samedi 31 mai 2014
Les Associés
mardi 20 mai 2014
The Romancing star
samedi 22 mars 2014
The Last tycoon
vendredi 21 février 2014
City on fire
samedi 15 février 2014
Prison on fire II
jeudi 30 janvier 2014
Sorties à Hong Kong (janvier 2014) From Vegas to Macau
Sorties à Hong Kong (janvier 2014) The Monkey King
vendredi 13 décembre 2013
The Greatest lover
dimanche 24 novembre 2013
The Lunatics
jeudi 29 août 2013
Tiger on the beat
mardi 14 mai 2013
The Long goodbye
jeudi 3 janvier 2013
Sorties à Hong Kong (janvier 2013) The Last tycoon
vendredi 14 décembre 2012
Tigre et dragon
vendredi 28 septembre 2012
Sorties à Hong Kong (septembre 2012)
lundi 17 septembre 2012
Women
lundi 16 juillet 2012
Prison on fire
lundi 2 avril 2012
An Autumn's tale

Après avoir économisé deux ans, Jennifer (Cherie Chung) part enfin à New York rejoindre son petit ami Vincent (Danny Chan). Elle a organisé sa venue aux Etats-Unis candidement avec comme seule certitude, celle de bientôt se marier avec lui. Elle s’aperçoit vite que le jeune homme est passé à autre chose et leurs retrouvailles ne sont pas aussi romantiques qu’elle l’espérait : il a une nouvelle petite amie, Peggy (Ng Fook-sing). Il n’ose même pas la présenter telle quelle, mais Jennifer comprend bien qu’elle est de trop, qu’elle a fait ce voyage de Hong Kong à New York pour rien, qu’elle se trouve un peu bête toute seule dans une ville inconnue où elle ne connait personne.
Presque personne. A l’aéroport, elle a été récupérée par Figgy (Chow Yun-fat), un cousin très éloigné. Le jeune homme arrive avec deux de ses amis dans sa bagnole, un tacot délabré et taggué. Insouciant, il vient la chercher avec deux heures de retard, se gare n’importe au nez et à la barbe d’un policier. Immigré aux Etats-Unis depuis des années, Figgy vit pourtant comme à Hong Kong. Il parle à peine anglais, continue de ne fréquenter que ses compatriotes et joue tous les jours son maigre salaire de serveur aux jeux de hasard. Il a implanté sa vie hongkongaise à New York. Il propose à Jennifer de l’héberger chez lui. Son appartement est un vrai taudis, il vit au jour le jour, dans une idée du carpe diem qui contraste avec l’organisation minutieuse de Jennifer.
Très vite, An Autumn’s tale présente ses deux personnages principaux comme totalement opposés pour mieux pouvoir les rapprocher. La différence majeure entre Jennifer et Figgy est que ce dernier tombe très vite amoureux d’elle et va tout faire pour elle. Il décore l’appartement qu’elle occupe, il lui aide à trouver un petit boulot (elle va devenir baby-sitter), il fait des efforts pour paraitre moins excentrique et pour lui plaire. Seulement voilà, Jennifer s’accroche à son ex et ne rend compte de rien. Ainsi, dans la scène la plus émouvante du film, elle tente de renouer avec Vincent lors d’une soirée organisée par Figgy. Ce que Jennifer ignore, c’est que cette fête n’est pas en son honneur mais pour l’anniversaire de Figgy. Dans son égoïsme certain, Jennifer n’admire que son nombril et le choc sera encore plus dur quand elle comprendra la réalité. Mais tous deux sont dans l’échec, échec qu’il faudra surmonter pour exister.
Ce qui fonctionne dans le film de Mabel Cheung, gros succès à Hong Kong et sacré meilleur film aux Hong Kong Film Awards, c’est le jeu de Chow Yun-fat en éternel romantique désabusé qui passe du sourire quand il voit Jennifer à la déception quand il se rend compte qu’elle ne comprend absolument rien, qu’elle est aveuglée par son amour défunt. L’écueil est en revanche double. D’un côté, la cinéaste filme New York avec beaucoup de clichés, comme une ville touristique : les flics sont sympas, la population est sympa (ah la scène un ridicule chez l’antiquaire), aucune difficulté due à l’ère Reagan n’est jamais évoquée (la carte verte pour bosser, les problèmes de logement par exemple). D’un autre côté, le romantisme passe forcément par l’absence d’explication entre les personnages et par des silences sur-signifiants. Si Figgy avait expliqué ses sentiments à Jennifer, tout serait probablement allé plus vite. Ainsi, le film joue sur cette double absence de réalisme. Logiquement puisque le film se présente comme un conte d’automne où les sentiments se confrontent et comme dans la plupart des contes, tout se terminera bien.
An Autumn's tale (秋天的童話, Hong Kong, 1987) Un film de Mabel Cheung avec Chow Yun-fat, Cherie Chung, Danny Chan, Ng Fook-sing, Arthur Fulbright, Gigi Wong, Chan Yui-yin, Jeng Ming-suen, Wong Man, Lo Yip-mei, Tom Hsiung.
mardi 25 octobre 2011
Full contact

Ce qui frappe dès le début de Full contact, c’est sa vulgarité. Mais le dit l’expression critique facile « c’est voulu ». Oui, Ringo Lam a choisi de montrer des personnages bêtes et méchants habillés dans des couleurs qui ne s’accordent, il a choisi de les filmer en grand angle et en gros plan, il a choisi de les rendre totalement amoraux et inconséquents. Et d’une certaine manière, Full contact rappelle les premiers films de Wai Ka-fai conçus quelques années plus tard pour la Milkyway (Too many ways to be N°1 est le prototype parfait).
D’ailleurs, Ringo Lam présente d’abord les affreux du film, la bande de cambrioleurs de Judge (Simon Yam), un homo tellement raffiné qu’il en est kitsch. Son mignon lui fait les ongles, le peigne, l’habille avec des tenues extravagantes. Chemises à jabot vertes ou violettes, des vestes improbables. Sa petite mèche sur le front, son regard narquois et ses pauses féminines en font pourtant un redoutable salaud qui n’hésite jamais à flinguer n’importe qui à la moindre occasion. Il est accompagné d’un couple, Ngang (Bonnie Fu) et Psycho (Frankie Chan). Lui est le costaud bagarreur, elle est l’hystérique nymphomane de service qui montre sa culotte à tout vent. Une fine équipe.
Sam Sei (Anthony Wong, constamment dans le sur-jeu jouissif) n’arrive pas à payer ses dettes. Il fait appel à son vieil ami Gou Fei (Chow Yun-fat), un videur de boites de nuit à qui on ne la raconte pas. Lui aussi a le poing facile. Il sort avec une gentille fille Mona (Ann Bridgewater), le seul personnage calme de tout le film, le seul auquel on peut éventuellement s’identifier s’il elle n’était pas aussi manipulable. Bref, le scénario se lance et tient dans les phrases suivantes : Judge va faire un gros coup en Thaïlande avec sa bande, Gou Fei et Sam Sei. Mais Judge décide de tuer Gou Fei qui passe pour mort. Gou Fei va chercher à se venger.
La vengeance est un film qui se mange à grands coups de flingues pour Ringo Lam. Et il n’ira pas avec le dos de la cuillère. Le braquage en Thaïlande en faisant déjà beaucoup, Judge flingue sur une maison où Gou Fei s’était réfugié. Toute la famille y passe, puis quelques grenades font flamber le tout, Gou Fei parvient à sauver une la fille et le chiot. Guérir, panser ses blessures, recouvrir des forces, apprendre à nouveau à tirer malgré sa blessure à la main droite. Quelques doigts ont été arrachés et on pense forcément au sabreur manchot, Ringo Lam place son film dans la lignée de ces films où le héros solitaire va prendre sa revanche. Et la revanche, la vengeance sera sanglante, on s’en doute. Jusqu’à la toute fin, ça va crever dans la bidoche, ça va exploser les viscères, ça va juter de l’hémoglobine.
Ce que parvient à produire Full contact est pourtant remarquable. En décomplexant son film de toute morale telle qu’on l’entend communément (seuls Gou Fei et Mona en gardent encore quelques relents), Ringo Lam crée un monde qui n’a plus rien à voir avec la réalité. La noirceur du monde décrit est radicalement opposée aux couleurs criardes des vêtements, le rire crétin et aigu de Ngang contraste avec la voix doucereuse et hypocrite de Judge (qui passe son temps à admirer les yeux de Gou Fei), l’angoisse de Sam Sei détonne face au calme de Gou Fei, quelle que soit la situation. Ce monde sans douceur, tout en brutalité, n’est qu’un monde de cinéma dans toute sa cohérence, qui plus est illustré par la musique en riffs de guitare composée par Teddy Robin. On en sort épuisé et ravi de savoir que ce genre de film existe.
Full contact (俠盜高飛, Hong Kong, 1992) Un film de Ringo Lam avec Chow Yun-fat, Simon Yam, Anthony Wong, Ann Bridgewater, Bonnie Fu, Frankie Chan, Nam Yin, Victor Hon, Chris Lee, Chun Hung.
jeudi 23 juin 2011
Sorties à Hong Kong (juin 2011)
vendredi 17 juin 2011
Love unto wastes

C’est le soir de son 25ème anniversaire, Tony (Tony Leung Chiu-wai) rencontre les trois femmes qui se retrouvaient tranquillement après quelques mois d’absence. Tony n’y va pas de main morte puisque, saoul comme un cochon, il vomit sur la robe de Billie (Irene Wan). Pas rancunière, elle va l’aider à dans les toilettes du restau à se remettre de sa cuite. Il va ensuite donner à tout le monde sa carte, et surtout aux trois amies. Il leur dit bien qu’il aimerait beaucoup qu’elles l’appellent. Il est un peu lourd mais elles vont appeler.
Billie l’appelle un jour. Elle est mannequin et revient de Paris où elle n’a pas réussi à faire carrière. Elle loge, pour l’instant, chez Liu Suk-ping (Elaine Kam), qui après deux ans d’inactivité espère un rôle au cinéma. Ce qu’on lui propose est un personnage qui doit se dénuder à l’écran, c’était très fréquent dans ce milieu des années 1980. Elles vivent avec Chao Su-ling (Tsai Chin), qui a quitté son Taïwan natal pour se lancer dans la chanson. Elles sont toutes les trois artistes, ont tout juste trente ans et espèrent trouver un mec, si possible avant leurs 31 ans, sinon, elles ont peur de demeurer comme célibataire comme Brigitte Lin, citée par les filles comme un exemple à ne pas suivre.
Jusqu’à présent, la vie de Tony était toute tracée. Il a un peu voyagé dans sa jeunesse et pendant ses études, il a couché avec beaucoup de filles, mais aujourd’hui il bosse dans la boite de son père qui est vendeur de riz en gros. Et le paternel aimerait qu’il se marie avec Miss Chung (Elaine Chow) qui est devenue la commerciale de l’entreprise. Tony ne s’intéresse pas à elle, il préfère passer des soirées avec les trois amies, à faire des jeux crétins, à boire, à chanter, à rire de bon cœur. Ce sont de beaux moments de comédie légère où les acteurs semblent beaucoup s’amuser. Et surtout, il va les draguer, toutes les trois, en secret. Officiellement, c’est avec Billie qu’il sort.
Un drame va briser cette amitié naissante. Une nuit, Su-ling est trouvée morte dans l’appartement, elle a été assassinée. L’inspecteur Lan (Chow Yun-fat) est chargé de l’enquête. Il est d’abord agressif avec Tony, Billie et Liu. Il leur pose un tas de questions qui parfois semblent ne rien à voir avec le meurtre. Des questions sur leur vie privée. Et tel Columbo, il se met à s’incruster chez eux, à aller les voir au restau, à s’inviter à bouffer. Lan abandonne petit à petit l’enquête, on ne saura jamais ce qui s’est passé. Son comportement est bizarre, mais à peine plus que celui des autres. Il est envahissant mais s’avère sympathique.
C’est un Hong Kong comme on le voir rarement que Love unto wastes montre. Les décors ont une grande importance. Le générique montrait tous ces lieux sans qu’ils puissent être identifiés. L’appartement de Liu est plutôt bourgeois, coloré et efficace. Il est le lieu des soirées festives avant de devenir un endroit funeste. L’appartement que loue Billie est situé à côté de l’aéroport. Elle a peu de meubles, cet appartement est le lieu des confessions intimes entre Tony et elle. La réserve de riz dans l’entrepôt du magasin a aussi son importance. C’est là, sous une cascade de riz, que les deux amoureux feront l’amour pour la première fois. Enfin, un soir, l’inspecteur Lan invite tout le monde à venir chez lui. Son appartement est vide. Des chaises, un lit au salon car c’est plus près des toilettes, un congélateur vide où son ex mettait des steaks car Lan adore les steaks. Tous se saoulent la gueule.
Mais le constat est amer. Cette nouvelle bande a l’impression d’avoir gâché leur vie, ils se le disent, ils en conviennent mais ne font rien pour en changer. Leur séjour à Taïwan où ils ramènent les cendres de Liu. Les personnages passent de la joie simple à la déprime dans une mise en scène d’un grand calme comme on en voit rarement. A vrai dire, Love unto wastes est une exception dans le paysage hongkongais (si ce n’est certains films d’Ann Hui) dans sa manière de ne pas forcer la psychologie des personnages. On pourrait aussi dire que les rares héritiers de ce cinéma sont Wong Kar-wai et Pang Ho-cheung.
Love unto wastes (地下情, Hong Kong, 1986) Un film de Stanley Kwan avec Tony Leung Chiu-wai, Elaine Kam, Irene Wan, Tsai Chin, Chow Yun-fat, Elaine Chow.



















