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dimanche 29 juin 2014

Aberdeen


Il faut environ 13 minutes à Pang Ho-cheung pour présenter les personnages d’Aberdeen, son douzième film.  Miriam Yeung, la première à apparaitre, est dans un bunker de la seconde guerre mondiale d’où elle voit Hong Kong par une fenêtre étroite. Elle est Ching, guide touristique et historique qui se fait parfois contredire par ses clients. Eric Tsang est Yau, un gynécologue las de répéter les mêmes mots à ses patientes (inspirez, retenez votre souffle, respirez) pendant qu’il fait passer ses échographies. Il sera diverti par sa jeune assistante (Jacky Choi) qui est sa maîtresse.

Gigi Leung est Ceci, une ancienne mannequin reconvertie en actrice mais dont la carrière bat de l’aile. Lors de son casting, on lui fait comprendre qu’elle doit coucher pour avoir le rôle. Ng Man-tat est Dong, un prêtre taoïste excentrique qui répond à son portable en pleine cérémonie funéraire. Enfin, Louis Koo est Tao un conseiller tutoriel qui négocie, au téléphone, avec ses futurs clients tandis que sa fillette Chloe (Lee Man-kwai) s’entraine au kung-fu. Et puis Carrie Ng est Ta, dirigeante d’un cabaret dans un quartier mal famé.

Le récit fonctionne par bribes, par fragments d’un puzzle que Pang Ho-cheung rend mystérieux. Rien a priori n’unit les personnages présentés, on passe de l’un à l’autre avec un sens du suspense élaboré. Quand ils sont tous réunis pour célébrer le décès de l’épouse de Dong, on comprend qu’ils forment une famille. Dong est le père de Ching et Tao. Ching est l’épouse de Yau et Ceci celle de Tao. Ce qui trouble cette famille est que le père s’affiche avec Ta, sa nouvelle compagne, alors que la mère est à peine décédée.

Les rapports entre les membres de la famille sont le fond du scénario d’Aberdeen, chacun ayant un problème avec l’autre. Disputes, ressentiments et rancœurs sont les sujets de la famille. Tao trouve sa fille très vilaine et se demande s’il est vraiment le père de l’enfant. Il va passer un test ADN. Il se dispute souvent avec son père au sujet du métier, peu recommandable selon lui, de sa maîtresse. Il quitte le repas familial. Ceci cache un secret de son passé à Tao, ce qui lui fait perdre sa confiance. Sa carrière d’actrice est au point mort.

Le couple de Ching et Yau ne va pas mieux. Yau trompe sa femme avec une femme bien plus jeune qui va le harceler jusque chez lui. Ching est persuadée que ses parents la détestaient. Elle s’est même convaincu que le fantôme de sa mère lui a renvoyé les billets destinés au service funéraire. D’une manière générale, les femmes sont tournées vers leur passé alors que les hommes sont plutôt du côté de l’avenir (l’idée des enfants). Tout cela est montré de manière un peu schématique et souvent symbolique.

Le film déçoit parfois dans sa manière de ne laisser le récit évoluer que par les dialogues débités un peu tristement comme si Pang Ho-cheung tentait de tourner un film Sundance. Ceci dit, quelques moments bizarres sont toujours là, une baleine qui échoue sur une plage près du tunnel Aberdeen, le caméléon de la petite Chloe qui se transforme en mini Godzilla, Hong Kong qui est représenté en maquette sert de toile de fond aux cauchemars de la fillette. Une bombe de la seconde guerre mondiale est découverte dans le jardin de Yau et Ching.

Comme à son habitude Pang Ho-cheung est fidèle à ses acteurs préférés. Miriam Yeung et Eric Tsang, habitués de ses films accueillent les nouveaux venus dans son cinéma Ng Man-tat, Louis Koo et Gigi Leung. Dans des rôles plus petits, on retrouve Chapman To (le meilleur ami de Tao qui ne donne que des mauvais conseils), Derek Tsang (un réalisateur qui malmène Ceci dans un film de vampires qui semble être un beau nanr) et Shawn Yue (un client dans un hôtel quand Ceci cherche à gagner de l’argent en faisant l’escort girl).

Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Carrie Ng, Dada Chan, Shawn Yue, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Derek Tsang, Lawrence Chou, Lee Man-kwai.

jeudi 19 juin 2014

Sorties à Hong Kong (juin 2013) Z storm


Z storm (Z 風暴, Hong Kong, 2014) Un film de David Lam avec Louis Koo, Lam Ka-tung, Dada Chan, Janelle Sing, Michael Wong, Lo Hoi-pang, Stephen Au, Derek Tsang, Eddie Cheung, Felix Lok, Liu Kai-chi, Patrick Keung, Tony Ho, Cheung Chung-kei, Tin Hok-wai, Tsui Ching-man, Alfred Cheung, May Law, Henry Fong, Joe Cheung. 92 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 19 juin 2014.

jeudi 3 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) Naked ambition 3D


Naked ambition 3D (3D 豪情, Hong Kong, 2014) Un film de Lee Kung-lok avec Chapman To, Akiho Yoshizawa, Josie Ho, Hatano Yui, Sora Aoi, Yuki Mako, Derek Tsang, Louis Koo, Sandra Ng, Charlene Choi, Wong Jing, Candy Yuen. 107 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong le 3 avril 2014.

samedi 11 janvier 2014

SDU : Sex Duties Unit


SDU, ça veut dire d’abord et avant tout Special Duties Unit, soit les forces d’intervention de la police de Hong Kong, ici incarnées par leur chef Michael Fitzgerald Wong, dans un court caméo, qui critique vertement quatre de ses hommes membre de la B-Team. En ouverture de SDU : Sex Duties Unit, on découvre cette équipe de réserve appelée pour mettre fin à une prise d’otage dans une banque. Le braqueur est Lam Suet (autre cameo, le film en aura beaucoup) et il n’a comme arme qu’un pauvre pistolet factice que l’otage parvient à faire tomber. En gros, la B-Team est composée d’incompétents.

Leur chef est Keung (Chapman To) et ses hommes sont Ka-ho (Matt Chow), Josh (Shawn Yue) et la « Crevette » (Derek Tsang), surnommé ainsi parce que lors d’une intervention, montrée avec humour dans un flash-back où les personnages sont représentés par des playmobils, s’était affalé de peur comme une crevette. Que faire ce week-end où ils sont libres ? Une solution s’impose à Ka-ho, se faire un week-end entièrement consacré au sexe. En tant que policier, ils ne peuvent pas aller voir des prostituées à Hong Kong. Direction Macao.

Première étape : trouver des accessoires pour mieux bander. Ka-ho et Keung, les deux plus obsédés sexuels, se chargent de les acheter (joli cameo de Hui Siu-hung en pharmacien qui préconise de ne pas acheter le spray « viagra » qui semble trop violent, les deux hommes se ruent dessus). Deuxième étape : acheter les billets pour le meilleur bordel. C’est Crevette et Josh qui s’en chargent. Ce dernier n’est pas très enthousiaste à l’idée d’aller à Macao (ça leur est en principe interdit en tant que flics). Crevette n’est pas chaud non plus. Homo dans le placard, il n’ose pas dire à ses trois collègues qu’il veut un homme et non une femme.

La « Sex War » commence et le titre du film SDU : Sex Duties Unit prend alors tout son sens. Chacun a ses goûts et chacun veut en profiter au maximum. Ka-ho aime les grosses poitrines mais les filles portent des coussinets dans leur soutien-gorge. Keung ne veut qu’une bonne fellation. Crevette n’acceptera qu’un massage sans sexe puisqu’il ne rêve que de garçons. Et enfin, Josh, avec sa chemise fermée jusqu’au col, reste coincé tout comme la jeune Lily, immigrée chinoise, avec qui il sympathise. Les filles apparaissent seins nus donnant dans l’érotisme très soft. Les quatre garçons se déshabillent aussi un. Le film est classé Catégorie III plus pour les dialogues crus que pour les scènes de nudité.

Evidemment, toute cette ambiance sexuelle dans le bordel ne pouvait pas continuer ainsi et les quatre collègues doivent interrompre leur « Sex War » avec l’arrivée de la police de Macao venue faire un contrôle d’identité. Le scénario est tiré d’une nouvelle de Pang Ho-cheung, également producteur du film où on retrouve tous ses acteurs fétiches, outre Chapman To et Derek Tsang, l’inénarrable Jim Chim en proxénète peroxydé (il est hilarant). On pense évidemment à la recherche sexuelle de Men suddenly in black, sauf que les épouses seraient ici remplacées par la police qui cherche à arrêter les quatre hommes qu’ils confondent avec des membres de triade.

L’humour du film est percutant lorsqu’il s’attèle à la trivialité avec l’érection continue de la Crevette (il s’est aspergé du spray) qui doit sans cesse se masturber, avec la maquerelle (Siu Yam-yam) du bordel gay ou avec les contrastes des caractères des différents personnages. Le mélange avec l’émotion est un peu moins convaincant. Ka-ho est confronté avec son passé (son père regrette de ne plus le voir), Keung rencontre son ex épouse et Josh tombe amoureux de la jeune chinoise. On passe souvent d’un personnage à un autre avec une certaine mollesse. Cependant, il ne faut pas bouder le plaisir de rire de très bon cœur.

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013) Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam, Michael Wong, Jim Chim, Hui Siu-hung, Philip Keung, Ken Lo.

jeudi 25 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) SDU: Sex Duties Unit

SDU: Sex Duties Unit (飛虎出征, Hong Kong, 2013)
Un film de Gary Mak avec Chapman To, Shawn Yue, Matt Chow, Derek Tsang, Lau On-kei, Dada Chan, Jim Chim, Siu Yam-yam, Simon Loui, Lam Suet, June Lam. 95 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 25 juillet 2013.

lundi 10 décembre 2012

The Bullet vanishes


Une malédiction semble s’être abattue sur l’usine de balles de pistolet de Tiancheng. Dans cette Chine des années 1930, la superstition règne parmi les ouvriers illettrés et cela permet à Ding (Liu Kai-chi) d’accuser une pauvre travailleuse innocente d’un crime qu’elle n’a sans aucun doute pas commis. Il la défie à la roulette russe, devant tous les autres manœuvres un soir après le travail sous une pluie battante. Elle clame son innocence, il l’accuse de vol de balles. Chacun d’eux tirera, s’il meurt, c’est qu’il est coupable, si elle meurt, c’est elle qui en endossera la responsabilité du crime. Dans la grisaille intense de la fabrique, à genoux, la balle transperce le crâne de l’ouvrière en pleurs. La malédiction va frapper car, tout le monde en est persuadée, elle n’y était pour rien.

Parce qu’il y a mort, une enquête est diligentée. L’inspecteur local est Guo Zhui (Nicholas Tse), un flic aux méthodes modernes qui s’appliquent à trouver des indices sur les lieux des crimes. On le découvre poursuivit un violeur en suivant ses traces sur la terre de la rue, en déterminant sa taille et son poids et en s’apercevant qu’il boite à cause de sa chute. Sa manière de procédé est brutale. Une fois son violeur retrouvé, ce dernier prend en otage une jeune femme et Gao Zhui lui tire une balle dans la tête. Il a gagné la réputation d’être le tireur le plus rapide de Tiancheng. Guo Zhui a comme assistant le jeune et maladroit Xiaowu (Jing Boran), son homme à tout faire : chauffeur, bouclier et objet des tests que son patron expérimente sur lui. Et comme c’est Nicholas Tse qui incarne ce jeune et joli policier, les femmes ne lui résistent pas.

Coiffé d’un chapeau, Song Donglu (Lau Ching-wan) incarne la vieille garde des enquêteurs. Son expérience en fait un redoutable chasseur d’assassins. C’est aussi un théoricien du crime qui expérimente sur lui-même la pendaison pour déterminer si un homme s’est bel et bien suicidé. Un flashback tourné en noir et blanc comme un film muet montre comment il a pu conclure que la veuve d’un homme tué d’une balle et qui passait pour la victime de son époux (il la battait) était en fait la meurtrière. Cette femme, Fu Yan (Jiang Yi-yan) est depuis devenue l’une des conseillères de Song, son expertise ès crimes permet de résoudre bien des affaires. Song Donglu et Guo Zhui font faire équipe. Deux femmes vont les aider dans l’enquête. L’une scientifique, Li Jia (Yumiko Cheng) médecin légiste, l’autre ésotérique, Little Lark (Yang Mi) est diseuse de bonne aventure, deux visions opposées mais tous les conseils sont bons à prendre.

C’est rien de dire que The Bullet Vanishes est une grosse production avec beaucoup de décors, des effets spéciaux à gogo plutôt réussis et son duo de stars en tête d’affiche. Le film, produit par Derek Yee, se regarde sans aucun ennui et à cela une raison très simple : les deux inspecteurs qui sont à la recherche d’une balle qui a disparu auront droit à un grand nombre de coups de théâtre, de retournements de suite et surtout d’action. Quand les personnages ne jouent pas à la roulette russe (le leitmotiv du film), on s’y canarde allégrement, on y meurt beaucoup et on perd régulièrement le coupable désigné. Tout le récit est un jeu tout à la fois irrationnel et logique. Ce qui est plaisant est bien entendu les pièges tendus par chaque protagoniste que le spectateur ne pourra déceler et qui seront révélés en fin de film.

Tous les acteurs sont parfaits dans leur personnage, Lau Ching-wan en vieux sage qui calme les ardeurs de chien de Nicholas Tse, c’est la logique du buddy movie, ici évidemment influencée par le duo Jude Law - Robert Downey Jr. de Sherlock Holmes. L’un des intérêts du film est l’interprétation de Li Kai-chi, surjouant à mort, dans son rôle de Ding le patron de l’usine. Fumant le cigare, pourvu d’un rire sardonique et d’un regard rempli de haine pour tout ceux qu’il a en face de lui, Ding est l’incarnation du Mal avec tout ce que cela comporte de clichés et de caricature. Avec cette figure (littéralement son visage est affublé d’un maquillage blanc, symbole de la mort) du méchant sans foi ni loi, on retrouve un peu de la saveur des polars de l’heure de gloire du cinéma hongkongais. Et comme disait Hitchcock, plus le méchant est réussi, meilleur est le film.

The Bullet vanishes (消失的子彈, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Law Chi-leung avec Lau Chin-wan, Nicholas Tse, Jing Boran, Yumiko Cheng, Liu Kai-chi, Yang Mi, Wu Gang, Gao Hu, Jiang Yi-yan, Chin Ka-lok, Derek Tsang, Wang Ziyi.

jeudi 6 décembre 2012

Sorties à Hong Kong (décembre 2012)


My sassy hubby (我老婆唔2之我老公唔生性, Hong Kong, 2012)
Un film de James Yuen avec Ekin Cheng, Charlene Choi, Zhang Xin-yi, Jones Xu, Joyce Cheng, Lo Hoi-pang, Siu Yam-yam, Wong Cho-lam, JJ Jia, Sandy Lam, Kelvin Kwan, Derek Tsang, Louis Cheung. 107 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 6 décembre 2012.


jeudi 15 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)


Triad (紮職, Hong Kong, 2012) 
Un film de Daniel Chan avec William Chan, Michelle Wai, Irene Wan, Derek Tsang, Patrick Tam Yiu-man, Suet Lee, Edward Chui, Michael Chan, Deep Ng, Kathy Yuen, Lam Lei, Lo Hoi-pang, Carlos Chan, Carl Ng, Dominic Ho. 90 minutes. Classé Catégorie III. Sorties à Hong Kong : 15 novembre 2012.

vendredi 2 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)


Supercapitalist (Hong Kong – Etats-Unis, 2012)
Un film de Simon Yin avec Derek Ting, Linus Roache, Kenneth Tsang, Richard Ng, Kathy Uyen, Darren E. Scott, Michael Park, Bryan Tang, Lester Chan. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 2 novembre 2012.

jeudi 13 septembre 2012

Sorties à Hong Kong (septembre 2012)

The Bullet vanishes (消失的子彈, Hong Kong – Chine, 2012) 
Un film de Law Chi-leung avec Lau ching-wan, Nicholas Tse, Yang Mi, Liu Kai-chi, Wu Gang, Jing Bo-ran, Gao Hu, Jiang Yi-yan, Chin Ka-lok, Yumiko Cheng, Derek Tsang, Wang Zi-yi. 103 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 13 septembre 2012.

samedi 1 septembre 2012

Love in the buff


Cela fait maintenant 159 jours que Cherie (Miriam Yeung) et Jimmy (Shawn Yue) ont arrêté de fumer et qu’ils sortent ensemble. Comme dans Love in a puff qui a raconté leur rencontre et leurs premiers pas amoureux, le décompte est inscrit sur l’écran. Plus de clopes mais de la glace et de la pastèque pour une soirée intime où elle lui raconte l’histoire étrange d’une amie dont chacun des petits amis seraient morts violement : le premier décède dans une laverie, le deuxième en étendant le linge et le troisième dans un salon de massage. Histoire de dire que même quand on a une vie calme et rangée comme celle que mène Cherie et Jimmy, le drame peut arriver à chaque instant. Il faut donc profiter de chaque moment de câlin.

Les câlins, c’est bien sympa, mais faut travailler. Cherie travaille toujours à Sephora et Jimmy est toujours dans la pub. Son boulot lui prend tellement de temps qu’il en oublie d’aller à l’anniversaire de sa belle-mère (Siu Yam-yam) auquel est présent également son jeune beau-frère (Derek Tsang) qui juge sévèrement que sa sœur sorte avec un homme si jeune et qui oublie si facilement les obligations familiales. Cherie reproche surtout à son mec de ne même pas avoir envoyé un sms. Et quand il lui annonce que son chef lui propose un bon boulot en Chine, elle ne peut répondre que par un « oh » qui en dit plus long que n’importe quelle discussion de couple. Les disputes se suivent et se ressemblent. Conséquence directe : la séparation. L’idée de Cherie est de communiquer par tous les moyens : portable, mail, sms, quitte à passer pour un goujat en soirée.

Nouveau pays, nouvelle vie. Jimmy tombe sur une hôtesse de l’air joliment prénommée You-you (Yang Mi) qui lui demandera son numéro de téléphone. Elle avait feint d’être agressée sexuellement pour mieux l’aborder. Après pas mal d’échanges de sms, ils commenceront à sortir ensemble. Souvent en voyage, elle deviendra accro à ses messages et comprendra qu’il y a un problème dans leur couple quand le nombre de messages diminuera. Quant à Cherie, elle obtient aussi un poste en Chine, dans la même ville. Célibataire, une de ses collègues va l’amener dans un étrange marché aux célibataires. Plein de mamans vante sur une promenade au bord d’une rivière les atouts de leurs fistons. Elle va finalement rencontrer Sam (Xu Zheng), un cadre supérieur tout ce qu’il ya de gentil et prévenant. Elle le rencontre par hasard, aux toilettes, un jour où elle fait tomber son portable dans la cuvette. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes, chacun de leur côté jusqu’à ce que chacun des deux retrouve dans le déménagement de leurs affaires un souvenir commun fort : leur dernier mégot. Faut-il le jeter, faut-il le garder ? Ce minuscule déchet représente une bonne partie de leur vie.

Leur nouvelle vie commencée, tout Love in the buff va se porter sur leur passé. Ce ne sera plus la clope qui va les rapprocher mais le portable, exactement ce qui les avait séparé. Jimmy, un jour d’ennui, envoie un sms à Cherie pour lui demander si ça va, puis un autre jour pour lui proposer de dîner, et finalement ils vont coucher ensemble. Leur rencontre est ponctuée de discussions franches où ils peuvent enfin se poser les questions qu’ils n’avaient jamais osé se poser.  Jimmy veut savoir si elle est vraiment sortie avec Ekin Cheng qui fait une courte apparition dans le film. Jimmy va s’incruster sur un tournage de pub où Ekin Cheng est là pour savoir la vérité dans une séquence parmi les plus réussies. Plus tard, Cherie rencontrera Linda Wong (l’ex d’Ekin Cheng) dans le film, retirée du business mais dont la chanson la plus célèbre rappelle à Cherie sa vie avec passée avec Jimmy.

Pang Ho-cheung tourne pour la première fois en Chine continentale et son scénario a donc été conçu pour échapper aux fourches caudines locales. Love in the buff est moins mordant que Love in a puff, les blagues sont plus sages et le romantisme plus appuyé. Avec sa musique jazz, Pang se place pour être le Woody Allen chinois avec ses bons mots et ses disputes entre les personnages. Beaucoup d’acteurs chinois présents pour attirer le public local se mettent au diapason de son style. La palme revient à Hung Xiao-ming, nouveau beau gosse du cinéma chinois, dans le rôle d’un gentil garçon censé être le blind date de Cherie. Sa mère l’avait vanté au marché des célibataires comme étant le sosie de l’acteur Hung Xiao-ming. Son personnage prétend ne pas savoir qui est cet acteur. Finalement, Love in the buff est un film sur la dissimulation des sentiments, éternel sujet du cinéma.

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang, Siu yam-yam, Linda Wong, Ekin Cheng, Crystal Tin.

jeudi 2 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)

Lacuna (醉后一夜, Chine – Hong Kong, 2012) 
Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Shawn Yue, Zhang Jing-chu, Lawrence Chou, Yoga Lin, Zhu Yu-chen, Mia Yam, Wang Yi, Yu Na, Wang Jun-jia, Sun Cong, Cheung Lam, Shuang Zi, Zhang Chao, Lin Zi-luo, Wang Mei-qian, Guan Zheng-nan, Chen Yi-sha, Du Ming-hua, Zhang You-you, Hei Yun, Leva Liang. 97 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 2 août 2012.


jeudi 29 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Love in the buff (春嬌與志明, Hong Kong, 2011)
Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Shawn Yue, Xu Zheng, Yang Mi, Huang Xiao-ming, Roy Szeto, Vincent Kok, Isabel Chan, Jim Chim, Mia Yam, Derek Tsang. 103 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 29 mars 2012.

mardi 28 juin 2011

Lover's discourse


Lover’s discourse est l’un des plus beaux films sortis ces six derniers mois. Derek Tsang fait ses premiers pas de réalisateur en compagnie de Jimmy Wan sous l’œil bienveillant de Pang Ho-cheung, producteur de cette comédie romantique mais finalement fort peu à l’eau de rose. Derek Tsang s’était exercé dans les films de Pang Ho-cheung en tant qu’acteur notamment dans AV, Jimmy Wan a scénarisé trois films du cinéaste aux styles très différents, Isabella, Exodus et Dream home. Le film semble adopter la forme d’un film à sketches, il sera finalement un film choral.

Le film est lancé par Ray (Eason Chan) qui fend la foule un soir. Il téléphone pour savoir où est son interlocutrice se trouve. Filmé de dos, il avance, se retourne parfois et finalement trouve Lee (Karena Lam). Elle était à deux pas de lui. Ils se connaissent depuis des années, on ne saura pas bien ce qui les unissait. Ils vont se promener, boire quelques verres, ils se rappellent quelques souvenirs. Et au bout d’un moment, ils ne savent plus quoi se dire. Cela se traduit dans le film par un plan séquence fixe où les deux acteurs expriment avec leurs regards gênés, leurs mimiques et leurs passé cinématographiques toute la difficulté qu’ils ont de rester stoïques plutôt que de s’embrasser.

On abandonne Ray et Lee pour découvrir une laverie tenue par Gi (Kay Tse), jeune femme dont les lunettes de vue mangent le visage. Elle bade en attendant son fidèle client Lai (Eddie Peng), joli garçon un peu timide à qui elle demande chaque fois le nom et le téléphone. Dans l’arrière-boutique, elle garde tous les objets qu’il oublie dans ses poches. Et Ray semble amoureuse de lui. Elle s’imagine avec lui dans un vieux film de vampires ou dans une variation des Hauts de Hurlevent. Mais c’est le double en mannequin de magasin qui lui donne la réplique. Elle n’arrivera jamais à lui dire qu’elle l’aime d’autant qu’elle comprend qu’il n’est pas célibataire et qu’il a un ami.

La troisième partie se consacre à Po (Jacky Heung), d’abord dans sa jeunesse puis à l’âge adulte. Dans sa jeunesse, Po est ami avec Lai (ados, ils sont interprétés respectivement par William Chan et Carlos Chan). Régulièrement, il va chez son pote pour regarder le foot. Il se rend compte que le père (Eric Tsang) a une liaison et trompe sa femme (Kit Chan). Po, qui est amoureux de la mère lui révèle la liaison en espérant qu’elle le remerciera en sortant avec lui. Mais cela ne se produit pas. Adulte, Po remarque Lai dans un magasin, c’est ce qui lui rappelle ces souvenirs où il a brisé un couple. L’adultère continuera de l’obséder quand Lee, la copine de Ray, est persuadée que son mec a une liaison avec Kay (Kay Tse). Après des discussions en tchat, ils décident de les suivre pour les espionner.

Ce qui frappe dans Lover’s discourse est le silence qui parcoure tout le film. Les romances du cinéma cantonais sont très bavardes. Derek Tsang et Jimmy Wan s’emploie au contraire à faire de l’absence de dialogues explicatifs sur les rapports amoureux un atout. Tout passe des regards (Lee et Ray se taisent et leurs yeux fixent le vide) ou des non-regards (Gi détourne son regard de Lai filmé souvent de dos). Ces silences sont soutenus par une belle musique mélancolique de Peter Kam. Les chaussures ont une importance cruciale. La pantoufle de la mère de Lai que Po met discrètement sous la table à manger faisant comprendre qu’il est amoureux d’elle et non du fils comme on pouvait le croire. La paire d’escarpins de Lee qui laisse croire qu’elle a une aventure. Sans oublier, le nombre de discussions en marchant que font les personnages. La maîtrise des deux cinéastes est, pour un premier film, notable. Ils ne tombent jamais dans les clichés et offrent une émotion diffuse d’une immense tristesse sur la vie des couples. C’est très prometteur.

Lover’s discourse (戀人絮語, Hong Kong, 2010) Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Karena Lam, Eason Chan, Mavis Fan, Eddie Peng, Kay Tse, Jacky Heung, William Chan, Eric Tsang, Carlos Chan, Kit Chan.

jeudi 6 janvier 2011

Sorties à Hong Kong (janvier 2011)

Lover’s discourse (戀人絮語)

Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Karena Lam, Eason Chan, Mavis Fan, Eddie Peng, Kay Tse, Jacky Heung, William Chan, Eric Tsang, Carlos Chan, Kit Chan. 117 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 6 janvier 2011.








The Road less traveled (一路有你)

Un film de Derek Chiu avec Louis Koo, Karen Mok, Eva Huang, Yin Xiaotian, Zhang Yi, Chen Xibei. Catégorie IIA. Sortie : 6 janvier 2011.





dimanche 19 décembre 2010

Girl$


L’univers de la prostitution évolue. Girl$ décrit le parcours de quatre jeunes femmes de Hong Kong qui utilisent l’Internet pour se vendre. C’est un moyen simple avec MSN, iPhone ou sur des sites pour se faire connaitre et encourager des clients à venir. Les quatre personnages féminins ne sont pas des prostituées à proprement parler, elles ont leurs propres raisons pour aller chercher des rendez-vous tarifés, pour parler avec euphémisme de leurs cas.

Icy (Michelle) vit avec son petit ami Chun (Kenneth Tsang) qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo. Un soir, l’ordinateur tombe en panne. Lin décide de lui en payer un neuf. Lui, n’est au courant de rien. Gucci (Venus Wong) a 16 ans et veut monnayer sa virginité pour se payer un sac à la mode. Lin (Una Lin), qui débarque de Taïwan, a besoin d’argent et va tomber amoureuse d’un de ses clients réguliers. Ronnie (Bonnie Xian) est une jeune femme riche qui trouve excitant de se vendre même si elle n’accepte jamais d’argent des clients.

Elles vont se rencontrer sur des forums et vont tenter de devenir amies. Elles vont se conseiller pour éviter les pervers, les hommes dangereux et le Sida. D’autant qu’un serial killer traîne dans les rues. Elles vont se montrer solidaires quand l’une d’elles est filmée à son insu et retrouver l’homme qui a commis cet acte pour se protéger lui-même. Elles vont aussi se jalouser parfois, les filles ne comprennent pas pourquoi Ronnie se prostitue. Elles vont souvent se disputer. Le scénario les fait cependant se rencontrer avec un peu trop de facilité et il est difficile de comprendre pourquoi Ronnie, la petite fille riche, ne donne pas de l’argent à Gucci au lieu de le dépenser pour ses clients.

Le film est classé Catégorie III pour ses quelques scènes de nudité. Mais pratiquement tout consiste en des dialogues entre les personnages. La caméra est souvent à l’épaule pour donner un sentiment de vitalité. La mise en scène de Kenneth Bi est alerte mais il ne semble rien dire de bien neuf sur cette génération de la communication immédiate, sur la violation de la vie privée et sur la jeunesse qui connait tout du sexe sans jamais l’avoir pratiquer. On pense parfois à certains films de Pang Ho-cheung sur la sexualité, mais Kenneth Bi ne parvient pas à être aussi profond.

Girl$ (囡囡, Hong Kong, 2010) Un film de Kenneth Bi avec Michelle, Bonnie Xian, Una Lin, Venus Wong, Deep Ng, Derek Tsang, Karson Lok, Eric Tse.

mercredi 3 novembre 2010

Dream home


Avec Dream home, Pang Ho-cheung décale légèrement son cinéma pour arriver vers un terrain balisé mais où la plupart des films de Hong Kong ont échoué. La facilité avec laquelle le cinéaste parvient à remodeler. Il procède de la même manière que dans Men suddenly in black, glisser vers la comédie avec un film de triades. Ici, il invite le gore le plus sanglant dans un drame social. C’est ce mélange entre deux identités opposées qui crée l’étincelle qui fait fonctionner Dream home.
Sheung (Josie Ho) a une vie médiocre. Elle travaille dans un centre de télémarketing où elle doit contacter les clients d’une banque. Souvent dérangés, les clients lui répondent mal, l’insultent et Sheung doit garder le sourire. Sa vie amoureuse n’est pas non plus des plus heureuses. Elle couche avec un homme marié (Eason Chan) qui la rencontre de temps en temps dans une chambre d’hôtel puis uniquement dans sa voiture pour une simple fellation. Elle se rend compte qu’il ne quittera jamais sa femme pour elle.
La vie de Sheung est faite de déception mais Pang Ho-cheung nous suggère qu’elle est en train de tuer des gens. On semble bien la reconnaitre dans cette silhouette qui est en train de massacrer un homme de la sécurité. Il est un peu plus de 23 heures et le film va suivre la mort d’une douzaine de personnes en quasi direct. Sheung va assassiner une maman, son mari et la bonne philippine dans un appartement. Puis, l’étage en dessous, elle tue deux amis (Derek Tsang et Lawrence Chou) qui sont en train de baiser deux putes. Pui, un autre ami qui arrive et finalement deux policiers venus calmer cette jeunesse qui fait trop de bruit.
Le film est classé Catégorie III pour ses scènes gore qui sont effectivement costaudes. Cette imagination débridée pour faire mourir les personnages est jouissive. Sheung n’est pas une professionnelle du meurtre et va jusqu’au bout avec les armes qu’elle possède. Une planche de lit dans la gorge d’une fille, un couteau dans le ventre d’un gars d’où sortent ses viscères et d’autres choses rarement vues dans un film de Hong Kong. Cela n’est pas le seul attrait du film même si ça ne serait pas mal. Dans ces séquences, Pang Ho-cheung soigne à la fois le suspense et la matière visuelle.
Ce que réussit à faire Pang Ho-cheung est de nous rendre Sheung extrêmement sympathique. Le récit en continu est interrompu par la vie sociale et amoureuse de notre héroïne : vie médiocre et répétitive. On découvre également dans ce puzzle qu’elle a une obsession qui tourne à la maladie, comme ses interlocuteurs veulent lui faire entendre. Sheung cherche à tout prix à acheter un appartement qui donne sur la mer. Cette quête est menée comme un film à suspense. Sheung ne gagne pas beaucoup d’argent mais elle tient à avoir un appartement avec vue sur la mer.
De longs flash backs scandent le film où l’on retourne dans l’enfance de Sheung puis dans son adolescence. C’était alors le grand boum immobilier à Hong Kong avec ses quartiers populaires et vétustes. Et surtout l’abandon de la population par le gouvernement face aux triades qui cherchaient à acquérir ses logements pour une bouchée de pain. C’est dans ces espaces de récit entremêlés que Pang Ho-cheung montre sa facilité à tenir un récit et ce talent produit grâce à quelques uns des meilleurs techniciens de Hong Kong (Yu Lik-wai à l’image, Wenders Lee au montage) d’offrir l’un des meilleurs films de l’années.
Dream home (多利一号, Hong Kong, 2010) Un film de Pang Ho-cheung avec Josie Ho, Eason Chan, Michelle Ye, Norman Chu, Lawrence Chou, Derek Tsang, Sin Lap-man, Paw Hee-ching, Ching Wong, Lo Hoi-pang, Juno Mak, Lok Ying-kwan, Zhou Chu-chu, Chan Wai-hung, Juan Song.

jeudi 2 septembre 2010

Sorties à Hong Kong (septembre 2010)

Girl$ (囡囡)
Un film de Kenneth Bi avec Michelle Wai, Bonnie Xian, Una Lin, Venus Wong, Deep Ng, Derek Tsang, Karson Lok, Eric Tse. 88 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 2 septembre 2010.



lundi 23 août 2010

Once a gangster


Une nouvelle parodie d’Infernal affairs, mais pour une fois, une bonne sans l’ombre de Wong Jing. Une parodie faite avec intelligence qui emprunte également à Election et à The Triad zone de Dante Lam pour, en fin de compte, produire quelque chose de neuf. Il était temps. Il faut dire que Felix Chong était le scénariste des Infernal affairs. Mais parodier ne suffit pas, il faut trouver les acteurs adéquats. Et le retour de Jordan Chan dans le personnage de cet homme des triades qui ne veut pas devenir le chef est une superbe idée.


Once a gangster commence par la genèse du groupe. Kerosene (Alex Fong Sun-fong), grande gueule, chemises bariolées et lunettes fumées se prépare en faisant entrer un groupe de nouveau dans le clan. Ils sont tous en slip et doivent faire allégeance au chef, Monsieur Tsa (Samuel Kwok). L’un d’eux se démarque. C’est le frêle Roasted Prok (Derek Tsang qui joue ce personnage jeune). Il veut rentrer dans la triade pour ne pas avoir à payer l’impôt quand il ouvrira un restaurant. C’est un excellent cuisinier. Le film avance dans le temps par ellipse. Kerosene est devenu chef du clan. Roasted Pork est devenu son bras droit, c’est désormais Jordan Chan qui l’incarne.


Quand le temps de règne de Kerosene est passé et qu’une nouvelle élection arrive, Roasted Pork semble l’homme tout désigné pour assumer le poste. Seulement voilà, il possède un bon nombre de restaurants à Hong Kong. Il envisage d’en ouvrir au Japon où il pourrait même s’installer d’autant qu’il espère que ses deux enfants y feront leurs études plus tard. Il n’était rentré que pour ouvrir ses restaurants et sûrement pas pour prendre la tête de la triade. Et sa femme, Nancy (Michelle Ye) veut qu’il se retire, elle l’exige même. Et ça tombe bien parce que d’autres veulent la place du chef.


A commencer par Scissors (Conroy Chan) que tout le traite comme un idiot. Et il l’est. Son bras droit est Yan (Wilfred Lau), bras dans le plâtre et qui fait du morse. Là, Once a gangster parodie Infernal affairs pour le meilleur du rire puisque tout le monde semble avoir compris que Yan est une taupe de la police. Sauf lui et Scissors. Ainsi, on le voit appeler l’inspecteur juste à côté des autres qui entendent tout et qui changent les plans. Yan se trompe parfois de bras quand il met son plâtre mais Scissors ne pige rien parce qu’il confond sa droite et sa gauche.


Et puis il y a Candice Yu. Enorme ! Lady Pearl apparaît au détour quand les élections approchent. C’est la seule femme au milieu de tous ces hommes des triades et elle compte bien faire entendre sa voix. Son fils est en prison depuis vingt ans et doit sortir justement ce jour-là et elle demande à ce qu’il soit le nouveau parrain. Swallow (Ekin Cheng) sort de geôle avec tous ses hommes derrière mais il n’a qu’une idée, devenir étudiant en économie et compte bien passer un diplôme. On le voit, à part le retardé mental, personne ne veut devenir chef en remplacement de Kerosene.


Jusqu’à alors, Once a gangster était déjà un film plaisant, superbement photographié, avec des moments d’humour bien sentis, mais il prend dès lors un virage burlesque en retournant tous les clichés élaborés dans les films de triades cités plus haut. Il s’agit maintenant de retrouver le sceptre qui donnera à son possesseur le titre de chef. Et la police s’en mêle avec un inspecteur qui ressemble à Andy Lau (Geoffrey Wong) qui est un peu dépassé. Les acteurs s’amusent comme des fous, et le spectateur par la même occasion, à jouer des idiots, des veules et surtout à mentir tout le temps et à tout le monde. Un grand plaisir pur et simple.


Once a gangster (飛砂風中轉, Hong Kong, 2010) Un film de Felix Chong avec Jordan Chan, Michelle Ye, Candice Yu, Alex Fong Sun-fong, Conroy Chan, Ekin Cheng, Wilfred Lau, Cheng Sze-kwan, Samuel Kwok, Ben Yuen, Nan Pong, Derek Tsang, Wong Yaun-nam, Geoffrey Wong.