jeudi 27 mars 2014
Sorties à Hong Kong (mars 2014) Horseplay
vendredi 13 septembre 2013
Anna in Kungfu-land
jeudi 4 avril 2013
Sorties à Hong Kong (avril 2013) Saving General Yang
jeudi 6 décembre 2012
Sorties à Hong Kong (décembre 2012)
samedi 1 septembre 2012
Love in the buff
dimanche 29 janvier 2012
East meets West 2011

mardi 17 janvier 2012
Return to a better tomorrow

Malgré son titre, Return to a better tomorrow, n’est pas la suite ou le sequel d’un des Syndicat du crime. Il est cependant évident que Wong Jing choisit ce titre, y compris en chinois, pour bien indiquer que les personnages sont des membres des triades et qu’ils en sont les héros avec toutes les caractéristiques habituelles : loyauté, vengeance et violence. Alors bien entendu, tout ça est la sauce Wong Jing, ce qui n’est pas négatif en soi, mais correspond à l’idée que le cinéaste pique ici et là quelques manières de mise en scène et appuie toujours sur ces trois éléments cités ci-dessus. A force, on a parfois l’impression de voir une parodie de film de triades.
Le film décrit la rencontre à la vie à la mort entre deux hommes. Lobster (Lau Ching-wan) est un jeune gars plein de vitalité, qui se dit membre des triades bien que sa position soit tout en bas de l’échelle. Constamment vétu d’un bermuda et d’une chemise hawaiiennes (il rêve de partir s’installer à Honolulu), Lobster est mariée à une femme qui le trompe allégrement. Ensemble ils ont eu une petite fille (Fung Chung-yee) qui est malmenée par sa mère. Elle se fait fouetté (on voit les marques) et pour pouvoir baiser tranquille, la mère l’enferme dans une cage sur le toit de l’immeuble. L’émotion est facile, il suffit de montrer le visage de la gamine sur une musique aux envolées lyriques. On sent un peu trop bien le drame de la famille désunie. C’est très racoleur.
Lobster rencontre Tong Chun (Ekin Cheng) alors que ce dernier s’apprête à abattre l’un de ses rivaux. Rien ne se passe comme prévu. Le guet-apens se retourne contre Tong Chun puisque sa future victime s’avère bien plus fort qu’eux, mais Lobster, caché avec une barre de fer, parvient à abattre l’adversaire mais ressort blessé. Tong Chun a un caractère inverse : calme, posé, agissant après avoir murement réfléchi, il porte de beaux costumes mais sans ostentation. Il est marié à Chili (Chingmy Yau), belle femme qui tient un karaoké. Tout ne va pas bien dans leur couple mais les éléments vont les rapprocher. L’ennemi est justement un client fidèle du karaoké de Chili : Liu Kei (Ben Lam), un autre membre de triades.
Les événements vont s’enchainer. C’est bien simple, Kei veut le pouvoir et a décidé de se débarrasser de Tong Chun. Toutes les méthodes sont bonnes mais la meilleure est sans doute de le tuer. Mais Tong Chun choisit de s’exiler, de tout quitter sans donner de nouvelles. Un tueur à gages est mis à ses trousses. Holland Boy (Ngai Sing), appelé ainsi parce qu’il a les cheveux teints en blond, est un homme vicieux et brutal qui tuera tous ceux qui se mettent sur son chemin. Deux ans se passent, Lobster est devenu un homme honorable et Tong Chun cherche à se venger. Chili est devenue accro à l’héroïne. Le personnage de Michael Wong arrive comme un cheveu sur la soupe, il interprète un flic infiltré mais son jeu est si mauvais qu’il gpache chaque scène où il apparait. Les gunfights sont filmés à grand coups de ralentis mais ne portent jamais aucune tension. Le film se veut très noir mais à cause de tous les clichés mal agencés, Return to a better tomorrow finit par lasser.
Return to a better tomorrow (新英雄本色, Hong Kong, 1994) Un film de Wong Jing avec Lau Ching-wan, Ekin Cheng, Chingmy Yau, Ben Lam, Ngai Sing, James Wong, Michael Wong, Paul Chun, Parkman Wong, Lo Meng, Fung Chung-yee.
vendredi 13 janvier 2012
Boys are easy

Les trois filles de la famille Ching sont encore célibataires. Leur père (Richard Ng) avec la complicité du fils Siu-pei (Jimmy Lin) et de l’oncle Sai (Wu Fung) a trouvé un plan machiavélique pour les contraindre à se marier. Il les réunit le soir de son anniversaire pour leur annoncer une bien mauvaise nouvelle : il a un cancer, il ne lui reste plus que deux mois à vivre et aimerait qu’elles trouvent un bon mari et qu’elle se casent. Il faut dire que les demoiselles habitent encore chez leur papa. Par contre, le fils, lui semble trop jeune pour rentrer dans ce jeu du mariage. Voilà donc la chasse à l’homme de Boys are easy, pendant féminin de Perfect girls ou Doubles cause troubles. La machine Wong Jing est lancée.
Comme il se doit, pour la mécanique comique fonctionne, les trois filles Ching sont de caractère très opposés. Ching Siu-tung (Brigitte Lin), qui porte le même nom que le réalisateur chorégraphe, est policière. Elle porte une cravate, s’attache les cheveux longs et se comporte comme un mec. Le film s’ouvre sur son personnage quand elle chasse un truand (Ken Lo) qui décidera plus tard de mettre sa tête à prix pour assouvir sa vengeance. Elle tombe par hasard sur Simon Tse (Tony Leung Ka-fai), un gigolo qu’elle engage pour la faire passer pour son fiancé. Tony Leung Ka-fai et Brigitte Lin forment le duo vedette de Boys are easy car leur personnalité est opposée.
Les deux interprètes assument le show bien plus que les autres personnages. Simon Tse est considéré par Siu-tung comme une prostituée, renversant les rôles habituellement. Il parodie, dans une scène hilarante, Mark dans Le Syndicat du crime, arrivant dans le salon de « karaoké » avec un flingue dans chaque main sur la musique du film. Siu-tung prend peur et lui tire dessus. Ses cheveux sont tout ébouriffés, son visage noir de fumée et son air abasourdi. Mais, comme dans un dessin animé, il se baisse, sortant du plan, et remonte bien coiffé et tout nettoyé. On voit également Tony Leung Ka-fai faire un strip-tease dans une boîte. Plus tard, il prendra par erreur de la drogue et elle boira beaucoup d’alcool. A partir de ce moment, ils peuvent coucher ensemble et enfin rétablir l’ordre naturel des choses tel que le vante dans ses films Wong Jing. La seule question, à laquelle on connait la réponse, est de savoir s’ils vont s’aimer sincèrement.
Les deux autres sœurs sont dans le même cas. Elles ont rencontré deux hommes opposés à elles. Ching Siu-nam (Maggie Cheung) est assistante sociale et va tenter de remettre sur le droit chemin Wu Ying (Jacky Cheung), qui se passer pour un membre des triades dans son quartier. Elle va essayer de se rebeller en s’habillant en rockeuse et se faire appeler VietNam Rose. Lui va tenter de devenir un gentil garçon, d’arrêter de gueuler contre tour le monde et de s’habiller bien. Mais ils se rendent compte que, non seulement leur amour est sincère, mais qu’en plus ils se préfèrent avec leur vrai caractère. Enfin, Ching Siu-sze (Chingmy Yau) est infirmière. Pour une raison de quiproquo, elle se fait passer pour une prostituée et drague Chi Ko (Ekin Cheng) qui se fait passer pour un puceau. Boys are easy vaut ce que ce valent ses acteurs. Les deux premiers duos-couples sont les plus amusants. Le film se termine comme on l’imagine, les couples se disputent et se reconstituent grâce à la méchanceté du personnage de Sandra Ng, venue faire une apparition très lourde mais très drôle. Elle vient voler la fortune du père et tout le monde se liguera contre elle. A la fin, la norme l’aura emporté, comme on s’y attendait.
Boys are easy (追男仔, Hong Kong, 1993) Un film de Wong Jing avec Brigitte Lin, Maggie Cheung, Chingmy Yau, Tony Leung Ka-fai, Jacky Cheung, Ekin Cheng, Richard Ng, Jimmy Lin, Sandra Ng, Wu Fung, Shing Fui-on, Helena Law, Ken Lo.
jeudi 24 novembre 2011
Sorties à Hong Kong (novembre 2011)
jeudi 8 septembre 2011
Sorties à Hong Kong (septembre 2011)
jeudi 25 août 2011
Sorties à Hong Kong (août 2011)

lundi 23 août 2010
Once a gangster
Une nouvelle parodie d’Infernal affairs, mais pour une fois, une bonne sans l’ombre de Wong Jing. Une parodie faite avec intelligence qui emprunte également à Election et à The Triad zone de Dante Lam pour, en fin de compte, produire quelque chose de neuf. Il était temps. Il faut dire que Felix Chong était le scénariste des Infernal affairs. Mais parodier ne suffit pas, il faut trouver les acteurs adéquats. Et le retour de Jordan Chan dans le personnage de cet homme des triades qui ne veut pas devenir le chef est une superbe idée.
Once a gangster commence par la genèse du groupe. Kerosene (Alex Fong Sun-fong), grande gueule, chemises bariolées et lunettes fumées se prépare en faisant entrer un groupe de nouveau dans le clan. Ils sont tous en slip et doivent faire allégeance au chef, Monsieur Tsa (Samuel Kwok). L’un d’eux se démarque. C’est le frêle Roasted Prok (Derek Tsang qui joue ce personnage jeune). Il veut rentrer dans la triade pour ne pas avoir à payer l’impôt quand il ouvrira un restaurant. C’est un excellent cuisinier. Le film avance dans le temps par ellipse. Kerosene est devenu chef du clan. Roasted Pork est devenu son bras droit, c’est désormais Jordan Chan qui l’incarne.
Quand le temps de règne de Kerosene est passé et qu’une nouvelle élection arrive, Roasted Pork semble l’homme tout désigné pour assumer le poste. Seulement voilà, il possède un bon nombre de restaurants à Hong Kong. Il envisage d’en ouvrir au Japon où il pourrait même s’installer d’autant qu’il espère que ses deux enfants y feront leurs études plus tard. Il n’était rentré que pour ouvrir ses restaurants et sûrement pas pour prendre la tête de la triade. Et sa femme, Nancy (Michelle Ye) veut qu’il se retire, elle l’exige même. Et ça tombe bien parce que d’autres veulent la place du chef.
A commencer par Scissors (Conroy Chan) que tout le traite comme un idiot. Et il l’est. Son bras droit est Yan (Wilfred Lau), bras dans le plâtre et qui fait du morse. Là, Once a gangster parodie Infernal affairs pour le meilleur du rire puisque tout le monde semble avoir compris que Yan est une taupe de la police. Sauf lui et Scissors. Ainsi, on le voit appeler l’inspecteur juste à côté des autres qui entendent tout et qui changent les plans. Yan se trompe parfois de bras quand il met son plâtre mais Scissors ne pige rien parce qu’il confond sa droite et sa gauche.
Et puis il y a Candice Yu. Enorme ! Lady Pearl apparaît au détour quand les élections approchent. C’est la seule femme au milieu de tous ces hommes des triades et elle compte bien faire entendre sa voix. Son fils est en prison depuis vingt ans et doit sortir justement ce jour-là et elle demande à ce qu’il soit le nouveau parrain. Swallow (Ekin Cheng) sort de geôle avec tous ses hommes derrière mais il n’a qu’une idée, devenir étudiant en économie et compte bien passer un diplôme. On le voit, à part le retardé mental, personne ne veut devenir chef en remplacement de Kerosene.
Jusqu’à alors, Once a gangster était déjà un film plaisant, superbement photographié, avec des moments d’humour bien sentis, mais il prend dès lors un virage burlesque en retournant tous les clichés élaborés dans les films de triades cités plus haut. Il s’agit maintenant de retrouver le sceptre qui donnera à son possesseur le titre de chef. Et la police s’en mêle avec un inspecteur qui ressemble à Andy Lau (Geoffrey Wong) qui est un peu dépassé. Les acteurs s’amusent comme des fous, et le spectateur par la même occasion, à jouer des idiots, des veules et surtout à mentir tout le temps et à tout le monde. Un grand plaisir pur et simple.
Once a gangster (飛砂風中轉, Hong Kong, 2010) Un film de Felix Chong avec Jordan Chan, Michelle Ye, Candice Yu, Alex Fong Sun-fong, Conroy Chan, Ekin Cheng, Wilfred Lau, Cheng Sze-kwan, Samuel Kwok, Ben Yuen, Nan Pong, Derek Tsang, Wong Yaun-nam, Geoffrey Wong.
dimanche 13 juin 2010
Claustrophobia
Ils sont cinq dans une voiture. Thomas (Ekin Cheng) conduit. Sur sa gauche, au siège passager, Karl (Felix Lok), derrière Pearl (Karena Lam) et Jewel (Chucky Woo) et au milieu John (Derek Tsang). Ils partent du travail, rentrent chez eux. A fur et à mesure du trajet, chacun quitte la voiture. Ils ne se disent pas grand-chose, mais des regards laissent sous entendre qu’ils aimeraient se parler, évoquer ce qui pourraient les lier les uns avec les autres. Chacun de ces cinq personnages aimeraient s’aimer mais n’iront pas plus loin que leur relation de collègues. Le sujet de Claustrophobia, premier film en tant que réalisatrice d’Ivy Ho, est l’incommunicabilité.
La scène inaugurale dure près de vingt minutes. Le spectateur, comme les personnages sont coincés dans cette voiture filmée dans des tons verdâtres qui tournent au glauque (je parle de la couleur). Jewel joue avec son portable incrusté de perles rouges, des babioles. John a des regards langoureux qu’il tente de réprimer. Pearl regarde Thomas et Karl est le premier à partir. Les discussions portent sur le travail. Il n’y a aucun sous entendu dans les dialogues. On se croirait presque dans un film d’Abbas Kiarostami.
Ivy Ho filme en douceur les soubresauts des âmes de ses personnages. Ils restent obscurs et ne se dévoilent que très lentement. Claustrophobia déroule son récit à l’envers, une semaine plus tôt, un mois plus tôt, six mois plus tôt, un an plus tôt. On apprend à connaître les personnages qui se découvrent eux-mêmes et là, on se rend compte que la situation traine depuis des lustres, que toutes les frustrations sentimentales que chacun exerce sur l’autre n’évolue pas. On est très loin des rapports employés / patron qui faisaient la romance humoristique de Needing you de Johnnie To et Wai Ka-fai.
Il faut en fin de compte une bonne dose de courage pour tourner une romance en sourdine telle que Claustrophobia. A Hong Kong, c’est très rare de voir des personnages ne pas exprimer leurs sentiments, ne pas aller jusqu’au bout de leur volonté. Paradoxalement, cette atmosphère éthérée apporte un supplément de réalité, et comme le titre l’indique, un sentiment de claustrophobie. Les acteurs, Ekin Cheng en tête, sont tous d’une sobriété que l’on n’imaginait plus. Eric Tsang, dans sa courte apparition, est très en dessous de son habituel registre. Ivy Ho, l’une des scénaristes les plus reconnues de films romantiques, a récidivé en tenant la bribe à Jacky Cheung dans Crossing Hennessy. Une cinéaste à suivre.
Claustrophobia (親密, Hong Kong, 2008) Un film de Ivy Ho avec Karena Lam, Ekin Cheng, Andy Hui, Eric Tsang, Felix Lok, Derek Tsang, Chucky Woo.
dimanche 6 juin 2010
Divergence
Suen (Aaron Kwok) est « la voix de la police » de Hong Kong, bel homme qui rentre parfaitement dans ses costumes de marque, il représente l’image de marque des forces de l’ordre de Hong Kong. Il achemine en avion un gros ponte du banditisme, des menottes les lient dans tous leurs déplacements. Mais l’homme est abattu par Coke (Daniel Wu) dès son arrivée sur le sol de l’île. Un homme d’affaires pas très net va devoir faire face au zèle de Suen pour faire avancer la vérité. Il va trouver sur son chemin son avocat To (Ekin Cheng).
Chaque acteur campe un personnage qui n'aurait pas du se rencontrer à cause de leurs divergences. Suen est incompris de ses supérieurs, solitaire, il passe le clair de son temps à pleurer dans sa voiture. Il ne s'est toujours pas remis de la disparition de sa femme dix ans plus tôt. Coke est un tueur à gages qui tombe amoureux de la fille qui sert de liaison entre ses commanditaires et lui. Daniel Wu minaude, clope au bec, en jeune homme sûr de son pouvoir de séduction. Ekin Cheng est transparent dans son rôle d'avocat au service du mal. Sans la fin du film grotesque, on dirait qu'il est venu ici pour observer.
La première moitié de Divergence présente les personnages, ce qui les lient les uns aux autres et ce qui les opposent. La deuxième partie demeure une accumulation de lieux communs du film policier auquel la vie matrimoniale des protagonistes est censée apporter du neuf. Entre les deux parties, se trouve une belle scène de poursuite. Suen poursuit en courant Coke dans les rues de Hong Kong. Ici, Benny Chan se montre excellent. La course se termine dans un marché bondé. Chan travaille alors sur le son et le ralenti.
On notera la présence du toujours génial Eric Tsang. Il travaille à la morgue et sa philosophie de la mort est drôle. Lam Suet joue encore une fois un indic. Divergence se moque aussi de la cantopop avec le personnage d'un jeune chanteur assez nul et très imbu de son talent. Le garçon se fera enlever par des méchants. Le reste du film a un air de déjà vu. Le scénario est un peu confus et trop fourni, avec beaucoup trop de psychologie et une image beaucoup trop léchée pour montrer le côté sombre de chaque personnage.
Divergence (三岔口, Hong Kong, 2005) Un film de Benny Chan avec Aaron Kwok, Ekin Cheng, Daniel Wu, Gallen Law, Angelica Lee, Ning Jing, Eric Tsang, Jan Lam, Yu Rong-guang, Lau Siu-ming, Lam Suet, Sam Lee, Tony Ho, Chloe Chiu, Samuel Pang, Anson Leung, Tommy Yuen.
mardi 1 juin 2010
Crossing Hennessy
Hennessy Road est une rue commerçante de New Kowloon et tous les matins, Loy (Jacky Cheung) a bien du mal à se lever pour aller travailler au magasin d’électroménager que tient sa mère, Madame Chiang (Paw Hee-ching). Loy dort à poing fermé quand le réveil sonne, toujours trop fort et le surprend dans ses rêves où il est avec son père décédé (Lowell Lo, que l’on n’avait pas vu depuis longtemps) qui lui prodigue de bons conseils pour sa vie de nonchalant velléitaire. Ces courtes scènes de rêves où l’image est déformée et flottante ponctue le film, scènes immédiatement suivies d’un réveil brutal de Loy apportant un soupçon de comédie.
Loy vit avec sa tante (Mimi Chu) qui lui prépare de bons petits plats même quand il n’a pas d’appétit, même quand il n’a pas envie de manger. La tante prépare aussi la cuisine pour tout le personnel du magasin de Madame Chaing, sa sœur. Dans cette boutique où les clients ne sont pas nombreux, surtout pendant l’heure de la pause déjeuner, l’Oncle Ching (Danny Lee) vient souvent rendre visite à Madame Chiang. Ils sont amants platoniques et elle est jalouse de Jo Jo, le petit chien qui accompagne dans tous ses gestes Ching. Elle pense qu’il se préoccupe plus du toutou, qui mange à même son bol, que d’elle. Ce qui a le don de la mettre dans une des colères noires.
Loy est célibataire. Ou plutôt, malgré ses quarante ans bien sonnés, il ne s’est toujours pas remis de la rupture d’avec Mina Siu (Maggie Cheung Ho-yee, pas celle de Wong Kar-wai), qui est devenue photographe et dont les affaires marchent bien. Mais, ils restent amis. Deux commerçants voisins hébergent leur nièce Oi Lin (Tang Wei) et Madame Chiang s’est mise dans la tête qu’elle pourrait épouser Loy. Seulement voilà, Oi Lin a un petit ami Xu (Andy On), petite frappe qui purge une courte peine de prison pour agression. Loy et Oi Lin sont prévenus des intentions maritales des parents.
Ivy Ho concocte une comédie douce-amère sur la solitude d’un homme qui ne veut plus avancer. Il est coincé dans cette rue d’Hennessy n’arrive même plus à dire à une jeune fille qu’il pourrait l’aimer. Loy est sans doute un faible, en comparaison de sa mère, c’est certain. Elle contrôle tout : elle dirige son magasin d’une main de fer, elle voudrait que Ching se débarrasse de son petit chien, elle oblige sa sœur à faire à manger pour tout le monde. Et elle a le pouvoir sur son fils. Une scène à ce titre est formidable. Madame Chiang est persuadé que Ching a une aventure avec sa sœur. Elle en fait une attaque. A l’hôpital où Loy lui donne la béquée, Ching arrive. Elle se cache sous le drap. Il pense qu’il lui en veut toujours. Mais non, elle refuse qu’il la voie sans maquillage, à nu, faible.
Loy est faible comparé à Xu. Andy On apparait tout en muscle face à Oi Lin, toute frêle. Il sort de prison et les deux jeunes amoureux se retrouvent. Mais le travail de séduction en sourdine de Loy a eu un effet sur Oi Lin. Ils ne couchent pas ensemble mais vont voir des expos, boire un café, se promener (on se promène beaucoup dans Crossing Hennessy, sans pour autant toujours bavarder – une des forces du film). Xu est jaloux, maladivement. Il décide de casser la gueule de Loy qui ne se défend pas beaucoup, mais une simple phrase va faire comprendre à Xu que Oi Lin lui est perdue, qu’elle a traversée la rue pour être avec Loy.
Ivy Ho filme avec délicatesse et subtilité les rapports entre les personnages. Elle évite l’écueil du lyrisme (peu de musique) comme elle ne tombe pas dans le piège du romantisme béat. Ce genre de film est très rare à Hong Kong, on se croirait dans un film indépendant américain réussi, mettons un film de Woody Allen où la mère juive aurait été remplacée par Madame Chiang. Les interprètes sont pour beaucoup dans la réussite de Crossing Hennessy. Je ne pensais plus que Jacky Cheung, comme Danny Lee d’ailleurs, pouvaient être sobres. Derek Tsang fait une courte apparition en médecin, Ekin Cheng en dentiste et Maggie Siu en officier de mariage. Et les deux actrices Paw Hee-ching, en mère abusive, et Mimi Chu, en tante désabusée, sont formidables.
Crossing Hennessy (月滿軒尼詩, Hong Kong, 2010) Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Paw Hee-ching, Maggie Cheung Ho-yee, Andy On, Danny Lee, Mimi Chu, Lowell Lo, Gill Mohindepaul Singh, Kwok Fung, Margaret Cheung, Lam Wai, Wu Man-fei, Derek Tsang, Ekin Cheng, Maggie Siu.
sur la photo : Jacky Cheung et Mimi Chu.
jeudi 20 mai 2010
Sorties à Hong Kong (mai 2010)
jeudi 1 avril 2010
Sorties à Hong Kong (avril 2010)













