Affichage des articles dont le libellé est Francis Ng. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Francis Ng. Afficher tous les articles

samedi 22 mars 2014

The Last tycoon


La musique, largement pompée sur celle de Nino Rota pour Le Parrain, qui ouvre The Last tycoon met immédiatement l’ambiance. Un homme de dos (Chow Yun-fat, qu’on reconnait tout de même), regarde assis sur son siège de vieilles photos accrochées au mur de son bureau. Son visage est impassible mais on comprendra par la place qu’il occupe dans l’opéra (seul en haut, loin du bas peuple) qu’il est le patron des triades. La caméra qui s’approche de ses yeux lance un flash-back pour se retrouver en 1913 à Shanghai.

Autant le dire tout de suite, The Last tycoon est le meilleur film de Wong Jing depuis des années. La reconstitution des deux époques, celle du milieu des années 1910 montrant l’accession au pouvoir de Cheng Daqi (Huang Xiao-ming) puis en 1937 où le personnage a atteint sa gloire (cette fois incarné par Chow Yun-fat) est fastueuse. Le soin apportés aux costumes et aux décors de Shanghai (le film a reçu un Hong Kong Award), l’abondance des figurants montrent que cette fois, le cinéaste a eu un budget conséquent.

1914, c’est l’époque des premiers choix de vie et des premières rencontres. Avec son meilleur ami, il quitte son village et part pour Shanghai où il se promet de devenir le patron du plus grand cabaret de la ville. Jeune homme droit dans ses bottes, Daqi va se retrouver en prison à cause d’un policier corrompu. Il y rencontre Mao Zai (Francis Ng), un général nationaliste qui va le libérer et le prendre sous son aile. On suit sa progression dans les bas-fonds jusqu’à se rencontre avec Hong (Sammo Hung), le grand patron qui l’embauche.

L’ascension de Daqi est fulgurante. Hong en fait vite son bras droit. Il prend le contrôle d’un quartier de Shanghai, celui de la concession française et promet de respecter les dix commandements de la triade. Cette montée au pouvoir est montrée dans une alternance de courtes scènes où il élimine ses adversaires (il a un révolver contrairement aux autres) tandis qu’à genoux, il récite les préceptes de son parrain, sous les yeux de Hong et de son épouse (Yuan Lin) qui semble avoir autant de pouvoir que lui.

La fascination de Wong Jing pour les triades est toujours aussi forte. Le producteur des Young and dangerous dans les années 1990, revient donc à son thème de prédilection avec cette fois plus de subtilité. Il lorgne cependant clairement du côté des films de John Woo, ne serait que parce que Chow Yun-fat est présent (il n’avait tourné pour Wong Jing depuis 1994) mais surtout parce que les scènes de gunfights sont filmées à grand renfort de ralentis dans un romantisme que l’auteur de The Killer n’aurait pas renié. Qui plus est, l’un des grands moments se déroule dans une église. Il ne manque que des colombes.

1937, c’est l’année de l’entrée en guerre de la Chine et du Japon. C’est aussi pour Daqi le retour devant ses yeux de son amour de jeunesse. Zhiqiu (Feng Wenjiuan en 1914 puis Yolanda Yuan en 1937) et Daqi ont toujours été amoureux l’un de l’autre mais le destin les a séparés. Elle est devenue une grande chanteuse d’opéra chinoise installée à Pékin. Lui s’est marié à Bao (Monica Mok), également chanteuse, ce qui montre qu’il n’a jamais oublié son amour de jeunesse et qu’il l’a seulement remplacée par une autre.

Le passage entre les deux époques se fait harmonieusement. Le romantisme des histoires d’amour de Daqi est souvent trop appuyé, parfois mièvre avec ses petites notes de piano et violon en fond sonore. En revanche, la dernière demi-heure sur fond d’occupation japonaise de Shanghai, qui provoque la chute de Daqi, est largement plus caricaturale. Il faut reconnaitre que le film donne du plaisir à retrouver les vieilles gloires du cinéma de Hong Kong, Francis Ng, Chow Yun-fat, Sammo Hung et Yasuaki Kurata en général japonais. On se croirait presque revenu à l’âge d’or du cinéma cantonais.

The Last tycoon (大上海, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Wong Jing avec Chow Yun-fat, Sammo Hung, Huang Xiao-ming, Yolanda Yuan, Yuan Li, Francis Ng, Mo Xiao-qi, Kimmy Tong, Zheng Yi-tong, Gao Hu, Xin Bai-qing, Jiang Lu-xia, Feng Wenjuan, Yasuaki Kurata.

jeudi 21 novembre 2013

Sorties à Hong Kong (novembre 2013) Pay back


Pay back (獵仇者, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Fu Xi avec Francis Ng, Deng Zi-yi, Fan Siu-wong, Lam Suet, Cynthia Khan, Chang Cheng, Chen Yi-rong. 85 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 novembre 2013.



mercredi 3 juillet 2013

The Last conflict

Téléfilm produit et diffusé par la chaîne TVB en 1988, The Last conflict marque non seulement les débuts en tant que réalisateur de Raymond Lee (avant qu'il ne rentre à la Film Workshop de Tsui Hark pour tourner les Swordsman et L'Auberge du Dragon) mais aussi ceux de Stephen Chow, Donnie Yen et Franic Ng. Les trois acteurs débutants n'avaient jusqu'à présent tourné que pour la télévision ou des troisièmes rôles pour le cinéma à l'exception notable de Donnie Yen qui a commis le nanar de Yuen Woo-ping, Mismatched couples. Il faut bien débuter un jour.

L'ouverture du film montre en détail une filature effectuée par Kang (Stephen Chow, un policier débutant (on le reconnaît à la gentillesse de ses méthodes et à sa coupe en brosse) qui fait équipe avec Pao (Lau Kong) qui doit partir à la retraite le mois suivant. Pao forme ce jeune, qui transpire devant la difficulté de sa mission, à garder son calme. Il fait figure de père de substitution lui prodiguant conseils et affection. En revanche, la mère de Kang (Angela Yu) est une source de problèmes : elle ne cesse de jouer aux jeux et d'accumuler les dettes que son fils rembourse contraint forcé. Et surtout, elle le culpabilise et le maintien dans un statut de gamin.

Pao a une charmante fille, Eva (Nadia Chan), infirmière qui va veiller sur son père quand celui-ci sera blessé lors d'une course poursuite. On donne à Kang un nouvel équipier, Dickson Kwan (Donnie Yen), flic d'Interpol, qui vient lutter à Hong Kong contre Tong (Francis Ng), le méchant de service, tout en grimace et en sarcasme. Dickson tombe amoureux d'Eva et réciproquement. Dickson n'est pas très bien vu par la police locale d'autant qu'il porte un chapeau de cow-boy pour bien montrer qu'il est Américain avec des méthodes à l'américaine. Au fil du scénario, il se met hors des règles et est recherché par les flics. La mère de Kang, pour toucher la récompense, dénonce ce pauvre Dickson.

Le résultat final de The Last conflict est peu convaincant. D'abord, le téléfilm souffre d'une durée trop importante (114 minutes) avec des scènes de poursuite interminables. Ensuite, on remarque que les personnages sont très caricaturaux mais que Francis Ng a déjà trouvé sa manière de jouer les ordures comme Donnie Yen fait preuve d'une remarquable souplesse dans ses combats. Seul Stephen Chow, qui se destinait aux personnages de gentils flics à ses débuts, semble à côté de ses pompes. L'un des personnages du film lui rétorque à un moment : « Tu est amusant quand tu es en colère ». On ne saurait mieux définir le style de l'acteur dans ses films suivants.

The Last conflict (刑警本色, Hong Kong, 1988) Un téléfilm de Raymond Lee avec Stephen Chow, Donnie Yen, Francis Ng, Lau Kong, Nadia Chan, Angela Yu


mercredi 23 janvier 2013

Beautiful 2012


Beautiful 2012 est une compilation de quatre courts-métrages d’une durée de 17 à 25 minutes produits par le Festival de Hong Kong et disponibles en visionnement libre sur divers sites dont youku.com (et aussi vimeo et youtube). Débutant avec le film de la hongkongaise Ann Hui, se poursuivant avec celui du chinois Gu Changwei, enchaînant avec la participation du taïwanais Tsai Ming-liang et se terminant avec le coréen Kim Tae-yong, chaque film, on l’imagine illustre une beauté physique, du cœur ou de son âme. Ce qui est certain est que les quatre films sont tous très différents dans leur qualité formelle et dans leur ambition narrative.

Les deux films les moins intéressants sont Long Tou et You are more than beautiful. Ce dernier est le récit tendre et joyeux d’un jeune homme qui engage une prostituée pour l’accompagner au chevet de son père malade. Tourné dans la campagne coréenne et en parlant la langue, la première partie voit les deux personnages discuter dans l’automobile. Le garçon est taciturne, elle au contraire parle beaucoup. Ils font une halte dans le hara de son père où elle cherche à le divertir. Elle doit passer pour sa fiancée auprès du père mais le jeune homme fait peu d’efforts. Ils prennent des photos (la preuve de leur union) et partent à l’hôpital où le père est en train de mourir. Leur subterfuge n’a pas lieu de se poursuivre mais elle décide de rester, de lui chanter un air d’opéra coréen. Le film est à la fois correct et banal. Il se regarde comme un gentil petit film pourtant un peu trop long. La beauté est ici donc celle du cœur, celle de cette prostituée qui va donner un peu de sa beauté à ce jeune homme qui règle ses comptes avec son père.

Long Tou commence sur l’autoroute où un homme traine derrière lui un long fil où sont accrochés des bidons de plastic. A ses risques et périls, il traverse les voies sans se soucier des automobiles. Puis, on passe dans un café littéraire où trois écrivains dans leurs propres rôles discutent. Un quatrième homme arrive, l’air triste, il s’assoit. La télévision allumée sur les infos diffuse soudain des images en noir et blanc de cet homme. Le film est confus et, pour tout dire, relativement prétentieux. J’imagine qu’il parle de la solitude des êtres mais je n’en suis même pas certain.

My way étonne dès son ouverture quand on découvre Francis Ng en femme. L’acteur incarne un homme marié et père d’un adolescent qui décide un beau jour d’assumer sa transexualité. On le découvre parcourant les rues, aller au travail où ses collègues ne semblent pas remarquer son changement puis rentrer chez lui où il s’engueule avec son épouse tandis que le fils écoute. Il va rencontrer trois transexuels qui lui donnent des conseils pour l’opération qu’il va faire pour changer de sexe. Le film d’Ann Hui explore avec douceur, comme à son habitude, un univers inédit dans le cinéma hongkongais, tout du moins sur un mode non comique. La cinéaste envisage tous les enjeux de la problématique, sociaux, familiaux et culturels. Aucun voyeurisme mais au contraire une tendresse pour son personnage.

Tsai Ming-liang poursuit dans Walker son obsession du plan séquence qu’il pousse jusqu’à ses derniers retranchements. Lee Kang-sheng incarne un moine, tête baissée tenant un hamburger et un sac dans ses mains. Vêtue d’une toge rouge vif et pieds nus, il parcourt les rues de Hong Kong dans un rythme extrêmement lent. Parfois en gros plan devant une immense publicité pour les sous-vêtements avec Aaron Kwok, parfois en plan très large, le moine est souvent regardé par les passants étonnés. Sans parole, ni musique sauf une chanson de Sam Hui dans le dernier plan et le générique final, le film se promène avec lenteur dans les lieux les plus connus du cinéma hongkongais que l’on connait tous mais que l’on voit d’habitude très rapidement au gré des course-poursuites des films cantonais. Tsai Ming-liang clame son admiration à ce cinéma si éloigné du sien mais pour lequel il éprouve une fascination.

Beautiful 2012 (美好2012, Hong Kong, 2012) Quatre courts-métrages produits par la Hong Kong International Film Festival Society. My way (我的路) Un film d’Ann Hui avec Francis Ng, Jade Leung, Chan Lai-wan, Leung Wing-yan, Wong Yan-kam, Lee Kin-wing, Li Ka-wan. Long Tou (龍頭) Un film de Gu Changwei avec Yan Lianke, Yang Weiwei, Fang Fang. Walker (行者)  Un film de Tsai Ming-liang avec Lee Kang-sheng. You are more than beautiful (你何止美) Un film de Kim Tae-yong avec Kong Hyo-jin, Park Hee-soon.

lundi 14 janvier 2013

The H.K. triad


Quand Wong Jing réalise ou produit un film ayant pour cadre les triades, il est toujours difficile de savoir s’il glorifie volontairement ou par maladresse ces organisations mafieuses. Ainsi, The H.K. triad commence dans une salle de conférence de la police de Hong Kong où des officiers en costumes cravate attendent non sans impatience l’allocution que va leur faire Ho (Lau Ching-wan) au sujet de ce milieu dont il a longtemps fait partie. Avec des yeux pétillants de curiosité, ils écoutent le vieillard parler de cette période que le film de Clarence Ford va reconstituer avec beaucoup de luxe et pas mal d’académisme. De 1999, Ho se remémore ses débuts en 1959. C’est parti pour un long flash-back narrant sa vie, ses méfaits et ses amours.

Ho présente son ami Lok (Francis Ng). Ils se connaissent depuis l’enfance, ils se considèrent comme des frères, illustrant ainsi cette notion de loyauté chère aux membres des triades. Oisifs, ils passent leur temps à glander dans les quartiers mal famés peuplés de prostituées et de joueurs impénitents sur fond de musique de jazz. C’est justement dans un club clandestin de paris qu’ils rencontrent Ying (Diana Pang) dont l’esprit revêche séduit particulièrement Ho. Il en tombera immédiatement amoureux, viendra la voir souvent et pariera aux dés pas mal d’argent. Elle fait mine de ne pas s’intéresser à lui. Maitre Bo (Lee Siu-kei), le tenancier du tripot ne voit pas forcément d’un œil ces deux gars plus occupés à frimer devant les filles qu’à jouer leur argent.

Les deux amis sont protégés par l’oncle Mon (Spencer Lam), vieux briscard du quartier qui les a pris en sympathie. Ho et Lok s’amusent comme des gamins, se chamaillent et rient devant l’agitation ambiante. Inconscients du danger, ils ébauchent leur première arnaque en truquant les résultats du tiercé. Tandis que Lok parie de l’argent auprès d’un mafieux, Ho trafique le transistor qui retransmet les résultats. Mal leu en pris car Lok se fait sérieusement tabasser par le chef de gang spolié. Ho va vite voir Ying pour qu’elle appelle Maitre Bo en renfort. Une grosse baston s’ensuit mise en scène très mollement qui se termine par le tranchage de la tête du mafieux à la hache. On rigole pas dans les triades. Le spectateur rigole un peu devant ce spectacle franchement grotesque. Et c’est pas fini.

C’est ainsi qu’ils seront intégrés dans les triades. Ils prêtent serment à Bo. Puis, Lok décide de s’engager dans la police et quitte le milieu. Ce qu’ils ignorent (alors que nous, spectateurs, on a compris) c’est que Bo est un fou furieux. Amateurs de jeunes femmes vierges, il décide de mettre le grappin sur Fei-fei (Athena Chu) qu’il veut dépuceler. Lok en est tombé amoureux. Comme Ying, elle feint l’indifférence. A cela, il faut ajouter que Ho n’est pas insensible à son charme et parvient à coucher avec elle. Cela rend maitre Bo furibard qui décide de torturer Lok, accusé de l’avoir violée. Avec une lame chauffée dans un brasier, élément indispensable de chaque parrain, il émascule le pauvre homme. Ho, venu le défendre, est obligé de mordre une braise. Les deux amis sont bien mal en point mais ruminent leur vengeance.

Les années passent ainsi. Ho dans les triades et Lok dans la police. Chacun gravit peu à peu les échelons. Ils se marient respectivement avec Ying et Fei-fei, cette dernière est éprouvant par l’impuissance sexuelle de son mari et décide de prendre pour amant Piggy (Michael Tse), l’assistant de Lok qui est devenu chef de la police. Ho assassine Bo et devient parrain à la place du parrain. Puis, le reste de The H. K. triad se complait dans la description de comportements violents qui lui vaut son classement Catégorie III. Tous les personnages se disputent pour des histoires de coucheries sans intérêt. Le récit de Ho était censé montrer aux policiers le fonctionnement des triades afin de mieux pouvoir lutter contre elles. A la place, ils ont dû, comme nous, écouter des secrets d’alcôve ridicules.

The H.K. triad (O記三合會檔案, Hong Kong, 1999) Un film de Clarence Fok avec Lau Ching-wan, Francis Ng, Athena Chu, Diana Pang, Michael Tse, Patrick Tam, Lee Siu-kei, Frankie Ng, Spencer Lam, Benny Wong, Lee Wai-chu.

mardi 8 janvier 2013

Big bullet


Forte tête de la police de Hong Kong, l’inspecteur Bill Chu (Lau Ching-wan) se fait interroger par des officiers sur l’échec d’une mission où il s’est disputé avec son supérieur, le commissaire Guan (Ng Ting-yip). Les deux hommes ne s’entendent pas du tout et l’issue d’une prise d’otage a couté cher à Guan qui se retrouve à l’hôpital. Solitaire invétéré, caractéristique de tous les héros des films policiers, Bill se fait saquer par sa hiérarchie et se retrouve dans une nouvelle équipe, moins prestigieuse, mais en demeure le chef compte tenu de ses brillants états de service malgré son sale caractère.

C’est son ami Yang (Francis Ng) qui lui annonce qu’il n’est pas viré mais transféré, ce qui ne satisfait pas du tout Bill qui y voit une punition humiliante. Il va faire la connaissance de ses nouveaux collègues en se rendant incognito dans les vestiaires et écouter, comme une petite souris ce qu’on dit sur lui. Chacun a eu écho de son tempérament, les histoires vont bon train et c’est Dan (Spencer Lam) qui défend son futur chef, sans savoir qu’il est à côté en narrant une enquête où Bill a arrêté trois voleurs. Puis il révèle enfin son identité et fait la connaissance de ses futurs partenaires. Bill se rend vite compte, à l’instar du vieux Dan, proche de la retraite, qu’on lui a filé que des tocards.

D’abord Dan qui sera le chauffeur attitré du bus de police et dont l’épouse, très mère-poule, vient apporter de la soupe pendant les planques. Ensuite, Matt (Cheung Tat-ming), gringalet qui se rêve en super flic mais qui est un grand froussard. Puis, Apple (Theresa Lee), jeune émigrée canadienne qui vient dans sa patrie servir la police et qui s’exprime mal en cantonais. Et finalement, Jeff (Jordan Chan), jeune policier qui souhaite appliquer à la lettre le règlement et va ainsi contre Bill qui n’aime rien tant qu’en faire à sa guise. Une bonne partie de Big bullet sera consacrée à cette équipe désaccordée qui n’arrive pas, en début de film, à travailler ensemble. Chaque défaut des personnages se révélera un atout pour l’enquête.

C’est un grand classique du film policier comique que de mettre des personnages divergents et de voir ce que ça donne. Evidemment, ils vont parfois se disputer mais ils vont finir pas comprendre la méthode de Bill, l’accepter et même le soutenir quand Guan, revenu de convalescence, veut à nouveau saquer son ennemi intime. De tous les personnages qui secondent Bill, c’est sans doute celui de Jeff qui est le plus intéressant puisque c’est celui qui devra être convaincu par Bill que ses méthodes sont bonnes. Jeff est un personnage de révolté parce que son jeune frère Yong (Woody Chan) est passé du côté obscur de la force et est devenu membre des triades. Cela encourage Jeff à être extrêmement vigilant sur la loi quitte à freiner une enquête. Mais lorsque Guan décide de le mettre chef à la place de Bill, il décide que se sont les méthodes de Bill qui seront appliquées désormais car elles sont plus éfficaces.

C’est donc une équipe unie qui va pouvoir combattre le vrai ennemi venu de l’extérieur, c'est-à-dire un grand criminel répondant au surnom de Professeur (Yu Rong-guang) assisté d’un sbire aux cheveux longs incarné par Anthony Wong. Ces deux hommes et leur bande de sales bandits sont l’incarnation du mal dans Big bullet. Et comme c’était toujours le cas dans ces films du milieu des années 1990, Anthony Wong ne fait pas dans la dentelle pour incarner ce salaud qui tire avec son flingue sur ses victimes en arborant un sourire diabolique. Benny Chan et ses scénaristes ne font pas dans la légèreté concernant l’action relativement violente et excessive dans le nombre de morts. Les scènes d’action finales sont épuisantes, c’était la belle époque de la Golden Harvest et Benny Chan met toute son énergie dans les gunfights pétaradants, jouissifs et distrayants.

Big bullet (衝鋒隊怒火街頭, Hong Kong, 1996) Un film de Benny Chan avec Lau Ching-wan, Ng Ting-yip, Spencer Lam, Theresa Lee, Jordan Chan, Cheung Tat-ming, Francis Ng, Yu Rong-guang, Anthony Wong, Vincent Kok, Wong Wa-wo, Chan Siu-kwan, Leung Chung, Tony Renny, So Wai-naam, Leung Yat-ho, Lam Tak-shing, Wong Chi-keung, Lau Sui-sang, Winston Yeh, Ying-Wen, Woody Chan.

jeudi 3 janvier 2013

Sorties à Hong Kong (janvier 2013) The Last tycoon


The Last tycoon (大上海, Hong Kong – Chine, 2012) 
Un film de Wong Jing avec Chow Yun-fat, Sammo Hung, Huang Xiao-ming, Yuan Quan, Yuan Li, Francis Ng, Mo Xiao-qi, Kimmy Tong, Zheng Yi-tong, Gao Hu, Xin Bai-qing, Jiang Lu-xia, Feng Wenjuan. 119 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 3 janvier 2013.


jeudi 6 septembre 2012

Sorties à Hong Kong (septembre 2012)


Passion Island (熱愛島, Hong Kong, 2012) 
Un film de Kam Kwok-leung avec Simon Yam, Joan Chen, Francis Ng, Chang Chen, Janice Man, Song Jia, Shen Fang-xi, Huang Wei-de. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 6 septembre 2012.

jeudi 29 décembre 2011

Sorties à Hong Kong (décembre 2011)

Laughing Gor turning point 2 (Laughing Gor 潛罪犯, Hong Kong, 2001)

Un film d’Herman Yau avec Michael Tse, Bosco Wong, Francis Ng, Kate Tsui, Damian Lau, Ching Ou-yang, Rebecca Zhu, Lam Suet, Kara Hui, Lau Siu-ming, Janice Man, Chapman To. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 29 décembre 2011.


mercredi 26 octobre 2011

Full alert


Regarder à quelques heures de distance Full contact puis Full alert est un exercice très amusant. J’avais déjà vu ce film de Ringo Lam tourné en plein rétrocession de la colonie britannique à la Chine, mais je n’en gardais pas beaucoup de souvenirs. Autant Full contact est totalement irréaliste, dans un monde qui n’existe qu’au cinéma, autant Full alert se confronte à un certain réalisme et pour le coup à l’Histoire de Hong Kong. Ce qui reste entre les deux films, c’est un personnage qui ira jusqu’au bout de la mission qu’il s’est donné. Cette fois, c’est un policier, Pao (Lau Ching-wan) qui tente d’empêcher un cambriolage.

L’homme qui veut faire un braquage, on le connait dès le début. Mak Kwan (Francis Ng) se fait arrêter assez vite et Pao l’interroge. Un homme a été retrouvé noyé dans sa baignoire, c’est un architecte. Un plan de coffre fort est retrouvé chez Mak Kwan. Le lien est vite fait mais le suspect ne dit rien. Ils tirent les vers du nez de la copine de Mak Kwan mais Chung Lai-hung (Amanda Lee), malgré les menaces de complicité ne dira rien. Il faudra la relâcher tandis que Kwan est amené en prison d’où il parviendra à s’échapper grâce à quelques complices.

Kwan s’est entouré de malfrats taïwanais menés par Ping (Jack Kao) dont les méthodes sont très expéditives. A vrai dire, son intention est de garder le magot du coffre fort pour lui tout seul. Il n’hésite pas à éliminer son comparse qui pourrait être reconnu par les flics et un autre qui proteste parce qu’il a tué le premier. Ping est le bras du braquage et Kwan en est le cerveau. Le premier est nerveux et violent, le deuxième est calme et loyal. Son unique ambition est de quitter le pays avec suffisamment d’argent en poche pour mener une vie tranquille. Soit l’ambition de beaucoup de hongkongais à l’approche de la rétrocession.

Face à eux, l’équipe de Pao fait ce qu’elle peut. Elle a toujours un coup de retard sur les malfrats. Ils parviennent à éviter que Ping ne délivre Kwan dans son transfert. Cette séquence de course poursuite dans le trafic de Hong Kong est l’un des moments les plus réussis. Il est plus réaliste car filmé de jour, sur une autoroute encombrée, chose qui arrive rarement dans le cinéma de Hong Kong où la plupart des courses poursuite en voiture sont tournées sur le même tronçon d’autoroute libérée du trafic pour l’occasion. On la reconnait dans tous les films. Ce surcroit de réalisme apporte un caractère d’authenticité à Full alert, tout comme le son direct qui commençait à l’époque à se développer.

Pao devient de plus en plus nerveux. L’enquête avance mais très lentement. Chacun semble lui mettre des bâtons dans les roues. Il accuse Biu (Chin Kar-lok) de ne penser plus qu’à parier aux courses de chevaux qu’à suivre les suspects. Il tire en pleine rue dans une poursuite avec Kwan et blesse un motocycliste. Il engueule les employés de l’hippodrome qui ont du mal à coopérer. Il perd son sang froid mais continue jusqu’au bout, comme lorsqu’il cherche son flingue jeté dans une poubelle par Kwan. Il fouille, jette les détritus par terre, s’y enfonce presque, glisse et ressort dégueulasse mais à nouveau entier. Les performances des deux acteurs sont exceptionnelles.

Pao file sa déprime à tous les personnages et à tout le film. Les femmes, elles-mêmes, ne peuvent plus aider leurs maris à remonter la pente. L’épouse de Pao (Monica Chan) est terrorisée par Kwan et la femme de Kwan est surveillée par Pao. Elles subissent plus qu’elles n’agissent et, pourtant, elles ont essayé d’influencer les destins, qui, inexorablement, vont s’accomplir malgré elles.

Full alert (高度戒備, Hong Kong, 1997) Un film de Ringo Lam avec Lau Ching-wan, Francis Ng, Jack Kao, Amanda Lee, Monica Chan, Raymond Tso, Chin kar-lok, Emily Kwan, Lee Siu-kei, Peter Yung,

dimanche 3 juillet 2011

A queer story


Malgré leur différence d’âge, Law Kar-sing (George Lam) et Sonny (Jordan Chan) sont en couple depuis huit ans. Sing a 46 ans (le titre chinois du film signifie « être gay à 40 ans ») et son petit ami tout juste trente ans. Ils habitent ensemble et Sonny tient le salon de coiffure qu’ils ont acheté. Personne ne sait qu’ils sortent ensemble, personne ne sait même que Sing est homo. Il l’a toujours caché à sa famille, à ses amis et à son travail (il est conseiller conjugal). Jusqu’à présent, tout allait bien, mais A queer story commence quand ils se sont séparés. Sing est en smoking et s’apprête à se marier.

Face caméra, les deux amants s’expliquent, à la manière d’une confession. Sonny commence, entouré de ses peluches, avec ses manières légèrement féminines. Il raconte qu’il aime les hommes plus âgés et qu’il apprécie la moustache de Sing. Il l’appelle Moustachio. Il est fidèle mais se fait draguer au salon par Carl (Alfred Cheung) qui lui offre des cadeaux et lui promet de faire de lui une star de la cantopop. Sing n’en croit rien, les chanteurs de cette génération sont des ados (et George Lam en sait quelque chose, lui qui a été l’un des chanteurs les plus populaires de Hong Kong avant l’arrivée massive de ces jeunes vedettes). Carl laissera tomber Sonny quand il comprend qu’il ne pourra pas coucher avec lui.

Autant Sonny est ouvertement gay, autant Sing ne dit rien. Son amie d’enfance Chuen (Christine Ng) attend qu’il lui dise qu’il est homo. Il ne le fera jamais, mais un jour, après une dispute avec Sonny, il va la demander en mariage. Il se sent désormais seul et sa vieille amie s’appétait à émigrer au Canada (le film a été tourné quelques mois avant la rétrocession). De la même manière, Sing doit conseiller une épouse qui est trompé par son mari qui a trouvé un amant de Chine populaire. Il aimerait pouvoir prendre parti quand les insultes fusent à l’égard du mari homo, mais il n’y arrive pas, il se cache, il vit dans un déni de sa sexualité. Sur ce plan, le film prend parti et clame tout haut qu’il faut vivre comme on est. Les personnalités si opposées entre Sing et Sonny sont exemplaires pour montrer le fossé entre les générations.

De nombreux sujets sont brassé, peut-être trop, comme s’il fallait enfin faire un film sur les homos de Hong Kong sans tomber dans le dolorisme souvent présent. Le film se différencie de ce point de vue des amours contrariées vues dans de nombreux films ou du travestissement sans finesse de He’s a woman she’s a man, et je ne parle pas du comique scabreux si présent dans le cinéma de Hong Kong Le film évoque surtout le rejet des homos par leur famille (l’une des raisons données par Sing pour ne pas en parler). On le voit encore plus clairement avec le personnage de l’amie de Sing, mère de famille dont le fils la rejette. Plus encore avec l’histoire de KK (Francis Ng) dont le compagnon meurt du SIDA. Sa belle famille refuse qu’il assiste aux funérailles.

A queer story se présente donc comme un film juste et convaincant. Il parvient à émouvoir dans deux belles scènes. La première est celle des funérailles où KK, poussé par un Sonny en colère contre le refus de la famille et l’absence de réaction de Sing, verse une larme en silence. La deuxième est celle où le père de Sing entend enfin ce que son fils a à lui dire et qu’il esquisse un sourire dans le taxi qui le ramène. Ces moments émouvants arrivent après certains moments comiques qui sont surtout dus au personnage de Sonny, jeune chien fou au milieu des conventions et qui les brise les unes après les autres. C’est à l’image de ce film qui a ouvert la voie à une vision plus réaliste des homos et lesbiennes de Hong Kong. Il faut cependant signaler qu'aucun bisou ne sera échangé entre les deux hommes. Il faudra attendre Happy together pour ça.

A queer story (基佬40, Hong Kong, 1996) Un film de Shu Kei avec George Lam, Jordan Chan, Christine Ng, Meg Lam, Francis Ng, Fredric Mao, Siu Chung-kwan, Shu Qi, Kristy Yeung, Alfred Cheung.

mercredi 2 mars 2011

Horror hotline... Big head monster


Une émission de radio nocturne produit par Ben (Francis Ng) a pour thème les histoires d’horreur. Les auditeurs appellent à l’antenne pour y raconter leurs histoires. Un soir, les animateurs écoutent celle de Chris qui parle d’un monstre avec une tête énorme. Il semble terrifié par ce souvenir qui a eu lieu en 1963 alors qu’il était écolier. Ben croit tenir une bonne histoire mais l’homme raccroche avant de l’avoir terminée.
L’émission intéresse une télévision américaine qui a dépêché Mavis (Josie Ho) pour faire un reportage. Aves ses cameramen, elle arrive pile au moment où Chris raconte son histoire. Elle décide d’enquêter sur cette troublante histoire mais les esprits ne l’entendent pas de cette oreille. Un médium, madame Ying (Bonnie Wong) la prévient que cela va mal se terminer, qu’il va y avoir un mort et qu’elle ne devrait pas poursuivre ses investigations. Madame Ying est inquiétante avec son visage fermé. Ben et Mavis la croient puisqu’elle raconte des choses intimes sur leurs vies qu’eux seuls peuvent savoir.
Au fil de l’enquête, ils apprennent qu’un bébé avec une tête monstrueuse est effectivement né au début des années 1960. Dans la bibliothèque où ils se rendent pour consulter les journaux de l’époque, un incendie brûle tout. Puis un des cameramen disparait sans rien dire et appelle ensuite au téléphone Mavis. Il dit être dans un entrepôt où elle se rend avec Ben mais il est mort depuis plusieurs heures affirme le médecin légiste. C’est enfin Chris qui, au téléphone, leur conseille de ne pas en savoir plus. Ils apprendront qu’il s’est suicidé avec ses camarades des années auparavant. Ben et Mavis ne savent plus ce qu’ils doivent faire et commencent à angoisser pour leurs vies.
Horror hotline... Big head monster est un film d’horreur classique avec ses fantômes qui interviennent dans la vie des gens. Soi Cheang n’a pas encore la liberté de ton qu’il aura à partir de Dog bite dog et son film parodie à la fois la série des Ring d’Hideo Nakata (le téléphone menaçant) et The Blair witch project notamment dans son final où les scènes sont filmées en caméra subjective la nuit dans un hangar désaffecté. Le monstre ne sera jamais visible, juste suggéré, ce qui demeure une idée classique mais très rare dans les films d’horreur de Hong Kong.
Horror hotline... Big head monster (恐怖熱線之大頭怪嬰, Hong Kong, 2001) Un film de Soi cheang avec Francis Ng, Josie Ho, Sam Lee, Niki Chow, Michelle Zhang, Ruth, Edmund Poon, Bonnie Wong, Wilson Yip, Alan Mak, Szeto Kam-yuen, Roy Szeto, Michael Clements, Yu Sai-tang, Vincent Chik, Chiu Yue-ming.

vendredi 15 janvier 2010

Portland Street Blues

Sandra Ng fume sa cigarette, entourée de jeunes femmes court vêtues qui apparaissent comme ses maîtresses et qui constituent sa cour. Sandra Ng a les cheveux courts avec une légère banane sur le dessus. Elle est habillée en costume noir et porte une cravate. Elle s’habille comme un homme et dirige son quartier comme un parrain de triade. Sandra Ng est la 13ème sœur et contrôle Portland Street, rue dévouée entre autres à la prostitution. Et quand une de ses filles fait un écart, la 13ème sœur n’a pas d’état d’âme. Elle la fait battre par ses femmes de main prouvant qu’elle est impitoyable. Portland Street blues est l’histoire de la 13ème sœur.


Le cœur du récit du film est constitué d’un long flash-back que la 13ème sœur raconte à un homme qui ne connait pas son parcours. Portland Street blues est une suite officielle de la série des Young and dangerous produite par Wong Jing, série qui a tant de succès à Hong Kong que la production décide de mettre ce personnage au premier plan et de raconter son passé et les raisons qui l’ont menés jusqu’au sommet. Si le personnage qu’incarne Sandra Ng avec force et justesses est intéressant, c’est que les personnages féminins de chefs de triade sont rares. Qui plus est, la 13ème sœur est lesbienne. Cela est montré comme un fait et non comme un handicap, or on sait que l’homosexualité dans le cinéma cantonais est régulièrement montrée comme une curiosité.


On retrouve Sandra Ng en lycéenne avec son amie Yun (Kristy Yeung) en train de faire les 400 coups. Elle n’est pas encore la 13ème sœur, elle est seulement Tsui Siu-siu, un nom mignon, pas celui d’un future chef de triade. Leur premier coup fumant est d’escroquer leur prof d’anglais en l’appâtant dans une chambre d’hôtel où il pourrait baiser Yun. Mais les filles, après lui avoir pris son argent, appellent la police. Elles se disent que gagner de l’argent aussi facilement, c’est agréable et envisagent de continuer dans cette voie avec un plus gros poisson. Ce sera Frère SOB, un homme des triades, grand amateur de femmes. Elles le rencontrent lors d’un combat de boxe qui oppose Coke (Alex Fong Chun-sun) et un Thaïlandais. Coke n’est pas donné gagnant mais Tat (Ng Man-tat) le père de Siu-siu parie sur lui et gagne gros.


Coke représente la force et la beauté incarnée. Et la liberté également. Les deux filles vont tomber amoureuses de lui. Elles se font prendre en photo avec lui torse nu. La rivalité s’installe entre les filles et Siu-siu devient jalouse de Yun et se persuade qu’elle a couché avec lui. Tout s’enchaîne dès lors. Tat doit de l’argent à SOB et ce dernier lui vole un ticket gagnant au loto. Siu-siu retente avec Yun le coup du prof d’anglais sur SOB, mais il n’est pas né de la dernière pluie et veut tuer Siu-siu. Il est arrêté dans son geste par Kei (Shu Qi), une jeune toxico à qui il doit beaucoup. Elle se fait appeler Scarface à cause d’une large cicatrice sur le visage.


Scarface raconte son histoire dans un nouveau flashback. Sa vie est misérable. Elle est tombée amoureuse d’un jeune flic James (Jimmy Wong) qui va la mener en bateau. Enceinte, il va la rejeter. Les deux filles se lient et Siu-siu va tuer James. Puis, c’est la fuite en Chine avec Coke où ils travaillent dans un garage automobile. Siu-siu commence à l’aimer profondément mais ne couche pas avec lui. Elle ne pense qu’à Yun qui lui manque. Quand il s’enfuie sans dire un mot, elle rentre à Hong Kong. Elle revient aux affaires et parvient à tuer un homme. Comme récompense, elle reçoit Portland Street et deviendra la 13ème sœur.


Le scénario de Portland Street blues est somme toute classique d’un film de triade où l’honneur et la loyauté sont les maîtres mots. On ne rencontre jamais un seul flic pendant tout le récit qui nous plonge au cœur de la faune mafieuse. Le film abuse parfois de ralentis dans les scènes de violence et de meurtre. Mais ce qui plait dans le film sont les personnages de la 13ème sœur et de Coke. Alex Fong Chun-sun joue de sa grande beauté et reste taciturne pendant tout le film. C’est un homme calme et posé qui contraste avec le caractère éruptif du personnage de Sandra Ng. Mais il va inspirer la jeune femme qui deviendra comme lui quand elle parviendra au sommet. Leurs retrouvailles à Hong Kong sont l’objet de quelques explications sur leurs rapports mutuels dans une ville nocturne.


L’attrait majeur de Portland Street blues est évidemment Sandra Ng. L’actrice, jusque là cantonnée à des seconds rôles dans des comédies non-sensiques avec Stephen Chow notamment, explose. Elle montre toutes les facettes de son jeu dans des scènes pas faciles. Elle se met en danger en jouant une lesbienne sans caricature. Elle montre les clichés de la lesbienne masculine telle que les hommes l’imaginent. C’est là l’un des grands intérêts du film. Elle parvient à rendre sensible Coke, le boxeur, et leur amitié amoureuse est extrêmement touchante. Ce qui, au milieu d’un film de triade violent, est d’une grande rareté.


Portland Street blues (古惑仔情義篇之洪興十三妹, Hong Kong, 1998) Un film de Yip Wai-man avec Sandra Ng, Kristy Yeung, Alex Fong Chun-sun, Ng Man-tat, Shu Qi, Ken Lo, John Ching, Francis Ng, Ekin Cheng, Jimmy Wong.

mercredi 6 janvier 2010

The Mission


Il faut protéger Lung (Eddy Ko) qui a manqué de se faire assassiner au restaurant. Lung ne sait pas qui lui en veut mais il sait comment se défendre. Il va demander à son frère Frank (Simon Yam) d’appeler Curtis (Anthony Wong) et d’autres hommes pour qu’ils deviennent ses gardes du corps. Curtis est connu sous le nom du « diable », c’est un homme impitoyable. Les autres gardes du corps seront Roy (Francis Ng) qui tient une boîte de nuit et porte des chemises hawaiennes. Shin (Jackie Lui), le plus jeune qui rêve d’enfin entrer dans une triade. Mike (Roy Cheung), cheveux blonds qui fait le larbin dans une boite de nuit. Et le dernier est James (Lam Suet) qui passe son temps à fumer et à manger des pistaches. Lung va discuter avec l’oncle Cheung (Wong Tin-lam) pour s’assurer de son soutien, mais le vieux parrain veut se retirer des affaires.


Les cinq mercenaires changent de fringues, s’habillent en costumes genre Hugo Boss, chemise à pelles à tartes. Ils vont habiter dans la maison de Lung. Et ils vont surtout devoir apprendre à se connaître (un petit peu) et à cohabiter (beaucoup). C’est qu’ils ne parlent pas vraiment entre eux les bougres. Sauf pour se faire quelques reproches. Ils leur arrivent de se taper dessus. Roy fout une grosse branlée à Curtis quand celui-ci l’a abandonné dans une ruelle après une fusillade. Ils ont beau être là, on en veut encore à Lung et les ennemis frappent au fusil à lunettes du haut d’un immeuble. Ou ils provoquent une embuscade dans un grand magasin. Mais ils s’en sortent toujours et rentrent sains et sauf dans la villa clinquante de Lung dans l’attente d’une nouvelle sortie dangereuse.



Attendre, attendre. C’est la seule chose qu’ils font. Shin fait des blagues. Il met des pétards dans les cigarettes histoire de faire marrer ses camarades et de détendre l’atmosphère. Les cinq hommes sont de caractères très différents, leurs histoires propres sont variées et aucun n’a le même âge. Mais ils vont devenir amis. Ces moments d’attente composent l’armature du récit de The Mission. La recherche de l’ennemi de Lung n’est qu’un macguffin qui sera révélé au bout d’une heure. Johnnie To fait ralentir le temps lors des fusillades, il ne fait donner aucun dialogue à ses personnages. Cela n’avait jamais été fait. Lors d’une fusillade dans n’importe quel film de triade, les personnages se croient toujours obligés de discuter entre eux. Ici, ils restent immobiles et se taisent. Ils essaient de combler leur ennui par des âneries et Johnnie To ne filme que les pics du récit (fusillades) et les creux (l’attente) le tout avec une musique bontempi lancinante qui reste dans la tête longtemps après le film.


Et les femmes dans tout ça ? Elles sont bien absentes. Sauf Madame Lung (Elaine Eca Da Silva) qui ne doit pas avoir plus de trois lignes de dialogues dans tout le film. Dans une facétie scénaristique à la Psychose, cet unique personnage féminin deviendra le centre du film dans sa dernière partie. C’est alors l’amitié naissante entre les cinq gardes du corps qui l’enjeu du film. Un événement va mettre à rude épreuve leurs rapports. The Mission est alors un film sec et tendu, subtilement mis en scène dans les regards entre les hommes, dans leurs postures et sans fioriture. Certes, c’est un film un peu lent surtout en comparaison de Running out of time qui est sorti juste avant. C’est en tout cas le tout premier film de Johnnie To à sortir dans les salles françaises, deux ans après sa sortie à Hong Kong, certes. The Mission a cependant été l’arbre qui cachait la forêt Johnnie To et Milkyway Image en faisant croire qu’il n’était qu’un bon réalisateur de polar. Et encore aujourd’hui, chez certains cancres de la critique ce simplisme du cinéaste auteur persiste. En dépit des films qu’il a pu réaliser avant ou depuis.


The Mission (鎗火, Hong Kong, 1999) Un film de Johnnie To avec Anthony Wong, Francis Ng, Roy Cheung, Jackie Lui, Lam Suet, Simon Yam, Wong Tin-lam, Eddy Ko, Elaine Eca Da Silva, Keiji Sato, Ai Wai, Yau Man-shing, Cub Chin, Hung Yick-tin, Jerome Fung.

mardi 29 décembre 2009

Laughing Gor Turning point


Lors de la présentation cannoise de Vengeance de Johnnie To, on avait pu voir Anthony Wong coiffé d’une coupe punk, une crête noire sur la tête. L’acteur ne suivait pas une mode quelconque mais arborait son look pour l’un des rôles principaux de Laughing Gor Turning point, en l’occurrence celui du frère N°Un. Encore un film de triades. Et oui, encore un, mais tourné en vitesse par Herman Yau et produit par la Shaw Brothers pour la télévision. Laughing Gor Turning point est comme un pilote de luxe pour mettre en place un personnage récurrent.


Frère Laughing (Michael Tse) est au centre de toutes les discussions des chefs de clan qui sont Frère Un, Zatoi (Francis Ng) et Master Ford (Eric Tsang) qui se réunissent dans un hangar désaffecté. Ces rencontres scandent le film et en forment l’attrait majeur. C’est là que va se décider la suite du récit. La Caméra tourne autour des ces trois personnages qui se détestent mais qui sont obligés de s’entendre. Francis Ng n’est pas exempt de particularité capilaire. Il porte une queue de cheval. Il est vêtu d’un haut de survêt’ sans manche ouvert sur son torse. Eric Tsang, qui préside les réunions, porte un vieux marcel blanc remonté jusqu’au nombril. Il se caresse son ventre rebondi en mangeant.


Mais c’est le personnage de Brother One qui intrigue le plus. Anthony Wong campe un personnage obscur et énigmatique dont le passé est révélé tout au long du récit. Son look change à chaque scène, il se gothise de plus en plus. Ses yeux sont maquillés, ses lèvres aussi. Il prend une apparence féminine, se transexualise, porte des vêtements extravagants. Sa transformation est étonnante et cadre avec le récit du film où il est question de flic infiltré dans les triades (pas très original comme sujet). Mais la manière de Herman Yau l’est beaucoup plus. Brother One est toujours accompagné d’une femme, son avocate à qui il tient la main. Le visage d’Anthony Wong ne laisse passer aucune émotion.


C’est pourtant Laughing Gor qui est censé être le personnage central. Suite à une opération ratée, Laughing doit fuir. Il est arrêté. Les trois chefs sont persuadés qu’il va tout balancer aux flics. Ils décident de l’éliminer, mais il s’avère un redoutable résistant. Cela donne d’ailleurs une scène d’une grande violence où les trois chefs font leur réunion habituelle tandis que des hommes de main frappent à coups de base-ball ceux qui ont échoué à trouver Laughing. Les hommes qui sont battus sont enfermés, en slip, dans un grand sac plastique les mains liées. Le film suit l’ascension de Laughing dans le clan après son éventuelle déchéance.


Rien de bien neuf dans ce court film de Herman Yau, si ce n’est le plaisir de voir certains des meilleurs acteurs de Hong Kong. Le scénario regorge de rebondissements et trahisons propres à ce genre de film. Michael Tse, l’interprète de Laughing, est un peu fade, ce qui correspond finalement à son rôle. L’image est un peu plate, sans doute due à son caractère télévisuel. Mais Laughing Gor Turning point est pourtant l’un des succès surprises au box office, ce qui laisse entendre qu’il y aurait bientôt une suite.


Laughing Gor Turning point (LAUGHING GOR 之變節, Hong Kong, 2009) Un film de Herman Yau avec Michael Tse, Anthony Wong, Francis Ng, Wong Yat-wa, Fala Chen, Eric Tsang, Yuen Biao, Lee Ka-ding, Tsui Chung-sun, Ron Ng, Samuel Chan, Wayne Lai, Kenny Wong, Johnson Lee, Ngo Ka-nin, Edwin Siu, Tracy Ip, Anna Yau.

mardi 17 novembre 2009

Flying shadow (Tracing shadow)



Changgong (Francis Ng) est un maître en art martial dans cette Chine de la dynastie Ming qui sert de décor à Flying shadow. La scène d’ouverture le voit se battre avec une grande dextérité et vaincre son adversaire. Immédiatement après, il rencontre Xin (Pace Wu) et joue ensemble de la mandoline avec un son pop-rock digne d’un concert de cantopop, pour repartir de plus belle vers une chasse au trésor face aux sosies de Jackie Chan, Andy Lau et Jet Li.

Cela peut donner une idée du fourre-tout que représente le nouveau film de Francis Ng et Marco Mak, deux ans après Dancing lion. Flying shadow est un wu xia pian qui mêle des éléments de comédie loufoques à une romance des plus romantiques. Francis Ng garde, et gardera encore longtemps, son titre d’acteur le plus cool de Hong Kong. En plus dans son nouveau film, il a la bonne idée de ne pas surjouer sa partition, il laisse cette fantaisie aux autres interprètes qui s’en donnent à cœur joie.

Le scénario sera donc consacré à cette chasse au trésor où les personnages font du surplace. Tout le monde a compris que le trésor est près de l’auberge que tiennent Francis Ng et Pace Wu, mais personne n’a la carte. Cette carte existe mais elle a été perdue cinq ans plus tôt dans le prologue. Elle sera retrouvée en possession de Jaycee Chan, l’héritier du propriétaire de la ville qui est amoureux transis de Wiaowei (Xie Na) la fille adoptive de Changgong et Xin. La jeune femme ne se laisse pas faire par Jaycee qui vient toujours réclamer les loyers en retard.

Cependant, la chasse au trésor est le macguffin du film. Certes, ils le trouveront après bien des péripéties directement inspirées des chausse-trappes qu’a pu vivre Indiana Jones, mais le butin ne sera pas à la hauteur de leurs attentes. C’est la recherche qui plait et non pas le trésor en lui-même qui, contrairement aux films de Steven Spielberg, ne touche pas à l’ésotérisme. Ce qui plait beaucoup, ce sont les sosies des trois stars de Hong Kong brocardées dans leur manière de jouer. Jet Li est forcément gentil, souriant et affable. Andy Lau se prête à la chansonnette et a son petit sourire en coin. Jackie Chan a un gros nez qui bute contre les obstacles. Jaycee Chan, le fils de Jackie, joue dans ce film et il a une scène avec le sosie de son père.

L’humour burlesque, proche du non-sens, sert de moteur au film. Paradoxalement, il freine sans cesse la narration extrêmement lâche et décousue. Lorsque la carte au trésor a été découverte, tous les habitants du pays se ruent dans la ville pour avoir leur part du butin. Francis Ng et Marco Mak propose une très longue scène où de nombreux autres sosies viennent se confronter. Chacun adopte un pseudonyme qui ressemble à celui de la star. Cela n’apporte rien au scénario mais fait beaucoup rire. Cette absence de construction scénaristique est le plus gros point faible. Tracing shadow prend l’aspect d’un film a sketchs. Certains sont très bons d’autres beaucoup moins.

En revanche, il semble que les réalisateurs ont tenu à soigner les effets spéciaux pour les scènes de combat qui sont impressionnantes de vitesse et de légèreté. Les personnages volent dans les airs, au dessus des toits et dans les forêts. Le montage ultra rapide permet aussi à des acteurs de faire croire qu’ils pratiquent aisément les arts martiaux et le maniement des armes. Toutes ces scènes de combat sont d’ailleurs tournées avec le plus grand sérieux et contrastent avec les scènes de bouffonnerie comique. Flying shadow se démarque des autres films en costumes avec justement ses costumes. Pas de beaux drapés, mais des vêtements gris ou bleu clair et beaucoup de fourrures. Mais, un des personnages en rassure un autre : ce sont des fausses.

Flying shadow (Tracing shadow, 追影, Chine – Hong Kong, 2009) Un film de Francis Ng et Marco Mak avec Francis Ng, Pace Wu, Jaycee Chan, Xie Na, Dang Haohan.

dimanche 25 octobre 2009

All's well end's well 97



Du casting original de All’s well end's well, il ne reste que Stephen Chow et Raymond Wong. Teresa Mo, Maggie Cheung, Sandra Ng et Leslie Cheung ne sont pas dans la distribution de All’s well end's well 97. Le film n’est pas une suite à proprement parler, mais le concept initial reste le même : trois frères et leurs épouses.

On change les noms des trois frères et Francis Ng remplace Leslie Cheung, qui fait une très courte apparition dans son propre rôle. D’ailleurs, Francis Ng joue comme en retrait, ne cabotine pas pour une fois alors le film l’aurait jamais permis, les autres acteurs ne se privent pas. Chacun de nos trois personnages tentent de résoudre leur problème avec les femmes. Francis Ng, comme Leslie Cheung, aime une femme motarde, donc rebelle, donc masculine (Amanda Lee). Ses deux frères le traitent d’homo – allusion au personnage de Leslie et à l’acteur lui-même. Mais le vieux père (Roy Chiao) n’a pas très envie de voir cette femme chez lui, d’autant que la fumée de sa moto détruit ses fleurs. Francis Ng va donc demander à une jeune femme pauvre (Christy Chung) harcelée par son propriétaire (il réclame les loyers d’avance) de devenir sa fausse petite amie. Bien entendu, ils vont tomber amoureux et il va l’aider à remettre à flot son restaurant.

Raymond Wong Bak-ming est le frère aîné. Il est marié à Christine Ng qui reprend le rôle de Sandra Ng, elle lui ressemble avec ses lunettes rondes. L’épouse passe son temps à nettoyer, préparer les repas pour les hommes. Conclusion de cette femme soumise et dévouée, elle est mal fagotée et ne prend pas le temps de faire réparer sa dent manquante. Du coup, Raymond Wong la délaisse un peu mais contrairement à All’s well end's well, il ne la trompe pas. Quant à Stephen Chow, il joue un gros paresseux. On ne sait pas bien ce qu’il fait, mais encore une fois, il va devenir fou – ou faire croire qu’il devient fou. Ce qui va lui permettre d’éviter quelques embuches tendues ici ou là et surtout de rencontrer une fille qui a priori apparaît comme simplette, mais comme lui feint d’être idiote. C’est finalement tout le conformisme des relations hommes femmes qui est mis en avant, sans jamais critiquer ces relations.

Le scénario de All’s well end's well 97 se cherche pendant tout le film. Ça commence avec une farce que font les deux frères à Stephen Chow. Ils lui font croire qu’il a gagné une forte somme au loto. Il va dépenser beaucoup d’argent avant d’avoir touché le pactole et fait des paris avec un membre des triades. D’où sa volonté de se faire passer pour fou. Puis viennent les problèmes d’argent de la jeune Christy Chung. Là, les personnages nous font une diatribe sur le nationalisme qu’il faut avoir juste avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Raymond Wong dénigre deux Chinois qui veulent donner de l’argent pour le restaurant de Christy Chung mais il refuse car ils annoncent qu’ils veulent partir émigrer à Hong Kong. Tout cela vient comme un cheveu sur la soupe. Le film n’est que relativement drôle, même Stephen Chow semble s’ennuyer.

All's well end's well 97 (97 家有喜事, Hong Kong, 1997) Un film de Alfred Cheung avec Stephen Chow, Roy Chiao, Raymond Wong Bak-ming, Francis Ng, Ng Sin-lin, Christine Ng, Gigi Lai, Amanda Lee, Christy Chung, Simon Lui, Emil Chow, Bau Hei-jing, Alfred Cheung, Leslie Cheung, Pang Dan, Law Kar-ying, Josie Ho, Teddy Robin, Michael Chow.