mercredi 26 février 2014
Touch and go
lundi 29 juillet 2013
Don't fool me
Don't fool me (中環英雄, Hong Kong, 1991) Un film de Herman Yau avec Andy Lau, Tony Leung Chiu-wai, Teresa Mo, Fennie Yuen, Michael Chan, Shing Fui-on, Anthony Wong, Charine Chan, Wong Yat-san, Jeffrey Lam, Chow Mei-yan, Lee Hoi-sang, Wong Chi-keung, Bruce Law.
dimanche 30 juin 2013
Legend of the Dragon
jeudi 7 février 2013
Sorties à Hong Kong (février 2013) Hotel Deluxe
lundi 22 octobre 2012
Daddy, father and papa
jeudi 11 octobre 2012
Sorties à Hong Kong (octobre 2012)
mardi 22 mai 2012
Master Wong vs Master Wong
Once upon a time a hero in China
vendredi 11 mai 2012
I love Hong Kong 2012 + All's well end's well 2012
vendredi 20 janvier 2012
Sorties à Hong Kong (janvier 2012)
I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012)
Un film de Wilson Chin avec William So, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Bosco Wong, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Eric Tsang, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse. 100 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 20 janvier 2012.
mardi 1 mars 2011
A toute épreuve

Je ne sais pas si quelqu’un s’est un jour lancé dans le recensement de tous les morts que compte A toute épreuve. Il faut dire que John Woo n’y est pas allé de main morte pour son dernier film à Hong Kong avant de partir aux Etats-Unis pour la carrière et le résultat que l’on connait. Comme s’il savait que ce serait sans doute son dernier film libre et qu’il fallait qu’il offre le spectacle le plus fou possible, avec un final à l’hôpital de près de trois quarts d’heures où tout les décors seraient détruits dans des explosions, où les personnages abondent, où l’humour côtoierait l’extrême violence. Bref, A toute épreuve est un film très copieux.
Chow Yun-fat en est le centre, le personnage autour duquel tout va tourner. Dès la scène d’introduction, on le voit boire quelques verres de tequila dans un bar. Cela lui donnera son surnom. Tequila joue de la flute dans un orchestre de jazz. On le suit ensuite dans un salon de thé avec à son bras une cage et un pinson. L’atmosphère se fait de plus en plus lourde dans la salon de thé. John Woo joue sur la multiplicité des regards, sur des panoramiques de la caméra qui observent toute la pièce, on ne sait pas qui observe qui et surtout vraiment pourquoi. Tequila semble agir comme un gangster dans ce lancement du film mais c’est un flic. Il est impulsif et se lance sans réfléchir dans l’action. En l’occurrence, il va empêcher la vente de trois révolvers. Dès les dix premières minutes, A toute épreuve plonge le spectateur dans un gunfight où Tequila tire avec un révolver dans chaque main.
Cette attitude impulsive n’est pas du goût de son supérieur, le chef Pang (Philip Chan) qui n’en peut plus de devoir le contrôler. Il est furieux que Tequila aie gâché la filature qu’il avait mis en place pour coincer un trafic d’armes. Il est viré de l’affaire et, après l’enterrement d’un de ses collègues, va dans son jazz club où le patron (John Woo) lui donne quelques conseils. Le cinéaste apparait dans un rôle très secondaire mais son personnage est pour lui un moyen de signer son film. Il est aussi dans les quelques scènes qu’il a avec Chow Yun-fat, l’homme qui donnera quelques leçons de mise en place du récit. Il annoncera ce qui va arriver dans le reste du film et lui donnera des indices sur d’autres personnages.
Pendant ce temps-là, les triades veulent faire entrer des armes à feu à Hong Kong. La possession d’armes, à l’exception de la police, est interdite. Un meurtre dans une bibliothèque va les lancer dans une nouvelle enquête. Le meurtre est filmé dans son intégralité. Un jeune homme bien sapé, Tony (Tony Leung Chiu-wai) déboule dans sa belle Ferrari rouge. Il entre dans la librairie, se dirige dans les rayons, effleure de son index les livres, en choisit un et se dirige vers un homme assis à une table. Calmement, il ouvre le livre qui contient un révolver silencieux et abat l’homme. Tony vit dans un bateau et, entre deux bouffées de cigarette, construit des oiseaux de papier qu’il accroche au plafond. Il y a désormais une douzaine d’oiseaux de papier. Ce sont les hommes qu’il a tués.
Tony travaille pour Monsieur Hoi (Kwan Hoi-san), un parrain qui aimerait, à l’approche de la vieillesse, se retirer. Johnny (Anthony Wong) aimerait reprendre les affaires de Hoi et rencontre Tony qui n’a que la paix à lui proposer. Après cette rencontre, Johnny tombe sur Tequila. Les deux hommes se battent et Tony intervient pour que Johnny n’abatte pas le flic. Tequila portera un sparadrap sur le front pendant tout le reste du film. Tony accepte de bosser pour Johnny et de tuer Hoi. Johnny va voler toute sa cargaison d’armes. La séquence offre le deuxième gunfight dans l’entrepôt. La lassitude et le calme de Tony contrastent avec l’excitation de Johnny qui veut être le seul à diriger les triades. Mais la police va intervenir et quand Tony a au bout de son flingue Tequila, il ne tirera pas, au grand étonnement de ce dernier.
Ce qu’ignore Tequila est que Tony est un flic infiltré dans la mafia. Tony communique avec le chef Pang d’une manière originale. Il envoie des bouquets de fleurs à la commissaire Teresa Chang (Teresa Mo), ancien flirt de Tequila qui en est encore amoureux. Dans chaque bouquet, qui titille la jalousie de Tequila, un message codé est glissé sur les avancées de la bande à Johnny. Ces séquences d’arrivée des bouquets et de décryptage sont les seuls moments de comédie d’A toute épreuve. Teresa et Tequila flirtent gentiment, même si le personnage de Teresa est creux prouvant, encore une fois, que le cinéma de John Woo est essentiellement masculin. Tony essaie de mettre en garde Pang sur le danger de l’impulsivité de Tequila. Cela pourrait menacer l’enquête. Les deux hommes vont devoir travailler ensemble.
Le final grandiose et apocalyptique se déroule dans un hôpital. En l’occurrence un hôpital que possède Johnny et où Tony est envoyé pour être soigné après une altercation. C’est là que sera aussi soigné un indic que le borgne (Philip Kwok) a torturé. Assez vite, Tony et Tequila comprendront que les armes sont cachées dans cet hôpital et il va falloir les trouver. Bien sûr, qui dit grand nombre d’armes à feu, dit grosses fusillades. D’un côté, Tequila et Tony, qui seront rejoints par Teresa, Pang et des flics. Et de l’autre Johnny et le borgne ainsi qu’un grand nombre d’hommes de main. Au milieu les patients et la pédiatrie où toute une ribambelle de bébés viennent de naître.
John Woo fait monter lentement le suspense sur près d’une heure, comme en temps réel. Il isole d’abord les deux protagonistes dans la morgue où ils cherchent les armes ce qui leur permet de mieux se connaitre et de finalement s’apprécier. Puis, il fait rentrer le personnage du borgne, homme mutique mais impitoyable. Il faut dire que les méchants sont gratinés. Johnny n’hésitera pas à tirer à l’arme lourde sur les patients pour tenter de supprimer Tequila. Le nombre de flics qui va mourir est aussi impressionnant que celui des gangsters. Mais il reste encore une once d’humanité au borgne, il voulait que Johnny épargne les malades. Et puis il y a la longue évacuation des bébés qui donne un soupçon de sensibilité dans ce monde de brutalité.
A toute épreuve condense tout le savoir-faire de John Woo en matière de polar d’action avec des fusillades et des explosions. C’est son cadeau de départ au public de Hong Kong bien plus qu’une preuve aux studios hollywoodiens qui vont le mépriser en lui offrant Jean-Claude Van Damme. A ce titre, le bébé que sauve Chow Yun-fat en le mettant dans son blouson est le symbole de ce cadeau, il sauve ce qu’il reste du cinéma de Hong Kong qui angoissait de la rétrocession et du départ de ses cinéastes phares. Le public a réservé au film un très grand succès malgré ses défauts et son absence totale de réalisme. C’était le dernier film de John Woo. Le dernier.
A toute épreuve (Hard boiled, 辣手神探, Hong Kong, 1992) Un film de John Woo avec Chow Yun-fat, Tony Leung Chiu-wai, Teresa Mo, Anthony Wong, Philip Chan, Philip Kwok, Kwan Hoi-san, Stephen Tung, Bowie Lam, John Woo, Michael Dinga.
mardi 4 janvier 2011
It's a wonderful life

It’s a wonderful life commence avec quelques vues de décorations de Noël tandis qu’une version cantonaise de la chanson Noël blanc est en fond sonore. Pour rentrer immédiatement dans le vif du sujet, le film présente les personnages grâce à une prière de la mère de famille qui souhaite que chacun de ses quatre enfants réussisse dans la vie mais surtout en amour. On est en terrain très connu, balisé même. On sait exactement où les personnages vont aller et, parce qu’on est dans une comédie du Nouvel An Lunaire, on sait qu’à la fin, tout ira bien.
Clifton Ko reprend la distribution de son All’s well end’s well (ou presque) et leur donne presque les même personnages. Le père (Walter Tso) et la mère (Lee Heung-kam) sont donc là comme observateurs de la vie amoureuse de leur progéniture. Le grand-père (qui surnomme son fils Foon) est interprété par Kwan Tak-hing qui n’est dans le film sans doute que parce qu’il incarna Wong Fei-hung au cinéma durant des décennies et que Il était une fois en Chine est encore à la mode. Le vieil acteur fera quelques figures de kung-fu pour faire un clin d’œil au spectateur.
Raymond Wong Bak-ming est Kau Fu, le fils aîné. Cadre supérieur, il est marié et a une fillette. Lors de ses réunions de travail, il se sent toujours obligé de trinquer avec les clients et il rentre souvent soûl le soir à la maison ce qui agace sa femme (Petrina Fung) qui le vire du domicile conjugale. Son épouse tient un restaurant japonais. L’un des meilleurs gags du film consiste à ce qu’elle fasse la leçon à ses employées en leur demandant de sourire beaucoup et de remercier encore plus, comme les Japonaises. Elle veut montrer l’exemple mais c’est son mari qui est le client et elle est fort impolie.
Parce que Raymond Wong Bak-ming est le producteur du film, il se donne le plus grand rôle et celui qui est censé le plus émouvoir. Il accable l’épouse d’un peu tous les maux dans une misogynie habituelle dans la comédie. Il a été chassé de la maison mais elle s’est tout de suite remise avec son avocat engagé pour le divorce. La fillette vit mal la séparation et elle est odieuse avec les nounous. C’est alors que Kau Fu a l’idée de se déguiser en femme pour faire la nounou. Il parviendra, grâce à sa perspicacité, à montrer que l’avocat n’est qu’un affreux coureur de jupons.
Le deuxième fils Kau Kwai (Tony Leung Ka-fai) est bègue. Il a beaucoup de mal à s’exprimer avec des mots mais il possède un grand talent pour dessiner. Il exprime donc son amour pour Mademoiselle Ho (Anita Yuen), l’une des professeurs de son petit frère Kau Kei (William Chu) grâce aux mangas. Enfin, Kau Ann (Teresa Mo) revient de France avec un de ses amis Roberto (Leslie Cheung), sorte de personnage Bohème. Ils n’ont pas compris qu’ils sont amoureux l’un de l’autre. Depuis son départ pour la France, Ann semble avoir bien changée. Son amour d’enfance Chung (Lau Ching-wan) espère pourvoir l’épouser mais elle ne l’aime pas.
Tout le film sera une suite de sketchs où les personnages devront conquérir ceux qu’ils aiment, leur ouvrir les yeux pour qu’ils se rendent compte qu’ils sont gentils. Il n’y aura rien de neuf de ce point de vue. Les bandes dessinées qu’écrit Kwai sont imaginées par lui avec tous les membres de sa famille et les décors utilisés (des dinosaures qui bougent à peine, Jurassic Park venait de sortir) sont ridicules. Le film parvient à faire sourire très épisodiquement. Certes, ces comédies du Nouvel An Lunaire sont toujours fédératrices et gentilles, It’s a wonderful life prouve aussi qu’elles peuvent être niaises.
It’s a wonderful life (大富之家, Hong Kong, 1994) Un film de Clifton Ko avec Raymond Wong Kak-ming, Leslie Cheung, Teresa Mo, Anita Yuen, Tony Leung Ka-fai, Fung Bo-bo, Carol Cheng, Lau Ching-wan, Kwan Tak-hing, Lee Heung-kam, William Chu, Walter Tso.
jeudi 21 octobre 2010
Sorties à Hong Kong (octobre 2010)
lundi 28 juin 2010
The Magnificent scoundrels
Un homme en uniforme chinois sort de l’eau. Un autre homme alerte des touristes pour regarder ce moment si typique. Notre soldat propose des antiquités qu’il a ramenées de là-bas à des prix uniques. Mais une horde de vendeurs de camelote se rue sur les touristes provoquant un attroupement et l’intervention de la police. Le soldat n’en est pas un, c’est Romeo (Stephen Chow), un minable petit escroc qui rate tout ce qu’il entreprend mais continue dans la voir des rapines sans intérêts. Son maître à combines (Karl Maka) ne peut plus l’aider, il est consigné chez lui par sa femme qui en a assez de ses facéties.
La femme qu’aime Romeo (en l’occurrence Sandra Ng dans une apparition à l’écran de quelques secondes) va se marier. Romeo cherche à la rejoindre. Seulement voilà, il semble difficile de trouver un taxi à Hong Kong puisque plusieurs clients tentent, sans succès, d’en prendre. Mais il veut rejoindre Sandra Ng et l’empêcher de se marier. S’en suit une cascade homérique sur le toit d’une voiture où il crie son amour jusqu’à se rendre compte qu’il s’était trompé de fille. Il va rencontrer une autre fille en cherchant encore une fois à prendre le taxi. Betsy (Teresa Mo). Il se fait passer pour un aveugle pour tromper les autres clients, mais Betsy est elle aussi une escroc et va tenter de lui soutirer de l’argent en simulant un accident. Elle va faire la voix de la vieille dame qu’elle aurait renversée, mais l’aveugle voit tout. Une alliance d’escrocs pourra naître.
Elle doit de l’argent à deux malfrats, Tai Te (Roy Cheung) et Wah (Yuen Wah), qui ne brillent pas par l’intelligence. Pour une fois, on n’aura pas droit à des méchants qui n’hésitent pas à éliminer leurs ennemis mais à deux tocards rigolos qui vont sans s’en rendre compte créer une escroquerie qui provoquera une accumulation de quiproquos qui ne feront pas mentir le titre du film, The Magnificent scoundrels, les escrocs magnifiques. Un autre larron, Fat (Wu Ma) doit aussi de l’argent à Tai Te. Il va se trouver impliquer dans la même histoire que Romeo et Betsy qui n’arrivent pas à trouver de quoi rembourser les dettes : Betsy simule un accident de voiture mais joue si mal que les conducteurs n’y croient pas, Romeo veut voler un couple mais la femme lui fait peur.
Ils décident alors de monter un gros coup. Ils vont cambrioler une maison de riches en envoyant des invitations à un spectacle. Le propriétaire absent, ils s’introduiront chez lui et piqueront les objets de valeur. Le soir venu, ils rentrent dans la maison quand arrive Fat. Car ce dernier a lui aussi monté un gros coup, précisément dans la même maison. Fat a appris que le propriétaire est absent et qu’un businessman doit arriver de l’étranger pour faire affaire. Avec sa complice Ping (Tien Niu), ils vont se faire passer pour l’homme d’affaires et accueillir l’étranger sauf qu’ils arrivent quand Romeo cambriole la demeure. Fat et Ping croient que Romeo est l’étranger tandis que Romeo est persuadé que Fat et Ping sont les vrais habitants de la maison.
La machine de Lee Lik-chi est lancée avec ses quiproquos. Ping ne sait pas où se trouvent les pièces puisqu’elle n’est pas chez elle. Cela donne droit à un gag récurrent sur les toilettes modernes qui sont en fait une chambre à coucher. Pour ne pas se démentir, Fat et Romeo pissent sur le lit. On n’est pas en reste avec l’humour cracra et notamment l’arrivée de celle qui est censée être la fille de famille (Amy Yip) qui arrive dans un éclat de vomi et qui continuera à rendre sur Romeo. Amis de l’humour élégant, s’abstenir. The Magnificent soundrels continue avec le trio qui pense arnaquer Romeo et inversement. Jusqu’à ce que chacun s’en rende compte.
L’humour ne vole pas toujours très haut mais reste assez drôle. Il joue essentiellement sur les situations dans le balai de quiproquos que se lancent les personnages. L’attrait sexuel de Amy Yip est source de blagues cochonnes et de regards lubriques. C’est Stephen Chow la star du film et tous les personnages tournent autour de lui pour lui rendre la réplique. Tien Niu est formidable en femme de caractère fofolle. Teresa Mo est un peu un cran en dessous, pas forcément très douée pour la comédie loufoque. Le duo Yuen Wah et Roy Cheung est croustillant dans leur bêtise satisfaite. Bref, il y en a pour tous les goûts.
The Magnificent scoundrels (情聖, Hong Kong, 1991) Un film de Lee Lik-chi avec Stephen Chow, Teresa Mo, Tien Niu, Amy Yip, Wu Ma, Roy Cheung, Yuen Wah, Mimi Chu, Karl Maka, Sandra Ng, Gabriel Wong.
lundi 25 janvier 2010
La Rose noire
La Rose noire est une version des aventures de Black Rose, une sorte de fantômette cantonaise qui allait rendre la justice en justaucorps noir avec son masque. Le cinéma de Hong Kong aime cette figure du héros justicier, du Robin des bois moderne qui venge la veuve et l’orphelin sans que l’on sache qui il est. Tout l’enjeu de La Rose noire de Jeff Lau est là. Tous les personnages parlent de Black Rose mais on a beau la voir constamment sur l’écran, personne à la fin du film ne saura qui elle est vraiment.
Butterfly (Maggie Siu dans un de ses premiers rôles bien avant sa rencontre avec le cinéma de Johnnie To) écrit des contes pour enfants. Son amie Kuen (Teresa Mo) lui propose d’écrire un scénario pour adultes, mais Butterfly est l’innocence même, elle se fait harceler régulièrement par les jeunes du quartier. L’officier Liu (Tony Leung Ka-fai) vient à sa rescousse d’autant qu’il en pince pour elle. Mais c’est alors que Butterfly et Kuen s’engouffrent dans une histoire qui va les dépasser. Elles assistent à un meurtre entre membres des triades. Pour se disculper, elles laissent traîner une feuille qui indique que la Rose Noire est l’auteur de ces meurtres Or la police recueille les empreintes de Kuen. Elle est recherchée par la police.
Mais la Rose Noire semble exister et veut faire dire la réalité. Elle kidnappe Butterfly. Tandis que Kuen est fait prisonnière par le chef de triade. Or la Rose Noire vit dans le passé. Et ce sont deux femmes qui incarnent cette idée de l’héroïne masquée. Piu-hung (Fung Bo-bo) et Yim-fan (Wong Wan-si) s’habillent comme dans les années 1960 et semblent complètement folles. Elles sont tour à tour mère ou fille, elles sont persuadées d’être la Rose Noire et que l’officier Liu les a abandonnées il y a vingt ans. Elles veulent donc se marier avec lui.
La Rose noire est un modèle de non-sens qui frise souvent avec l’absurde le plus pur. Le cinéma de Stephen Chow est ouvertement cité. Il serait bien difficile de raconter ce qui se passe dans le film au bout d’une demi-heure. Régulièrement, le récit est coupé par des chansons anciennes interprétées par les personnages. Teresa Mo cherche toujours à s’évader d’une geôle où la porte est ouverte et dont le gardien est stupide. Mais c’est surtout Tony Leung Ka-fai qui éblouit. L’acteur modifie sa voix et la transforme en un son nasal étonnant. Les références au cinéma de Hong Kong des années 1960 est très présent, Piu-hung regarde d’ailleurs à la télévision un extrait du Black Rose de 1965. Et le final se permet un combat avec la technique de la paume de Buddha chère à Stephen Chow dans Crazy kung-fu, séquence où le même thème musical est joué. Mais à la fin, on ne sait pas encore qui de toutes ces femmes est la Rose Noire.
La Rose noire (92 Legendary la Rose noire, 92黑玫瑰对黑玫瑰, Hong Kong, 1992) Un film de Jeff Lau avec Tony Leung Ka-fai, Teresa Mo, Maggie Siu, Fung Bo-bo, Wong Wan-si, Teddy Yip.
vendredi 4 janvier 2008
Mr. Cinema

Après l’échec relatif de McDull the alumni, Samson Chiu revient grâce à Mr. Cinema à ce qu’il réussit le mieux, la chronique sociale d’un homme sur quelques décennies. Le destin de son protagoniste modeste suit le parcours de l’Histoire de Hong Kong. Sans arriver au bonheur que procurer Golden chicken en 2002, son chef d’œuvre avec Sandra Ng, Mr. Cinema est très réussi.
Monsieur Zhou (Anthony Wong) est un homme de gauche, un communiste, un socialiste. Ce qui à Hong Kong n’est pas particulièrement à la mode en 1967 quand commence le récit du film. Ses amis ne comprennent pas cet engagement. C’est son idéal de vie. Mais son rêve est d’aller sur
Les conséquences de son communisme l’amènent à vivre différemment des autres habitants de Hong Kong. Il loge dans une maison modeste avec sa femme Ying (Teresa Mo) qui va lui donner un fils, Chong (qui sera interprété par Ronald Cheng quand il sera adulte). Zhou préfère donner au autre par bonté ou charité communiste plutôt que de penser à sa famille, ce qui ne va pas sans créer quelques problèmes.
Ainsi, Chong se sent différent des autres. Il va dans une école publique populaire, sans doute une école où les fils de communiste vont. Mais quand arrive le temps des études supérieures, tandis que ses camarades de classe partent aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, lui reste à Hong Kong.
Les voisins des Zhou sont très liés avec eux. Leur fille interprétée par Karen Mok part aux Etats-Unis. C’est pour Chon un crève-cœur puisqu’il est tombé amoureux d’elle. Il n’arrive pas à lui dire. Chong fait de toute façon figure de raté de la famille. Il est incapable de mener ses projets à bout. Quand
Mr. Cinema n’arrive pas vraiment à critiquer cette Chine voisine – sans doute pour des raisons purement économiques, il faut bien vendre le film aux Chinois. Il est difficile de comprendre comment Monsieur Zhou reste communiste malgré le désastre de
Cela pourrait paraître comme scandaleux si l’on ne comprenait pas le personnage qu’incarne Anthony Wong. Il vit dans sa bulle, il est totalement déconnecté du monde réel parce qu’il vit dans une utopie, dans le rêve communiste. Il n’arrive pas à comprendre son épouse, encore moins son fils. Son voisin, admirablement interprété par un John Sham qui ne cesse de râler, lui reproche constamment cet aveuglement devant l’évidence. En cela, Mr. Cinema est bien plus subtil qu’il n’y paraît.
Cette subtilité est due aussi aux acteurs tous parfaits dans leurs rôles. Anthony Wong en idéaliste est sublime. Teresa Mo accomplit le plus retour au cinéma vu depuis des années. Elle est amoureuse de son mari, l’admire presque, mais supporte douloureusement son destin. Ronald Cheng, l’un des pires acteurs comiques apparus depuis dix ans, en jeune chien fou qui échoue partout, étonne par sa maîtrise du registre comico-tragique. On regrette cependant que le personnage de Karen Mok soit si fade.
Mr. Cinema permet aussi de voir quelques extraits de films de l’époque. Monsieur Zhou exerce la profession de projectionniste. Justement Samson Chiu évoque ce douloureux problème à Hong Kong : la fin des salles de cinéma, leur vente pour les remplacer par des centres commerciaux. Et aussi, non sans amertume, la fin d’un certain cinéma cantonais. Celui que j’aime et qu’on ne retrouvera sans doute jamais, sauf épisodiquement comme dans ce beau film.
Mr. Cinema (老港正传, Hong Kong, 2007) Un film de Samson Chiu avec Anthony Wong, Teresa Mo, Ronald Cheng, Karen Mok, John Sham













