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jeudi 8 mai 2014

Sorties à Hong Kong (mai 2014) Aberdeen


Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Dada Chan, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Shawn Yue, Carrie Ng, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Lee Man-kwai. 97 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 mai 2014.

mardi 8 octobre 2013

My lucky star


La malchance s’acharne sur Yip Ku-hung (Miriam Yeung) du soir au matin. Quand son réveil n’oublie pas de sonner, elle confond le dentifrice avec une crème pour la peau, quand elle n’arrive pas en retard au boulot, elle se fait voler ses affaires dans un taxi, quand elle ne se fait pas voler ses clients par sa collègue pimbêche, son patron la drague lourdement en la menaçant de la virer. Depuis toute petite, on la malmène, on profite de sa gentillesse, on ne veut pas être ami avec elle. On la surnomme la « Reine de la malchance ».

Pour contrer cette malchance, Hung est armée. Chaque matin, elle consulte son horoscope, touche des porte-bonheurs, fait des incantations. Rien ne marche vraiment et c’est pour cela qu’elle a décide de consulter le maître du feng-shui, Lai Lui-po (Tony Leung Chiu-wai). Ses livres, que Hung a tous lus, se vendent par milliers, il conseille de riches clientes qui parfois le draguent (Josie Ho qui tente sa chance mais Lai ne saisit pas la perche) et donne des cours de chance. Il est l’homme de la situation.

Problème pour Hung, sa malchance est un héritage. Dans une vie antérieure, que My lucky star montre longuement en ouverture dans une scène en costume, les ancêtres de Hung et Lai s’étaient rencontrés dessinaient les destins de leurs descendants. Trois générations plus tard, ils se retrouvent mais Lai a eu comme conseil de son grand-père de ne jamais faire affaire avec un Yip sous peine de malheur. Hung a beau changer son nom de famille, Lai se rend assez vite compte de sa nature et l’oblige à ne plus revenir le voir.

Elle s’incruste dans sa vie, l’oblige à lui donner des sorts pour l’aider. Le film développe, avec ironie et respect, toute une panoplie des croyances et superstitions issues de la culture populaire à Hong Kong. Voir les signes de la nature (les fleurs des pêchers, les poissons dans l’eau) comme comprendre l’œuvre de l’homme (les bâtiments de Hong Kong en forme d’animaux, les joueurs de mahjong en face d’un Bouddha géant) peut permettre de renverser le destin de Hung, mais toujours en faisant une offrande.

Comme il se doit, My lucky star va se diriger vers une romance entre Hung et Lai. Il éternue chaque fois qu’il la rencontre, signe tangible de sa malchance, elle commence à perdre le sourire. « J’étais malchanceuse mais heureuse, depuis que je vous ai rencontré, je ne suis plus heureuse », dit-elle. La vie amoureuse de Lai n’est pas plus envieuse. Tout à sa tâche, il n’a jamais eu le temps de tomber amoureux ni même de regarder une femme. Hung va le secourir car les opposés s’attirent. Le récit est certes cousu de fil blanc, on devine vite la fin heureuse.

Ce qui amuse le plus dans My lucky star, ce sont les seconds rôles. Vincent Kok est le patron polygame et inconscient de Hung. Les beaux-parents avares et acariâtres sont incarnés par Chapman To qui se rêve en vedette de hip hop cantonais et Teresa Carpio vêtue comme une poupée. Ils ont de leur côté Crab Duen (Ronald Cheng), ennemi de Lai, qui déchaine les fureurs du destin sur Hung. Dans de courtes apparitions de flics venus départager Lai et Duen, on croise Shawn Yue, Alex Fong Lik-sun, Cheung Tat-ming. Une joyeuse comédie du nouvel an lunaire.

My lucky star (行運超人, Hong Kong, 2003) Un film de Vincent Kok avec Tony Leung Chiu-wai, Miriam Yeung, Ronald Cheng, Chapman To, Teresa Carpio, Vincent Kok, Anya, Ken Wong, Ken Cheung, Alex Fong Chung-sun, Sammy Leung, Kitty Yuen, Shawn Yue, Cheung Tat-ming, Rain Li, Lee Lam-yan, Alex Fong Lik-sun, Josie Ho, Steven Fung.

vendredi 13 septembre 2013

Anna in Kungfu-land


Pour lancer une boisson énergisante appelée Mighty Force (la force suprême), un jeune et dynamique publicitaire propose d’organiser un championnat d’arts martiaux à son client, Monsieur Hung (Lee Lik-chi, qui en fait des tonnes en homme d’affaires arrogant). Grand amateur de bédés de kung-fu, Ken (Ekin Cheng) doit d’abord convaincre le grand maître de Shaolin, aimablement interprété par Law Kar-wing affublé de lunettes sur sa toge orange, de patronner l’événement à la seule condition que l’un de ses anciens élèves participe à la compétition.

L’ancien élève est Shek (Yasuaki Kurata) et vit au Japon. Trente ans auparavant, il avait été chassé de Shaolin pour avoir eu une aventure avec une des disciples. Ken n’est pas accueilli à bras ouverts parce qu’il est pris pour un yakuza venu défier Shek. Ken se ramasse un coup de poing de la part d’Anna (Miriam Yeung), l’énergique fille de Shek aux mèches de cheveux rouges. Quand elle ne pratique pas le kung-fu, elle exerce la profession de policier. C’est en mettant un PV qu’elle échange un fougueux baiser avec Ken.

Direction Hong Kong pour la compétition. Anna est, depuis ce baiser, amoureuse de Ken. Ce qu’il n’a pas dit, c’est qu’il a déjà une fiancée, Zoe (Denise Ho), elle aussi dans la police. Et que son beau-père (Hui Siu-hung) est son patron. Pour couronner le tout, Ken partage un appartement avec son frère Sam (Wong Yau-nam), un impénitent dragueur. Le récit se lance dans une série de quiproquos dans l’appartement où Ken doit cacher à Anna qu’il sort avec Zoe et inversement. Il met Sam dans la confidence qui doit, devant Zoe, jouer le petit ami d’Anna et inversement.

La partie romantique d’Anna in kungfu-land se lance sur l’idée du mensonge. Ken manque chaque fois de se faire prendre notamment quand les deux filles deviennent amies. Elles préparent un repas pour les deux garçons, repas calamiteux où les plats sont brûlés, et chacune veut servir Ken. Dans la chambre à coucher, tout se complique puisque Zoe donne des conseils à Anna pour sa première fois. Ces quiproquos sont amusants, bien qu’un peu répétitifs, et une fois révélé le mensonge, la déception et la frustration s’emparent d’Anna.

L’une des raisons pour laquelle Anna aime Ken est qu’il lui a promis monts et merveilles. Il a réussi à la convaincre de participer à la compétition en vantant les récompenses : gagner plusieurs millions de dollars, débuter une carrière à Hollywood et devenir l’égérie de la boisson énergisante. Ces fantasmes de gloire sont illustrés avec de courtes saynètes sur un ton de bédé, images pop et flashy. La réalité est toute autre, Anna doit se contenter de faire la mascotte ridicule et se prendre des coups. Son combat est double : conquérir Ken et le titre de meilleure artiste martiale.

Les scènes de combat sont filmées comme des dessins animés, à grand renfort d’effets spéciaux clinquants et sur un mode comique. Les différents combattants sont caricaturés à l’extrême. Shaolin envoie trois enfants obèses. Tats Lau, comme à son habitude, joue l’idiot à l’air constamment hébété qui adopte la position de la grue. Un Américain (Charles Ingram) qui clame que le kung-fu chinois c’est ringard. C’est l’atmosphère potache de cette compétition qui fait sourire où les concurrents sont habillés grotesquement, sont vaniteux et semblent incompétents. A la fin, les amoureux seront réunis et Shaolin l’emporte sur le combattant américain. On l’avait deviné assez vite.

Anna in Kungfu-land (安娜與武林, Hong Kong, 2003) Un film de Raymond Yip avec Miriam Yeung, Ekin Cheng, Wong Yau-nam, Denise Ho, Cheung Tat-ming, Lee Lik-chi, Tats Lau, Lau Kar-wing, Hui Siu-hung, Charles Ingram, Yasuaki Kurata, Chloe Chiu, Shi Xiao-hu, Poon Lung-kwan, Lee Kwan-lung, Lo Meng, Maggie Lau, Mandy Chiang, Cha Chuen-yee, Michael Clements, Johnnie Guy.

samedi 22 décembre 2012

Vulgaria


En tant que producteur de cinéma, To Wai-cheung (Chapman To) a été invité à discuter de son métier devant des étudiants de cinéma. C’est leur professeur, M. Cheng (Lawrence Cheng) qui se charge de diriger cette conférence. Petites lunettes rondes, tenue terne, assis sagement sur son fauteuil To n’est pas un producteur flamboyant et ne paie pas de mine. Dès qu’il ouvre la bouche, son personnage de gentil garçon choque toute l’assemblée et Cheng en premier lieu. To Wai-cheung cause de la possibilité de montrer des poils pubiens dans les films. Tout spectateur hongkongais sait que c’est interdit mais le pré-générique avait avertit que les spectateurs sensibles qu’il leur restait 10 secondes pour fuir devant Vulgaria.

Après You shoot I shoot et AV, c’est la troisième incartade de Pang Ho-cheung dans le milieu du cinéma avec le récit d’un tournage, en l’occurrence le film que To tente de produire dans une industrie en crise. To n’est pas un producteur qui a réussi. Au contraire, il est toujours à la recherche de financement pour ses films. Il vante ainsi le placement de produits auprès des étudiants et commence le récit de son film. Cela a beau être son point de vue, To Wai-cheung ne se donne pas forcément le beau rôle, dans un exercice quasi masochiste de dénigrement. Le scénario qu’il présente aux dirigeants médusés d’une compagnie d’assurance pour avoir leur aide financière est tout simplement d’une bêtise rare, incohérent et médiocre mais évidemment hilarant, à la fois dans les mimiques de Chapman To qui porte le film et dans ses dialogues.

C’est tout le processus d’un film que Vulgaria raconte. De sa conception même à sa promotion, c’est autant pour To un parcours du combattant. Il faut trouver de l’argent. Avec son ami Liu Wing-shing (Simon Loui) l’amène en Chine pour rencontrer Frère Tyrannosaure (Ronald Cheng) et son comparse (Lam Suet), deux crétins finis totalement dégénérés qui mange des plats aux noms poétiques mais dont les ingrédients sont des rats, tortues ou chats. Forcé de manger ses victuailles avec dégoût, To Wai-cheung n’est pas au bout de ses surprises quand on lui propose de coucher avec la « petite amie » de Tyrannosaure, en l’occurrence une mule coiffée d’un superbe ruban rouge. Les étudiants n’en croient pas leurs oreilles, Pang Ho-cheung s’amuse beaucoup à mettre en scène ce qui d’habitude est interdit où on sent à chaque réplique plus tordue et scabreuse l’un que l’autre le plaisir des quatre comédiens.

Puis, le producteur devra trouver des interprètes pour son film qui devra être le remake de Confession of a courtisan, un film érotique des années 1970. Il va rencontrer la star du film à refaire, Shaw Yum-yum, dans son propre rôle. Bien entendu, en 40 ans, son corps a changé, elle a les cheveux gris, mais c’est surtout son visage, carré et massif qui étonne le plus. Elle accepte de tourner, son corps sera remplacé par celui d’une jeune actrice avec un fond vert. Ensuite, convaincre l’acteur Hayama Hiro (lui aussi dans son propre rôle) de faire un autre porno, bien que, comme le dit une journaliste lors d’une conférence de presse, son image soit très négative en ce moment. Hiro ne veut pas entendre parler de porno mais a cruellement besoin d’argent, finalement le sujet profond de Vulgaria.

Et To Wai-cheung continue le récit fort peu héroïque de sa production. Le film devra s’appeler Confession of two courtisans, ce qui est très logique. Il parvient à convaincre Blackie Tak (Matt Chow) de réaliser le film. Pang Ho-cheung souligne la crise du cinéma à Hong Kong avec ce personnage que l’on découvre dans un tout autre métier dans une des scènes les plus drôles. Il a ouvert chez lui une salle de gambling d’un genre nouveau, où Tak prévient les clients qu’ils doivent partir avant d’éveiller les soupçons de leur moitié, où les mamans peuvent faire garder les enfants pendant qu’elles jouent au mahjong. Quand la police manque de les prendre en flag’, Blackie Tak affirme qu’il était en train de tourner un film : il avait installé une caméra. Le tournage peut maintenant commencer non sans s’être assuré le soutien du rédacteur en chef de Playboy HK (Vincent Kok). Si cette histoire de tournage est aussi plaisante et aussi drôle, c’est que miraculeusement, Pang Ho-cheung parvient à la rendre très caricaturale avec ses personnages hauts en couleurs tout en montrant que tout ceci n’est sans doute pas très loin de la vérité.

Comme souvent dans son cinéma, le protagoniste est un grand solitaire bien que très entouré. To Wai-cheung est un producteur raté et son mariage est aussi un échec. Son épouse (Crystal Tin) refuse de lui laisser sa fille tant qu’il n’a pas payé la pension. Son assistante Quin Lau (Fiona Sit) un peu écervelée et ne pratiquant pas très bien le cantonais le poursuit en justice persuadée qu’il l’a harcelée sexuellement. Elle sera défendue par une avocate féroce (Miriam Yeung). To trouvera du réconfort auprès de Tsui Ka-yan (Dada Chn), surnommée dans le milieu « popping candy » - le bonbon qui pétille – pour son habileté à faire pétiller les bonbons dans sa bouche. Ce motif amoureux n’est pas aussi réussi que la confession sur le tournage bien que tout aussi pitoyable. On sent que Pang Ho-cheung un peu obligé de passer par ce récit amoureux moins inspiré que les morceaux d’immense vulgarité salutaire en cette période de bon goût aseptisé.

Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai.

samedi 8 septembre 2012

Le Sorcier et le serpent blanc


Ce sont deux sœurs serpents, nées sous le signe du démon. Serpent blanc (Eva Hung) jette son dévolu sur Xu Xian, un jeune cueilleur d’herbes (Raymond Lam) qui traverse leur territoire. Cet homme tombe à l’eau et elle va le secourir de la noyade et l’embrasse sous l’eau. Elle échange de cette manière un peu de son essence vitale, liant leur destin à jamais. Sa sœur, Serpent vert (Charlene Choi) lui avait fait peur en prenant la forme totale d’un serpent géant. Sinon, la plupart du temps, on les découvre mutante avec la queue qui se balance de branches en branches, rampant pour se déplacer, avec le buste dénudé en écailles, mais qui n’en montre pas trop. Vilain et franchement ridicule. Les deux sœurs sont de caractère opposé, Serpent vert étant taquin, espiègle et ne faisant pas confiance aux humains. Serpent blanc est une indécrottable romantique.

On le sait, les histoires d’amour entre humain et démon sont vouées à l’échec. D’autant plus qu’un abbé taoïste rode dans le coin. Le Sorcier et le serpent blanc démarrait sur le personnage de l’abbé Fahai (Jet Li) et de son fidèle assistant Nengren, un jeune moine (Wen Zhang) encore inexpérimenté qui chassait une femme démon des neiges. Dès l’ouverture, le ton est donné : beaucoup d’effets spéciaux grandiloquents. Intransigeant, l’abbé cherche à éliminer les deux serpents qui rodent en ville pour la fête des lanternes. Xu Xian ne reconnait pas Serpent blanc. Avec la complicité de Serpent vert, elle va réitérer la scène initiale pour qu’il tombe amoureux d’elle. Et le stratagème fonctionne. Xu Xian et Serpent blanc s’aiment désormais d’amour et d’herbes fraiches, puisqu’en tant que cueilleur, il est très pauvre.

Seulement voilà, lors de cette fête, un vampire se pavanait en gondole et le moinillon en voulant le chasser a été contaminé. Serpent vert était parvenu à retenir Nengren, dans l’une des rares scènes comiques réussies du film, où elle testait sa maladresse en cherchant à la séduire. Le film, une fois Nengren transformé en démon (oreilles en pointes, dents de vampires et griffes à la place des doigts) va tout simplement évacuer ce personnage et celui de Serpent vert pour ne se concentrer que sur Xu Xian et Serpent blanc. Les deux récits sont trop semblables pour apporter des contradictions scénaristiques, à moins que ce ne soit que de la paresse. Or ce vampire a contaminé beaucoup d’innocents que Xu Xian s’évertue à soigner. Ainsi, l’abbé Fahai retrouve la piste des deux amoureux et les pourchasse.

Xu Xian ignore tout de la nature de Serpent blanc, jusqu’à ce que Fahai l’oblige à montrer sa forme d’origine. Blessée, elle doit être soignée et une souris (oui, il ya des animaux qui parlent parce que ça doit être mignon et que les enfants doivent sans doute adorer ça, il y a aussi un lapin et une tortue qui causent) conseille à Xu Xian d’aller chercher une herbe magique dans la pagode où l’abbé avait fait prisonnier la plupart des démons qu’il a pu chasser. Evidemment, la plupart des démons sont libérés et l’apocalypse pointe le bout de son nez. C’est le début d’une longue bataille entre Serpent blanc et l’abbé. Et franchement, on avait connu Ching Siu-tung en meilleur forme, mais depuis dix ans, depuis l'épouvantable Hero de Zhang Yimou (dont il signait les chorégraphies) et l'atroce Naked weapon, Ching Siu-tung n'est plus que l'ombre de lui-même. Pour tout dire, Le Sorcier et le serpent blanc est très éloigné de Green snake de Tsui Hark, pourtant pas un chef d’œuvre mais qui avait un charme indéniable.

Le film est avant tout une romance entre deux personnages que tout oppose. Jamais ils n’auraient du s’aimer. Le lyrisme se transforme en mièvrerie : les deux scènes de baiser sous l’eau sont jolies mais vite leur amour passe en mode soap opera avec regard langoureux tellement appuyé qu’on dirait des veaux. Quant aus effets spéciaux qui occupent bien 80% des plans, ils jouent dans la surenchère. Fahai est attaqué par une femme démon qui a l’apparence d’un renard blanc : dix renards attaqueront, puis dix femmes sexy qui sortiront d’un bambou (là aussi un certain public avide de jolies filles est visé). Les deux sœurs se battent à l’épée contre l’abbé, une nuée de sabres seront lancés à son encontre. Plus tard, c’est un ras de marée qui envahit la pagode, et finalement, tout explosera. Aucun charme ne se dégage de ces scènes en numérique. C’était déjà ce qui plombait Legend of Zu, Wu Ji et dans une moindre mesure Green snake. Tant que les producteurs penseront que les décors numériques remplacent les émotions des acteurs, ces films seront irregardables et sans saveur.

Le Sorcier et le serpent blanc (The Sorcerer and the White Snake, 白蛇傳, Chine – Hong Kong, 2011) Un film de Ching Siu-tung avec Jet Li, Eva Huang, Raymond Lam, Charlene Choi, Vivian Hsu, Law Kar-ying, Kwok Sin-nae, Wen Zhang, Song Wenjia et les voix de Jiang Wu, Miriam Yeung, Chapman To, Lam Suet.

samedi 1 septembre 2012

Love in the buff


Cela fait maintenant 159 jours que Cherie (Miriam Yeung) et Jimmy (Shawn Yue) ont arrêté de fumer et qu’ils sortent ensemble. Comme dans Love in a puff qui a raconté leur rencontre et leurs premiers pas amoureux, le décompte est inscrit sur l’écran. Plus de clopes mais de la glace et de la pastèque pour une soirée intime où elle lui raconte l’histoire étrange d’une amie dont chacun des petits amis seraient morts violement : le premier décède dans une laverie, le deuxième en étendant le linge et le troisième dans un salon de massage. Histoire de dire que même quand on a une vie calme et rangée comme celle que mène Cherie et Jimmy, le drame peut arriver à chaque instant. Il faut donc profiter de chaque moment de câlin.

Les câlins, c’est bien sympa, mais faut travailler. Cherie travaille toujours à Sephora et Jimmy est toujours dans la pub. Son boulot lui prend tellement de temps qu’il en oublie d’aller à l’anniversaire de sa belle-mère (Siu Yam-yam) auquel est présent également son jeune beau-frère (Derek Tsang) qui juge sévèrement que sa sœur sorte avec un homme si jeune et qui oublie si facilement les obligations familiales. Cherie reproche surtout à son mec de ne même pas avoir envoyé un sms. Et quand il lui annonce que son chef lui propose un bon boulot en Chine, elle ne peut répondre que par un « oh » qui en dit plus long que n’importe quelle discussion de couple. Les disputes se suivent et se ressemblent. Conséquence directe : la séparation. L’idée de Cherie est de communiquer par tous les moyens : portable, mail, sms, quitte à passer pour un goujat en soirée.

Nouveau pays, nouvelle vie. Jimmy tombe sur une hôtesse de l’air joliment prénommée You-you (Yang Mi) qui lui demandera son numéro de téléphone. Elle avait feint d’être agressée sexuellement pour mieux l’aborder. Après pas mal d’échanges de sms, ils commenceront à sortir ensemble. Souvent en voyage, elle deviendra accro à ses messages et comprendra qu’il y a un problème dans leur couple quand le nombre de messages diminuera. Quant à Cherie, elle obtient aussi un poste en Chine, dans la même ville. Célibataire, une de ses collègues va l’amener dans un étrange marché aux célibataires. Plein de mamans vante sur une promenade au bord d’une rivière les atouts de leurs fistons. Elle va finalement rencontrer Sam (Xu Zheng), un cadre supérieur tout ce qu’il ya de gentil et prévenant. Elle le rencontre par hasard, aux toilettes, un jour où elle fait tomber son portable dans la cuvette. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes, chacun de leur côté jusqu’à ce que chacun des deux retrouve dans le déménagement de leurs affaires un souvenir commun fort : leur dernier mégot. Faut-il le jeter, faut-il le garder ? Ce minuscule déchet représente une bonne partie de leur vie.

Leur nouvelle vie commencée, tout Love in the buff va se porter sur leur passé. Ce ne sera plus la clope qui va les rapprocher mais le portable, exactement ce qui les avait séparé. Jimmy, un jour d’ennui, envoie un sms à Cherie pour lui demander si ça va, puis un autre jour pour lui proposer de dîner, et finalement ils vont coucher ensemble. Leur rencontre est ponctuée de discussions franches où ils peuvent enfin se poser les questions qu’ils n’avaient jamais osé se poser.  Jimmy veut savoir si elle est vraiment sortie avec Ekin Cheng qui fait une courte apparition dans le film. Jimmy va s’incruster sur un tournage de pub où Ekin Cheng est là pour savoir la vérité dans une séquence parmi les plus réussies. Plus tard, Cherie rencontrera Linda Wong (l’ex d’Ekin Cheng) dans le film, retirée du business mais dont la chanson la plus célèbre rappelle à Cherie sa vie avec passée avec Jimmy.

Pang Ho-cheung tourne pour la première fois en Chine continentale et son scénario a donc été conçu pour échapper aux fourches caudines locales. Love in the buff est moins mordant que Love in a puff, les blagues sont plus sages et le romantisme plus appuyé. Avec sa musique jazz, Pang se place pour être le Woody Allen chinois avec ses bons mots et ses disputes entre les personnages. Beaucoup d’acteurs chinois présents pour attirer le public local se mettent au diapason de son style. La palme revient à Hung Xiao-ming, nouveau beau gosse du cinéma chinois, dans le rôle d’un gentil garçon censé être le blind date de Cherie. Sa mère l’avait vanté au marché des célibataires comme étant le sosie de l’acteur Hung Xiao-ming. Son personnage prétend ne pas savoir qui est cet acteur. Finalement, Love in the buff est un film sur la dissimulation des sentiments, éternel sujet du cinéma.

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang, Siu yam-yam, Linda Wong, Ekin Cheng, Crystal Tin.

jeudi 9 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) 
Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai. 92 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 9 août 2012.


jeudi 29 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong, 2011)
Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang. 103 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 29 mars 2012.

jeudi 29 septembre 2011

Sorties à Hong Kong (septembre 2011)


The Sorcerer and the White Snake (白蛇傳, Chine – Hong Kong, 2011)
Un film de Ching Siu-tung avec Jet Li, Eva Huang, Raymond Lam, Charlene Choi, Vivian Hsu, Jiang Wu, Miriam Yeung, Chapman To, Lam Suet, Law Kar-ying, Kwok Sin-nae, Wen Zhang, Song Wenjia. 102 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 29 septembre 2011.



jeudi 25 août 2011

Sorties à Hong Kong (août 2011)

Summer love love (戀夏戀夏戀戀下, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Willson Chin avec Alex Fong Lik-sun, Owodog, Terence Siufay, Elanne Kong, Carol Yeung, Zhang Xinyu, Liu Yuqi, Benz Hui, Miriam Yeung, Eric Tsang, Ekin Cheng, Sam Lee, Andy Hui, Dicky Cheung, Timmy Hung, Cheung Tat-ming, Tin Kai-man. 96 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 25 août 2011.


jeudi 21 octobre 2010

Sorties à Hong Kong (octobre 2010)


Perfect wedding (抱抱俏佳人)
Un film de Barbara Wong avec Miriam Yeung, Raymond Lam, Chrissie Chau, Pierre Ngo, Eric Kot, Teresa Mo, Chu Suen, Bernice Liu, Kate Tsui, Richard Ng, Mak Ling-ling, Weng Jia-ni, Kathy Yuen, Tats Lau. 99 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 21 octobre 2010.


lundi 19 juillet 2010

Love in a puff



Comme en France, la loi à Hong Kong interdit depuis 2007 de fumer dans les lieux publics. Un carton en début de film nous avertit de cela. Cela n’empêche pas quelques habitants de se réunir lors d’une pause pour fumer une cigarette, dehors, à côté d’une poubelle. Chacun raconte une anecdote, en l’occurrence une histoire horrifique qui doit paraître réaliste. Ils se retrouvent là, serveur, livreur de pizza, groom d’hôtel, femme de ménage, cadre, en oubliant leur niveau social. C’est là que Jimmy (Shawn Yue) et Cherie (Miriam Yeung) vont se rencontrer pour la première fois et qu’une histoire d’amour va naître entre eux. Love in a puff pourrait se traduire par l’amour dans une bouffée de cigarette.

Fumer une clope est le prétexte pour se retrouver, pour faire une pause. Cherie travaille à Sephora, elle est vendeuse. Elle a les cheveux teints en violet et va passer son temps à envoyer des SMS à Jimmy. Elle est en avance sur lui, elle sait des choses à son sujet. Il ignore qu’un des fumeurs a raconté une anecdote au sujet de la petite amie de Jimmy qui est arrivée au restaurant avec un cheveu blond coincé sur son bracelet. Tous les convives ont compris qu’elle s’envoyait avec son patron, un Français blond. Ainsi, quand Jimmy lui parle de sa vie privée, Cherie dit qu’elle sait. Cela crée un trouble chez lui et elle s’en sort par une pirouette.

La caméra de Pang Ho-cheung est au plus près des acteurs. Rarement, on aura vu une alchimie fonctionner si bien dans une comédie romantique. Il ne s’agit pas seulement de filmer caméra à l’épaule mais plutôt de cadrer les regards des personnages tandis qu’ils se cherchent. On sent que Cherie est attirée par Jimmy immédiatement, lui qui semble si timide avec son petit pull et ses lunettes carrées. Elle apparait plus délurée, avec ses mèches violettes et dès le premier jour, ils échangent leur numéro. Ça commence par demander s’il veut aller fumer une cigarette, puis aller prendre un verre à l’anniversaire d’une amie où Cherie se déguise en Madonna période Gaultier.

Seulement voilà, Cherie n’est pas célibataire. Elle vit depuis plusieurs années avec son copain. Une vie calme dans un quartier huppé de Hong Kong. Elle semble prête à tout quitter pour faire un bout de vie avec Jimmy, qui a du mal à sortir de sa torpeur et de sa jeunesse de flirts. Etonnement, il ne semble pas se plaindre de sa rupture mais traine des pieds face à Cherie dont le mec vient de lire un SMS de Jimmy. Elle va le quitter et, avec ses maigres valises, rejoindre Jimmy. Elle va lui promettre d’arrêter de fumer parce qu’elle a de l’asthme. Bien entendu, comme dans toute comédie romantique, le futur couple devra passer par l’épreuve d’une déception qui menace leur avenir commun.

Le récit de Love in a puff est ramassé sur quelques jours annoncé par une inscription sur l’écran. Cela dure une semaine tout au plus et seuls les moments marquant sont filmés. Mais ces moments sont filmés avec beaucoup de douceur dans un style humoristique qui joue sur des dialogues triviaux qui valurent, sans doute, comme la valorisation de la cigarette présente constamment dans chaque plan, dans chaque dialogue, dans chaque pensée, un classement Catégorie III. Le récit est entrecoupé d’entretien avec les personnages filmés en vidéo avec le micro qui apparait où ils racontent un moment de leur vie. Le tout donne un film enjoué qui développe tous les clichés pour mieux les retourner. Pang Ho-cheung est vraiment l’un des meilleurs cinéastes actuels de Hong Kong.

Love in a puff (志明與春嬌, Hong Kong, 2010) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Cheung Tat-ming, Matt Chow, Chui Tien You, Charmaine Fong, Vincent Kok, Jo Kuk, Sharon Luk, Miao Fei-lin, Roy Szeto.

jeudi 25 mars 2010

Sorties à Hong Kong (mars 2010)

Love in a puff (志明與春嬌)
Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Cheung Tat-ming, Matt Chow, Chui Tien You, Charmaine Fong, Vincent Kok, Jo Kuk, Sharon Luk, Miao Fei-lin, Roy Szeto. 95 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 25 mars 2010.








jeudi 19 février 2009

Dry wood fierce fire


Je ne me lasse pas de m'étonner de la variété des registres des films réalisés par Wilson Yip. Dry wood fierce fire a presque un titre de wu xia pian mais c'est une comédie romantique d'une grande légéreté comme il s'en fait beaucoup et auxquelles Johnnie To et Wai Ka-fai ont beaucoup donné avec Needing you ou Turn right turn left. Ça n'est évidemment pas le meilleur film de Wilson Yip ni le meilleur rôle de Louis Koo, mais il faut parfois aussi satisfaire ses producteurs et le public populaire pour faire des films plus ambitieux.

Alice (Miriam Yeung, qui ressemble à s'y méprendre à Sammi Cheng dans ce film) travaille dans un journal féminin (Ladies) où toutes ses collègues sont des femmes. Le film commence par nous montrer l'enfance d'Alice. Sa mère au visage ingrat ne jure que par la beauté et espère que sa fille sera belle et ne s'intéresse pas à son intelligence; Son père, marchand d'herbes médicinales, lui enseigne le kung-fu et l'usage des plantes. Mais Alice binoclarde est le souffre douleur de ses camarades de classe. Elle va apprendre à sourire et à vivre seule. Dans son travail, plutôt que d'écrire des articles, elle préfère soigner ses collègues. Encore et toujours sa gentillesse et son besoin d'être aimée.

Michelle (Flora Chan), la patronne d'Alice veut rapprocher la rédaction du magazine de celle de « Gents » dirigée par Joe (Joe Lee) et où travaille Chapman To, Matt Chow et Louis Koo. Ce dernier joue Ryan Li et il a quelques petits soucis puisqu'il s'évanouit souvent. Wilson Yip filme d'abord Louis Koo comme dans une pub, avec des ralentis pour bien montrer le beau gosse qu'il est puis filme sa chute grotesque. Les deux rédactions devront travailler ensemble, même si Chow et To vont jouer aux pimbèches. Arrive alors à grands traits l'enjeu narratif du film : Alice va tomber amoureuse de Ryan qui va tomber amoureux de Michelle. On sait très bien comment tout cela va se terminer. Seul compte la manière d'y arriver.

J'aime bien la manière qu'a Louis Koo de vouloir casser son image de gentil gendre à sa mémère. Il n'hésite pas dans Dry wood fierce fire à se montrer complètement en dehors du coup, incapable de choisir et de se tromper totalement dans ses sentiments. Mais cette romance romantique entre le trio n'est pas suffisamment neuve pour réellement intéresser. Ce sont les personnages secondaires qui sont plus amusants et notamment la courte apparition de Cheung Tat-meung en clodo qui vient s'assoir sur le canapé que Ryan vient de s'acheter. C'est Alice qui l'a aidé dans son choix malgré un vendeur récalcitrant (et très drôle). Or le canapé est si moche que le clodo est persuadé qu'ils sont en train de l'emmener à la décharge. Car Alice a beau travailler dans un magazine de mode féminine, elle n'a aucun goût. Le film est un gentil hommage aux gens inadaptés où l'on sourit en leur compagnie.

Dry wood fierce fire (干柴烈火, Hong Kong, 2002) Un film de Wilson Yip avec Louis Koo, Miriam Yeung, Flora Chan, Cheung Tat-ming, Wyman Wong, Yuen King-tan, Joe Lee Yiu-ming, Lo Meng, Matt Chow, Chapman To, Wong Yat-fei, Lee Fung, Monica Lo, Soi Cheang.

mardi 12 février 2008

Hooked on you


Hooked on you est le nouveau film de Law Wing-cheong. L’homme est connu à Hong Kong pour avoir été le monteur de la plupart des films de la Milkyway. C’est un protégé de Johnnie To qui avait déjà produit son premier film 2 become 1, comédie dramatique sur une femme atteinte d’un cancer du sein. Le film avait fait parler de lui à cause de son affiche qui montrait une poitrine. Miriam Yeung interprétait cette femme. Elle est Miu dans Hooked on you.

En 2007, Johnnie To a produit aussi Filatures / Eye in the sky, sorti à Hong Kong deux semaines avant ce film qui ne ressemble en rien puisqu’il est une comédie romantique où les deux personnages principaux ne vont pas réussir à se dire qu’ils s’aiment pendant les 90 minutes que durent Hooked on you. L’histoire se déroule sur dix ans, depuis la rétrocession jusqu’à maintenant. Comme Mr. Cinema de Samson Chiu, il s’agit de mêler la grande Histoire avec la petite histoire. Ici, cela fonctionne beaucoup moins bien.

Tout se passe dans un marché couvert appelé Fortune Market. Miu vend avec son père (Stanley Fung) des poissons. En face d’elle se trouve un autre marchand de poissons, Fishman (Esaon Chan). Il y a aussi Porky (Huang Bo, un acteur chinois) qui est boucher. Porky est clairement amoureux de Miu, mais elle le repousse. Fishman est quant à lui un homme bourru, colérique mais qui s’adoucira. Miu veut épouser un homme riche et par un vendeur du marché. Elle rêve.

L’ambition de Hooked on you est de filmer la classe ouvrière. C’était déjà celle de Mr. Cinema. On voit l’ouverture d’un supermarché en face du Fortune Market. Les achats s’arrêtent vite. Puis, le gouvernement prévoit la démolition du lieu. Ici, c’est la course au rendement qui est pointée. Mais la critique du libéralisme sauvage ne pointe pas le bout de son nez.

Car voilà, tout est amené pour faire comprendre à nos protagonistes qu’ils s’aiment. Le temps fera son œuvre et chacun changera sa vie. On est assez loin dans Hooked on you d’un cinéma social tel qu’on le connaît. Les changements qui se produisent sur les personnages restent superficiels et convenus. Le film tente de montrer l’amertume de leurs vies sans toucher réellement. Quelques touches d’humour font mouche. L’ensemble reste assez peu passionnant.

Hooked on you (每当变幻时, Hong Kong, 2007) Un film de Law Wing-cheong avec Miriam Yeung, Eason Chan, Huang Bo, Stanley Fung, William Feng, Kin Kwan, Amy Chum, Farini Cheung, Marie Zhuge, Xie Lu-si, Ho Sai-man, Wong Wah-wo, Chan Kung, Jolie Chan, David Lo, Raymond Wong, Carl Ng, Wong You-nam, Lam Ka-tung, Hung Hui-siu, Jo Koo, Stephanie Cheng

lundi 22 octobre 2007

Nouvelle cuisine


Décidément, la cuisine inspire toujours autant les cinéastes chinois. Après Be with me où un veuf préparait pour Madame Teresa Chan, après La Saveur de la pastèque où les nouilles étaient un préliminaire à la copulation, voici cette semaine Nouvelle cuisine. Ce nouveau long métrage de Fruit Chan avait pu être visible en 2005 dans une version courte dans 3 extrêmes.

Madame Li est une ancienne actrice de série télévisée. Aujourd'hui, son mari la trompe avec une jeunesse qui a la moitié de son âge. Elle décide d'aller voir Tante Mei, vieille chinoise de 64 ans qui conserve sa beauté juvénile grâce à ses raviolis (les dumplings du titre anglais) dont elle a le secret. Tante Mei est interprétée par Bai Ling, actrice tout juste trentenaire. Belle idée buñuelienne surréaliste et carrément burlesque. Tante Mei n'arrête pas de bouger dans son pantalon moulant. Elle parle à tire larigot (en mandarin). Tout le contraire de Madame Li, réservée, dubitative et qui retrouver son rôle de femme et d'épouse comblée sexuellement. Le seul rôle, qu'actrice déchue, elle peut désormais jouer. Pour cela, Tante Mei lui annonce la couleur : ses raviolis à la vapeur sont issus d'une recette typiquement chinoise.

Fruit Chan n'y va pas avec le dos de la cuiller. On comprend petit à petit quel est cet ingrédient secret. Mei va faire une visite en Chine continentale pour se fournir illégalement. On savait Fruit Chan, comme dans Made in Hong Kong, capable de cruauté envers ses personnages, mais ici, il développe toute une panoplie de l'horreur feutrée pour mener à bien son récit. Madame Li a bien du mal à avaler ses raviolis. Et nous, spectateurs qui en avons vu bien d'autres dans l'abjection, avons bien du mal à ne pas retenir notre dégoût. Et c'est là tout le talent de Fruit Chan d'arriver par des moyens purement cinématographiques à provoquer cette émotion si forte.

Car montrer l'ingrédient nécessaire à la confection des raviolis est une chose (et Chan ne se gêne pas pour nous le montrer), mais que l'on y croit est une autre paire de manches. Plus Madame Li prend goût à la dégustation, jusqu'à ce qu'elle devienne complètement accro, plus le réalisme de la consommation s'accroît en nous. Alors que la raison voudrait que cela cesse, et pour nous spectateurs, et pour Madame Li, on en redemande, on veut croire que c'est possible. On sait pertinemment que ce qu'elle mange pendant le tournage de la séquence est un vrai ravioli, mais Fruit Chan nous convainc par la suggestion que ce ravioli est bien fabriqué à partir de ce que l'on sait.

Eric Khoo dans Be with me mettait au centre de son film une aveugle sourde muette qui réussissait à s'exprimer à nous par la magie du cinéma. Fruit Chan dans Nouvelle cuisine met au centre de son film deux sens difficiles à rendre : le goût et l'odeur. Mais cela fonctionne grâce à un montage image-son des plus audacieux. Il montre, sans image choc, ce que Tante Mei confectionne dans sa cuisine avec la plus grande qualification, mais aussi la plus grande désinvolture. Or, ce talent culinaire va à l'encontre des vertus communément partagées. Le discours rassurant de la cuisinière est sans cesse contredit par la bande sonore composée de bruits sourds et inquiétants, renvoyant aux films horrifiques – bruits de porte, par exemple – qui témoignent de l'incongruité de la situation.

Madame Li va-t-elle reconquérir son époux (excellent Leung Ka-fai, tout en vulgarité) à cause des raviolis ? Ou est-ce que le fait de manger ces raviolis lui donne une plus grande confiance pour le reconquérir ? Quand elle apprend que la maîtresse de son mari attend un enfant, elle n'hésite pas une seconde : elle décide elle aussi de se lancer dans la confection de raviolis. Implacable conclusion d'un film délicieusement atroce.

Nouvelle cuisine (餃子三更2之一, Dumplings, Hong Kong, 2004) Un film de Fruit Chan avec Miriam Yeung, Bai Ling, Tony Leung Ka-fai