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jeudi 5 juin 2014

Sorties à Hong Kong (juin 2014) Overheard 3


Overheard 3 (竊聽風雲3, Hong Kong – Chine, 2014) Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Louis Koo, Lau Ching-wan, Daniel Wu, Crystal Huang, Zhou Xun, Michelle Ye, Alex Fong Chung-sun, Zhang Jing-chu, Wu Xiubo, Ng Man-tat, Kenneth Tsang, Lam Ka-tung, Huang Lei, Dominic Lam, Stephen Au, Samuel Kwok, Helena Law, Felix Lok, Chin Ka-lok. 132 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 5 juin 2014.

lundi 21 avril 2014

Hollywood Hong Kong


Le nom Hollywood peut faire rêver. Mais à Hong Kong en 2001, Hollywood est synonyme d’un ensemble d’immeubles d’habitations qui surplombent le quartier de Tai Hom, l’un des endroits les plus pauvres de la ville. Les maisons de Tai Hom ont des planches pour murs, des tôles pour toit et des habitants qui ne sortent jamais de leur quartier pas même pour aller dans le centre commercial situé en bas du Plaza Hollywood. Hollywood Hong Kong est la chronique d’une poignée d’habitants de ce bidonville.

La famille Chu travaille dans le cochon. Le père (Glen Chin), le fils ainé Ming (Hoi Sai-nam) et le dernier Tiny (Leung Sze-ping) avec leurs impressionnantes carrures ne passent pas inaperçus. Obèses tous les trois, ils transportent des carcasses de porc sur leur épaules, puis commencent à dépiécer les bêtes, à les badigeonner et à les faires rôtir dans leur vieux réchaud. Le générique d’ouverture, avec malice, décline chaque participant au film (acteurs et techniciens) en donnant leur nom à même la peau du cochon sous la forme d’un tampon.

Un beau jour, une jeune femme (Zhou Xun) arrive dans le quartier et s’adresse à Tiny pour acheter un bout de viande. Elle s’appelle Hung Hung. Elle est charmante. Son sourire enchante les trois membres de la famille Chu. Tiny lui fait visiter le quartier, le père fantasme sur elle (la scène onirique de la balançoire où Hung Hung debout fait voler sa robe) et couche avec Ming, tout étonné qu’une fille si belle puisse s’intéresser à un gros garçon tout transpirant comme lui.

Hung Hung vient du nord. C'est-à-dire de Chine continentale. Elle parle parfaitement cantonais. Elle est connue sous un autre nom, Tong Tong par Wong Chi-keung (Wong You-nam), qui s’est lancé dans un site Internet de rencontres coquines. Elle s’inscrit sur le site pour faire profiter de ses charmes. Keung, grand maigrichon aux chemises hawaiiennes vit avec Lui (Debbie Tam). Leur relation n’est pas simple. Keung se prend pour un homme d’affaires alors qu’il n’est qu’un pauvre minable et qui déçoit sa copine.

La première heure du film est tout en douceur et humour. Les personnages ont des petits grains de folie. M. Chu a dans sa cour une truie qu’il appelle Maman. Il la traite comme son épouse (la mère de ses enfants l’a quitté) mais Fruit Chan ne se moque jamais de son personnage. Une voisine, médecin de profession mais totalement délirante, tente de convaincre Chu d’inséminer l’animal avec du sperme humain pour donner de jolis porcelets. On a l’impression qu’ils vivent dans un tout autre monde.

De la même manière, l’amitié entre Hung Hung et Tiny est filmé avec tendresse. Ils jouent ensemble, elle fait mère de substitution, elle l’emmène dans la galerie marchande. Elle mange avec bonheur les travers de porc rôtis par les Chu avant de séduire Ming dans une scène pleine de sensualité. Elle caresse les plis de gras du jeune homme qui, torse nu – sa tenue habituelle, fait cuire la viande. Fruit Chan filme la misère sexuelle sans donner aucune valeur morale.

La deuxième heure change de ton avec la révélation du rôle de Hung Hung dans le récit. Elle n’est pas dans le quartier de Tai Nom pour mettre du baume au cœur aux Chu mais pour une toute autre mission. Régulièrement, les habitants reçoivent une lettre d’un certain Peter Chau, un homme qu’on aperçoit uniquement dans sa luxueuse voiture). L’homme fait du chantage pour se débarrasser des habitants et racheter leurs taudis. Le film prend un tour presque horrifique avec une dénonciation de la malfaisance des promoteurs immobiliers.

Hollywood Hong Kong (香港有個荷里活, Hong Kong – Japon, 2001) Un film de Fruit Chan avec Zhou Xun, Glen Chin, Ho Sai-man, Leung Sze-ping, Wong Yau-nam, Debbie Tam, Wan Kam-li, Wu Wai-man, Koo Jun-na, Fong Wai-hung, Chan Wai-keung. 

samedi 21 septembre 2013

Nouveautés BlurayDisc chez Metropolitan HK Vidéo


Il n’est pas trop tard pour signaler la sortie chez Metropolitan Film & Video la sortie pendant l’été de quelques films en DVD et BluRay. Tout d’abord, c’était en août, l’édition du Grand magicien de Derek Yee, film en costumes avec Tony Leung Chiu-xai et Lau Ching-wan ayant pour cadre la magie au début du 20ème siècle. Sans atteindre la réussite de certains de ses films antérieurs, Derek Yee séduit grâce au charme de Tony Leung Chiu-wai et de l’actrice Zhou Xun (nommé comme meilleure actrice pour ce rôle au Hong Kong Film Awards 2012). Le film a également reçu les HK Film Awards pour les meilleurs décors, costumes.



Depuis quelques mois, Metropolitan HK Video ressort en BluRay ses classiques disponibles jusque là uniquement en DVD. Depuis mi-septembre, les aficionados peuvent redécouvrir les trois premiers épisodes de Il était une fois en Chine de Tsui Hark (soit Il était une fois en Chine, La Secte du Lotus blanc et Le Tournoi du lion). Le coffret est accompagné du documentaire Il était une fois Wong Fei-hung, déjà présent sur les dvd. Mais l’essentiel est de pouvoir voir, revoir et faire découvrir Jet Li et Tsui Hark dans le sommet de leurs œuvres.

mercredi 6 février 2013

The Silent war


En 1949, le morse était le moyen le plus sûr et discret d’envoyer des messages secrets. Dans cette période de transition et de troubles entre communistes et nationalistes, il fallait pouvoir communiquer sans se faire prendre par l’ennemi. Zhang Xuening (Zhou Xun) fait partie de l’unité 701 du gouvernement. C’est une espionne qui cherche à traquer les ennemis invisibles. The Silent war s’ouvre d’ailleurs sur une de ses missions où, par la ruse, elle enlève un homme en feignant de tuer Guo (Wang Xuebing). Ce derniers est son supérieur hiérarchique et, une fois rétabli, il l’envoie chercher des hommes capables de repérer les signaux des messages en morse, silencieux à une oreille normale mais audible pour des personnes plus sensibles.

Qui entend mieux qu’un aveugle ? Personne, pense  Zhang Xuening qui tombe dans une salle de concert sur Bing (Tony Leung Chiu-wai), l’accordeur de piano. Elle était venu recruter le pianiste mais c’est son employé qu’elle embauche après avoir vu combien ses capacités sont grandes : le mari de la maîtresse du pianiste débarque avec ses sbires et Bing l’avait entendu avant de le voir. Elle comprend qu’il est un homme d’action. Zhang amène son protégé dans un lieu tenu secret. Enlevant ses lunettes noires, on découvre ses yeux morts qui la fixent. Cela dérange la jeune femme mais on sent bien qu’elle commence déjà à tomber sous le charme. Bien entendu, Bing ne remarque pas les regards qu’elle lui porte mais il les sent.

L’entente entre eux deux est parfaite mais elle doit convaincre Guo de la valeur de son protégé. Toute une série de tests est mise en œuvre où Bing, unique aveugle au milieu de voyant portant un bandeau, entend les sons en basse fréquence, amène Zhang dans une autre pièce et savoure dans un grand sourire sa victoire. Cette partie, plutôt amusante, permet de découvrir un monde du contre-espionnage avec ses émetteurs radio, ses chambres de silence et ses bandes de papier recouvertes de trous. La formation au morse de Bing est montrée en détail. Or, si Guo doute de Bing, ça n’est pas seulement à cause de son assurance, c’est parce qu’il est illettré. Ainsi, il ne comprend pas ce qu’il tape mais retransmet tous les messages qui permettent de traquer les ennemis (c’est-à-dire les nationalistes et les anti-Mao).

Ces ennemis, Bing finira par les entendre dans la chambre capitonnée et silencieuse. Ils sont au nombre de six. Avec des images en surimpression et floutées artistiquement comme pour appuyer le mystère, Bing détermine précisément qui sont ces gens, comment ils tapent sur le poussoir (gaucher, droitier, vite lentement), s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Ces images mentales typiques des personnages qui savent tout avant tout le monde est plaisante, dans une volonté de marquer le caractère énigmatique de la mission. Bing devient la vedette de l’unité 701, acclamé et applaudi. La traque se précise, Zhang Xuening va maintenant s’infiltrer dans ce milieu en se faisant passer pour une femme d’affaires. Après la réflexion de Bing, l’action pour Zhang, la tête et les jambes. Là, le récit se fait un peu moins passionnant, devient plus transparent. Jamais le scénario ne jouera sur une éventuelle rivalité entre Zhang, Bing et Guo, tout concentré dans sa volonté, franchement lassante, de montrer l’unité pour sauver la patrie de ses traites.

Le film est très inégal dans sa narration abordant quelques pistes scénaristiques confuses. Il refuse d’établir une liaison entre Bing et Zhang Xuening mais fait intervenir un autre personnage féminin au milieu du film. Shen Jing (Mavis Fan) est une collègue qui décrypte les messages codés de l’ennemi. Seulement voilà, son père est exilé à Taïwan et est proche du pouvoir nationaliste. Les éventuels soupçons de trahison tombent en quelques lignes de dialogue : la jeune femme assure l’unité des deux Chine. Shen Jing tombe amoureuse de Bing. Ils se marient. Son personnage n’aura guère plus grande envergure. Le récit a alors l’idée malheureuse de faire recouvrer la vue à Bing par une opération chirurgicale. Cousue de fil blanc, cette ouverture scénaristique fait que Bing n’arrive plus à entendre les sons bas. The Silent war est un peu long (119 minutes) et le scénario est parfois incohérent mais parvient constamment à créer des coups de théâtre dignes d’un film d’espionnage qui se respecte.

The Silent war (聽風者, Hong Kong – Chine, 2012) Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Tony Leung Chiu-wai, Zhou Xun, Mavis Fan, Wang Xue-bing, Carrie Ng, Gan Ting-ting, Bai Ru, Dong Yong.

vendredi 10 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


The Silent war (聽風者, Hong Kong, 2012) 
Un film d’Alan Mak et Felix Chong avec Tony Leung Chiu-wai, Mavis Fan, Zhou Xun, Wang Xue-bing, Carrie Ng, Gan Ting-ting, Bai Ru, Dong Yong. 119 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 10 août 2012.

jeudi 5 juillet 2012

Sorties à Hong Kong (juillet 2012)

Painted skin 2 : the resurrection (畫皮 II, Chine, 2012)
Un film de Wu Ershan avec Chen Kun, Zhou Xun, Vicki Zhao, Yang Mi, Fung Shiu-fung, Chen Ting-jia, Tian Liang, Bei Cheung, Gordon Liu, Kara Hui, Dong Wei-jia, Lenox Lu. 131 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 5 juillet 2012.



lundi 21 mai 2012

Le Grand magicien



Il y a une quarantaine d’années, la Shaw Brothers et encore aujourd’hui la plupart des comédies musicales en hindi (alias les films Bollywood) espéraient montrer que l’argent dépensé dans le décor et les costumes était un gage de qualité. C’était même souvent un argument publicitaire efficace comme aujourd’hui pour un film hollywoodien les effets spéciaux et la 3D. Ainsi, dans Le Grand magicien, le clinquant du costume du Général Bully Lei (Lau Ching-wan), tout en dorure et médailles tout comme les tenues de ses épouses et concubines sont là pour indiquer que le nouveau film de Derek Yee est une grosse production qui va en mettre plein les yeux et en donner au spectateur pour son argent.

Le lieu central du film qui se déroule au début du 20ème siècle (on y voit les débuts des projections de cinéma aux épouses du général qui sont effrayées par ce qu’elles voient) est une immense salle de spectacle. Li Feng-jen (Lam Suet) et sa sœur Li Chao (Wang Zi-wen) en sont les malheureux gérants. Les spectateurs se font rares, la concurrence est rude et ils se sont trouvés contraints d’emprunter de l’argent à Chen Kuo (Alex Fong Chung-sun), leur rival direct ravi d’avoir enfin le monopole  dans la ville. C’est sans compter sur l’arrivée de Zhang Xian (Tony Leung Chiu-wai), magicien prodige qui va louer le théâtre, le faire rénover (jolie scène où les ouvriers construisent les échafaudages en bambou en s’envolant tels des artistes martiaux) et enfin l’ouvrir pour offrir le plus grand spectacle de magie jamais donné.

Evidemment dans les séquences de magie données par Zhang Xian, il s’agit d’en mettre plein la vue. Devant une salle pleine, tous les effets sont bons : une bonne douzaine de danseurs, jongleurs et équilibristes, un orchestre, des costumes scintillants, des lanceurs de feu et finalement le maître en magie qui opère, ravissant son public. Le charme de Tony Leung Chiu-wai n’est pas pour rien dans le plaisir que l’on prend devant les scènes de prestidigitation. A cinquante ans, l’acteur, en un sourire, parvient à braquer tous les regards sur lui. Plus tard, le magicien séduira toutes les épouses du général en leur donnant un spectacle privé, mais une seule intéresse Zhang Xian : c’est Liu Yin (Zhou Xun), la septième femme qui se refuse absolument à son époux tant que son père, le résistant Liu Wan-yao (Paul Chun) n’est pas libéré. Elle refuse jusqu’à sourire.

Plutôt que de faire un film entièrement sur le thème de l’illusion, du simulacre, Derek Yee place alors Le Grand magicien sur la double voie de la romance mâtinée de film d’action. On apprendra que Liu Yin fût jadis l’amoureuse de Zhang Xian. A vrai dire, on s’en serait douté et que le général est désormais son rival. D’un côté, le général a sept épouses et c’est évidemment celle qui lui résiste le plus qu’il veut le plus. Il doit faire face aux caprices des femmes et notamment de sa « favorite », la 3ème épouse qui dirige entièrement la maisonnée. Finalement, le général n’est pas maître chez lui. Il cède à tous leurs caprices. On le verra, tel Kane, faire en sorte qu’une d’elle joue dans un film alors qu’elle est nulle. Face à lui, le magicien n’a d’yeux que pour Liu Yin (on fera fi de la grande différence d’âge entre l’actrice et ses partenaires, mais il faudra un jour que cette harmonisation de génération ait lieu), allant jusqu’à oublier le but de sa mission.

Le but initial de la mission est un complot contre Bully Lei. A vrai dire plusieurs complots. D’abord celui de Zhang Xian qui s’est allié à des révolutionnaires, dont l’un Li Yi (Wang Ziyi) particulièrement intransigeant manque de faire capoter l’enlèvement (belle scène avec le spectacle donné aux enfants et les tunnels creusés pour piéger le général). Le bras droit du général, Butler Liu (Wu Gang) cherche à s’allier avec Miterarai (Sawada Kenya), un Japonais forcément retors. Mais dans cette partie consacrée à la guerre, je retiendrai ce grand morceau d’humour qu’est le conseil de guerre où Tsui Hark, portant un crochet de pirate, et Vincent Kok, avec un bandeau sur l’œil, face à quatre autres seigneurs de la guerre, s’en donnent à cœur joie dans le cabotinage. Le Grand magicien est trop long (128 minutes), démarre et finit très mollement, se vautre dans un luxe qui contraste tellement avec la modestie d’Une nuit à Mongkok, le dernier bon film de Derek Yee à ce jour, mais parvient épisodiquement à réjouir.

Le Grand magicien (The Great magician, 大魔術師, Hong Kong – Chine – Japon,  2012) Un film de Derek Yee avec Zhou Xun, Lau Ching-wan, Tony Leung Chiu-wai, Wu Gang, Yan Ni, Tian Miao, Zhang Yashu, Wang Qi, Wang Xuan, Xu Haipeng, Alex Fong Chung-sun, Sawada Kenya, Wang Yachao, Lam Suet, Wang Ziwen, Paul Chun, Wang Ziyi, Daniel Wu, Tsui Hark, Vincent Kok, Morris Rong, Jamie Luk, Kong Tao-hoi, Keung Siu-leung, Lau Ho-leung.

lundi 30 avril 2012

Dragon Gate, la légende des sabres volants



Pour son premier film en 3D, Tsui Hark s’est appuyé sur des bases connues de tous. Dès le générique d’ouverture de Dragon Gate, la légende des sabres volants, on reconnait la musique déjà présente dès Dragon Inn de King Hu et que Tsui Hark avait reprise pour son Auberge du dragon en 1992. Evidemment, le titre du film indiquait bien vers où le spectateur va et comme toujours vers l’eunuque impérial qui, dans sa soif de pouvoir absolu, élimine ses ennemis au sein du pouvoir. Du haut de sa balustrade, il condamne sans appel ceux qui avaient osé critiquer sa politique. Quand en plus cet eunuque, forcément apprêté, forcément très caricatural est incarné par Gordon Liu et que c’est Jet Li, qui n’avait pas tourné avec Tsui Hark depuis Dr. Wong en Amérique, qui vient rétablir la justice et botter le train de Gordon Liu, on se dit qu’il y a des chances que le spectacle soit beau.

Zhao (Jet Li) combat la corruption au sein du pouvoir et ce dernier va chercher à éliminer ce redresseur de tort. Un autre eunuque, Yu Huatian (Aloys Chen), par ailleurs favori de l’impératrice part à la chasse de Zhao. Puis, c’est toute une foule de personnages qui vont se donner rendez-vous dans l’auberge du Dragon au beau milieu du désert. Une servante qui s’est échappée du palais, porteuse d’un secret et enceinte (Mavis Fan) sera sauvé de la brutalité de Yu par une experte en arts martiaux. Jade (Zhou Xun) se fait d’abord passer pour Zhao car ils se connaissent, leur vie a un passé commun. Jade va protéger la servante apeurée et on apprendra qu’elle connait tous les recoins de l’auberge puisqu’elle ouvre une trappe qui permet de se cacher dans une grotte. De là, Jade pourra espionner les autres, c'est-à-dire à la fois les aubergistes et les clients.

En fait de clients, ce sont des mercenaires ou des soldats qui occupent la place. On rencontre une bande de Mongoles tatoués et costauds menés par une chef tatouée (Kwai Lun-mei). Face à eux, des hommes de Yu Huatian dirigés par Tan Luzi (Sheng Jian) et Ma Jinliang (Fan Siu-wong) et son œil de verre, tous deux d’habiles sabreurs. Entre les deux, un couple Gu Shaotang (Li Yuchun) et Wing Blade (Aloys Chen), le sosie de Yu Huatian, qui va servir justement à semer le trouble – et accessoirement à fournir au film son unique personnage comique. Il faut s’accrocher pour suivre tous les personnages nombreux et qui parfois se dédoublent. Les femmes sont les personnages les plus forts, comme souvent dans son cinéma. Tsui Hark organise un scénario à la densité qui rappelle celle de Zu les guerriers de la montagne magique. Cette idée de confusion est plaisante parce qu’elle rappelle de bons souvenirs quand le cinéaste n’avait pas peur de la profusion, d’aller loin le montage effréné, les plans biscornus et les effets spéciaux grandiloquents. Au programme de Dragon Gate, la légende des sabres volants, on trouve beaucoup de combats virevoltants entre tous les personnages. C’est dire si chaque spectateur aura à boire et à manger.

Comme il y a trente ans avec Zu, les effets spéciaux sont au cœur du cinéma de Tsui Hark. La 3D sert à faire voler tous les lames, sabres et autres objets contendants à travers l’écran, vers le visage du spectateur (vertu désormais classique de la 3D) ou à l’inverse en caméra subjective. Effectivement les sabres volent, le titre anglais ne ment pas. C’est la variété qui est jouissive plus que l’abondance. Cela sonne parfois comme un gadget mais peut aussi donner de belles choses comme ce vol de corbeaux qui forme un nuage puis qui foncent sur Jade et la servante. Il est en revanche plus compliqué d’être convaincu par la tempête de sable qui s’abat sur l’auberge avec un étage qui se détache en tournant dans le ciel tandis que Jet Li et Aloys Chen se battent. Comme dans DetectiveDee, Tsui Hark prend un malin plaisir à détruire son décor, ici moins imposant, il ne s’agit que d’un simple bâtiment de pierre et de sable. Il s’amuse beaucoup mais il manque quelque chose au film, une scène d’anthologie digne du strip tease de L’Auberge du dragon par exemple. Il manque quelques moments de calme entre les sommets de l’action, histoire de se reposer quelques minutes avant l’explosion visuelle.

Dragon Gate, la légende des sabres volants (Flying swords of Dragon Gate, 龍門飛甲, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Tsui Hark avec Jet Li, Zhou Xun, Aloys Chen, Kwai Lun-mei, Mavis Fan, Fan Siu-wong, Li Yuchun, Du Yi-hengn, Dillon Wu, Zhang Xin-yu, Sheng Jian, Gordon Liu, Sun Jian-Kui.

jeudi 12 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

The Great magician (大魔術師, Hong Kong - Chine - Japon, 2012)
Un film de Derek Yee avec Tony Leung Chiu-wai, Lau Ching-wan, Zhou Xun, Ambrose Hsu, Paul Chun, Yan Ni, Alex Fong Chung-sun, Sawada Kenya, Wu Gang, Tian Miao, Lam Suet, Daniel Wu, Tsui Hark, Vincent Kok. 128 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 12 janvier 2012.

jeudi 22 décembre 2011

Sorties à Hong Kong (décembre 2011)

The Flying swords of Dragon Gate (龍門飛甲, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Tsui Hark avec Jet Li, Zhou Xun, Chen Kun, Kwai Lun-mei, Mavis Fan, Fan Siu-wong, Li Yuchun, Du Yi-hengn, Dillon Wu, Zhang Xin-yu, Sheng Jian, Gordon Liu, Sun Jian-Kui. 122 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 22 décembre 2011.

jeudi 23 juin 2011

Sorties à Hong Kong (juin 2011)


Beginning of the great revival (建黨大業 , Chine, 2011)
Un film de Han Sanping et Huang Jianxin avec Chow Yun-fat, Andy Lau, John Woo, Guo Tao, Nie Yuan, Ma Shao-hua, Chang Chen, Yi Zhen, Simon Yam, Daniel Wu, Chen Kun, Dong Jie, Ray Lui, Zhang Hanyu, Gordon Cheung, Zhao Ben-shan, Zhou Xun, Tang Wei, Michelle Ye, Huang Xuan, Nick Cheung, Alex Fong Chung-sun. 124 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 23 juin 2011.

mardi 15 mars 2011

True legend


True legend le retour de Yuen Woo-ping à la réalisation après une bonne décennie à Hollywood et la fabrication de quelques chorégraphies en Chine pour Jet Li. Et on voit aussi revenir Chiu Man-cheuk, alias Vincent Zhao comme il est écrit au générique, le valeureux sabreur de The Blade après dix ans de série télé. Ensemble, le duo s’attaque à l’un des mythes fondateurs du film de kung-fu, le maître de la boxe ivre, le mendient soûl que Yuen Woo-ping avait illustré dans son deuxième film, Drunken master, il y a 32 ans de cela.
Avant d’en arriver à l’apogée du mendiant, le film se rappelle ses débuts de général. Su (Chiu Man-chiuk) va libérer un prince impériale fait prisonnier. Il est aidé par son demi-frère Yuan (Andy On) que le prince nomme gouverneur d’une province. Su désire se retirer de l’armée et part avec son épouse Ying (Xun Zhou), par ailleurs sœur de Yuan. Cinq ans plus tard, le couple a donné naissance à un garçon Feng et Su s’apprête à fêter l’anniversaire de son père. Ils attendent la visite de Yuan à cette célébration.
Mais Yuan est venu se venger car son père adoptif avait tué son père naturel. Depuis des années, il fomente sa vengeance et s’est entrainée des années pour devenir invincible. Il a notamment acquis la force des poings des cinq venins qui permet de tuer ses adversaires en les empoisonnant par un simple toucher. Yuan tue son beau-père et kidnappe le jeune Feng. Su n’a pas la force de se défendre et est vaincu. Son corps meurtri est jeté dans un fleuve, Ying plonge pour le suivre. Ils seront sauvés par une ermite (Michelle Yeoh), médecin qui vit dans une montagne isolée.
Son épouse est très dévouée et le souvenir de leur fils prisonnier d’un fou est d’une immense douleur. Su reprend petit à petit des forces en s’entrainant. Quand tout à coup, il entend deux hommes qui l’appellent. C’est le Dieu du wushu (Jay Chou) et le Vieux Sage (Gordon Liu) qui virevoltent dans les airs et emmènent Su dans une montagne où des statues immenses serviront de lieux d’entrainement. Le Dieu va apprendre à Su la boxe de l’homme ivre et les longues scènes d’apprentissage, filmées pour être projetées en 3D, fournissent le meilleur de True legend. Jay Chou joue avec la placidité qu’on lui connait et il débrouille plutôt bien dans ce personnage ironique qui se moque de Su.
Le temps de la vengeance est venu. Yuan s’est forgé sur son corps même une carapace d’acier qu’il a cousu sur sa peau. Su est venu chercher son fils et Yuan n’est pas près de le rendre. Tout ne se terminera pas bien car, dans sa folie, Ying a été sacrifiée, l’épouse de Su meurt et ce dernier plonge dans une grande dépression. Chiu Man-cheuk reste un artiste martial d’exception et les chorégraphies des combats sont très élaborées et retravaillées avec un grand nombre d’effets spéciaux : ralentis, défi à la gravitation. On est très loin de la simplicité de Drunken master. En revanche, l’acteur n’est pas un bon dramaturge et ses scènes d’émotion sont très forcées.
Les trois quarts du film sont à la limite du fantastique puisqu’il y est question de figures légendaires et divines. Tout se gâte quand Su revient dans une Chine quotidienne dans le dernier quart. Il est mendiant et alcoolique. Le petit Feng a promis de s’occuper de son père. Mais il faut que la légende s’imprime et True legend plonge dans les écueils du film nationaliste. Un affreux américain, incarné par David Carradine dans son dernier rôle, organise de sauvages combats de boxe pour humilier les Chinois. C’est un personnage ingrat qui plombe le film, mais telle semble devenue la mode dans les films de kung-fu. Vivement que ça s’arrête.
True legend (蘇乞兒, Chine, 2010) Un film de Yuen Woo-ping avec Chiu Man-cheuk, Jay Chou, Guo Xiaodong, Michelle Yeoh, Andy On, Xun Zhou, Le Cung, Butterbean, David Carradine, Conan Stevens.

lundi 5 avril 2010

Confucius



Le cinéma chinois n’en finit pas de se tourner vers les figures emblématiques et historiques de la Chine. Après le Docteur Sun Yat-sen, fondateur de la République, dans Bodyguards and assassins mais également dans The Founding of a Republic, voici le grand bond en arrière avec Confucius, en attendant d’autres héros fédérateurs qui peuvent aller dans le sens du Bureau du Cinéma Chinois. Un héros qui prône l’unification de la Chine derrière un homme. Chow Yun-fat est Confucius, alias Kong Qiu, que l’on découvre au crépuscule de sa vie entouré de ses disciples qui rangent méticuleusement les tablettes qui contiennent ses pensées et qui sont parvenues jusqu’à nous. Chow Yun-fat est doublé en mandarin, ce qui n’enlève rien à son jeu.

Confucius est appelé à la cour du roi Lu pour être son conseiller. Sa réputation l’a précédé et son école philosophique a désormais de nombreux disciples. Confucius est marié et a deux enfants, déjà adolescents. Tandis qu’il s’entretient avec le roi Lu, plus loin, on enterre l’un des chefs de clan, le seigneur Ji. Nous somme en des temps reculés (au 6ème siècle avant Jésus-Christ) et la tradition veut que ses biens les plus précieux soient mis dans son tombeau. En l’occurrence, ses trois plus beaux chevaux et ses esclaves qui sont égorgés. Or, un esclave enfant s’échappe. Poursuivi par les soldats de Ji, il se réfugie dans l’école de Confucius. Il sera épargné, pour l’instant. Mais la tradition doit s’appliquer. Là, la rhétorique de Confucius se met en marche. Les sages venaient de sauver un faisan échappé du clos d’un seigneur, mais veulent exécuter ce jeune esclave. Confucius use de sa philosophie pour sauver l’enfant qu’il prendra sous son aile.

Confucius est donc un homme de justice. Voilà pour la première séquence du film. Désormais, nous allons le voir comme un homme de stratégie et un fin diplomate. La deuxième anecdote marquante montre le sage essayer de faire la paix avec le roi voisin. Les généraux sont toujours prompts à faire la guerre pour avoir la paix. La stratégie de Confucius est d’obtenir la paix sans se servir des armes. Confucius annonce qu’il va rendre des villes conquises lors d’une guerre précédentes, mais qu’il demande en échange à ce que les seigneurs de ces villes abattent les murs d’enceinte. Ce que prône Confucius est tout simplement l’unification des royaumes.

Bien entendu, les seigneurs, privés de leur privilège et de leur prérogative, ne l’entendent pas de cette oreille. Confucius va devoir quitter la cour du roi Lu et s’exiler. Il va quitter sa famille et ses disciples vont le suivre les uns après les autres, le premier étant Yan Hui, fidèle parmi les fidèles. Il va conseiller les souverains et les seigneurs de tous les royaumes en leur donnant les meilleurs conseils pour vivre en bonne intelligence les uns avec les autres, même si cela ne plait guerre aux gens avides de pouvoir. Confucius va mettre rencontrer Lao Tseu, dans une scène onirique d’un joli kitsch. Et c’est là l’un des problèmes majeurs du film. L’image est très sage, très léchée et totalement aseptisée. Confucius se voudrait philosophique mais tombe très vite dans un catéchisme ennuyeux au possible. Chaque plan du film propose une image bien jolie et un mouvement de caméra bien développé sans que cela n’apporte la moindre émotion.

C’est la première fois qu’un film sur Confucius est tourné. Qu’il vienne de la Chine est assez savoureux. Mao Tsé-toung a cherché à interdire la propagation de sa pensée dès son accession au pouvoir. Confucius, tout comme la Taoïsme et la pensée de Lao Tseu, étaient considérés comme les symboles les plus marquants du féodalisme. Ces philosophies étaient les ennemis de la société nouvelle qu’envisageait d’imposer Mao Tsé-toung, dans sa mégalomanie d’être le nouveau maître à penser du peuple chinois. Aujourd’hui où les valeurs révolutionnaires sont soldées au profit de l’ultra-libéralisme, le Bureau du Cinéma Chinois, totalement inféodé à la doctrine officielle cherche un nouveau ciment pour fédérer la population et continuer son emprise politique. Confucius mérite mieux que cela.

Confucius (孔子之決戰春秋, Chine, 2009) Un film de Hu Mei avec Chow Yun-fat, Zhou Xun, Lu Yi, Chen Jianbin, Zhang Kaili, Yao Lu, Ren Quan, Jiao Huang, Wang Ban.

jeudi 11 février 2010

Sorties à Hong Kong (février 2010)

Les films du Nouvel An Lunaire 2010

All’s well end’s well too 2010 ( 花田囍事 2010)
Un film de Herman Yau et Raymond Wong Bak-ming avec Louis Koo, Sandra Ng, Raymond Wong Bak-min, Angelababy, Lynn Hung, Lam Suet, Ronald Cheng, Pan Yueming, Kristal Tin. 92 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 11 février 2010.


True legend (蘇乞兒)
Un film de Yuen Woo-ping avec Chiu Man-cheuk, Jay Chou, Guo Xiaodong, Michelle Yeoh, Andy On, Xun Zhou, Le Cung, Butterbean, David Carradine, Conan Stevens. 115 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.







72 tenants of prosperity (72 家租客)
Un film de Eric Tsang avec Eric Tsang, Jacky Cheung, Anita Yuen, Joyce Cheng, Charmaine Sheh, Linda Chung, Bosco Wong, Kara Hui, Joyce Tang, Bernice Liu, Lawrence Ng, Raymond Tso, Michael Tse, Joe Ma, Raymond Lam, Wong Cho-nam, 6 Wing, C Kwan. 99 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.





14 blades (錦衣衛)
Un film de Daniel Lee avec Donnie Yen, Vicki Zhao Wei, Wu Chun, Kate Tsui, Qi Yuwu, Chen Kuan-tai, Fung Hak-on, Hui Chen-zhi, Sammo Hung, Damian Lau, Law Kar-ying, Wu Ma, Xu Xiang-dong. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.







jeudi 28 janvier 2010

Sorties à Hong Kong (janvier 2010)


Confucius (孔子之決戰春秋)
Un film de Hu Mei (Chine) avec Chow Yun-fat, Zhou Xun, Lu Yi, Chen Jianbin, Zhang Kaili, Yao Lu, Ren Quan, Jiao Huang, Wang Ban. 126 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 28 janvier 2010.





Empire of silver (白銀帝國)
Un film de Christina Yao (Hong Kong – Chine – Taiwan) avec Aaron Kwok, Chang Lantian, Ding Zhicheng, Hao Lei, King Shih Chieh, Jonathan Kos-Read, Lei Zhen Yu, Lü Zhong, John Paisley, Tien Niu, Jennifer Tilly, Wang Deshun, Zhang Tielin. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 28 janvier 2010.