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samedi 9 novembre 2013

Three against the world


Dans cette sympathique comédie d’action qu’est Three against the world, les trois héros tournent autour d’un trésor antique, en l’occurrence un exemplaire incunable du Coran. L’un doit le protéger contre les deux autres qui veulent s’en emparer. Andy Lau est Charlie Chan, prenant le nom du personnage de détective inventé par la 20th Century Fox dans les années 1930, époque où se déroule Three against the world. Charlie Chan a été engagé par Monsieur Ng (Cheng Kwun-min) pour assurer la sécurité du précieux parchemin.

Ses deux adversaires, il les connait depuis des lustres car ils se croisent régulièrement. Le premier est Ma Yun-lung (Norman Chu, belle coupe de cheveux en mulette) et le deuxième est Cho Fei-fan (Teddy Robin), qui se déplace avec une canne. Ils arrivent en fanfare dans la salle d’exposition. Chacun prétend avoir une bonne raison de l’avoir. Fan est embauché par Sung (Wong Chi-keung) qui posséder ce trésor. Ma affirme vouloir rendre justice au père de sa fiancée qui a trouvé ce Coran.

L’enjeu du film est pour Charlie Chan de trouver le moyen de ne pas laisser les deux hommes voler l’objet et pour les deux autres toutes les ruses sont bonnes pour parvenir à leur fin. Ma avec sa fiancée (Che Ling) se déguise en médecin et elle en femme enceinte. Ils font croire à un accouchement devant le trésor, se barricade derrière des paravents à l’abri des regards. Fan fait fabriquer un faux Coran par un faussaire (doublement interprété par Yuen Woo-ping et Wu Ma) pour le substituer au vrai.

La malice de Charlie Chan empêche les voleurs de mener leur mission à bien. Il trouve toujours une combine pour humilier ses adversaires. Il est aidé par Hsiao Ming (Chin Ka-lok), le fils du propriétaire du salon d’exposition. Le jeune Ming s’avère la plupart du temps maladroit dans sa tâche, il se fait repérer dans ses filatures en vélo (il tente de suivre Fan en vélo) et se prend quelques coups de poing dans la figure et son entre-jambe. Son personnage est l’expression du sens burlesque du film. Le comique vient aussi des caméos dont Shing Fui-on, Chiu Chi-ling.

Le scénario de Three against the world part dans tous les sens sans s’occuper de la moindre vraisemblance. Ça n’est à vrai dire pas très grave puisque ce qui est attendu, ce sont surtout les scènes d’action orchestrées par Yuen Wah. Ni Andy Lau, Norman Chu ou Teddy Robin ne sont des artistes martiales, les scènes de combat sont donc parodiques (la vitesse est accélérée) et jouent sur la différence physique entre les acteurs. Teddy Robin, avec sa petite taille, devrait être le premier battu mais c’est lui, par la grâce des trucages, qui domine les autres.

Les trois héros ne sont pas les seuls à se battre et à se menacer avec leur révolver (les leitmotive de John Woo sont allégrement pillés), les personnages féminins donnent aussi du coup de pied. En tête, la fille de Cho Fei-fan (Sandy Lam), qui virevolte dans les airs et bastonne le gentil Hsiao Ming. Il ne faut non plus oublier la romance dévolue au personnage de Rosamund Kwan, incarnation de la femme fatale en belles robes qui séduit Charlie Chan. Un film donc aux trop nombreux ingrédients auquel il manque un liant pour ne pas être autant indigeste.

Three against the world (群龍奪寶, Hong Kong, 1988) Un film de Brandy Yuen avec Andy Lau, Teddy Robin, Norman Chu, Rosamund Kwan, Sandy Lam, Che Ling, Chin Ka-lok, Teddy Yip, Chung Faat, Cheng Kwun-min, Yuen Woo-ping, Wu Ma, Walter Tso, Wong Chi-keung, Shing Fui-on, Chiu Chi-ling, Ka Lee, Corey Yuen.

mardi 14 mai 2013

The Long goodbye

Ancien soldat vietnamien lors du conflit mené pour supprimer le pouvoir khmer rouge en 1979, Yuen Lik (Chow Yun-fat) s'est depuis exilé à Hong Kong. Il est devenu tueur à gages pour la mafia vietnamienne issue de la diaspora. Son passé de soldat le traumatise, il se souvient (à grand coup de flashback) d'un épisode horrible de la guerre où son supérieur le force à abattre une famille dont la mère tient son bébé dans les bras. Il s'est aussi fait pas mal d'ennemis dont un autre bidasse qu'il a été forcé d'abandonner dans un piège remplie de piquets pointus. Cet homme, désormais estropié, va aller le poursuivre jusqu'à Hong Kong. L'une des ambitions de The Long goodbye est sans doute de montrer, à la fois la misère de la vie des boat people exilés dans la colonie britannique, ces hommes livrés à eux-mêmes, et à la fois que la guerre c'est mal et que ça rend fou. Dans les deux cas, le cinéaste filme la douleur avec complaisance en appuyant bien sur les effets sanguinolents et au ralenti.

A côté de ces activités clandestines de tueur, Yuen Lik a un métier plus officiel : il est cascadeur pour le cinéma. C'est lors d'un tournage qu'il rencontre Pui Lam (Rosamund Kwan). Elle est journaliste à la télévision et enquête sur une série de meurtres sanglants commis récemment à Hong Kong. Pugnace, elle n'hésite pas à poser des questions qui dérangent au chef de la police. Ce que Pui Lam ignore quand elle rencontre Yuen Lik, c'est que ce dernier a tué son père lors d'un contrat. La jeune journaliste s'inquiète de ne plus voir son père depuis des jours. Il va sans dire que Yuen Lik et Pui Lam vont tomber amoureux l'un de l'autre. Le suspense, bien naïf, repose alors sur le temps que mettra la jeune femme à découvrir le lourd passif de son nouveau petit ami. Cette profession de tueur à gages sera révélée lors d'un accident de tournage (un explosif brûle Yuen Lik) où, Pui Lam comprend le statut de son homme.

Le film n'est pas sans mauvais goût sans tomber, hélas, dans le nanar qui permettrait de sourire un peu. Un exemple parmi d'autres : après s'être bien chauffés l'un l'autre, le couple vedette commence à s'embrasser sous des néons d'un cinéma puis finit dans la chambre. Pour appuyer leur romance, on entend la chanson Take my breath away chanté en cantonais tandis que défilent des images en flashback montrant les moments où Yuen Lik et Pui Lam se se rencontrés et découverts. Ils finissent par faire l'amour sur l'affiche du film Salut l'artiste d'Yves Robert. Pourquoi ? Je ne sais pas mais ce que je sais que cette scène est du remplissage. The Long goodbye, somme toute assez ennuyeux, bourré d'incohérences (Yuen Lik brûlé au visage porte un imposant bandage sur le visage se retrouve la séquence suivante sans aucune cicatrice car on n’abîme pas le visage de la star Chow Yun-fat) ne vaut que parce qu'il est le premier film de Rosamund Kwan. C'est bien peu.

The Long goodbye (獵頭 , Hong Kong, 1982) Un film de Lau Shing-hon avec Chow Yun-fat, Rosamund Kwan, Wan Chi-keung, Phillip Chan, O Chun-hung, Tang Ching, Flora Cheung, Melvin Wong, Ng Hong-sang, Lo Wai, Tsang Choh-lam, Stephan Yip, Yat Boon-chai, Wong Hak.

samedi 19 janvier 2013

Mighty baby


Bienvenue dans l’univers trop mignon des bébés. Film jumeau de La Brassiere, Mighty baby poursuit le récit drolatique de Wayne (Louis Koo) et Johnny (Lau Ching-wan) dans leurs déboires amoureux et professionnels. Cette fois Samantha (Carina Lau qui vient juste faire un coucou) a pour mission de créer la poussette idéale (ou un objet s’en approchant) pour les bébés. Sa patronne japonaise est enceinte et cherche à donner le plus grand confort possible à son futur enfant. Sous la férule de Lena (Gigi Leung), toute l’équipe se met au travail. Entre les deux films Johnny, qui vient de se séparer de Samantha sans qu’on en connaisse les raisons, a pris du galon. Il est maintenant chef de projet. Immédiatement, il appelle à la rescousse son pote Wayne qui souffre d’un syndrome rare : il est terrifié par les enfants.

Qui plus est Lena, toujours en couple avec lui, veut faire un examen prénuptial afin de savoir si elle peut tomber enceinte. Cela l’angoisse encore plus. Arrivé au bureau, Wayne tente de porter un bébé puis de la changer et le bambin lui fait pipi dessus (on imagine les rires dans la salle pour ce gag ultra convenu). De plus, il n’a pas très envie d’avoir comme patronne sa petite amie. Mais Johnny parvient à le convaincre de venir travailler avec lui. Encore une fois les inventions des deux hommes sont ridicules et s’avèrent des échecs cuisants. Par exemple, ils créent un porte bébé où les nourrissons peuvent faire de la gym. Entre autres facéties. Ils brillent par leur incompétence mais cette fois c’est beaucoup moins amusant. Sans doute parce que les bébés c’est trop mignon et qu’il est plus difficile de faire des blagues graveleuses qu’avec les sous-vêtements.

Deux nouveaux personnages féminins se joignent à l’équipe, tous deux porteurs de tentation de romance. Johnny engage Sabrina (Rosamund Kwan) comme secrétaire. Totalement dépassée par sa tâche, elle fait tomber tous ses dossiers et subit les blagues de son chef qui s’amuse à crier « ling ling » dans son bureau. Sabrina se met alors à décrocher le téléphone. Personnage d’abord ingrat en tant que gourde de service, elle déclarera son amour à Johnny lors d’une présentation d’un produit aux patrons japonais. Son personnage prend de l’ampleur comique lors d’une crise de jalousie, d’autant que Rosamund Kwan est douée pour ça, mais sera ensuite relégué au second plan, ce qui est bien dommage.

Le rayon de soleil du film est le personnage de Boey (Cecilia Cheung) présentée comme une experte ès bébés. Qui pourrait résister à son sourire ? Sûrement pas les bambins qui se précipitent dans ses bras tendus pour montrer qu’elle les comprend mieux que quiconque. Boey et Wayne se rapprochent dans le travail ce qui intrigue Johnny qui va les suivre. Il se persuade qu’ils flirtent et en profite pour saquer son pote, lui piquer ses idées et menacer le couple que Wayne forme avec Lena. Autant les deux amis se disputent rapidement, autant ils se réconcilient vite. Là aussi la piste narrative est bâclée laissant de côté une belle idée que le couple le plus solide des deux films est formé par les deux hommes.

Ce qui plait le plus dans Mighty baby demeure ses caméos. Pas ceux de Jim Chim qui en fait des tonnes ou de Vincent Kok dans les rôles de deux médecins farfelus. Mais celui de Chapman To dans un personnage de flic grotesque qui se comporte comme dans un polar cantonais. Il vise avec son flingue un pickpocket dans une galerie marchande en disant « j’ai vu un flic faire comme ça dans Running out of time, ça peut pas rater ». Puis, lors d’un piquenique, il fait une imitation franchement hilarante d’Andy Lau. Cela constitue la seule scène vraiment drôle de tout le film, comédie souvent ennuyeuse au scénario flemmard et bancal. Le finale, encore plus que dans La Brassiere est un monument de mièvrerie et de conformisme.

Mighty baby (絕世好B, Hong Kong, 2002) Un film de Patrick Leung et Chan Hing-kai avec Louis Koo, Lau Ching-wan, Gigi Leung, Rosamund Kwan, Cecilia Cheung, Carina Lau, Aoyama Chikako, Rosemary Vandenbroucke, Vincci Cheuk, Chapman To, Jim Chim, Tats Lau, Alex Lam, Cherrie Ying, Vincent Kok, Wilson Yip, Rachel Ngan, Kate Yeung, Ng Choi-yuk.

lundi 19 novembre 2012

Swordsman 2 + Swordsman 3


L’éminent sabreur Chung Ling-wu (Jet Li) et son condisciple (Michelle Reis) qu’il surnomme « le gamin » ont décidé d’abandonner les arts martiaux et de se retirer loin des querelles claniques. Guerres de pouvoir mais aussi guerres ethniques. D’un côté les Miaos et de l’autre les Han. Et au milieu de cette année 1594, des Japonais menés par Waise Lee qui débarquent pour devenir pirates et décident de soutenir la farouche Invincible Asia (Brigitte Lin) de l’ethnie Miao. Dans une bataille, elle rencontre Chung (lui est Han). Elle, perchée sur le sommet d’un arbre, volant sur les sommets avec un masque pour dissimuler son visage. Sa voix est masculine, comme les démons d’Histoires de fantômes chinois, une habitude pour désigner les super méchants de ses films.

Les deux personnages féminins de Swordsman 2 questionnent la question du genre sous deux modes opposés. Asia ne sait pas qui est Chung et ce qu’il vient faire ici. Par un concours de circonstance, Chung va être amené à la rencontrer à nouveau, persuadé qu’elle est attaquée par des ennemis, il l’embarque avec lui, volant jusqu’à une colline pour admirer la lune. Elle ne parle pas pour ne pas dévoiler sa voix et ne pas révéler qu’elle est Invincible Asia. Ce qui les unit est l’alcool qu’ils boivent au goulot de la gourde. La romance entre Chung et Asia est forcément tragique puisqu’ils sont ennemis et quand il comprendra qu’elle est sa vraie nature, il la combattra. D’autant, que par erreur il couchera avec Xi-xi, la favorite d’Asia.

Quant au « gamin », elle vit au milieu des hommes depuis toujours, s’habille comme eux, se comporte comme eux en artiste martial. Amoureuse de Chung, elle voudra se vêtir en femme sous les moqueries des compagnons d’armes de Chung. Elle veut se maquiller mais ils ont, par mégarde, remplacer son rouge à lèvres par du piment. Son personnage est avant tout comique. Elle est aussi l’archétype du disciple fidèle mais maladroit qui manque de tout faire échouer à cause des sentiments qui l’animent. C’est un personnage sensible qui se soucie des autres, tout l’inverse d’Asia, froide et calculatrice. Ceci étant, cette confusion des genres, mélange d’androgynie et d’homosexualité refoulée rappelle les classiques du wu xia pian où les hommes étaient joués par des femmes.

Le parchemin du Canon du tournesol, comme dans Swordsman, est au centre de toutes les batailles. Asia l’a utilisé pour acquérir cette grande force et a emprisonné son frère Yam Wo-hang (Yen Shi-kwan) en plantant dans ses rotules de crocs. La mission de Chung sera de le délivrer. C’est la fille de Yam, Ying-ying (Rosamund Kwan), un personnage un peu fâlot, qui se charge de lui fournir des mercenaires. La botte secrète d’Asia est la technique des aiguilles volantes qu’elle lance à ses adversaires pour les enlacer. Les aiguilles pénètrent dans la chair, les fils qui y sont accrochés enserrent les proies. Une fois Yam libéré, il veut posséder le Canon du tournesol et aspire les forces vives de ses adversaires.


Swordsman 3 commence avec les scènes finales de Swordsman 2, une grande bataille dans les quartiers généraux d’Asia. Celle-ci est vaincue mais le Canon du tournesol est encore l’objet de toutes les convoitises. Cette fois d’Espagnols guidés sur les lieux par Koo Cheung-fung (Yu Rong-guang) et ses deux bras droits. Mais des Japonais mené par un samouraï, Raizô, sont aussi à sa recherche. Chacun a un navire qui harponnera l’autre, livrera bataille à grands coups de canons avec un avantage certain pour la bâteau japonais qui peut se transformer en sous-marin. Avec force maquettes, les batailles navales sont un peu minables et terriblement statiques. C’est une grande déception et parfois d’un ennui total.

Koo Cheung-fung fait ressurgir Invincible Asia (encore et toujours Brigitte Lin). Cette dernière apparait d’abord sous le visage de l’acteur Lau Shun, en vieillard aux longs cheveux blancs, qui retirera son masque. Le masque et le déguisement sera l’une des forces du récit. Asia veut reprendre sa place de démon maître du monde et décide de chasser tous ceux qui se font passer pour elle. D’abord le chef d’une secte paganiste. Puis Neige (Joey Wong) une pirate qui pratique la technique des aiguilles volantes. Neige est l’ancienne concubine d’Asia et se fait passer pour elle. Masque également pour elle avec sa favorite qui se révélera un ninja à la solde de Raizô, ce dernier apparaissant toujours masqué et dont la combinaison de samouraï enferme un corps inhabituel. Puis, finalement Asia se déguisera en prostituée, finira par porter l’uniforme de Raizô.

Ce qui est à retenir de cette trilogie des Swordsman, malgré quelques beaux moments, c’est son caractère bancal avec des récits abrupts qui partent dans les sens sans cohérence, des combats gore mais mous sans la beauté formelle à laquelle Ching Siu-tung avait habitué le spectateur et un érotisme de pacotille. Ces beaux moments, c’est la fuite dans les bois entre Asia et Chung, les larmes de Neige sur son bateau, pour une fois des moments de calme.Sans doute Tsui Hark, producteur et scénariste, était allé trop vite en besogne et ne cherchant qu’à faire des films pour gagner de l’argent, avec une production faible, en oubliant l’éblouissement du spectacle.

Swordsman 2 (笑傲江湖II東方不敗, Hong Kong, 1992) Un film de Ching Siu-tung avec  Brigitte Lin, Jet Li, Rosamund Kwan, Michelle Reis, Waise Lee, Candice Yu, Fennie Yuen, Lau Shun, Yen Shi-kwan, Chin Ka-lok.

Swordsman 3 : The East is red (東方不敗風雲再起, Hong Kong, 1992) Un film de Ching Siu-tung et Raymond Lee avec Brigitte Lin, Joey Wong, Jean Wang, Yu Rong-guang, Lau Shun, Eddy Ko, Lee Ka-ting, Kingdom Yuen, Yen Shi-kwan.

lundi 5 novembre 2012

Dr. Wai


Il existe deux versions de Dr. Wai, l’une parlée en cantonais destinée au public de Hong Kong, l’autre en mandarin pour le public chinois. Evoquons d’abord la première. Le Dr. Wai (Jet Li) et son fidèle assistant Shing (Takeshi Kaneshiro) errent dans le désert depuis trois jours sans une seule goutte d’eau quand ils tombent sur un énorme char en forme de taureau tiré par des centaines d’hommes. Le char est conduit par un savant, M. Lo (Johnnie Kong) devenu ivre de son pouvoir. La machine s’emballe et commence à écraser les ouvriers qui la tirent. Wai saute sur les rochers, attrape des cordes et immobilise le taureau qui se renverse. Lo est furieux mais on lui jette des pierres.

Fin du rêve. Shing se réveille en sursaut dans son bureau. Son travail comme celui de Chow (Jet Li) est d’écrire des histoires. Or l’inspiration de Chow s’est tarie depuis que Monica (Rosamund Kwan) a demandé le divorce. Tout va mal dans leur couple et une conciliation doit avoir lieu avec leurs avocats. Les papiers du divorce n’attendent qu’à être signés. Pour les producteurs du film, réunir Rosamund Kwan et Jet Li est l’occasion de miser sur le couple de la première trilogie d’Il était une fois en Chine et de donner au spectateur la garantie d’une comédie d’action mêlée de romance. Dans  la partie contemporaine, Jet Li incarne un personnage falot, terne, s’habillant en gris. Il clamera pendant tout le film qu’il est responsable de l’échec du mariage mais refuse l’idée de divorcer.

Dans la partie aventure située dans les années 1930, Wai est un héros bondissant prêt à en découdre avec tous ses ennemis et les Japonais en premier. Enervé d’être quitté par sa femme, Chow prend la plume pour décrire Monica en tant que personnage néfaste. Elle sera Cammy une Japonaise aussi belle que vénéneuse. Dans un laboratoire secret, justement situé à la même adresse que le lieu où ils doivent se rencontrer pour le divorce, on découvre Cammy dans une longue robe noire armée d’un fouet qui dirige des opérations pour créer un gaz mortel. A un autre moment, c’est au tour de Shing et Yvonne (Charlie Young) de reprendre l’écriture en décrivant Cammy, certes comme une femme fatale, mais amoureuse de Wai. Finalement, Monica participera aussi à la rédaction du livre.

Chaque personnage contemporain aura son rôle dans le récit d’aventure au gré des humeurs de celui qui écrit. Law Kar-ying, personnage de gribouille devient le rédacteur en chef d’un journal qui résiste aux Japonais. Yvonne est alors Yan-yan, sa fille, et tombera amoureuse de Shing. Lo, patron de Chai, est le savant fou qui aide Cammy. Le récit ainsi mise en abyme rappelle la narration du Magnifique de Philippe de Broca où Jean-Paul Belmondo à la vie amoureuse compliquée se voyait comme un espion spécialiste de la gent féminine, laissant le récit divaguer au gré de son humeur du jour. L’imbrication du récit de Dr. Wai est parfaitement bien menée.

Les aventures quant à elles sont dans l’esprit des Indiana Jones avec de nombreux ennemis tous vicieux et épouvantables, des trahisons, des animaux dangereux (ici un rat géant) et un temple secret caché sous la muraille de Chine. Wai est chargé d'une mission, pur MacGuffin scénaritique : il doit retrouver un parchemin disparu depuis des lustres et une boite aux pouvoirs aussi magiques que dangereux. De plus, l’humour est constamment présent, un comique à la Jackie Chan (Jet Li bastonne avec un parapluie un adversaire, Wai et Shing se déguise grossièrement en femmes, après des ninjas Wai doit combattre des sumotoris).

La version en mandarin de Dr. Wai ne reprend pas la partie contemporaine. Une voix off narre les aventures de son père. Pour palier le manque de cette partie, d’autres moments sont ajoutés : une scène de bain entre Rosamund Kwan et Jet Li pour faire un peu d’érotisme, la maladresse du personnage de Takeshi Kaneshiro est accentuée (il se retrouve coincé sous un berger allemand à l’ambassade du Japon), le personnage de rédacteur en chef est plus présent (une belle scène où il circule pour faire la typo du journal comme un artiste martial) et d’autres scènes encore. Dans cette version, l’histoire romantique entre Cammy et Wai est mise en avant laissant de côté celle entre Shing et Yan-yan. Sinon, toutes les scènes d’action sont les mêmes. Pour ma part, je préfère la version de Hong Kong pour son travail narratif plus élaboré.

Dr. Wai (The Scripture with no words, 冒險王, Hong Kong, 1996) Un film de Ching Siu-tung avec Jet Li, Rosamund Kwan, Takeshi Kaneshiro, Charlie Young, Law Kar-ying, Ngai Sing, Billy Chow, Johnnie Kong, Liu Tie-lian.

lundi 30 juillet 2012

Guerres de l'ombre



L’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne se rend dans une église de Varsovie pour faire baptiser son fils. Sur le chemin, sa limousine est stoppée par un motard, ses gardes du corps – en alerte constante – arrêtent le chauffeur mais le conducteur de la moto s’avère être Gary Redner (Peter Liapis), le beau-frère du diplomate mais également un agent de la CIA. Dans l’église, deux sœurs pénètrent à la barbe des agents de sécurité : ce sont deux terroristes qui se mettent à tirer à la mitraillette sur tout ce qui bouge. Sous leur déguisement, se cachent Rebecca Ecke (Olivia Hussay) et le nommé Hannibal (Vernon Wells) soi-disant membres de l’Armée Internationale de Libération, un groupuscule qui fait la chasse « aux porcs d’impérialiste » après la chute du mur de Berlin.

Redner est persuadé que Hannibal, as du déguisement (pensez-vous, il va à Canton et se grime en vieux chinois : méconnaissable) va sévir à Hong Kong pour saboter une conférence quelconque mais très importante pour la liberté dans le monde. Ces Guerres de l’ombre dont parlent le titre, ce sont donc ces luttes contre des terroristes très nombreux et très armés que la CIA cherche à combattre partout dans le monde. Seulement voilà, en 1990, Hong Kong était encore une colonie de la couronne britannique et là-bas, c’est l’inspecteur Bong (Danny Lee) qui gère les attaques terroristes, il est assisté dans cette tache par Le lieutenant Tang (Tommy Wong), flic constamment sur la défensive et qui ne va pas du tout s’entendre avec Redner. Ainsi quand ils arrêtent Rebecca Ecke, Redner veut la libérer pour pouvoir la suivre et débusquer Hannibal dans sa tanière alors que les flics hongkongais souhaitent l’interroger. Le film pointe cette guerre des polices.

La menace d’un attentat est doublée du danger de voir tout dévoiler dans la presse. La journaliste Ann Chang (Rosamund Kwan), pourtant amie de Bong (elle l’invite au détour d’un dialogue à l’anniversaire de sa maman) cherche un scoop sensationnel en dépit du danger. Dans Guerres de l’ombre, on est loin de l’analyse du métier de journaliste que fera Johnnie To dans Breaking news (analyse pourtant un peu caricaturale). Rosamund Kwan n’arrive jamais à donner une épaisseur à son personnage, y compris dans ses rapports avec Bong (est-elle son ex ? sa belle-sœur ?) qui sont mal agencés. Résultat des courses, elle sera fera prendre au piège et en otage par Hannibal, un homme qui ne tient pas ses promesses (comme souvent chez les terroristes d’ailleurs). Pour sauver Ann Chang du pétrin dans lequel elle s’est fourrée, Bong et Redner vont devoir s’entendre, apprendre à ses connaitre et faire équipe.

Le récit commençait en Pologne, se déplace à Hong Kong et part faire un tour à Canton où un message de paix des autorités locales est envoyé à Bong (« on souhaite que Hong Kong soir en paix d’ici la rétrocession). Les seules bonnes scènes d’action consistent en une course poursuite dans les rues de Hong Kong. Un allié soviétique à Hannibal se fait arrêter et interroger violemment par Redner. Le film visant probablement le marché international regorge d’acteurs américains ou australiens. Comme toujours, leur jeu est excessif avec une palme pour l’interprète d’Hannibal à la performance sans nuances qui déclame son texte avec grandiloquence et application. Il se déplace avec un regard très sérieux et achève d’enlever toute crédibilité au film. La scène finale de gunfight, ainsi que les ultimes retournements de situation finissent par lasser et sentent le bâclage.

Guerres de l’ombre (Undeclared war, 聖戰風雲, Hong Kong, 1990) Un film de Ringo Lam avec Danny Lee, Tommy Kwong, Peter Liapis, Vernon Wells, Rosamund Kwan, Olivia Hussey, Victor Hon, David Hedison, Louis Roth, Dean Harrington.

mardi 24 juillet 2012

The Yuppie fantasia + Brief encounter in Shinjuku



Les deux premiers films de Gordon Chan explorent la vie amoureuse de Leung Foon (Lawrence Cheng) un trentenaire cadre supérieur dans une entreprise de publicité de Hong Kong. Construit comme une confession, avec Foon qui s’adresse aux spectateurs en voix off et à la première personne, le diptyque se veut une analyse tendre et légère des affres de la vie des couples d’aujourd’hui. Foon  est un grand et gentil gars à lunettes et au visage rond, à la coupe à la Chow Yun-fat (il joue parfois de cette ressemblance en mettant des lunettes de soleil et parodie ses films en cachant des préservatifs comme l’acteur cachait des flingues dans les films de John Woo).

Dans le premier volet, The Yuppie fantasia, Foon se dispute avec son épouse Ann (Carol Cheng), une accro du boulot (elle est conseillère à la banque) tandis qu’ils se rendent à un barbecue chez leurs amis. D’abord, Foon est abordé dans la rue par une jeune femme (Vivian Chow) qu’il ne semble pas du tout connaitre, alors qu’elle dit qu’elle compte lui téléphoner. On retrouvera cette même femme en clôture de Brief encounter un Shinjuku, le deuxième volet. Ann, sèche, prend le volant et somme son mari, tel un enfant, de mettre sa ceinture. Chez leurs hôtes, elle servira, là encore, comme un gamin. Ils se feront quelques remarques et décideront le lendemain d’aller cher leur avocat pour signer une séparation.

Ce n’est pas que Foon ne peut pas régler ses problèmes conjugaux avec Ann qui consistent en de simples disputes de couples, c’est surtout que les amis de Foon ne sont pas de bons exemples. Q Tai-long (Manfred Wong), petit trapu à moustache et Cunning (Peter Lai), aus dents de lapin, ne sont pas des modèles de fidélité. Le premier trompe Feng sa femme (Chow Mei-fung) et le deuxième la traite comme un animal de compagnie. Ils sont tous les deux collègues de bureau de Foon et passent leur temps à draguer les employées ou les stagiaires. Tout ce temps passé à regarder les jeunes femmes, les deux hommes ne le passent pas à bosser. Les trois copains sont à la fois pathétiques et drôles justement parce qu’ils sont trois pauvres types : la manière dont Cunning parle de sa femme est révoltante, il lui parle vraiment comme si elle était un toutou.

Jusqu’à présent, Foon les couvrait mais Madame Lam (Cherie Chung), la nouvelle patronne le charge de les virer. Il n’est pas insensible au charme de sa patronne et Ann, à coups de répliques cinglantes contre son mari, refuse d’envisager une reformation de leur couple, même s’ils leur arrivent de remettre ça. Puis Foon rencontre par hasard Jenny (Elisabeth Lee) avec qui il va sortir tandis qu’Ann s’est trouvé un vieux (Paul Chun). La guerre des sexes ne fait que continuer avec ses coups bas, ses mensonges et ses regrets pour se poursuivre dans Brief encounter in Shinjuku.


Dans le deuxième volet, Foon et Ann ne se sont pas remis ensemble. Avec leurs amis, ils décident de faire un tout de voilier. On apprend que Feng et Q Tai-long attendent un enfant. Elle l’a bien dressé et il exécute désormais les ordres de son épouse au doigt et à l’œil. Cunning s’est trouvé une jeunesse ce qui ne cesse d’étonner tout le monde car tous le trouvent, avec ses dents mal fichues, bien vilain. Ann a décidé d’inviter Alan (Allan Fung) son ex à bord,ce qui augmente la jalousie de Foon qui espère encore et toujours refaire son couple. Tous deux n’ont pas changé de caractère. Il reste un grand mou incapable de prendre une décision, qui s’enfonce dans ses mensonges. Elle demeure intransigeante et colérique, dominatrice et rancunière.

Foon a un nouveau boulot et une nouvelle collègue, Wendy (Rosamund Kwan) une jeune femme plutôt timide fiancée à John (Lee Chung-ling), un garçon sympathique et joli garçon. Foon, voyant des signes de séduction partout, va se persuader qu’il pourrait avoir une liaison avec Wendy. Un voyage d’affaires au Japon est la source de bien des quiproquos notamment avec un bracelet de fiancée qui va, malencontreusement, se retrouver dans la valise de Foon et finalement atterrir sur le poignet d’Ann. La jalousie entre couples et les disputes entre amis sont au programme des deux films. Ils se différencient du tout venant de la production de films romantiques par un regard plus juste qu’à l’accoutumé, par des acteurs ni trop beaux ni trop communs, par des situations simples que les personnages ne vivent pas avec hystérie. Les deux films sont sur un ton doux-amer à l’image du personnage de Foon, attachant et maladroit.

The Yuppie fantasia (小男人周記, Hong Kong, 1989) Un film de Gordon Chan avec Lawrence Cheng, Carol Cheng, Manfred Wong, Chow Mei-fung, Peter Lai, Elisabeth Lee, Sheren Tang, Cherie Chung, Sibelle Hu, Alfred Cheung, Yip Hon-leung, Paul Chun, Vivian Chow.

Brief encounter in Shinjuku (錯在新宿, Hong Kong, 1990) Un film de Gordon Chan avec Lawrence Cheng, Carol Cheng, Manfred Wong, Chow Mei-fung, Peter Lai, Allan Fung, Rosamunf Kwan, Kenneth Tsang, Eric Yeung, Lee Chung-ling, Vindy Chan, Eric Kot, Kan Lam.

lundi 2 janvier 2012

Tricky brains


Wong Jing n’a pas découvert Stephen Chow, mais il lui a permis de s’exprimer pleinement, d’une certaine manière, le cinéaste l’a sublimé dans ce début des années 1990. Tricky brains est l’exemple le plus typique du mode comique de l’acteur où le scénario n’a plus aucune importance et où seuls les gags comptent. C’en est d’ailleurs fascinant. C’était une période bénie pour Stephen Chow qui est devenu le roi du box office en 1990 (et cela a duré cinq ans). Il jouait dans cette période dans près d’une dizaine de films par an, dont aucun n’est vraiment bon, mais cela le poussera à expérimenter beaucoup et à l’encourager à passer à la réalisation, à moins tourner, à se faire rare depuis dix ans (seulement trois films en incluant Shaolin soccer).

Le scénario est très simple : Jing Koo (Stephen Chow) est un détective privé embauché par Macky (Waise Lee) pour mettre au point un piège. La fiancée de Macky, la belle Lucy Ching (Rosamund Kwan) travaille incognito dans l’entreprise de son père M. Ching (Baau Hon-lam), un riche homme d’affaires. Un simple employé de la boite, Chi Man-kit (Andy Lau), qui ignore tout d’elle, cherche à la séduire et elle répond à ses timides avances, sous l’œil de Banana (Chingmy Yau), la meilleure amie de Lucy. Jing Koo doit se faire passer pour le frère de Kit, disparu depuis des années, et va s’incruster dans leur appartement, où Kit habite avec son père Yan Chi (Ng Man-tat). La stratégie de déstabilisation peut commencer. L’important dans Tricky brains n’est pas ce qui arrivera aux personnages (qu’on se rassure, le couple sera réuni et s’aimera), mais les gags des acteurs.

Les toilettes. Dans la séquence d’ouverture, Shing Fui-on s’assoit sur des toilettes et Stephen Chow l’enferme dans une cage pour qu’il y soit prisonnier, puis, les toilettes partent dans une galerie marchande où les clients se moquent de Shing Fui-on. Dans l’entreprise de Ching, Stephen Chow est envoyé aux chiottes par un collègue (interprété par Wong Jing). Sur la porte, il est écrit Ladies (il ne semble pas parler anglais), et Wong Jing affirme que ce sont des toilettes pour hommes. Ce dernier fait le pari avec ses collègues que Koo ressortira des toilettes tabassé par Liu Fan, une actrice au physique corpulent présentée comme peu commode. Stephen Chow s’en sortira en se faisant passer pour mort ( !) et humilera Wong Jing tandis que son père « adoptif » récupérera l’argent des paris.

Les vêtements. Les habits déchirés, c’est toujours rigolo. Andy Lau et Ng Man-tat auront leurs chemises mises en lambeaux dans une boite de nuit quand ils se battent contre un gros balaise. Stephen Chow arrive, pour son premier jour de travail, dans le costume du God of gambling, sur le son de la musique du film. Plus tard, toujours dans ce costume chic mais porté de travers à la manière d’un moine, il chantera un air d’opéra avec Andy Lau et Ng Man-tat au lieu de se parler comme tout le monde (l’un des moments les plus drôles). Ng Man-tat et Stephen Chow font de la gym tonique en survet fluo flashy. L’un des gags récurrents est aussi qu’aucun des deux ne supportent d’entendre le mot « père » et sont pris d’un tic qui fait onduler leur corps. Stephen Chow ira en boite de nuit en combinaison moulante où est écrit I Am Married. Avec Andy Lau, il fait un combat de vêtement et doivent retirer leur slip (dix ans avant le défi défilé de Zoolander). Et finalement, Ng Man-tat sera déguisé en bonne femme.

L’ambivalence sexuelle. Plusieurs fois dans le film, le personnage de Stephen Chow se présente comme gay, sans que cela soit vraiment justifié, mais c’est un des ressorts comiques récurrents de ses films de cette époque. Il tente de faire rire avec le Sida qu’il affirme avoir et qui est censé dégoûter les gens autour de lui, notamment Chingmy Yau avec qui il pourrait avoir une aventure. Stephen Chow achète des pilules de sensualité pour la refourguer à Andy Lau qui a bien du mal à dire à Rosamund Kwan qu’il l’aime. Tout cela se passe dans un cinéma où Andy Lau veut embrasser tout le monde et ploter les filles autour de lui. Finalement, les deux hommes s’embrasseront sur la bouche. Il y a encore de nombreux autres gags (la langue de Stephen Chow, les jeux de mots, les acteurs hurlent régulièrement, l’humiliation des personnages) qui donnent un film très lourd, souvent hilarant et typique du style primitif pas encore dompté de Stephen Chow.

Tricky brains (整蠱專家, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Andy Lau, Rosamund Kwan, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Waise Lee, Wong Jing, Baau Hon-lam, John Ching Tung, Chan Man-na, Shing Fui-on, Yu Miu-lin, Liu Fan, Charlie Cho, Jo Jo Ngan, Benz Kong, Bill Lung.

mercredi 21 décembre 2011

Prince Charming


L’amour selon Wong Jing, c’est simple comme des vacances ensoleillées à Honolulu où l’on peut draguer des jeunes femmes blondes. C’est l’activité favorite de Chen Li-pin (Kenny Bee) qui, tout en faisant son footing, suit une belle plante. Il est sur les îles avec ses parents (Wong Tin-lam – le père de Wong Jing – et Ou-yang Sha-fei) qui ne souhaite qu’une chose : que leur fils se marie enfin. Le père va jusqu’à lui conseiller de suivre l’exemple de Lolanto (Nat Chan), le pote de Li-pin, séducteur invétéré mais qui a aussi la mauvaise habitude de lui piquer ses flirts. Lolanto arrive à Hawaii et la chasse aux filles peut commencer.
Lolanto prodigue quelques conseils pour aborder les filles, conseils un peu vaseux que Li-pin suivra à ses dépends : il est pris pour un satyre. Leurs premières proies sont deux Chinoises en villégiature : May (Cherie Chung) et Kitty (Maggie Cheung) qui ne se laissent pas si facilement séduire. Ils leur jouent quelques tours pendables pour se venger, elles prendront une revanche encore plus grande en mettant du somnifère dans du jus de fruits et en abandonnant les garçons sur un rocher désert tandis que la mer monte. Li-pin et Lolanto doivent repartir sans avoir pu sortir avec une fille et le travail les attend à Hong Kong.
Chen Li-pin est un gosse de riches. Ses parents possèdent une grosse boite mais il existe des soupçons de détournement d’argent. Il va devoir mener une enquête discrète en se faisant embaucher comme un simple chauffeur du patron. Lolanto, lui se fera donc passer pour le fils du boss. Personne n’est au courant, pas même le sous-directeur, l’hypocrite et obséquieux Chen Pi-hou (Charlie Cho). Qu’elle n’est pas la surprise des deux garçons quand ils comprennent que May et Kitty travaillent dans cette boite. Ils pensent que ce sera plus facile de les emballer, mais ils mentent sur leur fonction respective. Le prince charmant, riche et puissant se fait passer pour un simple employé.
Mais c’est sans compter sur la vilaine Piao Piao (Rosamund Kawn) qui découvre que Pi-lin est le fils de son employeur et qui va salement manigancer pour tenter de l’épouser. Il va falloir bien du courage aux garçons pour prouver leur bonne foi, d’autant que Lolanto est tombé amoureux de Kitty et que le frère de May (Michael Chan) n’est pas un type commode. Prince Charming n’est pas franchement une bonne comédie. Les gags reposent sur les mauvais coups (des gamineries) que se font les personnages. Chen Li-pin est affecté d’un trouble de la parole dès qu’il croise une femme mais ça n’est pas très drôle. Le seul relatif intérêt est de voir Maggie Cheung à ses tout débuts.
Prince Charming (青蛙王子, Hong Kong, 1984) Un film de Wong Jing avec Kenny Bee, Nat Chan, Cherie Chung, Maggie Cheung, Rosamund Kwan, Alex Man, Michael Chan, Elaine Kam, Charlie Cho, Wong Tin-lam, Ou-yang Sha-fei, Alfred Cheung.

mercredi 12 janvier 2011

Le Marin des Mers de Chine 2



Après avoir arrêté les pirates, Dragon Ma (Jackie Chan) est recruté par le commissaire Tung (Bill Tung) pour aider la police de Hong Kong. Adieu la marine, bonjour la ville et ses gangs qui infectent la vie des gens et corrompent les bonnes mœurs. Tung et sa hiérarchie soupçonne l’inspecteur Chun (Lin Wai) de corruption et de falsifier ses faits d’armes pour augmenter de manière fallacieuse les chiffres de la police. Le Marin des Mers de Chine 2 commence justement par un cambriolage de banque commandité par Chun qui arrête sous les appareils photo des journalistes les deux malfrats qu’il a payé. Parce que le banquier a eu une crise cardiaque, les voleurs tentent de s’échapper et Chun les abat et peut, provisoirement, passer pour un héros défenseur de la loi.
Chun tient trois quartiers et celui dont hérite Dragon est populaire et, en son centre, un établissement où la prostitution et l’opium ont pignon sur rue. Dragon veut arrêter le taulier mais les policiers (dont Ricky Hui et Kenny Bee dans des caméos) de son commissariat sont trop lâches pour l’accompagner. Ils veulent démissionner et Dragon doit mener l’assaut avec ses fidèles lieutenants : Mars, Tai Bo, Chris Lee et Ben Lam. Tout ne se passe pas comme prévu, Tiger, le patron ne se laisse pas faire si facilement. La première séquence de combats peut avoir lieu dans la cabaret où Jcakie Chan et ses cascadeurs vont virevolter les chaises et les tables. Ils montent sur le balcon en un saut et descende les escaliers sur le cul. C’est brillant, vif et d’une précision dans le style que Jackie Chan a inventé.
Le récit prend de l’ampleur avec l’arrivée des personnages féminins. Le film se déroule au début du 20ème siècle quand la Chine subit les soubresauts des révolutionnaires qui veulent renverser l’empire. Mademoiselle Pak (Rosamund Kwan) veut voler des bijoux chez le gouverneur pour acheter des armes. Son personnage rappelle celui de Brigitte Lin dans Pekin Opera Blues, film avec lequel Le Marin des Mers de Chine 2 a quelques similitudes. Avec elle, Maggie Cheung et Carina Lau vont s’introduire dans le palais du gouverneur tandis que Dragon et ses hommes surveillent le lieu. Elles vont faire accuser le policier du vol. Mais elles vont culpabiliser quand elles se rendent compte que Dragon est plutôt dans leur camp. D’autant que Chun en profite pour arrêter Dragon dans le but de s’en débarrasser. Dragon doit prouver son innocence et a compris la machination. Il file chez Maggie dans ce but.
Le film est construit en quelques blocs de longues séquences qui permettent à la mise en scène de s’épanouir et au scénario d’offrir une rare ampleur. Telle cette séquence dans l’appartement de Maggie où Dragon et Mars arrivent. Puis tout le monde se met à venir. Le commissaire Tung, Chun, des Chinois favorables à l’empereur. Chacun doit se cacher pour ne pas être vu de l’autre. Les portes claquent et la folie est générale. Maggie Cheung (qui adopte le point de vue du spectateur) joue la petite fille innocente qui ne comprend pas vraiment tout ce qui se passe. La séquence n’est pas seulement bien construite, elle est aussi hilarante. Tout cela pour finalement arriver au morceau de bravoure final qui se déroule sur un entrepôt du port de Hong Kong. Maggie Cheung et Rosamund Kwan sont de la partie. Jackie Chan manque de se faire écrabouiller. Des pirates viennent l’aider et le tout se termine par un hommage à Buster Keaton. Un pilier de la comédie d’action.
Le Marin des Mers de Chine 2 (Project A II, A計劃續集, 1987) Un film de Jackie Chan avec Jackie Chan, Maggie Cheung, Rosamund Kwan, Carina Lau, Lin Wai, Bill Tung, Kwan Hoi-san, Regina Kent, Wong Man-ying, Mars, Tai Bo, Chris Lee, Ben Lam, Ken Lo, Lau Siu-ming, Jue Tit-who, John Cheung, Lee Hoi-sang, Michael Chan, Hon Yee-sang, Johnny Wang, Kenny Bee, Ricky Hui, Anthony Chan,

lundi 11 octobre 2010

The Wesley's mysterious file

Entre Dance of a dream, jolie comédie musicale, et Infernal affairs, Andrew Lau a offert un écrin pour la carrière d’Andy Lau. Le rôle principal de The Wesley’s mysterious file au titre qui fleure bon l’énigme et l’anticipation. La star ne pouvait pas refuser une telle proposition d’autant que la papier cadeau a été fourni par le mogul génial et décadent Wong Jing. Voilà, un film avec des extra-terrestres qui n’a aucun sens et aucune direction. Dans le jargon, un nanar. C’est en tout ce qu’il est devenu au fil du temps, découvert par un public qui peut le comparer à Star Crash ou Turkish Star Wars.

Wesley est un agent de l’ONU qui aux Etats-Unis rencontre par hasard une femme qui lui rappelle d’étranges souvenirs d’enfance. Cette même personne avait été heurtée par une voiture et du sang bleu coulait de sa blessure. L’institutrice ne voulait pas croire les enfants. Wesley a été puni dans le couloir. Mais la femme, comme dans Men in black, a effacé la mémoire des enfants sauf de Wesley. Ce dernier part enquêter et se retrouve face à deux agents Sue (Shu Qi) et Pak (Roy Cheung), qui bossent pour Double-X, une section qui contrôle les activités extraterrestres.

Car cette femme nommée Fong (Rosamund Kwan) vient d’une autre planète. Il y a deux cents ans, elle est arrivée avec son frère Tan (Samuel Pang) en possession d’un fluide puissant qui guérit tout. Deux méchants aliens joués par Almen Wong et Mark Cheng, qui prennent la forme de qui ils veulent comme dans Terminator veulent ce fluide de sang bleu. Là, un ponte du FBI vient mettre son grain de sel, comme toujours le font toujours les pontes. Il ne croit personne et la catastrophe est proche. Il veut aussi faire des expériences avec le sang de Fong, mais Wesley, tombé amoureux d’elle, entend bien la sauver des tous les périls.

Dire que The Wesley’s mysterious file est mauvais ne saurait pas rendre justice au film. Son scénario est décousu et manque d’inspiration. Les scènes de combat et de gunfights sont plates et molles. L’histoire d’amour intergalactique d’une mièvrerie abyssale. Mais ce sont les effets spéciaux qui navrent le plus. Les transformations des extraterrestres, censées faire peur, sont risibles. Les décors gigantesques masquent à peine le vide des dialogues explicatifs à n’en plus finir, dialogues qui doivent eux faire avancer l’énigme dont on se fout éperdument. Tout ça pour délivrer un message de paix niais et conformiste. Quant à l’humour, seul le petit personnage que joue Wong JIng essaye d’en faire et entre tant de nullité parvient à faire sourire.

Un jour, il faudra que je comprenne pourquoi les dialogues en anglais dans les films de Hong Kong sont aussi mal dits. C’est là sans doute la chose la plus pénible du film. Les interprètes ânonnent leur texte sur un ton monocorde comme s’ils les découvraient au tournage. Cette impression, je l’avais déjà eu dans les films de Tsui Hark en anglais, surtout dans l’affreux Black mask 2. A moins que ce ne soit les cinéastes hongkongais qui exigent de faire dire les dialogues dans un anglais standard. En tout cas, tout sonne faux et The Wesley’s mysterious file est un film bidon.

The Wesley's mysterious file (衛斯理之藍血人, Hong Kong, 2002) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Rosamund Kwan, Shu Qi, Roy Cheung, Almen Wong, Mark Cheng, Wong Jing, Samuel Pang, Reuben Langdon.

jeudi 4 juin 2009

The Magic crane


Le scénario du film vient d’un vieux récit de la littérature chinoise classique déjà adapté au cinéma dans les années 1960. Tsui hark a toujours de l’engouement pour ces récits situés dans une époque passée et légendaire. Son ambition apparaît clairement dès le début du film quand il montre le moine et son disciple (Damian Lau et Tony Leung Chiu-wai) sont au beau milieu de deux confréries d’artistes martiaux. On pense immédiatement à Zu warriors from the magic mountain et pas seulement au début. Tsui Hark cherche évidemment à marcher sur les plates bandes de son propre film.


Inutile de chercher un crâne magique dans ce film, les faux amis en anglais sont parfois légion. The Magic crane, c’est une cigogne magique et cet oiseau géant vient à la rescousse de ceux qui ont des problèmes avec les méchants. Nuage (Anita Mui) chevauche sa cigogne et traverse le ciel avec majesté et son sourire énigmatique. Elle va aider le jeune disciple interprété par Tony Leung Chiu-wai. Et d’ailleurs de deux manières, en le sauvant régulièrement des griffes des vilains et en l’ouvrant à le sexualité, lui pauvre et gentil puceau.


Ainsi The Magic crane va mêler constamment les deux pôles de cette histoire. D’un côté, une aventure extrêmement basique avec des gentils (Lau et Leung) et leurs alliés (Mui et sa cigogne magique) qui vont aller à un tournoi d’arts martiaux. Un jeune prétentieux espère gagner tous les combats y compris avec des moyens peu honnêtes. C’est le chef du clan du Dragon. Il fera office de méchant. Au milieu se trouve le responsable du tournoi. Il est vite débordé par la tournure des événements. Les chefs des écoles martiales vont être empoisonnés et tout va aller de mal en pis.


Régulièrement, de nouveaux personnages arrivent dans le récit pour compliquer un peu tout et donner du ressort à l’histoire. Rosamund Kwan sera l’ennemie de Anita Mui. Ce dernière a pour Maître le père de la première qui l’abandonnée vingt cinq ans auparavant. Elle va cherche à se venger. Les armes que les deux femmes vont utiliser sont le son, le sitar pour Kwan et la flûte pour Mui. Là réside à vrai dire le seul intérêt du film puisqu’elles vont se battre en jouant de la musique. Stephen Chow se rappellera ces combats dans son Crazy kung-fu.


Certes le film est divertissant mais pas forcément pour les raisons valables. On rit franchement aux effets spéciaux basiques (ah, la cigogne en papier mâché) et sur les tonnes de sang déversés. The Magic crane est une variation de nanar surtout avec la venue d’une jeune femme, alliée du clan du Dragon, qui n’hésite à allumer tous les hommes présents. Tsui Hark met une pointe d’érotisme pas franchement brûlant. En fait, c’est même un peu vulgaire. Et le scénario continue à piquer quelques pans de l’histoire de Zu : le vieux enchaîné, les belles femmes vénéneuses et d’autres choses qui montrent que parfois Tsui Hark ne sait rien faire d’autre que de purs produits de consommation qui permirent de tourner de grands et bons films.


The Magic crane (新仙鹤神针, Hong Kong, 1993) Un film de Benny Chan avec Tony Leung Chiu-wai, Anita Mui, Rosamund Kwan, Damian Lau, Lawrence Ng, Jay Lau, Norman Chu.

lundi 27 avril 2009

Dr. Wong en Amérique


Dernier épisode des aventures de Il était une fois en Chine qui voit le retour de Jet Li dans la peau (rouge) de Wong Fei-hung. Tsui Hark produit, mais sous la bannière de la Win’s (comme Claws of steel) et réalisé par un Sammo Hung en petite forme. Il signe aussi la chorégraphie des combats. Et le problème est toujours de faire jouer la comédie aux cascadeurs, qui plus est dans un film essentiellement parlé en cantonais.


Ainsi, Jeff Wolfe, Jason De Hoyos, Daniel Luján qui joue dans le film ont un peu beaucoup de mal à exprimer le moindre sentiment, de colère ou de contentement. Ils font les gros yeux et froncent les sourcils. Puis, direct ils vont se battre contre les méchants qui les ennuient ou parfois contre Wong Fei-hung qui n’en demandaient pas tant. Il faut dire que la maître chinois a perdu la mémoire et qu’il se retrouve au milieu d’une bande d’Indiens (ou de Native-Americans). On ne fera pas attention à l’anachronisme constant de la situation. Wong semble être dans une Amérique du milieu du 19ème siècle. Mais on n’en est plus à ça près.


Reprenons au début. Wong Fei-hung, Tant Yee et Pied-Bot sont en Californie pour retrouver So qui a fondé un Po Chi Lam pour aider les Chinois immigrés après leur travail de mineurs. Tous trois sont dans une diligence de la Wells & Fargo et rencontrent sur leur chemin Billy (Jeff Wolfe) qui va les suivre. La diligence remplace le train mais Wong essaie encore d’apprendre l’anglais. Quelques catastrophes plus tard et un accident de cheval, Wong Fei-hung disparaît et perd la mémoire.


Il se retrouve dans une tribu indienne et, s’il ne sait ne sait plus qui il est, il se souvent toujours des arts martiaux. Ouf, c’est déjà ça. Les deux Indiens (Jason De Hoyos et Daniel Luján) ne voient pas d’un bon œil son arrivée dans la tribu, mais une jeune Indienne commence à sentir le charme de Wong Fei-hung. Ce dernier s’habille comme ses nouveaux comparses tandis que Tante Yee et les autres Chinois tentent en vain de partir à sa recherche. Et dans le même temps, une vague histoire de shériffs corrompus va voler la banque avec l’aide d’une bande de malfrats fort peu avenants.


Il ne faut pas vraiment chercher de scénario valable dans Dr. Wong en Amérique. Deux intrigues sous-tendent le film. La première est encore une fois la relation amoureuse entre Tante Yee et Wong Fei-hung. Il la demande en mariage avec échange de bagues. Une fois sa mémoire perdue, il donne sa propre alliance à la demoiselle indienne. Yee devient très jalouse quand elle apprend cela mais tout redeviendra dans l’ordre. L’autre motif est la dénonciation du racisme des blancs américains face à la fois aux Natives et face aux Chinois. Sammo Hung et son scénariste le fait de manière très grossière.


Dr. Wong en Amérique est parfois divertissement et à vrai dire, il ne faut pas le voir autrement. C’est juste un peu triste de finir la série de cette manière aussi plate, comme si Tsui Hark avait voulu faire exploser son personnage phare en le plaçant dans un rôle d’idiot. Ah, Hung Yan-yan dans le rôle de Pied-Bot est très bien. Il penche sa tête de manière caricaturale et parodique. Sans doute faut-il chercher là la vraie lecture du film, une vision parodique et décadente d’Il était une fois en Chine.


Dr. Wong en Amérique (Once upon a time in China and America, 黄飞鸿之西域雄师, Hong Kong, 1997) Un film de Sammo Hung avec Jet Li, Rosamund Kwan, Hung Yan-yan, Chan Kwok-bong, Richard Ng, Lung Kong, Jeff Wolfe, Joe Sayah, Jason De Hoyos, Daniel Luján.

vendredi 24 avril 2009

Il était une fois en Chine IV : la Danse du Dragon + Dr. Wong et les pirates

Au revoir Jet Li. Bonjour Chiu Man-cheuk. Le nouveau Wong Fei-hung de ces deux Il était une fois en Chine est le jeune acteur inexpérimentée. La Danse du Dragon commence d’ailleurs de la manière la plus traditionnelle avec Fei-hung qui s’entraîne devant ses très nombreux disciples tandis que la musique, que dis-je le tube, retentit. Tsui Hark lance son héros avec une nouvelle figure et un corps neuf tout en agilité.


Pour Tsui Hark au travers de son réalisateur chorégraphe dans La Danse du Dragon, il s’agit d’abord de revenir aux bases du premier épisode avec Jet Li. Ainsi les rois larrons gaffeurs refont surface. Leur trio apporte une touche comique tandis qu’ils déçoivent constamment Wong Fei-hung dans leurs actes. En revanche, le personnage de Rosamund Kwan disparaît au profit de Tante May jouée par Jean Wang. May est comme Yee habillée à l’occidentale. Passée le générique, on retrouve un autre classique : une danse des lions qui permet la rencontre avec Kwan Shing-tao, un patriote chinois qui veut conserver la tradition tout en faisant des lions et autres animaux de parade des armes.


Cette fois le mal occidental est incarné par les Allemands et essentiellement des soldats – qui parlent d’ailleurs allemand. Les occupants ont pour alliés deux Chinois qui se disent ennemis des Ching et qui cherchent à les éliminer. Des femmes combattantes habillées de rouge luttent contre les Allemands sans chercher à être les alliées de quiconque. Les amazones de la Lanterne Rouge veulent protéger la Chine. Wong Fei-hung tombe sous le charme de leur chef et tous deux vont se retrouver en prison ensemble. Et donc s’évader ensemble. Mais les partisans de la Lanterne Rouge sont très revêches et leur alliance va prendre du temps.


A la fin du film, Wong Fei-hung veut quitter la ville et partir vers le sud. A Canton, une bande de pirates fait du chantage à un marchand de riz qui ne peut envoyer sa livraison à Hong Kong. Mais qui pourra le faire. Les pirates coupent les doigts de leurs victimes et le marchand en reçoit toute une boîte. Justement, Wong Fei-hung, ses disciples, son père et May sont dans le coin. Les hommes du marchand les prennent pour les pirates mais Wong Fei-hung va accepter d’aider à chasser les pirates et à éradiquer ce mal. Les marchands connaissent les faits de Wong Fei-hung et applaudissent quand ils se rendent compte qu’ils sont face à des héros.


La bande de Wong Fei-hung va retrouver très vite Tante Yee, qui fait son retour dans l’histoire et permettre au film de renouer avec le flirt amoureux qu’elle entretenait avec le maître. Mais la donnée a changé puisque May est encore là. La jalousie sera désormais entre les deux femmes qui se disputeront les charmes de Fei-hung. Mais le trio va se déplacer vers la quartet amoureux puisque Fu est toujours amoureux du personnage de Rosamund Kwan. On retrouve aussi les personnages du boucher et du bigleux aux grandes dents pour encore plus de comédie loufoque au milieu des combats.


Le pays dans lequel nos héros arrivent est une zone dévastée. La population a fui ou s’enferme chez elle. La police n’est plus payée et refuse d’arrêter les pirates de peur des représailles. Tsui Hark met le doigt sur le chaos qui règne en ce temps-là mais on pense immédiatement à la rétrocession et à la peur qu’elle a amenée à la population de Hong Kong. Mais passé ce court temps où l’histoire se mêle de la politique de l’époque de la réalisation, le film de pirates reprend ses droits. Il va juste falloir trouver des alliés et apprendre le maniement des armes.


Tsui Hark retrouve sa grande forme pour une comédie d’action où les gags fusent sur le bateau. La joyeuse troupe va se faire passer pour une autre bande de pirates et ainsi infiltrer les vrais pirates. Chacun menace de se faire prendre à cause des maladresses tandis que Wong Fei-hung se fait séduire par la copine du chef des pirates. Mais tel est pris qui croyait prendre. Les pièges seront légion pour notre plus grand plaisir.


Le contexte historique est désormais très absent des deux films qui se contentent de proposer des aventures qui évoquent pour La Danse du Dragon largement les Swordsman de Ching Siu-tung. Par ailleurs, les membres de la Lanterne Rouge rappellent ceux de la secte du Lotus Blanc. Dans Dr. Wong et les pirates, Tsui Hark aborde le pur film d’aventures dans la tradition américaine avec trésor, cachettes secrètes et trahisons. Les deux films sont surtout l’occasion d’être une suite quasi ininterrompue de combats aériens qui défient les lois de l’attraction sans se soucier du moindre réalisme. Wong Fei-hung en oublierait presque sa légendaire sagesse. D’une certaine manière, seul le nom du personnage demeure. Le reste n’est qu’aventures rocambolesques, certes distrayantes mais strictement commerciales, histoire de mettre à profit la franchise lancée par Tsui Hark.


Il était une fois en Chine IV : La Danse du Dragon (Once upon a time in China IV, 黄飞鸿 IV:王者之风, Hong Kong, 1993) Un film de Yuen Bun avec Chiu Man-cheuk, Hung Yanyan, Max Mok, Jean Wang, Lau Shun, Billy Chow.

Dr. Wong et les pirates (Once upon a time in China V, 黄飞鸿 V龙城歼霸, Hong Kong, 1994) Un film de Tsui Hark avec Chiu Man-cheuk, Rosamund Kwan, Zhao Wenzhuo, Hung Yan-yan, Max Mok, Jean Wang, Kent Cheng, Kwok Chu-on.