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jeudi 25 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)

Taichi hero (太極2:英雄崛起, Hong Kong – Chine, 2012)
Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Yuan Xiao-chao, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Yuen Biao, Andrew Lau, Daniel Wu, Patrick Tse, Jimmy Wang Yu. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 25 octobre 2012.

jeudi 4 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)


Taichi 0 (太極1:從零開始, Hong Kong – Chine, 2012)
Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Yuan Xiao-chao, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Yuen Biao, Andrew Lau, Daniel Wu, Patrick Tse, Jimmy Wang Yu. 98 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 4 octobre 2012.

mardi 7 août 2012

Le Retour de Mr. Vampire


Le récit du Retour de Mr. Vampire se transporte de nos jours (c'est-à-dire en 1986). Un archéologue portant bouc et lunettes demi-lune, le professeur Kwok (Chung Faat) s’affaire à retrouver des objets antiques pour les revendre. Aidés par ses deux assistants, Chicken (Billy Lau) et Sashimi (Ka Lee) aussi incompétents et froussards que ceux de Maitre Kau dans Mr. Vampire, il tombe dans une grotte sur trois sépultures parfaitement conservées. Une famille entière, père, mère et enfant, tous trois en habits mandarins et portant un sort sur le front. Oui, ce sont des vampires et ils vont foutre une sacrée pagaille.

Kwok cherche immédiatement à vendre ses momies et apporte le petit (Hon To-yue) chez un éventuel acheteur laissant Chicken seul avec les adultes. Il enlève le parchemin du front de la mère (Pauline Wong) qui se réveille, sautille sur ses pieds et chercher à le mordre. Puis, c’est le père (Cheung Wing-cheung) qui se réveille. Il est bien plus coriace et le pauvre assistant maladroit et gaffeur a bien du mal à ne pas se laisser croquer. Les deux vampires poussent des râles crépusculaires et l’antre se transforme en champ de batailles burlesque où le pauvre diable cherche à se cacher jusqu’à ce que Kwok et Sashimi reviennent pour maitriser les vampires.

Pendant ce temps, le petit vampire s’est aussi réveillé et apprécie la musique sur l’auto-radio. Il va s’échapper et atterrir chez Monsieur Hu (Wu Fung), un veuf avec deux enfants (un peu grassouillets). Réfugié dans la remise, l’enfant va être accueilli par la petite fille si gentille qu’elle le prend pour un boat people (la télé montre un reportage sur eux). Comme dans ET de Steven Spielberg, elle va cacher la présence du vampire à son père. Cette partie familiale est terriblement mièvre, sans humour et surtout passablement mal jouée (les enfants sont atroces). Le film est clairement à destination du jeune public.

L’arrivée dans l'histoire, au bout d'une bonne demi-heure, de Lam Ching-ying en descendant de Maitre Kau (il porte encore une fois des sourcils d’un seul tenant, signe de sagesse) pour sauver l’archéologue n’y fera rien. Il est aidé de Yen (Yuen Biao) qui aspire à épouser Gigi (Moon Lee), la fille de Lam Ching-ying. La seule séquence de combat s’éternise, et pour cause, dans l’antre de l’archéologue un produit ralentisseur s’échappe de sa fiole. Tous les gestes, dialogues et grognements des acteurs sont filmés comme au ralenti, les interprètes jouant donc en parlant et bougeant lentement, très lentement. Bonne idée mais qui s’éternise trop pour être amusante. Le Retour de Mr. Vampire reprise tout ce qui faisait la saveur de Mr. Vampire sans jamais arriver à ce que cela fonctionne.

Le Retour de Mr. Vampire (Mr. Vampire II, 殭屍家族, Hong Kong, 1986) Un film de Ricky Lau avec Chung Faat, Billy Lau, Ka Lee, Pauline Wong, Cheung Wing-cheung, Hon To-yue, Yuen Biao, Moon Lee, Lam Ching-ying, Hoh Kin-wai, Choi Man-gam, Wu Ma, James Tin, Wu Fung, Walter Tso, Manfred Wong, Stanley Fung.

mardi 19 juin 2012

Shogun and little kitchen



Le canevas de Shogun and little kitchen repose sur le thème classique de l’affrontement entre les pauvres et les riches. Bo (Ng Man-tat) est un cuisinier bien gentil : quand la voisine shanghaienne jette son seau d’eau par la fenêtre et qu’il reçoit tout sur la tête, il ne dit rien. Il est généreux : il lui arrive d’offrir souvent le repas aux gens alentours. Mais il est aussi bien naïf : les gens profitent de la situation. Bo est le centre de cette petite communauté de pauvres hongkongais, habitant tous le même immeuble donnant sur une cour commune, comme dans le classique The House of 72 tenants. Seulement voilà, on veut les déloger pour construire un immeuble neuf.

Monsieur Lin (Jimmy Wang Yu) est un investisseur immobilier et l’immeuble de Bo l’empêche d’accomplir son œuvre. Il demande à son plus fidèle employé Tong (Leung Kar-yan) de faire en sorte que l’affaire marche. Pendant ce temps, le fils de Lin, Feng (Leon Lai) désapprouve cette fuite en avant vers toujours plus d’argent. Il part furieux du domicile familial et se plante en moto juste devant la résidence. Bo, comme d’habitude très serviable, le soigne et va l’accueillir comme son fils. Il va en faire un de ses employés – bénévoles – tout en ignorant qui est le père de Feng. Ce dernier va s’installer dans cet immeuble et vivre une vie plus simple auprès de tous ces pauvres. Bien entendu, le film navigue dans une certaine démagogie en indiquant que la vraie vie est plutôt ici que dans une certaine opulence, mais l’humour parvient à faire passer la pilule. Quand les habitants découvriront qui est Feng, ils penseront qu’il est un espion de son père.

Feng va se lier d’amitié avec Chi (Yuen Biao), l’oncle de Bo qui revient ici après des années passées ailleurs. Entre temps, il a acquis une excellente connaissance en kung-fu. Le film place les capacités de Chi pour cuisiner (plusieurs années avant Le Festin chinois et The God of cookery) comme morceaux de bravoure. Les légumes et les morceaux de viande remplacent les sabres ; tout virevolte comme dans un combat d’art martial et Yuen Biao dans ce personnage de cuisinier agile et jongleur est assez convaincant. Le summum comique est constitué d’une scène de bataille culinaire entre Bo et Chi : chacun d’eux fait un canard immangeable. Le restaurant se met alors à attirer de nombreux clients, tout va bien jusqu’à ce que le monde du spectacle propose à Chi de monter un spectacle de cuisine de kung-fu. On s’en doute, sa nouvelle carrière met à mal l’avenir du restaurant de Bo, désormais privé de son prodige et donc de la clientèle attirée par cette publicité, et les deux cousins manquent de se fâcher.

Le film est souvent cousu de fil rouge. Ainsi, dans un mouvement scénaristique habituel, les personnages s’apprécient d’abord, doutent ensuite des autres, se disputent pour mieux ensuite se retrouver dans une réconciliation unanime. Le genre de la comédie veut cela. Dans toute cette histoire, il ne faut bien sûr pas oublier la romance qui se lie entre Feng et Maggie (Maggie Siu), la fille de Bo. Comme son amoureux, elle est dans le mensonge en faisant croire à son papa qu’elle est étudiante en design alors qu’elle est peintre en bâtiment. Le père va lui pardonner cette facétie comme il pardonnera à Feng d’avoir caché ses origines. Mais il était du coup logique que ces deux cachotiers se retrouvent à s’aimer et finissent le film dans un grand élan amoureux et familial en forme de happy end dégoulinant de bons sentiments. Shogun and little kitchen est l’union des deux classes sociales de Hong Kong : les pauvres et les riches forment une seule et même famille.

Shogun and little kitchen (伙頭福星, Hong Kong, 1992) Un film de Ronny Yu avec Yuen Biao, Leon Lai, Ng Man-tat, Maggie Siu, Monica Chan, Jimmy Wang Yu, Leung Kar-yan, Lui Fong, Josephine Koo, Lam Lap-san, Hau Woon-ling, Fong Yue, Tang Cheung, Leung Gam-san, Jim James, Hui Si-man.

lundi 12 septembre 2011

Le Héros magnifique + Tigre blanc


Après le succès de Drunken master, il était logique que Yuen Woo-ping et la Golden Harvest continue de profiter du filon Wong Fei-hung. C’est aujourd’hui pareil avec les Ip Man, Yuen Woo-ping chorégraphie la version de Wong Kar-wai qui doit sortir en décembre. Jackie Chan, qui était le héros chinois adolescent est remplacé par Kwan Tak-hing, qui trente ans après ses débuts dans le rôle rempile pour ces deux films. C’est donc un Wong Fei-hung vieux mais peu présent dans le récit auquel on a droit. Ici, ce sont les personnages d’habitude accessoires qui sont mis en vedette, Wing le boucher (Sammo Hung) dans Le Héros magnifique et Fu (Leung Kar-yan) dans Tigre blanc.

Wing est un gentil naïf mais très impulsif. Naïf lorsque son collègue boucher tente de lui voler ses porcs ou que ses camarades de l’école Po Chi Lam, notamment Fu (Yuen Biao) se moque de lui. Impulsif parce qu’il répond immédiatement en donnant du coup de poing. Cela se retourne parfois contre lui comme quand il frappe un disciple de Maître Kao (Lee Hoi-sang) et que celui demande justice. Kao Tai-ho, le fils du maitre (Fung Hak-on) est loin d’avoir la sagesse de son père et n’aura de cesse de chercher des noises à Wing et à tous ceux qui lui sont proches. Il a tous les vices : obsédé sexuel, menteur, joueur invétéré et il fume.

Quand le petit frère de Wing arrive dans le village avec sa femme, Kao la kidnappe. Le petit frère (Chiang Kam) rencontre le mendiant Su (Fan Mei-sheng, transfuge de la Shaw Brothers) qui rappelle Simon Yam. Son aspect est le même, cheveux gris, en haillons et qui boit constamment. Il va défendre le frérot contre Kao qui passe d’un coup fourré à un autre. Su est l’intérêt principal du Héros magnifique dans sa manière de résoudre tous les problèmes des personnages et de déjouer les plans machiavéliques de Kao. Le film reprend quelques idées du Chinois se déchaine (Su manipule les bras et jambe d’un combattant pour défaire un adversaire) et de Drunken master (l’enseignement de Wing) sur un mode comique qui s’oppose au ton dramatique des actions de Kao.


Le succès a été tel et la concurrence de la Shaw Brothers ravivée (avec Gordon Liu dans le rôle de Wong Fei-hung) que Tigre blanc est mis en route avec encore une fois le vieux Kwan Tak-hing dans le rôle du médecin. A 74 ans, l’acteur est encore vert et montre son habileté dans quelques scènes : la séance de soin à l’homme au visage peint (San Kuai), la bataille des lions de papier (bien trop longue) ou encore celle du tailleur assassin (Fung Hak-on). Son personnage est aussi inclus dans des moments humoristiques quand Jien (Yuen Biao), peureux devant l’éternel, se fait passer pour Wong Fei-hung et s’attire des ennuis.

Il est étonnant que dans Tigre blanc, Yuen Biao n’est qu’une partition si petite et qu’il apparaisse ignorant les arts martiaux. Par chance, la scène finale lui est accordée. Il devient l’apprenti de Fu (Leung Kar-yan, qui joue le kung-fu sans en connaitre les règles). Fu, en tant que disciple préféré de Wong Fei-hung, viendra progressivement au centre du film quand il faudra affronter l’homme au visage peint qui est fou et assassine à tour de bras. On retrouve Fan Mei-sheng dans un rôle radicalement opposé de celui du Héros magnifique, il y est un flic libidineux et incompétent. Ce qui frappe dans Tigre blanc, c’est un scénario bancal qui à force devient ennuyeux. Cela sonnera le glas de la franchise jusqu’à se résurrection par Tsui Hark dix ans plus tard sur un mode plus réaliste.

Le Héros magnifique (The Magnificent butcher, 林世榮, Hong Kong, 1979) Un film de Yuen Woo-ping avec Sammo Hung, Fan Mei-sheng, Fung Hak-on, JoJo Chan, Kwan Tak-hing, Lee Hoi-sang, Chung Faat, Yuen Biao, Wai Pak, Lam Ching-ying, Chiang Kam.

Tigre blanc (Dreadnaught, 勇者無懼), Hong Kong, 1981) Un film de Yuen Woo-ping avec Yuen Biao, Leung Kar-yan, Kwan Tak-hing, Phillip Ko, Yuen Shun-yi, Lily Li, Tong Jing, Fan Mei-sheng, Brandy Yuen, Yuen Cheung-yan, Fung Hak-on, Danny Chow, Chiu Chung-hing, San Kuai.

samedi 12 mars 2011

Le Maître intrépide (Knockabout)


Deux petits voleurs, Sai-po (Yuen Biao) et Tai-po (Leung Kar-yan) parcourent les villes à la recherche d’escroquerie. Les deux frères sont insouciants de la justice mais sont deux petits malins qui parviennent à leur fin. Dans la ville où se déroule Knockabout, ils vont arnaquer le préteur sur gages. Sai-po arrive à l’office pour échanger une pépite. Là, Tai-po se présente comme un coursier venu donner un colis à Sai-po. Le colis contient un lingot d’or qui selon le courrier de son oncle fait 20 onces. Le commerçant pèse, le lingot en fait plus et il décide de lui donner 120 pièces correspondant cependant à 20 onces d’or. Mais ça n’est pas de l’or et quand le policier (Karl Maka) vient régler l’histoire, le préteur sur gages est accusé d’avoir voulu escroquer Sai-po sur le poids mais aussi sur les pièces, que les frères ont échangées contre des fausses. Résultat des courses : ils se retrouvent libres, malgré leur escroquerie, et avec deux sacs de pièces, puisque le marchand a du leur en donner à nouveau.

Les deux frangins sont ravis de leur bon coup. Ils filent hors de la ville pour partager le butin et repartir sur un autre coup. Sai-po tente d’arnaquer son frère en accaparant une plus grosse part. Pendant qu’ils se disputent, on leur vole leur argent. On ne voit pas qui c’est mais on se doute que c’est le vagabond (Sammo Hung) qui passait par là. Ce vagabond qui a l’air un peu idiot est perclus de tics, il cligne des yeux, fait des grimaces. C’est d’ailleurs un ressort comique du film puisque Yuen Biao, quand il prépare un bon coup, fait des ronds avec sa main droite et Leung Kar-yan se caresse la barbe. Mais pour l’instant, nos deux frérots se retrouvent sans le sou et affamés. Retour en ville pour tenter d’arnaquer quelqu’un d’autre. Ils tentent leur chance dans une salle de jeu, mais doivent se battre quand le pot aux roses est découvert. Finalement, ils se dirigent au restaurant où ils trouveront bien sur place un gogo à plumer.

Leur choix tombe sur un homme aux cheveux gris, Ka Mo-to (Lau Kar-wing). Ils veulent faire croire qu’il a volé la bague de jade de Tai-po, mais le renard est plus malin qu’eux. Ils le suivent hors du village mais leur donne une raclée. Ils décident qu’ils devraient devenir leur maîtres. Voilà nos deux escrocs disciples. Il va leur apprendre, dans la tradition du film de kung-fu, son art martial et ils vont peiner pour cela. Et il faut voir les deux frères bien obéissants même s’ils ne comprennent pas à quoi cela sert (comme c’était le cas dans Drunken master). Lors de leur première sortie en ville, après leur entrainement, ils restent gentiment debout derrière lui au restaurant. Puis, sans lui, ils rendent justice à une bande de malfrats venus incommoder des commerçants. Sai-po et Tai-po sont devenus des hommes respectables aux yeux de tous.

Seulement voilà, Sammo Hung n’en n’a que faire de la tradition du film de kung-fu. Il va prendre à rebours le schéma classique tel que le développaient, à l’époque, Liu Chia-liang ou Yuen Woo-ping. On avait déjà repéré un homme muni d’affiches (Mars) qui cherche des repris de justice. On pouvait penser qu’il s’agissait des deux frères, mais c’est Ka Mo-to et deux de ses complices qui sont recherchés. Or, les deux complices sont justement chez lui venus cherche leur part du butin. Les frangins vont les affronter dans un combat mise en scène de manière burlesque, d’abord parce que l’un des deux complices est montré avec ridicule (il est montré comme une tapette) et ensuite parce que l’autre reçoit plein de coups sur la tête qui lui donne plein de bosses en forme de champignons.

Mais quand ils s’aperçoivent que leur maître est maléfique, ils vont se rebeller. Ka Mo-to va tuer Tai-po et son frère va s’enfuir. Dans sa fuite, il tombe dans la cabane du vagabond qui n’est pas un mauvais bougre, bien au contraire puisqu’il va partager son repas et l’inviter à dormir, malgré quelques facéties que le vagabond fait subir à Sai-po. Ce dernier va chercher à venger la mort de son frère. Là, le cinéma de Sammo Hung reprend ses droits puisque la vengeance est la plupart du temps le moteur du scénario. Le film redevient sec et dénué d’humour, d’autant que le scénario n’est même pas accaparé par une histoire d’amour prétexte à plus de douceur (le film n’a aucun personnage féminin). Après avoir ri pendant une heure, Knockabout devient particulièrement sombre dans sa partie vengeance.

Le Maître intrépide (Knockabout, 雜家小子, Hong Kong, 1979) Un film de Sammo Hung avec Yuen Biao, Leung Kar-yan, Lau Kar-wing, Sammo Hung, Karl Maka, Wang Kuan-yu, Lee Hoi-sang, Mars, Lau Tin-chi, Ho Pak-wong.

jeudi 10 mars 2011

Enter the fat dragon


Après la mort de Bruce Lee, la bruceploitation a repris son aura pour proposer des films souvent très nuls. Il existe plusieurs catégories. Les clones (Bruce Le, Bruce Li, Bruce Law, Bruce Leung), les films qui mettaient dans les titres Bruce (Bruce Lee against Superman, Legend of Bruce Lee, Bruce Lee’s ways of kung-fu), les films conçus par ceux qui avaient connu Bruce Lee. Dans cette dernière catégorie, Sammo Hung rend hommage à sa manière à la star dans Enter the fat dragon (en parodiant le titre anglais de Opération dragon alias Enter the dragon). Il y a peu de chance que l’on confonde le petit dragon avec le bon gros tant physiquement que dans les scénarios.

Lung (Sammo Hung) vit dans sa campagne et s’occupe d’élever des cochons. Il ne rêve que de Bruce Lee dont il est fan absolu. Son père lui demande d’aller à Hong Kong aider l’oncle Hung (Fung Fung) qui a besoin de main d’œuvre. Hop, le générique du film qui parodie ceux des Shaw Brothers où Sammo se bat contre une douzaine d’artistes martiaux (on reconnait Yuen Biao) dans un décor avec un fond rouge. Mais la réalité sera tout autre car Lung est un gros maladroit qui ne va faire que des bêtises. Il faut dire qu’à part garder les cochons il ne sait pas faire grand-chose.

Le restaurant est aussi tenu par son cousin Kao (Lu Chu-sek) et ils doivent se battre contre le restaurant mitoyen (en fait une impasse coupée en deux) dont la patronne est plutôt féroce. Elle ne tolère aucun dépassement de chaise et n’hésite pas à voler les clients. Un jour, une bande de petites frappes veut partir du restaurant de cette dame sans payer. Elle tente de les contrer en leur suggérant d’aller voir chez Hung et Kao. Les malfrats veulent bouffer à l’œil mais Lung, avec sa naïveté et sa force, leur fout quelques coups de tatanes. Mais, un jour où notre bon gros n’est pas là, ils reviennent et détruisent le restaurant.

En attendant, il faut trouver un autre job. Lung devient figurant dans un film de bruceploitation mais est trop fort pour la vedette clone. C’est alors que Chen (Lee Hoi-suk), la cousine qui travaille dans un restaurant chic réussit à leur trouver un boulot de serveur lors d’une réception. Le hasard fait bien les choses, Pai (Peter Yang) est le boss des malfrats. Apparemment, il connait très bien Chen dont il est amoureux depuis toujours mais elle s’est refusée à lui. Il décide de la kidnapper et Lung va chercher à la retrouver. Une longue course poursuite sur le mode comique va avoir lieu, Kao est dans un taxi et Lung, qui n’a pas pu monter dedans, le suit en courant puis en vélo en offrant quelques cascades.

L’essentiel de Enter the fat dragon repose sur des codes connus des spectateurs qui se trouvent dans les films de Bruce Lee. Le restaurant que veulent voler les malfrats en premier lieu, Lung utilise le nunchaku pour les battre. Il prodiguera quelques cris imités de la star, son petit geste de la main pour les faire venir et il touchera ses lèvres avec son doigt. Et en toute fin, il affrontera dans un hangar trois hommes comme dans Opération dragon. Un blanc (David Nick), un noir (Lee Hoi-sang, grimé) et un jaune (Leung Kar-yan). Le problème du film tient dans son absence de rythme et à son scénario qui part parfois dans tous les sens avec ses rebondissements excessifs.

Enter the fat dragon (肥龍過江, Hong Kong, 1978) Un film de Sammo Hung avec Sammo Hung, Lee Hoi-suk, Lau Heung-ping, Luk Chu-sek, Peter Yang, Lam Kin-ming, Roy Chiao, Leung Kar-yan, Lee Hoi-sang, David Nick, Fung Hak-on, Fung Fung, Mars, Yuen Biao, Eric Tsang.

vendredi 4 mars 2011

Pirates et guerriers


Sous l’empire Ming, des hordes de pirates attaquent les bateaux en mer. Lutter contre eux est la priorité du pouvoir d’autant que ces corsaires sont aidés par des ronins, ces yakuzas japonais déclassés. Comme dans les autres films de King Hu, une voix off ouvre Pirates et guerriers illustrant des gravures d’époque. On nous présente les personnages et les acteurs qui vont les interpréter. L’empereur envoie le général Yu Dayou (Roy Chao) et ses hommes les combattre. Ils sont sept pour évincer un grand nombre de pirates.

La méthode de Yu est de se faire passer pour des commerçants. Ils font semblant de vendre des marchandises pour attirer les pirates, les faire prisonniers et les interroger afin de retrouver leur repère où est caché leur trésor de guerre. Ils sont experts en kung-fu et en simulation, mais les pirates qu’ils arrêtent ne savent pas où se trouve la cachette. Le lieu leur a toujours été interdit d’entrée. Ce sont les mercenaires Japonais qui en connaissent l’accès. Il faudra qu’ils s’infiltrent dans la bande des pirates.

Ce sera Wu Jiyun (Pai Ying) et sa femme mutique Wu Shaopang (Hsu Feng) qui entrer en contact avec le maître de l’île où les pirates ont choisi d’y avoir leur repaire. Après moultes négociations, le couple Wu parvient à leur fin et rencontrent les chefs des pirates. Ils devront faire leur preuve en combattant au sabre, en envoyant des flèches et en prodiguant leur art martial. Parmi les combattants, on découvre un jeun Yuen Biao dans une courte scène. L’un des ronins japonais est incarné par Sammo Hung, par ailleurs maquillé de blanc. Sammo Hung est par ailleurs l’auteur des chorégraphies.

Ce Japonais, Bodojin (Sammo Hung) est le seul à ne pas faire confiance à Wu. Et quand l’assaut des guerriers se déclenche, il va en profiter pour tenter de spoiler ses comparses. Le film suggère que les Japonais n’ont pas de parole. King Hu filme les affrontements avec de nombreux travellings qui enserrent les personnages. Les combats ne sont pas spectaculaires et sont construits essentiellement avec le montage (champ sur un coup de sabre, contrechamp sur son effet). C’est une vieille méthode qui sera avec l’avènement du cinéma de Sammo Hung, entre autres, mise de côté quand l’acteur choisira de montrer les chutes et les coups dans les films qu’il réalisera.

Pirates et guerriers marque la fin d’une époque, celle de ses wu xia pian épique et héroïque qui verra triompher la justice. Si King Hu utilise des personnages japonais négatifs et vicieux, c’est sans doute parce que Bruce Lee est passé par là. Mais c’est l’absence quasi-totale des femmes qui frappe. Seule madame Wu incarne une présence féminine, mais elle parle très peu et se bat comme les autres hommes, niant ainsi toute féminité. Cette absence contraste tout à fait avec l’héroïsme et la présence féminine dans L’Auberge du printemps.

Pirates et guerriers (The Valiant ones, 忠烈圖, Hong Kong, 1974) Un film de King Hu avec Hsu Feng, Pai Ying, Roy Chiao, Han Ying-chieh, Sammo Hung, Yuen Biao, Lee Man-tai, Hao Li-jen, Mars, Yeung Wai, Lau Kong, Simon Yuen, Ng Ming-choi.

vendredi 18 février 2011

Les Guerriers du temps


1632, l’Empereur tance son fidèle chevalier Ching (Yuen Biao) de n’avoir pas su arrêter Fung San (Yuen Wah) qui a assassiné une de ses concubines. La colère de l’Empereur est radicale puisqu’il souhaite la tête de Ching. Par clémence, il donne vingt jours pour qu’il lui ramène Fung San. L’ancien condisciple de Ching a mal tourné. Elevés ensemble, Fung San s’est tourné du côté obscur du kung-fu. Il a acquis une force démesurée qui semble supérieure à celle de Ching, pourtant très aguerri. Les deux hommes vont se battre dans les neiges du Tibet près du trône de Samsara dont Fung San veut s’emparer pour asseoir sa domination. Ils se battent à l’épée, se blessent et disparaissent au milieu des neiges éternelles.

1989. Une expédition de scientifiques chinois arrivent sur les lieux et découvrent les deux chevaliers dans un bloc de glace. Les corps sont parfaitement conservés. Le comité de savants décide d’aller aux Etats-Unis faire étudier les momies. De manière assez opportuniste, le film montre l’angoisse des scientifiques suite aux événements de Tien An Men mais leurs propos sont injurieux envers le gouvernement. L’un d’eux suggère d’aller d’abord à Hong Kong pour visiter un cabaret de luxe (ben tiens !) faisant preuve d’un grand esprit rationnel. Dans l’entrepôt, des voleurs veulent s’emparer des corps. Leur maladresse fait qu’ils se réveillent et les voilà libres mais perdus dans le futur. On n’entendra plus jamais parler des scientifiques sans doute restés faire un karaoké.

La meilleure partie des Guerriers du temps se situe là, quand Ching rencontre Paula (Maggie Cheung), jeune poule qui a du mal à rembourser une dette à son mac. Ching prend sa défense en ignorant qu’elle se prostitue. Venu d’une époque ancienne et chevaleresque, il s’exprime dans une langue désuète et ne comprend pas les mots modernes. Son rapport avec les femmes, et donc avec Paula, est prude. Il refuse d’avoir le moindre contact avec elle car cela ne se fait pas. Ching va être pris dans les embuches de la vie moderne, à la manière des personnages des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, il va prendre la cuvette des toilettes pour une fontaine, il va discuter avec les gens à la télévision et comprendre que l’Empire Ming est fini en regardant une extrait de Princess Chang Ping de John Woo.

Paula va faire de Ching son domestique. Elle lui fait croire qu’en 1989, les femmes dominent le monde. Il va lui préparer ses repas qu’elle mangera avec ses amies pendant qu’elles jouent au mahjong. Elle ne lui a toujours pas dit la vraie nature de son activité et se sert de lui pour escroquer ses clients en utilisant sa force. Pendant ce temps-là, Sun Gang s’est très bien adapté. Sa mauvaise nature l’a forcément fait rentrer dans une triade où il vole des bijoux. Son appétit sexuel le fait un jour rencontrer Paula. Elle espère encore une fois que Ching viendra faire peur au client, mais il a découvert le pot aux roses. Bien entendu, Ching va comprendre que Fung San est le client de Paula et venir l’aider.

La dernière partie des Guerriers du temps est consacrée à l’affrontement entre Ching et Fung San. Une poursuite en moto (pour Fung San) et cheval (pour Ching), une baston sur une voiture dans les airs au dessus de l’eau, puis un combat autour du trône de Samsara justement retrouvé et qui fait l’objet d’une exposition à Hong Kong avec effets lumineux garantis ringards. C’est peu dire que cette dernière partie est longue. D’autant que Clarence Fok n’est pas l’homme le plus doué et le plus subtil des réalisateurs. Il y a à boire et à manger dans ce film conçu pour mettre en vedette Yuen Biao dans un rôle de chevalier au grand cœur. Qu’il s’adjoigne les services de Maggie Cheung, parfaite dans son rôle de ravissante manipulatrice montre qu’à l’époque, l’acteur cherchait à concurrencer Jackie Chan sur son propre terrain, la comédie d’action romantique. Il réussit partiellement.

Les Guerriers du temps (The Iceman cometh, 急凍奇俠, 1989) Un film de Clarence Fok avec Yuen Biao, Yuen Wah, Maggie Cheung, Lam Cheung, Frankie Ng, Tai Bo, Wong Jing.

mercredi 2 février 2011

La Légende du Phoenix


Les lecteurs de nanarland.com connaissent bien Nam Nai-choi. Les rédacteurs du site ont encensé comme il se doit The Cat et Story of Ricky (qui sort très très vite en DVD chez HK Vidéo). Et bien, La Légende du Phoenix est aussi un beau cas de nanar élaboré avec une telle application qu’il vaut le coup d’œil. Nam Nai-choi avait déjà trouvé quelques uns de ses acteurs cultes et engage pour la première fois Gloria Yip, alors toute gamine. Mais c’est Yuen Biao qui est en tête d’affiche. Car il faut bien jouer maintenant que Jackie Chan et Sammo Hung font du cinéma sans lui.

Un résumé ? Rien de plus facile. Mais par où commencer ? Par un tournage de film où, soudain, une femme démon sort de nulle part, soit le décor de ce tournage pour annoncer la venue de la fille du roi des enfers. Cette démon, Raga (Pauline Wong) présente la jeune Asura (Gloria Yip). Les décors se cassent en mille morceaux dans un déluge de flammes démoniaques tandis que d’un rire sardonique, elles annoncent la fin du monde. Le premier passage pour les enfers se trouvaient là et d’autres passages vont s’ouvrir afin de permettre au roi des enfers de se réincarner dans le corps de la jeune Asura.

Dans un temple, le moine Paon (Yuen Biao) est averti par son maître de cette funeste destinée. Il doit trouver les autres passages et empêcher cette réincarnation. Pendant ce temps, le maître de Fruit du Dragon (Mikami Hiroshi) lui donne la même mission. Les deux moines ne se connaissent pas mais Raga sait qu’il faut les éliminer. Destination Tokyo et un centre commercial où la charmante Okada (Yasuda Narumi) prépare une exposition sur les dinosaures. Tout à coup, les grosses bébêtes de plastic se mettent à prendre vie dans des effets spéciaux vraiment minables. Fruit du Dragon veut protéger Okada mais elle ne croit pas à la magie. C’est une scientifique puisqu’elle fait une expo de géologie.

A partir de ce moment, pour une raison indéterminée, La Légende du Phoenix va aller dans tous les sens. Le centre commercial était le lieu du deuxième passage. Paon arrive sur les lieux et des bestioles imaginaires, telles des insectes reptiles, se mettent sur son passage. Il les fait disparaitre grâce à la magie. La magie va venir dans offrir son petit minois dans tout le film. Les deux moines font quelques incantations, quelques flammes multicolores vont brûler l’affreux visage de synthèse de Raga grimaçant va exploser. Quoi de mieux pour se remettre de tout cela que d’aller en boîte de nuit ? Rien de mieux, ils vont en boite de nuit discuter et danser. A ce point du film, on n’en est plus à cela de voir deux moines danser sur du hip-hop dans une discothèque de Tokyo.

Paon est persuadé qu’Asura est une gentille fille manipulée par cette sorcière de Raga. Il doit convaincre ses deux acolytes qu’il faut la protéger et renverser Raga puis le roi des enfers. C’est sans compter sur la force d’une secte maléfique dont le chef envoie Khumbira (Gordon Liu) tuer les deux moines. Les membres de la secte sont habillés en costumes de combat entre le moine et le samouraï. C’est très beau mais beaucoup moins que quand Raga se transforme en horrible monstre dont la bouche se déplace verticalement sur son visage avec des dents pointues. Quand le monstre est filmé en plan d’ensemble, on voit que c’est de l’animation en pâte à modeler. Ce qui va parfaitement bien avec les décors en carton pâtes des décors. Et puis, il ne faut pas rater l’affrontement entre le roi des enfers tout vert et tout vilain et nos deux moines.

L’ambition de le Golden Harvest et de Paragon n’était bien sûr pas de faire un nanar. Personne ne veut faire un nanar volontairement je crois. D’autant que Yuen Biao avait encore un fort capital de sympathie et d’attraction au box-office. Ce duo de moines rappelle évidemment celui de Zu les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark que Nam Nai-choi essaie d’imiter. Mais l’incohérence du récit de La Légende de Phoenix n’est pas aussi aboutie ni assumée que la folie scénaristique de Tsui Hark. Nam Nai-choi ne semble faire que des mauvais choix, des dialogues insignifiants et creux, des effets spéciaux à la fois excessifs et vains et un choix d’interprètes qui ont l’air de terriblement s’ennuyer. Tout le contraire d’un film révolutionnaire.

La Légende du Phoenix (The Peacock King, 孔雀王子, Hong Kong – Japon, 1989) Un film de Nam Nai-choi avec Yuen Biao, Gloria Yip, Pauline Wong, Mikami Hiroshi, Eddy Ko, Gordon Liu, Yasuda Narumi, Ken Ogata, Kara Hui, Phillip Kwok, Hidari Tonpei, Yuen Bun.

mardi 11 janvier 2011

Une flic de choc


Londres, devant la Cour Suprême, un juge est abattu sous les yeux de l’avocat Ha Ling-cheng (Yuen Biao). Au centre de cet assassinat en pleine rue et aux yeux de tous, un procès qui doit se tenir à Hong Kong et où l’accusé principal cherche à éliminer tous ceux qui pourraient entraver sa libération. De retour à Hong Kong alors que le procès doit se tenir, les principaux témoins à charge sont abattus. La cour est bien obligé d’établir un non lieu au grand dam de Ha qui ne l’entend pas de cette oreille.

Ha va chercher des preuves de la culpabilité du principal accusé et pour cela il va enfreindre la loi. Il se rend sans mandat, par effraction, dans les domiciles des suspects. La nouvelle inspectrice en charge de l’enquête, Cindy Si (Cynthia Rothrock) n’est pas d’accord avec ses méthodes, d’autant que Ha est expert en kung-fu et qu’il se défend pas seulement avec le Code civil, mais aussi à grands coups de pieds dans le cul de ses adversaires. Cindy compte bien arrêter l’avocat qui a du mal à la convaincre de la justesse de sa mission.

Tout le monde est sur le dos de Ha et l’enjeu majeur d’Une flic de choc est de parvenir à convaincre Cindy qu’il a raison. Un jeune homme pourrait témoigner en faveur de l’avocat. Seulement voilà, Sammy (Fan Siu-wong) est un jeune délinquant que défend la femme de Ha et personne ne veut le croire. L’ado s’était introduit chez l’homme accusé et a été témoin de la corruption de Wong Jing-wai (Melvin Wong), le chef de la police. Ce dernier va aller étrangler le grand-père de Sammy pour obtenir son silence absolu.

Le terrain du film est connu : la police corrompu, un innocent que l’on accuse de tout et qui va devoir prouver qu’il est droit et juste. Une flic de choc est un film routinier destiné à mettre en valeur Cynthia Rothrock et Yuen Biao, ce dernier essayant de faire carrière hors du cercle écrasant de Jackie Chan et Sammo Hung. Yuen Biao n’a jamais vraiment eu de chance en solo dans le choix de ses scénarios et il ne possède jamais le charisme de ses deux acolytes. On peut retenir dans Une flic de choc, un séquence où Ha, dans un parking, doit affronter des voitures qui veulent l’écrabouiller. Le combat final contre Melvin Wong est correct mais banal.

Le film étonne pourtant par sa noirceur. La plupart des personnages vont mourir tout au long du film, chose peu fréquente dans une industrie (surtout dans les années 1980) avide de poursuivre une franchise jusqu’à plus soif. Pour compenser la triste fin des personnages, Corey Yuen offre un duo de flics comiques. Lui-même interprète un policier bordelique et immature que son père de flic, incarné par Wu Ma, ne cesse de rabrouer. Cet humour puéril, bienvenu bien qu’habituel, permet de palier l’ennui du film.

Une flic de choc (Righting wrongs, 執法先鋒, Hong Kong, 1986) Un film de Corey Yuen avec Yuen Biao, Cynthia Rothrock, Melvin Wong, Corey Yuen, Fan Siu-wong, Wu Ma, Lau Siu-ming, Sandy Chan, Tai Bo, James Tin, Peter Cunningham, Roy Chiao, Paul Chang.

samedi 13 novembre 2010

La Légende est née, Ip Man



Monsieur Ip avait deux fils. Le cadet s’appelle Tin-chi. Il a été adopté à l’âge de onze ans par la famille Ip. L’aîné est Man, il est le fils naturel de monsieur Ip. Les deux frères sont inséparables et font la gloire de l’école de Wing Chun dirigée par maître Chan (Sammo Hung) jusqu’à la mort de ce dernier. Ce sera désormais Chung-so (Yuen Biao) qui inculquera l’art authentique du Wing Chun. The Legend is born – Ip Man est le récit des premières années de Ip Man. En cela, il se place narrativement avant les deux films de Wilson Yip avec Donnie Yen.

L’enfance de Ip Man est filmé tel un flash back dans une coloration sépia. Les deux frères sont très unis et se lient d’amitié avec Mei Wai, une petite fille qui leur prépare des beignets qu’ils mangent tous les trois le soir. Arrivés à l’âge adulte, Mei Wai (Crystal Huang Yi) commencera à éprouver des sentiments amoureux pour Ip Man (Dennis To) alors que Tin-chi (Fan Siu-wong) est épris d’elle. Ce triangle amoureux est l’une des composantes du film. Seulement voilà, Ip Man a rencontré une autre fille, Cheung Wing-shin (Crystal Huang Yi), la fille d’un notable (Lam Suet).

Leur amourette naissante est contrariée par Mei Wai qui ne donne pas à Man les lettres que Wing-shin lui transmet. Pui, Ip Man est envoyé à Hong Kong faire ses études dans une université anglaise. Une séquence de confrontation avec des étudiants britanniques évoque La Fureur de vaincre. Ip Man fait face à la xénophobie des colons et entend affirmer que sa culture chinoise a autant de valeur que la leur. Ip Man va donc devenir un étudiant modèle et forcer le respect de tous. Très vite, à Hong Kong, il devient un héros pour avoir osé répondre aux Anglais.

Mais c’est sa rencontre avec Leung Bik (Ip Chun), un vieillard qui tient une boutique de plantes médicinales qui va le faire accéder au plus haut de son art. Le jeune Ip Man est un peu arrogant depuis il est reconnu dans les rues mais Leung Bik va lui montrer que sa formation en Wing Chun n’est pas achevée. Le vieux sage va lui enseigner une autre variante de cet art martial qu’il pensait connaitre. Mais à son retour chez lui, Chung So est furieux que Ip Man renonce à l’authenticité du Wing Chun. C’est la rupture entre eux. C’est surtout l’occasion de montrer quelques combats chorégraphiés par Tony Leung Siu-hung, combats très classiques et exécutés sans effets spéciaux. Ce qui compte est le réalisme.

The Legend is born – Ip Man décrit également une période trouble où les Japonais veulent faire la loi en Chine. C’est sans doute dans ces moments que le film se fait le moins intéressant. Un complot est ourdi contre Ip Man. Celui-ci se retrouve en prison malgré son innocence. Cependant, contrairement à Ip Man 2, le nationalisme chinois est cette fois montré de manière moins xénophobe, ce qui constitue un effort remarquable. Les éléments du scénario sont agencés pour chaque segment (histoire d’amour, initiation et complot des Japonais) trouvent une harmonie. Les histoires se répondent les unes aux autres pour finalement donner un film où le personnage de Ip Man n’apparait pas aussi légendaire que dans les films de Wilson Yip mais plutôt comme un homme de très grande qualité.

La Légende est née, Ip Man (The Legend is born – Ip Man, 葉問前傳, Hong Kong, 2010) Un film de Herman Yau avec Dennis To, Fan Siu-wong, Yuen Biao, Rose Chan, Crystal Huang Yi, Ip Chun, Sammo Hung, Hung Tin-chiu, Lam Suet, Bernice Liu, Andy Taylor, Xu Jiao.

mardi 5 octobre 2010

On the run


La guerre des polices est un motif récurrent des films d’action de la fin des années 1980. Un flic corrompu gangrène tout le service et fait accuser un de ses collègues intègre. Trois services s’affrontent. L’inspectrice Lo Huan (Ida Chan) enquête sur un important trafic de drogue. Elle est abattue par une thaïlandaise, tueur à gages engagée par le commissaire Lu (Charlie Chin) qui se trouve être le fiancé de Lo Huan et le chef de service de la section criminelle. Pour éliminer les traces, Lu décide d’éliminer Chui (Pat Ha), la fine lame qui ne rate jamais son coup.

Chui va trouver un appui incertain, mais inespéré. Celui de Heung Ming (Yuen Biao) qui travaille dans la police au service politique. Ming est l’ex de Lo Huan avec laquelle il a eu une petite fille Lin (Chan Cheuk-yan). Quand Lo Huan est assassiné, il la récupère chez sa mère et comprend très vite que quelque chose ne tourne pas rond. Lu va mettre toute la police sur son dos en l’accusant d’être le responsable des morts de flics causées par la légitime défense de Chui. C’est donc une course poursuite qui s’engage dans On the run dans les rues de Hong Kong pendant la nuit.

C’est une des meilleures idées du film que d’avoir travaillé sur le temps qui reste à vivre à ce duo improbable de flic / truand. La chasse à l’homme qui commence ne peut qu’être une épreuve de sang. Le nombre de truands et de flics anonymes qui meurt est impressionnant. Ensuite, c’est au tour de la mère de Heung Ming de se prendre une balle en pleine tête, de ses collègues d’être tué sans sommation, de quelques truands dont Lo Lieh et Yuen Wah dans un personnage de truand lâche et veule. L’époque (et les films de John Woo) voulait cela, une surenchère de cadavres.

Mais là où On the run se fait franchement putassier, c’est dans la partition qu’occupe la fillette. C’est une valeur émotionnelle importante exploitée jusqu’au bout par Alfred Cheung. Jusqu’à l’exagération puisque même cette gamine y passera. Il s’agit surtout de bien rendre manichéen les personnages, de montrer que Lu et ses hommes sont des salauds et que Heung Ming et Chui ont finalement de se défendre. La fillette sert souvent de bouclier humain plus rarement d’appât, mais sa présence est vite gênante d’autant qu’il n’y avait pas besoin de son personnage pour faire un polar vif plein de rebondissements.

On the run (亡命鴛鴦, Hong Kong, 1988) Un film d’Alfred Cheung avec Yuen Biao, Pat Ha, Charlie Chin, Ida Chan, Lee Heung-kam, Lo Lieh, Yuen Wah, Phillip Ko, Do Tak-chi, Lam Lap-san, Bowie Lam, Cheung Choi-mei, Peter Pau, Peter Ngor, Chan Cheuk-Yan.

lundi 4 octobre 2010

Les Aventuriers de Shanghai



Le cas Teddy Robin m’a toujours intéressé. Non pas tant à cause de sa petite taille qui n’est, somme toute, que l’équivalent de l’embonpoint de Sammo Hung. Le cinéma cantonais est friant de gueules pas possible, de corps uniques et de voix stridentes. Teddy Robin est tout petit, un peu bossu et une voix nasillarde très vite insupportable tout en jouant un séducteur. Plutôt que cet aspect physique, c’est son éclectisme, acteur, chanteur, compositeur et quelques films en tant que réalisateur dont Les Aventuriers de Shanghai au casting très Golden Harvest.
Shanghai, années 1930. Un jeune paysan surnommé Petit-Tigre (Yuen Biao) tout juste débarqué de sa campagne vient voir son grand frère Grand-Tigre (George Lam), colonel à l’armée britannique en stationnement dans sa concession. Dans les dix premières minutes qui rappellent le début de Big brother, Petit-Tigre rencontre tous les personnages clés du film. Sammo Hung est Chin, le parrain local, qui collabore avec les Anglais. Il est vu comme un traitre bien que, paradoxalement, il soit le seul à être habillé en habit traditionnel. Tous les autres personnages sont en costumes occidentaux.
Lors, d’un bal masqué organisé par Chin, Grand-Tigre retrouve son ancienne maîtresse Mary Sung (Anita Mui), revenue des Etats-Unis pour mener la révolution contre l’occupation. Elle doit récupérer des dollars pour la cause, argent qui vient d’être dérobé par les sbires de Chin, par ailleurs parrain de Mary. Mary est en concurrence avec Ting Ting (Tien Niu) qui vient de se séparer d’avec Grand-Tigre, fille d’apparence futile mais qui se révélera être du bon côté et bien futée. Mary doit retrouver les résistants et va s’adjoindre l’aide d’une troupe de théâtre menée, entre autres par Pao (Sandy Lam) qui va tomber amoureuse de Petit-Tigre.
Il y a les traitres, tous les Anglais avec à leur tête Pottinger (Louis Roth), incarnation du mal, du fourbe et de l’homme cruel. C’est beaucoup trop caricatural pour qu’on y prête vraiment attention, mais le genre veut cela. En dehors du personnage de Sammo Hung qui campe sur ses positions et qui ne cherche qu’à faire de l’argent, tous les Chinois se mobilisent pour virer les Anglais qui sont très maladroits. Les soldats ne sont jamais foutu d’en abattre un seul mais ils tombent comme des mouches.
Film en costumes, Les Aventuriers de Shanghai a l’ambition évidente de marcher sur les plates bandes de Jackie Chan qui avait triomphé avec Big brother. Les amis étaient plus ou moins fâchés après avoir travaillé si longtemps ensemble. Mais Yuen Biao n’est pas Jackie Chan et son combat avec Sammo Hung, chorégraphié par Corey Yuen, reste anecdotique. C’est Anita Mui qui est magistrale et qui règne sur le film entre son petit sourire en coin et son jeu de jambes (filmées au ralenti) quand elle file sa castagne aux méchants.
Les Aventuriers de Shanghai (Shanghai, Shanghai, 亂世兒女, Hong Kong, 1990) Un film de Teddy Robin avec Yuen Biao, George Lam, Anita Mui, Sammo Hung, Tien Niu, Sandy Lam, Louis Roth, Lawrence Cheng, Mang Hoi, Sam Wong, Lo Lieh,

vendredi 14 mai 2010

Just another Pandora's box


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Jeff Lau reprise ses anciens films dans Just another Pandora’s box dont le titre fleure déjà bon l’ironie. Ça rappelle Not another teen movie à l’époque désormais révolue de ces films d’ado américains qui cherchaient pendant l’été à perdre leur virginité. Jeff Lau procède à un travail de sape de la mythologie chinoise, on appelle ça parfois de la parodie ou un spoof movie, comme on dit à Hollywood. Bref, en un mot comme en cent, il faut avoir vu les films précédents de Jeff Lau, Le Roi Singe, Chinese Odyssey 2002 et A Chinese tall story auxquels il est souvent fait référence. Il faut aussi avoir en mémoire Crazy kung-fu et Red Cliff.

Ronald Cheng est le héros du film. Ce n’est pas un acteur que j’aime beaucoup, loin de là. Il ne m’a jamais beaucoup fait rire et a eu peu de chance avec ses comédies, souvent poussives (Himalayah Singh, hélas). L’avantage de Just another Pandora’s box est qu’il a l’un des plus beaux castings de l’année, et il y en a pour tous les goûts. De la jeune starlette à Yuen Qiao qui reprend son rôle de vieille propriétaire râleuse et clopeuse en passant par Yuen Biao et Eric Tsang. Chaque acteur est introduit avec son nom sur l’écran comme dans les vieux Shaw Brothers. Inutile de le préciser, tout le monde cabotine, dit son texte très fort, surjoue ses mimiques. C’est le genre qui veut ça et j’en suis plutôt friant.

Red Cliff est très largement parodié, dans tous les sens. En commençant par le bébé censé être l’héritier et qui est balancé dans les bras de tout le monde puis dont l’urine va servir de bazooka. Ensuite ce sera la fameuse scène des boucliers miroirs qui aveuglent les soldats. Pour éviter de tomber, ils mettent des lunettes. Mais les autres ont trouvé une parade, faire sortir de belles filles pour déstabiliser les soldats, puis des vieilles femmes. Et encore, cette idée de la soldatesse qui recopie sur sa tunique. Quand elle enlève ses vêtements, Jeff Lau filme comme un strip-tease avec les généraux qui sont bouche bée, puis qui regarde avec des jumelles, prennent une photo avec un portable ou filme avec un caméscope.

Just another Pandora’s box fait subir aux films de Stephen Chow le même sort. Yuen Wah et Yuen Qiao reprennent donc encore leurs rôles de Crazy kung-fu. Ce qui montre bien combien l’imagination des scénaristes est faible en ce moment. Combien de temps vont-ils devoir encore reprendre leurs personnages ? Même Bruce Leung refait son personnage de criminel crapaud. Cette fois, il tire au révolver mais se prend les balles. On recommence le combat avec le luth qui se transforme avec une scène rock chantée et dansée. On parle à nouveau de la paume de bouddha qui est cette fois incarnée par la jeune actrice de CJ7. Ces scènes n’ont aucune cohérence avec l’histoire. Tout semble arriver par hasard.

Il est vrai que je n’ai pas encore parlé de l’histoire. Et pour cause, il n’y en a pas vraiment. Ronald Cheng est un voleur qui est pris pour un autre. Betty Sun le fait passer dans la période des Trois Royaumes et doit se battre. Just another Pandora’s box filera surtout une histoire d’amour entre les deux personnages, la seule qui tienne jusqu’à la fin du film. Ils sont comme les amoureux de Titanic qui sera également parodié. Quelques gags sont cependant compréhensibles sans avoir vu tous ces films. Beaucoup d’anachronisme, comme on l’a vu. Les deux plus beaux, les deux plus bêtes : une mitraillette dont les balles sont des bananes, un lancer de bambous par des soldats dont le résultat donne la forme du stade olympique chinois. Just another Pandora’s box est surtout un film où on peut rire très fort.

Just another Pandora’s box (越光寶盒, Hong Kong, 2009) Un film de Jeff Lau avec Ronald Cheng, Betty Sun, Gigi Leung, Lee Lik-chee, Kenny Bee, Tin Kai-man, Wang Xue-bin, Jeff Lau, Johnnie Kong, Li Yi-xiao, Marco Mak, Corey Yuen, Guo De-gang, Guo Tao, Patrick Tam, Teddy Lin, Wong Cho-lam, Eric Tsang, Huang Bo, Crystal Huang, Ken Wong, Edmond Leung, Sandra Ng, Gillian Chung, Alex Fong Lik-sun, Yuen Cheung-yan, Yuen Biao, Fan Siu-Wong, Lam Suet, Stephy Tang, Marco Ngai, Xing Yu, Chiu Chi-ling, Yu Rong-guang, Yuen Qiu, Yuen Wah, Wu Jing, Tats Lau, Bruce Leung Siu-lung, Xu Jiao, Charmaine Fong, Michael Tong, Ada Choi, Athena Chu, Lee Kin-yan, Lam Chi-chung, Tse Kwan-ho.

mardi 29 décembre 2009

Laughing Gor Turning point


Lors de la présentation cannoise de Vengeance de Johnnie To, on avait pu voir Anthony Wong coiffé d’une coupe punk, une crête noire sur la tête. L’acteur ne suivait pas une mode quelconque mais arborait son look pour l’un des rôles principaux de Laughing Gor Turning point, en l’occurrence celui du frère N°Un. Encore un film de triades. Et oui, encore un, mais tourné en vitesse par Herman Yau et produit par la Shaw Brothers pour la télévision. Laughing Gor Turning point est comme un pilote de luxe pour mettre en place un personnage récurrent.


Frère Laughing (Michael Tse) est au centre de toutes les discussions des chefs de clan qui sont Frère Un, Zatoi (Francis Ng) et Master Ford (Eric Tsang) qui se réunissent dans un hangar désaffecté. Ces rencontres scandent le film et en forment l’attrait majeur. C’est là que va se décider la suite du récit. La Caméra tourne autour des ces trois personnages qui se détestent mais qui sont obligés de s’entendre. Francis Ng n’est pas exempt de particularité capilaire. Il porte une queue de cheval. Il est vêtu d’un haut de survêt’ sans manche ouvert sur son torse. Eric Tsang, qui préside les réunions, porte un vieux marcel blanc remonté jusqu’au nombril. Il se caresse son ventre rebondi en mangeant.


Mais c’est le personnage de Brother One qui intrigue le plus. Anthony Wong campe un personnage obscur et énigmatique dont le passé est révélé tout au long du récit. Son look change à chaque scène, il se gothise de plus en plus. Ses yeux sont maquillés, ses lèvres aussi. Il prend une apparence féminine, se transexualise, porte des vêtements extravagants. Sa transformation est étonnante et cadre avec le récit du film où il est question de flic infiltré dans les triades (pas très original comme sujet). Mais la manière de Herman Yau l’est beaucoup plus. Brother One est toujours accompagné d’une femme, son avocate à qui il tient la main. Le visage d’Anthony Wong ne laisse passer aucune émotion.


C’est pourtant Laughing Gor qui est censé être le personnage central. Suite à une opération ratée, Laughing doit fuir. Il est arrêté. Les trois chefs sont persuadés qu’il va tout balancer aux flics. Ils décident de l’éliminer, mais il s’avère un redoutable résistant. Cela donne d’ailleurs une scène d’une grande violence où les trois chefs font leur réunion habituelle tandis que des hommes de main frappent à coups de base-ball ceux qui ont échoué à trouver Laughing. Les hommes qui sont battus sont enfermés, en slip, dans un grand sac plastique les mains liées. Le film suit l’ascension de Laughing dans le clan après son éventuelle déchéance.


Rien de bien neuf dans ce court film de Herman Yau, si ce n’est le plaisir de voir certains des meilleurs acteurs de Hong Kong. Le scénario regorge de rebondissements et trahisons propres à ce genre de film. Michael Tse, l’interprète de Laughing, est un peu fade, ce qui correspond finalement à son rôle. L’image est un peu plate, sans doute due à son caractère télévisuel. Mais Laughing Gor Turning point est pourtant l’un des succès surprises au box office, ce qui laisse entendre qu’il y aurait bientôt une suite.


Laughing Gor Turning point (LAUGHING GOR 之變節, Hong Kong, 2009) Un film de Herman Yau avec Michael Tse, Anthony Wong, Francis Ng, Wong Yat-wa, Fala Chen, Eric Tsang, Yuen Biao, Lee Ka-ding, Tsui Chung-sun, Ron Ng, Samuel Chan, Wayne Lai, Kenny Wong, Johnson Lee, Ngo Ka-nin, Edwin Siu, Tracy Ip, Anna Yau.