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jeudi 19 décembre 2013

Sorties à Hong Kong (décembre 2013) Firestorm


Firestorm (風暴, Chine – Hong Kong, 2013) 
Un film d’Alan Yuen avec Andy Lau, Lam Ka-tung, Yao Chen, Ray Lui, Hu Jun, Michael Wong, Michael Tong, Cheung Kwok-keung, Bonnie Sin, William Chan, Patrick Keung, Eddie Cheung, Wong Cho-lam, Kenny Wong, Oscar Leung, Vincent Sze, Terence Yin, Grace Wong, Hinson Chou. 110 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 19 décembre 2013.

samedi 9 novembre 2013

Three against the world


Dans cette sympathique comédie d’action qu’est Three against the world, les trois héros tournent autour d’un trésor antique, en l’occurrence un exemplaire incunable du Coran. L’un doit le protéger contre les deux autres qui veulent s’en emparer. Andy Lau est Charlie Chan, prenant le nom du personnage de détective inventé par la 20th Century Fox dans les années 1930, époque où se déroule Three against the world. Charlie Chan a été engagé par Monsieur Ng (Cheng Kwun-min) pour assurer la sécurité du précieux parchemin.

Ses deux adversaires, il les connait depuis des lustres car ils se croisent régulièrement. Le premier est Ma Yun-lung (Norman Chu, belle coupe de cheveux en mulette) et le deuxième est Cho Fei-fan (Teddy Robin), qui se déplace avec une canne. Ils arrivent en fanfare dans la salle d’exposition. Chacun prétend avoir une bonne raison de l’avoir. Fan est embauché par Sung (Wong Chi-keung) qui posséder ce trésor. Ma affirme vouloir rendre justice au père de sa fiancée qui a trouvé ce Coran.

L’enjeu du film est pour Charlie Chan de trouver le moyen de ne pas laisser les deux hommes voler l’objet et pour les deux autres toutes les ruses sont bonnes pour parvenir à leur fin. Ma avec sa fiancée (Che Ling) se déguise en médecin et elle en femme enceinte. Ils font croire à un accouchement devant le trésor, se barricade derrière des paravents à l’abri des regards. Fan fait fabriquer un faux Coran par un faussaire (doublement interprété par Yuen Woo-ping et Wu Ma) pour le substituer au vrai.

La malice de Charlie Chan empêche les voleurs de mener leur mission à bien. Il trouve toujours une combine pour humilier ses adversaires. Il est aidé par Hsiao Ming (Chin Ka-lok), le fils du propriétaire du salon d’exposition. Le jeune Ming s’avère la plupart du temps maladroit dans sa tâche, il se fait repérer dans ses filatures en vélo (il tente de suivre Fan en vélo) et se prend quelques coups de poing dans la figure et son entre-jambe. Son personnage est l’expression du sens burlesque du film. Le comique vient aussi des caméos dont Shing Fui-on, Chiu Chi-ling.

Le scénario de Three against the world part dans tous les sens sans s’occuper de la moindre vraisemblance. Ça n’est à vrai dire pas très grave puisque ce qui est attendu, ce sont surtout les scènes d’action orchestrées par Yuen Wah. Ni Andy Lau, Norman Chu ou Teddy Robin ne sont des artistes martiales, les scènes de combat sont donc parodiques (la vitesse est accélérée) et jouent sur la différence physique entre les acteurs. Teddy Robin, avec sa petite taille, devrait être le premier battu mais c’est lui, par la grâce des trucages, qui domine les autres.

Les trois héros ne sont pas les seuls à se battre et à se menacer avec leur révolver (les leitmotive de John Woo sont allégrement pillés), les personnages féminins donnent aussi du coup de pied. En tête, la fille de Cho Fei-fan (Sandy Lam), qui virevolte dans les airs et bastonne le gentil Hsiao Ming. Il ne faut non plus oublier la romance dévolue au personnage de Rosamund Kwan, incarnation de la femme fatale en belles robes qui séduit Charlie Chan. Un film donc aux trop nombreux ingrédients auquel il manque un liant pour ne pas être autant indigeste.

Three against the world (群龍奪寶, Hong Kong, 1988) Un film de Brandy Yuen avec Andy Lau, Teddy Robin, Norman Chu, Rosamund Kwan, Sandy Lam, Che Ling, Chin Ka-lok, Teddy Yip, Chung Faat, Cheng Kwun-min, Yuen Woo-ping, Wu Ma, Walter Tso, Wong Chi-keung, Shing Fui-on, Chiu Chi-ling, Ka Lee, Corey Yuen.

lundi 7 octobre 2013

Blind detective


C’est le grand retour du duo Sammi Cheng et Andy Lau sous la caméra de Johnnie To et Wai Ka-fai (ici uniquement scénariste). Après la timidité maladive dans Needing you, l’obésité dans Love on a diet et la leucémie dans Yesterday once more, le quatuor explore dans Blind detective la cécité  accidentelle de son personnage masculin principal, Johnston incarné par Andy Lau. Ancien policier, il a perdu la vue quatre ans auparavant lors d’une enquête. Depuis, il est chasseur de primes, tentant d’arrêter, avant la police, des personnes criminelles recherchées.

Le film commence ainsi, par une filature de Johnston dans la rue. Il a développé son odorat et suit un homme qui attaque la population à l’acide chlorhydrique. De loin, son ancien partenaire, Szeto Fatbo (Guo Tao) surveille l’affaire. Il a envoyé Ho (Sammi Cheng), une femme policier, acheter de quoi manger pendant la planque mais quand Szeto aperçoit Johnston dans la rue, il la charge de le suivre. Elle va se retrouver avec le chasseur de primes en haut d’un immeuble en train d’empêcher l’attentat d’être commis.

Le film est basé sur leurs relations de travail et n’envisage pas, dans presque toute sa durée, de romance entre Ho et Johnston. Elle l’engage parce qu’elle a entendu parler de lui et qu’elle admire ses résultats. Ho cherche à savoir ce qu’est devenue Minnie, une adolescente qu’elle voyait souvent devant chez elle et qui a disparu du jour au lendemain. Johnston accepte cette affaire en lui faisant passer des tests : elle pourra courir pour poursuivre suspects récalcitrants, elle lui servira de guide en étant ses yeux.

Les méthodes d’investigation de Johnston sont peu orthodoxes, Ho va vite se rendre compte de ses excentricités qui sont autant de gags burlesques. Il ne réfléchit qu’en mangeant fréquentant autant de restaurants qu’il y a d’avancées dans l’enquête qu’il mène. Quand il consulte dossiers que lui confie son ancien partenaire, le premier suspect interrogé se trouve toujours à côté d’un bon restaurant. Il a une passion pour les tripes qu’il mange avec un plaisir sans fin, se léchant les babines avec un grand sourire. Il parle très fort, s’énerve souvent et se montre inflexible dans ses directives.

Johnston initie Ho à ses curieuses reconstitutions des scènes de crime. Il joue tout ce qui a pu se passer, laissant libre court à son imagination débridée. Wai Ka-fai, scénariste ne se prive pas pour faire de ses reconstituions macabres des moments comiques irrésistibles. Pour le détective aveugle, il s’agit de mettre en scène les meurtres. Il connait le début et la fin des situations entre la victime et le suspect, Johnston se charge de recréer le milieu. Chacun prenant un rôle, recevant des coups de marteau sur la tête, étranglant un cou. Les personnages du passé se mettent à discuter avec Ho et Johnston dans des flashbacks imaginaires.

Seulement voilà, Ho est suffisamment maline pour comprendre que le détective aveugle ne l’aide pas vraiment dans la recherche de Minnie. En effet, il profite des yeux et des jambes de la policière pour travailler quelques cas irrésolus (immense second rôle de Lam Suet en joueur dans un casino de Macao que Ho tente d’énerver pour lui tendre un piège mais qui kidnappe Johnston). Chaque fois, Johnston ment allégrement en affirmant que l’enquête en cours a un rapport avec celle de Minnie. Il devra se résoudre à aider Ho.

Les deux protagonistes de Blind detective ont surtout à réconcilier avec leur passé. Ho cherche à retrouver Minnie qui a disparu en 1997. Elle culpabilise de n’avoir pas répondu à son appel tandis qu’elle était dans la rue en train de se taillader le bras. Johnston cherche à rentrer en contact avec Ding-ding (Gao Yuan-yuan) qu’il aimait avant de devenir aveugle, une jeune et belle professeur de danse qu’il regardait avec Szeto quand il faisait une pause pour manger des tripes. Il cherche à rattraper un passé qui se trouvera être une impasse pour lui.

C’est peu de dire que ce nouveau film de Johnnie To est un plaisir de spectateur, que le scénario de Wai Ka-fai et Yau Nai-hoi amène son lot de rebondissements, d’action, et d’humour liant chaque récit du passé avec la situation actuelle de Ho et Johnston. Il est plus accompli que Mad detective, auquel on pense souvent, tout en étant aussi foutraque. Blind detective n’est pas sans défaut et se force un peu à créer une histoire d’amour entre Ho et Johnston dans la toute dernière partie du film, mais en ces temps de disette dans le cinéma de Hong Kong, il est tellement rare de voir un film aussi maîtrisé qu’il serait inconvenant de faire la fine bouche.

Blind detective (盲探, Hong Kong, 2013) Un film de Johnnie To avec Andy Lau, Sammi Cheng, Guo Tao, Gao Yuan-yuan, Lo Hoi-pang, Bonnie Wong, Lam Suet, Patrick Keung, Zi Yi, Lang Yue-ting, Eileen Yeow.

lundi 29 juillet 2013

Don't fool me


Ils étaient amis au lycée et un jour, ils se retrouvent après des années sans s’êtres vus. Hero Wah (Andy Lau) n’a jamais eu de diplôme. Petite frappe qui vit grâce à ses poings qu’il utilise à escroquer de pauvres gens (dont le gentil Wong Yat-san alias la Tortue) pour le compte de Shing Fui-on, un sbire des triades. Cheung Ho-kit (Tony Leung Chiu-wai) est courtier en assurance et travaille pour une grosse entreprise. Kit fait comprendre à Wah que son boulot est bien plus compliqué que le sien tant il doit croiser des gens bizarres. Ils décident alors d’échanger leur poste pour faire le travail de l’autre.

Changement d’abord de tenue. Wah troque ses fringues décontractées pour un costume de bureau. Hero Wah rencontre Madame Mui (Teresa Mo), la stricte patronne de Kit. Elle impose une discipline à ses employés et Wah, qui fait exploser les règles, va séduire cette patronne coincée. Quant à Kit, il débarque sur une course illégale de voitures. Son costume cravate le fait immédiatement remarqué par tous, et surtout Fanny (Fennie Yuen), qui sur sa moto aide Kit à s’échapper quand la police débarque. Il découvre que Fanny est la fille d’un chef de gang (Michael Chan).

L’habit fait le moine et Fanny va relooker son nouveau protégé avec une veste en jean’s et du gel dans les cheveux. Une bonne partie de l’humour du film est autour de l’apparence des acteurs (« Madame Mui, comme Anita Mui », dit Wah à Kit), les coupes des acteurs (les cheveux bouclés ridicules de Teresa Mo et Anthony Wong) et les fringues tape-à-l’œil dont se moquent les personnages (le costume de Michael Chan), les différents costumes que porte Andy Lau pour son premier jour de travail : une veste violette, puis une tenue traditionnelle chinois et enfin une djellaba comme s’il était un cheikh arabe.

Le duo entre Tony Leung Chiu-wai et Andy Lau est finalement assez peu présent dans Don’t fool me. Les deux acteurs se rencontrent qu’en début et en fin de film, tout le reste est dévolu à leur romance respective car bien évidemment, les deux hommes vont se disputer avec leur petite copine avant la réconciliation finale. Car les deux gars vont s’améliorer au contact des femmes au caractère bien trempé. Le film d’Herman Yau est une comédie burlesque qui joue sur l’incompétence de chaque personnage dans un univers inconnu. En gros, les triades ce n’est pas si éloigné que ça du milieu des assurances. Les gags qui traversent Don’t fool me sont d’abord du comique de la situation d’échange des emplois.

Certains gags visuels illustrent l’idée non-sensique en vogue à cette époque : une confrontation entre Andy Lau et Anthony Wong au restaurant. Ce dernier jette au visage tous les ingrédients qui se trouvent sur sa table et Andy Lau les rattrape dans sa bouche. Vers la fin du film, les deux héros sont suspendus à une corde d’un immeuble d’où ils s’échappaient mais ils sont à 50 centimètres. La scène finale de prise d’otages qui tourne au grotesque avec la TV en direct. On sent que de nombreux jeux de mots existent dans les dialogues, pas forcément détectables grâce aux sous-titres. Du coup, Don’t fool me navigue suivant la qualité des gags entre le très nul et l’hilarant.

Don't fool me (
中環英雄, Hong Kong, 1991) Un film de Herman Yau avec Andy Lau, Tony Leung Chiu-wai, Teresa Mo, Fennie Yuen, Michael Chan, Shing Fui-on, Anthony Wong, Charine Chan, Wong Yat-san, Jeffrey Lam, Chow Mei-yan, Lee Hoi-sang, Wong Chi-keung, Bruce Law.

jeudi 4 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) Blind detective

Blind detective (盲探, Hong Kong, 2013)
Un film de Johnnie To avec Andy Lau, Sammi Cheng, Guo Tao, Gao Yuan-yuan, Lo Hoi-pang, Bonnie Wong, Lam Suet, Patrick Keung, Zi Yi, Lang Yue-ting, Eileen Yeow. 130 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 4 juillet 2013.




mercredi 12 juin 2013

Sorties à Hong Kong (juin 2013) Switch


Switch (天機.富春山居圖, Hong Kong – Chine, 2013)
Un film de Francis Brown avec Andy Lau, Zhang Jing-chu, Tong Da-wei, Lin Chi-ling, Vanessa Wang, Zeng Linshu, Luo Wenbo, Wang Ruizi, Li Wanyi, Cherry Wang, Lin Xiya, Shi Tianqi, Zou Na, Baha Guli, Tan Songyun, Tian Tong. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 12 juin 2013.

mercredi 8 mai 2013

Sortie en France d'Une vie simple d'Ann Hui

La sortie en salles d'Une vie simple est une bonne nouvelle. Ann Hui, hormis quelques éditions en dvd, a rarement eu la chance de voir ses films distribués. 29 cinémas proposent le film, il ne faut pas hésiter tant la qualité du dernier film de la réalisatrice est grande. Le film a reçu en 2012 les principaux Hong Kong Film Awards. Ann Hui poursuit ainsi son analyse de la vieillesse en Chine et à Hong Kong, après The Postmodern life of my aunt en 2007 et The Way we are en 2008

Mon texte sur Une vie simple.


samedi 6 avril 2013

Nos années sauvages


Finalement, raconter l’histoire de Nos années sauvages est assez simple. York (Leslie Cheung), un jeune homme sûr de son pouvoir de séduction drague Chun (Maggie Cheung), une jeune femme réservée qui lui résiste. York rencontre Mimi (Carina Lau), une chanteuse de cabaret au caractère opposé à Chun. Ils couchent ensemble. Chun en est jalouse et va espionner York. Un flic en patrouille (Andy Lau) la remarque et va discuter avec elle. Le meilleur ami de York (Jacky Cheung) est en admiration devant lui et cherche à imiter tous ces gestes de séduction, en espérant draguer des filles. Enfin, la mère de York (Rebecca Pan) lui donne, après des années, le nom de sa vraie mère qui vit aux Philippines. C’est une ancienne prostituée qui entretient un jeune gigolo. York va s’y rendre et y rencontrer le flic qui a décidé de s’engager dans la Marine. Tout ce passe en 1960 à Hong Kong dans un quartier populaire.

Evidemment, raconter comme ça le film n’indique en rien du style du deuxième film de Wong Kar-wai. Nos années sauvages a l’apparence d’un mélodrame amoureux contrarié et le cinéaste déstructure son récit en supprimant les liaisons entre les séquences et dans une même séquence entre les scènes. L’exemple le plus frappant est dans l’ouverture du film. York se rend au guichet que tien Chun pour acheter un soda. La première scène est complète, il commande sa boisson, elle lui donne le tarif, il paie, il lui dit que cette nuit elle rêvera de lui, il lui demande son nom puis s’en va. Cette scène initiale est répétée plusieurs fois et chaque fois, un élément est supprimé pour n’arriver qu’à York qui arrive. Retrancher pour arriver à son objectif : montrer l’arrivée de la fascination de Chun pour cet homme mystérieux. Les plans sur l’horloge fixent le rendez-vous quotidien et son tic-tac qui se fait entendre sur toutes ces scènes crée une continuité paradoxale.

Wong Kar-wai n’hésite pas à abandonner un duo de personnages pendant de longues minutes pour se consacrer à un autre duo : Leslie/Maggie puis Leslie/Carina suivi de Maggie/Andy puis Leslie/Rebecca suivi de Jacky/Carina pour finir avec Leslie/Andy. Ce parti pris formel reflète le choc émotionnel dans lesquels vivent les personnages. Andy et Leslie ont des problèmes relationnels avec leur mère, le flic attend qu’elle meure pour partir loin de Hong Kong, York souffre du manque d’affection de Rebecca, sa mère adoptive. Maggie est une exilée qui vient de Macao, la froideur de Leslie la rend triste et amère. Jacky, l’ami de Leslie, ne vit que dans le modèle dégénéré de son mentor. Jamais il n’arrivera à l’égaler. Carina est un personnage toujours proche de la crise. Là aussi les discussions entre les personnages restent en creux comme pour ne pas à donner trop de psychologie. Ce sont les objets qui caractérisent le mieux les personnages de Nos années sauvages : le peigne de Leslie, sa voiture rutilante que Jacky s’accapare pour draguer (en vain), les boucles d’oreille que vole Carina, les vieux disques qui servent de fon sonore et les robes colorées de Rebecca et Carina.

Ce traitement du scénario crée une grande mélancolie qui est accentuée par les choix des décors. Pendant toute la première heure, on a l’impression que Hong Kong est une ville vidée de ses habitants. Les rares scènes d’extérieur se déroulent de nuit, dans des rues vides et sous la pluie (les longues discussions entre Andy et Maggie lors de leurs promenades). Les intérieurs (le lieu de travail de Maggie, l’appartement de Leslie) finissent par devenir étouffant et trop petits pour les personnages qui ne cessent de se disputer. Les murs sont décrépis, sales et verdâtres. Pour échapper à cette asphyxie, les deux hommes vont quitter leur pays. La dernière demi-heure se déroule aux Philippines. Là-bas, la vie ne sera pas meilleure malgré l’espace plus important (la forêt découverte dans le générique d’ouverture, le restaurant où ils vont se battre). Ils sont pris au piège d’un destin qu’ils ne contrôlent pas et qui les broie. Certes, le film n’est pas dépourvu d’afféteries, le cinéaste cherchait encore la ligne forte de son style qui tranchait singulièrement avec les autres productions hongkongaises de l’époque. Le film se termine par une courte apparition de Tony Leung Chiu-wai qui s’habille dans une caravane. Déconnectée du reste du récit, ce personnage était prévu pour lancer une suite immédiate à Nos années sauvages. Elle ne sera jamais tournée.

Nos années sauvages (Days of being wild, 阿飛正傳, Hong Kong, 1990) Un film de Wong Kar-wai avec Leslie Cheung, Andy Lau, Maggie Cheung, Carina Lau, Jacky Cheung, Rebecca Pan, Tony Leung Chiu-wai.

jeudi 14 mars 2013

Cold war


Un attentat a lieu au beau milieu du quartier de Mongkok dans le cinéma Broadway Circuit. La police est en alerte. Ailleurs, sur l’autoroute, un homme alcoolisé roule à toute vitesse. Cold war démarre sur les chapeaux de roue avec une scène rapide et inspirée, ce qui en cette période de vache maigre est très agréable. Rien à voir entre les deux faits si ce n’est que les cinq policiers, venus arrêter le chauffard, vont être enlevés par des terroristes masqués. Le commissaire en chef (Michael Wong, qui comme à son habitude parle anglais mais qui par chance vient juste faire une courte apparition) est absent. Il confie les rênes de l’enquête à ses deux divisionnaires : Sean Lau (Aaron Kwok), responsable du personnel, et MB Lee (Tony Leung Ka-fai), responsable des opérations. C’est ce dernier qui chapeaute le tout et décide de d’appeler l’opération « Cold war ». Une cellule de crise se met en place dans les locaux immenses et glaciaux des quartiers généraux de la police.

Ce qui impressionne également est le casting pléthorique du film : Lam Ka-tung, Andy On, Charlie Yeung, Terence Yin, Chin Ka-lok et un caméo d’Andy Lau. Chacun a une spécialité dans la police qu’il va utiliser pour tenter de retrouver les flics disparus. Cold war est une course contre la montre où les ravisseurs demandent une rançon. Les policiers sont menés d’un lieu à un autre. La cale d’un bateau est remplie de dynamite. Les matelots sont interrogés avec violence, torturés à l’ancienne par Kwong (Lam Ka-tung) et Shek (Andy On). Un paquet est déposé à la police, il contient un portable pour communiquer avec les bandits. To (Terence Yin), l’informaticien, va tenter de tracer le portable et les GPS des flics enlevés. Le thriller se met en place avec un grand renfort d’effets sonores, la musique tonitruante de Peter Kam appuie chaque moment de suspense et de tension. Quand Vincent (Chin Ka-lok), le fidèle homme de main de Lau meurt sous les balles, sa veuve se crispe de douleur et se met en colère. L’émotion qui devait se dégager de son chagrin ne parvient pas à se créer.

Seulement voilà, la guerre des chefs s’empare de la police. En effet, l’un des policiers enlevés est Joe Lee (Eddie Peng), le fils de MB Lee. Lau estime qu’il a outrepassé ses pouvoirs et qu’il ne peut plus diligenter les investigations. Le film s’engage alors dans de longues scènes de dialogues, ou plutôt d’engueulades entre les deux divisionnaires. Tony Leung Ka-fai est impressionnant avec son crâne rasé et sa barbe. Comme à son habitude, il sait donner du poids à son personnage, élevant la voix avec un regard de fou furieux. Mais le problème réside moins dans le jeu des acteurs (ils sont tous bons) que dans le statisme de ces scènes. Longman Leung et Sunny Luk, qui tournent leur premier film en tant que réalisateurs, ne savent pas comment filmer les dialogues si ce n’est en champ contre-champ des personnages qui parlent entre eux. Le rythme retombe donc fréquemment jusqu’au coup de théâtre suivant qui amène une nouvelle scène d’action.

Une fois les cinq policiers retrouvés, Cold war change de cap avec l’arrivée de deux nouveaux personnages venus mettre leur nez dans toute cette histoire. Mak (Alex Tsui) et Cheung (Aarif Lee) pensent qu’une taupe est responsable de l’enlèvement des cinq policiers. Le film repart donc sur une nouvelle enquête où chaque policier est un suspect en puissance. La tension passe cette fois dans les joutes verbales entre Cheung et les autres, que le jeune policier interroge. Le climax étant l’affrontement avec MB Lee qui, grâce à son sens du discours, parvient à retourner l’interrogatoire en contre-interrogatoire. Evidemment, Tony Leung Ka-fai fait tout le boulot, Aarif Lee fait ce qu’il peut face au talent monstre de son aîné.  Cold war évoque dans cette deuxième partie les luttes de pouvoirs à l’intérieur de la police. MB Lee, comme Lau, veulent la place de chef. Le film, avec son scénario rempli de rebondissements, est malin et, ce qui ne gâche rien, est esthétiquement agréable. Les deux cinéastes lorgnent du côté d’Infernal affairs mais en éludant totalement la vie privée des personnages ce qui les prive d’une complexité psychologique qui aurait permis qu’on se sente plus proches d’eux. Eux aussi veulent la place de chefs du film policier d’action depuis qu’Andrew Lau, parti faire des romances en Chine, a laissé la place vacante.

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012) Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau, Alex Tsui.

lundi 26 novembre 2012

The Conman


Après la réussite de The God of gamblers, Wong Jing a passé toute la décennie suivante à tourner des suites et autres variations sur les joueurs de poker, en plus de ses autres films. Dans The Conman, Andy Lau est King dont le rêve est de vaincre Macao Mon (Jack Kao), champion de poker. Pour cela, il doit trouver les fonds pour parier. Avec la complicité de son ami Chung (Emotion Cheung), il triche à une partie mais ses concurrents mettent à jour sa supercherie. Une baston éclate, King tue un homme et se retrouve en prison. Blessé dans la bagarre, il perd une partie des facultés visuelles et ne distinguent plus les couleurs. Son point de vue sera désormais en noir et blanc avec force plans en caméra subjective. Cinq ans plus tard, il sort de prison, ses cheveux sont devenus blancs. Là, l’attend Dragon (Nick Cheung) dépêché par l’un de ses derniers amis pour s’occuper de lui.

Pas de chance pour King qui espérait un peu de calme, Dragon est un jeune gars impulsif, toujours prêt à donner du poing chaque fois qu’on le contredit. Il faudra toute la patience de King pour lui inculquer la bonne méthode pour ne pas se faire plumer dans les parties de carte. Il lui prodigue une bonne leçon quand Eastwood (Karel Wong – quel drôle de nom de personnage), flic pourri, l’escroque. Dragon n’a jamais d’argent et va régulièrement taxer sa sœur Ching (Athena Chu) qui tient un billard. Avec son grand cœur, King l’aide à se débarrasser de Rocky (Frankie Ng), brute épaisse qui lui fait du rentre dedans. Ching est fiancé à un certain Raymond (Alan Lam), soi-disant étudiant aux USA, mais King aura tôt fait de le démasquer. C’est qu’il est tombé amoureux de la belle, malgré leur différence d’âge, comme elle le souligne. Voilà pour la partie romance de The Conman : prévisible et attendue, avec une scène d’amour ridicule.

Avant de passer par la case prison, King avait une épouse, Fanny (Angie Cheung) qu’il trompait allégrement. Elle lui annonce qu’elle est enceinte, qu’elle le quitte et que jamais il ne verra leur enfant. La partie mélo du film commence quand King part à sa recherche à sa sortie de prison. Il pense l’apercevoir au loin. Un jour, lors d’un tournoi de poker, il retrouve Chung, son ancien comparse qu’il croyait mort. Il lui annonce que Fanny est morte ainsi que son fils. En vérité, ils vivent tous les trois ensemble. Le gamin a un problème à la jambe. Sur une musique larmoyante, King va passer quelques moments avec son fils à faire du manège. Ça se veut émouvant, là aussi c’est franchement très mièvre. La vengeance de Handsome (Waise Lee), frère de l’homme tué par King, va commencer. Il va kidnapper Fanny et Chung pour faire un chantage à King : affronter Macao Mon. Car en fait, comme tous les sales traitres, Handsome veut tuer son patron et il a besoin de l’aide de King. Pour encore plus faire dans le racoleur, l’enfant va se retrouver à l’hôpital, après que le sale flic corrompu l’ait poussé dans un escalator.

Comme il se doit, The Conman se termine sur une partie de poker sur un bateau (pourquoi faire original ?). Là, il faut bien reconnaitre que ce qui n’aurait pu être qu’un autre combat à suspense comme les autres se transforme en jeu burlesque. Plus tôt dans le film, King avait appris à Rocky (avec qui il avait eu le temps de sympathiser par miracle en lui enseignant la bonne méthode pour gagner au billard) comment jouer correctement au poker. Chez Wong Jing, c’est très simple, quand la musique (médiocre) se fait guillerette, on sait que l’on va pencher vers la comédie. King calme les ardeurs de ses deux disciples en bon sifu qu’il est. Mais je reviens à cette fin qui fonce dans le grand n’importe quoi. Wong Jing, jamais à court d’idées débiles entre en scène, coiffé d’une perruque afro. La partie finale se déroule le jour de la finale de la coupe du monde de football 1998. En plus du poker, le pari porte sur qui de la France ou du Brésil va gagner. Wong Jing et ses acolytes vont rejouer le match sur un mode burlesque. De fausses publicités hilarantes et parodiques, où Nick Cheung et Wong Jing se déguisent, ponctuent le match. Cette séquence, assez drôle, reste le meilleur moment d’un film franchement poussif.

The Conman (賭俠1999, Hong Kong, 1998) Un film de Wong Jing avec Andy Lau, Nick Cheung, Athena Chu, Waise Lee, Emotion Cheung, Angie Cheung, Jack Kao, Wong Jing, Frankie Ng, Ben Ng, Alan Lam, Lee Siu-kei, Karel Wong.

jeudi 8 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 novembre 2012.

samedi 7 juillet 2012

Une vie simple



Avec A simple life (présenté au Festival de Venise 2011 où Deannie Yip reçut le prix d’interprétation féminine), Ann Hui poursuit son approche de la vieillesse des habitants de Hong Kong après The Way we are. Deannie Yip est Chung Chun-tao, que tout le monde appelle Ah Tao. Célibataire, elle a passé toute sa vie a été la bonne à tout faire, la femme de ménage et la nurse de la famille de Roger Leung (Andy Lau). Il a été élevé, ainsi que sa sœur et son frère, par Tao qui a été au service des Leung pendant soixante ans. Le pré-générique du film indique que Tao a été « adoptée » à l’âge de dix ans par le grand-père de Roger. C’était alors la guerre et son destin de fille de personne la condamnait sans cela.

La fin de l’autonomie pour la vieille dame est arrivée. Elle est victime d’une crise cardiaque. Roger a décidé de s’occuper d’elle. Elle a lui tant donné et veut l’en remercier en retour. Il est producteur de cinéma ce qui permet de le mettre en scène avec Tsui Hark et Sammo Hung, ses deux partenaires de Detective Dee, pour un moment humoristique où ils sont censés concevoir un film ensemble en Chine et qu’ils tentent (avec succès) de faire cracher au bassinet un producteur chinois. Plus tard dans le film, Roger et Tao assistent à l’avant première de ce film (dont Roger dira qu’il est mauvais) et on voit dans l’assistance Raymond Chow, Andrew Lau, John Shum ou le réalisateur chinois Ning Hao, poulain de la société Focus d’Andy Lau. Un peu de pub ne fait pas de mal.

Tao reste handicapée. Son côté gauche ne fonctionne plus. Roger cherche une maison de repos, un hospice de vieux où elle pourra être soignée. Cette recherche n’est pas simple, son interlocutrice lui fait clairement comprendre que plus il pourra payer, mieux elle sera soignée. On pense d’abord qu’Ann Hui cherche à faire un film pamphlet sur les mauvais traitements que subissent les vieux, sur leur abandon par la nouvelle génération. Mais elle parvient à déjouer les écueils du film social. Roger parvient à magouiller une place pour sa vieille nourrice grâce à sa rencontre avec Grasshopper (Anthony Wong), un homme un peu étrange qui porte un bandeau sur l’œil. Ils semblent être amis depuis longtemps. Tao sera soignée par l’infirmière Choi (Qin Hailu).

La majorité du film se déroulera dans cet hospice de vieux. Tao a d’abord un peu de mal à s’y faire puis elle rencontre ses coturnes. Beaucoup de vieilles dames avec leurs soucis de sante et aussi monsieur Kin (Paul Chun) qui vient bousculer tout en proposant de donner des cours de danse, en faisant des blagues et surtout en demandant régulièrement 300 HK$ pour ses « besoins » personnels. La belle idée de A simple life est de s’adapter au rythme de son personnage principal, d’y montrer une vie lente mais qui vibre encore beaucoup. L’énergie de Deannie Yip, son jeu fort, son regard perçant sont pour beaucoup dans la réussite du film qui se veut le plus réaliste possible sans tomber à aucun moment dans le moindre misérabilisme.

Le film montre aussi une société chinoise qui a radicalement changé dans se hiérarchisation de ses classes sociales. Tao a toujours fait partie des gens qui servent les riches. Elle refuse de se faire soigner les dents par un dentiste incarné par Chapman To. Or, ces gens riches sont aujourd’hui devenus banals comme le montre cette scène où Roger, parce qu’il s’habille simplement, sans luxe, est pris par une secrétaire pour le plombier. Mais pour Tao, il faut continuer de perpétuer cette manière en restant obséquieuse devant la mère de Roger, en refusant cet argent dont elle pourtant bien besoin. Pas seulement un portrait sur la vieillesse, A simple life est un beau film sur l’amitié entre les âges qui parvient à donner la dose juste de l’émotion et de du sourire comme dans cette belle scène où Roger et ses anciens copains d’enfance parlent à Tao au téléphone et qu’elle les reconnait tous.

Une vie simple (A simple life, 桃姐, Hong Kong, 2011) Un film d’Ann Hui avec Andy Lau, Deannie Yip, Wang Fu-li, Qin Hailu, Lam Yi-man, Paul Chun, Hui Pik-kei, Elena Kong, Anthony Wong, Yu Man-si, Don Yu Dong, Helena Law, Sammo Hung, Tsui Hark, Chapman To, Ning Hao, John Shum, Raymond Chow, AngelaBaby, Leung Tin, Hui Siu-ying, Tam Bing-man, Andrew Lau, Gung Suet-fa, Joe Cheung.

dimanche 25 mars 2012

Cat and mouse


Tout le monde s’ennuie à la cour de l’empereur. Et en premier lieu, le sabreur Zhan (Andy Lau), bras droit du juge impérial Bao (Anthony Wong). Aucune plainte, aucun procès, aucun jugement. Et pourtant, Zhan a bien quelques soupçons sur des magistrats corrompus. Le seul acte qu’il a le droit de faire est de découper avec son sabre la peau du rhinocéros apporté par une vieille femme à moitié folle. L’ennui va pousser Zhan à prendre quelques jours de repos. Incognito, il découvre qu’il se fait brocarder par un homme Chan (Wong Yat-fei) qui se vante d’exploits jamais accomplis contre lui. Frère Bai (Cecilia Cheung) lui rabat le claquet, sous le regard intrigué de Zhan, qui se demande qui est cet homme.

Bai n’est bien sûr pas un homme puisque c’est la belle Cecilia Cheung qui le joue. Mais elle est, sans habileté, déguisée avec une fine moustache et un brin de barbe, histoire de parodier certains wu xia pian où les actrices se faisaient passer pour des hommes (L’Hirondelle d’or par exemple). Variation de Robin des Bois, Bai est à la tête d’une bande de joyeux lurons, appelée les Cinq Souris, dans laquelle on reconnait Chapman To et Lam Tze-chung, inventeurs d’armes plus redoutables les unes que les autres. Cat and mouse joue sur les anachronismes : les deux hommes fabriquent un bazooka, Bai salue les gens comme un rappeur. La bande est engagée par Pang (Ng Yuet), un homme riche mais corrompu, pour supprimer Bao qui risque de mettre le nez dans ses affaires.

Si Bai est la souris, Zhan est le chat. Par un malheureux concours de circonstance, il se retrouve à devoir être le gardien du gros chat de l’impératrice, une amie proche de Pang. Un jeu du chat et de la souris va s’engager entre eux deux. Cela ravit les deux personnages qui vont avoir un peu d’action et devoir choisir leur camp. Bai doit supprimer le patron de Zhan mais elle succombe au charme du sabreur. Seulement voilà, il a été fiancé à la Hua (Li Bing-bing), la sœur adoptive du prince royal (Guo Dong-ling). Or, ce dernier complote contre l’empereur (Cheung Tat-ming). Les complots s’accumulent, les histoires d’amour se compliquent. Zhan réussit grâce à son charme à retourner la situation et à mettre de son côté les bande des Cinq Souris et là, il découvre que Bai est une femme.

Cat and mouse provoque parfois le sourire. Cheung Tat-ming, dans son rôle d’empereur, est dans un registre de grand naïf qui ne se rend jamais compte que tout le monde abuse de sa gentillesse, surtout l’impératrice parfaite en sale chipie. Chapman To et Lam Tze-chung explorent le burlesque des gags visuels. Leur comique est balourd : grimaces et voix forte devant les ratages qu’ils causent dans leurs actions et leurs inventions. Le personnage d’Anthony Wong repose sur la parodie du vieux sage, il caresse sa longue barbe et s’exprime comme dans un film classique, en articulant en exagérant beaucoup. L’acteur joue sur la lenteur en total contre-courant des autres interprètes, ce qui augmente sa puissance comique. C’est toujours agréable de rire mais tout cela semble avoir déjà été fait des dizaines de fois. Comme à la cour, on s'ennuie un peu. Sinon, je n’oublie pas de préciser que Cecilia Cheung se bat au sabre. Là, ce sont de bons moments.

Cat and Mouse (老鼠愛上貓, Hong Kong, 2003) Un film de Gordon Chan avec Cecilia Cheung, Andy Lau, Anthony Wong, Cheung Tat-ming, Li Bing-bing, Ng Yuet, Wong Yat-fei, Ronnie Cheung, Chapman To, Lam Tze-chung, Xie Jia-qi, Miao Hai-zhong, Cheung Wing-hong, Cui Lin, Gao Lei, Wen Yang, Cheung Kwok-yan, Guo Dong-lin.

vendredi 9 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

A simple life (桃姐, Hong Kong, 2011)
Un film d’Ann Hui avec Andy Lau, Deannie Yip, Wang Fu-li, Qin Hailu, Lam Yi-man, Paul Chun, Hui Pik-kei, Elena Kong, Anthony Wong, Yu Man-si, Don Yu Dong, Helena Law, Raymond Chow, AngelaBaby, Chapman To, Tsui Hark, Ning Hao, John Shum, Sammo Hung, Leung Tin, Hui Siu-ying, Tam Bing-man, Andrew Lau, Gung Suet-fa, Joe Cheung. 119 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 9 mars 2012.

mercredi 29 février 2012

Shaolin



Le général Hou Jie (Andy Lau) veut le pouvoir, tout le pouvoir et ne pas le partager. Il est un homme de guerre et mène ses batailles impitoyablement en tuant ses ennemis. C’est une période trouble pour la Chine, une bataille d’influence en ce début de 20ème siècle. Le seul socle de stabilité semble être le temple de Shaolin, unique décor du film de Benny Chan. Son destin, on le connait, sera d’être brûlé, Shaolin est le récit de ces derniers jours du temple. L’ouverture est filmés avec les mêmes intentions de noirceur que Les Seigneurs de la guerre de Peter Chan, des cadavres gisent au sol dans une atmosphère grisâtre. Contre toutes les conventions, Hou Jie va jusqu’à tuer dans l’enceinte du temple le chef des troupes qu’il combattait, malgré les appels à la raison des moines.

Hou Jie a trois ennemis dans le film. Tout d’abord, son « frère », le général Song (Shi Xiao-hong), à la fois allié (ils souhaitent que leurs enfants respectifs se marient) et adversaires (lequel des deux pourra devenir le chef de la ville qu’ils viennent de prendre aux ennemis). Hou Jie a décidé d’assassiner son compagnon d’armes lors de la cérémonie du mariage. Trahi par son propre ami, Song affirme dans un dernier geste d’agonie qu’il voulait lui céder la ville, prendre sa retraite et quitter la guerre. Mais le complot ne se passe pas comme Hou Jie l’entendait car un autre de ses ennemis cherche à lui piquer sa place. Tandis que cet ennemi l’assaille, la fillette de Hou Jie est blessée et immédiatement emmenée au temple Shaolin pour y être soignée. C’est un mouvement de scénario bien connu pour apporter un peu d’émotion à bon compte, le guerrier sanguinaire qui retrouve un peu d’humanité devant la mort d’un enfant. Gros plans sur les larmes, sur les visages tordus de douleur, musique qui dramatise cette douleur.

La brutalité de Hou Jie et son absence de pitié se retournent contre lui. Il est désormais traqué par le fomenteur du complot qui n’est autre que Tsao Man (Nicholas Tse), son second mais aussi son homme à tout faire que Hou Jie traitait comme un moins que rien. Cabotinant du mieux qu’il puisse, Nicholas Tse campe un méchant comme on n’en voyait plus depuis un bon moment : rire sardonique, détachement dans ses affirmations de devenir le maître du monde suivi d’excessifs accès de violence où il abat ceux qui contestent ses décisions. C’est un méchant au-delà de la caricature qui décide de piller la région de ses trésors nationaux et de tuer les témoins (les ouvriers qui sont allés creuser les tombes des empereurs). Les scènes d’exécutions sommaires sont particulièrement pénibles et racoleuse comme en est la raison scénaristique : tout cela est évidemment la faute des étrangers qui veulent envahir la Chine et corrompe le jeune général. Sur le plan du nationalisme, le film est puant, une habitude de plus en plus courante.

Mais le vrai ennemi de Hou Jie est lui-même. Il souhaite devenir moine à Shaolin. Compte tenu de ses faits d’arme, deux moines ont du mal à accepter ce retournement. Ce sont Jing Neng (Wu Jing) et Jing Kong (Xing Yu) adeptes des arts martiaux qui sont convaincus que le cœur du désormais ex général ne peut pas se purifier. Bien entendu, ils se trompent lourdement. Et c’est avec l’aide du cuisinier du temple (Jackie Chan) qui manie le wok comme d’autres le sabre que Hou Jie va s’humaniser au contact des jeunes enfants moines et apprendre le sens de la vie. Il faut reconnaitre que dans ce déluge de conventions scénaristiques, de personnages caricaturaux à l’extrême et de combats martiaux chorégraphiés par Corey Yuen, le personnage comique de Jackie Chan apporte un peu d’air frais. Mais ça ne suffit à palier la lourdeur de Saholin et son esprit rance.

Shaolin (新少林寺, Chine – Hong Kong, 2011) Un film de Benny Chan avec Jackie Chan, Nicholas Tse, Fan Bing-bing, Andy Lau, Wu Jing, Yu Shaoqun, Xing Yu, Yue Hoi, Hung Yan-yan, Bai Bing, Shi Xiao-hong, Sang Wei-lin.

lundi 2 janvier 2012

Tricky brains


Wong Jing n’a pas découvert Stephen Chow, mais il lui a permis de s’exprimer pleinement, d’une certaine manière, le cinéaste l’a sublimé dans ce début des années 1990. Tricky brains est l’exemple le plus typique du mode comique de l’acteur où le scénario n’a plus aucune importance et où seuls les gags comptent. C’en est d’ailleurs fascinant. C’était une période bénie pour Stephen Chow qui est devenu le roi du box office en 1990 (et cela a duré cinq ans). Il jouait dans cette période dans près d’une dizaine de films par an, dont aucun n’est vraiment bon, mais cela le poussera à expérimenter beaucoup et à l’encourager à passer à la réalisation, à moins tourner, à se faire rare depuis dix ans (seulement trois films en incluant Shaolin soccer).

Le scénario est très simple : Jing Koo (Stephen Chow) est un détective privé embauché par Macky (Waise Lee) pour mettre au point un piège. La fiancée de Macky, la belle Lucy Ching (Rosamund Kwan) travaille incognito dans l’entreprise de son père M. Ching (Baau Hon-lam), un riche homme d’affaires. Un simple employé de la boite, Chi Man-kit (Andy Lau), qui ignore tout d’elle, cherche à la séduire et elle répond à ses timides avances, sous l’œil de Banana (Chingmy Yau), la meilleure amie de Lucy. Jing Koo doit se faire passer pour le frère de Kit, disparu depuis des années, et va s’incruster dans leur appartement, où Kit habite avec son père Yan Chi (Ng Man-tat). La stratégie de déstabilisation peut commencer. L’important dans Tricky brains n’est pas ce qui arrivera aux personnages (qu’on se rassure, le couple sera réuni et s’aimera), mais les gags des acteurs.

Les toilettes. Dans la séquence d’ouverture, Shing Fui-on s’assoit sur des toilettes et Stephen Chow l’enferme dans une cage pour qu’il y soit prisonnier, puis, les toilettes partent dans une galerie marchande où les clients se moquent de Shing Fui-on. Dans l’entreprise de Ching, Stephen Chow est envoyé aux chiottes par un collègue (interprété par Wong Jing). Sur la porte, il est écrit Ladies (il ne semble pas parler anglais), et Wong Jing affirme que ce sont des toilettes pour hommes. Ce dernier fait le pari avec ses collègues que Koo ressortira des toilettes tabassé par Liu Fan, une actrice au physique corpulent présentée comme peu commode. Stephen Chow s’en sortira en se faisant passer pour mort ( !) et humilera Wong Jing tandis que son père « adoptif » récupérera l’argent des paris.

Les vêtements. Les habits déchirés, c’est toujours rigolo. Andy Lau et Ng Man-tat auront leurs chemises mises en lambeaux dans une boite de nuit quand ils se battent contre un gros balaise. Stephen Chow arrive, pour son premier jour de travail, dans le costume du God of gambling, sur le son de la musique du film. Plus tard, toujours dans ce costume chic mais porté de travers à la manière d’un moine, il chantera un air d’opéra avec Andy Lau et Ng Man-tat au lieu de se parler comme tout le monde (l’un des moments les plus drôles). Ng Man-tat et Stephen Chow font de la gym tonique en survet fluo flashy. L’un des gags récurrents est aussi qu’aucun des deux ne supportent d’entendre le mot « père » et sont pris d’un tic qui fait onduler leur corps. Stephen Chow ira en boite de nuit en combinaison moulante où est écrit I Am Married. Avec Andy Lau, il fait un combat de vêtement et doivent retirer leur slip (dix ans avant le défi défilé de Zoolander). Et finalement, Ng Man-tat sera déguisé en bonne femme.

L’ambivalence sexuelle. Plusieurs fois dans le film, le personnage de Stephen Chow se présente comme gay, sans que cela soit vraiment justifié, mais c’est un des ressorts comiques récurrents de ses films de cette époque. Il tente de faire rire avec le Sida qu’il affirme avoir et qui est censé dégoûter les gens autour de lui, notamment Chingmy Yau avec qui il pourrait avoir une aventure. Stephen Chow achète des pilules de sensualité pour la refourguer à Andy Lau qui a bien du mal à dire à Rosamund Kwan qu’il l’aime. Tout cela se passe dans un cinéma où Andy Lau veut embrasser tout le monde et ploter les filles autour de lui. Finalement, les deux hommes s’embrasseront sur la bouche. Il y a encore de nombreux autres gags (la langue de Stephen Chow, les jeux de mots, les acteurs hurlent régulièrement, l’humiliation des personnages) qui donnent un film très lourd, souvent hilarant et typique du style primitif pas encore dompté de Stephen Chow.

Tricky brains (整蠱專家, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Andy Lau, Rosamund Kwan, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Waise Lee, Wong Jing, Baau Hon-lam, John Ching Tung, Chan Man-na, Shing Fui-on, Yu Miu-lin, Liu Fan, Charlie Cho, Jo Jo Ngan, Benz Kong, Bill Lung.

mardi 6 décembre 2011

Infernal affairs III


Deux ans et demi après avoir écrit sur Infernal affairs puis Infernal affairs II, il était temps que j’achève de causer de cette trilogie. Infernal affairs III démarre dès la fin du premier film. Ming (Andy Lau), après une mise à pied et une enquête suite à la mort irrésolue de Yan (Tony Leung Chiu-wai), reprend du service mais dans les bureaux et non plus sur le terrain. Le jour de la reprise de son travail, un jeune policier se suicide. Le seul témoin est l’inspecteur Yeung (Leon Lai), nouveau venu à la police et cela titille Ming qui a l’impression que Yeung n’est pas pour rien dans ce suicide.

Ming décide de chercher des indices sur cet inspecteur qui a une attitude continuellement calme. Jamais il ne semble montrer la moindre émotion, y compris lors de la mort de ce collègue. Un jeu du chat et de la souris s’engage entre les deux hommes, un jeu feutré et sournois. Ming installe sous la voiture de Yeung un émetteur pour suivre ses déplacements, il place des caméras dans son bureau pour le surveiller et surtout avoir le code d’accès de son coffre fort dans lequel Yeung a placé des cassettes où sont sans doute enregistrés des secrets. Yeung n’est pas dupe des petits secrets de Ming, il voit clair dans son jeu. Quand Ming pose l’émetteur, son téléphone sonne, feint de se disputer avec sa femme dont il divorce, mais Yeung a une mini caméra dans sa voiture et tout est filmé. Il a une longueur d’avance sur son adversaire. Ainsi, il s’amuse à regarder frontalement la caméra de surveillance en faisant comme s’il réfléchissait longuement, mettant les nerfs de Ming à rude épreuve (a-t-il deviné ?, se demande-t-il).

Pour les besoins de son enquête, Ming va demander l’aide du Docteur Lee (Kelly Chen). Dans Infernal affairs, on voyait régulièrement Yan venir faire la sieste dans son cabinet. Infernal affairs III montre comment Yan en est arrivé à devoir consulter une psychiatre sur les ordres de son chef, le commissaire Wong (Anthony Wong, que l’on voit peu dans ce volet, tout comme Eric Tsang, tous deux relégués comme personnages secondaires). Ming veut consulter le dossier de Yan, qui se trouve sur l’ordinateur du médecin. Il devra le voler, puis réussir à extorquer le mot de passe pour accéder aux dossiers. Le film revient longuement sur ces consultations de Yan chez le docteur Lee, changeant d’époque fréquemment, passant de six mois avant la mort du flic infiltré dans la triade à un temps bien postérieur à son décès. Et Ming commence lui aussi à s’assoir sur le divan. Le Docteur Lee pratique l’hypnose et il ne va pas tarder à révéler sa vraie nature.

Le fil narratif remonte jusqu’à la mort de Yan avec l’ajout d’un personnage énigmatique. Shen (Chen Dao-ming), tout aussi secret que celui de Yeung, mais qui est dans l’autre camp. De toute façon, avec les personnages de la trilogie Infernal affairs, il ne faut pas s’attendre à ce que quiconque ne soit ce qu’il semble être au premier abord. Sam (Eric Tsang) donne des ordres étranges à Yan, comme s’il voulait le piéger. Yeung fait-il partie des triades ? Connait-il Sam ? Qui est vraiment ce Shen ? Le film se plonge dans le cerveau de Ming qui veut tout voir, connaitre tous les secrets, espionner chacun des protagonistes. Il sombre peu à peu dans la schizophrénie, aidé en cela par une mise en scène qui alterne le passé et le présent, qui met dans le cadre Yan alors qu’il est mort, comme si les deux personnages n'étaient qu'un. J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans cette confusion, mais Andrew Lau et Alan Mak ont choisi de tout expliquer, peut-être un peu trop.

Infernal affairs III (無間道 III, Hong Kong, 2003) Un film d’Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung Chiu-wai, Andy Lau, Leon Lai, Chen Dao-ming, Kelly Chen, Anthony Wong, Eric Tsang, Chapman To, Ng Ting-yip, Wan Chi-keung, Hwang Zhi-zhong, Sammi Cheng, Carina Lau, Edison Chen, Shawn Yue, Lam Ka-tung, Vincent Wan, Courtney Wu, Waise Lee.

lundi 17 octobre 2011

Lee Rock + Lee Rock II


En quatre heures et deux parties (chaque segment est sorti à un moi de distance en septembre et octobre 1991), Lee Rock retrace la vie de son personnage éponyme depuis 1949 (année où Mao Tsé-toung accède au pouvoir) et le milieu des années 1970. Lee Rock (Andy Lau) est un jeune flic en début de flic. On découvre sa formation (dix ans plus tard Infernal affairs montrera le même genre de scènes, les futurs flics qui s’entrainent en short blanc torse nu, comme si rien n’avait changé). Lee Rock sait à peine lire et écrire mais il est engagé. C’est un gars plutôt gentil. Il est amoureux de Rose, une jeune fille (Chingmy Yau), qui doit cacher sa liaison à ses parents.

Cet amour est fondamental pour la suite du récit. Rose va disparaitre du jour au lendemain. Un incendie détruit la plupart des maisons de misère du quartier dans lequel sa famille habite. Le film met le doigt sur la pauvreté du Hong Kong de cette fin des années 1940, sur les mauvaises conditions de vie et sur la répression par les forces coloniales de ceux qui voudraient aider cette population (la manifestation des communistes). Rose aurait brulé dans l’incendie, mais son corps n’a jamais été retrouvé (contrairement à ceux de ses parents), mais pour Lee Rock, c’est suffisant pour ne plus avoir autant d’espoir dans l’avenir.

Jusqu’à présent, il était honnête mais il va rentrer dans le système. Lors des rondes, il avait remarqué que ses collègues taxaient les commerçants du quartier pour qu’ils puissent conserver leur petit étal. Lee Rock refuse de prendre le moindre pot de vin, mieux il oblige Lardo (Ng Man-tat) le marchand de beignets à accepter son argent. Les deux hommes vont bientôt devenir proches et amis. Lardo défend Lee Rock un jour où il agressé par des membres des triades. Son autre allié sera l’Oncle (Kwan Hoi-san), le chef de police du district dans lequel il bosse. L’Oncle lui fera comprendre que tout n’est pas blanc ni noir mais que pour tenir un quartier aussi bigarré, il faut parfois savoir contourner la stricte loi.

Qui dit alliés, dit ennemis. Celui contre lequel il va devoir se battre pendant vingt ans est le chef de la police de Hong Kong. Non pas qu’au fur et à mesure que Lee Rock accepte les règles de corruption intrinsèques à tout flic, son chef cherche à supprimer les pots de vin, mais au contraire parce que Ngan Tung (Paul Chun) veut régner en maître absolu sur la colonie et tirer le plus d’argent possible. La lutte de pouvoir durera tout le film. Les coups bas, les tentatives d’intimidation, les dossiers compromettants, tout va y passer. Chacun aura son moment de gloire, chacun aura sa période de placard. Mais ce qui est intéressant dans les deux Lee Rock est le calme de la mise en scène dans cette bataille de pouvoir. Une mise en scène de velours pour des hommes de fer.

Et les femmes dans tout ça ? J’ai déjà parlé de Rose, disparue au milieu du premier film. Elle revient pour lancer le deuxième film. Elle est désormais maman d’un garçon de sept ans qui est le fils de Lee Rock. Des années plus tard, Yin, le fils, sera interprété par Aaron Kwok et deviendra l’un des officiers chargés de la lutte contre la corruption de la police. Il s’est engagé dans cette branche de la police par haine pour son père qui a abandonné sa mère. Lee Rock s’est marié, après un jeu du chat et de la souris comique, avec Grace (Cheung Man), la fille d’un chef des triades. Elle était très arrogante lors de leur première rencontre, elle deviendra une mère de famille exemplaire et une épouse aimante. Ce récit linéaire est admirablement tenu, comme l’était celui du Parrain de Hong Kong de Poon Man-kit sorti tout juste six mois auparavant et qui montre la corruption du côté des triades.

Lee Rock (五億探長雷洛傳(雷老虎), Hong Kong, 1991) Un film de Lawrence Ah Mon avec Andy Lau, Cheung Man, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Paul Chun, Kwan Hoi-san, Michael Chan, Tam Sin-hung, James Tien, Jimmy Lung, Victor Hon, Lee Siu-kei, Eddy Ko, Wong Yat-fei, Jamie Luk.

Lee Rock II (五億探長雷洛傳II之父子情仇, Hong Kong, 1991) Un film de Lawrence Ah Mon avec Andy Lau, Cheung Man, Chingmy Yau, Aaron Kwok, Ng Man-tat, Paul Chun, Kwan Hoi-san, Michael Chan, James Tien, Victor Hon, Cheung Tat-ming, Hung Yan-yan.

jeudi 23 juin 2011

Sorties à Hong Kong (juin 2011)


Beginning of the great revival (建黨大業 , Chine, 2011)
Un film de Han Sanping et Huang Jianxin avec Chow Yun-fat, Andy Lau, John Woo, Guo Tao, Nie Yuan, Ma Shao-hua, Chang Chen, Yi Zhen, Simon Yam, Daniel Wu, Chen Kun, Dong Jie, Ray Lui, Zhang Hanyu, Gordon Cheung, Zhao Ben-shan, Zhou Xun, Tang Wei, Michelle Ye, Huang Xuan, Nick Cheung, Alex Fong Chung-sun. 124 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 23 juin 2011.