autour d’eux. Mais c’est un couple qui fonctionne, on y croit parce que Shu Qi minaude et sourit avec charme. Son personnage est insouciant et se laisse aller à de nombreuses facéties. Elle reprend d’une certaine manière le personnage de Sandra Ng dans Dance of a dream, comme Denise Ho refait celui d’Anita Mui. Le personnage d’Andy Lau est très bon aussi, tout en sourire primesautier.


On s’en doute, Look for a star pour avancer doit mettre des bâtons dans les roues de ces histoires d’amour pour finalement arriver à une réconciliation sur un plateau de télé lors d’une émission animée par un Cheung Tat-ming qui, pour une fois n’en fait pas trop. Cheung Tat-ming campe un des nombreux seconds rôles du film qui en compte beaucoup. Maria Cordero est la meilleure dans ce jeu là où il faut en faire beaucoup. Elle est très drôle dans son duo avec David Chiang de vieux couple où les rôles sont inversés : elle va jouer au casino et il cuisine. Les scénaristes du film ont placé beaucoup d’humour avec ses seconds rôles pour que l’on ne tombe pas dans la mièvrerie inhérente aux comédies romantiques.


Look for a star (游龍戲鳳, Hong Kong, 2009) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Shu Qi, Denise Ho, Zhang Hanyu, Lam Ka-Wah, Zhang Xinyi, David Chiang, Maria Cordero, Cheung Tat-ming, George Lam, Ella Koon, Yao Wen-Xue, Pei Weiying, Po Po, Pei Pei, Tony Ho, Terence Yin, Pinky Cheung, Belinda Hamnett, Crystal Tin, Rebecca Pan, Raymond Tso, Monie Tung.

vendredi 23 janvier 2009

Sorties à Hong Kong (janvier 2009)

All’s well end’s well 2009 (家有囍事2009)
Un film de Vincent Kok avec Louis Koo, Raymond Wong Bak-min, Sandra Ng, Ronald Cheng, Chen Yao, Miki Shen, Ha Chun-chau, Lee Hung-kam. Classé Catégorie IIA. Sortie : 23 janvier 2009.





Look for a star (游龍戲鳳)
Un film de Andrew Lau avec Andy Lau, Shu Qi, David Chiang, Maria Cordero, Cheung Tat-ming, George Lam, Ella Koon, Pei Weiying. 118 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 23 janvier 2009.





mercredi 16 mai 2007

Men suddenly in black


Quatre amis décident de prendre du bon temps pendant que leurs femmes sont parties. Ils ont quatorze heures pour accomplir leur forfait. Ces quatre hommes, ce sont les Men suddenly in black. Pang Ho-cheung, son réalisateur est grand ! C’est cette histoire que va nous raconter Pang. Histoire terrible et véridique, comme le souligne avec ironie le pré-générique, de quatre pauvres gars qui veulent tromper leurs femmes ou copines. Pourquoi ? Parce qu’elles sont tout le temps dans leurs jambes et que pour une fois, ils vont avoir une demie journée pour s’éclater : elles sont parties faire des emplettes en Thaïlande.

On donne des coups de téléphone aux femmes pour les rassurer. Oui, chérie, je suis bien au travail. Amuse-toi bien ! Les quatre filles partent ensemble en avion. Tout va bien. Les quatre hommes se retrouvent. Tin (Eric Tsang, génial comme toujours) a donné rendez vous à ses trois potes dans un parking. Pang Ho-cheung filme leur rencontre comme s'ils étaient des membres de triade. Et ils jouent le jeu. Chao (Chapman To) plie un genou et embrasse la main de Tin. Cheung (Jordan Chan) est aussi de la partie. Lui est médecin. Et enfin, Paul (Spirit Blue), jeune étudiant venu de Pékin et qui du coup parle mandarin.

Une fois les règles énoncées, n'utiliser que du liquide pour payer et ne pas téléphoner avec son portable pour ne pas laisser de traces, ils embarquent dans un taxi réquisitionné pour l'occasion. Bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévu. Tous les quatre ont pris rendez-vous avec une de leur ancienne conquête. Tin va revoir JoJo, son amour d'il y a vingt ans. Un bien joli brin de fille. En tout cas, dans ses souvenirs. Car quand JoJo arrive devant lui, la sirène s'est transformée en baleine. Chao rencontre une fille qu'il a embrassée, bourré, un soir de karaoké il y a trois ans. Ils s'embrassent goulûment, et tout décontenancé, il manque de payer avec sa carte de crédit. Cheung, médecin donc a priori rationaliste, dîne avec une adepte de l'astrologie. Et pas de chance, dans le restaurant il rencontre ses beaux parents. Et le pauvre Paul, son rendez-vous lui a posé un lapin.

La première mission est un échec. Mais peu importe, ils iront dans un bordel. Pardon dans un cyber café... Cela rappelle des douloureux souvenirs à Tin. C'était en 1983, avec le Neuvième Oncle et d'autres amis. Ils étaient partis aussi se taper des filles. Mais les épouses sont arrivées et le Neuvième Oncle s'est sacrifié pour ses amis et a tout endossé. Depuis il vit reclus. Pang filme ce flash-back avec tout le kitsch dévolu aux criardes années 1980 (chemises colorées, boule à facettes). Le Neuvième Oncle, c'est Tony Leung Ka-fai et sa mégère de femme, l'immense Sandra Ng, décidément un beau couple de cinéma.

Encore une fois, tout capote au bordel, pardon au cyber café. Le patron avait l'air sûr de la confidentialité, mais la police est aux portes du lieu. L'inspecteur sur place est un ami de Tin. Il l'appelle sur son portable pour qu'ils s'enfuient. Les flics soupçonnent le lieu d'avoir des filles mineures. Les journalistes sont là aussi. Difficile pour Tin et les autres de s'échapper. Ils courent, ils fuient. L'affrontement avec les journalistes arrive. Ils sont en bas, ils commencent à prendre des photos. Chuen se saisit de lances à l'eau. C'est un combat flash des appareils photo contre jets d'eau. C'est filmé comme une scène de gunfight. C'est de la pure action. C'est surtout très drôle.

Qui a pu alerter les flics ? Chao est persuadé que c'est le jeune Paul. D'ailleurs, il parle mandarin et c'est un étranger. Et c'est là que le cinéma de Pang Ho-cheung ne se contente de filmer une comédie de l'adultère. La deuxième partie de Men suddenly in black nous emmène du côté des femmes. L'avion n'a pas encore décollé que l'une d'elles a de mauvais pressentiments. Elle est sûre qu'ils vont tenter un sale coup. L'intuition, elle l'a trouvé dans le programme télé : il passe le soir même Liaison fatale. Elle réussit à convaincre ses copines de filer les garçons. Elles trouvent des indices où ils pourraient se trouver et c'est parti pour la chasse à l'homme à travers Hong Kong, ses hôtels, ses bordels (pardon ses cyber cafés).

Men suddenly in black est d'abord et avant tout une comédie, et une sacrée bonne comédie. Pang Ho-cheung connaît son métier et son film est bien supérieur au premier (You shoot I shoot) déjà pas mal. Les mimiques et la voix stridente de Eric Tsang, comme le visage penché de Chapman To qui n'esquissera jamais un sourire, y sont pour beaucoup. Mais Pang Ho-cheung aborde, l'air de rien, un sujet qui était déjà en prémisse dans You shoot I shoot : la frustration sexuelle. La quête d'un plaisir sexuel que les protagonistes n'auront de cesse de chercher sans jamais l'atteindre. Tout cela, Pang Ho-cheung le développera dans ses films suivants. Le malheur des autres fait notre bonheur de spectateur.
Jean Dorel

Men suddenly in black (大丈夫, Hong Kong, 2003, 92 minutes) Un film de Pang Ho-cheung avec Eric Tsang, Jordan Chan, Chapman To, Teresa Mo, Candy Lo, Marsha Yuan, Tiffany Lee, Spirit Blue, Maria Cordero, Tony Leung Ka-fai, Sandra Ng, Teresa Mak, Stephanie Che, Nat Chan, Lam Suet, Jim Chim, Annabelle Lau, Chin Kar-lok, Ellen Chan, Carlo Ng, Timmy Hung, Eric Kot, Cheung Tat-ming, Ken Wong, Iris Wong, Jackie Lui, Sammo Hung, Alan Tam