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jeudi 1 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) The Rooftop


The Rooftop (天台, Taïwan – Hong Kong, 2013)
Un film de Jay Chou avec Jay Chou, Eric Tsang, Oh Yau-lun, Li Xin-ai, Wang Xue-qi, Song Jian-zhang, Huang Jun-lang, Xu Fan, Na-Do, Kenny Bee, Ken Lin, Darren Chiu, Andrew Lau, David Chiang, Fu Yi-wei, Huang Huai-chen. 122 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 1er août 2013.

jeudi 18 juillet 2013

The Top bet


Dans la série « produits dérivés de films de gambling», The Top bet est le spin off direct de All for the winner. Shing, le personnage de Stephen Chow quitte le navire pour « faire jouer dans le monde entier ». Exit l’acteur qui apparait deux minutes (dont dans des scènes du film précédent) mais tous les autres interprètes restent présents. Seuls Corey Yuen et Sandra Ng ne font que de la figuration. L’oncle San (Ng Man-tat) reçoit la visite de sa nièce venue de Chine. Mei (Anita Mui) a les mêmes pouvoirs que son frère, en l’occurrence une aptitude à changer la face des cartes à jouer en les frottant contre ses mains. En vérité, elle est envoyée par le parti pour ramener Shing en Chine.

Mei a acquis tellement de pouvoir en se concentrant qu’elle réussit des prodiges et puisqu’on est dans une comédie burlesque, elle joue pas mal de mauvais tours à sa famille et leurs amis. Ainsi, pendant tout le film, Angelina Lo (l’épouse de l’oncle San) parlera avec une voix d’homme et il lui poussera barbe et moustache. C’est aussi une experte en nunchaku (belle scène de combat chorégraphiée par Corey Yuen). Elle refuse d’aider Fey (Carol Cheng), engagée par San et Chan Chung (Jeff Lau), l’organisateur d’un tournoi de poker où il va falloir, encore une fois, devoir affronter l’affreux Kwong (Paul Chun), toujours cloué sur son fauteuil et parlant avec un appareil vocal.

Personnage fort en gueule, Fey prétend qu’elle est capable de deviner les cartes avant qu’elles ne soient dévoilées. On la découvre dans une sale cabane de pécheurs en train de miser leurs poissons. Sur ses seules affirmations, elle convainc San qu’elle peut gagner le tournoi. Mais elle a aussi un cœur car l’argent gagné permettra de faire opérer son petit frère malade. De l’émotion à peu de frais vite dégagée par la charge comique du personnage. Sa force vient de ses changements d’humeur : tantôt femme sûr d’elle et agressive puis la minute suivante, elle se comporte comme une gamine et cherche à éviter de jouer. Elle est toujours suivie par Tai (Lowell Lo), dans un rôle de larbin stupide mais dévoué à qui il va arriver bien des malheurs, dont une ventouse de toilettes collée sur le crâne.

Parallèlement, Mei change souvent d’humeur mais de manière inversée. En temps normal, elle est comme une petite fille dont elle adopte la démarche immature en sautillant. Sa coupe de cheveux est aussi typiquement enfantine. Elle vend fondre d’amour devant un loubard (Kenny Bee) totalement stupide. Ces deux personnages féminins ont donc beaucoup en commun, et en tout premier lieu les rapports avec leurs frères. Le film va donc en faire des personnages complémentaires quand Mei accepte d’aider Fey à affronter Chan Chung qui lui aussi reçoit une aide « magique » d’un homme retors (Lau Shun). Les gags (certains sont hilarants) sont presque tous autour de l’incompétence des personnages qui enchainent les catastrophes. Comme toujours dans un film de gambling, la longue scène finale voit les méthodes de chacun s’affronter.

The Top bet (賭霸, Hong Kong, 1991) Un film de Corey Yuen et Jeff Lau avec Carol Cheng, Anita Mui, Ng Man-tat, Sandra Ng, Shing Fui-on, Kenny Bee, Yuen Wah, Wu Fung, Lowell Lo, Paul Chun, Lau Shun, Corey Yuen, Jeff Lau, Angelina Lo, Stephen Chow, Fruit Chan.

samedi 18 mai 2013

To err is humane


Le bon gros Ting (Sammo Hung), employé docile et serviable de Madame Chou (Leung San), une marchande deb bijoux, est attaqué après une vente importante de diamants. On lui dérobe la valise pleine de l’argent du marché alors qu’il est en compagnie de son manager (Charlie Cho) qui l’accuse immédiatement d’être le complice du vol. Le pauvre Ting, qui se voit sommer de rembourse la somme, rumine sa rancœur tout haut dans les toilettes de la boite. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd quand Piu (Kenny Bee) l’écoute discrètement échafauder son plan pour avoir de l’argent : enlever Madame Chou et demander une rançon. Piu se dit qu’il pourra lui aussi récupérer ce pactole d’autant qu’il se fait engueuler pour sa paresse par le manager. Il se voit en super héros vengeur contre ses patrons dans une scène en référence à The Flying Mr. B., l’un des succès de l’époque de Kenny Bee.

Ting fait son kidnapping mais se trompe de personne. Il enlève Jo Chou (Joey Wong), la fille du patron qui portait le manteau de Madame Chou. Il ne s’en aperçoit pas tout de suite, téléphone à Monsieur Chou (Mui Yan) qui lui rétorque que sa femme est devant lui. Puis, il reçoit un appel de Piu qui est allé chez Ting prendre Jo. Piu décide de faire chanter Ting mais ce dernier pense qu’il n’a enlevé personne. Ce que Ting ne comprend pas c’est comment ce maître-chanteur (qui reste anonyme) connait tout de lui, sait ce qu’il a fait et parvient à toujours le retrouver. Pendant ce temps, la police met l’inspecteur Wang (Anthony Chan) sur l’enquête et propose à Ting d’apporter lui-même la rançon au kidnappeur, c'est-à-dire à lui-même. Seulement voilà, Madame Chou n’aime pas trop sa belle-fille et préférerait qu’elle ne réapparaisse plus afin de profiter seule de la fortune de son mari. Elle ne va pas leur faciliter la tache et va même jusqu’à leur proposer de se débarrasser de Jo, à leur grand étonnement.

Les quiproquos vont s’enchainer avec Ting et Piu qui par leur grande incompétence vont aller d’échec en échec dans leur tentative de ramasser le magot des Chou. Séparés, ils étaient maladroits et pas bien malins, à deux ils doubleront leurs erreurs. Chaque situation se termine en catastrophe et produit un nouveau problème qui se retourne contre eux. Car dans la deuxième moitié de To err is humane, les deux kidnappeurs vont unir leur force. Le film joue surtout sur le comique de situations avec certains gags particulièrement bien joués par les deux acteurs qui n’hésitent pas à faire les idiots. Kenny Bee fait croire à Jo Chou qu’il est un docteur mais se trompe de voix puis il se transforme en domestique débile. Sammo Hung montre à Jo comment faire un cri de femme angoissée pour enregistrer un message à son père et propose plusieurs cris à choisir. Les scènes de filature de l’inspecteur Wang où tous ses hommes sont censés passer inaperçus mais sont encore plus visibles montrent que l’incompétence est partout. Les caméos de Wu Ma (en tatoueur fou) et de Bolo Yeung (lors d’une énième tentative d’apporter la rançon) sont également croustillantes.

To err is humane (標錯參, Hong Kong, 1987) Un film d’Alfred Cheung avec Sammo Hung, Kenny Bee, Joey Wong, Anthony Chan, Ng Man-tat, Leung San, Mui Yan, Charlie Cho, Carrie Ng, Wu Ma, Bolo Yeung, Shing Fui-on.

mercredi 12 décembre 2012

The Spooky bunch


Les fantômes, il y a ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas, affirme le narrateur pour lancer The Spooky bunch, deuxième film d’Ann Hui. Ceux qui croient aux fantômes, ce sont d’abord les plus anciens. Le grand oncle Ma qui est persuadé qu’une malédiction frappe sa famille et que le dernier descendant, son neveu Dick (Kenny Bee) ne pourra pas avoir d’enfants. Ce qui constitue pour lui un grand malheur. Il y a aussi la grand-mère Maria (Cheung Mang-ha) convertie au christianisme mais qui continue de croire à la réincarnation. Pour que cette malédiction cesse, le vieil oncle a engagé la troupe de théâtre de Chi (Josephine Siao), petite fille de Maria, afin que Dick se marie avec elle.

Ceux qui n’y croient pas, en l’occurrence la nouvelle génération, vont avoir de sacrées surprises car un esprit vient hanter les coulisses. C’est une petite fille qui vient taquiner avec sa petite voix espiègle les comédiens. C’est d’abord le gros Fatso (Chiang Kam) qui l’aperçoit, vient pour la draguer. Elle disparait aussitôt. Puis, c’est One (Chung Kwan), le premier rôle de la troupe qui est frappé. Il se met à s’exprimer avec sa voix, à avoir ses mimiques enfantines. Chi tente de savoir qui est cette gamine, elle interroge par One mais elle ne demande qu’une chose : regarder la télévision. Cette jeune fille fantomatique est déjà imprégnée de modernité mais elle vient d’une autre époque, des années 1930 et erre depuis cinquante ans dans les limbes. Elle fuit surtout sa maitresse (Tina Lau), une méchante femme qui crée ces apparitions de fantômes.

Enfin, c’est l’oncle Dang (Lau Hak-suen) qui est la victime des revenants. Il revit l’une de ses vies passées où il était militaire et se fait même fusiller. Dick et Chi cherchent alors, une fois que les anciens les auront convaincus qu’ils sont hantés, à contacter un moine taoïste qui pourra pratiquer l’exorcisme. L’oncle Dang sérieux comme un pape lorsqu’il dirige la troupe se transforme en vieux sénile quand il est possédé. Il se met à répéter tous les gestes et toutes les paroles de tous ceux qui s’adressent à lui, créant un burlesque non-sensique. Chi est également un personnage comique se comportant comme une gamine immature, jouant à saute-moutons avec les enfants, posant des questions puériles et provoquant les autres protagonistes avec ses caprices. Le sommet gaguesque est atteint quand, lors d’une représentation d’un opéra, où les fantômes s’invitent dans les corps des acteurs.

On ne trouve pas beaucoup d’effets spéciaux dans The Spooky bunch. Ann Hui préfère pour montrer l’arrivée des fantômes faire confiance au montage, champ : le revenant est là, contre-champ : il a disparu. Une lanterne se déplace seule au milieu de la nuit. Elle travaille aussi les sons, ceux de la voix de l’enfant qui prend possession du corps de One, les bruits des mitraillettes dans un plan large nocturne où Dang est menacé, des cris étouffés se font entendre çà et là. C’est avec des moyens très simples et très modestes (on sent que le budget du film est assez faible) qu’elle entend suggérer le surnaturel faisant confiance au spectateur qui croit sans doute encore aux fantômes. D’autres films bien supérieurs à The Spooky bunch, ceux de Sammo Hung avec ses Exorciste chinois ou la série Mr. Vampire, le génial Zu warriors of the magic mountain, se chargeront d’améliorer tout cela en passant l’action dans une Chine légendaire.

The Spooky bunch (撞到正, Hong Kong, 1980) Un film d’Ann Hui avec Josephine Siao, Kenny Bee, Lau Hak-suen, Kwan Chung, Tina Lau, Chiang Kam, Cheung Mang-ha.

mercredi 23 mai 2012

The Tigers, the legend of Canton



Après s’être attaqué à Wong Fei-hung, le triturant dans tous les sens, le faisant passer pour un moins que rien dans ses deux parodie Once upon a time a hero in China et Master Wong vs Master Wong, Lee Lik-chi va trouver un autre pan de l’histoire : Sun Yat-sen et la résistance à l’armée japonaise. The Tigers, the legend of Canton est d’abord l’occasion de réunir devant la caméra les cinq membres du groupe The Wynners. Comme dans les deux autres parodies citées plus haut, ces tigres-là n’ont rien de bien vaillant. Au contraire ce sont des incompétents notoires et le titre du film qui parle de légende indique bien dans quelle direction on se dirige.

Comme il se doit, chaque personnage a son caractère. Alan To (Alan Tam) est persuadé d’être un superbe séducteur de femmes. Chung Kwok-yan (Kenny Bee), déguisé en Indiana Jones, chapeau et fouet en bandoulière, aide la veuve et l’orphelin. Avec ses vétements anachroniques, il est censé, dès qu’on le voit, apporter de l’humour. Sum Si-koon (Anthony Chan) est un lettré. Habillé en habits traditionnels, il peut discourir sur tous les sujets et régler tous les problèmes. En revanche, il ne sait pas se battre. Jian (Bennett Pang) est un esprit alerte pourvu d’une grande mémoire. Enfin, Keung (Danny Yip) prétend posséder des dons de divination. A eux cinq, ils semblent donc armés pour affronter les Japonais ennemis. Wah (Nat Chan) les a dépêchés pour les combattre. Ils se reconnaissent au signe sur leur valise : un soleil japonais barré.

Seulement voilà, une fois réunis tous ensemble à Shanghai pour venir en aide à Sun Yat-sen qui a disparu (et qu’on ne verra jamais), ils ne trouvent pas Wah, qui dans des gags qui ponctuent le film, se trouvent toujours dans des situations impossibles où il ne peut pas approcher les cinq sauveurs. Le meilleur gag donne le niveau du film : Wah arrive chez les cinq tigres, il rentre par la fenêtre, rentre dans les toilettes qui sont piégées et se voit expédié, tête la première au beau milieu du marché de la ville. Les héros sont ici des tocards qui trouvent le message laissé à leur intention mais l’interprètent de travers. Ils sont persuadés qu’ils doivent sauver Yuen (Anthony Wong) et arrêter Sun Yat-sen. C’est donc toute une série de quiproquos qui sert de fil conducteur au scénario.

Car Yuen est dans le camp des annemis. Anthony Wong ne fait pas dans la dentelle avec son personnage de renégat à la petite moustache à la Hiro Hito (ou à la Hitler selon ce qu’on y voit), au rire sardonique et au regard torve de l’expert en traitrise. Face aux cinq membres des Wynners, c’est lui qu’on attend à chaque scène. L’allié japonais de Yuen est le redoutable général japonais surnommé « le poing invisible » (Leung Kar-yan), c’est à lui que sont dévolues les scènes d’arts martiaux. Et les femmes sont au nombre de deux : Alan et Yan vont tous les deux tomber amoureux de Lam (Monica Chan) et ne même pas regarder sa copine Siu Yuen (Kingdom Yuen). Une romance nunuche destinée à créer un suspense entre les deux hommes : leur amour ne va-t-il pas troubler leur mission. Mais à ce niveau du film, on a déjà capitulé devant le scénario balourd et la pauvreté des gags. Après avoir bine travaillé avec Alan Tam, Lee Lik-chi est allé vers d’autres cieux et a travaillé avec Stephen Chow pour Flirting scholar. Et franchement, on voit la différence.

The Tigers, the legend of Canton (廣東五虎之鐵拳無敵孫中山, Hong Kong, 1993) Un film de Lee Lik-chi avec Alan Tam, Kenny Bee, Anthony Chan, Bennett Pang, Danny Yip, Anthony Wong, Monica Chan, Kingdom Yuen, Nat Chan, Leung Kar-yan, Ku Feng, Gabriel Wong, Joey Leung.

mardi 17 avril 2012

Rose Rose I love you



Vraie fausse suite de 92 Legendary La Rose noire, Rose Rose I love you est d’abord un festival Tony Leung Ka-fai qui apporte de sa voix nasillarde toute l’incongruité qu’il faut à son personnage de flic un peu loser mais qui ne le sait pas vraiment. Habillé comme il se doit avec un costume qui aurait fait fureur dans les années 1960, Keith enquête sur Micky (Simon Yam), un voleur échappé de prison qui est à la recherche d’un diamant (la rose malaisienne). Micky va sans aucun doute rejoindre sa petite amie Pearl (Carina Lau). Keith décide de squatter l’appartement sur le même palier pour mieux la surveiller. Problème, le collègue du flic, Leung (Kenny Bee), qui a aussi remarqué de Pearl est bien jolie, aimerait mener les investigations et les deux hommes vont se disputer.
Car la trame policière du film n’est qu’un McGuffin des plus grossiers. Certes, on verra le personnage de malfrat de Simon Yam de temps en temps, comme si les scénaristes se rappelaient qu’il est dans le film, mais ce sont les tentatives calamiteuses des deux hommes pour draguer les filles qui constituent l’essentiel du récit de Rose Rose I love you. Même la référence aux aventures de Rose Noire est peu marquée, arrivant par intermittence et se battant dans un combat un peu mou entre Carina Lau et Veronica Yip, portant toutes les deux un masque de plumes sur les yeux. On voit également des extraits d’une des versions des années 1960 avec Shek Kin et Nam Hung, l’actrice fétiche de ce personnage de voleuse.
Les deux flics vont donc s’installer dans cet immeuble. Appartement 2B, celui où habite Bowie Lam, prétendument atteint d’amnésie et à qui Keith va faire croire qu’il est son petit ami. Il va le pousser dehors au bout de quelques minutes pour devoir confronter Beauty (Veronica Yip) habillée en garçon. Appartement 2A, Leung ne perd pas de temps et se fait passer auprès de Pearl pour un immigré chinois perdu et qui demande de l’aide. Il serait difficile de décrire tous les gags mais certains sont très bons. Les acteurs se donnent à fond pour faire exister des situations improbables (une grand-mère boit du thé dans un placard, un affrontement à coup de bouilloires entre Simon Yam et Kenny Bee, des déguisements, des portes qui claquent, des quiproquos à gogo, un strip-tease en comédie musicale dans un lycée). Parfois, les situations sont un peu trop répétitives comme les différentes tentatives de suicide de Beauty. L’intérêt de Rose Rose I love you repose donc sur la capacité du spectateur à assimiler un humour épuisant mais jouissif.
Rose Rose I love you (玫瑰玫瑰我愛你, Hong Kong, 1993) Un film de Jacky Pang avec Tony Leung Ka-fai, Carina Lau, Kenny Bee, Simon Yam, Veronica Yip, Charine Chan, Bowie Lam, Ku Feng, Lo Hung, Tommy Leung, Jameson Lam.

dimanche 29 janvier 2012

East meets West 2011


Un anneau dans la narine gauche, des lèvres teintes en noir, une tenue de cuir et des cheveux en pétard tenus par des baguettes, l’arrivée de Sammi (Karen Mok) dans East meets West 2001, le nouveau film de Jeff Lau, se fait en fanfare. Elle a trente ans et chaque nuit, elle fait ce rêve étrange où une dizaine de femmes habillées de robe roses lui proposent de traverser le tunnel. Sammi est une rebelle, une grande gueule comme son accoutrement et son comportement l’attestent. Elle va à la rencontre de son père Kenny Bee (Kenny Bee) qui intervient en tant que lui-même mêlant fiction et vraie vie avec le retour de son groupe de cantopop les Wynners dans un stade archi-bourré de fans hystériques. En attendant, Bee est un loser, embauché dans un parc d’attractions pour jouer au vampire dans le train fantôme. Il doit quelques dettes à un homme louche qui a lancé ses sbires contre lui. Une seule solution : la fuite en avant.

Le film s’emballe frénétiquement pendant toute sa première partie et part à la rencontre des personnages tous plus facétieux et délirants les uns que les autres. Il s’agit pour Sammi et Bee d’échapper à leurs agresseurs et de retrouver Scarlet (Huang Yi), la femme de Bee, pour faire ce fameux concert. En haut d’une cascade du parc d’attractions, le quatrième d’une nuée d’oiseaux leur donne la force de sauter de cette falaise sans se faire. Le voir dans le film est plus simple que de le décrire, c’est surtout bien plus drôle. Première rencontre : un chauffeur de taxi (William So) qui s’entraine à devenir acteur dans sa voiture. Rencontre suivante : Jade (Tan Wei-wei), une apprentie chanteuse qui a laissé son millionnaire de papa (Jonathan Lee) pour vivre à la Bohème. Le papa a engagé Bing (Jaycee Chan, le fils de Jackie Chan, évoqué dans le film par le fiston dans des private jokes) pour surveiller la fille rebelle. Bing est le personnage le plus drôle, il essaie à toute force de convaincre le père de Jade de l’adopter lui et de l’abandonner elle, il se confond en obséquiosité et courbettes. Il aime même quand il lui file des claques parce qu’il n’arrête pas de lui lécher les bottes. Tout ce beau monde monte dans le taxi écrase Da Xiong (Ekin Cheng) dans une explosion gigantesque. Da Xiong, visage constamment enfariné, est muet et a un petit garçon. Tout le monde est mort ? Sûrement pas.

La présentation des personnages hauts en couleur était déjà tout à fait satisfaisante, provoquant à la fois la surprise par le ton adopté, pop, vif, rigolo, comme un cartoon des Looney Tunes sans que l’on sache vraiment où l’on aille et le rire parce que tout cela est proche de l’humour non-sensique (Jeff Lau a souvent travaillé avec Stephen Chow, moqué comme Jackie Chan) très lisible et compréhensif de tous (que l’on détienne les références ou pas. Le film va encore accélérer dans le délire. Si les protagonistes résistent à tous ces accidents, s’ils ne meurent pas, ça n’est pas qu’ils sont des super héros. C’est encore mieux que ça : ce sont des Dieux. Ouais, carrément. Eux-mêmes l’ignoraient d’ailleurs. Ils vont donc revêtir leur tenue et là encore, ça va très loin dans le grotesque assumé. Sammi aura une superbe combinaison rose, des cheveux blonds et des lunettes à paillettes (comme dans son rêve initial). Da Xiong, en tant que cuisinier, enverra des raviolis géants pour piéger les adversaires. Bing prendra le costume du sabreur manchot, mais ça fait un peul mal de se couper un bras et finalement endossera celui d’un vampire sautillant. Jade se servira de son doudou comme cape. Bee mettra sa chemise 60’s et une coupe au bol ou une banane. Ils sont forts, ils sont glam, ils sont incroyables.

Qui dit Dieux, dit démons à combattre. C’est peut-être là que le film s’enlise un peu dans son délire total. Charles (Eason Chan) est l’homme qui a commandité le concert des Wynners. Il sait que toute la bande de Sammi est constituée de Dieux et il veut les éliminer. A ses côtés, il reçoit l’aide de la diabolique Yashka (Stephy Tang) aux cheveux verts. Charles révèle la vraie personnalité de Sammi mais ils se rendent qu’ils s’aiment, sans doute depuis leurs toutes premières vies au bout de tant et tant de réincarnations, ils cherchent le moyen de vivre enfin leur amour. East meets West 2011 prend une tournure romantique entre les deux personnages, regards langoureux, musique douce, qui contraste avec tout le reste du film, en ralentit le rythme. C’est l’amour éternel que Jeff Lau décrit, le même que celui du Roi Singe. Mais le film, tourné à Shenzhen – coproduction chinoise oblige, reste visuellement éblouissant, jouissif dans son scénario et débridé dans sa mise en scène pour en faire l’un des meilleurs films actuels. Jeff Lau est donc ce qu’on appelle un bon cinéaste, ou comme diraient certains, un auteur.

East meets West 2011 (東成西就2011, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Jeff Lau avec Karen Mok, Eason Chan, Ekin Cheng, William So, Stephy Tang, Alex Fong Lik-sun, Kenny Bee, Tan Wei-wei, Crystal Huang, Jonathan Lee, Hu Ge, Liu Yu-qi, Jaycee Chan.

vendredi 23 décembre 2011

The Flying Mr. B



Tout comme dans Prince Charming, on retrouve dans The Flying Mr. B le duo Kenny Bee – Cherie Chung, dans une nouvelle variation du chasing girls movie, genre florissant à Hong Kong. Les règles sont très simples : un gars timide qui veut se trouver une femme. Voilà, c’est à peu près tout. Tout est possible et souvent le plus n’importe quoi. Wong Jing atteint ici ses objectifs avec un certain brio, et en plus, on a la chance de le voir jouer sa partition habituelle : le loser fini.
Tout se passe dans un lycée. Shi Shang-fei (Kenny Bee), qui toujours ses lunettes de vue qui signifient qu’il est un peu timide, est prof de sport. Mais son équipe de foot se fait toujours battre par l’équipe adverse. Son collègue Zhu Yu-gan (Kent Cheng) est prof de physique et expérimente toutes sortes d’expérience dans son labo. Bien entendu, ce sont des expériences un peu loufoques, comme ces boulettes qui rebondissent et que Shi avale par accident. Cela produit chez lui le même effet, il peut voler partout mais jamais au bon moment, notamment quand il est convoqué par la directrice du lycée et qu’il ne peut tenir en place. L’humour est potache, souvent énorme.
Tout va changer quand Liu Ben (Wong Jing) laisse la femme de ménage vider une potion du laboratoire par inattention. Il était en train de discuter avec une lycéenne qui venait de l’humilier en public. Wong Jing se donne le rôle le plus ingrat du film : celui d’un lycéen de 30 ans qui a redoublé tant de fois qu’il a désormais l’âge de ses profs. Comme toujours quand il joue dans ses films, il se fait ridiculiser par les autres personnages, il joue le bouffon, le petit gros à lunettes que les filles méprisent. Il y a, pour le spectateur, un certain plaisir à prendre devant cet exercice de masochisme d’acteur. Mais sans cette bourde, l’histoire n’aurait pas avancé : Liu Ben tente de reproduire la formule que Zhu et Shi vont boire avec quelques effets désastreux et comiques. Zhu se transforme en monstre garou et Shi va acquérir la capacité de voler. Mais temporairement.
Et les femmes dans tout ça puisque c’est un chasing girls movie ? D’un côté Miss Ma (Pat Ha) que Zhu, avec son absence d’élégance, tente de séduire et de l’autre Miss Cheung (Cherie Chung) dont Shi est amoureux. Sa maladresse l’empêche de conquérir son cœur, mais dès qu’il devient « superman » et qu’il peut voler, tout change pour lui. Il va sauver grâce à ses pouvoirs le lycée confronté à des méchants sortis un peu de nulle part. « Superman » deviendra le héros de Cheung mais Shi ne veut pas dévoiler son secret. Les femmes sont toujours un peu trop pudiques et intransigeantes et les hommes trop entreprenants et gaffeurs. C’est le genre qui veut cela mais tout se terminera bien.
La potion miraculeuse permet aux hommes de devenir plus forts. Dans les matchs qu’ils tiennent, ils en boiront un peu et pourront gagner la compétition. Sans qu’on en retrouve l’ampleur, on pense à Stephen Chow et à Shaolin soccer. Le kung-fu est remplacé ici par la chimie du professeur Zhu, les lycéens volent dans les airs pour marquer des paniers (ils jouent au basket). Mais quand la potion magique fait défaut (parce que Zhu n’en a pas fabriqué assez), tout le monde s’unit pour défaire les méchants. Car oui, une tête bien pleine vaut mieux que des muscles bandés. Si c’est Wong Jing qui le dit, c’est que ça doit être vrai.
The Flying Mr. B (鬼馬飛人, Hong Kong, 1985) un film de Wong Jing avec Kenny Bee, Cherie Chung, Kent Cheng, Pat Ha, Rachel Lee, Phillip Ko, Wong Jing, John Chan, Wong Yu, Alfred Cheung, Anthony Chan, Nat Chan, Manfred Wong, Charlie Cho, Yu Miu-lin, To Siu-ming, Yip Ha-lei, Elvis Tsui.

mercredi 21 décembre 2011

Prince Charming


L’amour selon Wong Jing, c’est simple comme des vacances ensoleillées à Honolulu où l’on peut draguer des jeunes femmes blondes. C’est l’activité favorite de Chen Li-pin (Kenny Bee) qui, tout en faisant son footing, suit une belle plante. Il est sur les îles avec ses parents (Wong Tin-lam – le père de Wong Jing – et Ou-yang Sha-fei) qui ne souhaite qu’une chose : que leur fils se marie enfin. Le père va jusqu’à lui conseiller de suivre l’exemple de Lolanto (Nat Chan), le pote de Li-pin, séducteur invétéré mais qui a aussi la mauvaise habitude de lui piquer ses flirts. Lolanto arrive à Hawaii et la chasse aux filles peut commencer.
Lolanto prodigue quelques conseils pour aborder les filles, conseils un peu vaseux que Li-pin suivra à ses dépends : il est pris pour un satyre. Leurs premières proies sont deux Chinoises en villégiature : May (Cherie Chung) et Kitty (Maggie Cheung) qui ne se laissent pas si facilement séduire. Ils leur jouent quelques tours pendables pour se venger, elles prendront une revanche encore plus grande en mettant du somnifère dans du jus de fruits et en abandonnant les garçons sur un rocher désert tandis que la mer monte. Li-pin et Lolanto doivent repartir sans avoir pu sortir avec une fille et le travail les attend à Hong Kong.
Chen Li-pin est un gosse de riches. Ses parents possèdent une grosse boite mais il existe des soupçons de détournement d’argent. Il va devoir mener une enquête discrète en se faisant embaucher comme un simple chauffeur du patron. Lolanto, lui se fera donc passer pour le fils du boss. Personne n’est au courant, pas même le sous-directeur, l’hypocrite et obséquieux Chen Pi-hou (Charlie Cho). Qu’elle n’est pas la surprise des deux garçons quand ils comprennent que May et Kitty travaillent dans cette boite. Ils pensent que ce sera plus facile de les emballer, mais ils mentent sur leur fonction respective. Le prince charmant, riche et puissant se fait passer pour un simple employé.
Mais c’est sans compter sur la vilaine Piao Piao (Rosamund Kawn) qui découvre que Pi-lin est le fils de son employeur et qui va salement manigancer pour tenter de l’épouser. Il va falloir bien du courage aux garçons pour prouver leur bonne foi, d’autant que Lolanto est tombé amoureux de Kitty et que le frère de May (Michael Chan) n’est pas un type commode. Prince Charming n’est pas franchement une bonne comédie. Les gags reposent sur les mauvais coups (des gamineries) que se font les personnages. Chen Li-pin est affecté d’un trouble de la parole dès qu’il croise une femme mais ça n’est pas très drôle. Le seul relatif intérêt est de voir Maggie Cheung à ses tout débuts.
Prince Charming (青蛙王子, Hong Kong, 1984) Un film de Wong Jing avec Kenny Bee, Nat Chan, Cherie Chung, Maggie Cheung, Rosamund Kwan, Alex Man, Michael Chan, Elaine Kam, Charlie Cho, Wong Tin-lam, Ou-yang Sha-fei, Alfred Cheung.

jeudi 24 novembre 2011

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


East meets West 2011 (東成西就2011, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Jeff Lau avec Karen Mok, Eason Chan, Ekin Cheng, William So, Stephy Tang, Alex Fong Lik-sun, Kenny Bee, Tan Wei-wei, Crystal Huang, Jonathan Lee, Hu Ge, Liu Yu-qi, Jaycee Chan. 100 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 24 novembre 2011.

dimanche 16 janvier 2011

Jeu d'espion




Il est arrivé que Tsui Hark produise des films qui sont des grands n’importe quoi. Jeu d’espion fait partie de cette catégorie de navets qui voudrait faire passer les mouvements scénaristiques pour du suspense et les pitreries des acteurs pour de la comédie. Tout est filmé dans un style très bédé qui rappelle les heures glorieuses, mais nanardesques, des films de la Cinéma City & Films Company.
Takako (Izumoto Noriko) est une chanteuse japonaise dont les amis veulent fêter l’anniversaire. Sa manager préfèrerait qu’elle répète les morceaux et lui interdit de faire la fête. Les amis de Takako et Kudo (Tokito Saburo), qui est amoureux d’elle, en tête inventent un subterfuge pour la faire venir. Ils lui font croire que des espions en veulent à son père et menacent de l’exécuter si elle ne délivre pas quelques informations. Affolée, Takako prend peur, s’enfuit avec sa guitare et décide partir à Hong Kong où elle est persuadée que son père (qu’elle n’a jamais connu) habite.
A Hong Kong, Takako qui ne parle pas un mot de cantonais est vite perdue. Elle prend un type avec un bandeau sur l’œil pour un espion, appelle la police qui informe la télévision que quelque chose de pas net se passe à l’aéroport. Deux reporters de deux chaines de télévision concurrentes arrivent en même temps pour avoir le scoop. Mais notre charmante Japonaise a peur de ce qui lui arrive et s’enfuit. Le reste du film est une suite de catastrophes qui arrivent aux deux personnages principaux.
Ken (Kenny Bee) est pris dans la spirale des événements auxquels Takako le mêle et personne ne veut croire qu’il est innocent. En premier lieu son beau-frère Lee (Waise Lee), l’autre présentateur vedette de la télé, et avec qui il est fâché depuis qu’il est concurrent à l’audimat. Jeunes, ils étaient dans un groupe de musique. Petit à petit, ils vont renouer leur amitié jusqu’à chanter ensemble et avec l’inspecteur Lau (Michael Chan), dans une scène de comédie musicale.
Les déboires s’accumulent mais les romances commencent. L’inspectrice Wong (Joey Wong) arrive en scène avec son lot de glamour. Elle devient une séductrice potentielle pour une amie de Kudo qui a des visées sur lui. A vrai dire, elle n’est dans le film que pour sa beauté. Wong est une femme d’action et comparée à Takako, montrée comme une idiote qui détruit tout ce qu’elle trouve sur son passage, elle incarne le bon sens. Ce qui n’empêche pas Jeu d’espion d’être particulièrement misogyne.
Dans ce genre de comédie bas de gamme, quelques gags surnagent. Il faut dire qu’il y en a tellement. Les acteurs Japonais jouent comme des patates, sans doute bloqués par la barrière de la langue et par leurs rôles stéréotypés. C’est finalement le duo Kenny Bee Waise Lee qui emporte le morceau dans le numéro de haine réciproque où chacun cherche des noises à l’autre. Mais ça ne vole pas bien haut et l’histoire d’espionnage est vraiment tarte, superficiel et superflu.
Jeu d’espion (Spy games, 中日南北和, Hong Kong, 1989) Un film de David Wu avec Kenny Bee, Waise Lee, Izumoto Noriko, Tokito Saburo, Joey Wong, Liu Wai-hung, Phillip Chan, Michael Chan, Lam Chung, Wong San, Maggie Cheung Hoh-yee, Lee Ka-ting, Yoshikawa Asami.

mercredi 12 janvier 2011

Le Marin des Mers de Chine 2



Après avoir arrêté les pirates, Dragon Ma (Jackie Chan) est recruté par le commissaire Tung (Bill Tung) pour aider la police de Hong Kong. Adieu la marine, bonjour la ville et ses gangs qui infectent la vie des gens et corrompent les bonnes mœurs. Tung et sa hiérarchie soupçonne l’inspecteur Chun (Lin Wai) de corruption et de falsifier ses faits d’armes pour augmenter de manière fallacieuse les chiffres de la police. Le Marin des Mers de Chine 2 commence justement par un cambriolage de banque commandité par Chun qui arrête sous les appareils photo des journalistes les deux malfrats qu’il a payé. Parce que le banquier a eu une crise cardiaque, les voleurs tentent de s’échapper et Chun les abat et peut, provisoirement, passer pour un héros défenseur de la loi.
Chun tient trois quartiers et celui dont hérite Dragon est populaire et, en son centre, un établissement où la prostitution et l’opium ont pignon sur rue. Dragon veut arrêter le taulier mais les policiers (dont Ricky Hui et Kenny Bee dans des caméos) de son commissariat sont trop lâches pour l’accompagner. Ils veulent démissionner et Dragon doit mener l’assaut avec ses fidèles lieutenants : Mars, Tai Bo, Chris Lee et Ben Lam. Tout ne se passe pas comme prévu, Tiger, le patron ne se laisse pas faire si facilement. La première séquence de combats peut avoir lieu dans la cabaret où Jcakie Chan et ses cascadeurs vont virevolter les chaises et les tables. Ils montent sur le balcon en un saut et descende les escaliers sur le cul. C’est brillant, vif et d’une précision dans le style que Jackie Chan a inventé.
Le récit prend de l’ampleur avec l’arrivée des personnages féminins. Le film se déroule au début du 20ème siècle quand la Chine subit les soubresauts des révolutionnaires qui veulent renverser l’empire. Mademoiselle Pak (Rosamund Kwan) veut voler des bijoux chez le gouverneur pour acheter des armes. Son personnage rappelle celui de Brigitte Lin dans Pekin Opera Blues, film avec lequel Le Marin des Mers de Chine 2 a quelques similitudes. Avec elle, Maggie Cheung et Carina Lau vont s’introduire dans le palais du gouverneur tandis que Dragon et ses hommes surveillent le lieu. Elles vont faire accuser le policier du vol. Mais elles vont culpabiliser quand elles se rendent compte que Dragon est plutôt dans leur camp. D’autant que Chun en profite pour arrêter Dragon dans le but de s’en débarrasser. Dragon doit prouver son innocence et a compris la machination. Il file chez Maggie dans ce but.
Le film est construit en quelques blocs de longues séquences qui permettent à la mise en scène de s’épanouir et au scénario d’offrir une rare ampleur. Telle cette séquence dans l’appartement de Maggie où Dragon et Mars arrivent. Puis tout le monde se met à venir. Le commissaire Tung, Chun, des Chinois favorables à l’empereur. Chacun doit se cacher pour ne pas être vu de l’autre. Les portes claquent et la folie est générale. Maggie Cheung (qui adopte le point de vue du spectateur) joue la petite fille innocente qui ne comprend pas vraiment tout ce qui se passe. La séquence n’est pas seulement bien construite, elle est aussi hilarante. Tout cela pour finalement arriver au morceau de bravoure final qui se déroule sur un entrepôt du port de Hong Kong. Maggie Cheung et Rosamund Kwan sont de la partie. Jackie Chan manque de se faire écrabouiller. Des pirates viennent l’aider et le tout se termine par un hommage à Buster Keaton. Un pilier de la comédie d’action.
Le Marin des Mers de Chine 2 (Project A II, A計劃續集, 1987) Un film de Jackie Chan avec Jackie Chan, Maggie Cheung, Rosamund Kwan, Carina Lau, Lin Wai, Bill Tung, Kwan Hoi-san, Regina Kent, Wong Man-ying, Mars, Tai Bo, Chris Lee, Ben Lam, Ken Lo, Lau Siu-ming, Jue Tit-who, John Cheung, Lee Hoi-sang, Michael Chan, Hon Yee-sang, Johnny Wang, Kenny Bee, Ricky Hui, Anthony Chan,

vendredi 26 novembre 2010

100 manières de tuer sa femme



On sait bien que Chow Yun-fat a eu une carrière fructueuse avant Le Syndicat du crime, tout comme on sait que Maggie Cheung et Tony Leung Chiu-wai n’ont pas tourné que dans des Wong Kar-wai, mais ces films, il faut les voir. Prenons par exemple 100 ways to murder your wife, unique réalisation de l’acteur Kenny Bee qui tenait le rôle principal dans l’excellent Shanghai Blues de Tsui Hark. La distribution est plutôt chouette puisqu’on y trouve aussi Anita Mui et Joey Wong en épouses des deux hommes.
Chow Yun-fat est Fa et Kenny Bee est Roberto. Tous les deux sont footballeurs et leur équipe respective doivent s’affronter dans un tournoi asiatique. Ils sont mariés. Fa à Joey Wong qu’il soupçonne d’adultère parce qu’elle discute avec le médecin de l’équipe de foot. Roberto est marié à Anita Mui et leur couple s’engueule souvent. Ils décident un soir de beuverie de tuer la femme de l’autre. Pourquoi plutôt que de discuter avec elles et régler leurs soucis de couple ? No reason, comme dirait le flic en introduction de Rubber de Quentin Dupieux.
A vrai dire, ces disputes amoureuses voudraient ressembler à certaines comédies du mariage où Tsui Hark a excellé et qui fût aussi une spécialité de la Golden Harvest. Mais, ici, on reste dans un humour poussif où le leitmotiv drolatique essentiel de Chow Yun-fat est d’arracher les feuilles des plantes pour calmer sa colère. Jamais la stratégie du football (puisqu’ils sont des pros de ce sport) ne sert pour le scénario. Sur sa fin, le film évoque une vague idée de gags crypto gay quand Fa et Roberto sont pris pour un couple homo dans une boîte de nuit.
Que dire de plus ? Les fringues des acteurs sont atroces à regarder tellement les couleurs sont criardes. Les méthodes pour tuer les épouses sont poussées jusqu’au bout. Roberto installe une grosse télé pour Joey Wong, télé qui doit l’électrocuter quand elle sera dans la piscine. Fa prépare un stratagème sophistiqué pour couper en deux sa femme et il croit aussi avoir tué Anita et a peur de son fantôme. Mais, tout se retourne contre eux, mais même dans ces moments de retournement de gags, rien n’est vraiment drôle.
100 manières de tuer sa femme (100 ways to murder your wife, 殺妻2人組, Hong Kong, 1986) Un film de Kenny Bee avec Kenny Bee, Chow Yun-fat, Anita Mui, Joey Wong, Wong Jing, Erix Yeung, Wu Ma.

dimanche 27 juin 2010

Fist of fury 1991 II


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Au début du grand combat de boxe de Fist of fury 1991, on apercevait dans le public Nat Chan et Josephine Siao qui cherchaient des tickets pour assister au spectacle. On les retrouve en personnages principaux dans Fist of fury 1991 II. Cette suite reprend presque là où l’autre s’était achevé. Sing (Stephen Chow) est désormais en couple avec Mandy (Cheung Man). Smart (Kenny Bee) a une fiancée mais continue de regarder les filles. Très vite, les dialogues évoquent l’homosexualité du premier épisode en affirmant que cette fois, il n’y aura pas d’allusion. Au contraire, il y en aura beaucoup, histoire de virer le personnage de Mandy persuadée que Sing et Smart sont amants.

Du coup, Cheung Man a droit à un autre personnage, celui de Yuen Chuen, la cousine de Ngou Pi (Nat Chan) qui vit au beau milieu de la campagne avec sa tante Ngou Peony (Josephine Siao). Elle se désespère de le voir encore célibataire à son âge et souhaite vivement qu’il se marie avec Yuen Chuen. Jusqu’à ce que Sing se mêle à tout cela et que la belle tombe amoureuse de notre champion du poing. Sing a trouvé refuge dans cette ferme parce qu’il est menacé et qu’il doit rester en convalescence après avoir été gravement attaqué par Cheng Wan-to (Yuen Wah).

Wan-to a une mèche de cheveux sur l’œil droit et pose sa main droite sur cette mèche. Ça lui donne un air méchant et énigmatique, mais c’est également une allusion à l’homosexualité, décidemment l’un des leitmotive des Fist of fury 1991. Wan-to cherche à se venger son frère Wai qui se battait contre Sing dans le premier film. Le méchant avait brisé le poing d’acier de Sing et Peony l’avait défendu, masquée de noir. Et le neveu considère désormais que Sing est son mentor.

Une bonne partie de Fist of fury 1991 II se déroule dans la salle à manger de la ferme où les personnages se coltinent au marivaudage amoureux. Sing est harcelé par Yuen Chuen alors que Ngou Pi est amoureux d’elle. Dans la première partie Kenny Bee ne fait pas partie du récit, mais par chance, il revient plus tard et Nat Chan, par chance encore, s’éloigne. Josephine Siao prend elle aussi une bonne place et va remettre en forme le personnage de Stephen Chow.

Elle a recourt d’abord aux vieilles méthodes. Elle applique des ventouses sur le dos de Sing et une dans la bouche. Quand elle enlève la ventouse buccale, Stephen Chow reprend ses habitudes d’explosion d’éléments organiques. Peony se rappelle alors que feu son mari pratiquait le kung-fu de l’électricité. Elle va initier Sing à cette méthode. Dès lors, tous les personnages auront à un moment donné des cheveux crêpés comme après une décharge électrique. Il y aura aussi quelques jolis effets spéciaux de deriière les fagots avec des flashs et des lumières de toutes les couleurs.

Comme dans la première partie, Fist of fury 1991 II se termine par un match de kung-fu homérique entre Yuen Wah et Stephen Chow qui arbore la combinaison orange de The Game of death. L’affrontement est moins violent et, au contraire, se permet quelques fantaisies lorsque les deux personnages parlent de leurs coiffeurs respectifs. Le film est souvent assez poussif, un peu décousu et épisodiquement jouissif dans la comédie qui part dans tous les sens.

Fist of fury 1991 II (漫畫威龍, Hong Kong, 1991) Un film de Joh Chung-sing et Corey Yuen avec Stephen Chow, Kenny Bee, Cheung Man, Nat Chan, Josephine Siao, Yuen Wah, Vincent Wan, Cutie Mui.

Fist of fury 1991


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Il est d’abord important de préciser que ces deux films de Stephen Chow n’ont rien à voir dans le scénario avec le Fureur de vaincre de Bruce Lee. Les Fist of fury 1991 ne sont pas des remakes même si on y trouve quelques hommages comme le le défi par des Japonais certains de leur supériorité ou la combinaison orange que Bruce Lee portait de toute façon dans un autre film. Stephen Chow et Corey Yuen, les vrais auteurs de ces deux comédies prolongent plutôt les comédies d’action typiques de cette époque. Les deux films sont censés se suivre dans l’histoire, le lien est pourtant ténu. Les acteurs principaux, sauf ceux qui disparaissent à la fin du premier, sont identiques.

Sing (Stephen Chow) arrive de Chine pour retrouver son cousin Keung. Il ne sait pas faire grand-chose mais y croit. Sing a une force : son poing gauche est très puissant. Il va s’en servir, mais en attendant, il se fait voler son sac par Smart (Kenny Bee) alors qu’il regardait le Saint of gamblers et son fidèle coach passer dans la rue, soit Stephen Chow et Ng Man-tat et reprise clin d’œil à leur succès de l’année précédente All for the winner de Jeff Lau, producteur et scénariste des Fist of fury 1991. Sing poursuit Smart, ils arrivent dans une impasse et s’engage une baston entre eux. Mais parce qu’on est dans le détournement, ce gunfight ne sera pas avec des révolvers mais à coups de crachats. Tout de suite, on rentre de plein pied dans l’univers graveleux du comique de Stephen Chow.

Finalement, Sing et Smart vont faire un bout de chemin ensemble. Sing suit Smart chez lui et pour lui faire payer sa dette, il le déshabille et jette tous ses vêtements. Smart est prisonnier chez lui. Sing essaie de chercher des petits boulots pour finalement se rendre compte qu’il ne sait rien faire si ce n’est utiliser son poing d’acier. Ça tombe bien, un combat de boxe va bientôt avoir lieu avec une grosse prime à la clé. Mais il doit s’entrainer. Smart l’emmène chez un type louche (Shing Fui-on, forcément). Mais c’est un mafieux. Lors d’un petit boulot, ils prennent part à une conversation entre triades. Ils sont aidés pour se défendre par Mandy (Cheung Man) qui se trouve être la fille de Maître Fok (Corey Yuen).

Maître Fok va apprendre à Sing à maîtriser son pouvoir et l’entraîner pour le combat de boxe. Et bien entendu, ce qui va arriver arrive, en l’occurrence Sing va tomber amoureux de Mandy. Sauf que Smart n’est pas indifférent à son charme également. Et également Wai (Vincent Wan), l’un des meilleurs élèves de Fok. Or, si Smart abandonne la partie en faveur de Sing, il n’est pas question pour Wai de laisser ce paysan aimer la belle. C’est dans des méandres d’obstacles que Sing, Smart et Mandy vont s’engager. Mandy va croire tous les mensonges qu’elle entend et risquer de perdre l’amour qu’elle porte à Sing qui voudra finalement mourir dans le combat quil l’affronte à Wai.

L’intérêt majeur de cette comédie de Stephen Chow réside dans son duo avec Kenny Bee. Stephen Chow porte des sandales avec des chaussettes blanches pour bien montrer son état de plouc. Kenny Bee arbore un chapeau feutre et sous sa veste en cuir un t-shirt qui remonte au dessus du nombril. Fist of fury 1991 est traversé, dans les rapports entre les deux personnages, par une homosexualité latente. Pas seulement parce qu’ils ne se quittent jamais, mais aussi dans cette idée hawksienne que la femme est le personnage qui divise le couple. Finalement, Smart se sacrifie au bonheur de Sing alors que celui-ci l’a souvent humilié. Smart s’habille en fille ou se laisse dévêtir par Sing.

C’est évidemment un festival pour Stephen Chow comme pour les autres acteurs qui s’en donnent à cœur joie pour le plus grand plaisir de tous. La dernière demi-heure est, en revanche, un déchaînement de violence assez inédit dans son cinéma. Cela lui a valu son classement en Catégorie III. Le combat de boxe est brutal. Stephen Chow se bat contre plusieurs adversaires. Son combat contre Shing Fui-on est drôle, puis celui contre Corey Yuen professionnel, enfin celui contre Vincent Wan qui propose un déluge d’hémoglobine avec une caméra au plus près des corps. Stephen Chow prouve qu’il est aussi un acteur physique et laisse apparaître une immense mélancolie dans ce final.

Fist of fury 1991 (新精武門 1991, Hong Kong, 1991) Un film de Joh Chung-sing avec Stephen Chow, Kenny Bee, Cheung Man, Corey Yuen, Shing Fui-on, Vincent Wan, Jeff Lau, Tai Bo, Dion Lam, Hsu Hsia, Chan Ging, Lee Siu-kei, Nat Chan, Josephine Siao, Ng Man-Tat.

vendredi 14 mai 2010

Just another Pandora's box


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Jeff Lau reprise ses anciens films dans Just another Pandora’s box dont le titre fleure déjà bon l’ironie. Ça rappelle Not another teen movie à l’époque désormais révolue de ces films d’ado américains qui cherchaient pendant l’été à perdre leur virginité. Jeff Lau procède à un travail de sape de la mythologie chinoise, on appelle ça parfois de la parodie ou un spoof movie, comme on dit à Hollywood. Bref, en un mot comme en cent, il faut avoir vu les films précédents de Jeff Lau, Le Roi Singe, Chinese Odyssey 2002 et A Chinese tall story auxquels il est souvent fait référence. Il faut aussi avoir en mémoire Crazy kung-fu et Red Cliff.

Ronald Cheng est le héros du film. Ce n’est pas un acteur que j’aime beaucoup, loin de là. Il ne m’a jamais beaucoup fait rire et a eu peu de chance avec ses comédies, souvent poussives (Himalayah Singh, hélas). L’avantage de Just another Pandora’s box est qu’il a l’un des plus beaux castings de l’année, et il y en a pour tous les goûts. De la jeune starlette à Yuen Qiao qui reprend son rôle de vieille propriétaire râleuse et clopeuse en passant par Yuen Biao et Eric Tsang. Chaque acteur est introduit avec son nom sur l’écran comme dans les vieux Shaw Brothers. Inutile de le préciser, tout le monde cabotine, dit son texte très fort, surjoue ses mimiques. C’est le genre qui veut ça et j’en suis plutôt friant.

Red Cliff est très largement parodié, dans tous les sens. En commençant par le bébé censé être l’héritier et qui est balancé dans les bras de tout le monde puis dont l’urine va servir de bazooka. Ensuite ce sera la fameuse scène des boucliers miroirs qui aveuglent les soldats. Pour éviter de tomber, ils mettent des lunettes. Mais les autres ont trouvé une parade, faire sortir de belles filles pour déstabiliser les soldats, puis des vieilles femmes. Et encore, cette idée de la soldatesse qui recopie sur sa tunique. Quand elle enlève ses vêtements, Jeff Lau filme comme un strip-tease avec les généraux qui sont bouche bée, puis qui regarde avec des jumelles, prennent une photo avec un portable ou filme avec un caméscope.

Just another Pandora’s box fait subir aux films de Stephen Chow le même sort. Yuen Wah et Yuen Qiao reprennent donc encore leurs rôles de Crazy kung-fu. Ce qui montre bien combien l’imagination des scénaristes est faible en ce moment. Combien de temps vont-ils devoir encore reprendre leurs personnages ? Même Bruce Leung refait son personnage de criminel crapaud. Cette fois, il tire au révolver mais se prend les balles. On recommence le combat avec le luth qui se transforme avec une scène rock chantée et dansée. On parle à nouveau de la paume de bouddha qui est cette fois incarnée par la jeune actrice de CJ7. Ces scènes n’ont aucune cohérence avec l’histoire. Tout semble arriver par hasard.

Il est vrai que je n’ai pas encore parlé de l’histoire. Et pour cause, il n’y en a pas vraiment. Ronald Cheng est un voleur qui est pris pour un autre. Betty Sun le fait passer dans la période des Trois Royaumes et doit se battre. Just another Pandora’s box filera surtout une histoire d’amour entre les deux personnages, la seule qui tienne jusqu’à la fin du film. Ils sont comme les amoureux de Titanic qui sera également parodié. Quelques gags sont cependant compréhensibles sans avoir vu tous ces films. Beaucoup d’anachronisme, comme on l’a vu. Les deux plus beaux, les deux plus bêtes : une mitraillette dont les balles sont des bananes, un lancer de bambous par des soldats dont le résultat donne la forme du stade olympique chinois. Just another Pandora’s box est surtout un film où on peut rire très fort.

Just another Pandora’s box (越光寶盒, Hong Kong, 2009) Un film de Jeff Lau avec Ronald Cheng, Betty Sun, Gigi Leung, Lee Lik-chee, Kenny Bee, Tin Kai-man, Wang Xue-bin, Jeff Lau, Johnnie Kong, Li Yi-xiao, Marco Mak, Corey Yuen, Guo De-gang, Guo Tao, Patrick Tam, Teddy Lin, Wong Cho-lam, Eric Tsang, Huang Bo, Crystal Huang, Ken Wong, Edmond Leung, Sandra Ng, Gillian Chung, Alex Fong Lik-sun, Yuen Cheung-yan, Yuen Biao, Fan Siu-Wong, Lam Suet, Stephy Tang, Marco Ngai, Xing Yu, Chiu Chi-ling, Yu Rong-guang, Yuen Qiu, Yuen Wah, Wu Jing, Tats Lau, Bruce Leung Siu-lung, Xu Jiao, Charmaine Fong, Michael Tong, Ada Choi, Athena Chu, Lee Kin-yan, Lam Chi-chung, Tse Kwan-ho.

jeudi 18 mars 2010

Sorties à Hong Kong (mars 2010)

Just another Pandora’s box (越光寶盒)
Un film de Jeff Lau avec Ronald Cheng, Gigi Leung, Betty Sun, Athena Chu, Eric Tsang, Patrick Tam, Huang Bo, Guo Xiaodong, Gillian Chung, Kenny Bee, Chan Kwok-kwan, Ada Choi, Charlene Choi, Deng Chao, Duan Yihong, Fan Bing-bing, Fan Siu-wong, Charmaine Fong, Fong Lik-sun, Guan Xiaotong, Guo Degang, Guo Tao, Hou Yong, Huang Yi, Juan Ching-tien, Ella Koon, Lai Yiu-cheung, Lam Tze-chung, Lam Suet, Jeffrey Lau, Tats Lau, Lee Kin-yan, Lee Lik-chi, Edmond Leung, Bruce Leung, Li Xuejian, Marco Mak, Marco Ngai, Sandra Ng, Stephy Tang, Tin Kai-man, Wang Xuebing, Wong Cho-lam, Ken Wong, Jacky Wu, Xu Jiao, Yuen Biao, Yuen Cheung-yan, Corey Yuen, Yuen Qiu, Yuen Wah , Yu Rongguang, Zhang Yishan, Zhang Ziyi. 90 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 18 mars 2010.









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Womb ghosts (惡胎)
Un film de Dennis Law avec Chrissie Chow, Lam Suet, Koni Lui, Lai Lok-yi, Hailey Chan, Jo Kuk, Lo Dada, A. Lin Pui Yan, Maggie Siu, Sherman Tang. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 18 mars 2010.