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mercredi 31 juillet 2013

The Tricky master


The Tricky master marque la fin d’une époque dans la carrière de Stephen Chow puisque c’est avec ce film qu’il achève sa carrière de simple acteur. Désormais, il ne jouera plus que dans ses propres films. Compte tenu de sa faible participation au film, on peut se demander s’il n’a pas été obligé de finir son contrat avec la BoB de Wong Jing (la compagnie Best of Best, en toute modestie). Ses gags sont rares mais souvent très drôles, son jeu limité, et sa tenue le fait ressembler au chanteur Prince période Sign o’ the times, lunettes teintées arrondies et cheveux d’enfant sage. Stephen Chow est Master Wong (Wong Si-fu en VO), le « roi des filous ». Il est en prison et ses gardiens sont Tin Kai-man et Lee Siu-kei, qui sont au garde à vous devant lui.

Le véritable héros de The Tricky master est Leung Foon (Nick Cheung), jeune flic qui doit, comme dans les Fight back to school, surveiller sous couverture la fille d’un riche homme d’affaires menacée d’enlèvement. On retrouve l’habitude de Wong Jing de parodier les succès précédents des films plus ou moins récents. Ici entre autres, Mission impossible avec Tats Lau, le chef de la police, qui enlève son masque pour ensuite balbutier son dialogue dans son phrasé de semi-débile ou encore The Ring avec Sandra Ng, longs cheveux lui cachant le visage, qui sort de la télé que regarde Stephen Chow. Sans oublier, bien entendu, les références aux « héros » locaux de Stormriders au God of gamblers (car, on n’est jamais autant servi que par soi-même) ainsi que seconds rôles prestigieux (Ken Lo ou Law Jar-ying)

L’adversaire de Leung Foon est tout simplement Ferrari (Wong Jing, qui, avant chaque réplique, ricane sardoniquement). Le goût du cinéaste pour les résidences luxueuses, les belles voitures ainsi que les jolies femmes est à son comble. Cinéma publicitaire à l’extrême, la mise en scène de Wong Jing fait tout pour rendre son film luxueux et sexy. Gros plans en montage cut sur de jolies créatures à la plage, plan à la grue sur Ferrari qui arrive sous les applaudissements, l’acteur/producteur/réalisateur peut donc se permettre d’arborer de beaux costumes quand il écrase l’équipe olympique japonaise de ping-pong (oui, c’est un gag) face aux tenues et au brushing ridicules qu’arbore Leung Foon. Une veste composée de cartes, une chemise bariolée, des bouclettes aux bigoudis, rien n’y fait, Nick Cheung n’est pas un acteur comique.

Le film se veut également sexy avec l’arrivée de First Love (Kelly Lin), joli sourire mais espionne pour le compte de Ferrari. Leung Foon va tomber sous son charme mais il est marié à Pizza (Suki Kwan), au tempérament plus réservé. Il se trouve que Pizza est la sœur de Wasabi (Sandra Ng), sans doute dans un de ses rôles les plus ingrats de femme encombrante et humiliée par à peu près tous les personnages (Master Wong la jette régulièrement dans les meubles). Dans The Tricky master, les femmes n’ont pas de jolis rôles (cela dit les hommes sont tous des crétins, soyons honnêtes). Déjà, leurs noms sont stupides : First Love, Pizza et Wasabi. Pourquoi ? Puis, il vient à l’idée de Wong Jing de pousser encore plus la vulgarité avec l’apparition de Baat Leung-gam et son visage d’arriéré mental déguisé en femme. Il n’oublie pas d’armer Master Wong de trois concubines jouées par trois acteurs au physique ingrat.

Pourtant malgré cette description chargée que je viens de faire The Tricky master, certains gags sont très drôles. Wong Jing ne s’intéresse pas du tout à son histoire, la laisse vaguement se développer (on sait que Leung Foon gagnera malgré les tricheries de Ferrari, et à vrai dire on s’en moque). Il se contente de soigner les aspects comiques de ses personnages dégénérés, incapables de se plier aux règles communes, entre Master Wong qui refuse qu’on lui adresse directement la parole, Wasabi et sa peur de la richesse, Leung Foon et sa haine des jeux. Finalement, c’est dans ce genre de films que Wong Jing peut parvenir à convaincre, comme une sorte d’autoportrait d’une cinéaste lui-même décrié et considéré comme dégénéré pour ses navets apocalyptiques. Parfois, sous le navet s’avère être un film totalement jouissif.

The Tricky Master (千王之王2000, Hong Kong, 1999) Un film de Wong Jing avec Nick Cheung, Wong Jing, Tats Lau, Suki Kwan, Kelly Lin, Stephen Chow, Sandra Ng, Baat Leung-Gam, Ken Lo, Law Kar-ying, Lee Siu-kei, Tin Kai-man, Frankie Ng, Kingdom Yuen, Bowie Lau.

vendredi 26 juillet 2013

Triad story


Après 22 ans de prison, Feng (Ko Chun-hsiung) rentre chez lui. Il était un parrain à la vie facile, désormais il doit se laver dans un bac et dormir dans une petite chambre et cohabiter avec Sing (Stephen Chow), son fils et la femme de ce dernier. La fille de Feng ne veut pas le voir, elle lui reproche sa vie passée et ne console pas de la mort de sa mère survenue six ans plus tôt. Sa vie est maintenant celle d’un modeste homme qui a perdu son train de vie d’antan mais qui a gardé tous ses amis : Ng Man-tat, Wu Ma, Shing Fui-on et Shum Wai interprètent ses anciens hommes de main au sein de la triade qu’il dirigeait. Chacun a refait sa vie, oubliant le clan : l’un serveur de restaurant, un autre flic bientôt à la retraire. Par loyauté pour le parrain, ils vont organiser une soirée pour célébrer son retour.

Lors de cette soirée, ils apprennent que la fille de Feng fricote avec Jason (Alan Ng), nouvelle pousse des triades qui entend développer le trafic de drogue à son profit à Hong Kong. Il veut se faire un maximum de fric avant la rétrocession, thème archi-rebattu à cette époque dans le cinéma cantonais, ici employé sans portée sociale et politique. Jason est aussi une brute qui frappe sa copine. Les amis de Feng s’emportent sur la méthode à employer. Le film est essentiellement composé de longues scènes de discussion entre Feng et ses amis, tous assis autour d’une table dans une théâtralisation surannée. Shing Fui-on, emporté par ses réactions primaires,  veut aller se battre mais la nouvelle génération possède des armes à feu. Triad story veut montrer que les générations ont changé et que c’était mieux avant.

Le film de Shum Wai ne vaut que pour son ton outrancier dans le mélodrame. Jason décide de capturer la fille et la belle-fille de Feng pour lui faire bien comprendre que l’ancienne génération doit laisser sa place. Les amis de Feng ne l’entendent pas de cette oreille. Toute la deuxième moitié de Triad story est une accumulation se scène où les femmes se feront couper un doigt et frapper, où Shum Wai et Shing Fui-on se feront abattre, où Ng Man-tat les yeux exorbités attaquera ses ennemis à coups de hache, et où Billy Chow se battra avec une violence inouïe contre une amazone. Rarement les combats, chorégraphiés ici par Tony Leung Hung-wah, n’auront autant donné l’impression de douleur : tête contre des escaliers, corps dépliés qui se fracassent au sol, coups de poing ultra violents au visage et à l’estomac, le tout appuyé par une musique tonitruante. Mais le film est trop caricatural dans son traitement des personnages pour vraiment intéresser.

Triad story (江湖最後一個大佬, Hong Kong, 1990) Un film de Shum Wai avec Ko Chun-hsiung, Wu Ma, Shing Fui-on, Ng Man-tat, Shum Wai, Stephen Chow, Kwai Chung, Billy Chow, Lo Wei, Alan Ng.

jeudi 18 juillet 2013

The Top bet


Dans la série « produits dérivés de films de gambling», The Top bet est le spin off direct de All for the winner. Shing, le personnage de Stephen Chow quitte le navire pour « faire jouer dans le monde entier ». Exit l’acteur qui apparait deux minutes (dont dans des scènes du film précédent) mais tous les autres interprètes restent présents. Seuls Corey Yuen et Sandra Ng ne font que de la figuration. L’oncle San (Ng Man-tat) reçoit la visite de sa nièce venue de Chine. Mei (Anita Mui) a les mêmes pouvoirs que son frère, en l’occurrence une aptitude à changer la face des cartes à jouer en les frottant contre ses mains. En vérité, elle est envoyée par le parti pour ramener Shing en Chine.

Mei a acquis tellement de pouvoir en se concentrant qu’elle réussit des prodiges et puisqu’on est dans une comédie burlesque, elle joue pas mal de mauvais tours à sa famille et leurs amis. Ainsi, pendant tout le film, Angelina Lo (l’épouse de l’oncle San) parlera avec une voix d’homme et il lui poussera barbe et moustache. C’est aussi une experte en nunchaku (belle scène de combat chorégraphiée par Corey Yuen). Elle refuse d’aider Fey (Carol Cheng), engagée par San et Chan Chung (Jeff Lau), l’organisateur d’un tournoi de poker où il va falloir, encore une fois, devoir affronter l’affreux Kwong (Paul Chun), toujours cloué sur son fauteuil et parlant avec un appareil vocal.

Personnage fort en gueule, Fey prétend qu’elle est capable de deviner les cartes avant qu’elles ne soient dévoilées. On la découvre dans une sale cabane de pécheurs en train de miser leurs poissons. Sur ses seules affirmations, elle convainc San qu’elle peut gagner le tournoi. Mais elle a aussi un cœur car l’argent gagné permettra de faire opérer son petit frère malade. De l’émotion à peu de frais vite dégagée par la charge comique du personnage. Sa force vient de ses changements d’humeur : tantôt femme sûr d’elle et agressive puis la minute suivante, elle se comporte comme une gamine et cherche à éviter de jouer. Elle est toujours suivie par Tai (Lowell Lo), dans un rôle de larbin stupide mais dévoué à qui il va arriver bien des malheurs, dont une ventouse de toilettes collée sur le crâne.

Parallèlement, Mei change souvent d’humeur mais de manière inversée. En temps normal, elle est comme une petite fille dont elle adopte la démarche immature en sautillant. Sa coupe de cheveux est aussi typiquement enfantine. Elle vend fondre d’amour devant un loubard (Kenny Bee) totalement stupide. Ces deux personnages féminins ont donc beaucoup en commun, et en tout premier lieu les rapports avec leurs frères. Le film va donc en faire des personnages complémentaires quand Mei accepte d’aider Fey à affronter Chan Chung qui lui aussi reçoit une aide « magique » d’un homme retors (Lau Shun). Les gags (certains sont hilarants) sont presque tous autour de l’incompétence des personnages qui enchainent les catastrophes. Comme toujours dans un film de gambling, la longue scène finale voit les méthodes de chacun s’affronter.

The Top bet (賭霸, Hong Kong, 1991) Un film de Corey Yuen et Jeff Lau avec Carol Cheng, Anita Mui, Ng Man-tat, Sandra Ng, Shing Fui-on, Kenny Bee, Yuen Wah, Wu Fung, Lowell Lo, Paul Chun, Lau Shun, Corey Yuen, Jeff Lau, Angelina Lo, Stephen Chow, Fruit Chan.

dimanche 14 juillet 2013

Dragon fight


Pour sa première incartade sur le sol américain (le film est entièrement tourné à San Francisco), Jet Li doit d’abord faire preuve de ses facultés de combat. Dragon fight s’ouvre sur une démonstration publique d’arts martiaux, en costumes chinois traditionnels où, avec son acolyte Tiger Wong (Dick Wei), Jimmy Lee (Jet Li) enchaine quelques mouvements devant un public conquis. Les deux hommes viennent de Chine continentale et, au moment du départ pour Pékin, Tiger décide de rester aux Etats-Unis. Voyant son ami s’enfuir dans l’aéroport, Jimmy tente de le convaincre de prendre l’avion. En vain. Tiger est contrôlé par un policier, il se défend à coups de tatanes et le policier meurt. Seulement voilà, auparavant, Jimmy avait donné son portefeuille à Tiger et désormais, c’est lui qui est suspecté. De plus, il a raté l’avion et se retrouve seul en Californie, sans argent, sans ami et la police à ses trousses.

Deux destins parallèles se mettent en place. Tiger devient le garde du corps de Marco (Henry Fong), un parrain de la mafia. Constatant le calme de sa nouvelle recrue, il en fait vite son tueur à gages. La police, omniprésente dans la séquence d’ouverture, ne montrera plus le bout de son nez. Jimmy erre dans la ville et tombe sur Andy (Stephen Chow), l’un de ses fans venu à la démonstration d’arts martiaux. Andy recueille Jimmy et l’assure qu’il aura vite un passeport. En attendant, il se fait engager par l’oncle Man (Go Wang) qui tient une petite épicerie (référence à La Fureur du dragon). La route des deux amis ne se croise pas mais chaque parcours est comparé. Jimmy devient un honnête homme accusé à tort d’un meurtre. Tiger devient le pantin du parrain, un homme cruel, vulgaire et qui trompe ouvertement son épouse (Nina Li). La caricature des triades est d’une très grande lourdeur, avec limousines rutilantes, beaux costumes et sbires nerveux.

La femme justement. Dans ce film totalement masculin, seule Nina Li l’incarne. C’est d’abord Stephen Chow dans un rôle d’obsédé sexuel qui la drague de son camion, torse nu et lunettes noires sur le nez. Face à ce personnage immature, qui d’ailleurs mettra en péril la vie de Jimmy et de l’oncle Man en voulant vendre de la drogue volée à Marco, Nina Li préfère Jimmy. La relation restera strictement platonique. Jimmy joue un rôle de redresseur de tort : libérer à la fois son ancien ami Tiger, devenu son premier ennemi, et la belle Nina Li du joug de l’affreux Marco. Le film est constamment prévisible, troué de béances scénaristiques qui irritent très vite et de combats assez plats. Cette première tentative de percer aux Etats-Unis est un grand échec, tout à fais comparable à celle qu’il fait juste après avec Tsui Hark dans The Master. Et c’est tant mieux car cela lui a permis de faire à Hong Kong la saga Il était une fois en Chine.

Dragon fight (龍在天涯, Hong Kong, 1989) Un film de Billy Tang avec Jet Li, Dick Wei, Nina Li, Stephen Chow, Henry Fong, Go Wang, Mark Williams

mercredi 10 juillet 2013

Thunder cops II


Il faut d’abord expliquer ce titre Thunder cops II, spin off d’Operation pink squad II, qui avait été retitré Thunder cops pour la sortie en vidéo hors de Hong Kong. Plus vendeur sans doute. Sandra Ng est désormais seule à porter le film et l’option film de fantômes est abandonnée. Femme flic autoritaire, Fong Ngai-nam ouspille les vendeurs de rue quand elle tombe sur son père (Eddy Ko dans une très courte apparition), lui aussi policier, qui surveille un affreux jojo, Chan Leung (Sunny Fang) au rire évidemment sardonique qui abat de deux balles le père devant les yeux de la fille. Cette dernière se sent responsable car elle n’avait pas suivi l’ordre de quitter les lieux. Nam n’a désormais plus qu’n but dans sa vie : venger son père.

Sur sa route vers la vengeance, elle interroge une junkie, Tsan (Ann Bridgewater) qui lui sert d’indic. Le film ne s’embarrasse pas pour laisser l’actrice faire un cabotinage franchement lourd dans son personnage de droguée, notamment dans une scène de manque où elle supplie Nam. Mais, il faut reconnaitre qu’elle est dans le ton des autres interprètes. Ainsi, Sing Fui-on est encore une fois un brutal porte-flingues qui couche avec Tsan tout en lui refilant son héroïne. Tsat-ko (Sing Fui-on) est l’homme clé pour l’emmener sur les pas de Chan Leung. Thunder cops II se confronte aussi à la corruption des flics. Jeff Lau joue le chef de la police qui fait arrêter Fong Ngai-nam. Il est de mèche avec les trafiquants de drogue.

Les scènes comiques, qui sont tout de même parmi les spécialités de Sandra Ng, sont rares. Elle arbore une moustache pour surveiller Tsat-ko. Son fort peu habile déguisement met en péril une autre filature. Les successives morts qui jalonnent le récit (son père, Tsan, puis une de ses collègues) augmentent la colère de son personnage. Le souci de contre-emploi est qu’elle reste dans la caricature, mâchoire crispée, regard noir, geste brusque. Stephen Chow n’apparait que dans la dernière moitié. Il est le frère de Tsat-ko. Une idylle se crée avec Ngai-nam et il doit choisir entre la femme dont il est tombé amoureux et sa famille. Le classique final au gunfight est filmé au ralenti. Le ton global du film est très sombre mais d’une manière trop forcée pour convaincre.

Thunder cops II (流氓差婆, Hong Kong, 1989) Un film de Jeff Lau avec Sandra Ng, Sing Fui-on, Ann Bridgewater, Stephen Chow, Wu Fung, Jeff Lau, Lam Siu-lau, Eddy Ko, Wong Chi-keung, Sunny Fang, Joh Chung-sing, Lo Hung.

samedi 6 juillet 2013

Faithfully yours


Faithfully yours marque dans les débuts de la carrière de Stephen Chow sa première comédie. Il est accompagné de Jacky Cheung et Max Mok. Le trio d’amis se rend à l’inauguration du salon de coiffeur moderne et chic que tient Happy Chan (Jacky Cheung) et qu’il ouvre juste à côté de celui que tient le personnage de Richard Ng, coiffeur à l’ancienne. Ce dernier n’est pas tout à fait ravi de cette concurrence d’autant que Puddin Lai (Stephen Chow) et Big Eyes Yan (Max Mok) se confrontent à lui, en se trompant de boutique.

Les trois garçons ont surtout remarqué que Richard Ng a une jeune et jolie fille prénommée Ying (Cheung Man) et vont tout faire pour rentrer dans le salon de coiffure. Ils seront bien reçus : mousse à raser pour Happy, seau d’eau pour Puddin. Seul le binoclard Big Eyes s’n sort presque bien. Ying commence à le coiffer mais son rasoir coupe son sourcil. Ils décident, avec obséquiosité, de sympathiser avec leur voisin mais c’est pour mieux approcher Ying. Le père veille au grain et fait les gros yeux quand ils se montrent trop entreprenants.

Plutôt que de se cantonner dans une comédie de voisinage où tous les coups sont permis, comme l’avait fait Michael Hui dans Chicken and duck talk, sorti six mois plus tôt, le film diverge vers la romance avec Ying qui tombe enceinte après une soirée très arrosée. Aucun des trois amis ne se rappelle quoi que ce soit. Le père, comme la mère (Lydia Shum) ne sont pas contents de cette situation. La décision est prise que Happy, Puddin et Big Eyes s’occuperont d’elle dans l’appartement qu’ils louent. Ils étaient irresponsables et immatures, ils devront grandir.

La nature des gags est essentiellement burlesque. Lors de la soirée très arrosée, tout se termine avec des tartes à la crème que se lancent les personnages. Le problème du comique dans Faithfully yours est son caractère répétitif. Chaque gag est répété trois fois. Richard Ng et Lydia Shum interrogent à tour de rôles les pères putatifs. Le trio prépare, l’un à la suite de l’autre, un repas infect à Ying. Dans un bus, Ying se sent mal et les garçons se mettent torse nu pour essuyer le vomi. Seules les variantes changent mais les gags restent très pauvres et, à force, rarement drôles. Le film peut être vu comme une adaptation hongkongaise de 3 men and a baby de Leonard Nimoy, remake de 3 hommes et un couffin de Coline Serreau.

Faithfully yours (最佳女婿, Hong Kong, 1988) Un film de Wong Wah-kay avec Jacky Cheung, Stephen Chow, Max Mok, Cheung Man, Richard Ng, Lydia Shum, Teddy Yip.

mercredi 3 juillet 2013

The Last conflict

Téléfilm produit et diffusé par la chaîne TVB en 1988, The Last conflict marque non seulement les débuts en tant que réalisateur de Raymond Lee (avant qu'il ne rentre à la Film Workshop de Tsui Hark pour tourner les Swordsman et L'Auberge du Dragon) mais aussi ceux de Stephen Chow, Donnie Yen et Franic Ng. Les trois acteurs débutants n'avaient jusqu'à présent tourné que pour la télévision ou des troisièmes rôles pour le cinéma à l'exception notable de Donnie Yen qui a commis le nanar de Yuen Woo-ping, Mismatched couples. Il faut bien débuter un jour.

L'ouverture du film montre en détail une filature effectuée par Kang (Stephen Chow, un policier débutant (on le reconnaît à la gentillesse de ses méthodes et à sa coupe en brosse) qui fait équipe avec Pao (Lau Kong) qui doit partir à la retraite le mois suivant. Pao forme ce jeune, qui transpire devant la difficulté de sa mission, à garder son calme. Il fait figure de père de substitution lui prodiguant conseils et affection. En revanche, la mère de Kang (Angela Yu) est une source de problèmes : elle ne cesse de jouer aux jeux et d'accumuler les dettes que son fils rembourse contraint forcé. Et surtout, elle le culpabilise et le maintien dans un statut de gamin.

Pao a une charmante fille, Eva (Nadia Chan), infirmière qui va veiller sur son père quand celui-ci sera blessé lors d'une course poursuite. On donne à Kang un nouvel équipier, Dickson Kwan (Donnie Yen), flic d'Interpol, qui vient lutter à Hong Kong contre Tong (Francis Ng), le méchant de service, tout en grimace et en sarcasme. Dickson tombe amoureux d'Eva et réciproquement. Dickson n'est pas très bien vu par la police locale d'autant qu'il porte un chapeau de cow-boy pour bien montrer qu'il est Américain avec des méthodes à l'américaine. Au fil du scénario, il se met hors des règles et est recherché par les flics. La mère de Kang, pour toucher la récompense, dénonce ce pauvre Dickson.

Le résultat final de The Last conflict est peu convaincant. D'abord, le téléfilm souffre d'une durée trop importante (114 minutes) avec des scènes de poursuite interminables. Ensuite, on remarque que les personnages sont très caricaturaux mais que Francis Ng a déjà trouvé sa manière de jouer les ordures comme Donnie Yen fait preuve d'une remarquable souplesse dans ses combats. Seul Stephen Chow, qui se destinait aux personnages de gentils flics à ses débuts, semble à côté de ses pompes. L'un des personnages du film lui rétorque à un moment : « Tu est amusant quand tu es en colère ». On ne saurait mieux définir le style de l'acteur dans ses films suivants.

The Last conflict (刑警本色, Hong Kong, 1988) Un téléfilm de Raymond Lee avec Stephen Chow, Donnie Yen, Francis Ng, Lau Kong, Nadia Chan, Angela Yu


mardi 2 juillet 2013

Curry and Pepper


Ils se connaissent depuis l’école de police, depuis ils bossent ensemble et partagent un appartement. Curry (Jacky Cheung) et Pepper (Stephen Chow) sont surtout deux policiers plutôt paresseux, qui préviennent les vendeurs de rue de l’arrivée de leurs collègues en se faisant offrir des brochettes et, comme le dit leur chef, le bon gros inspecteur Chow (Barry Wong) qui ne cesse de couvrir leurs bêtises, ce sont des causeurs de trouble. Cela n’empêche pas une journaliste de la télévision, Mimi Law (Ann Bridgewater) de vouloir les suivre au quotidien pour un reportage. Leur patron ne pense pas qu’ils puissent représenter la meilleure image de la police mais l’autoritaire chef de la police Ma (Michael Dinga) se trouve être l’oncle de Mimi.

Les deux zozos sont bien connus dans leur quartier. L’irascible patron de restaurant (John Shum) les engueule comme des gamins en leur servant des nouilles au riz immangeables. Ils poursuivent des vilains américains qui arnaquent les gens avec de la fausse monnaie. Ils rencontrent dans le quartier chaud une de leur connaissance prostituée. Et enfin, Ten (Eric Tsang) vendeur à la sauvette dans la rue qui vend des fausses montres et qui leur sert d’indic occasionnel. Stephen Chow, plus que Jacky Cheung, se livre à toutes sortes de pitreries devant la caméra de la reporter, il se roule par terre, pousse des hurlements et fait le macho avec ses lunettes noires constamment vissées sur son nez. A lui tout seul, il fait le show.

Les deux comparses de Curry and Pepper son amis pour la vie mais quand l’amour s’en mêle, rien ne va plus entre eux. Ils tentent tous les deux de séduire Mimi Law et ils y vont avec leurs gros sabots, en insistant bien sur leur prétendu charme incomparable. Finalement, ce sera Curry qui aura les faveurs de la belle journaliste tandis que Pepper devra se contenter d’Anna (Chow Mei-yan), sa collègue serviable mais plus disgracieuse. Mais cette liaison entre Curry et Mimi va provoquer chez Pepper une jalousie comparable à celle d’un couple, ce que les deux hommes forment d’une certaine manière. Ils commencent par se rendre les fringues que chacun a prêtées à l’autre puis à dissoudre leur équipe. Sans être neuve, cette ambivalence sexuelle est l’un des meilleurs moments du film.

Puisque le film de Blacky Ko est typiquement une comédie policière des années 1980, il faut faire rentrer le super méchant du film interprété par le cinéaste lui-même. Barré d’une cicatrice sur le visage, Blacky Ko est un tueur à gages froid et impitoyable qui bosse pour la mafia philippine. Il tue d’abord un flic infiltré puis s’attaque à leur vieil ami Ten. Curry comprendra que le monde guindé de Mimi Law n’est pas fait pour lui et redeviendra ami avec Pepper au terme. Les deux amis ne peuvent alors que s’unir pour lutter contre cet assassin. Le film se termine sur l’habituelle séquence de gunfight pleine de coups de feu et de sang qui gicle.

Curry and Pepper (喱辣, Hong Kong, 1990) Un film de Blacky Ko avec Jacky Cheung, Stephen Chow, Ann Bridgewater, Blacky Ko, Eric Tsang, Chow Mei-yan, John Shum, Michael Dinga, Barry Wong, Billy Ching, Fruit Chan.

dimanche 30 juin 2013

Legend of the Dragon


« Ne fais pas de paris, ne te bats pas », telle est la recommandation que reçoit Chow Siu-lung (Stephen Chow) de son père Chow Fei-hung (Yuen Wah) à son départ de la campagne chinoise pour Hong Kong. Ce départ est consécutif du retour d’une vieille connaissance du père, son ancien camarade de kung-fu, l’oncle Yun (Leung Kar-yan), venu se réfugier en Chine dans le but de se protéger d’un parrain qui réclame le remboursement de sa dette. Mais aussi pour emprunter de l’argent à son Chow Fei-hung. Sans bien entendu avouer la raison de cet emprunt, car l’oncle Yun joue les victimes et, par loyauté, Hung ne peut qu’aider son ami.

On aura remarqué que les personnages de Stephen Chow et Yuen Wah portent respectivement les prénoms de Bruce Lee et du héros de la saga Il était une fois en Chine (le film de Tsui Hark n’était pas encore sorti). Legend of the Dragon rend hommage au héros de La Fureur de vaincre (il faut battre les étrangers) et au médecin chinois (on entend la musique du générique) mais aussi à la légende du Roi singe dans la séquence d’ouverture où Lung et Mo (Teresa Mo), sa condisciple doivent exécuter quelques tours d’art martial pour la télé. Lung fait le mariole en ne portant jamais les coups, en se plaçant avec son sourire niais devant la caméra du reporter (son film où il sourit le plus bêtement et tire le plus la langue – ses gags du début de sa carrière). Mo lui assène un coup de paume qui détruit le décor qui sert à la fête du dragon du village.

Hung en a plus qu’assez des facéties de son fils et accepte de bon cœur de la voir partir à Hong Kong. Mo est plus triste car elle est amoureuse de lui. Le personnage de Teresa Mo, le seul féminin du film, est un peu ingrat, cantonné à l’amoureuse un peu fofolle qui brusque le gentil Lung qui n’a rien compris à ses sentiments. Cette histoire d’amour est une pure convention et n’a aucune originalité. Le comique de Mo vient plutôt de cette brutalité dans les coups qu’elle donne alors que Lung incarne la naïveté avec ses cheveux bien lisses et sa raie sur le côté. Une belle tête de crétin. Il part avec son plus beau costume col Mao et son joli t-shirt local et il ne comprend pas que les hongkongais se moquent de lui. C’est un grand inadapté de la vie, couvé depuis toujours par son père dans le village.

Direction Hong Kong et la grande ville où commence la découverte d’un monde que Lung ne connaissait pas. L’oncle Yun l’amène dans une discothèque. La patronne lui demande quelle est son genre de femme il désire. Il répond qu’il veut une femme pour son foyer. Lung a des comportements d’enfant. Ainsi, quelques que soient le lieu ou la situation, il s’endort à minuit tapante et rien ne peut plus le déranger. Le comique est ici celui du décalage entre la corruption de la grande ville et la simplicité de Lung. Mais Yun a décelé chez lui un talent unique : il est un champion au billard. Il va exploiter le jeune homme pour rembourser sa dette. A lui l’argent des primes, Lung ne recevra que des bonbons et des coupes, ce qui le satisfait amplement d’autant qu’il n’est pas au courant des paris, compte tenu de l’interdiction de son père.

Tout roule pour le duo jusqu’au retour du parrain (Jimmy Lung) et de son bras droit (Sing Fui-on dans son rôle habituel de grosse brute) qui va pimenter cette baraka au billard en faisant jouer Lung contre un pro du billard. Puis, on apprend que Yun a hypothéqué le terrain de son ami Hung, ce qui implique son arrivée avec Mo à Hong Kong. Etonnement, le film ne parodie pas God of gamblers ce qui est plutôt une bonne nouvelle. La partie polar avec l’affrontement des triades est développée sur un mode comique, dû, sans aucun doute, à l’apport de Lee Lik-chi crédité de réalisateur exécutif. Le parrain et ses sbires se ramassent quelques grosses mandales par Lung et sa famille (il peut désormais se battre). Stephen Chow est encore dans son personnage trublion de naïf qui se défend sans en avoir conscience. Il est souvent très drôle.

Legend of the Dragon (龍的傳人, Hong Kong, 1990) Un film de Danny Lee et Lee Lik-chi avec Stephen Chow, Leung Kar-yan, Teresa Mo, Yuen Wah, Lee Hoi-sang, Jimmy Lung, Shing Fui-on,  Jimmy White,  Felix Lok, Ricky Yi , Corey Yuen, Amy Yip.

samedi 22 juin 2013

Love is love


Stephen Chow a aujourd’hui 51 ans (bon anniversaire), l’occasion de causer tranquillement d’un film de ses débuts. Dans Love is love, il incarne Shui, orphelin recueilli dix ans auparavant par Shing (Shing Fui-on), restaurateur au bord de la mer. Mal payé et exploité, Shui n’a jamais osé demander la moindre augmentation et s’il reste l’employé de cet homme rude, c’est parce qu’il est amoureux de Tai (Sandra Ng), la fille de son patron. Après une énième engueulade avec son patron, les deux amoureux partent en cachette pour vivre leur amour au grand jour, abandonnant le père mais aussi Pumpkin (Pauline Kwan), la petite sœur de Tai. A eux une nouvelle vie, direction Hong Kong.

Comme il leur est difficile de se nourrir d’amour et d’eau fraiche, il faut d’abord trouver un logement. Celui trouvé sur une petite annonce est plutôt grand mais le propriétaire (Wu Fung) leur déclare qu’ils devront cohabiter avec Mabel (Angelina Lo), la voisine vulgaire et colérique qui exerce le métier d’entraineuse de bar. La rencontre avec cette voisine encombrante ne se fait pas sous les meilleurs hospices. Ensuite, il leur faudra trouver un boulot pour manger et payer le loyer. Mais pour Shui, c’est surtout le moyen de prouver à son beau-père (qui ne sait pas encore qu’ils se sont mariés) qu’il n’est pas le minable que l’on dit.

D’un côté, Shui cherche n’importe quel boulot et va atterrir dans une entreprise où son supérieur hiérarchique (Dennis Chan) lui fait faire le sale boulot de la comptabilité (des tonnes de factures à imputer avec une pauvre calculette) et l’humilie devant tout le monde. Il va avoir le soutien de Szu-szu (Suki Kwan), la fille du patron qui va le prendre sous son aile. De son côté, Tai demande de l’aide à Mabel qui lui propose un boulot dans le bar où elle travaille. Elle devra accompagner des vieux messieurs. Elle ne va rien dire à son mari et, comme de bien entendu, un quiproquo va révéler son activité. Tai va dîner dans un restaurant avec Shui. Elle voit en face un de ses clients qui attend justement Szu-szu.

Les mensonges vont commencer et avec eux l’éloignement des deux amoureux. Ils ont fait croire que Tai est la sœur de Shui. Conséquences : Szu-szu pense que Shui est célibataire et Tai se fait draguer par tous ses collègues. Leur mode de vie augmente (ils passent du petit appartement à un autre luxueux) mais ils s’éloignent l’un de l’autre. Le mensonge les ronge petit à petit. Love is love, gentille comédie romantique où la romance est plus forte que la comédie (on n’y rit assez peu et surtout sur des gags visuels et non de situation) montre surtout que Stephen Chow et Sandra Ng n’avaient pas encore trouvé les personnages hauts en couleur qui ont fait d’eux les incarnations de la comédie cantonaise des années 1990. Leur duo fonctionne correctement mais pas encore à plein régime, pour cela il faudra attendre le foutraque All’s well end’s well en 1992.

Love is love (望夫成龍, Hong Kong, 1990) Un film de Tommy Leung avec Stephen Chow, Sandra Ng, Shing Fui-on, Suki Kwan, Pauline Kwan, Wu Fung, Angelina Lo, Michael Wong, Tan Lap-man, Lo Hung, Peter Lai, Dennis Chan.

dimanche 5 mai 2013

Journey to the West : Conquering the demons


Stephen Chow est de retour, cinq ans après CJ7. De retour derrière la caméra avec un nouveau comparse, Derek Kwok (auteur de l’excellent Gallants), mais pas en tant qu’acteur (dommage, mais sans doute pour ne pas faire de l’ombre aux autres acteurs tous très bons). On n’a pas compté les fausses annonces depuis son dernier film sur les projets de Stephen Chow : suites de ses différents films (au choix, King of comedy, Shaolin soccer ou Crazy kung-fu), aucun projet n’a abouti. On a cru qu’il avait fait une courte apparition dans les films chinois historiques sur Mao, Founding of a republic et Beginning of the great revival, en vain. Pour l’admirateur que je suis de Stephen Chow, l’attente a été très longue. C’est d’ailleurs un phénomène assez intéressant de constater ainsi l’absence d’une des plus importantes stars du cinéma de Hong Kong pendant des années. Mais voilà, Journey to the West : conquering the demons est enfin là, et bien là, proposant une nouvelle vision de l’histoire du Roi singe (la pérégrination vers l’ouest) de Wu Cheng-en.

Les deux personnages principaux, d’une part Chen Xuanzhang (Wen Zhang) et d’autre part Duan (Shu Qi) se rencontrent dans un petit village de pêcheurs où un homme vient de se faire avaler par un démon aquatique. Un prêtre taoïste prétend pouvoir le chasser. Armé de son sabre de bois, il lance dans le lac une bombe qui fait exploser une raie géante montrée comme ce démon. Il reçoit un joli paquet d’argent de la part des villageois qui voient en lui un sauveur. Seulement voilà, Chen Xuanzhang débarque à ce moment-là, affirme que le démon est encore là, contredit le taoïste et donc le village qui préfère croire le charlatan. Notre homme est attaché et, bien entendu, le démon poisson attaque et dévore d’autres victimes, y compris la petite fille du premier homme chassé. C’est à ce moment précis, tandis qu’il tente de leur donner des conseils sur le monstre, que Duan apparait et vient à sa rescousse. Chacun est un chasseur de démons, mais aux méthodes bien différentes. Duan est pour la méthode forte, attaquer et détruire le démon puis récupérer l’argent, Chen Xuanzhang est moins vénal, croit à la rédemption des monstres et leur chante des comptines enfantines, suivant la discipline de son gentil sifu, un gros chauve portant perruque.



Cette séquence d’introduction (un quart d’heure quand même) est la plus belle ouverture de film vue depuis des lustres. Les effets spéciaux sont maîtrisés, le comique est varié (situation avec la bêtise des villageois, gags visuels sur les trognes des personnages), suspense, action. Tout concours à faire de cette première partie, d’une beauté sidérante, un sommet de mise en scène. Le plus formidable dans Journey to the West : conquering the demons est que cette beauté formelle se poursuit avec la rencontre d’un autre démon (un cochon qui tue ses victimes dans le restaurant qu’il tient), d’abord présenté comme un homme au si doux sourire, se déplaçant comme dans un opéra chinois. Deuxième rencontre entre Chen Xuanzhang et Duan, deuxième séparation. Et encore une troisième attaque de démons dans la forêt, et une nouvelle galerie de personnages hauts en couleurs, à la fois les comparses de Duan dans un tank extravagant et d’autres chasseurs de démons prétentieux et vaniteux. Le pouvoir comique est à son paroxysme, Stephen Chow et Derek Kwok ironise sur la légende, en fait le commentaire critique en montrant des personnages peu glorieux. On retrouve les acteurs de Crazy kung-fu, Xing Yu et Chiu Chi-Ling et Chrissie Chow en atout beauté.

La première heure du film est donc l’un des plus belles choses vue au cinéma récemment, pleine de surprises et qui montre que Stephen Chow reste le meilleur cinéaste actuel à Hong Kong. Je n’ai pas encore parlé de la romance qui se noue tout au long du film entre Chen Xuanzhang et Duan. Leurs méthodes dans la traque des démons s’oppose autant que leur vision de l’amour (physique contre spirituelle). Elle quémande sans cesse un baiser qu’il lui refusera chaque fois, prétendant vouloir accéder à l’amour suprême. Duan a comme arme magique un anneau qui se démultiplie et qui fait exploser les démons, elle fera de cet anneau une bague pour Chen Xuanzhang, bague qu’il refusera de porter par stricte obédience au bouddhisme. Le problème pour Duan est que Chen poursuit sa quête, celle du titre du film, de convertir les démons en bonne personne, donnant un film un aspect de récit initiatique mais aussi de description de la jeunesse du personnage de Tripitaka (Chen possédant toutes se facultés). La rencontre avec le roi singe (Huang Bo), prisonnier depuis cinq siècles dans une caverne, va transformer le récit en orgie d’effets spéciaux plus proche des jeux vidéo actuels que de la poésie bigarée vue jusqu’à présent. On sent l’intention du duo de cinéastes de reproduire, en plus fort, en plus sombre et en plus long, la séquence finale de Crazy kung-fu (Huang Bo est d’ailleurs coiffé comme Bruce Leung). Cette réserve étant faite, il faut reconnaitre, encore et encore, que Journey to the West : Conquering the demons est un divertissement d’une si grande qualité, réservant de belles surprises, appuyé par la belle musique de Raymond Wong Ying-wah, que j’espère que Stephen Chow ne va pas encore mettre cinq ans pour faire un autre film.

Journey to the West : Conquering the demons (西遊.降魔篇, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Stephen Chow et Derek Kwok avec Shu Qi, Wen Zhang, Chrissie Chow, Xing Yu, Lee Sheung-ching, Huang Bo, Show Luo, Law Chi-cheung, Stephen Fung, Tong Liya.

jeudi 7 février 2013

Sorties à Hong Kong (février 2013) Journey to the West: Conquering the demons

Journey to the West: Conquering the demons (西遊.降魔篇, Hong Kong – Chine, 2013)
Un film de Stephen Chow et Derek Kwok avec Shu Qi, Wen Zhang, Chrissie Chow, Xing Yu, Lee Sheung-ching, Huang Bo, Show Luo. 110 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 7 février 2013.

jeudi 2 août 2012

When fortune smiles



Quand le patriarche de la famille s’apprête à mourir, toute la parentèle est présente pour connaitre le nom de l’héritier, attentive aux derniers mots du moribond. Son frère (Lau Kau) à son chevet entend bien faire respecter son testament : que sa fille Fei-fei hérite de toute sa fortune. Mais il faut la retrouver, personne ne sait où elle se trouve depuis qu’elle est partie étudier en France. Le but du jeu de When fortune smiles est de piquer l’héritage avant elle et tous les coups sont bons.

Le neveu du défunt, Lung (Shing Fui-on) aurait bien aimé profiter de l’héritage mais son père n’est pas d’accord. En secret, il va engager un jeune cambrioleur Vincent (Stephen Chow) pour s’introduire chez lui et dérober le testament. Il sera aidé par le détective privé Wong (Anthony Chan, le réalisateur du film), grand gars effilé à lunettes franchement pas adroit de ses mains : dans l’un des gags du film, on le retrouve la tête dans la cuvette des WC, histoire de bien montrer quel genre d’humour le film privilégie. Le style de Stephen Chow est ici à l’état brut. Dans une longue scène face à Lung, son personnage doit essayer de le faire rire. S’il réussit, il aura la vie sauve. C’est l’occasion pour l’acteur de faire de nombreuses mimiques et de tordre son corps burlesque dans tous les sens. En revanche, quand l’humour se fait scatologique, il devient paradoxalement plus fin. Vincent est en prison et doit se taire mais Stephen Chow mime son envie d’aller aux WC à quelqu’un qui ne comprend rien.

Face à Lung, le fils du patriarche, Wei (Anthony Wong) n’entend pas se laisser voler le magot par une sœur disparue depuis des années. Wei est un fou furieux, ultra violent, un personnage qu’Anthony Wong joue sans aucune retenue. Son idée est de trouver un sosie qui sera incarné par la mendiante Feng (Sandra Ng), une obsédée des cannettes de soda qu’elle écrase d’un bon coup de pied pour mieux ensuite les revendre. Feng se fera passer pour Fei-fei. Wei, pour la première rencontre avec l’oncle et Lung, lui donne un émetteur dans l’oreille et lui dicte son dialogue. Très vite, elle perd son oreillette et doit improviser. Pour corser le tout, elle rencontre Vincent qui est justement venu ce soir-là voler les dernières volontés. Ils se rendent vite compte qu’ils sont dans la même galère. Il se déguisera en servante (gags un peu misogynes) et elle l’aidera à s’en sortir dans une série de quiproquos.

Le reste du film développe ce simulacre où les deux personnages jouent eux-mêmes deux personnages qui vont, forcément, tomber amoureux l’un de l’autre. C’est la règle du jeu. Le sujet du film, l’héritage et ses contraintes, les rancœurs des spoliés et les cœurs purs des deux fantoches, était un thème largement développé par Wong Jing (Perfect girls ou Prince charming) mais surtout très normatif. Anthony Chan, spécialiste de la comédie du mariage, comprend assez vite que l’attraction majeure de son film est Stephen Chow. Alors qu’il commençait en duo comique, son propre personnage s’efface progressivement. Je retiendrai deux autres gags en dehors de ceux déjà évoqués (celui sur le mime du caca étant le meilleur du film) : dans le premier Stephen Chow fait de la boxe en imitant le cri de Bruce Lee, le match est arrangé, il défonce tout le monde puis devient le punching-ball humain d’un adversaire ignorant l’arrangement. Dans cette scène, ses changements de regard, d’abord arrogant puis angoissé, donnent déjà l’étendue du pouvoir comique de son visage. L’autre gag est typiquement visuel : c’est un combat en cuisine avec des poêles comme armes : la taille des ustensiles augmentent au fur et à mesure du combat : là, c’est l’esprit non-sensique qui officie.

When fortune smiles (無敵幸運星, Hong Kong, 1990) Un film d’Anthony Chan avec Stephen Chow, Sandra Ng, Anthony Chan, Anthony Wong, Cutie Mui, Shing Fui-on, Lam Kau, Hui Ying-sau, Mai Kei, Billy Chow, Stuart Ong, Sai Gwa-pau, Billy Ching, Lui Tat, Gam Lau.

lundi 2 janvier 2012

Tricky brains


Wong Jing n’a pas découvert Stephen Chow, mais il lui a permis de s’exprimer pleinement, d’une certaine manière, le cinéaste l’a sublimé dans ce début des années 1990. Tricky brains est l’exemple le plus typique du mode comique de l’acteur où le scénario n’a plus aucune importance et où seuls les gags comptent. C’en est d’ailleurs fascinant. C’était une période bénie pour Stephen Chow qui est devenu le roi du box office en 1990 (et cela a duré cinq ans). Il jouait dans cette période dans près d’une dizaine de films par an, dont aucun n’est vraiment bon, mais cela le poussera à expérimenter beaucoup et à l’encourager à passer à la réalisation, à moins tourner, à se faire rare depuis dix ans (seulement trois films en incluant Shaolin soccer).

Le scénario est très simple : Jing Koo (Stephen Chow) est un détective privé embauché par Macky (Waise Lee) pour mettre au point un piège. La fiancée de Macky, la belle Lucy Ching (Rosamund Kwan) travaille incognito dans l’entreprise de son père M. Ching (Baau Hon-lam), un riche homme d’affaires. Un simple employé de la boite, Chi Man-kit (Andy Lau), qui ignore tout d’elle, cherche à la séduire et elle répond à ses timides avances, sous l’œil de Banana (Chingmy Yau), la meilleure amie de Lucy. Jing Koo doit se faire passer pour le frère de Kit, disparu depuis des années, et va s’incruster dans leur appartement, où Kit habite avec son père Yan Chi (Ng Man-tat). La stratégie de déstabilisation peut commencer. L’important dans Tricky brains n’est pas ce qui arrivera aux personnages (qu’on se rassure, le couple sera réuni et s’aimera), mais les gags des acteurs.

Les toilettes. Dans la séquence d’ouverture, Shing Fui-on s’assoit sur des toilettes et Stephen Chow l’enferme dans une cage pour qu’il y soit prisonnier, puis, les toilettes partent dans une galerie marchande où les clients se moquent de Shing Fui-on. Dans l’entreprise de Ching, Stephen Chow est envoyé aux chiottes par un collègue (interprété par Wong Jing). Sur la porte, il est écrit Ladies (il ne semble pas parler anglais), et Wong Jing affirme que ce sont des toilettes pour hommes. Ce dernier fait le pari avec ses collègues que Koo ressortira des toilettes tabassé par Liu Fan, une actrice au physique corpulent présentée comme peu commode. Stephen Chow s’en sortira en se faisant passer pour mort ( !) et humilera Wong Jing tandis que son père « adoptif » récupérera l’argent des paris.

Les vêtements. Les habits déchirés, c’est toujours rigolo. Andy Lau et Ng Man-tat auront leurs chemises mises en lambeaux dans une boite de nuit quand ils se battent contre un gros balaise. Stephen Chow arrive, pour son premier jour de travail, dans le costume du God of gambling, sur le son de la musique du film. Plus tard, toujours dans ce costume chic mais porté de travers à la manière d’un moine, il chantera un air d’opéra avec Andy Lau et Ng Man-tat au lieu de se parler comme tout le monde (l’un des moments les plus drôles). Ng Man-tat et Stephen Chow font de la gym tonique en survet fluo flashy. L’un des gags récurrents est aussi qu’aucun des deux ne supportent d’entendre le mot « père » et sont pris d’un tic qui fait onduler leur corps. Stephen Chow ira en boite de nuit en combinaison moulante où est écrit I Am Married. Avec Andy Lau, il fait un combat de vêtement et doivent retirer leur slip (dix ans avant le défi défilé de Zoolander). Et finalement, Ng Man-tat sera déguisé en bonne femme.

L’ambivalence sexuelle. Plusieurs fois dans le film, le personnage de Stephen Chow se présente comme gay, sans que cela soit vraiment justifié, mais c’est un des ressorts comiques récurrents de ses films de cette époque. Il tente de faire rire avec le Sida qu’il affirme avoir et qui est censé dégoûter les gens autour de lui, notamment Chingmy Yau avec qui il pourrait avoir une aventure. Stephen Chow achète des pilules de sensualité pour la refourguer à Andy Lau qui a bien du mal à dire à Rosamund Kwan qu’il l’aime. Tout cela se passe dans un cinéma où Andy Lau veut embrasser tout le monde et ploter les filles autour de lui. Finalement, les deux hommes s’embrasseront sur la bouche. Il y a encore de nombreux autres gags (la langue de Stephen Chow, les jeux de mots, les acteurs hurlent régulièrement, l’humiliation des personnages) qui donnent un film très lourd, souvent hilarant et typique du style primitif pas encore dompté de Stephen Chow.

Tricky brains (整蠱專家, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Andy Lau, Rosamund Kwan, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Waise Lee, Wong Jing, Baau Hon-lam, John Ching Tung, Chan Man-na, Shing Fui-on, Yu Miu-lin, Liu Fan, Charlie Cho, Jo Jo Ngan, Benz Kong, Bill Lung.

lundi 8 août 2011

Sleazy dizzy


Pour son avant dernier film, Chu Yuan, l’ancien grand cinéaste phare de la Show Brothers, tourne une comédie policière avec Chen Kuan-tai (acteur de la Shaw lui aussi) qui fait équipe avec Stephen Chow. Avant de faire équipe, le duo de Sleazy dizzy va devoir se rencontrer. Cela se fera dans l’appartement de Lin (Sibelle Hu) qui est agressée dans la rue par quatre hommes en costumes. Chen (Chen Kuan-tai) vient la secourir. Il est devenu amnésique après une opération policière ratée où il s’apprêtait à arrêter un ponte des triades. Elle le fait monter chez elle. Tandis qu’elle s’apprête à prendre une douche, Xing (Stephen Chow) pénètre dans l’appartement de la jeune femme pour la cambrioler.

Tout le film va tenir sur ce trio de personnages qui ne se connaissaient pas et qui vont devoir lutter contre les ennemis tapis derrière leurs fonctions. En l’occurrence, le premier à vouloir se débarrasser d’eux est Li (Alex Fong Chung-sun), un homme d’affaires que connait très bien Lin. Il faut dire qu’il y a 50 millions de HK$ en jeu, somme rondelette que Chen a caché avant de devenir amnésique. Le deuxième ennemi est une femme, elle mettra plus de temps à se révéler. Chen trouve son nom et son adresse dans une de ses poches. Il est persuadé qu’elle est son épouse, en fait c’est une tueuse à gages vietnamienne. C’est lors d’une discussion pleine de sous entendus (et aussi un peu de racisme primaire) qu’on apprend qu’elle est là pour abattre Chen.

Sleazy dizzy est typique de ces films policiers des années 1980 où la corruption règne en maîtresse absolue. Thème rebattue mais qui devait encore faire illusion à cette époque de grande peur avant la rétrocession. Le récit est construit sur un mode bien connu du coup de théâtre mais il est très facile de deviner qui est le grand patron qui donne ses ordres à Li et à la tueuse vietnamienne. Enfin, Stephen Chow dans ses premiers films ne s’est pas encore affirmé totalement. Son humour tel que je l’aime pointe à quelques moments, surtout dans les scènes qu’il partage avec Chen Kuan-tai, comme celle où il tente de braquer une voiture et qu’il le rejoint dans la rue en peignoir et que le policier qui les surprend les prend pour un couple gay qui se dispute. Certes, Stephen Chow fait parfois le show, il fait sourire, mais le film reste assez peu intéressant.

Sleazy dizzy (偷亞), Hong Kong, 1990) Un film de Chu Yuan avec Stephen Chow, Chen Kuan-tai, Sibelle Hu, Alex Fong Chung-sun, Josephine Koo, Kenneth Tsang, Ricky Ho.

lundi 28 mars 2011

Royal tramp II


Royal tramp II est sorti moins de deux mois après Royal tramp et cette suite commence là où s’arrêtait le premier film. Quelques changements d’acteurs ont eu lieu et en premier lieu, Ng Man-tat qui n’est plus dans cet épisode. Il est remplacé dans son rôle de soufre douleur favori de Stephen Chow par Nat Chan, ce qui n’est pas aussi agréable, parce qu’il faut quand même bien le dire, s’il y a bien un acteur pas drôle, c’est Nat Chan. Et il sera là pendant tout le film à jouer son rôle de traitre qui passe d’un camp à un autre. On lui attribue une maîtresse, en l’occurrence Sandra Ng, la sœur idiote de Wai Siu-bo (Stephen Chow).

Nouveau film, nouveaux ennemis. La secte du Dragon Divin envoie un des prêtresses Long Er (Brigitte Lin) pourvue de pouvoir surnaturelles et illimités protéger Wu Ying-xiong (Ken Tong) fils de Wu San-gui (Paul Chun) qui doit établir une alliance avec l’empereur pour finir leurs querelles, ce que la secte n’accepte pas. La Manchote a envoyé Li Ke (Michelle Reis) protéger Wei Siu-bo. Le fils Wu doit épouser Kim Ning (Chingmy Yau), la sœur de l’empereur, mais celle-ci est tombée enceinte de Wai Siu-bo, bien qu’ils ne soient pas du même rang. Cette grossesse doit rester secrète et Kim Ning n’est pas au courant des intentions maritales de son frère.

Mais Wu San-gui ne veut pas de la paix qui règne actuellement sur le pays. D’ailleurs, le film fait bien ressortir cette idée que tout le monde en veut à l’empereur alors qu’il est souligné qu’il a amené la paix et la prospérité en Chine. Quand Wei Siu-bo demande pour à chaque ennemi pourquoi il veut éliminer Kangxi, chacun réponde qu’il n’a plus de raison particulière si ce n’est parce qu’il est l’empereur. Les ennemis d’hier vont devoir devenir alliés. Ainsi Long Er est empoisonnée par Wu san-gui et son allié Feng (Yen Shi-kwan), qui a presque la même tête qu’Elvis Tsui dans le premier Royal Tramp. Un seul moyen pour guérir : faire l’amour avec un homme alors que pour conserver sa force martiale, elle doit rester vierge.

Plus encore que le premier épisode, Royal tramp II ne semble parler que de sexe. On en parle, on ne le montre pas. Au bout d’un moment, Wei Siu-bo se retrouve avec quatre épouses et une concubine (la sœur de l’empereur) ce qui est censé être drôle puisqu’elle est d’un rang largement supérieur aux autres femmes. Le comique réside uniquement dans les rapports que Wei Siu-bo entretient avec les femmes, d’autant qu’il est considéré comme un homme laid et sans attrait particulier, mais que ça langue bien pendue lui offre beaucoup de charme. L’humour n’est pas aussi varié si ce n’est une jolie scène où un grand nombre de personnes se trouvent coincées dans un palanquin.

Ce sont les chorégraphies de Ching Siu-tung qui sont plus intéressantes et plus nombreuses. C’est même à se demander s’il n’a pas pris les rennes du film tant son style est présent. Comme dans un classique de la Shaw Brothers, ce sont les personnages féminins qui se battent le plus. Brigitte Lin se bat contre la Manchote puis contre Feng et ses six condisciples, appelés les puceaux, qui sont dirigés par lui par un fil que Feng plante dans leurs cous. Royal tramp II est un peu plus crétin que la première partie, mais le film a été produit si rapidement qu’on ne peut guère le reprocher à Wong Jing ou à Stephen Chow.

Royal Tramp II (鹿鼎記II神龍教, Hong Kong, 1992) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Brigitte Lin, Chingmy Yau, Michelle Reis, Nat Chan, Damian Lau, Deric Wan, Ken Tong, Paul Chun, Sandra Ng, Fennie Yuen, Vivian Chan, Yen Shi-kwan, Helen Ma.

dimanche 27 mars 2011

Royal tramp


Un jeune empereur inexpérimentée, une impératrice douairière et un premier ministre qui aimerait prendre tous les pouvoirs. Les deux Royal tramp utilisent un schéma très connu, celui des guerres de succession entre les empires Qing et Ming. L’idée de Wong Jing est de donner à Stephen Chow le personnage de Wai Siu-bo, ce saltimbanque qui vit de ville en ville proposer son spectacle de chansonnier en échange d’un repas ou de quelques pièces. Wai Siu-bo coiffé d’un masque de tigre amuse un jour les clients d’une auberge et parle de Chan Kan-man (Damian Lau), le chef de la secte Ciel et Terre, partisan du retour à l’ancienne dynastie.

L’empereur actuel est Kangxi (Deric Wan), jeune et innocent que Chan Kan-man veut éliminer. Son ministre est Ao Bai (Elvis Tsui) qui maitrise les arts martiaux à la perfection. Il est invincible et ne supporte pas la moindre contestation. Immédiatement, avec son rire sardonique, Ao Bai est désigné comme le super méchant qui arrive tout seul à détruire toute une armée d’ennemis. Kangxi en a peur mais il entend assoir son pouvoir et réunit dans une auberge de plaisir les sept chefs de l’empire. C’est l’eunuque impérial Hoi Ta-fu (Ng Man-tat) qui organise cette rencontre, l’un des rares en qui l’empereur a encore confiance

C’est précisément dans cette auberge que Wai Siu-bo raconte son histoire et c’est aussi dans cette auberge que Chan Kan-man vient pour tuer l’empereur. Les soldats, mis au courant, cherche à arrêter le chef rebelle. Celui-ci blessé va être aidé par Wai Siu-bo, qui n’en voulait pas tant mais dont le bon fond est prêt à fournir de l’aide à toute personne blessée. Chan Kan-man est persuadé que Wai Siu-bo est un de ses partisans. Il lui confie une mission : devenir un serviteur de l’empereur et s’infiltrer à la cour pour récupérer un livre. Au jeu des chaises musicales, Wai Siu-bo perd puisque les membres de la secte Ciel et Terre connaissent le danger. On lui tatoue un message sous le pied.

Direction le palais. La file d’attente est trop longue pour l’embauche des serviteurs. Wai Siu-bo se met dans l’autre queue qui est celle des futurs eunuques. Il est illettré et l’ignorait. Il réussit à échapper à la castration. Il rencontre vite l’eunuque impérial qui va engager Wai Siu-bo pour protéger l’empereur. Wai Siu-bo n’a qu’une envie, prendre le livre et vite partir du palais. Il va naturellement dans la bibliothèque et y rencontre l’empereur et sa jeune sœur, Kim Ning (Chingmy Yau) tout en ignorant qui ils sont tous les deux. Il en est d’autant plus insolent mais cela leur plait. Wai Siu-bo obtient une promotion et Kim Ning commence à en tomber amoureuse.

L’humour de Royal tramp est constitué d’éléments disparates. Le premier est le comique de situation. Wai Siu-bo se retrouve dans des situations qu’il ne maitrise pas et dans lesquelles il va s’empêtrer de manière burlesque tout en trouvant le moyen de s’en sortir. Stephen Chow n’hésite jamais à rendre ridicule son personnage mais également ceux de Ng Man-tat et de Nat Chan qui joue un conseiller de l’empereur qui trahit tout le monde l’un après l’autre. Le film se veut une critique des aléas de la politique, où le saltimbanque, malgré ses mensonges et sa veulerie, devient le conseiller de Kangxi et gravit les échelons un à un.

Le reste de l’humour est essentiellement constitué de jeux de mots que les sous-titres ont un peu de mal à traduire et d’allusions sexuelles. C’est l’humour habituel de Wong Jing avec ses blagues en dessous de la ceinture comme lors de la visite de Wai Siu-bo aux appartements de l’eunuque impérial qui conserve de nombreux pénis dans du formol. On s’y tire aussi beaucoup les tétons, les personnages rient à gorge déployée. Ceci est l’œuvre de Wong Jing qui laisse à Ching Siu-tung le soin de réaliser les combats où les adversaires défient, comme à son habitude, les lois de la gravitation. Royal tramp est un film roboratif. Sans doute trop.

Royal tramp (鹿鼎記, Hong Kong, 1992) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Cheung Man, Ng Man-tat, Sandra Ng, Chingmy Yau, Damian Lau, Nat Chan, Fennie Yuen, Deric Wan, Elvis Tsui, Vivian Chan, Brigitte Lin, Dion Lam.

mercredi 23 février 2011

God of gamblers Part III : Back to Shanghai


Toutes les franchises qui ont un grand succès ont un grand nombre de suite et God of gamblers, création de Wong Jing, en est l’un des meilleurs exemples. Personnellement, je ne comprends toujours pas les règles du poker ou du black jack, mais dans God of gamblers Part III : Back to Shanghai, le jeu n’a plus beaucoup d’importance. Stephen Chow et Ng Man-tat sont là pour amuser, divertir et faire rire les spectateurs. Le film y réussit parfois et on se prend, avec le recul, à voir certains gags des films réalisés par Stephen Chow dans une version ici brutes, non taillés.

Dans cette variation, Sing, le Saint des joueurs (Stephen Chow) a acquis une telle force de concentration qu’il parvient à faire ses déplacer les objets et à pratiquer l’hypnose. Seulement voilà, ses ennemis ont également acquis un tel pouvoir et sont capables de voyager dans le temps. Sing se retrouve avec Fook (Ng Man-tat) à Shanghai en 1937. Ils atterrissent au beau milieu d’un champ où Sing tombe immédiatement amoureux d’une jolie jeune femme habillée de blanc qui se promène sur son cheval. Il l’appelle mais elle ne répond pas, il l’a suit et découvre qu’il n’est pas du tout à Hong Kong et encore moins en 1991.

Débarqués en ville, les deux compères qui ne comprennent pas bien ce qu’il leur arrive, rencontrent Yu-san (Gong Li) qui se trouve être la jeune fille au cheval. C’est la fille du maire de Shanghai. Ils rencontrent aussi Ding Lik (Ray Lui) qui passe du rôle de Parrain de Hong Kong à celui de parrain de Shanghai. Il tient une maison de jeux dans la concession française et une méchante japonaise – évidemment – (Wong Wang-si) veut s’accaparer de sa boîte. On reconnait ici les emprunts aux classiques du cinéma anti-japonais. La Japonaise se fait aider dans ses basses besognes par Tai Kun (John Ching), lui aussi venu du futur et qui a la force mentale de deviner à l’avance les cartes gagnantes. Les parties, sensées être les morceaux de bravoure du film, sont tout de même un peu molles, surtout la finale.

A vrai dire, l’essentiel du scénario consiste à la romance entre Sing et Yu-san. Yu-san ne le reconnait pas et pour cause, c’est sa sœur jumelle retardée Yu-mong qu’il a vue. Sing ne s’en aperçoit pas tout de suite ce qui crée de nombreux quiproquos. Mais il y en a tellement qu’au bout d’un moment, on s’en moque un peu. A cette romance, il faut ajouter celle de Fook avec Spring (Sandra Ng), qui plait à notre cher moustachu malgré sa rudesse d’esprit. Tous les deux vont tenter de faire en sorte que Sing et Yu-san s’unit, mais le temps fait son œuvre et Sing devra retourner dans le présent pour une nouvelle aventure de God of gamblers.

God of gamblers Part III : Back to Shanghai (賭俠II上海灘賭聖, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Ng Man-tat, Gong Li, Ray Lui, Charles Hung, Sandra Ng, Cheung Man, John Ching, Tien feng, Peter Chan, Yeung Jing-jing, Barry Wong, Wong Wang-si.