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mardi 6 mai 2014

Vampire hunters


Comme chaque fois qu’il est en crise artistique et commerciale (bref qu’il produit ou tourne des mauvais films qui n’attirent pas le public), Tsui Hark reprend ses vieilles recettes. Ça arrive à peu près tous les dix ans. En 1991, avec Il était une fois en Chine, ça avait bien marché, en 2002 après son effroyable carrière à Hollywood, les épouvantables Legend of Zu et Black Mask 2, le cinéaste engage Wellson Chin, tâcheron responsable des Top squad pour tourner Vampire hunters, revival des kung-fu ghost comédies, genre fécond des années 1980 mais terriblement abâtardi au fil des années. Le film n'est jamais sorti à Hong Kong.

Soit, au 17ème siècle, un maitre taoïste et ses quatre disciples, chasseurs de vampires. Ils s’appellent Thunder (Ken Cheung), Rain (Michael Chow), Wind (Lam Suet) et Lightning (Danny Chan). Ils sont tous très inexpérimentés pour affronter le zombie / vampire qu’ils ont en face d’eux. Visage à la chair décomposée, fumée qui sort de sa gueule et tunique en lambeaux, le démon en encore beaucoup de force pour briser les chaines que les chasseurs de vampire lui lancent pour l’attraper. Le monstre s’échappe dans une immense explosion non sans laisser les quatre chasseurs sans leur maître.

Trois mois plus tard, le feu éteint, ils repartent à la recherche de leur maitre en espérant qu’il ne soit pas devenu un vampire. Ils se font embaucher par Monsieur Jiang (Yu Rong-guang) qui s’apprête à marier son fils, un célibataire pas très malin et mal dégrossi, à la très belle Sa-sa (Anya). Mais rien ne se passe comme prévu avec l’attaque du démon qui aspire la substance vitale du fiston mais aussi celle de nombreux de ses domestiques. Une fumée sort de la bouche du démon et rentre dans la gorge de sa victime qui meurt dans d’atroces souffrances.

Le film joue sur plusieurs tableaux en complexifiant les rapports entre les personnages. Le vampire au visage dégoûtant n’est pas le seul méchant du film. Le frère de Sa-sa, Dragon Tang (Horace Lee), porte la traitrise sur son visage. Il veut s’accaparer la fortune des Jiang en lançant une bande de mercenaires contre le riche homme d’affaires. Le visage de l’acteur évoque d’ailleurs celui de Dean Shek, qui a souvent joué les salauds ou les traitres. Quant à Sa-sa, elle tombe amoureuse de Thunder et réciproquement, romance de pure convention et sans grand intérêt pour la narration.

Tsui Hark, qui a écrit le scénario, cherche à renouveler la peur, ou au moins l’effroi. La profession de Jiang est le commerce de la cire, ainsi, il momifie tous les morts de sa demeure, sa femme en premier lieu, puis son fils. Toutes ces momies sont autant de vampires en puissance tandis que le démon s’empare de leurs corps. Et plus le nombre de vampires s’accroit plus celui des vivants diminue. Il ne restera bientôt plus que les quatre chasseurs (renommés Kung, Hei, Fat et Choi par le contremaître) pour sauver tout le monde

C’est ce décor immense et vide de la demeure Jiang qui est censé créer du mystère et de l’angoisse. Mais comme parfois chez Tsui Hark, le mouvement et la vitesse s’emballent. Le spectateur n’a pas le temps de s’acclimater à une tension naissante qu’on passe à la suivante. C’était certes déjà le cas dans les Histoires de fantômes chinois de Ching Siu-tung (auxquels sont empruntées les lumières bleues si caractéristiques). Mais dans Vampire hunters, tout est déjà vu, revu et rerevu, montrant que le cinéaste, surtout avec Wellson Chin, n’était pas encore capable de se renouveler.

Vampire hunters (殭屍大時代, Hong Kong – Etats-Unis, 2002) Un film de Wellson Chin avec Lam Suet, Ken Cheung, Michael Chow, Danny Chan, Yu Rong-guang, Anya, Horace Lee, Ji Chun-hua, Chen Kuan-tai, Lee Kin-yan, Lee Lik-chi, Wong Yat-fei, Shut Mei-yee, Zou Na.

jeudi 10 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) The Midnight after


The Midnight after (那夜凌晨,我坐上了旺角開往大埔的紅 Van, Hong Kong, 2014) Un film de Fruit Chan avec Wong Yau-nam, Janice Man, Chui Tien-you, Kara Hui, Simon Yam, Sam Lee, Lee Sheung-ching, Lam Suet, Vincci Cheuk, Cherry Ngan, Kelvin Chan, Fiona Sit, Endy Chow, Jan Curious, Mike Orange, Kitty Trouble, Waiting Soul, Les Hunter, Yiu Yuet-ming, Melodee Mak. 120 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong le 10 avril 2014.

samedi 11 janvier 2014

SDU : Sex Duties Unit


SDU, ça veut dire d’abord et avant tout Special Duties Unit, soit les forces d’intervention de la police de Hong Kong, ici incarnées par leur chef Michael Fitzgerald Wong, dans un court caméo, qui critique vertement quatre de ses hommes membre de la B-Team. En ouverture de SDU : Sex Duties Unit, on découvre cette équipe de réserve appelée pour mettre fin à une prise d’otage dans une banque. Le braqueur est Lam Suet (autre cameo, le film en aura beaucoup) et il n’a comme arme qu’un pauvre pistolet factice que l’otage parvient à faire tomber. En gros, la B-Team est composée d’incompétents.

Leur chef est Keung (Chapman To) et ses hommes sont Ka-ho (Matt Chow), Josh (Shawn Yue) et la « Crevette » (Derek Tsang), surnommé ainsi parce que lors d’une intervention, montrée avec humour dans un flash-back où les personnages sont représentés par des playmobils, s’était affalé de peur comme une crevette. Que faire ce week-end où ils sont libres ? Une solution s’impose à Ka-ho, se faire un week-end entièrement consacré au sexe. En tant que policier, ils ne peuvent pas aller voir des prostituées à Hong Kong. Direction Macao.

Première étape : trouver des accessoires pour mieux bander. Ka-ho et Keung, les deux plus obsédés sexuels, se chargent de les acheter (joli cameo de Hui Siu-hung en pharmacien qui préconise de ne pas acheter le spray « viagra » qui semble trop violent, les deux hommes se ruent dessus). Deuxième étape : acheter les billets pour le meilleur bordel. C’est Crevette et Josh qui s’en chargent. Ce dernier n’est pas très enthousiaste à l’idée d’aller à Macao (ça leur est en principe interdit en tant que flics). Crevette n’est pas chaud non plus. Homo dans le placard, il n’ose pas dire à ses trois collègues qu’il veut un homme et non une femme.

La « Sex War » commence et le titre du film SDU : Sex Duties Unit prend alors tout son sens. Chacun a ses goûts et chacun veut en profiter au maximum. Ka-ho aime les grosses poitrines mais les filles portent des coussinets dans leur soutien-gorge. Keung ne veut qu’une bonne fellation. Crevette n’acceptera qu’un massage sans sexe puisqu’il ne rêve que de garçons. Et enfin, Josh, avec sa chemise fermée jusqu’au col, reste coincé tout comme la jeune Lily, immigrée chinoise, avec qui il sympathise. Les filles apparaissent seins nus donnant dans l’érotisme très soft. Les quatre garçons se déshabillent aussi un. Le film est classé Catégorie III plus pour les dialogues crus que pour les scènes de nudité.

Evidemment, toute cette ambiance sexuelle dans le bordel ne pouvait pas continuer ainsi et les quatre collègues doivent interrompre leur « Sex War » avec l’arrivée de la police de Macao venue faire un contrôle d’identité. Le scénario est tiré d’une nouvelle de Pang Ho-cheung, également producteur du film où on retrouve tous ses acteurs fétiches, outre Chapman To et Derek Tsang, l’inénarrable Jim Chim en proxénète peroxydé (il est hilarant). On pense évidemment à la recherche sexuelle de Men suddenly in black, sauf que les épouses seraient ici remplacées par la police qui cherche à arrêter les quatre hommes qu’ils confondent avec des membres de triade.

L’humour du film est percutant lorsqu’il s’attèle à la trivialité avec l’érection continue de la Crevette (il s’est aspergé du spray) qui doit sans cesse se masturber, avec la maquerelle (Siu Yam-yam) du bordel gay ou avec les contrastes des caractères des différents personnages. Le mélange avec l’émotion est un peu moins convaincant. Ka-ho est confronté avec son passé (son père regrette de ne plus le voir), Keung rencontre son ex épouse et Josh tombe amoureux de la jeune chinoise. On passe souvent d’un personnage à un autre avec une certaine mollesse. Cependant, il ne faut pas bouder le plaisir de rire de très bon cœur.

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013) Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam, Michael Wong, Jim Chim, Hui Siu-hung, Philip Keung, Ken Lo.

jeudi 28 novembre 2013

Sorties à Hong Kong (novembre 2013) The Constable


The Constable (衝鋒戰警, Hong Kong, 2013) Un film de Dennis Law avec Simon Yam, Lam Suet, Sam Lee, Maggie Siu, Niu Meng-meng, Ken Lo, Maggie Li, Eddie Cheung, Zi Yi, Li Jin-jiang, Wang Si-ya, Chen Jing-yi, Lisa Cheng, Lo Hoi-pang. 100 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 novembre 2013.

jeudi 21 novembre 2013

Sorties à Hong Kong (novembre 2013) Pay back


Pay back (獵仇者, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Fu Xi avec Francis Ng, Deng Zi-yi, Fan Siu-wong, Lam Suet, Cynthia Khan, Chang Cheng, Chen Yi-rong. 85 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 novembre 2013.



vendredi 15 novembre 2013

Badges of fury


La carrière de Jet Li s’est considérablement ralentie depuis quelques années. Une comédie dramatique sociale (Ocean heaven), une participation aux Expendables de Sylvester Stallone et deux films en costumes de plus ou moins bonne fortune (Le Sorcier et le serpent blanc et Dragon Gate). Pour rester présent auprès des publics, ici à la fois hongkongais et chinois du continent, Jet Li se lance avec Badges of fury dans la comédie policière avec gros effets spéciaux, scènes d’action musclée et longs mouvements scénaristiques romantiques.

Pour approcher le public, cette super-production entoure Jet Li (qui a comme personnage Huang Fei-hong : gros rappels musicaux à Il était une fois en Chine, bien entendu) d’un jeune acteur Wen Zhang (qui partageait l’affiche d’Ocean heaven). Tous deux sont des policiers. Wang Bu-er et Huang ne s’entendent pas, ils ont un contentieux en commun mais doivent travailler ensemble dans une filature. Huang est cuistot et Wang Bu-er danseur écossais. L’opération est supervisée par Angela (Michele Chen), leur supérieure hiérarchique.

La filature tourne rapidement à la catastrophe (le décor est entièrement détruit) parce que les deux hommes ne cessent de s’envoyer des insultes dans leurs micros cachés et que Wang Bu-er pense avoir découvert un suspect dans une autre affaire irrésolue de crimes en séries. Trois hommes sont morts mystérieusement en affichant un très large sourire. C’est autour de cette enquête que les deux policiers, qui se détestent, vont devoir travailler ensemble. La piste les mène vers deux femmes que les victimes connaissaient pour avoir été leurs fiancés.

Liu Jin-shui (Liu Shi-shi) est une actrice célèbre qui rêve du grand amour mais espère que l’homme de sa vie ne s’arrêtera pas à son image de star du cinéma. Sa sœur Dai Yi-yi (Liu Yan) a également été la fiancée de ces trois hommes après leur rupture avec Jin-shui. Il faut dire que ses attraits physiques sont impressionnants, elle apparait constamment dans des tenues sexy avec des bustiers échancrés. Dai Yi-yi est filmée comme une bombe sexuelle à laquelle aucun homme ne peut résister. Wang Bu-er est comme le loup de Tex Avery, langue pendante, devant elle.

Le comique du film renvoie à celui des grosses comédies de Wong Jing (je pense par exemple à Nicky Larson) avec des effets visuels (le corps de Wang Bu-er semble élastique, sa grande et fine taille y est pour beaucoup à côté du corps pataud de Jet Li) et sonores (chaque gag est appuyé par un jingle). Le film s’apparente, surtout dans sa première partie, à un cartoon, comme le faisait Stephen Chow dans sa période faste. Il faut ajouter à cela de nombreuses courtes apparitions de star (Leung Kar-yan, Lam Suet, Lam Tze-chung, le gros de Shaolin soccer), pas mal de blagues triviales et d’humour potache ainsi que de nombreuses références cinématographiques.

On sent l’envie de Jet Li de revenir à un cinéma qu’il a raté dans les années 1990, ce genre de comédie où les moments comiques alternent avec la romance légère et les longues scènes d’action, dirigées ici par Corey Yuen. L’acteur est un peu en retrait, subit les effets spéciaux (une plongée numérique dans les escaliers) et cède souvent la place à Wen Zhang pour les combats au corps à corps (et il se débrouille très bien). Comme le faisait Jackie Chan quand il tournait New police story il y a dix ans de cela, Jet Li adoube cette nouvelle génération d’acteur d’action du cinéma chinois.

Badges of fury (不二神探, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Wang Zhiming avec Jet Li, Wen Zhang, Liu Shi-shi, Michelle Chen, Liu Yan, Wu Jing, Leung Kar-yan, Tong Da-wei, Michael Tse, Stephy Tang, Huang Xiao-ming, Kevin Cheng, Raymond Lam, Alex Fong Lik-sun, Ma Yi-li, Feng Dan-ying.

mardi 12 novembre 2013

Tales from the dark 1


Trois contes sur les fantômes chinois par trois réalisateurs de Hong Kong composent ce Tales from the dark 1. Cette fois, les trois histoires sont de niveau à peu près égal, donnant un film très agréable à regarder avec ses qualités, à commencer par le casting de haute volée (Simon Yam, Tony Leung Ka-fai et Siu Yam-yam dans les rôles principaux) et ses défauts (les films de fantômes chinois, ça ne me fait vraiment pas peur mais c’est toujours amusant de regarder les acteurs qu’on aime jouer les revenants).

Simon Yam fait ses débuts de réalisateur avec le premier épisode. Dans Stolen Goods, il incarne Kwan, un ouvrier tellement rongé par ses insomnies qu’il n’arrive jamais à se rendre à l’heure à son travail. Il se fait virer de tous ses boulots, ouvrier dans le bâtiment ou cuistot dans un restau tenu par une Yuen Qiu (actrice trop rare depuis Crazy kung-fu) qui passe son temps à lui gueuler dessus entre chaque partie de jeux sur son smartphone. Kwan vit seul dans un minuscule cagibi où les étagères sont remplies de jouets et poupées filmés en gros plan qui leur donne un aspect inquiétant.

Pour survivre, Kwan suit les conseils de sa patronne qui lui a dit que seuls les fantômes voudraient l’embaucher. Il va donc voler des urnes funéraires et rançonner les familles. Ça n’était pas forcément une bonne idée. Simon Yam joue à fond la carte du grand guignol avec des apparitions des fantômes qui font sursauter dans des effets effrayants (montage cut et grosse musique), Lam Suet grimé en blanc en train de se goinfrer et Simon Yam dans un personnage d’agité du ciboulot qui ne comprend pas vraiment ce qu’il lui arrive et qui attribue sa folie à la terre entière.

Le commerce autour des fantômes se poursuit avec A word in the palm. Tony Leung Ka-fai est Maitre Ho, sorte de diseur de bonne aventures dans un quartier commercial de seconde zone. Il a décidé d’arrêter cette profession à la demande de sa femme (Eileen Tung) avec qui il est séparé mais qu’il espère reconquérir. Leur fils, désormais adulte, est un pianiste émérite. Les derniers clients de Ho sont un jeune couple qui attend un enfant. Ils souhaitent trouver le meilleur feng-shui pour leur bébé. Ho leur conseille d’aller voir Lan (Kelly Chen) qui tient la boutique voisine et qui leur prodiguera des conseils.

Lan est une femme excentrique qui n’a jamais vu de fantôme. Elle n’attend que cela avec une impatience non feinte, lassant un peu Ho qui est le sérieux même. Leurs attitudes opposées créent des moments légèrement comiques qui vont être contrariés avec l’arrivée de Ting (Cherrie Ngan) une lycéenne. Le duo de médium repère en elle un fantôme qui en veut au jeune marié qui vient de les consulter. Dans cet épisode, la tension est soutenue grâce aux portes qui coincent, avec le visage cadavérique de la lycéenne et le danger qu’elle représente face à la mariée enceinte.

Le dernier conte est réalisé par Fruit Chan que l’on n’avait pas vu depuis Nouvelle cuisine. Jing Zhe commence avec des plans épars filmés caméra à l’épaule dans un quartier populaire. Des vieilles dames s’affairent pour attirer des clients qui veulent lancer quelques sorts à leurs ennemis. Les gens apportent des photos et les intermédiaires tapent avec une chaussure sur les photos en lançant des incantations. Parmi eux, Chu (Siu Yam-yam, actrice au visage atypique) est installée au milieu des bougies, amulettes et bâton d’encens. Elle reçoit comme cliente une jeune femme (Dada Chan) qui en veut à trois hommes et à une femme.

Cet épisode est le plus effrayant des trois contes de Tales from the dark 1. On ne comprend pas immédiatement où veut en venir Fruit Chan. C’est d’abord le boniment de Chu qui est mis en avant, entre volonté de satisfaire les clients qui ne pratiquent ses sorts plus par tradition que conviction et sa lassitude de devoir encore travailler à son âge avancé. Puis, l’angoisse commence à pointer son nez quand on comprend que cette jeune femme est un fantôme et qu’elle cherche à se venger de ceux qui l’ont fait mourir. L’effroi ne se crée pas avec son apparition mais par le regard effrayé de Chu devant ce fantôme vengeur. Tout cela donne envie de regarder assez vite Tales from the dark 2.

Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan. 1. Stolen goods avec Simon Yam, Yuen Qiu, Maggie Siu, Felix Lok, Lam Suet, Jonathan Wong, Audrey Chan, Ben Yuen, Ma Yu-ching, Ho Sai-man, Cat Lee. 2. A word in the palm avec Tony Leung Ka-fai, Kelly Chan, Eileen Tung, Dada Chan, Cherry Ngan, Eddie Li, Jeannie Chan, Kitson Shum, 3. Jing Zhe avec Siu Yam-yam, Fala Chen, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho.

lundi 7 octobre 2013

Blind detective


C’est le grand retour du duo Sammi Cheng et Andy Lau sous la caméra de Johnnie To et Wai Ka-fai (ici uniquement scénariste). Après la timidité maladive dans Needing you, l’obésité dans Love on a diet et la leucémie dans Yesterday once more, le quatuor explore dans Blind detective la cécité  accidentelle de son personnage masculin principal, Johnston incarné par Andy Lau. Ancien policier, il a perdu la vue quatre ans auparavant lors d’une enquête. Depuis, il est chasseur de primes, tentant d’arrêter, avant la police, des personnes criminelles recherchées.

Le film commence ainsi, par une filature de Johnston dans la rue. Il a développé son odorat et suit un homme qui attaque la population à l’acide chlorhydrique. De loin, son ancien partenaire, Szeto Fatbo (Guo Tao) surveille l’affaire. Il a envoyé Ho (Sammi Cheng), une femme policier, acheter de quoi manger pendant la planque mais quand Szeto aperçoit Johnston dans la rue, il la charge de le suivre. Elle va se retrouver avec le chasseur de primes en haut d’un immeuble en train d’empêcher l’attentat d’être commis.

Le film est basé sur leurs relations de travail et n’envisage pas, dans presque toute sa durée, de romance entre Ho et Johnston. Elle l’engage parce qu’elle a entendu parler de lui et qu’elle admire ses résultats. Ho cherche à savoir ce qu’est devenue Minnie, une adolescente qu’elle voyait souvent devant chez elle et qui a disparu du jour au lendemain. Johnston accepte cette affaire en lui faisant passer des tests : elle pourra courir pour poursuivre suspects récalcitrants, elle lui servira de guide en étant ses yeux.

Les méthodes d’investigation de Johnston sont peu orthodoxes, Ho va vite se rendre compte de ses excentricités qui sont autant de gags burlesques. Il ne réfléchit qu’en mangeant fréquentant autant de restaurants qu’il y a d’avancées dans l’enquête qu’il mène. Quand il consulte dossiers que lui confie son ancien partenaire, le premier suspect interrogé se trouve toujours à côté d’un bon restaurant. Il a une passion pour les tripes qu’il mange avec un plaisir sans fin, se léchant les babines avec un grand sourire. Il parle très fort, s’énerve souvent et se montre inflexible dans ses directives.

Johnston initie Ho à ses curieuses reconstitutions des scènes de crime. Il joue tout ce qui a pu se passer, laissant libre court à son imagination débridée. Wai Ka-fai, scénariste ne se prive pas pour faire de ses reconstituions macabres des moments comiques irrésistibles. Pour le détective aveugle, il s’agit de mettre en scène les meurtres. Il connait le début et la fin des situations entre la victime et le suspect, Johnston se charge de recréer le milieu. Chacun prenant un rôle, recevant des coups de marteau sur la tête, étranglant un cou. Les personnages du passé se mettent à discuter avec Ho et Johnston dans des flashbacks imaginaires.

Seulement voilà, Ho est suffisamment maline pour comprendre que le détective aveugle ne l’aide pas vraiment dans la recherche de Minnie. En effet, il profite des yeux et des jambes de la policière pour travailler quelques cas irrésolus (immense second rôle de Lam Suet en joueur dans un casino de Macao que Ho tente d’énerver pour lui tendre un piège mais qui kidnappe Johnston). Chaque fois, Johnston ment allégrement en affirmant que l’enquête en cours a un rapport avec celle de Minnie. Il devra se résoudre à aider Ho.

Les deux protagonistes de Blind detective ont surtout à réconcilier avec leur passé. Ho cherche à retrouver Minnie qui a disparu en 1997. Elle culpabilise de n’avoir pas répondu à son appel tandis qu’elle était dans la rue en train de se taillader le bras. Johnston cherche à rentrer en contact avec Ding-ding (Gao Yuan-yuan) qu’il aimait avant de devenir aveugle, une jeune et belle professeur de danse qu’il regardait avec Szeto quand il faisait une pause pour manger des tripes. Il cherche à rattraper un passé qui se trouvera être une impasse pour lui.

C’est peu de dire que ce nouveau film de Johnnie To est un plaisir de spectateur, que le scénario de Wai Ka-fai et Yau Nai-hoi amène son lot de rebondissements, d’action, et d’humour liant chaque récit du passé avec la situation actuelle de Ho et Johnston. Il est plus accompli que Mad detective, auquel on pense souvent, tout en étant aussi foutraque. Blind detective n’est pas sans défaut et se force un peu à créer une histoire d’amour entre Ho et Johnston dans la toute dernière partie du film, mais en ces temps de disette dans le cinéma de Hong Kong, il est tellement rare de voir un film aussi maîtrisé qu’il serait inconvenant de faire la fine bouche.

Blind detective (盲探, Hong Kong, 2013) Un film de Johnnie To avec Andy Lau, Sammi Cheng, Guo Tao, Gao Yuan-yuan, Lo Hoi-pang, Bonnie Wong, Lam Suet, Patrick Keung, Zi Yi, Lang Yue-ting, Eileen Yeow.

jeudi 25 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) SDU: Sex Duties Unit

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013)
Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam. 95 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 25 juillet 2013.

jeudi 11 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) Tales from the dark 1


Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) 
Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan avec Simon Yam, Tony Leung Ka-fai, Lam Suet, Dada Chan, Siu Yam-yam, Felix Lok, Fala Chen, Kelly Chan, Yuen Qiu, Maggie Siu, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Cherry Ngan, Eileen Tung, Jonathan Wong, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho. 108 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 11 juillet 2013.



mardi 9 juillet 2013

Drug war


Un car qui transporte des passagers aux estomacs remplis de boulettes de drogue. Un camion qui passe de l’amphétamine. Un trafiquant qui perd le contrôle de sa voiture et s’écrase dans un magasin. L’ouverture de Drug war, premier polar de Johnnie To (produit et co-écrit par Wai Ka-fai) tourné entièrement en Chine, va droit au but. La drogue cherche par tous les moyens à traverser la frontière pour se répandre dans la République populaire. Dans le même mouvement, le cinéaste hongkongais apporte son savoir faire et son ambiance unique en Chine en traversant la frontière entre les deux pays. La question immédiate que l’on se pose : Drug war parviendra-t-il à abolir les limites de la censure chinoise en parlant de drogue, de policiers et de mafia, sujets ultra sensibles ?

Ce trafiquant, bave aux lèvres et couverts d’ecchymoses est Timmy Choi (Louis Koo). Son laboratoire clandestin, situé au beau milieu de la campagne chinoise, a explosé, tuant sa femme et deux de ses hommes. Son accident de voiture, filmé par les nombreuses caméras de surveillance, l’a conduit à un hôpital. Là, il doit faire face aux interrogatoires du lieutenant Zhang (Sun Honglei), chargé de la répression du trafic de drogues et de sa fidèle assistante Xiaobei (Crystal Huang). Il se tait d’abord. Son téléphone n’arrête pas de sonner et de délivrer des messages codés. Or Timmy risque la peine de mort et préfèrera collaborer avec la police pour réduire sa peine. Ensemble, ils vont partir en mission : démanteler le réseau que Timmy a lui-même mis en place.

Timmy va mettre en scène Zhang qui va se faire passer pour Chang devant le bien nommé Haha (Hao Ping). Chang (Tan Kai) est l’homme de main de l’oncle Bill (Li Zhenqi), qui doit acheter de l’héroïne pour la vendre en Corée et au Japon. D'abord trouver le costume de mafieux à Zhang. Puis, choisir le décor : un hôtel de luxe. Haha passe son temps à rire très fort et Chang a, au contraire, un visage impavide. La rencontre s'improvise comme une répétition de la scène qu’il faudra ensuite à nouveau interpréter. Zhang incarne cette fois Haha devant Chang et Xiaobei sera la petite amie frivole de Haha. Zhang doit jouer deux rôles opposés, se rappeler de chaque détail de ses personnages tout en surveillant Timmy qui, lui-même, le guide. Le public ne sera pas seulement constitué des spectateurs du film mais aussi de tous les policiers qui surveillent par caméra la chambre d’hôtel.

La tension, amplifiée par la superbe musique de Xavier Jamaux, est subtilement portée à son paroxysme. Il faut avouer que Johnnie To prend un malin plaisir à faire s’échanger les rôles à ses personnages et à créer des méandres qui menacent chaque fois de perdre le fil du récit. On retrouve les deux conducteurs du camion d’amphétamines, deux abrutis finis qui se sont servis dans la cargaison que Timmy va copieusement rosser. On découvre un deuxième laboratoire tenu par des muets qui se révèlent être de furieux manipulateurs de fusils en abattant la moitié des hommes de Zhang. Séquence magnifique de brutalité où les visages des deux muets (Guo tao et Li Jing) passent de la jovialité lors de leur retrouvaille avec Timmy (la célébration de la mort de son épouse où de vrais billets sont brûlés) à la fureur sourde. Chaque fois, Timmy garde la main sur le récit, Zhang n'est qu'une marionnette bien qu'il croit être le meneur de jeu.

Les personnages interprétés par les acteurs de Hong Kong sont tous de trafiquants de drogue. Outre Timmy (Louis Koo est remarquable, portant constamment un sparadrap sur le visage), plusieurs fidèles de Johnnie To et de la Milkyway sont de la partie : l’inévitable Lam Suet qui marmonne des mots en anglais, Lam Ka-tung et Michelle Ye en Bonnie et Clyde, Eddie Cheung, entre autres. Ils forment les bras droits de Timmy qui doivent organiser le trafic. Ils n’arrivent que dans le dernier tiers de Drug war mais leur partition, l’attention que leur porte le cinéaste et le caractère pince sans rire de leur personnage (un humour glacial est constant dans le film) les rend plus vivants que tous les policiers chinois. C’est là sans doute qu’est le plus grand pied de nez de Johnnie To : remplir son contrat de faire un film contre la drogue tout en égratignant la raideur de la justice et de la police de la Chine et en s’offrant le luxer de filmer l’un des plus beaux gunfights finaux vus depuis bien longtemps.

Drug war (毒戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Johnnie To avec Louis Koo, Sun Honglei, Crystal Huang, Hao Ping, Gan Ting-ting, Michelle Ye, Lam Suet, Wallace Chung, Gao Yun-xiang, Xiao Cong, Li Guang-jie, Yin Zhu-sheng, Lo Hoi-pang, Eddie Cheung, Lam Ka-tung, Wang Bao-qiang, Guo Tao, Cheng Tai-shen, Li Jing, Hai Qing, Tan Kai.

jeudi 4 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) Blind detective

Blind detective (盲探, Hong Kong, 2013)
Un film de Johnnie To avec Andy Lau, Sammi Cheng, Guo Tao, Gao Yuan-yuan, Lo Hoi-pang, Bonnie Wong, Lam Suet, Patrick Keung, Zi Yi, Lang Yue-ting, Eileen Yeow. 130 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 4 juillet 2013.




jeudi 18 avril 2013

Sorties à Hong Kong (avril 2013) Drug war


Drug war (毒戰, Hong Kong – Chine, 2013) 
Un film de Johnnie To avec Louis Koo, Sun Hong-lei, Crystal Huang, Michelle Ye, Lam Suet, Wallace Chung, Gan Ting-ting, Gao Yun-xiang, Xiao Cong, Li Guang-jie, Yin Zhu-sheng, Lo Hoi-pang, Eddie Cheung, Lam Ka-tung, Wang Bao-qiang, Guo Tao, Cheng Tai-shen, Li Jing, Hai Qing, Patrick Keung, Tan Kai, Alex Fong Lik-sun. 105 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 18 avril 2013.

samedi 22 décembre 2012

Vulgaria


En tant que producteur de cinéma, To Wai-cheung (Chapman To) a été invité à discuter de son métier devant des étudiants de cinéma. C’est leur professeur, M. Cheng (Lawrence Cheng) qui se charge de diriger cette conférence. Petites lunettes rondes, tenue terne, assis sagement sur son fauteuil To n’est pas un producteur flamboyant et ne paie pas de mine. Dès qu’il ouvre la bouche, son personnage de gentil garçon choque toute l’assemblée et Cheng en premier lieu. To Wai-cheung cause de la possibilité de montrer des poils pubiens dans les films. Tout spectateur hongkongais sait que c’est interdit mais le pré-générique avait avertit que les spectateurs sensibles qu’il leur restait 10 secondes pour fuir devant Vulgaria.

Après You shoot I shoot et AV, c’est la troisième incartade de Pang Ho-cheung dans le milieu du cinéma avec le récit d’un tournage, en l’occurrence le film que To tente de produire dans une industrie en crise. To n’est pas un producteur qui a réussi. Au contraire, il est toujours à la recherche de financement pour ses films. Il vante ainsi le placement de produits auprès des étudiants et commence le récit de son film. Cela a beau être son point de vue, To Wai-cheung ne se donne pas forcément le beau rôle, dans un exercice quasi masochiste de dénigrement. Le scénario qu’il présente aux dirigeants médusés d’une compagnie d’assurance pour avoir leur aide financière est tout simplement d’une bêtise rare, incohérent et médiocre mais évidemment hilarant, à la fois dans les mimiques de Chapman To qui porte le film et dans ses dialogues.

C’est tout le processus d’un film que Vulgaria raconte. De sa conception même à sa promotion, c’est autant pour To un parcours du combattant. Il faut trouver de l’argent. Avec son ami Liu Wing-shing (Simon Loui) l’amène en Chine pour rencontrer Frère Tyrannosaure (Ronald Cheng) et son comparse (Lam Suet), deux crétins finis totalement dégénérés qui mange des plats aux noms poétiques mais dont les ingrédients sont des rats, tortues ou chats. Forcé de manger ses victuailles avec dégoût, To Wai-cheung n’est pas au bout de ses surprises quand on lui propose de coucher avec la « petite amie » de Tyrannosaure, en l’occurrence une mule coiffée d’un superbe ruban rouge. Les étudiants n’en croient pas leurs oreilles, Pang Ho-cheung s’amuse beaucoup à mettre en scène ce qui d’habitude est interdit où on sent à chaque réplique plus tordue et scabreuse l’un que l’autre le plaisir des quatre comédiens.

Puis, le producteur devra trouver des interprètes pour son film qui devra être le remake de Confession of a courtisan, un film érotique des années 1970. Il va rencontrer la star du film à refaire, Shaw Yum-yum, dans son propre rôle. Bien entendu, en 40 ans, son corps a changé, elle a les cheveux gris, mais c’est surtout son visage, carré et massif qui étonne le plus. Elle accepte de tourner, son corps sera remplacé par celui d’une jeune actrice avec un fond vert. Ensuite, convaincre l’acteur Hayama Hiro (lui aussi dans son propre rôle) de faire un autre porno, bien que, comme le dit une journaliste lors d’une conférence de presse, son image soit très négative en ce moment. Hiro ne veut pas entendre parler de porno mais a cruellement besoin d’argent, finalement le sujet profond de Vulgaria.

Et To Wai-cheung continue le récit fort peu héroïque de sa production. Le film devra s’appeler Confession of two courtisans, ce qui est très logique. Il parvient à convaincre Blackie Tak (Matt Chow) de réaliser le film. Pang Ho-cheung souligne la crise du cinéma à Hong Kong avec ce personnage que l’on découvre dans un tout autre métier dans une des scènes les plus drôles. Il a ouvert chez lui une salle de gambling d’un genre nouveau, où Tak prévient les clients qu’ils doivent partir avant d’éveiller les soupçons de leur moitié, où les mamans peuvent faire garder les enfants pendant qu’elles jouent au mahjong. Quand la police manque de les prendre en flag’, Blackie Tak affirme qu’il était en train de tourner un film : il avait installé une caméra. Le tournage peut maintenant commencer non sans s’être assuré le soutien du rédacteur en chef de Playboy HK (Vincent Kok). Si cette histoire de tournage est aussi plaisante et aussi drôle, c’est que miraculeusement, Pang Ho-cheung parvient à la rendre très caricaturale avec ses personnages hauts en couleurs tout en montrant que tout ceci n’est sans doute pas très loin de la vérité.

Comme souvent dans son cinéma, le protagoniste est un grand solitaire bien que très entouré. To Wai-cheung est un producteur raté et son mariage est aussi un échec. Son épouse (Crystal Tin) refuse de lui laisser sa fille tant qu’il n’a pas payé la pension. Son assistante Quin Lau (Fiona Sit) un peu écervelée et ne pratiquant pas très bien le cantonais le poursuit en justice persuadée qu’il l’a harcelée sexuellement. Elle sera défendue par une avocate féroce (Miriam Yeung). To trouvera du réconfort auprès de Tsui Ka-yan (Dada Chn), surnommée dans le milieu « popping candy » - le bonbon qui pétille – pour son habileté à faire pétiller les bonbons dans sa bouche. Ce motif amoureux n’est pas aussi réussi que la confession sur le tournage bien que tout aussi pitoyable. On sent que Pang Ho-cheung un peu obligé de passer par ce récit amoureux moins inspiré que les morceaux d’immense vulgarité salutaire en cette période de bon goût aseptisé.

Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai.

samedi 8 septembre 2012

Le Sorcier et le serpent blanc


Ce sont deux sœurs serpents, nées sous le signe du démon. Serpent blanc (Eva Hung) jette son dévolu sur Xu Xian, un jeune cueilleur d’herbes (Raymond Lam) qui traverse leur territoire. Cet homme tombe à l’eau et elle va le secourir de la noyade et l’embrasse sous l’eau. Elle échange de cette manière un peu de son essence vitale, liant leur destin à jamais. Sa sœur, Serpent vert (Charlene Choi) lui avait fait peur en prenant la forme totale d’un serpent géant. Sinon, la plupart du temps, on les découvre mutante avec la queue qui se balance de branches en branches, rampant pour se déplacer, avec le buste dénudé en écailles, mais qui n’en montre pas trop. Vilain et franchement ridicule. Les deux sœurs sont de caractère opposé, Serpent vert étant taquin, espiègle et ne faisant pas confiance aux humains. Serpent blanc est une indécrottable romantique.

On le sait, les histoires d’amour entre humain et démon sont vouées à l’échec. D’autant plus qu’un abbé taoïste rode dans le coin. Le Sorcier et le serpent blanc démarrait sur le personnage de l’abbé Fahai (Jet Li) et de son fidèle assistant Nengren, un jeune moine (Wen Zhang) encore inexpérimenté qui chassait une femme démon des neiges. Dès l’ouverture, le ton est donné : beaucoup d’effets spéciaux grandiloquents. Intransigeant, l’abbé cherche à éliminer les deux serpents qui rodent en ville pour la fête des lanternes. Xu Xian ne reconnait pas Serpent blanc. Avec la complicité de Serpent vert, elle va réitérer la scène initiale pour qu’il tombe amoureux d’elle. Et le stratagème fonctionne. Xu Xian et Serpent blanc s’aiment désormais d’amour et d’herbes fraiches, puisqu’en tant que cueilleur, il est très pauvre.

Seulement voilà, lors de cette fête, un vampire se pavanait en gondole et le moinillon en voulant le chasser a été contaminé. Serpent vert était parvenu à retenir Nengren, dans l’une des rares scènes comiques réussies du film, où elle testait sa maladresse en cherchant à la séduire. Le film, une fois Nengren transformé en démon (oreilles en pointes, dents de vampires et griffes à la place des doigts) va tout simplement évacuer ce personnage et celui de Serpent vert pour ne se concentrer que sur Xu Xian et Serpent blanc. Les deux récits sont trop semblables pour apporter des contradictions scénaristiques, à moins que ce ne soit que de la paresse. Or ce vampire a contaminé beaucoup d’innocents que Xu Xian s’évertue à soigner. Ainsi, l’abbé Fahai retrouve la piste des deux amoureux et les pourchasse.

Xu Xian ignore tout de la nature de Serpent blanc, jusqu’à ce que Fahai l’oblige à montrer sa forme d’origine. Blessée, elle doit être soignée et une souris (oui, il ya des animaux qui parlent parce que ça doit être mignon et que les enfants doivent sans doute adorer ça, il y a aussi un lapin et une tortue qui causent) conseille à Xu Xian d’aller chercher une herbe magique dans la pagode où l’abbé avait fait prisonnier la plupart des démons qu’il a pu chasser. Evidemment, la plupart des démons sont libérés et l’apocalypse pointe le bout de son nez. C’est le début d’une longue bataille entre Serpent blanc et l’abbé. Et franchement, on avait connu Ching Siu-tung en meilleur forme, mais depuis dix ans, depuis l'épouvantable Hero de Zhang Yimou (dont il signait les chorégraphies) et l'atroce Naked weapon, Ching Siu-tung n'est plus que l'ombre de lui-même. Pour tout dire, Le Sorcier et le serpent blanc est très éloigné de Green snake de Tsui Hark, pourtant pas un chef d’œuvre mais qui avait un charme indéniable.

Le film est avant tout une romance entre deux personnages que tout oppose. Jamais ils n’auraient du s’aimer. Le lyrisme se transforme en mièvrerie : les deux scènes de baiser sous l’eau sont jolies mais vite leur amour passe en mode soap opera avec regard langoureux tellement appuyé qu’on dirait des veaux. Quant aus effets spéciaux qui occupent bien 80% des plans, ils jouent dans la surenchère. Fahai est attaqué par une femme démon qui a l’apparence d’un renard blanc : dix renards attaqueront, puis dix femmes sexy qui sortiront d’un bambou (là aussi un certain public avide de jolies filles est visé). Les deux sœurs se battent à l’épée contre l’abbé, une nuée de sabres seront lancés à son encontre. Plus tard, c’est un ras de marée qui envahit la pagode, et finalement, tout explosera. Aucun charme ne se dégage de ces scènes en numérique. C’était déjà ce qui plombait Legend of Zu, Wu Ji et dans une moindre mesure Green snake. Tant que les producteurs penseront que les décors numériques remplacent les émotions des acteurs, ces films seront irregardables et sans saveur.

Le Sorcier et le serpent blanc (The Sorcerer and the White Snake, 白蛇傳說, Chine – Hong Kong, 2011) Un film de Ching Siu-tung avec Jet Li, Eva Huang, Raymond Lam, Charlene Choi, Vivian Hsu, Law Kar-ying, Kwok Sin-nae, Wen Zhang, Song Wenjia et les voix de Jiang Wu, Miriam Yeung, Chapman To, Lam Suet.

jeudi 9 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) 
Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai. 92 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 9 août 2012.