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vendredi 15 novembre 2013

Badges of fury


La carrière de Jet Li s’est considérablement ralentie depuis quelques années. Une comédie dramatique sociale (Ocean heaven), une participation aux Expendables de Sylvester Stallone et deux films en costumes de plus ou moins bonne fortune (Le Sorcier et le serpent blanc et Dragon Gate). Pour rester présent auprès des publics, ici à la fois hongkongais et chinois du continent, Jet Li se lance avec Badges of fury dans la comédie policière avec gros effets spéciaux, scènes d’action musclée et longs mouvements scénaristiques romantiques.

Pour approcher le public, cette super-production entoure Jet Li (qui a comme personnage Huang Fei-hong : gros rappels musicaux à Il était une fois en Chine, bien entendu) d’un jeune acteur Wen Zhang (qui partageait l’affiche d’Ocean heaven). Tous deux sont des policiers. Wang Bu-er et Huang ne s’entendent pas, ils ont un contentieux en commun mais doivent travailler ensemble dans une filature. Huang est cuistot et Wang Bu-er danseur écossais. L’opération est supervisée par Angela (Michele Chen), leur supérieure hiérarchique.

La filature tourne rapidement à la catastrophe (le décor est entièrement détruit) parce que les deux hommes ne cessent de s’envoyer des insultes dans leurs micros cachés et que Wang Bu-er pense avoir découvert un suspect dans une autre affaire irrésolue de crimes en séries. Trois hommes sont morts mystérieusement en affichant un très large sourire. C’est autour de cette enquête que les deux policiers, qui se détestent, vont devoir travailler ensemble. La piste les mène vers deux femmes que les victimes connaissaient pour avoir été leurs fiancés.

Liu Jin-shui (Liu Shi-shi) est une actrice célèbre qui rêve du grand amour mais espère que l’homme de sa vie ne s’arrêtera pas à son image de star du cinéma. Sa sœur Dai Yi-yi (Liu Yan) a également été la fiancée de ces trois hommes après leur rupture avec Jin-shui. Il faut dire que ses attraits physiques sont impressionnants, elle apparait constamment dans des tenues sexy avec des bustiers échancrés. Dai Yi-yi est filmée comme une bombe sexuelle à laquelle aucun homme ne peut résister. Wang Bu-er est comme le loup de Tex Avery, langue pendante, devant elle.

Le comique du film renvoie à celui des grosses comédies de Wong Jing (je pense par exemple à Nicky Larson) avec des effets visuels (le corps de Wang Bu-er semble élastique, sa grande et fine taille y est pour beaucoup à côté du corps pataud de Jet Li) et sonores (chaque gag est appuyé par un jingle). Le film s’apparente, surtout dans sa première partie, à un cartoon, comme le faisait Stephen Chow dans sa période faste. Il faut ajouter à cela de nombreuses courtes apparitions de star (Leung Kar-yan, Lam Suet, Lam Tze-chung, le gros de Shaolin soccer), pas mal de blagues triviales et d’humour potache ainsi que de nombreuses références cinématographiques.

On sent l’envie de Jet Li de revenir à un cinéma qu’il a raté dans les années 1990, ce genre de comédie où les moments comiques alternent avec la romance légère et les longues scènes d’action, dirigées ici par Corey Yuen. L’acteur est un peu en retrait, subit les effets spéciaux (une plongée numérique dans les escaliers) et cède souvent la place à Wen Zhang pour les combats au corps à corps (et il se débrouille très bien). Comme le faisait Jackie Chan quand il tournait New police story il y a dix ans de cela, Jet Li adoube cette nouvelle génération d’acteur d’action du cinéma chinois.

Badges of fury (不二神探, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Wang Zhiming avec Jet Li, Wen Zhang, Liu Shi-shi, Michelle Chen, Liu Yan, Wu Jing, Leung Kar-yan, Tong Da-wei, Michael Tse, Stephy Tang, Huang Xiao-ming, Kevin Cheng, Raymond Lam, Alex Fong Lik-sun, Ma Yi-li, Feng Dan-ying.

samedi 9 novembre 2013

Three against the world


Dans cette sympathique comédie d’action qu’est Three against the world, les trois héros tournent autour d’un trésor antique, en l’occurrence un exemplaire incunable du Coran. L’un doit le protéger contre les deux autres qui veulent s’en emparer. Andy Lau est Charlie Chan, prenant le nom du personnage de détective inventé par la 20th Century Fox dans les années 1930, époque où se déroule Three against the world. Charlie Chan a été engagé par Monsieur Ng (Cheng Kwun-min) pour assurer la sécurité du précieux parchemin.

Ses deux adversaires, il les connait depuis des lustres car ils se croisent régulièrement. Le premier est Ma Yun-lung (Norman Chu, belle coupe de cheveux en mulette) et le deuxième est Cho Fei-fan (Teddy Robin), qui se déplace avec une canne. Ils arrivent en fanfare dans la salle d’exposition. Chacun prétend avoir une bonne raison de l’avoir. Fan est embauché par Sung (Wong Chi-keung) qui posséder ce trésor. Ma affirme vouloir rendre justice au père de sa fiancée qui a trouvé ce Coran.

L’enjeu du film est pour Charlie Chan de trouver le moyen de ne pas laisser les deux hommes voler l’objet et pour les deux autres toutes les ruses sont bonnes pour parvenir à leur fin. Ma avec sa fiancée (Che Ling) se déguise en médecin et elle en femme enceinte. Ils font croire à un accouchement devant le trésor, se barricade derrière des paravents à l’abri des regards. Fan fait fabriquer un faux Coran par un faussaire (doublement interprété par Yuen Woo-ping et Wu Ma) pour le substituer au vrai.

La malice de Charlie Chan empêche les voleurs de mener leur mission à bien. Il trouve toujours une combine pour humilier ses adversaires. Il est aidé par Hsiao Ming (Chin Ka-lok), le fils du propriétaire du salon d’exposition. Le jeune Ming s’avère la plupart du temps maladroit dans sa tâche, il se fait repérer dans ses filatures en vélo (il tente de suivre Fan en vélo) et se prend quelques coups de poing dans la figure et son entre-jambe. Son personnage est l’expression du sens burlesque du film. Le comique vient aussi des caméos dont Shing Fui-on, Chiu Chi-ling.

Le scénario de Three against the world part dans tous les sens sans s’occuper de la moindre vraisemblance. Ça n’est à vrai dire pas très grave puisque ce qui est attendu, ce sont surtout les scènes d’action orchestrées par Yuen Wah. Ni Andy Lau, Norman Chu ou Teddy Robin ne sont des artistes martiales, les scènes de combat sont donc parodiques (la vitesse est accélérée) et jouent sur la différence physique entre les acteurs. Teddy Robin, avec sa petite taille, devrait être le premier battu mais c’est lui, par la grâce des trucages, qui domine les autres.

Les trois héros ne sont pas les seuls à se battre et à se menacer avec leur révolver (les leitmotive de John Woo sont allégrement pillés), les personnages féminins donnent aussi du coup de pied. En tête, la fille de Cho Fei-fan (Sandy Lam), qui virevolte dans les airs et bastonne le gentil Hsiao Ming. Il ne faut non plus oublier la romance dévolue au personnage de Rosamund Kwan, incarnation de la femme fatale en belles robes qui séduit Charlie Chan. Un film donc aux trop nombreux ingrédients auquel il manque un liant pour ne pas être autant indigeste.

Three against the world (群龍奪寶, Hong Kong, 1988) Un film de Brandy Yuen avec Andy Lau, Teddy Robin, Norman Chu, Rosamund Kwan, Sandy Lam, Che Ling, Chin Ka-lok, Teddy Yip, Chung Faat, Cheng Kwun-min, Yuen Woo-ping, Wu Ma, Walter Tso, Wong Chi-keung, Shing Fui-on, Chiu Chi-ling, Ka Lee, Corey Yuen.

jeudi 18 juillet 2013

The Top bet


Dans la série « produits dérivés de films de gambling», The Top bet est le spin off direct de All for the winner. Shing, le personnage de Stephen Chow quitte le navire pour « faire jouer dans le monde entier ». Exit l’acteur qui apparait deux minutes (dont dans des scènes du film précédent) mais tous les autres interprètes restent présents. Seuls Corey Yuen et Sandra Ng ne font que de la figuration. L’oncle San (Ng Man-tat) reçoit la visite de sa nièce venue de Chine. Mei (Anita Mui) a les mêmes pouvoirs que son frère, en l’occurrence une aptitude à changer la face des cartes à jouer en les frottant contre ses mains. En vérité, elle est envoyée par le parti pour ramener Shing en Chine.

Mei a acquis tellement de pouvoir en se concentrant qu’elle réussit des prodiges et puisqu’on est dans une comédie burlesque, elle joue pas mal de mauvais tours à sa famille et leurs amis. Ainsi, pendant tout le film, Angelina Lo (l’épouse de l’oncle San) parlera avec une voix d’homme et il lui poussera barbe et moustache. C’est aussi une experte en nunchaku (belle scène de combat chorégraphiée par Corey Yuen). Elle refuse d’aider Fey (Carol Cheng), engagée par San et Chan Chung (Jeff Lau), l’organisateur d’un tournoi de poker où il va falloir, encore une fois, devoir affronter l’affreux Kwong (Paul Chun), toujours cloué sur son fauteuil et parlant avec un appareil vocal.

Personnage fort en gueule, Fey prétend qu’elle est capable de deviner les cartes avant qu’elles ne soient dévoilées. On la découvre dans une sale cabane de pécheurs en train de miser leurs poissons. Sur ses seules affirmations, elle convainc San qu’elle peut gagner le tournoi. Mais elle a aussi un cœur car l’argent gagné permettra de faire opérer son petit frère malade. De l’émotion à peu de frais vite dégagée par la charge comique du personnage. Sa force vient de ses changements d’humeur : tantôt femme sûr d’elle et agressive puis la minute suivante, elle se comporte comme une gamine et cherche à éviter de jouer. Elle est toujours suivie par Tai (Lowell Lo), dans un rôle de larbin stupide mais dévoué à qui il va arriver bien des malheurs, dont une ventouse de toilettes collée sur le crâne.

Parallèlement, Mei change souvent d’humeur mais de manière inversée. En temps normal, elle est comme une petite fille dont elle adopte la démarche immature en sautillant. Sa coupe de cheveux est aussi typiquement enfantine. Elle vend fondre d’amour devant un loubard (Kenny Bee) totalement stupide. Ces deux personnages féminins ont donc beaucoup en commun, et en tout premier lieu les rapports avec leurs frères. Le film va donc en faire des personnages complémentaires quand Mei accepte d’aider Fey à affronter Chan Chung qui lui aussi reçoit une aide « magique » d’un homme retors (Lau Shun). Les gags (certains sont hilarants) sont presque tous autour de l’incompétence des personnages qui enchainent les catastrophes. Comme toujours dans un film de gambling, la longue scène finale voit les méthodes de chacun s’affronter.

The Top bet (賭霸, Hong Kong, 1991) Un film de Corey Yuen et Jeff Lau avec Carol Cheng, Anita Mui, Ng Man-tat, Sandra Ng, Shing Fui-on, Kenny Bee, Yuen Wah, Wu Fung, Lowell Lo, Paul Chun, Lau Shun, Corey Yuen, Jeff Lau, Angelina Lo, Stephen Chow, Fruit Chan.

dimanche 30 juin 2013

Legend of the Dragon


« Ne fais pas de paris, ne te bats pas », telle est la recommandation que reçoit Chow Siu-lung (Stephen Chow) de son père Chow Fei-hung (Yuen Wah) à son départ de la campagne chinoise pour Hong Kong. Ce départ est consécutif du retour d’une vieille connaissance du père, son ancien camarade de kung-fu, l’oncle Yun (Leung Kar-yan), venu se réfugier en Chine dans le but de se protéger d’un parrain qui réclame le remboursement de sa dette. Mais aussi pour emprunter de l’argent à son Chow Fei-hung. Sans bien entendu avouer la raison de cet emprunt, car l’oncle Yun joue les victimes et, par loyauté, Hung ne peut qu’aider son ami.

On aura remarqué que les personnages de Stephen Chow et Yuen Wah portent respectivement les prénoms de Bruce Lee et du héros de la saga Il était une fois en Chine (le film de Tsui Hark n’était pas encore sorti). Legend of the Dragon rend hommage au héros de La Fureur de vaincre (il faut battre les étrangers) et au médecin chinois (on entend la musique du générique) mais aussi à la légende du Roi singe dans la séquence d’ouverture où Lung et Mo (Teresa Mo), sa condisciple doivent exécuter quelques tours d’art martial pour la télé. Lung fait le mariole en ne portant jamais les coups, en se plaçant avec son sourire niais devant la caméra du reporter (son film où il sourit le plus bêtement et tire le plus la langue – ses gags du début de sa carrière). Mo lui assène un coup de paume qui détruit le décor qui sert à la fête du dragon du village.

Hung en a plus qu’assez des facéties de son fils et accepte de bon cœur de la voir partir à Hong Kong. Mo est plus triste car elle est amoureuse de lui. Le personnage de Teresa Mo, le seul féminin du film, est un peu ingrat, cantonné à l’amoureuse un peu fofolle qui brusque le gentil Lung qui n’a rien compris à ses sentiments. Cette histoire d’amour est une pure convention et n’a aucune originalité. Le comique de Mo vient plutôt de cette brutalité dans les coups qu’elle donne alors que Lung incarne la naïveté avec ses cheveux bien lisses et sa raie sur le côté. Une belle tête de crétin. Il part avec son plus beau costume col Mao et son joli t-shirt local et il ne comprend pas que les hongkongais se moquent de lui. C’est un grand inadapté de la vie, couvé depuis toujours par son père dans le village.

Direction Hong Kong et la grande ville où commence la découverte d’un monde que Lung ne connaissait pas. L’oncle Yun l’amène dans une discothèque. La patronne lui demande quelle est son genre de femme il désire. Il répond qu’il veut une femme pour son foyer. Lung a des comportements d’enfant. Ainsi, quelques que soient le lieu ou la situation, il s’endort à minuit tapante et rien ne peut plus le déranger. Le comique est ici celui du décalage entre la corruption de la grande ville et la simplicité de Lung. Mais Yun a décelé chez lui un talent unique : il est un champion au billard. Il va exploiter le jeune homme pour rembourser sa dette. A lui l’argent des primes, Lung ne recevra que des bonbons et des coupes, ce qui le satisfait amplement d’autant qu’il n’est pas au courant des paris, compte tenu de l’interdiction de son père.

Tout roule pour le duo jusqu’au retour du parrain (Jimmy Lung) et de son bras droit (Sing Fui-on dans son rôle habituel de grosse brute) qui va pimenter cette baraka au billard en faisant jouer Lung contre un pro du billard. Puis, on apprend que Yun a hypothéqué le terrain de son ami Hung, ce qui implique son arrivée avec Mo à Hong Kong. Etonnement, le film ne parodie pas God of gamblers ce qui est plutôt une bonne nouvelle. La partie polar avec l’affrontement des triades est développée sur un mode comique, dû, sans aucun doute, à l’apport de Lee Lik-chi crédité de réalisateur exécutif. Le parrain et ses sbires se ramassent quelques grosses mandales par Lung et sa famille (il peut désormais se battre). Stephen Chow est encore dans son personnage trublion de naïf qui se défend sans en avoir conscience. Il est souvent très drôle.

Legend of the Dragon (龍的傳人, Hong Kong, 1990) Un film de Danny Lee et Lee Lik-chi avec Stephen Chow, Leung Kar-yan, Teresa Mo, Yuen Wah, Lee Hoi-sang, Jimmy Lung, Shing Fui-on,  Jimmy White,  Felix Lok, Ricky Yi , Corey Yuen, Amy Yip.

mercredi 2 janvier 2013

L’Homme aux poings de fer


Présenté par Quentin Tarantino, produit et scénarisé par Eli Roth, interprété, scénarisé et réalisé par RZA, L’Homme aux poings de fer débute sur un générique en anglais et chinois et se lance avec la douce et chaude voix de RZA qui narre, en voix off, la situation au Jungle Village où se déroule l’action du film situé dans une Chine plus ou moins intemporelle, comme dans un classique de la Shaw Brothers. Sur ordre de l’empereur (Terence Yin), Silver Lion (Byron Mann) décide avec son petit frère Bronze Lion (Cung Le) de prendre le pouvoir au sein de son clan et tue son père Golden Lion (Chen Kuan-tai). Cet assassinat ce produit grâce au sabre conçu par Thaddeus Smith (RZA), le forgeron du village qui regrette que les armes qu’il fabrique servent à de si noirs desseins. Le village va devenir le centre d’une bataille de pouvoir où les morts sanglantes et violentes vont s’accumuler.

Arrive tout d’abord Zen Yi (Rick Yune), le fils naturel de Golden Lion qui se voit ainsi spolié de son héritage par son frère adoptif. Zen Yi vivait avec sa fiancée Chi Chi (Zhu Zhu) sur des monts éloignés. Spécialiste des dagues et autres lames dissimulées dans son armure, il part immédiatement venger son père. Puis, débarque Jack Knife (Russell Crowe), baroudeur vêtu comme un cow-boy qui se dirige immédiatement après son arrivée au bordel de la ville, le bien nommé Pink Blossom où la tenancière, Madame Blossom (Lucy Liu) l’accueille avec bonheur. Jack Knife est lui aussi un expert en lame. La sienne cache un pistolet et il n’hésite pas à éventrer un gros chinois déclanchant un gros jet de sang devant les prostituées. Enfin le personnage principal, Thaddeus Smith est amoureux de Lady Silk (Jamie Chung), l’une des filles du bordel qu’il espère racheter à sa patronne. Voici pour les trois gentils du film même si ces « gentils » le sont à peine, d’ailleurs vu son comportement, on hésite longtemps à classer Jack Knife dans les gentils.

Et les trois méchants sont donc Silver Lion, cheveux hirsutes et vêtements en peaux de bêtes, comme tous les hommes de son clan. Il veut le pouvoir et rien ne l’empêchera de l’avoir. Il tue, avec un sourire narquois et un rire sardonique, tous ceux qui se mettent sur son passage. La première partie du film est ainsi ponctuée de scènes de combats chorégraphiées par Corey Yuen où les personnages exercent un kung-fu aérien et non réaliste gorgé d’effets spéciaux. Beaucoup de personnages adversaires donc mais aussi beaucoup de confusion dans le scénario. A vrai dire, il est un peu difficile de comprendre pourquoi tant de protagonistes (tels les combattants Gemini, Andrew Lin et Grace Huang) viennent juste faire un coucou avant de mourir dans d’atroces souffrances. Autre méchant, le costaud Brass Body (Dave Baustita) qui a le pouvoir de transformer sa peau en bronze et donc résiste à toutes les lames. Enfin, Poison Dagger (Daniel Wu), adjoint du gouverneur portant des cheveux blonds comme l’eunuque inspiré des films de Dragon Gate.

On sent bien que RZA aime ce cinéma d’arts martiaux et kung-fu et qu’il veut leur rendre hommage. On en retrouve de nombreuses figures imposées et tout d’abord ce décor unique et central de l’action, la maison close très rose où les enjeux se produisent. On y retrouve, dans la deuxième partie, le mythe du sabreur manchot quand Thaddeus Smith se voit priver de l’usage de ses bras par Silver Lion. Alors que Jack Knife le soigne de cette grave et irréversible blessure, un long flashback explique comment ce noir américain a débarqué dans ce village paumé de Chine. On y aperçoit quelques secondes Pam Grier (méconnaissable) et Gordon Liu dans son éternel rôle d’abbé de Shaolin qui va enseigner la sagesse et les arts martiaux à Thaddeus. Puis, la troisième partie se lance dans les règlements de compte : les gentils contre les méchants avec au milieu Madame Blossom et ses filles de joie.

Pourtant L’Homme aux poings de fer ne convainc qu’à moitié, ne trouvant jamais sa vraie voie entre pastiche assumé et véritable film de sabre au premier degré. D’un côté, on y entend du rap et de la musique habituellement dévolue au western. Mais cela était parfois le cas dans les films de kung-fu hongkongais des années 1970. On sent d’un autre côté, la volonté de RZA et Eli Roth d’offrir au spectateur un film d’action comme on en faisant alors où le spectateur en aura pour son argent, où les somptueux décors seront détruits par les combattants, où le sang giclera jusqu’à obturer la caméra. Et c’est vrai qu’on s’amuse souvent, bien que l’humour soit absent ou navrant et que tout soit très sérieux. Mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’à l’époque et même parfois encore maintenant quand Tsui Hark est en forme, ce qui plait c’est de voir de l’artisanat plutôt que des effets spéciaux grandiloquents, des artistes martiaux qui se battent en plein cadre plutôt que des plans de trois secondes avec des travellings partout et des personnages moins nombreux mais plus sympathiques.

L’Homme aux poings de fer (The Man with the iron fists, Etats-Unis – Hong Kong, 2012) Un film de RZA avec RZA, Russell Crowe, Lucy Liu, Byron Mann, Jamie Chung, Rick Yune, Dave Bautista, Cung Le, MC Jin, Gordon Liu, Chen Kuan-tai, Leung Kar-yan, Andrew Lin, Grace Huang, Telly Liu, Xue Jingyao, Pam Grier, Zhu Zhu, Daniel Wu, Andrew Ng, Terence Yin.

dimanche 19 août 2012

Mortuary blues


Dans un village reculé où des rites ancestraux perdurent encore et toujours, le vieux Piao (Pak Man-biu) fait régner sa loi en se débarrassant d’une femme accusée d’adultère et donc qui risque de divulguer leur secret. L’amant lui cherche un trésor dans ce qui en vérité est un tombeau peuplé de vampires. Pendant ce temps, le policier du village, l’irascible Shih (Corey Yuen), en caleçon et débardeur sale, interroge un type censé faire du trafic de drogue. Comme Kau, le personnage de Lam Ching-ying, Shih est assisté de deux crétins incompétents dans une variation dégénérée de Mr. Vampire. Le Sergent Li (David Lo), avec sa bouille de gros bébé et ses lunettes est d’abord un obsédé sexuel qui met ses mains sur les fesses des filles. Chen (Alex To), le policier subalterne est un froussard qui passera tout le film le visage vert après avoir fumé la prétendue drogue.

L’arrivée d’une troupe de théâtre d’opéra chinois va amener un peu d’animation dans le village. Shih les prévient qu’il les surveillera de très près. C’est sans compter sur les facéties de Sandra Ng, Lowell Lo et Sheila Chan, membres de la troupe et qui vont tomber par hasard sur la carte du trésor. Parlons un peu de l’humour au-delà du potache de Mortuary blues avant que les fantômes n’entrent en scène. D’abord l’hystérie totale du personnage de Sandra Ng qui dès qu’elle voit Corey Yuen se met en transe amoureuse avec une absence absolue de sobriété. Elle fait des grands gestes, des grimaces et hurle ses dialogues : la routine du jeu des débuts de l’actrice. Il faut aimer. L’autre motif comique est le caca. Toute la troupe a mangé des aliments qui leur donnent la chiasse. Les hommes se mettent en rang pour déféquer et se poussent l’un l’autre. Sandra Ng et Sheila Chn, sur scène, changent leurs dialogues (elles jouent la légende du papillon) et contractées par leur diarrhée, elles jouent des vierges qui sont enceintes. C’est certes extrêmement poussif, très longuet, mais ça peut s’avérer parfois drôle.

La partie des fantômes commencent avec de l’humour en dessous de la ceinture. Le trio de théâtreux pénètre dans la pagode cachée. Là, ils y trouvent quatre vampires aux visages purulents. C’est pleine lune et les vampires attaquent les vivants. Les talismans de papier sont ici remplacés par les vestes des protagonistes qu’ils placent sur les têtes des zombies pour les arrêter. Lowell Lo met sa main sur une vampire, ce qu’elle semble apprécier. Dans une scène, des rats s’introduisent dans les pantalons des filles qui croient que c’est le sexe du garçon. Ils réveillent un affreux démon (Chan Sek) au visage plein de pustules (un maquillage assez mal fichu). Puis, ils vont aller chercher le trésor où dans chaque pièce une épreuve les attend (des murs se déplacent, un saut au dessus du vide en liane). Très impur, le film de Jeff Lau offre cependant une belle séquence d’opéra chinois à la fin. Toues les personnages ont revêtus des costumes de l’opéra (le film se situe dans l’époque contemporaine) et affronte le démon qui se prend pour l’empereur de Chine. Bien que parodique (un pied géant en référence à Wong Fei-hung écrasera le démon), ces costumes et parures ramènent le film aux origines du genre. Cette séquence finale est la seule vraiment réussie de Mortuary blues, un film qui montre bien que la comédie de fantômes était largement épuisée à cette époque.

Mortuary blues (屍家重地, Hong Kong, 1990) Un film de Jeff Lau avec Corey Yuen, Sandra Ng, Lowell Lo, Sheila Chan, Alex To, David Lo, Charlie Cho, Amy Yip, Chung Faat, Pak Man-biu, Chan Sek.

samedi 11 août 2012

Mr. Vampire et les démons de l’enfer


Comme l’indique très bien le titre français, deux récits cohabitent dans Mr. Vampire et les démons de l’enfer. D’une part, une histoire comique de Mr. Vampire où le taoïste chasseur de fantômes est tenu par Richard Ng dans le personnage de Ming, un exorciste qui cherche à profiter de la peur des gens : métaphore de toutes les compagnies concurrentes de la BoHo (Sammo Hung et Leonard Ho) qui ont surfé sur le succès de la franchise sans atteindre la réussite de Ricky Lau. Ming est aidé de deux fantômes, Ta Pao le père (Lui Fong) et Hsi Pao le fils (Hoh Kin-wai), pour s’introduire chez les riches afin de leur soutirer de l’argent. Le taoïste chasse les fantômes complices sauf quand la demeure est réellement hantée et que le plan établi s’écroule face à toute une famille de fantômes mécontents de voir leur tombeau profané (cette vieille et sempiternelle histoire de construction sur les cimetières).

D’une autre part, Oncle Kau (Lam Ching-ying) reprend du service pour cette fois chasser des démons de l’enfer. En l’occurrence une bande de monstres assoiffés de sang menée par une sorcière (Pauline Wong). Le but des démons est de régner sur terre et la bataille sera rude. Les chorégraphies des combats sont violents et lorgnent vers le gore. Kau tranche la tête des démons mais la magie noire de la sorcière leur permet de continuer à survivre : elle sort de sa bouche des vers, les applique sur la plaie et ses créatures repartent à la bataille. Donc, de gentils fantômes qui cette fois parlent et se déplacent sans sautiller et d’affreux démons qui s’expriment en râles et se déplacent en volant. Il est évident que l’influence des Histoires de fantômes chinois de Ching Siu-tung et Tsui Hark sont pour quelque chose dans ce renouveau de la franchise Mr. Vampire qui retourne au début du 20ème siècle.

Comme d’habitude, Kau est aidé de deux assistants dont Chiang (Billy Lau) qui ne cessera pendant tout le film de bien se faire voir de son patron. Chiang est un personnage exaspérant, vaniteux et gênant. Tout ce qu’il entreprend se solde par un échec dont il accuse les autres d’être responsables. Kau devra bien entendu rétablir la situation. Jusqu’à la prochaine gaffe. Il suffit que Kau lui demande de surveiller deux démons féroces, immobilisés grâce à un pinceau talisman sur le front, pour qu’il fasse la farandole, que les pinceaux tombent et qu’il soit dépassé. Ailleurs, il doit surveiller la destruction de ces démons et de la sorcière. Il préfère déléguer à deux sous-fifres et partir flatter son maître au restaurant. Les deux démons auront tôt fait de prendre possession des corps des deux gardiens débutant ainsi une série de catastrophes. Et surtout, Chiang prend en grippe Ming et ses deux fantômes et ne cessent de les harceler.

Ces deux récits devront forcément se mêler, s’interpénétrer et donner une forme à ce troisième épisode, après la nullité du Retour de Mr. Vampire, plus tenu et assez intéressant. Comme les monde des vivants cohabite avec le monde des défunts, la comédie se transforme assez vite en film d’action. L’idée de donner un rôle comique important à Richard Ng face à Lam Ching-ying toujours aussi sérieux fonctionne tout à fait. Les deux personnages s’entendent, se comprennent bien que l’un chasse les fantômes et que l’autre les emploie pour son travail. Le saut qualitatif entre le deuxième épisode et celui-ci est très important notamment dans la séquence finale qui oppose la sorcière et ses deux affreux démons (dont l’un d’eux devient une sorte de monstre purulent) face aux taoïstes et les deux gentils fantômes où, suivant la leçon de Ching Siu-tung et Tsui Hark, les lois de l’attraction volent en éclats.

Mr. Vampire et les démons de l’enfer (Mr. Vampire III, 靈幻先生, Hong Kong, 1987) Un film de Ricky Lau avec Lam Ching-ying, Richard Ng, Lui Fong, Billy Lau, Pauline Wong, Hoh Kin-wai, Baan Yun-sang, Lee Chi-git, Chu Tau, Teddy Yip, Wu Ma, Sammo Hung, Ka Lee, Corey Yuen, Gam Biu, Chow Gam-kong, Cheung Wing-cheung, Pang Yun-cheung, Siu Hung-mooi, Chun Kwai-bo, Tam Yat-ching, Yip So.

mercredi 29 février 2012

Shaolin



Le général Hou Jie (Andy Lau) veut le pouvoir, tout le pouvoir et ne pas le partager. Il est un homme de guerre et mène ses batailles impitoyablement en tuant ses ennemis. C’est une période trouble pour la Chine, une bataille d’influence en ce début de 20ème siècle. Le seul socle de stabilité semble être le temple de Shaolin, unique décor du film de Benny Chan. Son destin, on le connait, sera d’être brûlé, Shaolin est le récit de ces derniers jours du temple. L’ouverture est filmés avec les mêmes intentions de noirceur que Les Seigneurs de la guerre de Peter Chan, des cadavres gisent au sol dans une atmosphère grisâtre. Contre toutes les conventions, Hou Jie va jusqu’à tuer dans l’enceinte du temple le chef des troupes qu’il combattait, malgré les appels à la raison des moines.

Hou Jie a trois ennemis dans le film. Tout d’abord, son « frère », le général Song (Shi Xiao-hong), à la fois allié (ils souhaitent que leurs enfants respectifs se marient) et adversaires (lequel des deux pourra devenir le chef de la ville qu’ils viennent de prendre aux ennemis). Hou Jie a décidé d’assassiner son compagnon d’armes lors de la cérémonie du mariage. Trahi par son propre ami, Song affirme dans un dernier geste d’agonie qu’il voulait lui céder la ville, prendre sa retraite et quitter la guerre. Mais le complot ne se passe pas comme Hou Jie l’entendait car un autre de ses ennemis cherche à lui piquer sa place. Tandis que cet ennemi l’assaille, la fillette de Hou Jie est blessée et immédiatement emmenée au temple Shaolin pour y être soignée. C’est un mouvement de scénario bien connu pour apporter un peu d’émotion à bon compte, le guerrier sanguinaire qui retrouve un peu d’humanité devant la mort d’un enfant. Gros plans sur les larmes, sur les visages tordus de douleur, musique qui dramatise cette douleur.

La brutalité de Hou Jie et son absence de pitié se retournent contre lui. Il est désormais traqué par le fomenteur du complot qui n’est autre que Tsao Man (Nicholas Tse), son second mais aussi son homme à tout faire que Hou Jie traitait comme un moins que rien. Cabotinant du mieux qu’il puisse, Nicholas Tse campe un méchant comme on n’en voyait plus depuis un bon moment : rire sardonique, détachement dans ses affirmations de devenir le maître du monde suivi d’excessifs accès de violence où il abat ceux qui contestent ses décisions. C’est un méchant au-delà de la caricature qui décide de piller la région de ses trésors nationaux et de tuer les témoins (les ouvriers qui sont allés creuser les tombes des empereurs). Les scènes d’exécutions sommaires sont particulièrement pénibles et racoleuse comme en est la raison scénaristique : tout cela est évidemment la faute des étrangers qui veulent envahir la Chine et corrompe le jeune général. Sur le plan du nationalisme, le film est puant, une habitude de plus en plus courante.

Mais le vrai ennemi de Hou Jie est lui-même. Il souhaite devenir moine à Shaolin. Compte tenu de ses faits d’arme, deux moines ont du mal à accepter ce retournement. Ce sont Jing Neng (Wu Jing) et Jing Kong (Xing Yu) adeptes des arts martiaux qui sont convaincus que le cœur du désormais ex général ne peut pas se purifier. Bien entendu, ils se trompent lourdement. Et c’est avec l’aide du cuisinier du temple (Jackie Chan) qui manie le wok comme d’autres le sabre que Hou Jie va s’humaniser au contact des jeunes enfants moines et apprendre le sens de la vie. Il faut reconnaitre que dans ce déluge de conventions scénaristiques, de personnages caricaturaux à l’extrême et de combats martiaux chorégraphiés par Corey Yuen, le personnage comique de Jackie Chan apporte un peu d’air frais. Mais ça ne suffit à palier la lourdeur de Saholin et son esprit rance.

Shaolin (新少林寺, Chine – Hong Kong, 2011) Un film de Benny Chan avec Jackie Chan, Nicholas Tse, Fan Bing-bing, Andy Lau, Wu Jing, Yu Shaoqun, Xing Yu, Yue Hoi, Hung Yan-yan, Bai Bing, Shi Xiao-hong, Sang Wei-lin.

mercredi 23 mars 2011

Pedicab driver


Dans le Macao des années 1950, quatre amis très unis sont conducteurs de taxi tricycle. Il ne faut pas les confondre avec des coolies qui tirent leurs pousse-pousse avec qui ils se battent régulièrement. Les « pedicab drivers » sont sur des vélos alors que les coolies sont à pied. Tung (Sammo Hung) est un bon vivant, toujours souriant et toujours aimable. Sucre d’Orge (Max Mok) est un jeune homme romantique comme son surnom l’indique. Boule de Riz (Mang Hoi) est marié et père de trois petites filles. Et enfin, San (Lowell Lo) soute sur toutes les filles qu’il trouve. Quatre amis aux vies et caractères différents.

Les célibataires cherchent à trouver des femmes. Tung est épris de la jeune Siu (Fennie Yuen) qui travaille à la boulangerie de son oncle Fong (Suen Yuet). Seulement voilà, le tonton la trouve aussi très à son goût et abuse de sa position dominante pour que Tung ne tente pas de la séduire. Siu, elle, ne s’intéresse pas au boulanger et aime la gentillesse de Tung, même s’il est un peu rustre et qu’il veut toujours en faire trop. Tung ne sait pas séduire une femme mais saura la protéger dans l’adversité, notamment quand, par accident, il arrive dans le casino tenu par Liu Chia-liang et casse une table de jeu. Cela donne une séquence où Sammo Hung se bat contre Liu, sorte d’hommage au maître du kung-fu authentique.

Sucre d’Orge va rencontrer une jeune femme, Bing (Nina Li Chi) qui heurte son tricycle par accident. Il va tomber amoureux d’elle et lui offre le voyage. C’est autour du personnage de Bing que va tourner le récit. Son petit ami travaille pour les triades et il doit une somme à Maitre 5 (John Sham) mais il ne peut pas payer. Les sbires le tuent et décident de mettre Bing dans un bordel jusqu’au remboursement de la dette. Son issue de secours est Sucre d’Orge qu’elle revoit et qui commence à lui plaire. Il ne sait rien du fâcheux destin de Bing mais San révèle cette histoire après être allé dans cette maison close.

Avec Pedicab driver, Sammo Hung se lance dans la comédie romantique. Mais comédie d’action avec un finale particulièrement sanglant et brutal. Les personnages féminins sont a priori mieux traités que dans ses films précédents, mais elles restent des faibles femmes. L’excuse de l’époque (les années 1950) est un peu faible. Ce qui marque le plus est le rôle de John Sham qui avait habitué à ses personnages de gentil lunaire avec ses grosses lunettes rondes et ses cheveux en bataille. Il est parfait en méchant sadique et vicieux. Quant au film, globalement, il ne fait pas partie des réussites de Sammo Hung. Dans un genre similaire, Jackie Chan réalisait à l’époque des films largement supérieurs.

Pedicab driver (群龍戲鳳, Hong Kong, 1989) Un film de Sammo Hung avec Sammo Hung, Nina Li Chi, Suen Yuet, Max Mok, Fennie Yuen, Lowell Lo, Mang Hoi, John Sham, Liu Chia-liang, Maria Cordero, Corey Yuen, Billy Lau, Manfred Wong, Alfred Cheung, Lam Ching-ying, Peter Chan, Dick Wei, Michelle Yip, Billy Chow, Eric Tsang, Hsiao Ho.

mardi 22 mars 2011

First mission


Des policiers tirent sur des terroristes habillés en jaune, parmi eux Dah (Jackie Chan) qui réussit à tous les éliminer. Il s’agissait d’un entrainement dont le chef n’est pas satisfait. Dah est flic mais ne rêve que d’une chose : devenir marin et partir naviguer sur les flots. Il vient d’ailleurs de recevoir son ordre d’engagement. Seulement voilà, Jenny (Emily Chu), serveuse dans un restaurant, ne se réjouit pas de son départ prochain. Les collègues de Dah et Yan (Mang Hoi) en tête sont persuadés qu’il va la perdre d’autant que les clients la draguent souvent.

Ce qui inquiète encore plus Dah et ses amis est son grand frère Dodo (Sammo Hung), adulte qui se comporte comme un enfant. Il est retardé et est incapable de prendre soin de lui-même seul. Il traine toute la journée avec les gamins du quartier qui en profite parfois. L’un d’eux le fait passer pour son père auprès du directeur de l’école mais Dodo répète la phrase qu’il a apprise par cœur et joue avec une figurine de Superman devant lui. Ou encore quand les gamins l’amènent au glacier et qu’ils n’ont pas assez d’argent pour payer. Dah lui paye des cours pour qu’il apprenne des choses mais son prof particulier ne lui enseigne rien.

Sammo Hung joue à la perfection les crétins abyssaux et n’hésite jamais à se ridiculiser lui-même. Habillé avec une salopette et coiffé d’une coupe au bol, il se comporte comme un enfant de six ans et offre un visage adéquat. Mes autres en profitent tel Wu Ma dans un personnage de commerçant qui l’humilie en public en lui faisant faire le chien quand Dodo vient demander un petit boulot. L’essentiel du comique de First mission tient dans ce rôle d’imbécile heureux qui n’en a d’bord pas conscience mais qui tente, par la suite, de s’améliorer.

C’est donc à Jackie Chan qu’est dévolue la partie action du film puisque Sammo Hung ne se bat pas. La première partie s’occupe des rapports de Dodo à la société et la deuxième va se contenter de l’action pure avec malfrats, poursuite en voitures et bastons. Dodo qui jouait avec les gamins fait échouer une livraison de bijoux. La machine un peu de mal à fonctionner et ne donne rien de neuf ni d’éclatant. First mission reprend l’habituel discours sur les erreurs judiciaires dans la police qui accuse Dodo de complicité de vol (ah ! l’injustice). C’est un peu la routine mais c’est Jackie Chan qui est le héros et il doit avoir le beau rôle du justicier. Sammo Hung fera bien mieux avec Yuen Biao dans Shanghai express et Eastern condors l’année suivante.

First mission (Heart of the Dragon, 龍的心, Hong Kong, 1985) Un film de Sammo Hung avec Jackie Chan, Sammo Hung, Melvin Wong, Chung Faat, Dick Wei, Mang Hoi, Phillip Ko, Tai Bo, James Tin, Peter Chan, Yuen Wah, Chin Kar-lok, Dennis Chan, Emily Chu, Wu Ma, Corey Yuen.

mardi 11 janvier 2011

Une flic de choc


Londres, devant la Cour Suprême, un juge est abattu sous les yeux de l’avocat Ha Ling-cheng (Yuen Biao). Au centre de cet assassinat en pleine rue et aux yeux de tous, un procès qui doit se tenir à Hong Kong et où l’accusé principal cherche à éliminer tous ceux qui pourraient entraver sa libération. De retour à Hong Kong alors que le procès doit se tenir, les principaux témoins à charge sont abattus. La cour est bien obligé d’établir un non lieu au grand dam de Ha qui ne l’entend pas de cette oreille.

Ha va chercher des preuves de la culpabilité du principal accusé et pour cela il va enfreindre la loi. Il se rend sans mandat, par effraction, dans les domiciles des suspects. La nouvelle inspectrice en charge de l’enquête, Cindy Si (Cynthia Rothrock) n’est pas d’accord avec ses méthodes, d’autant que Ha est expert en kung-fu et qu’il se défend pas seulement avec le Code civil, mais aussi à grands coups de pieds dans le cul de ses adversaires. Cindy compte bien arrêter l’avocat qui a du mal à la convaincre de la justesse de sa mission.

Tout le monde est sur le dos de Ha et l’enjeu majeur d’Une flic de choc est de parvenir à convaincre Cindy qu’il a raison. Un jeune homme pourrait témoigner en faveur de l’avocat. Seulement voilà, Sammy (Fan Siu-wong) est un jeune délinquant que défend la femme de Ha et personne ne veut le croire. L’ado s’était introduit chez l’homme accusé et a été témoin de la corruption de Wong Jing-wai (Melvin Wong), le chef de la police. Ce dernier va aller étrangler le grand-père de Sammy pour obtenir son silence absolu.

Le terrain du film est connu : la police corrompu, un innocent que l’on accuse de tout et qui va devoir prouver qu’il est droit et juste. Une flic de choc est un film routinier destiné à mettre en valeur Cynthia Rothrock et Yuen Biao, ce dernier essayant de faire carrière hors du cercle écrasant de Jackie Chan et Sammo Hung. Yuen Biao n’a jamais vraiment eu de chance en solo dans le choix de ses scénarios et il ne possède jamais le charisme de ses deux acolytes. On peut retenir dans Une flic de choc, un séquence où Ha, dans un parking, doit affronter des voitures qui veulent l’écrabouiller. Le combat final contre Melvin Wong est correct mais banal.

Le film étonne pourtant par sa noirceur. La plupart des personnages vont mourir tout au long du film, chose peu fréquente dans une industrie (surtout dans les années 1980) avide de poursuivre une franchise jusqu’à plus soif. Pour compenser la triste fin des personnages, Corey Yuen offre un duo de flics comiques. Lui-même interprète un policier bordelique et immature que son père de flic, incarné par Wu Ma, ne cesse de rabrouer. Cet humour puéril, bienvenu bien qu’habituel, permet de palier l’ennui du film.

Une flic de choc (Righting wrongs, 執法先鋒, Hong Kong, 1986) Un film de Corey Yuen avec Yuen Biao, Cynthia Rothrock, Melvin Wong, Corey Yuen, Fan Siu-wong, Wu Ma, Lau Siu-ming, Sandy Chan, Tai Bo, James Tin, Peter Cunningham, Roy Chiao, Paul Chang.

lundi 4 octobre 2010

Les Aventuriers de Shanghai



Le cas Teddy Robin m’a toujours intéressé. Non pas tant à cause de sa petite taille qui n’est, somme toute, que l’équivalent de l’embonpoint de Sammo Hung. Le cinéma cantonais est friant de gueules pas possible, de corps uniques et de voix stridentes. Teddy Robin est tout petit, un peu bossu et une voix nasillarde très vite insupportable tout en jouant un séducteur. Plutôt que cet aspect physique, c’est son éclectisme, acteur, chanteur, compositeur et quelques films en tant que réalisateur dont Les Aventuriers de Shanghai au casting très Golden Harvest.
Shanghai, années 1930. Un jeune paysan surnommé Petit-Tigre (Yuen Biao) tout juste débarqué de sa campagne vient voir son grand frère Grand-Tigre (George Lam), colonel à l’armée britannique en stationnement dans sa concession. Dans les dix premières minutes qui rappellent le début de Big brother, Petit-Tigre rencontre tous les personnages clés du film. Sammo Hung est Chin, le parrain local, qui collabore avec les Anglais. Il est vu comme un traitre bien que, paradoxalement, il soit le seul à être habillé en habit traditionnel. Tous les autres personnages sont en costumes occidentaux.
Lors, d’un bal masqué organisé par Chin, Grand-Tigre retrouve son ancienne maîtresse Mary Sung (Anita Mui), revenue des Etats-Unis pour mener la révolution contre l’occupation. Elle doit récupérer des dollars pour la cause, argent qui vient d’être dérobé par les sbires de Chin, par ailleurs parrain de Mary. Mary est en concurrence avec Ting Ting (Tien Niu) qui vient de se séparer d’avec Grand-Tigre, fille d’apparence futile mais qui se révélera être du bon côté et bien futée. Mary doit retrouver les résistants et va s’adjoindre l’aide d’une troupe de théâtre menée, entre autres par Pao (Sandy Lam) qui va tomber amoureuse de Petit-Tigre.
Il y a les traitres, tous les Anglais avec à leur tête Pottinger (Louis Roth), incarnation du mal, du fourbe et de l’homme cruel. C’est beaucoup trop caricatural pour qu’on y prête vraiment attention, mais le genre veut cela. En dehors du personnage de Sammo Hung qui campe sur ses positions et qui ne cherche qu’à faire de l’argent, tous les Chinois se mobilisent pour virer les Anglais qui sont très maladroits. Les soldats ne sont jamais foutu d’en abattre un seul mais ils tombent comme des mouches.
Film en costumes, Les Aventuriers de Shanghai a l’ambition évidente de marcher sur les plates bandes de Jackie Chan qui avait triomphé avec Big brother. Les amis étaient plus ou moins fâchés après avoir travaillé si longtemps ensemble. Mais Yuen Biao n’est pas Jackie Chan et son combat avec Sammo Hung, chorégraphié par Corey Yuen, reste anecdotique. C’est Anita Mui qui est magistrale et qui règne sur le film entre son petit sourire en coin et son jeu de jambes (filmées au ralenti) quand elle file sa castagne aux méchants.
Les Aventuriers de Shanghai (Shanghai, Shanghai, 亂世兒女, Hong Kong, 1990) Un film de Teddy Robin avec Yuen Biao, George Lam, Anita Mui, Sammo Hung, Tien Niu, Sandy Lam, Louis Roth, Lawrence Cheng, Mang Hoi, Sam Wong, Lo Lieh,

dimanche 19 septembre 2010

Agent spécial (My father is a hero)


La femme et le fils de Kung Wai (Jet Li) ignorent tout de sa vie. Clope au bec, dans un quartier populaire de Pékin, Wai attend un homme qui va faire une livraison de faux papiers. L’affaire ne se passe pas comme prévu et Wai enferme le chef de la bande dans un sac en toile, grimpe sur son vélo et fonce jusqu’au stade pour aller regarder son fils Kung Ku (Xia Miao) à un concours d’arts martiaux. Le fils attend la venue de son père qui met du temps à arriver et qui manque presque la finale où son fils joue. D’autant, que les autres méchants le poursuivent et il doit se battre dans les coulisses.

Le petit Ku vénère son père même s’il se doute que ses activités ont quelque chose de spécial et de pas franchement légales. Il aime passer du temps avec lui et la raison pour laquelle il voulait absolument gagner ce concours d’arts martiaux est que le gagnant a droit à une photo de famille. Ce qui est exceptionnel compte tenu de la pauvreté de la famille. La mère est malade et tout l’argent passe dans les médicaments. Ku va aussi, avec un de ses amis, lui ramasser des fourmis pour en faire des décoctions. Mais, un jour Wai est arrêté par la police et ses camarades de classe commencent à le harceler et à se moquer de ce « fils de criminel ».

Wai est arrêté mais on découvre qu’il est flic et que ses missions est d’infiltrer le milieu. Et justement, son supérieur lui annonce qu’il va partir à Hong Kong pour surveiller un réseau de contrebande d’antiquités. Pour cela, il va s’évader de prison avec un vrai petit gangster, Darkie (Blacky Ko). Wai ne veut pas, sa femme va de plus en plus mal. Il doute que son jeune fils puisse s’occuper seul de sa mère. Mais un ordre est un ordre. Darkie va prendre en sympathie Wai quand il comprend qu’il abandonne sa famille et le faire rencontrer Po (Yu Rongguang).

Po va embarquer Darkie et Wai dans un cambriolage de bijouterie qui ne se passera pas comme prévu. La police intervient, Wai tient un homme en otage et c’est l’inspectrice Fong (Anita Mui) qui prend la place de l’otage. Une course poursuite s’engage et Fong se trouve en mauvaise posture. Or, Wai la sauve et Fong commence à s’interroger sur ce voleur qui ne veut pas abattre un flic. Elle enquête sur lui, se rend en Chine et rencontre Kun Ku et sa mère dont la maladie s’est aggravée. Elle décède et Fong, prise de sympathie, emmène l’enfant avec elle à Hong Kong.

Fong ne va pas tarder à découvrir la vérité. Elle va s’attacher à la fois au petit et à son père. L’enfant va découvrir que son père est effectivement un héros. Mais le méchant Po va comprendre également qu’il est un flic infiltré et prend en otage Ku. Dans une scène tendue par l’émotion, le père va parvenir à simuler la mort de son fils avec comme objectif de ne pas griller sa position d’agent infiltré. Puis, Darkie va comprendre que Po est beaucoup trop violent et brutal et va aider Wai à sauver Ku.

Pour apprécier My father is a hero, il ne faut s’embarrasser des excès de scénario qui sont nombreux. Po parvient toujours à trouver ses ennemis comme s’il avait un sixième sens. Comme souvent dans les films d’action de Hong Kong, le méchant est borderline, ignoble et n’a aucun sens de la mesure, d’autant que Yu Rongguang porte un costume de super bad guy, gants blancs, lunettes de soleil et rire sardonique. Jet Li cherchait avec ce film à faire progresser son personnage de flic au cœur pur. L’émotion doit gagner le spectateur avec les scènes familiales déchirantes. Le mélodrame est convenu mais fonctionne grâce à Anita Mui dans son rôle de flic d’abord intransigeante puis amoureuse de son ennemi, et grâce au duo Jet Li – Xia Miao que l’on sent complice bien qu’invraisemblable, notamment dans la séquence ou Jet Li doit désamorcer les bombes aidé par le fils.

Agent spécial (My father is a hero, 給爸爸的信, Hong Kong, 1995) Un film de Corey Yuen avec Jet Li, Anita Mui, Xia Miao, Blacky Ko, Yu Rongguang, Damian Lau, Ngai Sing, Bonnie Fu, Ken Lo, Yu Naam-naam, Corey Yuen, Henry Fong.

lundi 30 août 2010

The Defender


Les cheveux en brosse, un joli costume, le dos bien droit, Jet Li prend sa carrière en main dans The Defender dont il est l’initiateur et le producteur. Après une longue période Tsui Hark et Wong Fei-hung, l’acteur s’émancipe et retrouve Corey Yuen pour un film contemporain. Hui Ching-yeung est un soldat d’élite qui quitte sa Chine natale pour venir protéger, à Hong Kong, l’épouse d’un industriel qui peut se permettre de payer ce genre de service.


Michelle Yeung (Christy Cheung), la femme en question, a été témoin d’attentats et doit recevoir une protection serrée. Les autres témoins ont été assassinés et la police est sur ses gardes. Le mari de Michelle reste à Pékin pour ses affaires. Ching arrive dans son uniforme de soldat et impose immédiatement ses règles extrêmement strictes qui ne vont pas plaire à Michelle. Elle va tout faire pour tenter de ses libérer de ce qu’elle considère comme une prison.


Ching installe des caméras de surveillance dans toute la maison et bien entendu dans la chambre, juste au dessus du lit. Elle va chercher une casserole pour casser la caméra. Chaque soir, le rituel est inchangeable et Ching vient contrôler si une bombe n’est pas cachée sous le lit. Michelle est d’abord en colère et appelle son mari pour se plaindre de la dureté du garde du corps. Elle en voudrait un autre. La mission ne doit durer qu’une semaine jusqu’au procès, mais le suspect principal se déclare malade et Ching doit rester encore quelques semaines.


Puis, l’habitude arrive. Ching et Michelle vivent ensemble toute la journée, et le mari de cette dernière n’envisage toujours pas de venir. Petit à petit, ils s’apprivoisent, ils se jaugent, ils commencent enfin à s’apprécier et à se découvrir. Michelle n’est pas qu’une enfant gâtée par son mari et Ching n’est pas l’homme rustre qu’elle croyait. Il prend soin d’elle et ils commencent à tomber amoureux l’un de l’autre. Ainsi, quand le mari vient fêter l’anniversaire, il comprend que sa femme est passée à un autre homme.


The Defender n’est pas une romance. L’histoire d’amour est de toute façon cousue de fil blanc. C’est avant tout un film d’action où deux scènes se démarquent. La première se situe dans une galerie marchande où Michelle se rend. Les gangsters veulent la flinguer. Ils sont nombreux et ont plein de flingues, ça tire de partout et le but du jeu pour Ching et Michelle est d’esquiver toutes ces balles. La deuxième a lieu dans la vaste maison de Michelle. Le frère d’un des gangsters a été tué dans cette fusillade et il cherche à se venger. Corey Yuen introduit dans cette bataille finale un élément qui en change les données. Ching ouvre le gaz et personne ne peut tirer une balle sans faire tout exploser puis plonge les pièces dans le noir.


L’autre élément marquant du film est le personnage de Kent Cheng, un flic grassouillet qui passe son temps à jouer au turf. Il parie aussi pour son collègue mais ce que ce dernier apprendra est qu’il n’a jamais misé un dollar de l’autre policier sur un pari et qu’il gardait tout pour lui, pour payer ses dettes. Kent Cheng avec sa bonne bouille (aujourd’hui ce genre de personnage est joué par Lam Suet) incarne le flic râleur mais sympathique, le père de famille débordé et l’ami loyal. Dans The Defender, Kent Cheng apporte également de l’humour tant ses méthodes divergent d’avec celles de Jet Li. C’est somme toute la recette des bonnes comédies d’action romantiques, tel que Jackie Chan les a développées, qui est reprise ici par Corey Yuen et Jet Li, avec une réussite non négligeable.


The Defender (The Bodyguard from Beijing, 中南海保鑣, Hong Kong, 1994) Un film de Corey Yuen avec Jet Li, Christy Chung, Kent Cheng, Ngai Sing, Joey Leung, Ng Wai-kwok, William Chu.

dimanche 27 juin 2010

Fist of fury 1991 II


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Au début du grand combat de boxe de Fist of fury 1991, on apercevait dans le public Nat Chan et Josephine Siao qui cherchaient des tickets pour assister au spectacle. On les retrouve en personnages principaux dans Fist of fury 1991 II. Cette suite reprend presque là où l’autre s’était achevé. Sing (Stephen Chow) est désormais en couple avec Mandy (Cheung Man). Smart (Kenny Bee) a une fiancée mais continue de regarder les filles. Très vite, les dialogues évoquent l’homosexualité du premier épisode en affirmant que cette fois, il n’y aura pas d’allusion. Au contraire, il y en aura beaucoup, histoire de virer le personnage de Mandy persuadée que Sing et Smart sont amants.

Du coup, Cheung Man a droit à un autre personnage, celui de Yuen Chuen, la cousine de Ngou Pi (Nat Chan) qui vit au beau milieu de la campagne avec sa tante Ngou Peony (Josephine Siao). Elle se désespère de le voir encore célibataire à son âge et souhaite vivement qu’il se marie avec Yuen Chuen. Jusqu’à ce que Sing se mêle à tout cela et que la belle tombe amoureuse de notre champion du poing. Sing a trouvé refuge dans cette ferme parce qu’il est menacé et qu’il doit rester en convalescence après avoir été gravement attaqué par Cheng Wan-to (Yuen Wah).

Wan-to a une mèche de cheveux sur l’œil droit et pose sa main droite sur cette mèche. Ça lui donne un air méchant et énigmatique, mais c’est également une allusion à l’homosexualité, décidemment l’un des leitmotive des Fist of fury 1991. Wan-to cherche à se venger son frère Wai qui se battait contre Sing dans le premier film. Le méchant avait brisé le poing d’acier de Sing et Peony l’avait défendu, masquée de noir. Et le neveu considère désormais que Sing est son mentor.

Une bonne partie de Fist of fury 1991 II se déroule dans la salle à manger de la ferme où les personnages se coltinent au marivaudage amoureux. Sing est harcelé par Yuen Chuen alors que Ngou Pi est amoureux d’elle. Dans la première partie Kenny Bee ne fait pas partie du récit, mais par chance, il revient plus tard et Nat Chan, par chance encore, s’éloigne. Josephine Siao prend elle aussi une bonne place et va remettre en forme le personnage de Stephen Chow.

Elle a recourt d’abord aux vieilles méthodes. Elle applique des ventouses sur le dos de Sing et une dans la bouche. Quand elle enlève la ventouse buccale, Stephen Chow reprend ses habitudes d’explosion d’éléments organiques. Peony se rappelle alors que feu son mari pratiquait le kung-fu de l’électricité. Elle va initier Sing à cette méthode. Dès lors, tous les personnages auront à un moment donné des cheveux crêpés comme après une décharge électrique. Il y aura aussi quelques jolis effets spéciaux de deriière les fagots avec des flashs et des lumières de toutes les couleurs.

Comme dans la première partie, Fist of fury 1991 II se termine par un match de kung-fu homérique entre Yuen Wah et Stephen Chow qui arbore la combinaison orange de The Game of death. L’affrontement est moins violent et, au contraire, se permet quelques fantaisies lorsque les deux personnages parlent de leurs coiffeurs respectifs. Le film est souvent assez poussif, un peu décousu et épisodiquement jouissif dans la comédie qui part dans tous les sens.

Fist of fury 1991 II (漫畫威龍, Hong Kong, 1991) Un film de Joh Chung-sing et Corey Yuen avec Stephen Chow, Kenny Bee, Cheung Man, Nat Chan, Josephine Siao, Yuen Wah, Vincent Wan, Cutie Mui.

Fist of fury 1991


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Il est d’abord important de préciser que ces deux films de Stephen Chow n’ont rien à voir dans le scénario avec le Fureur de vaincre de Bruce Lee. Les Fist of fury 1991 ne sont pas des remakes même si on y trouve quelques hommages comme le le défi par des Japonais certains de leur supériorité ou la combinaison orange que Bruce Lee portait de toute façon dans un autre film. Stephen Chow et Corey Yuen, les vrais auteurs de ces deux comédies prolongent plutôt les comédies d’action typiques de cette époque. Les deux films sont censés se suivre dans l’histoire, le lien est pourtant ténu. Les acteurs principaux, sauf ceux qui disparaissent à la fin du premier, sont identiques.

Sing (Stephen Chow) arrive de Chine pour retrouver son cousin Keung. Il ne sait pas faire grand-chose mais y croit. Sing a une force : son poing gauche est très puissant. Il va s’en servir, mais en attendant, il se fait voler son sac par Smart (Kenny Bee) alors qu’il regardait le Saint of gamblers et son fidèle coach passer dans la rue, soit Stephen Chow et Ng Man-tat et reprise clin d’œil à leur succès de l’année précédente All for the winner de Jeff Lau, producteur et scénariste des Fist of fury 1991. Sing poursuit Smart, ils arrivent dans une impasse et s’engage une baston entre eux. Mais parce qu’on est dans le détournement, ce gunfight ne sera pas avec des révolvers mais à coups de crachats. Tout de suite, on rentre de plein pied dans l’univers graveleux du comique de Stephen Chow.

Finalement, Sing et Smart vont faire un bout de chemin ensemble. Sing suit Smart chez lui et pour lui faire payer sa dette, il le déshabille et jette tous ses vêtements. Smart est prisonnier chez lui. Sing essaie de chercher des petits boulots pour finalement se rendre compte qu’il ne sait rien faire si ce n’est utiliser son poing d’acier. Ça tombe bien, un combat de boxe va bientôt avoir lieu avec une grosse prime à la clé. Mais il doit s’entrainer. Smart l’emmène chez un type louche (Shing Fui-on, forcément). Mais c’est un mafieux. Lors d’un petit boulot, ils prennent part à une conversation entre triades. Ils sont aidés pour se défendre par Mandy (Cheung Man) qui se trouve être la fille de Maître Fok (Corey Yuen).

Maître Fok va apprendre à Sing à maîtriser son pouvoir et l’entraîner pour le combat de boxe. Et bien entendu, ce qui va arriver arrive, en l’occurrence Sing va tomber amoureux de Mandy. Sauf que Smart n’est pas indifférent à son charme également. Et également Wai (Vincent Wan), l’un des meilleurs élèves de Fok. Or, si Smart abandonne la partie en faveur de Sing, il n’est pas question pour Wai de laisser ce paysan aimer la belle. C’est dans des méandres d’obstacles que Sing, Smart et Mandy vont s’engager. Mandy va croire tous les mensonges qu’elle entend et risquer de perdre l’amour qu’elle porte à Sing qui voudra finalement mourir dans le combat quil l’affronte à Wai.

L’intérêt majeur de cette comédie de Stephen Chow réside dans son duo avec Kenny Bee. Stephen Chow porte des sandales avec des chaussettes blanches pour bien montrer son état de plouc. Kenny Bee arbore un chapeau feutre et sous sa veste en cuir un t-shirt qui remonte au dessus du nombril. Fist of fury 1991 est traversé, dans les rapports entre les deux personnages, par une homosexualité latente. Pas seulement parce qu’ils ne se quittent jamais, mais aussi dans cette idée hawksienne que la femme est le personnage qui divise le couple. Finalement, Smart se sacrifie au bonheur de Sing alors que celui-ci l’a souvent humilié. Smart s’habille en fille ou se laisse dévêtir par Sing.

C’est évidemment un festival pour Stephen Chow comme pour les autres acteurs qui s’en donnent à cœur joie pour le plus grand plaisir de tous. La dernière demi-heure est, en revanche, un déchaînement de violence assez inédit dans son cinéma. Cela lui a valu son classement en Catégorie III. Le combat de boxe est brutal. Stephen Chow se bat contre plusieurs adversaires. Son combat contre Shing Fui-on est drôle, puis celui contre Corey Yuen professionnel, enfin celui contre Vincent Wan qui propose un déluge d’hémoglobine avec une caméra au plus près des corps. Stephen Chow prouve qu’il est aussi un acteur physique et laisse apparaître une immense mélancolie dans ce final.

Fist of fury 1991 (新精武門 1991, Hong Kong, 1991) Un film de Joh Chung-sing avec Stephen Chow, Kenny Bee, Cheung Man, Corey Yuen, Shing Fui-on, Vincent Wan, Jeff Lau, Tai Bo, Dion Lam, Hsu Hsia, Chan Ging, Lee Siu-kei, Nat Chan, Josephine Siao, Ng Man-Tat.