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jeudi 27 mars 2014

Sorties à Hong Kong (mars 2014) The Second coming


The Second coming (重生, Hong Kong – Singapour – Taïwan, 2014) Un film d’Herman Yau et Raymond Ng avec Joey Leong, Maggie Siu, Kenny Wong, Don Li, Siu Yam-yam, Lam Wai. 88 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 27 mars 2014.

jeudi 28 novembre 2013

Sorties à Hong Kong (novembre 2013) The Constable


The Constable (衝鋒戰警, Hong Kong, 2013) Un film de Dennis Law avec Simon Yam, Lam Suet, Sam Lee, Maggie Siu, Niu Meng-meng, Ken Lo, Maggie Li, Eddie Cheung, Zi Yi, Li Jin-jiang, Wang Si-ya, Chen Jing-yi, Lisa Cheng, Lo Hoi-pang. 100 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 novembre 2013.

mardi 12 novembre 2013

Tales from the dark 1


Trois contes sur les fantômes chinois par trois réalisateurs de Hong Kong composent ce Tales from the dark 1. Cette fois, les trois histoires sont de niveau à peu près égal, donnant un film très agréable à regarder avec ses qualités, à commencer par le casting de haute volée (Simon Yam, Tony Leung Ka-fai et Siu Yam-yam dans les rôles principaux) et ses défauts (les films de fantômes chinois, ça ne me fait vraiment pas peur mais c’est toujours amusant de regarder les acteurs qu’on aime jouer les revenants).

Simon Yam fait ses débuts de réalisateur avec le premier épisode. Dans Stolen Goods, il incarne Kwan, un ouvrier tellement rongé par ses insomnies qu’il n’arrive jamais à se rendre à l’heure à son travail. Il se fait virer de tous ses boulots, ouvrier dans le bâtiment ou cuistot dans un restau tenu par une Yuen Qiu (actrice trop rare depuis Crazy kung-fu) qui passe son temps à lui gueuler dessus entre chaque partie de jeux sur son smartphone. Kwan vit seul dans un minuscule cagibi où les étagères sont remplies de jouets et poupées filmés en gros plan qui leur donne un aspect inquiétant.

Pour survivre, Kwan suit les conseils de sa patronne qui lui a dit que seuls les fantômes voudraient l’embaucher. Il va donc voler des urnes funéraires et rançonner les familles. Ça n’était pas forcément une bonne idée. Simon Yam joue à fond la carte du grand guignol avec des apparitions des fantômes qui font sursauter dans des effets effrayants (montage cut et grosse musique), Lam Suet grimé en blanc en train de se goinfrer et Simon Yam dans un personnage d’agité du ciboulot qui ne comprend pas vraiment ce qu’il lui arrive et qui attribue sa folie à la terre entière.

Le commerce autour des fantômes se poursuit avec A word in the palm. Tony Leung Ka-fai est Maitre Ho, sorte de diseur de bonne aventures dans un quartier commercial de seconde zone. Il a décidé d’arrêter cette profession à la demande de sa femme (Eileen Tung) avec qui il est séparé mais qu’il espère reconquérir. Leur fils, désormais adulte, est un pianiste émérite. Les derniers clients de Ho sont un jeune couple qui attend un enfant. Ils souhaitent trouver le meilleur feng-shui pour leur bébé. Ho leur conseille d’aller voir Lan (Kelly Chen) qui tient la boutique voisine et qui leur prodiguera des conseils.

Lan est une femme excentrique qui n’a jamais vu de fantôme. Elle n’attend que cela avec une impatience non feinte, lassant un peu Ho qui est le sérieux même. Leurs attitudes opposées créent des moments légèrement comiques qui vont être contrariés avec l’arrivée de Ting (Cherrie Ngan) une lycéenne. Le duo de médium repère en elle un fantôme qui en veut au jeune marié qui vient de les consulter. Dans cet épisode, la tension est soutenue grâce aux portes qui coincent, avec le visage cadavérique de la lycéenne et le danger qu’elle représente face à la mariée enceinte.

Le dernier conte est réalisé par Fruit Chan que l’on n’avait pas vu depuis Nouvelle cuisine. Jing Zhe commence avec des plans épars filmés caméra à l’épaule dans un quartier populaire. Des vieilles dames s’affairent pour attirer des clients qui veulent lancer quelques sorts à leurs ennemis. Les gens apportent des photos et les intermédiaires tapent avec une chaussure sur les photos en lançant des incantations. Parmi eux, Chu (Siu Yam-yam, actrice au visage atypique) est installée au milieu des bougies, amulettes et bâton d’encens. Elle reçoit comme cliente une jeune femme (Dada Chan) qui en veut à trois hommes et à une femme.

Cet épisode est le plus effrayant des trois contes de Tales from the dark 1. On ne comprend pas immédiatement où veut en venir Fruit Chan. C’est d’abord le boniment de Chu qui est mis en avant, entre volonté de satisfaire les clients qui ne pratiquent ses sorts plus par tradition que conviction et sa lassitude de devoir encore travailler à son âge avancé. Puis, l’angoisse commence à pointer son nez quand on comprend que cette jeune femme est un fantôme et qu’elle cherche à se venger de ceux qui l’ont fait mourir. L’effroi ne se crée pas avec son apparition mais par le regard effrayé de Chu devant ce fantôme vengeur. Tout cela donne envie de regarder assez vite Tales from the dark 2.

Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan. 1. Stolen goods avec Simon Yam, Yuen Qiu, Maggie Siu, Felix Lok, Lam Suet, Jonathan Wong, Audrey Chan, Ben Yuen, Ma Yu-ching, Ho Sai-man, Cat Lee. 2. A word in the palm avec Tony Leung Ka-fai, Kelly Chan, Eileen Tung, Dada Chan, Cherry Ngan, Eddie Li, Jeannie Chan, Kitson Shum, 3. Jing Zhe avec Siu Yam-yam, Fala Chen, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho.

jeudi 11 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) Tales from the dark 1


Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) 
Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan avec Simon Yam, Tony Leung Ka-fai, Lam Suet, Dada Chan, Siu Yam-yam, Felix Lok, Fala Chen, Kelly Chan, Yuen Qiu, Maggie Siu, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Cherry Ngan, Eileen Tung, Jonathan Wong, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho. 108 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 11 juillet 2013.



mardi 19 juin 2012

Shogun and little kitchen



Le canevas de Shogun and little kitchen repose sur le thème classique de l’affrontement entre les pauvres et les riches. Bo (Ng Man-tat) est un cuisinier bien gentil : quand la voisine shanghaienne jette son seau d’eau par la fenêtre et qu’il reçoit tout sur la tête, il ne dit rien. Il est généreux : il lui arrive d’offrir souvent le repas aux gens alentours. Mais il est aussi bien naïf : les gens profitent de la situation. Bo est le centre de cette petite communauté de pauvres hongkongais, habitant tous le même immeuble donnant sur une cour commune, comme dans le classique The House of 72 tenants. Seulement voilà, on veut les déloger pour construire un immeuble neuf.

Monsieur Lin (Jimmy Wang Yu) est un investisseur immobilier et l’immeuble de Bo l’empêche d’accomplir son œuvre. Il demande à son plus fidèle employé Tong (Leung Kar-yan) de faire en sorte que l’affaire marche. Pendant ce temps, le fils de Lin, Feng (Leon Lai) désapprouve cette fuite en avant vers toujours plus d’argent. Il part furieux du domicile familial et se plante en moto juste devant la résidence. Bo, comme d’habitude très serviable, le soigne et va l’accueillir comme son fils. Il va en faire un de ses employés – bénévoles – tout en ignorant qui est le père de Feng. Ce dernier va s’installer dans cet immeuble et vivre une vie plus simple auprès de tous ces pauvres. Bien entendu, le film navigue dans une certaine démagogie en indiquant que la vraie vie est plutôt ici que dans une certaine opulence, mais l’humour parvient à faire passer la pilule. Quand les habitants découvriront qui est Feng, ils penseront qu’il est un espion de son père.

Feng va se lier d’amitié avec Chi (Yuen Biao), l’oncle de Bo qui revient ici après des années passées ailleurs. Entre temps, il a acquis une excellente connaissance en kung-fu. Le film place les capacités de Chi pour cuisiner (plusieurs années avant Le Festin chinois et The God of cookery) comme morceaux de bravoure. Les légumes et les morceaux de viande remplacent les sabres ; tout virevolte comme dans un combat d’art martial et Yuen Biao dans ce personnage de cuisinier agile et jongleur est assez convaincant. Le summum comique est constitué d’une scène de bataille culinaire entre Bo et Chi : chacun d’eux fait un canard immangeable. Le restaurant se met alors à attirer de nombreux clients, tout va bien jusqu’à ce que le monde du spectacle propose à Chi de monter un spectacle de cuisine de kung-fu. On s’en doute, sa nouvelle carrière met à mal l’avenir du restaurant de Bo, désormais privé de son prodige et donc de la clientèle attirée par cette publicité, et les deux cousins manquent de se fâcher.

Le film est souvent cousu de fil rouge. Ainsi, dans un mouvement scénaristique habituel, les personnages s’apprécient d’abord, doutent ensuite des autres, se disputent pour mieux ensuite se retrouver dans une réconciliation unanime. Le genre de la comédie veut cela. Dans toute cette histoire, il ne faut bien sûr pas oublier la romance qui se lie entre Feng et Maggie (Maggie Siu), la fille de Bo. Comme son amoureux, elle est dans le mensonge en faisant croire à son papa qu’elle est étudiante en design alors qu’elle est peintre en bâtiment. Le père va lui pardonner cette facétie comme il pardonnera à Feng d’avoir caché ses origines. Mais il était du coup logique que ces deux cachotiers se retrouvent à s’aimer et finissent le film dans un grand élan amoureux et familial en forme de happy end dégoulinant de bons sentiments. Shogun and little kitchen est l’union des deux classes sociales de Hong Kong : les pauvres et les riches forment une seule et même famille.

Shogun and little kitchen (伙頭福星, Hong Kong, 1992) Un film de Ronny Yu avec Yuen Biao, Leon Lai, Ng Man-tat, Maggie Siu, Monica Chan, Jimmy Wang Yu, Leung Kar-yan, Lui Fong, Josephine Koo, Lam Lap-san, Hau Woon-ling, Fong Yue, Tang Cheung, Leung Gam-san, Jim James, Hui Si-man.

vendredi 11 mai 2012

I love Hong Kong 2012 + All's well end's well 2012


Sandra Ng, Crystal Tin et Donnie Yen dans All's well end's well 2012

Teresa Mo et Eric Tsang dans I love Hong Kong 2012

Une guerre terrible se déroule sur les écrans depuis trois ans entre Eric Tsang et Raymond Wong Pak-ming. Les deux vétérans de la comédie cantonaise sortent chacun un film pour le Nouvel An Lunaire. D’un côté, la franchise All’s well end’s well créée en 1992 par Clifton Ko et que Raymond Wong a relancé en 2009 avec Louis Koo et Sandra Ng comme interprètes principaux. De l’autre côté, la Shaw Brothers qui joue sur le sentiment d’union populaire avec des titres évocateurs : 72 tenants of prosperity et I love Hong Kong, le premier film rappelant un classique ultra connu. La compagnie pour son retour a fait appel à Eric Tsang, personne central, acteur célèbre pour figurer le hongkongais moyen.

Au casting de All’s well end’s well 2012, Sandra Ng, qui revient après avoir été partenaire d’Eric Tsang dans I love Hong Kong. Autour d’elle, on trouve Donnie Yen (qui rempile) dans le rôle d’un guitariste sur le retour avec une coiffure pas possible. Sandra Ng est elle-même une ancienne vedette de cantopop et fournit d’ailleurs dans une scène de flash-back en duo avec Crystal Tin la seule scène vraiment hilarante. Autre souci capillaire pour Louis Koo, ouvrier en bâtiment (il bosse avec Lam Suet), homme modeste qui rencontre un jour Kelly Chan, photographe de mode qui souhaite le prendre en photo, il passera pratiquement tout le film torse nu, à montrer ses muscles et sa bonne mine en tant qu’atout charme. La beauté n’est pas ce qui caractérise Chapman To qui drague une jeune femme aveugle, Lynn Hung, car comme on le sait, la beauté intérieure est bien plus importante. Chapman To, dans un grand élan romantique, va créer tout un monde autour d’elle, fait de sensations. Enfin, Raymond Wong Pak-ming doit se réconcilier avec sa fille et aider sa nièce a hérité d’une forte somme d’argent. Sa vie amoureuse est inexistante et sa femme crée un site internet qui permet à tous les personnages de se rencontrer.

Dans I love Hong Kong 2012, Eric Tsang accueille Teresa Mo qui fût la belle sœur dans le premier All’s well end’s well. Les deux acteurs se connaissent très bien, ils ont été des partenaires parfaits dans Men suddenly in black. C’est d’abord une histoire de famille. Autour du père incarné par Stanley Fung, présentateur météo vétéran, on retrouve ses enfants turbulents. L’aînée est Teresa Mo, mariée à Eric Tsang qui tente de rallumer la flemme de son couple. Une scène de séduction figure dans les meilleurs moments du film, Eric Tsang se déguise en différents super héros (Batman, Captain America, Spider-man) face à Teresa Mo en combinaison à la Beyoncé. La seconde est Denise Ho, cheveux courts en garçon manqué et fiancée à Bosco Wong (la vedette en devenir de la Shaw Brothers), vendeur en magasin qui lui est très efféminé (cela rappelle le comique du personnage de Louis Koo dans All’s well end’s well 2011). Tout le monde est très réticent de cette union. Le troisième fils est 6 Wing amoureux d’une jeune femme (Zhang Xin-yu). Mais William So, le patron de Stanley Fung, ne l’entend pas de cette oreille et se réserve cette femme timide.

Les deux films jouent sur le même registre : divers couples pas forcément bien assortis qui se rencontrent, s’aiment mais ne se le disent pas ouvertement, se disputent gentiment pour se réconcilier sur fond de guimauve. La formule est celle des comédies du Nouvel An Lunaire, il faut les accepter quand on regarde ces films. Cette année, c’est I love Hong Kong 2012 qui emporte la manche. Le souci de All's well ends well 2012 est que le finale est insupportablement sirupeux, sombrant dans une mièvrerie indigeste. Le film souffre d’une longueur (2 heures) incompréhensible. Cette année les gags ne sont pas meilleurs que l’an dernier, bien au contraire. Les situations restent anecdotiques. Les personnages hauts en couleurs sont dans I love Hong Kong 2012 notamment Evergreen Mak, dans le rôle du frère de Stanley Fung, a priori largué mais finalement plein de bon sens. Et puis William So, tout en paillettes entourés de ses gardes du corps habillés ultra kitsch et bien ridicules. C’est sans doute pour cela que I love Hong Kong 2012 est moins mauvais : parce que Eric Tsang n’a jamais eu peur du ridicule. Rendez-vous l’an prochain.

All's well ends well 2012 (八星報喜, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Chan Hing-kai et Janet Chun avec Donnie Yen, Sandra Ng, Raymond Wong Pak-ming, Yang Mi, Kelly Chan, Louis Koo, Chapman To, Joey Yung, Yan Ni, Lynn Hung, Karena Ng, Jeremy Liu, Lam Suet, Ronald Cheng, Vincent Kok, Crystal Tin, Matt Chow, 6 Wing, Maria Cordero,

I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012) Un film de Wilson Chin et Chung Shu-kai avec Eric Tsang, William So, Bosco Wong, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse.

vendredi 20 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012)

Un film de Wilson Chin avec William So, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Bosco Wong, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Eric Tsang, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse. 100 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 20 janvier 2012.


mardi 1 juin 2010

Crossing Hennessy


Hennessy Road est une rue commerçante de New Kowloon et tous les matins, Loy (Jacky Cheung) a bien du mal à se lever pour aller travailler au magasin d’électroménager que tient sa mère, Madame Chiang (Paw Hee-ching). Loy dort à poing fermé quand le réveil sonne, toujours trop fort et le surprend dans ses rêves où il est avec son père décédé (Lowell Lo, que l’on n’avait pas vu depuis longtemps) qui lui prodigue de bons conseils pour sa vie de nonchalant velléitaire. Ces courtes scènes de rêves où l’image est déformée et flottante ponctue le film, scènes immédiatement suivies d’un réveil brutal de Loy apportant un soupçon de comédie.


Loy vit avec sa tante (Mimi Chu) qui lui prépare de bons petits plats même quand il n’a pas d’appétit, même quand il n’a pas envie de manger. La tante prépare aussi la cuisine pour tout le personnel du magasin de Madame Chaing, sa sœur. Dans cette boutique où les clients ne sont pas nombreux, surtout pendant l’heure de la pause déjeuner, l’Oncle Ching (Danny Lee) vient souvent rendre visite à Madame Chiang. Ils sont amants platoniques et elle est jalouse de Jo Jo, le petit chien qui accompagne dans tous ses gestes Ching. Elle pense qu’il se préoccupe plus du toutou, qui mange à même son bol, que d’elle. Ce qui a le don de la mettre dans une des colères noires.


Loy est célibataire. Ou plutôt, malgré ses quarante ans bien sonnés, il ne s’est toujours pas remis de la rupture d’avec Mina Siu (Maggie Cheung Ho-yee, pas celle de Wong Kar-wai), qui est devenue photographe et dont les affaires marchent bien. Mais, ils restent amis. Deux commerçants voisins hébergent leur nièce Oi Lin (Tang Wei) et Madame Chiang s’est mise dans la tête qu’elle pourrait épouser Loy. Seulement voilà, Oi Lin a un petit ami Xu (Andy On), petite frappe qui purge une courte peine de prison pour agression. Loy et Oi Lin sont prévenus des intentions maritales des parents.


Ivy Ho concocte une comédie douce-amère sur la solitude d’un homme qui ne veut plus avancer. Il est coincé dans cette rue d’Hennessy n’arrive même plus à dire à une jeune fille qu’il pourrait l’aimer. Loy est sans doute un faible, en comparaison de sa mère, c’est certain. Elle contrôle tout : elle dirige son magasin d’une main de fer, elle voudrait que Ching se débarrasse de son petit chien, elle oblige sa sœur à faire à manger pour tout le monde. Et elle a le pouvoir sur son fils. Une scène à ce titre est formidable. Madame Chiang est persuadé que Ching a une aventure avec sa sœur. Elle en fait une attaque. A l’hôpital où Loy lui donne la béquée, Ching arrive. Elle se cache sous le drap. Il pense qu’il lui en veut toujours. Mais non, elle refuse qu’il la voie sans maquillage, à nu, faible.


Loy est faible comparé à Xu. Andy On apparait tout en muscle face à Oi Lin, toute frêle. Il sort de prison et les deux jeunes amoureux se retrouvent. Mais le travail de séduction en sourdine de Loy a eu un effet sur Oi Lin. Ils ne couchent pas ensemble mais vont voir des expos, boire un café, se promener (on se promène beaucoup dans Crossing Hennessy, sans pour autant toujours bavarder – une des forces du film). Xu est jaloux, maladivement. Il décide de casser la gueule de Loy qui ne se défend pas beaucoup, mais une simple phrase va faire comprendre à Xu que Oi Lin lui est perdue, qu’elle a traversée la rue pour être avec Loy.


Ivy Ho filme avec délicatesse et subtilité les rapports entre les personnages. Elle évite l’écueil du lyrisme (peu de musique) comme elle ne tombe pas dans le piège du romantisme béat. Ce genre de film est très rare à Hong Kong, on se croirait dans un film indépendant américain réussi, mettons un film de Woody Allen où la mère juive aurait été remplacée par Madame Chiang. Les interprètes sont pour beaucoup dans la réussite de Crossing Hennessy. Je ne pensais plus que Jacky Cheung, comme Danny Lee d’ailleurs, pouvaient être sobres. Derek Tsang fait une courte apparition en médecin, Ekin Cheng en dentiste et Maggie Siu en officier de mariage. Et les deux actrices Paw Hee-ching, en mère abusive, et Mimi Chu, en tante désabusée, sont formidables.


Crossing Hennessy (月滿軒尼詩, Hong Kong, 2010) Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Paw Hee-ching, Maggie Cheung Ho-yee, Andy On, Danny Lee, Mimi Chu, Lowell Lo, Gill Mohindepaul Singh, Kwok Fung, Margaret Cheung, Lam Wai, Wu Man-fei, Derek Tsang, Ekin Cheng, Maggie Siu.


sur la photo : Jacky Cheung et Mimi Chu.

mercredi 7 avril 2010

72 tenants of prosperity



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J’aime les comédies du nouvel an lunaire. Et je les préfère quand elles sont drôles. Et quand en plus il y a des stars et des acteurs que j’adore, c’est le bonheur total. 72 tenants of prosperity est non seulement le succès surprise de ce début d’année à Hong Kong mais il est aussi une comédie réussie où j’ai ri, et parfois très fort. Le film est l’adaptation d’un classique du théâtre, connu par tous les Hongkongais, ce qui explique sans doute ce succès. C’est une production de la Shaw Brothers et de sa chaîne de télévision TVB qui a le vent en poupe après Laughing Gor Turning point, également plébiscité par le public.

On retrouve Anita Yuen, qui avait un peu disparu des écrans depuis quelques temps. Elle est Pinky, le pivot central du film, le personnage féminin que se disputent Kin (Jacky Cheung) et Kung (Eric Tsang) depuis leur adolescence. Les deux garçons étaient tous les deux amoureux d’elle (on les retrouve en flash back joués par Raymond Lam et Justin Lo). Pinky a été jouée à pile ou face. C’est Kung qui est devenu son mari. Depuis Kin et Kung ne se parlent plus. Chacun a eu deux enfants d’une vingtaine d’années, donc en âge de tomber amoureux, si vous voyez ce que je veux dire. Effectivement, Bosco Lam et Linda Chung vont s’aimer tandis que Wong Cho-lam et Stephy Tang vont s’aimer aussi, malgré les rivalités entre les deux papas. La comédie du nouvel an lunaire c’est aussi ça : des histoires d’amour très simples avec des happy ends attendus. Il est inutile de cacher que Eric Tsang et Jacky Cheung vont se réconcilier.

L’humour dans 72 tenants of prosperity est varié et se décline sur plusieurs modes. Le plus difficile à comprendre est celui qui joue sur les jeux de mots grivois en cantonais. Bosco Wong lors de sa première rencontre avec Linda Chung parle d’excréments à la place d’un autre mot. Plus tard, Jacky Cheung se moque d’Eric Tsang qui ne sait pas dire « Try your best » et qui prononce « breast », poitrine. Autre genre d’humour parfois un peu difficile à cerner, celui qui évoque la vie people locale. Linda Chung est régulièrement comparée à une actrice japonaise de films AV, cinéma très populaire. Et il y a aussi les références à tous les acteurs de TVB venus faire un petit coucou, car le film regorge d’apparitions fugaces de stars de la télé (voir le générique en fin de texte). Le film se permet de rendre hommage à Laughing Gor Turning point avec Michael Tse lui-même qui reprend le temps d’une séquence son propre rôle. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Le film commence par une brillante parodie de The House of the 72 tenants, classique de la Shaw brothers. Tout y est : les voix et les accents de ces années-là, les zooms sur les personnages, les vêtements et l’ambiance de l’époque. Cerise sur la gâteau, le rose de Lydia Shum est repris par sa fille Bernice Liu. Et sensuite, le comique des situations fait le reste. Kin et Kung travaillent l’un en face de l’autre dans une rue très populaire de Mongkok. Chacun vend ses téléphones portables censés résister à l’eau. Kin montre des filles très sexy arrosées par des pistolets à eau. Kung lui emboîte le pas avec des filles pas sexy qui se font couler du dentifrice, de la glace et du lait sur leur poitrine. La confrontation, un peu misogyne, fonctionne et fait rire. Puis, on se lance sur une chanson de comédie musicale sur les conditions de travail de tout ce beau monde. Et puis on termine avec les vœux où Wong Cho-lam et Bosco Wong font du marketing en citant tous les sponsors.

Entre ces deux moments, il y aura beaucoup de situations incongrues, des filles en maillot de bains, dont une qui cherche à vendre à un Lam Suet désorienté un portable. Pas mal de guest stars venues cabotiner une minute le temps d’une scène. Wong Cho-lam qui imite Jacky Cheung juste à côté de lui. Des parodies de plusieurs films récents. Et encore un chinois du continent qui semble d’abord être un vilain promoteur et qui s’avère être le sauveur de la situation. Il faut bien vendre le film en Chine, ce qui n’empêche pas Bosco Lam de se moquer du mandarin (la langue). Et puis une intrigue secondaire autour d’acide lancée du toit et qui se rapporte à l’actualité de Hong Kong. 72 tenants of prosperity fournit à l’amateur de comédie suffisamment d’éléments pour le rassasier et là est bien l’essentiel.

72 tenants of prosperity (72 家租客, Hong Kong, 2010) Un film de Eric Tsang et Chung Shu-kai et Patrick Kong avec Jacky Cheung, Eric Tsang, Anita Yuen, Bosco Wong, Stephy Tang, Wong Cho-lam, Linda Chung, Liang Tian, Aimee Chan, Joel Chan, Chan Pak-cheung, Sunny Chan, Vincy Chan, Fala Chen, Joyce Cheng, Kevin Cheng, Cheng Sze-kwan, Cheng Yim Lai, Kelly Chen, Chen Shuang, Chen Yoyo, Alfred Cheung, Cheung Chi-kwong, Dicky Cheung, Cheung Kayi, Cheung Kwok-keung, Chiang Tao, Jaime Mei Chun-chik, Chin Kar-lok, Chin Siu-hou, Andy Hui, Cho Wing-lim, Terence Chui, Sherman Chung, Chun Wong, Jacky Heung, Denise Ho, Kara Hui, Timmy Hung, Tracy Ip, Ko Hoi-ning, Ella Koon, Ku Feng, Emily Kwan, Kwok Jing-hung, Peter Lai, Lai Yiu-cheung, Lam Ka-tung, Raymond Lam, Lam Suet, Lau Mei-guan, Lau Siu-kwan, Tats Lau, Sam Lee, Jeanette Leung, Kaki Leung, Leung Lit-wai, Sammy Leung, Toby Leung, Bernice Liu, David Lo, Justin Lo, Koni Lui, Rosanne Lui, Luk Wing-kuen, Joe Ma, Mak Cheung-ching, Ma Kwok-ming, Ma Tai-lo, Ming Tai-yiu, Lawrence Ng, Ron Ng, Charmaine Sheh, Nancy Sit, Maggie Siu, William So, Tam Jan-yut, Tang Lai-ming, Tin Kai-man, Natalie Tong, Angela Tong, Michael Tse, Kate Tsui, Wong Ching, Wong Chi-yin, Fung Woo, Wu Myolie, Shaw Yin Yin, Yiu Ying-ying, Yuen King-tan, Kitty Yuen, Louis Yuen, Yuen Wai-ho, Mimi Zhu, Maria Cordero.

jeudi 1 avril 2010

Sorties à Hong Kong (avril 2010)

Beauty on duty (美麗密令)
Un film de Wong Jing avec Charlene Choi, Sandra Ng, Chim Sui-man, Fan Siu-wong, William Chan, Lu Yi, Xie Na, Cheung Tat-ming, Hui Shiu-hung, Samantha Ko, Lam Suet, Lee Man-kwan, Leung Ching-kok, Sammy Leung, Lena Lin, Yuen King-tan. 97 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.







Crossing Hennessy (月滿軒尼詩)
Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Ekin Cheng, Maggie Cheung Ho-yee, Lam Wai, Danny Lee, Lowell Lo, Andy On, Paw Hee-ching, Gill Mohindepaul Singh, Maggie Siu, Mimi Zhu. 98 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.





Fire of conscience (火龍)
Un film de Dante Lam avec Leon Lai, Richie Ren, Wang Baoqiang, Vivian Hsu, Liu Kai-chi, Michelle Ye, Wilfred Lau, Charles Ying, Vanessa Yeung, Chen Kuan-tai, Tang Yan, Tan Kai, Yue Xiaojun. 106 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie : 1er avril 2010.







The Spy next door
Un film de Brian Levant (Etats-Unis) avec Jackie Chan, Jackie Chan, Amber Valletta, Madeline Carroll, Will Shadley, Alina Foley, Magnús Scheving, Billy Ray Cyrus, George Lopez, Katherine Boecher. 94 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.



jeudi 18 mars 2010

Sorties à Hong Kong (mars 2010)

Just another Pandora’s box (越光寶盒)
Un film de Jeff Lau avec Ronald Cheng, Gigi Leung, Betty Sun, Athena Chu, Eric Tsang, Patrick Tam, Huang Bo, Guo Xiaodong, Gillian Chung, Kenny Bee, Chan Kwok-kwan, Ada Choi, Charlene Choi, Deng Chao, Duan Yihong, Fan Bing-bing, Fan Siu-wong, Charmaine Fong, Fong Lik-sun, Guan Xiaotong, Guo Degang, Guo Tao, Hou Yong, Huang Yi, Juan Ching-tien, Ella Koon, Lai Yiu-cheung, Lam Tze-chung, Lam Suet, Jeffrey Lau, Tats Lau, Lee Kin-yan, Lee Lik-chi, Edmond Leung, Bruce Leung, Li Xuejian, Marco Mak, Marco Ngai, Sandra Ng, Stephy Tang, Tin Kai-man, Wang Xuebing, Wong Cho-lam, Ken Wong, Jacky Wu, Xu Jiao, Yuen Biao, Yuen Cheung-yan, Corey Yuen, Yuen Qiu, Yuen Wah , Yu Rongguang, Zhang Yishan, Zhang Ziyi. 90 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 18 mars 2010.









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Womb ghosts (惡胎)
Un film de Dennis Law avec Chrissie Chow, Lam Suet, Koni Lui, Lai Lok-yi, Hailey Chan, Jo Kuk, Lo Dada, A. Lin Pui Yan, Maggie Siu, Sherman Tang. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 18 mars 2010.




lundi 25 janvier 2010

La Rose noire


La Rose noire est une version des aventures de Black Rose, une sorte de fantômette cantonaise qui allait rendre la justice en justaucorps noir avec son masque. Le cinéma de Hong Kong aime cette figure du héros justicier, du Robin des bois moderne qui venge la veuve et l’orphelin sans que l’on sache qui il est. Tout l’enjeu de La Rose noire de Jeff Lau est là. Tous les personnages parlent de Black Rose mais on a beau la voir constamment sur l’écran, personne à la fin du film ne saura qui elle est vraiment.


Butterfly (Maggie Siu dans un de ses premiers rôles bien avant sa rencontre avec le cinéma de Johnnie To) écrit des contes pour enfants. Son amie Kuen (Teresa Mo) lui propose d’écrire un scénario pour adultes, mais Butterfly est l’innocence même, elle se fait harceler régulièrement par les jeunes du quartier. L’officier Liu (Tony Leung Ka-fai) vient à sa rescousse d’autant qu’il en pince pour elle. Mais c’est alors que Butterfly et Kuen s’engouffrent dans une histoire qui va les dépasser. Elles assistent à un meurtre entre membres des triades. Pour se disculper, elles laissent traîner une feuille qui indique que la Rose Noire est l’auteur de ces meurtres Or la police recueille les empreintes de Kuen. Elle est recherchée par la police.



Mais la Rose Noire semble exister et veut faire dire la réalité. Elle kidnappe Butterfly. Tandis que Kuen est fait prisonnière par le chef de triade. Or la Rose Noire vit dans le passé. Et ce sont deux femmes qui incarnent cette idée de l’héroïne masquée. Piu-hung (Fung Bo-bo) et Yim-fan (Wong Wan-si) s’habillent comme dans les années 1960 et semblent complètement folles. Elles sont tour à tour mère ou fille, elles sont persuadées d’être la Rose Noire et que l’officier Liu les a abandonnées il y a vingt ans. Elles veulent donc se marier avec lui.


La Rose noire est un modèle de non-sens qui frise souvent avec l’absurde le plus pur. Le cinéma de Stephen Chow est ouvertement cité. Il serait bien difficile de raconter ce qui se passe dans le film au bout d’une demi-heure. Régulièrement, le récit est coupé par des chansons anciennes interprétées par les personnages. Teresa Mo cherche toujours à s’évader d’une geôle où la porte est ouverte et dont le gardien est stupide. Mais c’est surtout Tony Leung Ka-fai qui éblouit. L’acteur modifie sa voix et la transforme en un son nasal étonnant. Les références au cinéma de Hong Kong des années 1960 est très présent, Piu-hung regarde d’ailleurs à la télévision un extrait du Black Rose de 1965. Et le final se permet un combat avec la technique de la paume de Buddha chère à Stephen Chow dans Crazy kung-fu, séquence où le même thème musical est joué. Mais à la fin, on ne sait pas encore qui de toutes ces femmes est la Rose Noire.


La Rose noire (92 Legendary la Rose noire, 92黑玫瑰对黑玫瑰, Hong Kong, 1992) Un film de Jeff Lau avec Tony Leung Ka-fai, Teresa Mo, Maggie Siu, Fung Bo-bo, Wong Wan-si, Teddy Yip.

vendredi 8 janvier 2010

PTU


Entre The Mission et PTU, quatre ans se sont écoulés où Johnnie To, avec Wai Ka-fai, s’est entièrement consacré à la comédie sous toutes ses formes pour encore mieux parvenir au niveau d’indépendance qu’il recherchait avec la Milkyway Image. Son retour au polar en solo se fait par la voie expérimentale. PTU est filmé en nocturne dans les rues désertes, le récit est ramassé sur quelques heures, le tout tourné avec les acteurs de sa boîte de production. Le scénario est un modèle de précision qui ne révèle tous ses ressorts qu’au dernier moment.


Dans un restaurant, Saï (Lam Suet, pour une fois personnage central du film autour duquel va tourner toute l’histoire) vient prendre son repas lors d’une patrouille. Là, se trouve la bande de Cato, une petite frappe. Cato et ses hommes s’assoient à une table vide mais sous laquelle coule des gouttes du ventilateur défectueux. Cato demande au restaurateur une autre table. Ils virent un jeune homme timide qui s’installe ailleurs. Puis, Saï s’installe à la table de Cato qui change à nouveau de table virant une nouvelle fois le jeune homme. Puis Saï est appelé au téléphone et s’en va, non sans avoir passablement énervé Cato avec qui il a discuté quelques minutes. Ses amis l’ont laissé seul. Le jeune homme en profite pour lui planter un long couteau dans le dos qui le transperce.


Tout commence comme dans un film de triades classique. L’éternelle chasse entre le voleur et le flic. Le système va s’enrayer quand les hommes de Cato se mettent à poursuivre Saï dans les rues vides. Saï veut les prendre à rebours et gagner la partie, mais il tombe dans un escalier et s’évanouit. Les petites frappes en profitent. Quand il se réveille, son visage est tuméfié et en sang, et surtout, il a perdu son révolver. C’est alors que les autres personnages entrent en scène. Le Sergent Ho (Simon Yam), membre du PTU (Police Tactical Unit) et ses collègues rencontrent Saï. Ils vont l’aider à retrouver son révolver. On retrouve le corps de Cato et l’inspecteur Cheng (Ruby Wong), femme flic en costumes d’homme commence à se demander ce qu’il se passe. Elle va chercher à trouver une vérité alors que personne ne lui dit rien.


Puis en vrac dans PTU : un enfant en vélo, un jeune homme avec des sacs qui téléphone d’une cabine public, un téléphone portable dans un sac en plastic, des mecs à poil dans des cages en fer, deux parrains aux surnoms invraisemblables (le Hibou et Boule de nerfs, en VF), un Wong Ting-lam impérial. Et bien entendu, la mise en scène de Johnnie To dans la nuit est très efficace, notamment son travail sur la lumière et sur son absence. Les rues sont blafardes, la lumière bleutée ou glauque avec des percées lumineuses extrêmement blanches. L’enfer de Saï semble ne jamais finir d’autant que le temps est dilué. Le film est court (80 minutes comme une série B américaine), le récit s’étale sur cinq heures pleines de creux (les attentes, les déambulations) et les pleins (les fusillades). On ne parle pas beaucoup sauf pour dire les choses essentielles. On se croirait dans un Tourneur. En revanche, la violence est bien plus présente que dans The Mission et la surprise est moindre que ce dernier film.


PTU (Hong Kong, 2003) Un film de Johnnie To avec Simon Yam, Lam Suet, Maggie Siu, Ruby Wong, Raymond Wong Ho-yin, Eddy Ko, Wong Tin-lam, Lo Hoi-pang, Kenneth Cheung.