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lundi 26 mai 2014

Once upon a time in Shanghai


Avant d’être amis à la vie, à la mort, Ma Zhong-zhen (Philip Ng) et Long Qi (Andy On) ont été des adversaires. L’histoire des deux hommes est celle de Once upon a time in Shanghai, la nouvelle adaptation de la vie dans les bas-fonds des triades d’un héros populaire du Shanghai des années 1930 produite et scénarisée par Wong Jing qui s’adjoint à la chorégraphie des combats Yuen Woo-ping et à la réalisation Wong Ching-po.

Ma Zhong-zhen quitte sa campagne natale avec sa petite sœur et son jeune frère (qui disparaitront assez vite du film) avec un cadeau de sa maman : un bracelet de jade qu’il doit porter au poignet droit. Car ainsi, il ne l’utilisera pour pratiquer son kung-fu. En effet, Ma est un homme si fort qu’il pourrait tuer un homme avec un seul coup. Notre héros est présenté comme un homme serrein mais qui pourrait se défendre contre n’importe qui.

Dans ce Shanghai des années 1930, aux rues quasi désertes, la gentillesse et la bonté ne paient pas de repas. C’est ce qu’ils vont vite comprendre. L’aide de leur grand frère, qu’ils ont rejoint, va les amener dans un quartier tenu par Frère Bing (Sammo Hung). Il les nourrit et les héberge dans une maison à la population pauvre toute droit sortie de celle de Crazy kung-fu, la folie furieuse de la propriétaire en moins. Pour survivre, il fait des petits boulots.

La vie de Long Qi est toute différente. Dans son beau costume trois pièces, arborant un joli nœud papillon et fumer des cigarettes, il tient un cabaret de luxe (le « Paradise ») qu’il a volé à un membre des triades. Long Qi a les dents longues, ce qui n’est pas du tout du goût des trois vétérans des triades incarnés par Yuen Cheung-yan, Fung Hak-on and Chen Kuan-tai, ce dernier interprétait d’ailleurs le personnage de Ma Zhong-zhen dans Le Justicier de Shanghai de Chang Cheh en 1972.

Ils se rencontrent quand Long Qi organise une vente d’opium avec des japonais qui commencent à envahir Shanghai et veulent contrôler le trafic. Ma Zhong-zhen, tout à sa quête de justice, défie dans un long combat Long Qi. Ce dernier, lui aussi expert en art martial, lui offre la cargaison de drogue si Ma réussit à le battre d’ici ce que sa cigarette finisse de se consumer. Ma gagne son combat mais aussi une amitié indéfectible et devient vite son bras droit au cabaret.

Les deux hommes sont l’antithèse l’un de l’autre et le film ne cesse de le répéter. Ma est toujours calme et posé, Long Qi constamment excité et violent. L’effet de l’un va agir sur l’autre. Contrairement aux précédentes versions, et peut-être à cause de la coproduction avec la Chine, Ma ne va pas sombrer dans les triades et devenir un criminel mais au contraire adoucir le caractère violent de Long Qi, montré pour illustrer son tempérament avec un tigre qu’il élève dans son salon.

Leur amitié est poussée dans le film jusqu’à devenir un quasi histoire d’amour. Ils se battent désormais pour le plaisir, y compris dans la grande salle du cabaret, où les chorégraphies aériennes les font voler à travers la pièce pour se retrouver tous les deux, se lançant des grands regards amoureux au clair de lune en mangeant un hot-dog au sommet d’un pont. Ces scènes homo-érotiques sont des grands moments involontaires d’humour mais plutôt réjouissants.

Le film laissait craindre dans sa première partie un ratage assez fatal. La mise en scène de Wong Ching-po est loin de la sobriété. Le cinéaste abuse de ralentis dans les scènes de combat filmés dans une lumière sépia qui donne par moment des aspects de film noir et blanc. Puis, petit à petit, on s’intéresse au destin de ces deux amis, à leur histoire d’amour respective pourtant très conformiste. Ma Zhong-zhen tombe amoureux de la fille de Sammo Hung et Long Qi de la chanteuse du cabaret.

La ressemblance du personnage de Ma avec celui de Bruce Lee dans La Fureur de vaincre (même coupe au bol, vêtements traditionnels, musculature très fine dans le combat final quand il se met torse nu) est assez frappante. Le film a la bonne idée de ne pas faire durer les combats et de ne pas les hacher avec un montage épileptique. Rien que pour cela, le film vaut d’être célébré. Comme quoi, quand Wong Jing s’en donne un peu la peine, il peut encore produire des films intéressants.

Once upon a time in Shanghai (惡戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Wong Ching-po avec Philip Ng, Andy On, Sammo Hung, Jiang Lu-xia, Chen Kuan-tai, Michelle Hu, Mao Jun-jie, Yuen Cheung-yan, Fung Hak-on.

jeudi 17 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) That demon within


That demon within (魔警, Hong Kong – Chine, 2014) Un film de Dante Lam avec Daniel Wu, Nick Cheung, Christie Chen, Andy On, Dominic Lam, Liu Kai-chi, Stephen Au, Lee Kwok-lun, Chi Kuan-chun, Astrid Chan, Samuel Leung, Fung So-po. 112 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie à Hong Kong le 17 avril 2014.





jeudi 16 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Once upon a time in Shanghai


Once upon a time in Shanghai (惡戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Wong Ching-po avec Philip Ng, Andy On, Sammo Hung, Jiang Lu-xia, Chen Kuan-tai, Michelle Hu, Mao Jun-jie, Yuen Cheung-yan, Fung Hak-on. 94 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 16 janvier 2014.

vendredi 3 janvier 2014

Unbeatable


Macao, terre des exclus de la société. Ching Fai (Nick Cheung) est un ancien boxeur criblé de dettes. Ses créanciers brûlent le taxi qui lui servait d’outil de travail et de domicile. Il quitte Hong Kong pour Macao où son ancien coach (Patrick Keung) accepte de l’embaucher malgré leur lourd passé : Fai s’était couché lors de ses matchs pour empocher de l’argent sur les paris. Son nouveau boulot : coach d’aérobic pour vieilles dames. Pas franchement la joie pour lui.

Fai a trouvé une petite chambre à louer dans l’appartement de Gwen (Mei Ting) qui vit avec sa fillette Dani (Crystal Lee). Gwen a subi un lourd traumatisme. Son mari l’a quitté quatre ans auparavant, elle est tombée dans l’alcool et son fils s’est noyé dans la baignoire. Depuis, elle s’est repliée sur elle-même. Dani, fillette énergique, dirige la maison, posant des post-it partout, donnant à Fai le règlement de la maison. Le grand boxeur face à la gamine n’en mène pas large.

Dans la salle d’entrainement de son ancien coach, Fai fait la connaissance de Lin Si Qi (Eddie Peng). Gosse de riche, il apprend que son père (Jack Kao) a fait faillite après de mauvais investissements. Lin veut l’aider à se renflouer. Il trouve un travail physiquement épuisant mais l’espoir renaît quand un championnat de MMA (lutte libre) promet un prix de 2,7 millions de dollars. Il doit s’entrainer à combattre. Il ne connait rien à la boxe et demande à Ching Fai de devenir son maître. Après quelques hésitations, il accepte.

Le passé hante les trois personnages, parfaits anti-héros, losers magnifiques de Unbeatable. Ils vont devoir se tourner vers le futur avec comme doctrine lancée pendant tout le film par Dante Lam : quand on veut on peut. Ching Fai va aider ses nouveaux amis. D’un côté, apprendre à Gwen à vivre normalement, à sortir de son autisme, avec l’aide de Dani. Gwen ne supporte aucun bruit, s’enferme dans son monde dès qu’un orage approche. Seul le conte des trois petits cochons, que Dani mime avec Fai, lui donne le sourire.

Dans la salle de boxe, Lin commence à apprendre à suer, à s’entrainer sans relâche. Il soulève de la fonte, pousse des pneus, fait des pompes, durcit ses mains, gonfle ses biceps et ses abdos. Lin Si Qi se considère comme le disciple de Fai, comme dans un film de kung-fu. Eddie Peng, tout comme Nick Cheung, se sont largement musclés pour leurs rôles. Le cinéaste filme au plus près ces corps dans un montage ultra rapide. Pourtant personne ne croit à la victoire du jeune homme, le coach de Ching Fai estime qu’il se fera éliminer dès le premier tour.

La première heure du film appréhende tous les problèmes du film, la deuxième tente de les résoudre, parfois en tombant dans un sentimentalisme appuyé. Mais l’énergie des acteurs (Crystal Lee qui joue la gamine, mais surtout Eddie Peng), quelques pointes d’humour (les élèves de l’aérobic) parviennent à maintenir l’intérêt pour les personnages. Et puis, il y a les combats de free fight qui sont les moments de bravoure attendus comme on attend ceux dans les films de kung-fu. Les deux derniers avec Andy On en adversaire sont particulièrement rudes et superbement chorégraphiés. On a très mal pour les acteurs.

Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Michelle Lo, Liu Geng-hong.

jeudi 2 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) As the light goes out

As the light goes out (救火英雄, Hong Kong, 2013) Un film de Derek Kwok avec Nicholas Tse, Shawn Yue, Simon Yam, Hu Jun, Andy On, William Chan, Deep Ng, Patrick Tam, Liu Kai-chi, Ken Hung, Bai Bing, Michelle Wai, Bonnie Sin, Wang Zhi-fei, Siu Yam-yam, Andrew Lau, Kenny Kwan, Luo Shi, Jackie Chan. 115 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 2 janvier 2014.

vendredi 18 octobre 2013

Sorties à Hong Kong (octobre 2013) Special ID


Special ID (特殊身份, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Clarence Ford avec Donnie Yen,    Andy On, Jing Tian, Zhang Han-yu, Yang Kun, Qi Daji, Ngai Sing, Pau Hei-ching, Frankie Ng, Ronald Cheng, Ying Zhi-gang, Ken Lo. 98 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 18 octobre 2013.

jeudi 15 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) Unbeatable


Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013)
Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Li Fei-er, Michelle Lo, Liu Geng-hong. 116 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 15 août 2013.

jeudi 14 mars 2013

Cold war


Un attentat a lieu au beau milieu du quartier de Mongkok dans le cinéma Broadway Circuit. La police est en alerte. Ailleurs, sur l’autoroute, un homme alcoolisé roule à toute vitesse. Cold war démarre sur les chapeaux de roue avec une scène rapide et inspirée, ce qui en cette période de vache maigre est très agréable. Rien à voir entre les deux faits si ce n’est que les cinq policiers, venus arrêter le chauffard, vont être enlevés par des terroristes masqués. Le commissaire en chef (Michael Wong, qui comme à son habitude parle anglais mais qui par chance vient juste faire une courte apparition) est absent. Il confie les rênes de l’enquête à ses deux divisionnaires : Sean Lau (Aaron Kwok), responsable du personnel, et MB Lee (Tony Leung Ka-fai), responsable des opérations. C’est ce dernier qui chapeaute le tout et décide de d’appeler l’opération « Cold war ». Une cellule de crise se met en place dans les locaux immenses et glaciaux des quartiers généraux de la police.

Ce qui impressionne également est le casting pléthorique du film : Lam Ka-tung, Andy On, Charlie Yeung, Terence Yin, Chin Ka-lok et un caméo d’Andy Lau. Chacun a une spécialité dans la police qu’il va utiliser pour tenter de retrouver les flics disparus. Cold war est une course contre la montre où les ravisseurs demandent une rançon. Les policiers sont menés d’un lieu à un autre. La cale d’un bateau est remplie de dynamite. Les matelots sont interrogés avec violence, torturés à l’ancienne par Kwong (Lam Ka-tung) et Shek (Andy On). Un paquet est déposé à la police, il contient un portable pour communiquer avec les bandits. To (Terence Yin), l’informaticien, va tenter de tracer le portable et les GPS des flics enlevés. Le thriller se met en place avec un grand renfort d’effets sonores, la musique tonitruante de Peter Kam appuie chaque moment de suspense et de tension. Quand Vincent (Chin Ka-lok), le fidèle homme de main de Lau meurt sous les balles, sa veuve se crispe de douleur et se met en colère. L’émotion qui devait se dégager de son chagrin ne parvient pas à se créer.

Seulement voilà, la guerre des chefs s’empare de la police. En effet, l’un des policiers enlevés est Joe Lee (Eddie Peng), le fils de MB Lee. Lau estime qu’il a outrepassé ses pouvoirs et qu’il ne peut plus diligenter les investigations. Le film s’engage alors dans de longues scènes de dialogues, ou plutôt d’engueulades entre les deux divisionnaires. Tony Leung Ka-fai est impressionnant avec son crâne rasé et sa barbe. Comme à son habitude, il sait donner du poids à son personnage, élevant la voix avec un regard de fou furieux. Mais le problème réside moins dans le jeu des acteurs (ils sont tous bons) que dans le statisme de ces scènes. Longman Leung et Sunny Luk, qui tournent leur premier film en tant que réalisateurs, ne savent pas comment filmer les dialogues si ce n’est en champ contre-champ des personnages qui parlent entre eux. Le rythme retombe donc fréquemment jusqu’au coup de théâtre suivant qui amène une nouvelle scène d’action.

Une fois les cinq policiers retrouvés, Cold war change de cap avec l’arrivée de deux nouveaux personnages venus mettre leur nez dans toute cette histoire. Mak (Alex Tsui) et Cheung (Aarif Lee) pensent qu’une taupe est responsable de l’enlèvement des cinq policiers. Le film repart donc sur une nouvelle enquête où chaque policier est un suspect en puissance. La tension passe cette fois dans les joutes verbales entre Cheung et les autres, que le jeune policier interroge. Le climax étant l’affrontement avec MB Lee qui, grâce à son sens du discours, parvient à retourner l’interrogatoire en contre-interrogatoire. Evidemment, Tony Leung Ka-fai fait tout le boulot, Aarif Lee fait ce qu’il peut face au talent monstre de son aîné.  Cold war évoque dans cette deuxième partie les luttes de pouvoirs à l’intérieur de la police. MB Lee, comme Lau, veulent la place de chef. Le film, avec son scénario rempli de rebondissements, est malin et, ce qui ne gâche rien, est esthétiquement agréable. Les deux cinéastes lorgnent du côté d’Infernal affairs mais en éludant totalement la vie privée des personnages ce qui les prive d’une complexité psychologique qui aurait permis qu’on se sente plus proches d’eux. Eux aussi veulent la place de chefs du film policier d’action depuis qu’Andrew Lau, parti faire des romances en Chine, a laissé la place vacante.

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012) Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau, Alex Tsui.

jeudi 8 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 novembre 2012.

jeudi 23 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)

Naked soldier (赤裸戰士, Hong Kong, 2012) 
Un film de Marco Mak avec Jennifer Tse, Sammo Hung, Jiang Lu-xia, Philip Ng, Andy On, Ian Powers, Ankie Beilke, Ellen Chan, Lena Lam, Timmy Hung, Anthony Wong, Wilson Tong. 92 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 23 août 2012.


lundi 9 juillet 2012

Le Dernier royaume



Dans A simple life d’Ann Hui, sur lequel j’ai causé il y a quelques jours, on voit une scène avec Andy Lau qui discute avec quelques uns de ses collègues de l’industrie du cinéma de Hong Kong. Ils se demandent quel sera le prochain à prendre pour cadre l’histoire de la Chine antique. Ils se demandent si Andy Lau va tourner une nouvelle et énième version des 3 royaumes. Bref, le film d’Ann Hui interroge la question de tous ces films historiques qui arrivent sur les écrans depuis quelques mois maintenant et qui semblent être tous conçus selon le même moule. Daniel Lee après avoir exploité le filon dans Les 3 royaumes : la résurrection du dragon (avec justement Andy Lau, d’où la private joke) puis dans La 14ème lame, remet le couvert avec Le Dernier royaume. On admirera la constance de l’éditeur dvd pour mettre le point sur le même mot.

Comme le titre l’indique bien, il s’agit d’un récit autour de batailles entre d’un royaume de l’ancienne Chine. Le film se concentre sur celui qui doit devenir le nouvel empereur entre les Han et les Chu après la défaite des Qin. Deux hommes s’affrontent autour de la cité de Xianyang : Liu Bang (Leon Lai) et Xiang Yu (Feng Shaofeng). Mais c’est aussi une jeune femme qui est au centre de leur rivalité. Yuji (Liu Yifei), la concubine de Xiang Yu que Liu Bang surveille sans pour autant la tenir prisonnière. Yuji jour du luth, une manière facile de mettre un peu de douceur dans ce monde brutes. Le premier a comme second l’impétueux Fan Kuai (Jordan Chan, qu’on n’avait pas vu dans un film depuis bien longtemps), comme allié le Général Han (Andy On, un acteur au jeu qui ne cesse de s’améliorer) et Xiang Liang (Zhang Hanyu). Face à ce quatuor, Xiang Yu peut compter sur les judicieux conseils de Fan Zeng (Anthony Wong), un vieillard aveugle aux cheveux blancs, expert en échec et jeu de go. Des ennemis s’affrontent d’ailleurs au jeu de go, Fan Zeng joue cinq parties à la fois. Chaque fois qu’il en gagne une, un homme est torturé : visage déchiqueté, oreille tranchée, doigts coupés, jusqu’à ce que Fan Kuai intervienne enfin.

Tout Le Dernier royaume est constitué autour des stratégies de guerre entre les deux personnages. Pour dire la vérité, très vite, tout cela devient incompréhensible à moins de prendre des notes sur les alliances et les trahisons. L’idée maitresse du film consiste à montrer des seigneurs de guerre qui discutent entre eux avec la plus grande courtoisie puis partent s’affronter avec la plus extrême violence à grand coups de flèches, de sabre et de lance. Donc, dans le film, les scènes de discussion alternent avec les scènes de bataille. Ces dernières sont toutes conçues sur le même modèle à grand renfort d’effets spéciaux. On observe d’un plan d’ensemble (souvent vu du ciel) des milliers de fantassins prêts à attaquer avec force poussière. Puis les archers lancent leur flèches qui dans le plan suivant blessent leurs ennemis avec des ralentis. Enfin, deux adversaires sont pris en particulier avec beaucoup de gros plans histoire de ne pas voir la pauvreté de la chorégraphie des combats. Désormais dans ce genre de films, la lumière est sombre (crépusculaire) et Daniel Lee n'oublie pas de mettre une scène avec de la neige car, on le sait, le sang ça fait poétique dans la neige. Bref, tout très vite devient totalement illisible et ennuyeux d’autant plus que le film s’étire sur 130 minutes qui en paraissent le double. Une autre version du film (The Last supper) réalisée par Lu Chuan, auteur de The City of life and death, vient de sortir en Chine.

Le Dernier royaume (White vengeance, 鴻門宴, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Daniel Lee avec Leon Lai, Feng Shaofeng, Jordan Chan, Zhang Hanyu, Liu Yifei, Anthony Wong, Jia Qing, Andy On, Du Yiheng, Wu Ma, Chen Kuan-tai.

dimanche 17 juin 2012

The Viral factor



Sentant sa fin venir, Madame Fengling (Elaine Kam) décide de dire la vérité à son fils Jon (Jay Chou). Il pensait que son père avait quitté sa mère. Mais c’est elle qui a décidé de partir, ne supportant plus cet époux qui passait tout son temps et son argent à jouer. Elle lui apprend également qu’il a un frère qu’elle a été obligée d’abandonner. Elle demande à Jon d’aller les rejoindre en Malaisie où ils habitent depuis vingt ans afin de former une nouvelle famille. Jon a bien besoin de repos après un grave accident, vu dans la longue et pleine de suspense scène d’ouverture comme Dante Lam sait si bien les faire. Flic, il devait protéger un savant jordanien et le faire sortir en voiture blindée du pays. Sa coéquipière a été tuée dans une embuscade et lui-même a désormais une balle logée dans la tête. La mort rôde constamment dans The Viral factor, film d’action énergique et musclé aux accents funèbres.

Jon rencontre son père par hasard alors qu’il manque de se faire tabasser par un créancier. Ce père Tian (Liu Kai-chi) vit avec la petite Champ (Chrystal Lee), la fille de son autre fils, Yeung (Nicholas Tse) qui depuis des années est en prison. C’est la hasard également qui met sur la route de Jon la scientifique Rachel Kan (Lin Peng). Alors qu’il prend un malaise dans l’avion qui les amène en Malaisie, Rachel le soigne. Il l’ignore toute à fait, mais Yeung est sur les traces de la savante. Il doit la kidnapper contre une forte somme d’argent. Car là aussi, comme par hasard, tout est lié. Rachel Kan peut aider à compléter la formule d’un virus mortel concocté par le savant jordanien que justement Jon cherchait à évacuer. Le commanditaire de cet enlèvement est un riche homme d’affaires américain (évidemment) et il a comme par hasard l’un des anciens collègues de Jon dans ses hommes. Avec beaucoup de calme, Sean (Andy On) dirige l’opération. C’est aussi un homme impitoyable qui n’hésite pas à abattre l’un des ses hommes après l’échec de l’opération. Le hasard fait toujours bien les choses et permet ici à Dante Lam et ses scénaristes d’accélérer le récit mais lui donne un caractère forcé.

L’opposition des personnages apparait également poussive. Jon, le gentil flic face à Yeung, le sale voleur. Les deux frères sont de caractères totalement antagonistes, mais c’est surtout une question de confiance qui constitue le nœud psychologique entre eux. Il faut rappeler que Yeung n’a guère le choix : un sale flic corrompu l’oblige à ces méfaits. Cette figure du flic corrompu, classique dans le cinéma cantonais, avait disparu avec les coproductions avec la Chine. Il revient ici mais avec un flic chinois de Malaisie. De plus, la petite fille a été enlevée par Sean afin de faire plier son oncle de flic et forcer Rachel Kan à trouver la formule du terrible virus. Comme les méchants du film sont particulièrement retors, ils ont inoculé le poison provisoire dans le sang de l’enfant. Le film va bien entendu les faire s’entendre les deux frères mais de manière racoleuse puisque c’est sur les mouvements scénaristiques de la mort du père et de l’empoisonnement de la gamine. Cependant jamais le film ne réussit avec ces deux motifs à donner la moindre émotion.

A vrai dire, The Viral factor s’apparente à une immense course poursuite dans Kuala Lumpur. Passé les scènes d’introduction et les retrouvailles, la chasse à l’antidote dure près de 90 minutes avec pratiquement aucun temps mort, si ce n’est les courtes scènes « scientifiques » avec Rachel Kan dans le laboratoire des méchants. Jon poursuite son frère puis ils sont tous les deux poursuivis par d’autres malfrats. Passé les écueils des situations familiales et des réconciliations mièvres, le film augmente son rythme trépidant et Dante Lam parvient à donner de belles séquences d’actions parfaitement construites avec un montage redoutable. C’est donc un film décevant dans son histoire mais palpitant dans ses scènes d’action.

The Viral factor (逆戰, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Dante Lam avec Nicholas Tse, Jay Chou, Andy On, Carl Ng, Liu Kai-chi, Elaine Kam, Lin Peng, Sammy Hung, Philip Keung, Bai Bing, Deep Ng, Chrystal Lee.

samedi 21 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

The Viral factor (逆戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Dante Lam avec Nicholas Tse, Jay Chou, Bai Bing, Andy On, Carl Ng, Liu Kai-chi, Elaine Kam, Lin Peng, Sammy Hung, Patrick Keung, Deep Ng. 121 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 janvier 2012.

jeudi 8 décembre 2011

Sorties à Hong Kong (décembre 2011)

White vengeance (鴻門宴, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Daniel Lee avec Leon Lai, Jordan Chan, Zhang Hanyu, Liu Yifei, Anthony Wong, Jia Qing, Andy On, Fung Shiu-fung, Du Yiheng, Wu Ma, Chen Kuan-tai. 137 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 décembre 2011.

dimanche 6 novembre 2011

The Lost Bladesman


Il était logique que Donnie Yen ait sa version de l’histoire des trois royaumes. En tant que plus grosse star actuelle de Hong Kong et de Chine (puisque ses films sont aujourd’hui conçus pour pouvoir être présentés au public continental), il ne pouvait pas manquer un concept qui a réussi à John Woo avec ses deux Red Cliff et à Andy Lau avec Les Trois royaumes, la résurrection du Dragon de Daniel Lee (que je n’ai pas vu d’ailleurs). Voici donc The Lost bladesman tourné par Alan Mak et Felix Chong, essentiellement connu pour avoir travaillé avec Andrew Lau pour la trilogie Infernal affairs.
Donnie Yen est le général Guan Yu, un homme courageux et passionné comme dit de lui Cao Cao (Jiang Wen), le premier ministre de l’empereur (Wang Bo-chieh). Cao Cao gouverne seul l’empire car le jeune souverain ne sent pas encore prêt. Mais les guerres entre les trois royaumes font rage. Cao Cao souhaite faire de Guan Yu son allié pour combattre Yan Liang (Chin Siu-ho), son principal rival. Mais le général préfère rejoindre son maître, Liu Bei (Alex Fong Chung-sun) et partir avec la belle Qilan (Betty Sun), promise à Liu Bei mais dont Guan Yu est tombé amoureux il y a de cela des années. Jamais il ne lui a dit mais elle l’a compris et n’est pas insensible au charme de son garde du corps.
Le voyage commence mais Cao Cao fait partir ses pigeons voyageurs à ses mercenaires et décide de tuer Guan Yu, malgré ses promesses de le laisser libre. Le film après une longue introduction prend la forme d’un road-movie où tous les quarts d’heures Guan Yu se bat contre un des mercenaires. L’impression de répétition se fait assez vite sentir, la construction du récit est assez lâche et sans ossature. D’un côté, Donnie Yen (qui a dirigé les scènes de combat) rencontre son ennemi, se bat dans une chorégraphie souvent dynamique et plus réaliste que d’habitude. Je veux dire par là que personne ne vole, ne se déplace ; les combats sont une tradition à la Liu Chia-liang. D’un autre côté, les sentiments amoureux mais interdits entre Guan Yu et Qilan se développent. Cet amour ne se concrétisera pas et de toute façon, il faut savoir garder sa pudeur pour le public.
Ce qui intéresse plus est l’affrontement entre Cao Cao et Guan Yu. Cet affrontement est double. Dans les personnages, Cao Cao a un profond respect pour son adversaire. C’est même de l’admiration tant Guan Yu fait preuve de loyauté, jusqu’à l’aberration d’ailleurs. Guan Yu ne comprend rien à la politique, c’est un soldat avant tout, dont le seul destin est de se battre pour son souverain. The Lost Bladesman commence par l’enterrement de Guan Yu que son bourreau a pourtant voulu rendre exceptionnel. Car Guan Yu était un héros. Il a toujours agi de manière héroïque et c’est cela que Cao Cao admirait. Le deuxième affrontement est entre les acteurs. Jiang Wen vole toutes les scènes qu’il partage avec Donnie Yen qui, parce qu’il joue un personnage univoque, joue de manière très statique. Jiang Wen campe un personnage retords et ambivalent. Son jeu est très fort puisqu’il offre de l’humanité à cet homme machiavélique de politicien. Mais peu importe, on sait tous pourquoi on regardera ce film : pour l’agilité de Donnie Yen. Mais pendant combien de temps réussira-t-il à nous intéresser ? Va-t-il se renouveler ? La suite au prochain numéro.
The Lost bladesman (關雲長, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Donnie Yen, Jiang Wen, Chin Siu-ho, Betty Sun Li, Andy On, Wang Bo-chieh, Alex Fong Chung-sun, Zhao Ke, Li Zong-han, Nie Yuan, Wang Xuebing, Chen Hong, Hei Zi, Yu Ai-lei, Shao Bing, Dong Yong, Zhou Bo.

jeudi 13 octobre 2011

Sorties à Hong Kong (octobre 2011)

Mural (畫壁, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Gordon Chan avec Betty Sun, Deng Chao, Yan Ni, Ngai Sing, Andy On, Mo Xiao-qi, Eric Tsang, Zheng Shuang, Liu Yan, Bao Wenjing. 125 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 13 octobre 2011.



jeudi 28 avril 2011

Sorties à Hong Kong (avril 2011)


The Lost bladesman (關雲長, Hong Kong - Chine, 2011)
Un film de Alan Mak et Felix Chong avec Donnie Yen, Jiang Wen, Chin Siu-ho, Betty Sun Li, Andy On, Wang Bo-chieh, Alex Fong Chung-sun, Zhao Ke, Li Zong-han, Nie Yuan, Wang Xuebing, Chen Hong, Hei Zi, Yu Ai-lei, Shao Bing, Dong Yong, Zhou Bo. 109 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 28 avril 2011.

mardi 15 mars 2011

True legend


True legend le retour de Yuen Woo-ping à la réalisation après une bonne décennie à Hollywood et la fabrication de quelques chorégraphies en Chine pour Jet Li. Et on voit aussi revenir Chiu Man-cheuk, alias Vincent Zhao comme il est écrit au générique, le valeureux sabreur de The Blade après dix ans de série télé. Ensemble, le duo s’attaque à l’un des mythes fondateurs du film de kung-fu, le maître de la boxe ivre, le mendient soûl que Yuen Woo-ping avait illustré dans son deuxième film, Drunken master, il y a 32 ans de cela.
Avant d’en arriver à l’apogée du mendiant, le film se rappelle ses débuts de général. Su (Chiu Man-chiuk) va libérer un prince impériale fait prisonnier. Il est aidé par son demi-frère Yuan (Andy On) que le prince nomme gouverneur d’une province. Su désire se retirer de l’armée et part avec son épouse Ying (Xun Zhou), par ailleurs sœur de Yuan. Cinq ans plus tard, le couple a donné naissance à un garçon Feng et Su s’apprête à fêter l’anniversaire de son père. Ils attendent la visite de Yuan à cette célébration.
Mais Yuan est venu se venger car son père adoptif avait tué son père naturel. Depuis des années, il fomente sa vengeance et s’est entrainée des années pour devenir invincible. Il a notamment acquis la force des poings des cinq venins qui permet de tuer ses adversaires en les empoisonnant par un simple toucher. Yuan tue son beau-père et kidnappe le jeune Feng. Su n’a pas la force de se défendre et est vaincu. Son corps meurtri est jeté dans un fleuve, Ying plonge pour le suivre. Ils seront sauvés par une ermite (Michelle Yeoh), médecin qui vit dans une montagne isolée.
Son épouse est très dévouée et le souvenir de leur fils prisonnier d’un fou est d’une immense douleur. Su reprend petit à petit des forces en s’entrainant. Quand tout à coup, il entend deux hommes qui l’appellent. C’est le Dieu du wushu (Jay Chou) et le Vieux Sage (Gordon Liu) qui virevoltent dans les airs et emmènent Su dans une montagne où des statues immenses serviront de lieux d’entrainement. Le Dieu va apprendre à Su la boxe de l’homme ivre et les longues scènes d’apprentissage, filmées pour être projetées en 3D, fournissent le meilleur de True legend. Jay Chou joue avec la placidité qu’on lui connait et il débrouille plutôt bien dans ce personnage ironique qui se moque de Su.
Le temps de la vengeance est venu. Yuan s’est forgé sur son corps même une carapace d’acier qu’il a cousu sur sa peau. Su est venu chercher son fils et Yuan n’est pas près de le rendre. Tout ne se terminera pas bien car, dans sa folie, Ying a été sacrifiée, l’épouse de Su meurt et ce dernier plonge dans une grande dépression. Chiu Man-cheuk reste un artiste martial d’exception et les chorégraphies des combats sont très élaborées et retravaillées avec un grand nombre d’effets spéciaux : ralentis, défi à la gravitation. On est très loin de la simplicité de Drunken master. En revanche, l’acteur n’est pas un bon dramaturge et ses scènes d’émotion sont très forcées.
Les trois quarts du film sont à la limite du fantastique puisqu’il y est question de figures légendaires et divines. Tout se gâte quand Su revient dans une Chine quotidienne dans le dernier quart. Il est mendiant et alcoolique. Le petit Feng a promis de s’occuper de son père. Mais il faut que la légende s’imprime et True legend plonge dans les écueils du film nationaliste. Un affreux américain, incarné par David Carradine dans son dernier rôle, organise de sauvages combats de boxe pour humilier les Chinois. C’est un personnage ingrat qui plombe le film, mais telle semble devenue la mode dans les films de kung-fu. Vivement que ça s’arrête.
True legend (蘇乞兒, Chine, 2010) Un film de Yuen Woo-ping avec Chiu Man-cheuk, Jay Chou, Guo Xiaodong, Michelle Yeoh, Andy On, Xun Zhou, Le Cung, Butterbean, David Carradine, Conan Stevens.

samedi 5 février 2011

Looking for Mister Perfect


Grace (Shu Qi) est policière. Après une enquête difficile, elle est sujette à des cauchemars qui la perturbent. Avec son amie Joey (Isabel Chan), mannequin de son état, elle part en Malaisie prendre quelques jours de vacances où un photoshoot est prévu. Vacances, j’oublie tout sauf quand un criminel décide de faire de ce coin paradisiaque le lieu où il doit acheter des plans militaires ultra secret. C’est Chan (Lam Suet), l’agent libidineux de Joey qui doit amener à Poon (Simon Yam) les plans. Ce qu’il ne faut pas se demander est pourquoi un agent de mannequins a ces secrets, sinon on ne profite pas de cette comédie enlevée.

Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. D’abord parce que Crab (Chapman To), un indic de Grace est aussi dans l’hôtel (pourquoi ? faut pas demander !) et qu’il a entendu que les plans seront échangés contre cinq millions de dollars. Il veut s’emparer de l’argent. Crab va s’emparer de la valisette mais ce n’est pas l’argent qui est dedans mais les plans, ce qui n’intéresse pas le petit voleur. Seulement voilà, Poon n’est pas un homme qui se laisse mener par le bout du nez et chercher à récupérer son bien.

Dans la chambre voisine de Joey et Grace, deux flics de Hong Kong espionnent les demoiselles. Teddy alias N°1 (Hui Siu-hung) et Alex alias N°2 (Andy On) sont persuadés que les filles sont complices de Poon. N°1 ordonne à N°2 d’aller flirter avec Grace ce qui rend fous de jalousie deux hommes qui tentent depuis des mois de la séduire et qui l’ont suivie. Vincent (Raymond Wong Ho-yin) et Ken (Godfrey Ngai) s’affrontent à coups de cadeaux à Grace et de phrases assassines entre eux. Pour le grand bonheur du spectateur, chaque personnage ignore ce qu’il vient faire dans cette histoire où les plans secrets ne sont qu’un MacGuffin qui fonctionne à merveille.

Ce qui compte dans Looking for Mister Perfect, ce sont les personnages hauts en couleur et les situations pleines de quiproquos. Le tout filmé par un Ringo Lam en grande forme qui fait de son film une variation de dessin animé avec ses petits gimmicks sonores, ses situations abracadabrantes qui se retournent contre les personnages et une romance aussi improbable que possible. Et pourtant ça marche, on rit souvent aux facéties des personnages et au ridicule de certaines situations qui sont assumés par le réalisateur.

Shu Qi est évidemment très bien dans son personnage de gentille fille débordée par les événements mais qui n’hésite pas à donner du coup de pied quand on l’embête. Son duo avec Chapman To est sur le mode du je t’aime moi non plus. Crab se met dans des situations qu’il ne peut pas assumer et cela dès le début du film. Il est un personnage de garçon lourdingue qui manque de toujours tout faire rater. Il s’incruste dans la chambre de Grace et Joey pour se protéger et Grace prend un malin plaisir à le « torturer », à lui demander de se taire et à le gronder comme un petit garçon, d’autant que sa copine Tina (Cody Lee) n’en manque pas une non plus.

On passera plus rapidement sur James (Nelson Cheung), le photographe gay jaloux que son petit ami Richard (le costaud David Wu) ne drague Joey. Le duo Raymond Wong Ho-yin et Godfrey Nagi, toujours à côté de leurs pompes est bien plus amusant comme celui de Hui Siu-hung et Andy On, le jeune flic mignon et le vieux flic dégarni qui ne cessent de s’humilier mutuellement. Le personnage de Lam Suet est dans un registre ingrat d’homme obsédé sexuel qui drague de manière très lourde Joey qui le fait marcher. L’épouse de Lam Suet (Crystal Tin) est toujours là pour lui rappeler qu’il est marié.

C’est Simon Yam dans son personnage de Poon, le mafieux qui veut acheter les plans qui offre le plus beau spectacle comique du film. Il arrive toujours avec ses deux stupides hommes de main et sa copine (Ruby Wong). Tous les quatre ne communiquent qu’en claquant des doigts, ce qui fait que parfois les deux molosses ne comprennent plus rien. Simon Yam est affublé de fringues d’un kitsch absolu mais il pense être à la pointe de la mode (pantalon vert, débardeur rose par exemple) et qui se met, de manière incongrue, à se lancer dans des pas de danse. C’est un personnage très bédé, haut en couleurs, très à l’opposé de ses rôles dans les films de Johnnie To. C’est un film assez bête mais très amusant.

Looking for Mister Perfect (奇逢敵手, Hong Kong, 2001) Un film de Ringo Lam avec Shu Qi, Isabel Chan, Andy On, Hui Siu-hung, Simon Yam, Ruby Wong, Lam Suet, Chapman To, Raymond Wong Ho-yin, Godfrey Ngai, David Wu, Wayne Lai, Nelson Cheung, Crystal Tin, Cody Lee.

mardi 1 juin 2010

Crossing Hennessy


Hennessy Road est une rue commerçante de New Kowloon et tous les matins, Loy (Jacky Cheung) a bien du mal à se lever pour aller travailler au magasin d’électroménager que tient sa mère, Madame Chiang (Paw Hee-ching). Loy dort à poing fermé quand le réveil sonne, toujours trop fort et le surprend dans ses rêves où il est avec son père décédé (Lowell Lo, que l’on n’avait pas vu depuis longtemps) qui lui prodigue de bons conseils pour sa vie de nonchalant velléitaire. Ces courtes scènes de rêves où l’image est déformée et flottante ponctue le film, scènes immédiatement suivies d’un réveil brutal de Loy apportant un soupçon de comédie.


Loy vit avec sa tante (Mimi Chu) qui lui prépare de bons petits plats même quand il n’a pas d’appétit, même quand il n’a pas envie de manger. La tante prépare aussi la cuisine pour tout le personnel du magasin de Madame Chaing, sa sœur. Dans cette boutique où les clients ne sont pas nombreux, surtout pendant l’heure de la pause déjeuner, l’Oncle Ching (Danny Lee) vient souvent rendre visite à Madame Chiang. Ils sont amants platoniques et elle est jalouse de Jo Jo, le petit chien qui accompagne dans tous ses gestes Ching. Elle pense qu’il se préoccupe plus du toutou, qui mange à même son bol, que d’elle. Ce qui a le don de la mettre dans une des colères noires.


Loy est célibataire. Ou plutôt, malgré ses quarante ans bien sonnés, il ne s’est toujours pas remis de la rupture d’avec Mina Siu (Maggie Cheung Ho-yee, pas celle de Wong Kar-wai), qui est devenue photographe et dont les affaires marchent bien. Mais, ils restent amis. Deux commerçants voisins hébergent leur nièce Oi Lin (Tang Wei) et Madame Chiang s’est mise dans la tête qu’elle pourrait épouser Loy. Seulement voilà, Oi Lin a un petit ami Xu (Andy On), petite frappe qui purge une courte peine de prison pour agression. Loy et Oi Lin sont prévenus des intentions maritales des parents.


Ivy Ho concocte une comédie douce-amère sur la solitude d’un homme qui ne veut plus avancer. Il est coincé dans cette rue d’Hennessy n’arrive même plus à dire à une jeune fille qu’il pourrait l’aimer. Loy est sans doute un faible, en comparaison de sa mère, c’est certain. Elle contrôle tout : elle dirige son magasin d’une main de fer, elle voudrait que Ching se débarrasse de son petit chien, elle oblige sa sœur à faire à manger pour tout le monde. Et elle a le pouvoir sur son fils. Une scène à ce titre est formidable. Madame Chiang est persuadé que Ching a une aventure avec sa sœur. Elle en fait une attaque. A l’hôpital où Loy lui donne la béquée, Ching arrive. Elle se cache sous le drap. Il pense qu’il lui en veut toujours. Mais non, elle refuse qu’il la voie sans maquillage, à nu, faible.


Loy est faible comparé à Xu. Andy On apparait tout en muscle face à Oi Lin, toute frêle. Il sort de prison et les deux jeunes amoureux se retrouvent. Mais le travail de séduction en sourdine de Loy a eu un effet sur Oi Lin. Ils ne couchent pas ensemble mais vont voir des expos, boire un café, se promener (on se promène beaucoup dans Crossing Hennessy, sans pour autant toujours bavarder – une des forces du film). Xu est jaloux, maladivement. Il décide de casser la gueule de Loy qui ne se défend pas beaucoup, mais une simple phrase va faire comprendre à Xu que Oi Lin lui est perdue, qu’elle a traversée la rue pour être avec Loy.


Ivy Ho filme avec délicatesse et subtilité les rapports entre les personnages. Elle évite l’écueil du lyrisme (peu de musique) comme elle ne tombe pas dans le piège du romantisme béat. Ce genre de film est très rare à Hong Kong, on se croirait dans un film indépendant américain réussi, mettons un film de Woody Allen où la mère juive aurait été remplacée par Madame Chiang. Les interprètes sont pour beaucoup dans la réussite de Crossing Hennessy. Je ne pensais plus que Jacky Cheung, comme Danny Lee d’ailleurs, pouvaient être sobres. Derek Tsang fait une courte apparition en médecin, Ekin Cheng en dentiste et Maggie Siu en officier de mariage. Et les deux actrices Paw Hee-ching, en mère abusive, et Mimi Chu, en tante désabusée, sont formidables.


Crossing Hennessy (月滿軒尼詩, Hong Kong, 2010) Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Paw Hee-ching, Maggie Cheung Ho-yee, Andy On, Danny Lee, Mimi Chu, Lowell Lo, Gill Mohindepaul Singh, Kwok Fung, Margaret Cheung, Lam Wai, Wu Man-fei, Derek Tsang, Ekin Cheng, Maggie Siu.


sur la photo : Jacky Cheung et Mimi Chu.