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dimanche 29 juin 2014

Aberdeen


Il faut environ 13 minutes à Pang Ho-cheung pour présenter les personnages d’Aberdeen, son douzième film.  Miriam Yeung, la première à apparaitre, est dans un bunker de la seconde guerre mondiale d’où elle voit Hong Kong par une fenêtre étroite. Elle est Ching, guide touristique et historique qui se fait parfois contredire par ses clients. Eric Tsang est Yau, un gynécologue las de répéter les mêmes mots à ses patientes (inspirez, retenez votre souffle, respirez) pendant qu’il fait passer ses échographies. Il sera diverti par sa jeune assistante (Jacky Choi) qui est sa maîtresse.

Gigi Leung est Ceci, une ancienne mannequin reconvertie en actrice mais dont la carrière bat de l’aile. Lors de son casting, on lui fait comprendre qu’elle doit coucher pour avoir le rôle. Ng Man-tat est Dong, un prêtre taoïste excentrique qui répond à son portable en pleine cérémonie funéraire. Enfin, Louis Koo est Tao un conseiller tutoriel qui négocie, au téléphone, avec ses futurs clients tandis que sa fillette Chloe (Lee Man-kwai) s’entraine au kung-fu. Et puis Carrie Ng est Ta, dirigeante d’un cabaret dans un quartier mal famé.

Le récit fonctionne par bribes, par fragments d’un puzzle que Pang Ho-cheung rend mystérieux. Rien a priori n’unit les personnages présentés, on passe de l’un à l’autre avec un sens du suspense élaboré. Quand ils sont tous réunis pour célébrer le décès de l’épouse de Dong, on comprend qu’ils forment une famille. Dong est le père de Ching et Tao. Ching est l’épouse de Yau et Ceci celle de Tao. Ce qui trouble cette famille est que le père s’affiche avec Ta, sa nouvelle compagne, alors que la mère est à peine décédée.

Les rapports entre les membres de la famille sont le fond du scénario d’Aberdeen, chacun ayant un problème avec l’autre. Disputes, ressentiments et rancœurs sont les sujets de la famille. Tao trouve sa fille très vilaine et se demande s’il est vraiment le père de l’enfant. Il va passer un test ADN. Il se dispute souvent avec son père au sujet du métier, peu recommandable selon lui, de sa maîtresse. Il quitte le repas familial. Ceci cache un secret de son passé à Tao, ce qui lui fait perdre sa confiance. Sa carrière d’actrice est au point mort.

Le couple de Ching et Yau ne va pas mieux. Yau trompe sa femme avec une femme bien plus jeune qui va le harceler jusque chez lui. Ching est persuadée que ses parents la détestaient. Elle s’est même convaincu que le fantôme de sa mère lui a renvoyé les billets destinés au service funéraire. D’une manière générale, les femmes sont tournées vers leur passé alors que les hommes sont plutôt du côté de l’avenir (l’idée des enfants). Tout cela est montré de manière un peu schématique et souvent symbolique.

Le film déçoit parfois dans sa manière de ne laisser le récit évoluer que par les dialogues débités un peu tristement comme si Pang Ho-cheung tentait de tourner un film Sundance. Ceci dit, quelques moments bizarres sont toujours là, une baleine qui échoue sur une plage près du tunnel Aberdeen, le caméléon de la petite Chloe qui se transforme en mini Godzilla, Hong Kong qui est représenté en maquette sert de toile de fond aux cauchemars de la fillette. Une bombe de la seconde guerre mondiale est découverte dans le jardin de Yau et Ching.

Comme à son habitude Pang Ho-cheung est fidèle à ses acteurs préférés. Miriam Yeung et Eric Tsang, habitués de ses films accueillent les nouveaux venus dans son cinéma Ng Man-tat, Louis Koo et Gigi Leung. Dans des rôles plus petits, on retrouve Chapman To (le meilleur ami de Tao qui ne donne que des mauvais conseils), Derek Tsang (un réalisateur qui malmène Ceci dans un film de vampires qui semble être un beau nanr) et Shawn Yue (un client dans un hôtel quand Ceci cherche à gagner de l’argent en faisant l’escort girl).

Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Carrie Ng, Dada Chan, Shawn Yue, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Derek Tsang, Lawrence Chou, Lee Man-kwai.

jeudi 8 mai 2014

Sorties à Hong Kong (mai 2014) Aberdeen


Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Dada Chan, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Shawn Yue, Carrie Ng, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Lee Man-kwai. 97 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 mai 2014.

samedi 11 janvier 2014

SDU : Sex Duties Unit


SDU, ça veut dire d’abord et avant tout Special Duties Unit, soit les forces d’intervention de la police de Hong Kong, ici incarnées par leur chef Michael Fitzgerald Wong, dans un court caméo, qui critique vertement quatre de ses hommes membre de la B-Team. En ouverture de SDU : Sex Duties Unit, on découvre cette équipe de réserve appelée pour mettre fin à une prise d’otage dans une banque. Le braqueur est Lam Suet (autre cameo, le film en aura beaucoup) et il n’a comme arme qu’un pauvre pistolet factice que l’otage parvient à faire tomber. En gros, la B-Team est composée d’incompétents.

Leur chef est Keung (Chapman To) et ses hommes sont Ka-ho (Matt Chow), Josh (Shawn Yue) et la « Crevette » (Derek Tsang), surnommé ainsi parce que lors d’une intervention, montrée avec humour dans un flash-back où les personnages sont représentés par des playmobils, s’était affalé de peur comme une crevette. Que faire ce week-end où ils sont libres ? Une solution s’impose à Ka-ho, se faire un week-end entièrement consacré au sexe. En tant que policier, ils ne peuvent pas aller voir des prostituées à Hong Kong. Direction Macao.

Première étape : trouver des accessoires pour mieux bander. Ka-ho et Keung, les deux plus obsédés sexuels, se chargent de les acheter (joli cameo de Hui Siu-hung en pharmacien qui préconise de ne pas acheter le spray « viagra » qui semble trop violent, les deux hommes se ruent dessus). Deuxième étape : acheter les billets pour le meilleur bordel. C’est Crevette et Josh qui s’en chargent. Ce dernier n’est pas très enthousiaste à l’idée d’aller à Macao (ça leur est en principe interdit en tant que flics). Crevette n’est pas chaud non plus. Homo dans le placard, il n’ose pas dire à ses trois collègues qu’il veut un homme et non une femme.

La « Sex War » commence et le titre du film SDU : Sex Duties Unit prend alors tout son sens. Chacun a ses goûts et chacun veut en profiter au maximum. Ka-ho aime les grosses poitrines mais les filles portent des coussinets dans leur soutien-gorge. Keung ne veut qu’une bonne fellation. Crevette n’acceptera qu’un massage sans sexe puisqu’il ne rêve que de garçons. Et enfin, Josh, avec sa chemise fermée jusqu’au col, reste coincé tout comme la jeune Lily, immigrée chinoise, avec qui il sympathise. Les filles apparaissent seins nus donnant dans l’érotisme très soft. Les quatre garçons se déshabillent aussi un. Le film est classé Catégorie III plus pour les dialogues crus que pour les scènes de nudité.

Evidemment, toute cette ambiance sexuelle dans le bordel ne pouvait pas continuer ainsi et les quatre collègues doivent interrompre leur « Sex War » avec l’arrivée de la police de Macao venue faire un contrôle d’identité. Le scénario est tiré d’une nouvelle de Pang Ho-cheung, également producteur du film où on retrouve tous ses acteurs fétiches, outre Chapman To et Derek Tsang, l’inénarrable Jim Chim en proxénète peroxydé (il est hilarant). On pense évidemment à la recherche sexuelle de Men suddenly in black, sauf que les épouses seraient ici remplacées par la police qui cherche à arrêter les quatre hommes qu’ils confondent avec des membres de triade.

L’humour du film est percutant lorsqu’il s’attèle à la trivialité avec l’érection continue de la Crevette (il s’est aspergé du spray) qui doit sans cesse se masturber, avec la maquerelle (Siu Yam-yam) du bordel gay ou avec les contrastes des caractères des différents personnages. Le mélange avec l’émotion est un peu moins convaincant. Ka-ho est confronté avec son passé (son père regrette de ne plus le voir), Keung rencontre son ex épouse et Josh tombe amoureux de la jeune chinoise. On passe souvent d’un personnage à un autre avec une certaine mollesse. Cependant, il ne faut pas bouder le plaisir de rire de très bon cœur.

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013) Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam, Michael Wong, Jim Chim, Hui Siu-hung, Philip Keung, Ken Lo.

jeudi 19 septembre 2013

Sorties à Hong Kong (septembre 2013) Mr. & Mrs. Player


Mr. & Mrs. Player (爛滾夫鬥爛滾妻, Hong Kong, 2013)
Un film de Wong Jing avec Chapman To, Chrissie Chau, Pang Ho-cheung, Matt Chow, Bella Law, Kimmy Tong, Wilfred Lau, Leung Ching-kok, Woo Yin, Iris Chung. 98 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 19 septembre 2013.

jeudi 25 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) SDU: Sex Duties Unit

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013)
Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam. 95 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 25 juillet 2013.

samedi 22 décembre 2012

Vulgaria


En tant que producteur de cinéma, To Wai-cheung (Chapman To) a été invité à discuter de son métier devant des étudiants de cinéma. C’est leur professeur, M. Cheng (Lawrence Cheng) qui se charge de diriger cette conférence. Petites lunettes rondes, tenue terne, assis sagement sur son fauteuil To n’est pas un producteur flamboyant et ne paie pas de mine. Dès qu’il ouvre la bouche, son personnage de gentil garçon choque toute l’assemblée et Cheng en premier lieu. To Wai-cheung cause de la possibilité de montrer des poils pubiens dans les films. Tout spectateur hongkongais sait que c’est interdit mais le pré-générique avait avertit que les spectateurs sensibles qu’il leur restait 10 secondes pour fuir devant Vulgaria.

Après You shoot I shoot et AV, c’est la troisième incartade de Pang Ho-cheung dans le milieu du cinéma avec le récit d’un tournage, en l’occurrence le film que To tente de produire dans une industrie en crise. To n’est pas un producteur qui a réussi. Au contraire, il est toujours à la recherche de financement pour ses films. Il vante ainsi le placement de produits auprès des étudiants et commence le récit de son film. Cela a beau être son point de vue, To Wai-cheung ne se donne pas forcément le beau rôle, dans un exercice quasi masochiste de dénigrement. Le scénario qu’il présente aux dirigeants médusés d’une compagnie d’assurance pour avoir leur aide financière est tout simplement d’une bêtise rare, incohérent et médiocre mais évidemment hilarant, à la fois dans les mimiques de Chapman To qui porte le film et dans ses dialogues.

C’est tout le processus d’un film que Vulgaria raconte. De sa conception même à sa promotion, c’est autant pour To un parcours du combattant. Il faut trouver de l’argent. Avec son ami Liu Wing-shing (Simon Loui) l’amène en Chine pour rencontrer Frère Tyrannosaure (Ronald Cheng) et son comparse (Lam Suet), deux crétins finis totalement dégénérés qui mange des plats aux noms poétiques mais dont les ingrédients sont des rats, tortues ou chats. Forcé de manger ses victuailles avec dégoût, To Wai-cheung n’est pas au bout de ses surprises quand on lui propose de coucher avec la « petite amie » de Tyrannosaure, en l’occurrence une mule coiffée d’un superbe ruban rouge. Les étudiants n’en croient pas leurs oreilles, Pang Ho-cheung s’amuse beaucoup à mettre en scène ce qui d’habitude est interdit où on sent à chaque réplique plus tordue et scabreuse l’un que l’autre le plaisir des quatre comédiens.

Puis, le producteur devra trouver des interprètes pour son film qui devra être le remake de Confession of a courtisan, un film érotique des années 1970. Il va rencontrer la star du film à refaire, Shaw Yum-yum, dans son propre rôle. Bien entendu, en 40 ans, son corps a changé, elle a les cheveux gris, mais c’est surtout son visage, carré et massif qui étonne le plus. Elle accepte de tourner, son corps sera remplacé par celui d’une jeune actrice avec un fond vert. Ensuite, convaincre l’acteur Hayama Hiro (lui aussi dans son propre rôle) de faire un autre porno, bien que, comme le dit une journaliste lors d’une conférence de presse, son image soit très négative en ce moment. Hiro ne veut pas entendre parler de porno mais a cruellement besoin d’argent, finalement le sujet profond de Vulgaria.

Et To Wai-cheung continue le récit fort peu héroïque de sa production. Le film devra s’appeler Confession of two courtisans, ce qui est très logique. Il parvient à convaincre Blackie Tak (Matt Chow) de réaliser le film. Pang Ho-cheung souligne la crise du cinéma à Hong Kong avec ce personnage que l’on découvre dans un tout autre métier dans une des scènes les plus drôles. Il a ouvert chez lui une salle de gambling d’un genre nouveau, où Tak prévient les clients qu’ils doivent partir avant d’éveiller les soupçons de leur moitié, où les mamans peuvent faire garder les enfants pendant qu’elles jouent au mahjong. Quand la police manque de les prendre en flag’, Blackie Tak affirme qu’il était en train de tourner un film : il avait installé une caméra. Le tournage peut maintenant commencer non sans s’être assuré le soutien du rédacteur en chef de Playboy HK (Vincent Kok). Si cette histoire de tournage est aussi plaisante et aussi drôle, c’est que miraculeusement, Pang Ho-cheung parvient à la rendre très caricaturale avec ses personnages hauts en couleurs tout en montrant que tout ceci n’est sans doute pas très loin de la vérité.

Comme souvent dans son cinéma, le protagoniste est un grand solitaire bien que très entouré. To Wai-cheung est un producteur raté et son mariage est aussi un échec. Son épouse (Crystal Tin) refuse de lui laisser sa fille tant qu’il n’a pas payé la pension. Son assistante Quin Lau (Fiona Sit) un peu écervelée et ne pratiquant pas très bien le cantonais le poursuit en justice persuadée qu’il l’a harcelée sexuellement. Elle sera défendue par une avocate féroce (Miriam Yeung). To trouvera du réconfort auprès de Tsui Ka-yan (Dada Chn), surnommée dans le milieu « popping candy » - le bonbon qui pétille – pour son habileté à faire pétiller les bonbons dans sa bouche. Ce motif amoureux n’est pas aussi réussi que la confession sur le tournage bien que tout aussi pitoyable. On sent que Pang Ho-cheung un peu obligé de passer par ce récit amoureux moins inspiré que les morceaux d’immense vulgarité salutaire en cette période de bon goût aseptisé.

Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai.

samedi 1 septembre 2012

Love in the buff


Cela fait maintenant 159 jours que Cherie (Miriam Yeung) et Jimmy (Shawn Yue) ont arrêté de fumer et qu’ils sortent ensemble. Comme dans Love in a puff qui a raconté leur rencontre et leurs premiers pas amoureux, le décompte est inscrit sur l’écran. Plus de clopes mais de la glace et de la pastèque pour une soirée intime où elle lui raconte l’histoire étrange d’une amie dont chacun des petits amis seraient morts violement : le premier décède dans une laverie, le deuxième en étendant le linge et le troisième dans un salon de massage. Histoire de dire que même quand on a une vie calme et rangée comme celle que mène Cherie et Jimmy, le drame peut arriver à chaque instant. Il faut donc profiter de chaque moment de câlin.

Les câlins, c’est bien sympa, mais faut travailler. Cherie travaille toujours à Sephora et Jimmy est toujours dans la pub. Son boulot lui prend tellement de temps qu’il en oublie d’aller à l’anniversaire de sa belle-mère (Siu Yam-yam) auquel est présent également son jeune beau-frère (Derek Tsang) qui juge sévèrement que sa sœur sorte avec un homme si jeune et qui oublie si facilement les obligations familiales. Cherie reproche surtout à son mec de ne même pas avoir envoyé un sms. Et quand il lui annonce que son chef lui propose un bon boulot en Chine, elle ne peut répondre que par un « oh » qui en dit plus long que n’importe quelle discussion de couple. Les disputes se suivent et se ressemblent. Conséquence directe : la séparation. L’idée de Cherie est de communiquer par tous les moyens : portable, mail, sms, quitte à passer pour un goujat en soirée.

Nouveau pays, nouvelle vie. Jimmy tombe sur une hôtesse de l’air joliment prénommée You-you (Yang Mi) qui lui demandera son numéro de téléphone. Elle avait feint d’être agressée sexuellement pour mieux l’aborder. Après pas mal d’échanges de sms, ils commenceront à sortir ensemble. Souvent en voyage, elle deviendra accro à ses messages et comprendra qu’il y a un problème dans leur couple quand le nombre de messages diminuera. Quant à Cherie, elle obtient aussi un poste en Chine, dans la même ville. Célibataire, une de ses collègues va l’amener dans un étrange marché aux célibataires. Plein de mamans vante sur une promenade au bord d’une rivière les atouts de leurs fistons. Elle va finalement rencontrer Sam (Xu Zheng), un cadre supérieur tout ce qu’il ya de gentil et prévenant. Elle le rencontre par hasard, aux toilettes, un jour où elle fait tomber son portable dans la cuvette. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes, chacun de leur côté jusqu’à ce que chacun des deux retrouve dans le déménagement de leurs affaires un souvenir commun fort : leur dernier mégot. Faut-il le jeter, faut-il le garder ? Ce minuscule déchet représente une bonne partie de leur vie.

Leur nouvelle vie commencée, tout Love in the buff va se porter sur leur passé. Ce ne sera plus la clope qui va les rapprocher mais le portable, exactement ce qui les avait séparé. Jimmy, un jour d’ennui, envoie un sms à Cherie pour lui demander si ça va, puis un autre jour pour lui proposer de dîner, et finalement ils vont coucher ensemble. Leur rencontre est ponctuée de discussions franches où ils peuvent enfin se poser les questions qu’ils n’avaient jamais osé se poser.  Jimmy veut savoir si elle est vraiment sortie avec Ekin Cheng qui fait une courte apparition dans le film. Jimmy va s’incruster sur un tournage de pub où Ekin Cheng est là pour savoir la vérité dans une séquence parmi les plus réussies. Plus tard, Cherie rencontrera Linda Wong (l’ex d’Ekin Cheng) dans le film, retirée du business mais dont la chanson la plus célèbre rappelle à Cherie sa vie avec passée avec Jimmy.

Pang Ho-cheung tourne pour la première fois en Chine continentale et son scénario a donc été conçu pour échapper aux fourches caudines locales. Love in the buff est moins mordant que Love in a puff, les blagues sont plus sages et le romantisme plus appuyé. Avec sa musique jazz, Pang se place pour être le Woody Allen chinois avec ses bons mots et ses disputes entre les personnages. Beaucoup d’acteurs chinois présents pour attirer le public local se mettent au diapason de son style. La palme revient à Hung Xiao-ming, nouveau beau gosse du cinéma chinois, dans le rôle d’un gentil garçon censé être le blind date de Cherie. Sa mère l’avait vanté au marché des célibataires comme étant le sosie de l’acteur Hung Xiao-ming. Son personnage prétend ne pas savoir qui est cet acteur. Finalement, Love in the buff est un film sur la dissimulation des sentiments, éternel sujet du cinéma.

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang, Siu yam-yam, Linda Wong, Ekin Cheng, Crystal Tin.

jeudi 9 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


Vulgaria (低俗喜劇, Hong Kong, 2012) 
Un film de Pang Ho-cheung avec Chapman To, Dada Chan, Ronald Cheng, Fiona Sit, Crystal Tin, Siu Yam-yam, Matt Chow, Hayama Hiro, Jim Chim, Lawrence Chou, Mak Ling-ling, Vincent Kok, Simon Loui, Lam Suet, Lawrence Cheng, Miriam Yeung, Nora Miao, Jimmy Wan, Huang Lu, Ray Pang, Fanny Lee, Au Hin-wai. 92 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 9 août 2012.


jeudi 29 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong, 2011)
Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang. 103 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 29 mars 2012.

mardi 28 juin 2011

Lover's discourse


Lover’s discourse est l’un des plus beaux films sortis ces six derniers mois. Derek Tsang fait ses premiers pas de réalisateur en compagnie de Jimmy Wan sous l’œil bienveillant de Pang Ho-cheung, producteur de cette comédie romantique mais finalement fort peu à l’eau de rose. Derek Tsang s’était exercé dans les films de Pang Ho-cheung en tant qu’acteur notamment dans AV, Jimmy Wan a scénarisé trois films du cinéaste aux styles très différents, Isabella, Exodus et Dream home. Le film semble adopter la forme d’un film à sketches, il sera finalement un film choral.

Le film est lancé par Ray (Eason Chan) qui fend la foule un soir. Il téléphone pour savoir où est son interlocutrice se trouve. Filmé de dos, il avance, se retourne parfois et finalement trouve Lee (Karena Lam). Elle était à deux pas de lui. Ils se connaissent depuis des années, on ne saura pas bien ce qui les unissait. Ils vont se promener, boire quelques verres, ils se rappellent quelques souvenirs. Et au bout d’un moment, ils ne savent plus quoi se dire. Cela se traduit dans le film par un plan séquence fixe où les deux acteurs expriment avec leurs regards gênés, leurs mimiques et leurs passé cinématographiques toute la difficulté qu’ils ont de rester stoïques plutôt que de s’embrasser.

On abandonne Ray et Lee pour découvrir une laverie tenue par Gi (Kay Tse), jeune femme dont les lunettes de vue mangent le visage. Elle bade en attendant son fidèle client Lai (Eddie Peng), joli garçon un peu timide à qui elle demande chaque fois le nom et le téléphone. Dans l’arrière-boutique, elle garde tous les objets qu’il oublie dans ses poches. Et Ray semble amoureuse de lui. Elle s’imagine avec lui dans un vieux film de vampires ou dans une variation des Hauts de Hurlevent. Mais c’est le double en mannequin de magasin qui lui donne la réplique. Elle n’arrivera jamais à lui dire qu’elle l’aime d’autant qu’elle comprend qu’il n’est pas célibataire et qu’il a un ami.

La troisième partie se consacre à Po (Jacky Heung), d’abord dans sa jeunesse puis à l’âge adulte. Dans sa jeunesse, Po est ami avec Lai (ados, ils sont interprétés respectivement par William Chan et Carlos Chan). Régulièrement, il va chez son pote pour regarder le foot. Il se rend compte que le père (Eric Tsang) a une liaison et trompe sa femme (Kit Chan). Po, qui est amoureux de la mère lui révèle la liaison en espérant qu’elle le remerciera en sortant avec lui. Mais cela ne se produit pas. Adulte, Po remarque Lai dans un magasin, c’est ce qui lui rappelle ces souvenirs où il a brisé un couple. L’adultère continuera de l’obséder quand Lee, la copine de Ray, est persuadée que son mec a une liaison avec Kay (Kay Tse). Après des discussions en tchat, ils décident de les suivre pour les espionner.

Ce qui frappe dans Lover’s discourse est le silence qui parcoure tout le film. Les romances du cinéma cantonais sont très bavardes. Derek Tsang et Jimmy Wan s’emploie au contraire à faire de l’absence de dialogues explicatifs sur les rapports amoureux un atout. Tout passe des regards (Lee et Ray se taisent et leurs yeux fixent le vide) ou des non-regards (Gi détourne son regard de Lai filmé souvent de dos). Ces silences sont soutenus par une belle musique mélancolique de Peter Kam. Les chaussures ont une importance cruciale. La pantoufle de la mère de Lai que Po met discrètement sous la table à manger faisant comprendre qu’il est amoureux d’elle et non du fils comme on pouvait le croire. La paire d’escarpins de Lee qui laisse croire qu’elle a une aventure. Sans oublier, le nombre de discussions en marchant que font les personnages. La maîtrise des deux cinéastes est, pour un premier film, notable. Ils ne tombent jamais dans les clichés et offrent une émotion diffuse d’une immense tristesse sur la vie des couples. C’est très prometteur.

Lover’s discourse (戀人絮語, Hong Kong, 2010) Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Karena Lam, Eason Chan, Mavis Fan, Eddie Peng, Kay Tse, Jacky Heung, William Chan, Eric Tsang, Carlos Chan, Kit Chan.

mercredi 3 novembre 2010

Dream home


Avec Dream home, Pang Ho-cheung décale légèrement son cinéma pour arriver vers un terrain balisé mais où la plupart des films de Hong Kong ont échoué. La facilité avec laquelle le cinéaste parvient à remodeler. Il procède de la même manière que dans Men suddenly in black, glisser vers la comédie avec un film de triades. Ici, il invite le gore le plus sanglant dans un drame social. C’est ce mélange entre deux identités opposées qui crée l’étincelle qui fait fonctionner Dream home.
Sheung (Josie Ho) a une vie médiocre. Elle travaille dans un centre de télémarketing où elle doit contacter les clients d’une banque. Souvent dérangés, les clients lui répondent mal, l’insultent et Sheung doit garder le sourire. Sa vie amoureuse n’est pas non plus des plus heureuses. Elle couche avec un homme marié (Eason Chan) qui la rencontre de temps en temps dans une chambre d’hôtel puis uniquement dans sa voiture pour une simple fellation. Elle se rend compte qu’il ne quittera jamais sa femme pour elle.
La vie de Sheung est faite de déception mais Pang Ho-cheung nous suggère qu’elle est en train de tuer des gens. On semble bien la reconnaitre dans cette silhouette qui est en train de massacrer un homme de la sécurité. Il est un peu plus de 23 heures et le film va suivre la mort d’une douzaine de personnes en quasi direct. Sheung va assassiner une maman, son mari et la bonne philippine dans un appartement. Puis, l’étage en dessous, elle tue deux amis (Derek Tsang et Lawrence Chou) qui sont en train de baiser deux putes. Pui, un autre ami qui arrive et finalement deux policiers venus calmer cette jeunesse qui fait trop de bruit.
Le film est classé Catégorie III pour ses scènes gore qui sont effectivement costaudes. Cette imagination débridée pour faire mourir les personnages est jouissive. Sheung n’est pas une professionnelle du meurtre et va jusqu’au bout avec les armes qu’elle possède. Une planche de lit dans la gorge d’une fille, un couteau dans le ventre d’un gars d’où sortent ses viscères et d’autres choses rarement vues dans un film de Hong Kong. Cela n’est pas le seul attrait du film même si ça ne serait pas mal. Dans ces séquences, Pang Ho-cheung soigne à la fois le suspense et la matière visuelle.
Ce que réussit à faire Pang Ho-cheung est de nous rendre Sheung extrêmement sympathique. Le récit en continu est interrompu par la vie sociale et amoureuse de notre héroïne : vie médiocre et répétitive. On découvre également dans ce puzzle qu’elle a une obsession qui tourne à la maladie, comme ses interlocuteurs veulent lui faire entendre. Sheung cherche à tout prix à acheter un appartement qui donne sur la mer. Cette quête est menée comme un film à suspense. Sheung ne gagne pas beaucoup d’argent mais elle tient à avoir un appartement avec vue sur la mer.
De longs flash backs scandent le film où l’on retourne dans l’enfance de Sheung puis dans son adolescence. C’était alors le grand boum immobilier à Hong Kong avec ses quartiers populaires et vétustes. Et surtout l’abandon de la population par le gouvernement face aux triades qui cherchaient à acquérir ses logements pour une bouchée de pain. C’est dans ces espaces de récit entremêlés que Pang Ho-cheung montre sa facilité à tenir un récit et ce talent produit grâce à quelques uns des meilleurs techniciens de Hong Kong (Yu Lik-wai à l’image, Wenders Lee au montage) d’offrir l’un des meilleurs films de l’années.
Dream home (多利一号, Hong Kong, 2010) Un film de Pang Ho-cheung avec Josie Ho, Eason Chan, Michelle Ye, Norman Chu, Lawrence Chou, Derek Tsang, Sin Lap-man, Paw Hee-ching, Ching Wong, Lo Hoi-pang, Juno Mak, Lok Ying-kwan, Zhou Chu-chu, Chan Wai-hung, Juan Song.

lundi 19 juillet 2010

Love in a puff



Comme en France, la loi à Hong Kong interdit depuis 2007 de fumer dans les lieux publics. Un carton en début de film nous avertit de cela. Cela n’empêche pas quelques habitants de se réunir lors d’une pause pour fumer une cigarette, dehors, à côté d’une poubelle. Chacun raconte une anecdote, en l’occurrence une histoire horrifique qui doit paraître réaliste. Ils se retrouvent là, serveur, livreur de pizza, groom d’hôtel, femme de ménage, cadre, en oubliant leur niveau social. C’est là que Jimmy (Shawn Yue) et Cherie (Miriam Yeung) vont se rencontrer pour la première fois et qu’une histoire d’amour va naître entre eux. Love in a puff pourrait se traduire par l’amour dans une bouffée de cigarette.

Fumer une clope est le prétexte pour se retrouver, pour faire une pause. Cherie travaille à Sephora, elle est vendeuse. Elle a les cheveux teints en violet et va passer son temps à envoyer des SMS à Jimmy. Elle est en avance sur lui, elle sait des choses à son sujet. Il ignore qu’un des fumeurs a raconté une anecdote au sujet de la petite amie de Jimmy qui est arrivée au restaurant avec un cheveu blond coincé sur son bracelet. Tous les convives ont compris qu’elle s’envoyait avec son patron, un Français blond. Ainsi, quand Jimmy lui parle de sa vie privée, Cherie dit qu’elle sait. Cela crée un trouble chez lui et elle s’en sort par une pirouette.

La caméra de Pang Ho-cheung est au plus près des acteurs. Rarement, on aura vu une alchimie fonctionner si bien dans une comédie romantique. Il ne s’agit pas seulement de filmer caméra à l’épaule mais plutôt de cadrer les regards des personnages tandis qu’ils se cherchent. On sent que Cherie est attirée par Jimmy immédiatement, lui qui semble si timide avec son petit pull et ses lunettes carrées. Elle apparait plus délurée, avec ses mèches violettes et dès le premier jour, ils échangent leur numéro. Ça commence par demander s’il veut aller fumer une cigarette, puis aller prendre un verre à l’anniversaire d’une amie où Cherie se déguise en Madonna période Gaultier.

Seulement voilà, Cherie n’est pas célibataire. Elle vit depuis plusieurs années avec son copain. Une vie calme dans un quartier huppé de Hong Kong. Elle semble prête à tout quitter pour faire un bout de vie avec Jimmy, qui a du mal à sortir de sa torpeur et de sa jeunesse de flirts. Etonnement, il ne semble pas se plaindre de sa rupture mais traine des pieds face à Cherie dont le mec vient de lire un SMS de Jimmy. Elle va le quitter et, avec ses maigres valises, rejoindre Jimmy. Elle va lui promettre d’arrêter de fumer parce qu’elle a de l’asthme. Bien entendu, comme dans toute comédie romantique, le futur couple devra passer par l’épreuve d’une déception qui menace leur avenir commun.

Le récit de Love in a puff est ramassé sur quelques jours annoncé par une inscription sur l’écran. Cela dure une semaine tout au plus et seuls les moments marquant sont filmés. Mais ces moments sont filmés avec beaucoup de douceur dans un style humoristique qui joue sur des dialogues triviaux qui valurent, sans doute, comme la valorisation de la cigarette présente constamment dans chaque plan, dans chaque dialogue, dans chaque pensée, un classement Catégorie III. Le récit est entrecoupé d’entretien avec les personnages filmés en vidéo avec le micro qui apparait où ils racontent un moment de leur vie. Le tout donne un film enjoué qui développe tous les clichés pour mieux les retourner. Pang Ho-cheung est vraiment l’un des meilleurs cinéastes actuels de Hong Kong.

Love in a puff (志明與春嬌, Hong Kong, 2010) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Cheung Tat-ming, Matt Chow, Chui Tien You, Charmaine Fong, Vincent Kok, Jo Kuk, Sharon Luk, Miao Fei-lin, Roy Szeto.

jeudi 13 mai 2010

Sorties à Hong Kong (mai 2010)

Dream home (多利一号)
Un film de Pang Ho-cheung avec Josie Ho, Eason Chan, Michelle Ye, Norman Chu, Lawrence Chou, Derek Tsang, Sin Lap-man, Paw Hee-ching, Ching Wong, Lo Hoi-pang, Juno Mak, Lok Ying-kwan, Zhou Chu-chu, Chan Wai-hung, Juan Song. 94 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 13 mai 2010.









lundi 8 juin 2009

Filmographie : Pang Ho-cheung




Pang Ho-cheung 彭浩翔

En tant que réalisateur :
You shoot I shoot ( 全職殺手, 2001) Sortie à Hong Kong : 16 août 2001.
 
Men suddenly in black (大丈夫, 2003) Sortie à Hong Kong : 11 septembre 2003.
 
Beyond our Ken (公主復仇記, 2004) Sortie à Hong Kong : 11 novembre 2004.
 
AV (2005) Sortie à Hong Kong : 19 mars 2005.
 
Isabella (伊莎貝拉, 2006) Sortie à Hong Kong : 6 avril 2006.
 
Exodus (破事兒, 2007) Sortie à Hong Kong : 13 septembre 2007.
 
Trivial matters (破事兒, 2007) Sortie à Hong Kong : 20 décembre 2007.

Love in a puff (志明與春嬌, 2010) Sortie à Hong Kong : 23 mars 2010.

Dream home (維多利亞壹號, 2010) Sortie à Hong Kong : 13 mai 2010.

Love in the buff (春嬌與志明, 2012) Sortie à Hong Kong : 29 mars 2012.
 
Vulgaria (低俗喜劇, 2012) Sortie à Hong Kong : 9 août 2012.

Aberdeen (香港仔, 2014) Sortie à Hong Kong : 8 mai 2014.

En tant que scénariste :
Fulltime killer (2001) Sortie à Hong Kong : 3 août 2001.