samedi 31 mai 2014
Les Associés
vendredi 30 mai 2014
Les Larmes d'un héros
mardi 5 novembre 2013
Une balle dans la tête
lundi 5 mars 2012
Hello, late homecomers

Hello, late homecomers est un film composé de trois histoires réalisé par trois cinéastes (John Woo, Louis Sit et Lau Tin-chi) avec comme acteur principal Louis Lo Yuen. Peu connu (je ne l’avais vu que dans un Chow Yun-fat de ses débuts, Their private lives), Louis Lo Yuen est un grassouillet qui porte des lunettes carrées et est persuadé d’être un Apollon. La première matière de son comique est donc le contraste avec son physique banal, voire ingrat, et son ambition sexuelle. Le sujet du film est les femmes qui font subir quelques déboires amoureux à notre héros. Elles vont lui en faire voir des toutes les couleurs et le placer dans des situations humiliantes donnant ainsi une volonté de burlesque où son corps sera malmené, sa position de mâle ridiculisée et ses tentatives de parvenir à coucher avortées.
Dans Till we meet again, Louis Lo Yuen parie avec deux de ses amis (dont Karl Maka qui portait encore des cheveux) qu’il réussira à coucher avec une femme choisit au hasard dans les vingt-quatre heures. Dans Heart on her undies, il porte un caleçon sur lequel sa maîtresse a cousu un cœur. Le caleçon disparait et il part à sa recherche. Dans Little men’s big hopes, il est le mari d’une femme acariâtre qui ne lui laisse aucune liberté. Sa maîtresse le convainc d’engager un tueur à gages pour l’éliminer. Dans les deux premières histoires, Louis Lo Yuen sera le dindon de la farce, celui dont tout le monde se moque. Ainsi Karl Maka a fait un arrangement avec la jeune femme (une prostituée) pour lui soutirer son argent. Ne nous y trompons pas, le film est d’abord le moyen de montrer les actrices en maillot de bain, en petite tenue, voire entièrement nue, comme dans le dernier sketch. Le film déploie aussi des gags pas franchement fins qui vont du plus bête (on marche sur les pieds des autres) au plus élaboré (un serveur lit à très haute voix une lettre de drague dans le restaurant) en passant par le graveleux (Louis Lo Yuen frotte un concombre, une courgette puis un cornichon sur la joue d’une fille qui ne le voit pas, elle le reconnait avec le cornichon).
Des trois, c’est la dernière histoire qui est la mieux mise en scène parce qu’elle confronte eros et thanatos, l’amour et la mort. Louis Lo Yuen est donc un mari brimé par sa femme. Elle le harcèle à chaque minute de la journée en lui demandant avec une voix autoritaire qu’il lui dise qu’elle l’aime. Il lui répond avec une toute petite voix. Elle adore sucer des glaçons (pourquoi, je ne sais pas) et refroidit sa chambre où Yuen se gèle. Elle le surveille jusqu’aux toilettes. Son échappatoire est sa jeune maîtresse qui est aussi sa secrétaire. Il place tout un stratagème chez lui, sur les conseils d’un tueur à gages pas franchement très compétent, pour assassiner son épouse. On voit d’abord l’installation minutieuse des pistolets, couteaux, câbles électriques, poison destinés assurer son sale coup. Ce n’est pas seulement la surabondance de moyens pour tuer sa femme qui fait sourire, mais c’est aussi que pour la première fois Yuen prend en main sa vie, il met en scène son meurtre tel Michael Caine dans Le Limier dont on sent les emprunts.. On reconnait dans ce sketch l’amorce du style de John Woo quand dans ses polars des années 1980, les gangsters planquaient des armes dans les pots de fleurs ou sous la table. John Woo lance ensuite sa chorégraphie quand l’épouse revient : pour Yuen, il s’agit d’éviter les pièges qu’il a lui-même tendu, le rythme s’emballe pour un final qui doit plus au cinéma de kung-fu qu’à la comédie.
Hello, late homecomers (Hello! 夜歸人, Hong Kong, 1978) Un film de John Woo, Louis Sit et Lau Tin-chi avec Louis Lo Yuen, Yik Ga, Chan Wai-ying, Fung Hak-on, Lee Hoi-sang, Cheng Lui, Cheng Fu-hung, Lam Hau-yi, Karl Maka, Lau Hok-nin, Tong Kam-tong, Fung Fung, Ho Pak-kwong, Lau Kwok-shing, Ma Chung-tak, Lee Wan-lung.
lundi 20 février 2012
Follow the star

Follow the star est l’un de ces nombreuses comédies loufoques que John Woo avait tourné avant ses polars. (J’ai déjà parlé de ses films avec Ricky Hui : Money crazy, From riches to rags, To hell with the devil et Plain Jane to the rescue.) Ici, Roy Chiao est Sing un mécanicien très paresseux qui va être pris dans une aventure alors qu’il ne demandait rien. On le découvre affalé dans son lit, appuyant sur des télécommandes pour amener à sa bouche sa brosse à dents grâce à une ingénieuse mécanique (cela a dû lui demander d’ailleurs beaucoup d’efforts pour l’installer), il glisse ensuite dans son pantalon, caresse son petit singe qui lui sert d’animal de compagnie et file tranquillement au boulot où il arrive en retard. Au boulot, il travaille à son rythme, alternant les coups de clé anglaise et les coups de whisky. Car Sing boit beaucoup pour oublier qu’il bosse.
C’est justement dans le garage où il travaille que Miss Chan (Rowena Cortes), la star du titre du film, vient faire réparer la voiture de son agent (Chung Chai-sam). Elle est ado (16 ans dit-elle) et orpheline. Son statut de star n’entrera jamais en compte dans le film. En revanche, elle est poursuivie par cinq malfrats (Fung Hak-on, Chin Yuet-sang, Wong Ching, Lee Hoi-sang et Chan Paak-san) la kidnappent pour savoir où se trouvent les cinq millions de HK$ que le père de Chan aurait caché après un casse. Bien entendu, la gamine ne sait rien, elle leur dit mais ils ne la croient pas. Malgré sa paresse, Sing va partir à la rescousse de Miss Chan dans un élan héroïque. Il grimpe sur la camionnette, s’introduit dans leur repaire (un poulailler), parvient à battre ces vilains kidnappeurs et à libérer la starlette. Bizarrement, l’agent de Miss Chan refuse que l’on appelle la police (on se doute vite pourquoi).
L’attraction majeure ce sont ces cinq caïds aussi stupides que patibulaires. Chaque tentative pour arriver à leur fin se solde par un échec retentissant. Chacun, comme dans les films de kung-fu, a une botte à son actif pour accomplir leurs forfaits. L’un a une main pourvue de griffes de métal, un autre envoie du poison avec un spray, le troisième utilise un révolver, le quatrième a un poing super puissant et le dernier lance des cartes à jouer tranchantes. Ça fait très peur, mais non, en fait car ils manquent inlassablement leur cible et se font humilier en beauté. Il faut bien signaler que les nombreux gags qui pullulent dans Follow the stars ne volent pas très haut. C’est d’abord un concours de grimaces : le quintet a des trognes pas possibles, ils se ramassent plein de choses dans la gueule (farine, œufs), Sing a une bosse énorme sur le front qui pousse en direct. Sinon, les pantalons des méchants tombent et laissent apparaitre les caleçons, de la fumée sort des oreilles de Sing et il y a pas mal de gags sur le caca (un serpent chie sur le dingue des armes à feu, un autre tombe la tête dans une crotte de chien), quelques moments de travestissement et une poursuite en voitures dont il ne restera rien des véhicules.
D’autres moments d’humour sont de meilleure qualité (même si j’avoue que la loufoquerie non-sensique me plait beaucoup avec cette idée de produire des gags tellement au ras des pâquerettes qu’ils en deviennent drôles). On trouve un flashback tourné comme un film muet burlesque sur le père de Miss Chan. Plus tard, le film bifurque dans un cimetière peuplé de fantômes qui jouent une partie de mahjong endiablée. On retrouve le goût de John Woo pour la littérature classique chinoise puisque les « amants papillons » reviennent dans leurs costumes d’époque d’entre les morts. Enfin, la baston finale aura lieu dans une église où il ne manque que les colombes et les gros guns (on n’est pas encore de The Killer quand même).
Follow the star (大煞星與小妹頭, 1978) Un film de John Woo avec Roy Chiao, Rowena Cortes, Chung Chai-sam, Fung Hak-on, Chin Yuet-sang, Wong Ching, Lee Hoi-sang, Chan Paak-san, Chui Gai-heung, Fung Fung, Cheng Suk-ying, David Wu, Cheng Siu-ping, Sai Gwa-pau, Fung Ging-man, Chan Kim-wan.
jeudi 23 juin 2011
Sorties à Hong Kong (juin 2011)
dimanche 5 juin 2011
The Big hit

Contrairement à ses compatriotes exilés volontaires à Hollywood, Ringo Lam, Tsui Hark ou John Woo, Kirk Wong n’est pas passé par la case Jean-Claude Van Damme pour ses débuts américains. Mais sa carrière s’est arrêtée après ce The Big hit produit par Terence Chang et John Woo. En tête de distribution on trouve Mark Wahlberg, tout jeune, à peine sorti de Boogie nights. Son aura à l’époque n’était pas encore celle qu’il a maintenant. Son jeu n’était d’ailleurs pas encore très bon mais il réussit à donner à son personnage de Melvin Smiley la naïveté nécessaire.
Melvin est un tueur à gages. Il travaille en équipe avec trois comparses. Vince (Antonio Sabato Jr.), Crunch (Bokeem Woodbine) qui a décidé d’arrêter d’avoir des relations sexuelles pour pratiquer la masturbation persuadé que cela le muscle et Cisco (Lou Diamond Phillips), le leader du quatuor, grande gueule qui abuse de la gentillesse de Melvin. Lors de leur contrat qui lance le film, il laisse Melvin faire le sale boulot et s’attribue la mort de la victime pour toucher la prime. Melvin est un personnage bondissant, habile, qui abat très vite les hommes de main du « client ». On retrouve un savoir-faire typiquement hongkongais dans cette séquence. Le héros est le plus fort et aucune balle ne l’atteint jamais.
En revanche, dans sa vie privée, Melvin est un faible. Sa fiancée Pam (Christina Applegate) n’a pas osé le présenter à ses parents, le père (Elliott Gould) est un faible, sa mère (Lainie Kazan) est très envahissante. Il est méprisé par son voisin. Il habite dans un lotissement où chacun fait la même chose au même moment (joli scène où les maris vont tondre le gazon le dimanche matin). Il se fait engueulé par le mec du vidéo club parce qu’il n’a pas rendu une cassette à temps. Melvin a aussi une maîtresse Chantel (Lela Rochon) qui lui demande de lui prêter une forte somme d’argent. Or Melvin n’a plus d’argent. Quand Cisco lui propose un coup hors contrat, après avoir hésité, il accepte.
Ils vont kidnapper Keiko (China Law), la fille d’un riche homme d’affaires. Pas de chance, l’homme d’affaires est ruiné. Pire encore, il est ami avec le patron de Melvin et Cisco. Leur trace va vite être retrouvée. The Big hit est une comédie d’action avec comme motif centrale le thème du double. Melvin cache à sa fiancée sa véritable activité et lorsqu’il doit cacher Keiko chez lui, c’est toute une série de quiproquos qui s’enchaine. La dernière demi-heure est consacrée à un grand nombre de course poursuite entre Melvin et Cisco et la destruction du vidéo club. Le film est très léger et vaut surtout pour ses moments de comédie qui frôlent parfois le non-sensique.
The Big hit (Etats-Unis, 1998) Un film de Kirk Wong avec Mark Wahlberg, Lou Diamond Phillips, Christina Applegate, Avery Brooks, Bokeem Woodbine, Antonio Sabato Jr., China Chow, Lainie Kazan, Elliott Gould, Sab Shimono, Robin Dunne, Lela Rochon.
mardi 1 mars 2011
A toute épreuve

Je ne sais pas si quelqu’un s’est un jour lancé dans le recensement de tous les morts que compte A toute épreuve. Il faut dire que John Woo n’y est pas allé de main morte pour son dernier film à Hong Kong avant de partir aux Etats-Unis pour la carrière et le résultat que l’on connait. Comme s’il savait que ce serait sans doute son dernier film libre et qu’il fallait qu’il offre le spectacle le plus fou possible, avec un final à l’hôpital de près de trois quarts d’heures où tout les décors seraient détruits dans des explosions, où les personnages abondent, où l’humour côtoierait l’extrême violence. Bref, A toute épreuve est un film très copieux.
Chow Yun-fat en est le centre, le personnage autour duquel tout va tourner. Dès la scène d’introduction, on le voit boire quelques verres de tequila dans un bar. Cela lui donnera son surnom. Tequila joue de la flute dans un orchestre de jazz. On le suit ensuite dans un salon de thé avec à son bras une cage et un pinson. L’atmosphère se fait de plus en plus lourde dans la salon de thé. John Woo joue sur la multiplicité des regards, sur des panoramiques de la caméra qui observent toute la pièce, on ne sait pas qui observe qui et surtout vraiment pourquoi. Tequila semble agir comme un gangster dans ce lancement du film mais c’est un flic. Il est impulsif et se lance sans réfléchir dans l’action. En l’occurrence, il va empêcher la vente de trois révolvers. Dès les dix premières minutes, A toute épreuve plonge le spectateur dans un gunfight où Tequila tire avec un révolver dans chaque main.
Cette attitude impulsive n’est pas du goût de son supérieur, le chef Pang (Philip Chan) qui n’en peut plus de devoir le contrôler. Il est furieux que Tequila aie gâché la filature qu’il avait mis en place pour coincer un trafic d’armes. Il est viré de l’affaire et, après l’enterrement d’un de ses collègues, va dans son jazz club où le patron (John Woo) lui donne quelques conseils. Le cinéaste apparait dans un rôle très secondaire mais son personnage est pour lui un moyen de signer son film. Il est aussi dans les quelques scènes qu’il a avec Chow Yun-fat, l’homme qui donnera quelques leçons de mise en place du récit. Il annoncera ce qui va arriver dans le reste du film et lui donnera des indices sur d’autres personnages.
Pendant ce temps-là, les triades veulent faire entrer des armes à feu à Hong Kong. La possession d’armes, à l’exception de la police, est interdite. Un meurtre dans une bibliothèque va les lancer dans une nouvelle enquête. Le meurtre est filmé dans son intégralité. Un jeune homme bien sapé, Tony (Tony Leung Chiu-wai) déboule dans sa belle Ferrari rouge. Il entre dans la librairie, se dirige dans les rayons, effleure de son index les livres, en choisit un et se dirige vers un homme assis à une table. Calmement, il ouvre le livre qui contient un révolver silencieux et abat l’homme. Tony vit dans un bateau et, entre deux bouffées de cigarette, construit des oiseaux de papier qu’il accroche au plafond. Il y a désormais une douzaine d’oiseaux de papier. Ce sont les hommes qu’il a tués.
Tony travaille pour Monsieur Hoi (Kwan Hoi-san), un parrain qui aimerait, à l’approche de la vieillesse, se retirer. Johnny (Anthony Wong) aimerait reprendre les affaires de Hoi et rencontre Tony qui n’a que la paix à lui proposer. Après cette rencontre, Johnny tombe sur Tequila. Les deux hommes se battent et Tony intervient pour que Johnny n’abatte pas le flic. Tequila portera un sparadrap sur le front pendant tout le reste du film. Tony accepte de bosser pour Johnny et de tuer Hoi. Johnny va voler toute sa cargaison d’armes. La séquence offre le deuxième gunfight dans l’entrepôt. La lassitude et le calme de Tony contrastent avec l’excitation de Johnny qui veut être le seul à diriger les triades. Mais la police va intervenir et quand Tony a au bout de son flingue Tequila, il ne tirera pas, au grand étonnement de ce dernier.
Ce qu’ignore Tequila est que Tony est un flic infiltré dans la mafia. Tony communique avec le chef Pang d’une manière originale. Il envoie des bouquets de fleurs à la commissaire Teresa Chang (Teresa Mo), ancien flirt de Tequila qui en est encore amoureux. Dans chaque bouquet, qui titille la jalousie de Tequila, un message codé est glissé sur les avancées de la bande à Johnny. Ces séquences d’arrivée des bouquets et de décryptage sont les seuls moments de comédie d’A toute épreuve. Teresa et Tequila flirtent gentiment, même si le personnage de Teresa est creux prouvant, encore une fois, que le cinéma de John Woo est essentiellement masculin. Tony essaie de mettre en garde Pang sur le danger de l’impulsivité de Tequila. Cela pourrait menacer l’enquête. Les deux hommes vont devoir travailler ensemble.
Le final grandiose et apocalyptique se déroule dans un hôpital. En l’occurrence un hôpital que possède Johnny et où Tony est envoyé pour être soigné après une altercation. C’est là que sera aussi soigné un indic que le borgne (Philip Kwok) a torturé. Assez vite, Tony et Tequila comprendront que les armes sont cachées dans cet hôpital et il va falloir les trouver. Bien sûr, qui dit grand nombre d’armes à feu, dit grosses fusillades. D’un côté, Tequila et Tony, qui seront rejoints par Teresa, Pang et des flics. Et de l’autre Johnny et le borgne ainsi qu’un grand nombre d’hommes de main. Au milieu les patients et la pédiatrie où toute une ribambelle de bébés viennent de naître.
John Woo fait monter lentement le suspense sur près d’une heure, comme en temps réel. Il isole d’abord les deux protagonistes dans la morgue où ils cherchent les armes ce qui leur permet de mieux se connaitre et de finalement s’apprécier. Puis, il fait rentrer le personnage du borgne, homme mutique mais impitoyable. Il faut dire que les méchants sont gratinés. Johnny n’hésitera pas à tirer à l’arme lourde sur les patients pour tenter de supprimer Tequila. Le nombre de flics qui va mourir est aussi impressionnant que celui des gangsters. Mais il reste encore une once d’humanité au borgne, il voulait que Johnny épargne les malades. Et puis il y a la longue évacuation des bébés qui donne un soupçon de sensibilité dans ce monde de brutalité.
A toute épreuve condense tout le savoir-faire de John Woo en matière de polar d’action avec des fusillades et des explosions. C’est son cadeau de départ au public de Hong Kong bien plus qu’une preuve aux studios hollywoodiens qui vont le mépriser en lui offrant Jean-Claude Van Damme. A ce titre, le bébé que sauve Chow Yun-fat en le mettant dans son blouson est le symbole de ce cadeau, il sauve ce qu’il reste du cinéma de Hong Kong qui angoissait de la rétrocession et du départ de ses cinéastes phares. Le public a réservé au film un très grand succès malgré ses défauts et son absence totale de réalisme. C’était le dernier film de John Woo. Le dernier.
A toute épreuve (Hard boiled, 辣手神探, Hong Kong, 1992) Un film de John Woo avec Chow Yun-fat, Tony Leung Chiu-wai, Teresa Mo, Anthony Wong, Philip Chan, Philip Kwok, Kwan Hoi-san, Stephen Tung, Bowie Lam, John Woo, Michael Dinga.
mercredi 1 décembre 2010
Quatre comédies de John Woo en DVD
Après la sortie des deux premiers films de John Woo début novembre, HK Vidéo sort maintenant quatre de ses comédies. C’est un événement exceptionnel puisqu’elles étaient jusque là inédites en France et qu’elles montrent un John Woo totalement différent de ses polars qui ont fait sa réputation. La comédie cantonaise est l’un des fleurons du cinéma de Hong Kong, le moins respecté pourtant l’un des plus féconds. Dans ces quatre films, l’acteur Ricky Hui a le premier rôle. Avec sa bouille d’imbécile, ses cheveux longs en bataille et ses yeux de cocker, on sait très vite qu’il va lui arriver plein de pépins. C’est un des ressorts comiques des quatre films. Son comique fonctionne en duo : avec Richard Ng dans Money crazy, avec Johnny Koo dans From riches to rags, avec Josephine Siao dans Plain Jane to the rescue et Stanley Fung dans To hell with the devil. Souffre-douleur, maladroit, romantique éperdu, Ricky Hui est le plus inconnu des frères Hui et ce coffret permet de découvrir son burlesque typiquement cantonais.
mardi 30 novembre 2010
Le Règne des assassins

mardi 23 novembre 2010
The Killer

Avec un film tel que The Killer, il n’est pas facile pour moi de trouver de nouvelles choses à dire. Le film de John Woo a plus de vingt ans, il est considéré comme un classique depuis des années (depuis le début ?), il a inspiré plusieurs cinéastes qui, à leur tour, sont considérés comme des grands. Pour ma part, j’ai mis près de quinze ans avant de regarder à nouveau The Killer. Je ne l’aimais pas. J’ai un peu changé mon avis.
Le pivot central du film est évidemment Jeff, le personnage de Chow Yun-fat que John Woo iconise très vite en débutant le film dans une église, à côté des statues de saints. On lui demande de remplir un contrat puisqu’il est tueur à gages. L’assassinat aura lieu dans une boite de nuit où Jeff remarque Jenny (Sally Yeh, qui interprète les chansons elle-même), chanteuse qui assure l’animation. Jeff tire sur sa cible et dans la confusion Jenny est blessée par les tirs des hommes de la victime. Elle devient pratiquement aveugle. Jeff a juste le temps de mettre son écharpe blanche sur ses yeux pour la protéger.
Jeff culpabilise et va rencontrer, sans dévoiler son identité, Jenny. Il veut l’aider à trouver de l’argent pour se soigner. Il va accepter un gros contrat où il doit tuer un parrain de la mafia. Ce parrain doit assister à la fête du dragon et c’est l’inspecteur Li (Danny Lee), flic incorruptible et droit dans ses bottes qui est chargé, avec son collègue Tsang (Kenneth Tsang) de la protection de l’homme. Ce qui dégoûte Li. Quand Jeff tue le parrain, Li part à sa poursuite. Mais c’était un piège. Jeff est attendu et on tente de l’abattre. Dans la fusillade, une petite fille est blessée. Bien que poursuivi par la police, il va la conduire à l’hôpital.
Le tueur est un type bien, se dit Li. Sa hiérarchie ne l’entend pas de cette oreille. Elle veut l’abattre. Tout comme Wong (Shing Fui-on) veut l’abattre alors que c’est lui qui a commandité l’assassinat de son oncle pour prendre sa place. Bref, tout le monde veut la peau de Jeff. John Woo parvient très bien à rendre l’ambivalence de sa position. Tueur à gages, il est aussi protecteur de Jenny puis s’approche de Li dans une belle scène où ils s’appellent Dumbo et Mickey, tout sourire, en se pointant avec leurs révolvers devant Jenny qui n’imagine pas une seconde qu’ils sont ennemis. Cette séquence est devenue la marque de fabrique du cinéaste, son image de marque. Elle est devenue identifiable au premier moment faisant souvent oublier le reste du film.
The Killer n’est pas seulement un film d’action policier avec sa longue scène finale de gunfight, chose classique chez John Woo déjà présente (avec des sabres ou du kung-fu) dans ses films des années 1970. Dans cette séquence finale, le blanc (Jeff, Li et Jenny sont vêtus de blanc) s’oppose au noir (les hommes de Wong). The Killer est aussi un mélodrame où l’on voit Jenny progressivement tomber amoureuse de Jeff tandis qu’il lui fait espérer une guérison prochaine. Li est là pour contrecarrer les plans de ce couple tandis qu’il va se prendre de sympathie pour eux deux et devenir ami avec Jeff. Le mouvement circulaire des relations entre le trio n’amène aucune échappatoire. Il n’est question que de morale dans le film.
Le film brasse son lot d’émotion, d’action violente et de suspense. Il offre des images qui ont fait l’histoire. Chow Yun-fat qui est submergé par le sang quand Jenny se rappelle le moment où elle perd la vue. John Woo travaille aussi beaucoup sur le son pour rendre plus efficace son suspense. Lors d’une poursuite, Li prend en chasse un membre des triades qui se réfugie dans un bus. Le son intradiégétique disparait progressivement pour ne donner à entendre que le clic du révolver qui s’arme. Il travaille son montage lors de la fête du dragon où les plans du tambour qui va jouer de la musique alternent avec la préparation de l’exécution du parrain. Ensuite, tout est une question de croyance. Je trouvais il y a quinze ans le mélodrame simpliste et le suspense convenu, l’idée de film culte au sujet de The Killer me révulsait. Aujourd’hui, je me rends compte des qualités de mise en scène de John Woo.
The Killer (喋血雙雄, Hong Kong, 1989) Un film de John Woo avec Chow Yun-fat, Danny Lee, Sally Yeh, Paul Chu, Kenneth Tsang, Shing Fui-on, James Ha, Tommy Wong, Ricky Yi, Barry Wong, Parkman Wong, Teddy Yip.
vendredi 19 novembre 2010
To hell with the devil

Dieu, le diable, le bien, le mal, la vie, la mort et au milieu Ricky Hui. Tel est le programme de To hell with the devil, la comédie la plus réussie de John Woo. Ricky Hui est Bruce Lee, non pas une incarnation de l’acteur, mais c’est le nom de son personnage. Il ne réussit pas à séduire Peggy (Jade Hsu), d’autant que sa mère l’incite à ne pas le fréquenter. Elle préfèrerait qu’elle sorte avec quelqu’un de riche et de plus beau, en l’occurrence la star de la chanson Rocky (Nat Chan, qui en fait des tonnes).
Le destin de Bruce va changer le jour où il rencontre successivement Flit (Stanley Fung), suppôt du diable et le père Ma (Paul Chun), prêtre qui n’en peut plus de la vie. Dieu dit à Ma d’aller sauver un homme et le renvoie sur terre. Le diable dit à Flit de lui ramener une âme. Comme il se doit, c’est Bruce qui va faire les frais de l’affrontement entre les deux fantômes. Flit va commencer par lancer un sort à Bruce.
Comme notre loser est amoureux de Peggy, il va pratiquer une variété de vaudou pour éliminer Rocky. Parce qu’il est beau gosse, il va en faire un pantin désarticulé qui ne pourrait plus séduire les femmes. Evidemment, Nat Chan se défoule sur les grimaces quand Bruce lui lance des sorts. Il faut dire que la Rocky a volé une chanson à Bruce, chanson qu’il destinait à Peggy. Sa colère n’en est que plus grande. Du coup, Flit parvient à faire signer à Bruce un contrat et a droit à trois vœux.
Bruce est pauvre, il va demander à être riche. Mais être riche est terriblement ennuyeux d’autant que Peggy en profite trop. Son deuxième vœu sera de faire une femme très obéissante. La situation va encore une fois se retourner contre Bruce. Dernier vœu : puisque la richesse et l’obéissance ne lui réussissent pas, ils vivront d’amour et d’eau fraiche. Là aussi, c’est l’horreur. Il a la tuberculose, ils sont pauvres, elle a faim. Las, les vœux ne marchent pas et Bruce veut récupérer son âme. Le père Ma veut sauver notre homme.
La mode de l’époque était aux comédies de fantômes. John Woo détourne le genre en faisant de sa farce une apologie de l’église catholique à laquelle il appartient. Les traditions païennes (les sorts lancés) sont montrées comme très néfastes. Ça n’est pas pourtant une critique acerbe. Le film est une comédie de plutôt bonne facture où les gags fonctionnent bien. Moment génial quand Ricky Hui se déguise en vieille femme dans une parodie de soap opéra. Le final, comme souvent chez John Woo, est le morceau de bravoure. Dans To hell with the devil, le combat se transforme en jeu vidéo où l’harmonie des couleurs crée une abstraction d’une grande beauté.
To hell with the devil (摩登天師, Hong Kong, 1982) Un film de John Woo avec Ricky Hui, Stanley Fung, Paul Chun, Jade Hsu, Nat Chan, Chung Fat, John Shum, Wong Man.
jeudi 11 novembre 2010
La Dernière chevalerie

Après quelques films relativement impersonnels, dont quelques comédies burlesques à succès, John Woo semble s’épanouir pour la première fois avec La Dernière chevalerie. On ressent enfin qu’il a les coudées franches dans sa mise en scène et que son style personnel s’affranchit des contraintes du studio pour livrer son premier film qui traite vraiment des l’un de ses thèmes favoris : l’amitié amoureuse entre deux hommes.
Ces deux hommes, Tsing Yi (Damian Lau) et Chang San (Wei Pai), sont tous deux épris des mêmes sentiments de liberté. Ils n’ont pas l’ambition de devenir les maîtres du monde. C’est ce qui les différencie de Gao Pang (Lau Kong) et de Pak Chung Tong (Lee Hoi-sang) qui se querellent pour avoir le plus haut degré de pouvoir. Ils se disputent les terres et le palais qui feront d’eux le chef local et tous les coups sont permis. Le père de Gao, moribond, vient de s’accaparer les terres de Pak qui cherche à se venger. C’est donc une lutte de pouvoir entre les deux propriétaires, qui vont allégrement endosser les costumes de méchants, que va se décider le destin de Tsing Yi et Chang San.
Toute la mise en scène de John Woo va s’articuler autour des trahisons que les différents personnages vont faire. En commençant par la femme de Gao, ancienne prostituée mais qu’il présente comme une femme du monde. Gao a acheté sa liberté pour 1000 taels et elle a accepté de Pak, pour le double de cette somme, d’assassiner son époux. Les coups bas se font jusqu’au milieu du foyer familial. Gao ira jusqu’à trahir son père pour s’emparer de l’épée familiale symbole de pouvoir, comme si un instrument suffisait à incarner l’autorité. John Woo entend démontrer que la valeur inverse est la meilleure.
L’amour que se portent Tsing Yi et Chang San ne repose sur rien d’autre que des sentiments bienveillants et aucunement sur des valeurs matérialistes. La trahison que ferait d’ailleurs Tsing Yi est à ce titre une fausse piste narrative immédiatement reconnaissable et contredite par la mise en scène de John Woo. Les regards que se donnent les deux hommes lors de leurs serment d’amitié, devant une cascade, est sous le signe de la nature et non de la culture. Ce serment vaut pour soi, il est d’ordre naturel et n’est pas établi en vertu d’un quelconque rapport politique, social ou guerrier. Il est instinctif, quasi animal et totalement amoureux. Leur regard, yeux dans les yeux, est un hommage aux films de Chang Cheh.
La Dernière chevalerie se veut comme un hommage à la Shaw Brothers. Tout y concourt : les décors souvent en carton pâte les rappellent irrémédiablement. On craint que souvent les personnages ne se prennent les pieds dans les fleurs étincelantes du jardin. Pourtant, de nombreuses différences sont visibles, notamment dans le design sonore des combats. Les bruits des sabres sont mis à l’épreuve d’une réverbération du son. Mais, dans la séquence finale qui dure près de quarante minutes, que La Dernière chevalerie étonne. Autour du rouge, couleur du sang comme du bonheur, Tsing Yi et Chang San vont successivement affronter Pak et Gao dans un combat à mort où l’esthétisme et les défis aux lois de la gravitation priment.
La Dernière chevalerie (Last hurrah for chivalry, 豪俠, 1979) Un film de John Woo avec Damian Lau, Wei Pai, Lau Kong, Lee Hoi-sang, Hsu Hsia, Fung Hak-on, Chin Yuet-sang, Ngai Chau-wa, Cheng Lui, Huang Ha, Wang Kuang-Yu.
mercredi 10 novembre 2010
Hand of death

La Bande annonce de Hand of death décrit le film comme extrêmement documenté sur les arts martiaux de Shaolin, extraits à l’appui. On y voit les héros que l’on va découvrir se battre selon des techniques éprouvées. Effectivement, Hand of death est lancé avec une explication sur le passé de Shaolin, son histoire et sur le présent situé quand le film commence. On comprendra vite que cette idée documentaire n’est qu’une image publicitaire.
Su (James Tien) est un potentat mandchou qui ne supporte pas la résistance des adeptes de Shaolin qu’il interdit sur son territoire. Or, cette résistance s’organise bien que les différentes écoles aient été dispersées. Su dirige ses troupes comme des esclaves soumis à son pouvoir. Son homme de main Tu Ching (Sammo Hung) est chargé des basses besognes. Il doit éliminer Yun Fei (Dorian Tan) qui cherche à réunifier Saholin avec l’aide de ses amis qu’il rencontre au cours de son voyage : Tan (Jackie Chan), Cheng (John Woo) et Lanze (Yeung Wai).
Le scénario est classique dans ce film en costumes d’arts martiaux de John Woo. Le bien doit triompher du mal incarné par le personnage de Su qui n’agit que pour lui-même en ne cherchant rien d’autre qu’augmenter son pouvoir. Le bien est représenté par différentes castes. Cheng est lettré, Tan est un homme de terroir et Lanze un aventurier. Mais chacun se reconnait des qualités et en premier lieu celle de la loyauté à un idéal commun.
Les thématiques du cinéaste commencent timidement à apparaître dans Hand of death. Ce sont aussi celles du wu xia pian, loyauté, fraternité et respect de l’autorité juste. John Woo balbutie pour l’instant mais il fait des expériences. Il apparait clair que Sammo Hung a dirigé les chorégraphies des combats (on retrouve son style si particulier). On sent que John Woo expérimente dans les scènes dialoguées où la place des personnages devient primordiale. Le cinéaste s’exerce aussi au montage alterné et soigne ses flashbacks.
Hand of death se suit plaisement. Le mal incarné par James Tien est suffisament cruel, mais encore humain, pour être crédible. Ce qui plait surtout est de voir Sammo Hung affublé de fausses dents qui l’empêchent presque de parler et lui donnent un air crétin, de voir John Woo dans un rôle de lettré pratiquement sans dialogues et Jackie Chan encore très jeune et mal exploité. Hand of death est sorti en salle en France en 1982 sous le titre Shing le fantastique mandchou.
Hand of death (少林門, Hong Kong, 1976) Un film de John Woo avec Dorian Tan, James Tien, Jackie Chan, Sammo Hung, John Woo, Chu Ching, Yeung Wai, Wilson Tong, Gam Kei-chu.
lundi 8 novembre 2010
Filmographie : John Woo











