Affichage des articles dont le libellé est Eric Tsang. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Eric Tsang. Afficher tous les articles

dimanche 29 juin 2014

Aberdeen


Il faut environ 13 minutes à Pang Ho-cheung pour présenter les personnages d’Aberdeen, son douzième film.  Miriam Yeung, la première à apparaitre, est dans un bunker de la seconde guerre mondiale d’où elle voit Hong Kong par une fenêtre étroite. Elle est Ching, guide touristique et historique qui se fait parfois contredire par ses clients. Eric Tsang est Yau, un gynécologue las de répéter les mêmes mots à ses patientes (inspirez, retenez votre souffle, respirez) pendant qu’il fait passer ses échographies. Il sera diverti par sa jeune assistante (Jacky Choi) qui est sa maîtresse.

Gigi Leung est Ceci, une ancienne mannequin reconvertie en actrice mais dont la carrière bat de l’aile. Lors de son casting, on lui fait comprendre qu’elle doit coucher pour avoir le rôle. Ng Man-tat est Dong, un prêtre taoïste excentrique qui répond à son portable en pleine cérémonie funéraire. Enfin, Louis Koo est Tao un conseiller tutoriel qui négocie, au téléphone, avec ses futurs clients tandis que sa fillette Chloe (Lee Man-kwai) s’entraine au kung-fu. Et puis Carrie Ng est Ta, dirigeante d’un cabaret dans un quartier mal famé.

Le récit fonctionne par bribes, par fragments d’un puzzle que Pang Ho-cheung rend mystérieux. Rien a priori n’unit les personnages présentés, on passe de l’un à l’autre avec un sens du suspense élaboré. Quand ils sont tous réunis pour célébrer le décès de l’épouse de Dong, on comprend qu’ils forment une famille. Dong est le père de Ching et Tao. Ching est l’épouse de Yau et Ceci celle de Tao. Ce qui trouble cette famille est que le père s’affiche avec Ta, sa nouvelle compagne, alors que la mère est à peine décédée.

Les rapports entre les membres de la famille sont le fond du scénario d’Aberdeen, chacun ayant un problème avec l’autre. Disputes, ressentiments et rancœurs sont les sujets de la famille. Tao trouve sa fille très vilaine et se demande s’il est vraiment le père de l’enfant. Il va passer un test ADN. Il se dispute souvent avec son père au sujet du métier, peu recommandable selon lui, de sa maîtresse. Il quitte le repas familial. Ceci cache un secret de son passé à Tao, ce qui lui fait perdre sa confiance. Sa carrière d’actrice est au point mort.

Le couple de Ching et Yau ne va pas mieux. Yau trompe sa femme avec une femme bien plus jeune qui va le harceler jusque chez lui. Ching est persuadée que ses parents la détestaient. Elle s’est même convaincu que le fantôme de sa mère lui a renvoyé les billets destinés au service funéraire. D’une manière générale, les femmes sont tournées vers leur passé alors que les hommes sont plutôt du côté de l’avenir (l’idée des enfants). Tout cela est montré de manière un peu schématique et souvent symbolique.

Le film déçoit parfois dans sa manière de ne laisser le récit évoluer que par les dialogues débités un peu tristement comme si Pang Ho-cheung tentait de tourner un film Sundance. Ceci dit, quelques moments bizarres sont toujours là, une baleine qui échoue sur une plage près du tunnel Aberdeen, le caméléon de la petite Chloe qui se transforme en mini Godzilla, Hong Kong qui est représenté en maquette sert de toile de fond aux cauchemars de la fillette. Une bombe de la seconde guerre mondiale est découverte dans le jardin de Yau et Ching.

Comme à son habitude Pang Ho-cheung est fidèle à ses acteurs préférés. Miriam Yeung et Eric Tsang, habitués de ses films accueillent les nouveaux venus dans son cinéma Ng Man-tat, Louis Koo et Gigi Leung. Dans des rôles plus petits, on retrouve Chapman To (le meilleur ami de Tao qui ne donne que des mauvais conseils), Derek Tsang (un réalisateur qui malmène Ceci dans un film de vampires qui semble être un beau nanr) et Shawn Yue (un client dans un hôtel quand Ceci cherche à gagner de l’argent en faisant l’escort girl).

Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Carrie Ng, Dada Chan, Shawn Yue, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Derek Tsang, Lawrence Chou, Lee Man-kwai.

mardi 20 mai 2014

The Romancing star


The Romancing star marque le sceau de la première collaboration entre Chow Yun-fat et Wong Jing, alors que l’acteur venait d’accéder, grâce au triomphe du Syndicat du crime au statut de star N°1 du cinéma de Hong Kong. Le film sera aussi le premier d’une très longue série de succès au box-office du cinéaste et l’archétype du romantisme balourd et vulgaire, à l’image de l’affiche, ultra colorée où les acteurs et actrices principaux apparaissent sans vêtement sous la ceinture tenant une pancarte devant leur entre-jambes.

Chow Yun-fat incarne Fat, un beau gosse, qui travaille avec ses deux amis moins lotis physiquement « Traffic Light » (Nat Chan, l’acteur de toutes les comédies précédentes de Wong Jing) et Ugly (Eric Tsang) dans un garage dirigé par leur oncle Ken (Stanley Fung). On les verra peu travailler car ce qui les intéresse, c’est draguer les filles. Avec leur balourdise, leur absence de bonnes manières et leur gaminerie, aucune fille n’accepte de sortir avec eux. Qui plus est, ils n’arrêtent pas de se chamailler.

Les quatre amis décident de faire un voyage en Malaisie où leur guide (Wong Jing) s’avère être un escroc qui leur vend une chambre d’hôtel vétuste, des randonnées médiocres et des repas épouvantables. L’humour consiste dans la toute première partie à humilier le quatuor avec ces désillusions qui s’abattent sur les amis, transformant ce séjour qui devait être un rêve pour la drague en cauchemar.  Ils vont pourtant rencontrer deux jeunes femmes Man Chi (Agnes Cheung) et Tung-tung (Maggie Cheung).

Les deux amies se présentent à eux comme étant des stars en voyage. Pour donner le change et ne pas se faire jeter par les filles, Fat fait croire qu’il est millionnaire et que ses amis sont ses larbins. L’essentiel du scénario consistera à dissimuler la pauvreté de chacun à l’autre. Wong Jing crée de nombreux quiproquos où les gags ne volent pas toujours très haut. Les personnages passent leur temps à se mentir et se trouvent dans des situations inextricables, comme Man Chi qui donnent rendez-vous aux trois amis de Fat le même soir.

A cela, il faut ajouter la concurrence déloyale d’un rival, Chui (Stuart Ong) qui aimerait tant épouser Tung-tung et qui va en faire voir de toutes les couleurs à Fat. Ils lui rendent la pareille, notamment en toute fin de film où Chui prend un bain tandis que les trois amis sont déguiser en statues (il ne s’en aperçoit pas) et qu’ils se mettent à lui pisser dessus. Les gags, et en particulier celui-ci, durent plus qu’il ne le faudrait. Ils s’éternisent mais c’est la méthode de Wong Jing pour faire rire.

The Romancing star (精裝追女仔, Hong Kong, 1987) Un film de Wong Jing avec Chow Yun-fat, Maggie Cheung, Nat Chan, Eric Tsang, Agnes Cheung, Stanley Fung, Stuart Ong, Wong Jing, Wong Tin-lam, Man Cheung, Maria Cordero, 

jeudi 8 mai 2014

Sorties à Hong Kong (mai 2014) Aberdeen


Aberdeen (香港仔, Hong Kong, 2014) Un film de Pang Ho-cheung avec Miriam Yeung, Eric Tsang, Dada Chan, Gigi Leung, Louis Koo, Ng Man-tat, Shawn Yue, Carrie Ng, Chapman To, Yumiko Cheng, Jacky Choi Kit, Lee Man-kwai. 97 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 mai 2014.

jeudi 27 mars 2014

Sorties à Hong Kong (mars 2014) Horseplay


Horseplay (盜馬記, Hong Kong, 2014) Un film de Lee Chih-ngai avec Tony Leung Ka-fai, Ekin Cheng, Kelly Chan, Eric Tsang, Wong Cho-lam, Zi Yi, Wang Shuo, Mandy Lieu, Liu Kai-chi, Stephanie Che, Lai Chi-saan, Jeannie Chan. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 27 mars 2014.

mardi 28 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Hello babies


Hello babies (六福喜事, Hong Kong, 2014) Un film de Vincent Kok avec Louis Koo, Sandra Ng, Eric Tsang, Raymond Wong Pak-ming, Ronald Cheng, Fiona Sit, Alex Fong Lik-sun, Cheung Tat-ming, Jo Kuk, Sam Lee, Karena Ng, Vincent Kok, Raymond Lam, Lam Shing-pun, Miriam Yeung, Miki Yeung, Stephy Tang, Chan Fai-hung, Jan Lam, Lam Yi-man, Yu Bo, Lynn Hung, Da Peng, Alex Lam, Chun-chau. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 28 janvier 2014.

mercredi 15 janvier 2014

Strange bedfellow


Parfois regarder un film est une épreuve tant ce qui apparait devant mes yeux est un mélange de narration imprécise, de mise en scène poussive et de cabotinage éhonté des acteurs. Strange bedfellow est pénible à regarder. Film à sketches sans réelle hétérogénéité, si ce n’est que les trois histoires parlent de problèmes de couples, en l’occurrence des soucis que les femmes créent aux hommes. Et non l’inverse car les points de vue adoptés par la narration sont ceux des hommes, Eric Tsang d’abord, puis Anthony Chan et enfin Alfred Cheung. Le partenaire de lit étrange (pour traduire le titre générique) est donc la femme.

Je vais rapidement passer sur les sketches de Lo Kin et Alfred Cheung. Dans Identikit love, Anthony Chan est médecin légiste. Il doit reconstituer l’identité d’une femme à partir d’un crâne. Il reçoit la visite d’une femme prénommée Winnie (Yoshiko Watanabe), comme le nom du bateau appartenant à son époux (David Lam) qui l’a tuée en ouverture du court-métrage. Le problème ici vient du jeu insupportable d’Anthony Chan, roulant des yeux devant la plastique de Winnie qui joue les mijaurées. Le sketch tente de créer une tension proche des films de fantômes, mais là encore le pénible sur-jeu de l’acteur ne parvient à créer de la peur.

Dans Betwixt twins, Alfred Cheung et Cecilia Yip forment un couple parfait bien qu’il ait une liaison avec une autre femme. Il compte la quitter mais son épouse ne l’entend pas de cette oreille. Elle décide de se venger de la manière la plus cruelle qui soit : en ébouillant son mari. On avait déjà constaté sa cruauté quand elle jette de l’eau bouillante sur un pauvre rat. Il s’avérera également qu’elle a une sœur jumelle dont elle a pris la place par pure perversion. Alfred Cheung, qui n’est pas le meilleur acteur de Hong Kong ni son meilleur cinéaste, fait ce qu’il peut pour montrer son angoisse. Ça ne fonctionne pas d’autant que les coups de théâtre sont platement amenés.

Dragon seeding, le court-métrage réalisé par Eric Tsang est plus intéressant sans être tout à fait réussi. Il choisit de faire un film de science fiction. Dans un futur relativement proche, les femmes ont pris le pouvoir et les hommes restent au foyer. Eric Tsang est donc l’homme à tout faire de Candice Yu, son épouse débordée par le travail, qui arrive tard le soir, met les pieds sous la table en attendant le repas. L’idée est simplement d’inverser les rôles prédéfinis, tels qu’ils étaient en vigueur en 1986, et encore maintenant d’ailleurs. Ainsi, Candice Yu est une femme forte et décidée et Eric Tsang un homme ignorant et craintif.

Ils envisagent d’avoir un enfant mais parce qu’elle n’a pas le temps de le porter, il devra naitre par insémination artificielle. Ils auront une fille, ainsi en a-t-elle décidé. Le film imagine un monde futuriste dans les décors (des grands espaces blanc, des ordinateurs partout), dans les costumes (les tenues sont futuristes, c’est-à-dire comme dans un vieil épisode de Star Trek). Les dialogues se contentent de décrire ce monde au personnage d’Eric Tsang, qui semble tout ignorer du monde dans lequel il vit. On rit un peu de cette tentative de science fiction où Eric Tsang tombe enceint. Mais ce qui intéresse plus, c’est l’habileté qu’il a eu d’utiliser des immeubles contemporains de Hong Kong pour en faire un monde du futur.

Strange bedfellow (兩公婆八條心, Hong Kong, 1986) Un film en trois sketches : Dragon seeding (龍的種) d’Eric Tsang avec Eric Tsang, Candice Yu, Carol Gordon ; Identikit love (本來面目) de Lo Kin avec Anthony Chan, Yoshiko Watanabe, David Lam, Billy Lau ; Betwixt twins (雙生傷生) d’Alfred Cheung avec Alfred Cheung, Cecilia Yip.

vendredi 13 décembre 2013

The Greatest lover


Tout commence dans un petit patelin de la Chine Populaire. Trois amis (Chow Yun-fat, Eric Tsang et Shing Fui-on) ont décidé de quitter illégalement leur patrie pour s’exiler à Hong Kong. Mal dégrossis, le trio a une idée pour échapper aux policiers des frontières armés et aux chiens féroces : se munir de crottes de tigre qui feront fuir les chiens et leur perdre leur odorat. The Greatest lover débute dans un zoo où le ton est donné : ils sont maladroits et incompétents mais dans un but comique. On va rire de leurs aventures à Hong Kong.

Les personnages sont éminemment caricaturaux, tout comme l’est le chef du village (Yuen Wah) qui les surprend chez eux en train de préparer leur périple et qui leur vole les vivres, les quelques dollars de Hong Kong et les couvertures. Il s’agit bien entendu de grossir le trait des frères du continent, montrer la corruption des édiles locaux, inscrire la pauvreté des habitants et affirmer l’utopie que représente Hong Kong. Ils s’enfuient de nuit, à la nage et arrivent sur les côtes de Hong Kong.

Wai (Eric Tsang) et Chicken (Shing Fui-on) ne retrouvent pas Chui Chun (Chow Yun-fat) et sont persuadés qu’il s’est noyé. Il n’en est rien. Il débarque devant un riche hôtel, y pénètre, se sert de la nourriture et se cache derrière un rideau. Chui Chun compare l’espace immense du lieu avec sa pauvre maison, l’abondance des mets avec sa maigre pitance mais ne peut s’empêcher, par réflexe, de critiquer cet esprit typiquement capitaliste et entonne des chants communistes pour se remonter le moral.

La situation de comédie de The Greatest lover va se mettre en place quand Sze (Wong Ching) un riche homme d’affaires est humilié en public dans cet hôtel par sa fiancée Nina (Nina Li Chi) et sa meilleure amie Fei Feng (Pauline Wong), le jour de leurs fiançailles. Pour se venger, il fait appel à Anita (Anita Mui), une styliste à la mode qui enseigne les bonnes manières aux gens. On la voit, armée d’une cravache, maltraiter la pauvre Sandra Ng pour lui donner des leçons de maintien.

Avec l’accord de Chui Chin, qui ne comprend pas tous les enjeux et la complicité de ses deux amis qu’il a entre temps retrouvés, Anita va faire de ce plouc de continental l’homme le plus raffiné de Hong Kong. Le film est une variation de My fair lady, Anita devient le Pygmalion de Chui Chin. Elle a fort à faire vu qu’il se goinfre dès qu’il voit de la nourriture, ne sait pas se déplacer avec élégance et dit tout ce qui lui passe par la tête sans faire attention. Cette fois, ce sont les gens riches et parvenus qui sont caricaturés à l’extrême avec le même résultat comique.

Là encore, le duo comique entre Chui Chin et Anita fonctionne à merveille. Elle se veut une grande dame qui change de tenues extravagantes à chaque scène (longues robes de soirée aux couleurs vives, chapeaux dignes de ceux de la reine d’Angleterre, peluche d’un lionceau accrochée à l’épaule). Anita Mui assume son rôle de grande bourgeoise avec aplomb tout comme Chow Yun-fat joue merveilleusement bien le benêt. La plus grande partie du film se déroule dans un décor kitsch à souhait.

C’est surtout l’abattage des interprètes qui permet à The Greatest lover de se laisser regarder jusqu’au bout. Anita Mui en grande snob jetant son regard désapprobateur devant ce grand enfant qu’incarne Chow Yun-fat. Les personnages se déguisent, hilarante scène où Anita Mui, Eric Tsang et Wong Ching revêtent les habits de la maman, la tante et la grand-mère de Chow Yun-fat pour tester les prétendantes. La romance, en fin de film, entre Anita et Chui Chin est en revanche moins convaincante et plus conformiste.

The Greatest lover (公子多情, Hong Kong, 1988) Un film de Clarence Ford avec Anita Mui, Chow Yun-fat, Eric Tsang, Shing Fui-on, Elizabeth Lee, Nina Li Chi, Pauline Wong, Wong Ching, Wong Jing, Sandra Ng, Rebecca Pan, Helena Law, Yuen Wah.

lundi 5 août 2013

Ip Man, the final fight


Cinquième film sur Ip Man, sorti près de trois mois après The Grandmaster de Wong Kar-wai, Ip Man, the final fight suit les années du maître des arts martiaux à Hong Kong où il débarque seul et sans le sou en 1950. Herman Yau avait évoqué la jeunesse du personnage dans La Légende est née, Ip Man avec Dennis To dans le rôle titre. C’est désormais Anthony Wong qui incarne Ip Man à la fin de sa vie. Il mène un train de vie modeste dans un petit appartement où il vit avec son fils Chun. En ouverture du film, Chun signale qu’un de ses anciens disciples (dont le nom n’est pas prononcé mais on a reconnu Bruce Lee), fait une démonstration de Wing Chun à la télé. Ip Man continuera d’arroser ses plantes sur le balcon, ne détournera pas la tête. Le film commence donc en 1971 et le fils, en voix off dans un long flashback, devient narrateur de la vie de son père.

Exilé, il doit trouver un logement. Il lui sera fourni par Leung Sheung (Timmy Hung, le fils de Sammo) qui, décide de devenir son disciple. Il sera accepté après un superbe combat dans le salon entre les deux hommes. Ip Man pose un journal sur le sol et se place dessus. Si Leung Sheung peut déloger Ip Man, il deviendra son élève. Le combat est très simple, corps à corps entre les deux hommes, échanges de coups de bras filmés sans esbroufe par Herman Yau. Ip Ma, the final fight ne cherche pas à chorégraphier à outrance, contrairement aux films de Wilson Yip et de Wong Kar-wai. Anthony Wong a son âge (52 ans au moment du tournage) et il serait ridicule de le voir sauter sur des tables ou des rondins de bois pour affronter ses adversaires. L’objectif est de rendre son parcours le plus réaliste possible et d’effacer l’héroïsme et le romantisme.

Il devient donc un simple professeur d’arts martiaux, installé sur le toit de l’immeuble. Ses élèves viennent de différents milieux et ont diverses raisons d’apprendre le Wing Chun. Jordan Chan est Tang Sing, un modeste policier qui espère monter en grade sans se corrompre. Gillian Chung est Chan Sei-mui qui épousera Wong Tung (Chow Ting-yu), qui fera des combats de boxe clandestins pour gagner de l’argent. Jiang Luxia est Lee King. Tous ont des problèmes qu’ils tentent de résoudre avec les leçons du maître. Mais parfois, leur impulsivité et leur manque de discipline les font détourner de la vision strictement défensive qu’Ip Man a des arts martiaux. Ils les grondent comme des enfants quand ils se battent après avoir perdu aux jeux de hasard. Le film décrit avec détails la vie à Hong Kong dans les années 1950, la pauvreté, la précarité et la répression d’une grève par les Britanniques.

Les soucis d’Ip Man ne sont pas oubliés. Il a laissé son épouse Wing Sing (Anita Yuen) et son fils en Chine. Elle pourra faire un séjour à Hong Kong puis retournera en Chine chercher leur fils. Jamais Ip Man n’aura l’occasion de revoir sa femme. Mais jamais il ne s’énervera, ne se plaindra de son sort, montrant bien la différence avec ses disciples toujours à râler. La grande compassion du maître sera mise en avant par ses rapports avec Miss Jenny (Zhou Chouchou), une chanteuse de cabaret, toujours vêtue de superbes robes colorées. Il se prend de sympathie pour cette femme que tous ses élèves méprisent compte tenu de sa profession. La tension et la rancœur sont palpables lors d’un repas d’anniversaire où personne n’adresse la parole à Jenny. Personne ne semble avoir retenu les leçons prodiguées par Ip Man.

Il faut également évoquer les adversaires d’Ip Man. L’un est son alter ego. Eric Tsang incarne Ng Chung, un maître d’une école concurrente d’arts martiaux. Dix ans après Infernal affairs, il est amusant de retrouver le duo d’acteurs et de les voir combattre comme s’ils étaient de jeunes gens. C’est aussi plaisant de revoir Hung Yan-yan dans un rôle de méchant balafré. Il est Dragon, le chef d’un quartier où toutes les lois sont bafouées, où la police ne rentre pas et où les combats de boxe illégaux sont organisés. Il tente, avec l’aide de Tang Sing, désormais passé dans le camp des policiers corrompus, de truquer une parade du dragon en faisant affronter son bras droit (Ken Lo) et Ng Chung. Ce dernier recevra le soutien d’Ip Man malgré leurs différents.

Ce qui plait et séduit le plus dans Ip Man, the final fight est la modestie du projet. La volonté d’Herman Yau, de sa scénariste Erica Li et des chorégraphes des combats Li Chung-chi et Sin Kwok-lam (le premier a commencé avec Jackie Chan, le second a travaillé sur La Légende est née, Ip Man et Qiu Jin, la guerrière) est de ne jamais séparer les moments de bravoure du quotidien des personnages. Inutile de préciser que les acteurs sont tous magnifiques. Malgré un aspect un peu théâtral, le film gagne ainsi en équilibre et en cohérence, laissant de côté les écueils vus dans les autres Ip Man, le nationalisme rance chez Wilson Yip et l’esthétisation à outrance chez Wong Kar-wai. Herman Yau décrit une personnalité débarrassée de la légende pour mieux réécrire la légende. C’est un tour de force de cinéma.

Ip Man, the final fight (葉問終極一戰, Hong Kong, 2013) Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng.

jeudi 1 août 2013

Who’s the woman who’s the man


Deux ans après He’s a woman she’s a man, Sam Koo (Leslie Cheung) est toujours le petit ami de Wing (Anita Yuen). Ils ont décidé de tout re-décorer l’appartement où ils habitent avec Fish (Jordan Chan), l’ami d’enfance un peu brut de décoffrage de Wing. Un nouveau décor pour une nouvelle vie pour chacun des personnages de Who’s the woman who’s the man. Le personnage de star de la cantopop de Rose (Carina Lau) n’est là que sur une photo dans le salon, c’est désormais Wing, jeune femme qui se fait passer pour un homme depuis le premier film. En recevant, une récompense pour son dernier album Wing déclare sur scène son amour à Sam, qui s’écroule dans son fauteuil, désolé que le public puisse penser qu’il est gay.

Le milieu de la cantopop que décrit Peter Chan dans son film est le plus gentil du monde. Tout le monde s’apprécie et aucun paparazzi ne vient troubler la tranquillité du couple que forment Sam et Wing. Auntie (Eric Tsang), l’agent haut en couleur aux cheveux blonds et à la fine moustache noire du couple, vient apporter la touche queer au film. Eric Tsang fait le job en une seule séquence où il engage un chanteur médiocre parce qu’il est mignon. Plus tard, il consolera Sam dans une scène un peu forcée où il joue du piano. Il est le seul à connaitre la vraie vie du couple. La cérémonie rend hommage à Fan Fan (Anita Mui), star qui a introduit l’androgynéité dans la chanson et qui a quitté le milieu depuis des années. Elle vogue sur son voilier au gré de ses envies et décide de débarquer pour rencontrer ce drôle de couple.

Les figures majeures de Who’s the woman who’s the man sont le masque et le travestissement. D’abord le masque invisible que porte Wing composé uniquement d’une paire de lunettes et d’une coupe de garçon. Personne n’a encore compris que Wing n’est pas un homme. Après la cérémonie, Wing organise une soirée déguisée. Elle porte, tout comme Fan Fan, un masque de Whoopi Goldberg, elles vont se rencontrer, se parler et comprendre que si elles arborent la même tête, c’est que quelque chose va les rapprocher. Or, Sam quand il arrive à la soirée n’a pas compris qu’il doit porter un masque, il est le seul personnage du film qui veut rester lui-même. Il choisit un masque de Woody Allen, métaphore des gros soucis de cœur qui vont lui tomber dessus. Mais masqué, chacun peut dire ce qu’il pense sans peur de se révéler trop, et l’alcool aidant, tout peut se terminer dans le lit.

Le travestissement est double. Celui des vêtements qui donnera à Fish l’envie de s’habiller en femme pour plaire à O (Theresa Lee), l’assistante lesbienne de Fan Fan. Fish tente de la séduire et se berce d’illusion malgré les refus d’O. Wing est engagée pour tourner un film. Elle devra jouer une femme et son partenaire masculin sera Fan Fan déguisée en homme. C’est là que le travestissement de la vérité commence pour ces deux couples hors-norme. Wing et Fan Fan entament une liaison d’abord strictement cinématographique (le film dans le film avec la scène du baiser sans cesse retardée à cause du hoquet de Wing) puis réelle, sous les yeux de Sam désespéré. Le film propose beaucoup de combinaisons amoureuses et sexuelles avec une volonté de surenchère par rapport à He’s the woman she’s the man. Pourtant ce marivaudage très chic dans le très grand appartement s’avère très gentil et parfois très banal.

Who's the woman who's the man (金枝玉葉2, Hong Kong, 1996) Un film de Peter Chan avec Leslie Cheung, Anita Mui, Anita Yuen, Jordan Chan, Theresa Lee, Eric Tsang, Carina Lau, Clarence Hui, Andy Hui, Edmond Leung, Ann Hui, Alfred Cheung, Clifton Ko, Joe Cheung.

Sorties à Hong Kong (août 2013) The Rooftop


The Rooftop (天台, Taïwan – Hong Kong, 2013)
Un film de Jay Chou avec Jay Chou, Eric Tsang, Oh Yau-lun, Li Xin-ai, Wang Xue-qi, Song Jian-zhang, Huang Jun-lang, Xu Fan, Na-Do, Kenny Bee, Ken Lin, Darren Chiu, Andrew Lau, David Chiang, Fu Yi-wei, Huang Huai-chen. 122 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 1er août 2013.

mardi 2 juillet 2013

Curry and Pepper


Ils se connaissent depuis l’école de police, depuis ils bossent ensemble et partagent un appartement. Curry (Jacky Cheung) et Pepper (Stephen Chow) sont surtout deux policiers plutôt paresseux, qui préviennent les vendeurs de rue de l’arrivée de leurs collègues en se faisant offrir des brochettes et, comme le dit leur chef, le bon gros inspecteur Chow (Barry Wong) qui ne cesse de couvrir leurs bêtises, ce sont des causeurs de trouble. Cela n’empêche pas une journaliste de la télévision, Mimi Law (Ann Bridgewater) de vouloir les suivre au quotidien pour un reportage. Leur patron ne pense pas qu’ils puissent représenter la meilleure image de la police mais l’autoritaire chef de la police Ma (Michael Dinga) se trouve être l’oncle de Mimi.

Les deux zozos sont bien connus dans leur quartier. L’irascible patron de restaurant (John Shum) les engueule comme des gamins en leur servant des nouilles au riz immangeables. Ils poursuivent des vilains américains qui arnaquent les gens avec de la fausse monnaie. Ils rencontrent dans le quartier chaud une de leur connaissance prostituée. Et enfin, Ten (Eric Tsang) vendeur à la sauvette dans la rue qui vend des fausses montres et qui leur sert d’indic occasionnel. Stephen Chow, plus que Jacky Cheung, se livre à toutes sortes de pitreries devant la caméra de la reporter, il se roule par terre, pousse des hurlements et fait le macho avec ses lunettes noires constamment vissées sur son nez. A lui tout seul, il fait le show.

Les deux comparses de Curry and Pepper son amis pour la vie mais quand l’amour s’en mêle, rien ne va plus entre eux. Ils tentent tous les deux de séduire Mimi Law et ils y vont avec leurs gros sabots, en insistant bien sur leur prétendu charme incomparable. Finalement, ce sera Curry qui aura les faveurs de la belle journaliste tandis que Pepper devra se contenter d’Anna (Chow Mei-yan), sa collègue serviable mais plus disgracieuse. Mais cette liaison entre Curry et Mimi va provoquer chez Pepper une jalousie comparable à celle d’un couple, ce que les deux hommes forment d’une certaine manière. Ils commencent par se rendre les fringues que chacun a prêtées à l’autre puis à dissoudre leur équipe. Sans être neuve, cette ambivalence sexuelle est l’un des meilleurs moments du film.

Puisque le film de Blacky Ko est typiquement une comédie policière des années 1980, il faut faire rentrer le super méchant du film interprété par le cinéaste lui-même. Barré d’une cicatrice sur le visage, Blacky Ko est un tueur à gages froid et impitoyable qui bosse pour la mafia philippine. Il tue d’abord un flic infiltré puis s’attaque à leur vieil ami Ten. Curry comprendra que le monde guindé de Mimi Law n’est pas fait pour lui et redeviendra ami avec Pepper au terme. Les deux amis ne peuvent alors que s’unir pour lutter contre cet assassin. Le film se termine sur l’habituelle séquence de gunfight pleine de coups de feu et de sang qui gicle.

Curry and Pepper (喱辣, Hong Kong, 1990) Un film de Blacky Ko avec Jacky Cheung, Stephen Chow, Ann Bridgewater, Blacky Ko, Eric Tsang, Chow Mei-yan, John Shum, Michael Dinga, Barry Wong, Billy Ching, Fruit Chan.

jeudi 28 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Ip Man, the final fight


Ip Man, the final fight (葉問終極一戰, Hong Kong, 2013)
Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 mars 2013.

jeudi 7 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Princess and seven kung fu masters


Princess and seven kung fu masters (笑功震武林, Hong Kong, 2013)
Un film de Wong Jing et Venus Keung avec Sammo Hung, Eric Tsang, Sandra Ng, Ronald Cheng, Rose Chan, Timmy Hung, Natalie Meng, Xie Na, Yuen Wah, Xing Yu, Wong Cho-lam, Jiang Lu-xia, Philip Ng, Kimmy Tong, Jo Kuk, Dennis To, Wan Chiu, Xu Ming-hu. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 7 mars 2013.

jeudi 7 février 2013

Sorties à Hong Kong (février 2013) I love Hong Kong 2013

I love Hong Kong 2013 (2013 我愛HK恭囍發財 (Hong Kong, 2013)
Un film de Zhong Qin avec Alan Tam, Veronica Yip, Nat Chan, Eric Tsang, Stanley Fung, Bosco Wong, Michael Tse, Kate Tsui, Joyce Cheng, Wong Cho-lam, Hui Siu-hung, Anthony Chan, Bennett Pang, Danny Yip, Tenky Tin, Alfred Cheung, Natalie Meng, Alvina Kong, Mak Cheung-ching, Goo Ming-wa, Otto Wong, Eddie Pang, Samantha Ko, Tommy Wong, 6 Wing. 98 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 7 février 2013.

vendredi 14 septembre 2012

Chez n'Ham


Certaines comédies cantonaises sont sages, faussement délurées et idéales pour toute la famille. Chez n’ Ham de Blackie Ko, c’est tout le contraire. Rarement je n’ai vu une telle addition de personnages dégénérés et plutôt fiers de l’être, inconscients de leur propre perversité et se vautrant dans leur médiocrité. Deux amis d’enfance, qui se considèrent comme des frères, ont monté une entreprise d’un genre nouveau. Chez (Dicky Cheung) et Ham (Eric Tsang) proposent comme service de se venger des gens qui ont pu faire du mal. Une claque, une insulte, une baston : ils sont prêts à rendre la monnaie de leur pièce à votre ennemi contre un peu de pognon.

Deux exemples sont donnés en ouverture de film. Le premier consiste à frapper Pa Lam (Shing Fui-on) sur la joue et sur la bite. Problème : c’est un membre des triades plutôt costaud et soupe au lait. Il est surtout montré comme un abruti qui se fait faire un shampooing en pleine rue. Une fois ses cheveux rincés, il les secoue comme les mannequins dans une pub. Chez et Ham feintent pour le toucher, leur commanditaire est éloigné d’eux et ne s’aperçoit pas que ce sont des fausses claques. Deuxième mission : un homo veut tester la fidélité de son mec. Les deux gays sont Jamie Luk et Nat Chan qui se prénomme dans le film Janet. Aucun des deux amis ne veut aller le draguer mais faut bien aller au charbon. Ils vont s’habiller grossièrement, bouclettes de cheveux, boucles d’oreille et fringues violettes. Je vous passe la description de la boîte gay et les réflexions qui assimilent l’homosexualité à une maladie contagieuse.

Au bout d’une vingtaine de minutes, la mission qui va occuper le reste du scénario arrive, et avec elle un délire ininterrompu et épuisant. Un vieillard moribond (Lau Siu-ming) leur à Chez et Ham de tuer Joey Chan (Joey Wong), la fille de son ennemi personnel. Joey, riche héritière, va faire des bonnes œuvres à une école publique. Elle sort avec Michael Wong qui n’apparaitra qu’en maillot de bain ou avec un sac en papier sur la tête (je n’ai pas compris pourquoi). Chez décide de ses faire passer pour un élève de douze ans. Il faut donc le voir affublé d’un uniforme de collégien qui menace avec un flingue de tuer Joey. C’est dans ce contraste constant que l’humour balourd mais jouissif peut s’épanouir. Par un concours de circonstance, Joey invite Chez chez elle et lui offre de séjourner dans une chambre d’enfant rempli de jouets, peluches et posters de Dragon Ball sur les murs. Lui, continue de sa faire passer pour un gamin mais doit cacher ses clopes dans un nounours et ne pas montrer qu’il aime boire de la bière.

Dans l’immense demeure de Joey, où tout est kitsch comme chez tous les riches, elle ne vit pas seule. Elle a un garde du corps, Bobby (Ng Man-tat) habillé en treillis avec un collier de grenades et une femme de chambre, Fanny (Cheung Man) bigleuse et timide. Il s’avère que Fanny est sa fille. Fanny va donner un bain à Chez qui ne pense qu’à cacher son sexe d’adulte. Or, ce sexe, c’est justement ce qui intéresse Bobby qui a une passion toute particulière pour les ados. Oui, vous avez bien lu, Ng Mant-tat joue un pédophile heureux de l’être. L’humour se déploie étrangement avec, par exemple, toute une scène où Bobby répète tout ce que dit Chez, comme le font les gamins. L’humour est au-delà du régressif et franchement, à chaque scène encore plus tarée, j’imaginais Stephen Chow dans le rôle qu’incarne Dicky Cheung.

Pendant ce temps, Ham est à l’hôpital parce qu’il a reçu une balle dans le pied. Il passe son temps à draguer les infirmières toutes plus ingénues et bien foutues les unes que les autres. Il se fait draguer par la chef des infirmières (Kingdom Yuen), pourvue d’un énorme grain de beauté au dessus de la lèvre. Puis, dans la dernière demi-heure du film, Ham se rend chez Joey déguisée en petite fille (là aussi faut le voir pour le croire) et, bien entendu, excite la libido de Bobby. Il faut ajouter à cela un tueur à gages incarné par Blackie Ko lui-même et une parodie finale de gunfight à la John Woo entre lui, Dicky Cheung et Eric Tsang. Les flingues ne sont pas seulement pointés vers l’adversaire mais mis dans la bouche. Encore un bonne et grosse référence sexuelle. Et sinon, il arrive que des gags de Chez n’ Ham soient hilarants. Dégénérés mais hilarants.

Chez N’Ham (芝士火腿, 1993) Un film de Blackie Ko avec Dicky Cheung, Joey Wong, Eric Tsang, Ng Man-tat, Cheung Man, Blackie Ko, Nat Chan, Wu Ma, Shing Fui-on, Jamie Luk, Kingdom Yuen, Manfred Wong, Michael Wong, Lau Siu-ming.

mercredi 6 juin 2012

Return of the lucky stars


Pour rappel, les personnages des lucky stars sont cinq amis obsédés par la gent féminine qui sont embarqués dans des histoires policières qui les dépassent complètement. Sammo Hung a tourné les trois meilleurs de la franchise (Le Gagnant puis les deux Flic de Hong Kong) avant que l’équipe de Mad mission ne rencontre celle des lucky stars : Lucky stars go places) pour finalement finir avec ce Return of the lucky stars produit par Wong Jing et tourné et interprété par Stanley Fung. A ces côtés, dans des rôles d’imbéciles heureux, Eric Tsang, Richard Ng et Michael Miu. C’est parti pour 90 minutes d’immaturité.

D’abord draguer les femmes. Quels que soient le lieu et la situation. Les quatre amis tiennent une boutique de vêtements. Mina (Joan Tong) vient s’acheter une robe de mariage. Michael Miu et Eric Tsang se travestissent pour profiter de la vue de Mina nue dans la cabine d’essayage. Mais ils vont comprendre qu’elle est liée à Richard Mao (Wong Ching), un patron de triades. L’autre femme est Banana (Monica Chan) qui vient s’installer chez les garçons (encore et toujours célibataires). Elle prétend leur demander d’aider son frère mais en vérité son frère est Tso, chef de la police (Walter Tso) et il a besoin des lucky stars pour effectuer une mission secrète. Ils vont tenter de la peloter en se faisant passer pour des fantômes chinois

Tso leur demande de s’infiltrer en prison pour faire s’évader Big Dai (Lo Hoi-pang) qui doit témoigner contre Mao. Le film entame la seule partie amusante du récit. Les quatre garçons refusent d’aider la police mais Tso fait tout pour qu’ils soient arrêtés. Ainsi Richard Ng est pris pour un cambrioleur de banques. On trouve des armes et de la drogue dans leur appartement. Michael Miu est suspecté de viol. Bref, on leur colle chacun pas mal d’années de prison. Ce qui est amusant est l’exagération des moyens pour inculper les quatre hommes. Il en sera de même dans la scène d’évasion où le directeur de la prison les aide en les éclairant la cour avec un gros projecteur.

Le principal de l’humour, comme souvent dans les productions de Wong Jing, est de l’ordre de la parodie des succès passés. Prison on fire de Ringo Lam avec ses prisonniers en shorts marrons et ses guerres de gang, ses surveillants complaisants face à la violence entre policiers sont parodiés. Les quatre gars se retrouvent donc souvent à l’infirmerie, créent une révolte à la cantine en criant très mollement que la bouffe est dégueulasse. Le but du jeu est de supprimer tout réalisme dans la prison, alors que l’objectif de Ringo Lam était au contraire d’en faire un enjeu vériste. La séquence finale parodie le gunfight des films de John Woo. Là aussi, il s’agit de montrer des adversaires incapables de tenir un flingue, car on l’aura compris, quoi qu’ils fassent, qu’ils draguent lourdement, qu’ils soient couillons, les lucky stars sont des gars gentils. Par contre le film est assez oubliable.

Return of the lucky stars (福星闖江湖, Hong Kong, 1989) Un film de Stanley Fung avec Eric Tsang, Richard Ng, Stanley Fung, Michael Miu, Carina Lau, Lo Hoi-pang, Joan Tong, Wong Ching, Walter Tso, Kenneth Tsang, Yu Kwok-lok, Elsie Chan, Lee Ka-ting, Kent Cheng, Wong Jing, Nat Chan, Hui Siu-hung, Shing Fu-on, Wellson Chin.            

mardi 22 mai 2012

Master Wong vs Master Wong


La comédie parodique était l’un des genres dégénérés du cinéma cantonais les plus féconds. J’utilise l’imparfait car, aujourd’hui, il ne se produit plus guère de parodie de grands succès populaires, tout juste certains films reprennent la scène la plus référencée et reconnaissable. A ce jour Ip Man de Wilson Yip est le film le plus parodié. Il y a vingt ans, c’était Il était une fois en Chine qui offrait tout un panel de parodies, comme ce film de Lee Lik-chi. Le récit de Master Wong vs Master Wong est lancé par Ah So (Ng Man-tat), disciple de Wong Fei-hung, qui, devenu vieillard, raconte de belles histoires à ses petits enfants. Il fait suite à Once upon a time a hero in China parodie des deux premiers films de la saga de Tsui Hark et Jet Li.

Le légendaire courage de Wong Fei-hung (Alan Tam) est montré dès l’ouverture en quelques saynètes où le héros chinois affronte des ennemis, rend la justice ou délivre un enfant d’un feu. Filmées comme un reportage télé, ces courtes scènes décrivent l’homme comme débordé, peureux et faible. C’est dans ce décalage que se place la parodie de Lee Lik-chi. Ainsi, les dents d’Ah So sont exagérément grandes, déformant le visage de l’acteur. L’autre disciple Ah Wing (Eric Tsang) aide son maître à prouver à la population la force exceptionnelle de Wong Fei-hung : il se déguise en occidental et avec Tante Yee (Teresa Mo) font les bonimenteurs pour vendre leur camelote. On est très loin de l’image donnée par Tsui Hark. Au contraire, ce Wong Fei-hung n’est jamais le maître chez lui, il est soumis aux décisions de ses disciples et de Tante Yee, et puisque Master Wong vs Master Wong est une comédie burlesque, tous les choix faits mènent à des déconvenues gaguesques.

La réputation du médecin fait le tour de la Chine. Justement, il se fait inviter par Tse Yin-kam (Anthony Wong) à Canton. C’est un homme d’affaire véreux mais le médecin ne le découvrira que plus tard. Wong Fei-hung charge Tante Yee de prendre en charge Po Chi Lam, son école de kung-fu, et s’embarque avec So et Wing. Finalement, le trio sera rejoint par Yee qui ne peut pas se séparer de Wong. Là, aussi, la pudeur à laquelle on était habituée a disparu au profit d’une obsession sexuelle de Yee à l’égard du maitre. Ce dernier veut rester incognito et charge Wing de se faire passer pour lui. Sur le quai, l’accueil est faible. Seule Sang Fan-tung (DoDo Cheng) semble l’attendre. C’est une femme exaltée qui cherche à apprendre le kung-fu auprès de Wong Fei-hung. Mais ce sera So qui se fera passer pour lui. Nous en sommes déjà à trois médecins. Puis, plus tard dans le film, Miss Tung se fera, elle aussi, passer pour lui. La rivalité entre les deux femmes va s’accentuer, d’autant que Miss Tung s’amourache du vrai Wong Fei-hung qui se fait passer pour Ah So. Ainsi, elle ne comprend pas la jalousie de Tante Yee puisque les personnages sont intervertis. Ce qui est drôle également est que même eux semblent s’y perdre.

Tous les personnages sont maintenant réunis pour faire leurs facéties. Et puisqu’il faut bien un méchant, ce sera Tse Yin-kam qui donnera du rire sardonique à chaque réplique sous le regard étonné de son assistant qui lui demande chaque fois pourquoi il rit. Le film fera rire si on aime les acteurs qui mouillent la chemise pour faire le show. Anthony Wong, cheveux rasés et lunettes rondes, offre son regard de fou à la Untold story. Ng Man-tat et Eric Tsang rivalisent pour jouer les obsédés sexuels et les idiots. L’une des scènes principales montre un repas offert par Tse Yin-kam dans le but de faire signer un contrat bidon à Wong Fei-hung. Chaque personnage montre sa mauvaise foi, son esprit mesquin et son égoïsme. Des orphelins arrivent à table, Tante Yee les traite comme des voleurs. De jeunes femmes étudiantes sont prises pour des prostituées. Le film joue sur la tromperie et son effet comique : chaque fois, les personnages semblent cocher la mauvaise case, s’égarer dans leur jugement et prendre la mauvaise décision. Tout le comique du film réside dans les contradictions des personnages censés être héroïques mais tous lâches. C’est aussi cela le but d’une parodie comique : mettre à plat tous les clichés et les retourner pour produire un gag.

Master Wong vs Master Wong (黃飛鴻對黃飛鴻, Hong Kong, 1993) Un film de Lee Lik-chi avec Alan Tam, Ng Man-tat, Eric Tsang, DoDo Cheng, Teresa Mo, Anthony Wong, Gabriel Wong, Wong Yat-fei, Yuen Cheung-yan, Wong San, David Wu, Kenny Wong, Joey Leung, Vincent Kok, Ho Chi-moon. 

Once upon a time a hero in China



Parce que le cinéma cantonais est d’abord une industrie (et c’est très bien comme ça), les succès du jour font l’objet de reprise, pastiche, parodie. Comme son titre l’indique très précisément Once upon a time a hero in China prend comme modèle Il était une fois en Chine et La Secte du lotus blanc, les deux premiers épisodes de la saga de Tsui Hark (la cérémonie de la secte sera allégrement décalquée). Le titre en chinois se traduit par « Wong Fei-hung pour rire » avec dans le rôle titre Alan Tam du héros chinois. Lee Lik-chi n’a pas pu, contrairement à Wong Jing avec Claws of steel, un an plus tard, employer Jet Li. Alan Tam a sans douté été, il y a deux décennies, une immense star, mais il apparait aujourd’hui bien fade.

L’avantage pour Lee Lik-chi est de ne pas à avoir à présenter les personnages. Tout le monde connait le médecin chinois et ses disciples. On le découvre au bord de la mer, sur un rocher en train de recevoir sur la figure une grosse vague. Car le Wong Fei-hung de Once upon a time a hero in China est un homme faible. D’autres diraient qu’il est nul, incompétent, incapable, mais il est un héros, et le film va devoir faire qu’il ne le soit pas seulement dans le titre mais aussi aux yeux de tous les autres personnages. Le maître n’en est donc pas un, on voit bien que ses compétences lors du défilé des dragons ne sont pas bonnes, qu’il fait tout rater et que ses élèves sont en vérité ceux qui ont le savoir.

Ce sera à eux qu’incombera la fastidieuse tache de faire de Wong Fei-hung un héros qui pourra, dans un film non parodique, être incarné par Jet Li. Wing (Eric Tsang) est l’expert en kung-fu. Il faut bien voir le petit et grassouillet acteur se démener tel Sammo Hung. So (Ng Man-tat) avec ses grandes dents en avant est le médecin, celui qui sait vraiment soigner. On le voit à l’œuvre, une fois sur Tante Yee (Teresa Mo) et une autre sur Wing, dans des situations humiliantes pour les patients avec des tubes placées çà ou là. Enfin, Leung (Simon Yam), bien que vierge – comme il le proclame – est son expert en choses de l’amour. Tous les trois vont apprendre à Wong Fei-hung autre chose que la cuisine, car le médecin se passionne pour l’art culinaire. D’ailleurs, il clame « à table », dans un effet comique dès que ses comparses commencent à se disputer entre eux.

La rivalité entre les personnages démarre dès que Tante Yee entre en scène. Totalement à l’opposée du personnage de Rosamund Kwan, celui de Teresa Mo est immature, inconséquente et nymphomane. Elle se met à sauter sur chacun des disciples à tour de rôle avant de trouver Wong Fei-hung, car après tout, elle succombera au charme du médecin comme il devra lui résister pendant tout le film. Ces conventions sont là aussi réduites à néant pour produire le comique : la nymphomanie de Tante Yee est ce qui compte le plus. Son personnage n’est pas montré de manière positive, bien au contraire, et les quatre hommes ne la mettent pas en valeur. Dans la série de Tsui Hark, elle était porteuse de modernité face à l’esprit conservateur de Wong, ici, les gadgets occidentaux qu’elle amène la ridiculise encore plus, comme ce spray anti cafards dont elle vaporise les disciples.

Certes, Tante Yee permettra à Wong Fei-hung de s’accomplir et de devenir le héros que le titre promet et que la légende clame. Mais, ce sera le méchant du film, Ken (Tony Leung Ka-fai) qui va révéler le médecin. Il se livre à quelques forfaits, notamment au trafic d’opium avec ces « diables » d’étrangers (ici personnifiés par l’éternel blanc méchant, l’acteur Paul Fonoroff). Il ne faut pas compter sur Tony Leung Ka-fai pour ne pas en faire des tonnes : il cabotinera à chacune de ces scènes. Comme il se doit, Wong Fei-hung en sortira vainqueur et finalement quand il retournera au bord de la mer, il utilisera son célèbre coup de pied contre la vague qui obéira à ses ordres et ne le mouillera pas. Voilà un vrai héros chinois.

Once upon a time a hero in China (黃飛鴻笑傳, Hong Kong, 1992) Un film de Lee Lik-chi avec Alan Tam, Teresa Mo, Eric Tsang, Ng Man-tat, Simon Yam, Tony Leung Ka-fai, Sek Kin, Paul Fonoroff, Vincent Kok, Charine Chan.

vendredi 11 mai 2012

I love Hong Kong 2012 + All's well end's well 2012


Sandra Ng, Crystal Tin et Donnie Yen dans All's well end's well 2012

Teresa Mo et Eric Tsang dans I love Hong Kong 2012

Une guerre terrible se déroule sur les écrans depuis trois ans entre Eric Tsang et Raymond Wong Pak-ming. Les deux vétérans de la comédie cantonaise sortent chacun un film pour le Nouvel An Lunaire. D’un côté, la franchise All’s well end’s well créée en 1992 par Clifton Ko et que Raymond Wong a relancé en 2009 avec Louis Koo et Sandra Ng comme interprètes principaux. De l’autre côté, la Shaw Brothers qui joue sur le sentiment d’union populaire avec des titres évocateurs : 72 tenants of prosperity et I love Hong Kong, le premier film rappelant un classique ultra connu. La compagnie pour son retour a fait appel à Eric Tsang, personne central, acteur célèbre pour figurer le hongkongais moyen.

Au casting de All’s well end’s well 2012, Sandra Ng, qui revient après avoir été partenaire d’Eric Tsang dans I love Hong Kong. Autour d’elle, on trouve Donnie Yen (qui rempile) dans le rôle d’un guitariste sur le retour avec une coiffure pas possible. Sandra Ng est elle-même une ancienne vedette de cantopop et fournit d’ailleurs dans une scène de flash-back en duo avec Crystal Tin la seule scène vraiment hilarante. Autre souci capillaire pour Louis Koo, ouvrier en bâtiment (il bosse avec Lam Suet), homme modeste qui rencontre un jour Kelly Chan, photographe de mode qui souhaite le prendre en photo, il passera pratiquement tout le film torse nu, à montrer ses muscles et sa bonne mine en tant qu’atout charme. La beauté n’est pas ce qui caractérise Chapman To qui drague une jeune femme aveugle, Lynn Hung, car comme on le sait, la beauté intérieure est bien plus importante. Chapman To, dans un grand élan romantique, va créer tout un monde autour d’elle, fait de sensations. Enfin, Raymond Wong Pak-ming doit se réconcilier avec sa fille et aider sa nièce a hérité d’une forte somme d’argent. Sa vie amoureuse est inexistante et sa femme crée un site internet qui permet à tous les personnages de se rencontrer.

Dans I love Hong Kong 2012, Eric Tsang accueille Teresa Mo qui fût la belle sœur dans le premier All’s well end’s well. Les deux acteurs se connaissent très bien, ils ont été des partenaires parfaits dans Men suddenly in black. C’est d’abord une histoire de famille. Autour du père incarné par Stanley Fung, présentateur météo vétéran, on retrouve ses enfants turbulents. L’aînée est Teresa Mo, mariée à Eric Tsang qui tente de rallumer la flemme de son couple. Une scène de séduction figure dans les meilleurs moments du film, Eric Tsang se déguise en différents super héros (Batman, Captain America, Spider-man) face à Teresa Mo en combinaison à la Beyoncé. La seconde est Denise Ho, cheveux courts en garçon manqué et fiancée à Bosco Wong (la vedette en devenir de la Shaw Brothers), vendeur en magasin qui lui est très efféminé (cela rappelle le comique du personnage de Louis Koo dans All’s well end’s well 2011). Tout le monde est très réticent de cette union. Le troisième fils est 6 Wing amoureux d’une jeune femme (Zhang Xin-yu). Mais William So, le patron de Stanley Fung, ne l’entend pas de cette oreille et se réserve cette femme timide.

Les deux films jouent sur le même registre : divers couples pas forcément bien assortis qui se rencontrent, s’aiment mais ne se le disent pas ouvertement, se disputent gentiment pour se réconcilier sur fond de guimauve. La formule est celle des comédies du Nouvel An Lunaire, il faut les accepter quand on regarde ces films. Cette année, c’est I love Hong Kong 2012 qui emporte la manche. Le souci de All's well ends well 2012 est que le finale est insupportablement sirupeux, sombrant dans une mièvrerie indigeste. Le film souffre d’une longueur (2 heures) incompréhensible. Cette année les gags ne sont pas meilleurs que l’an dernier, bien au contraire. Les situations restent anecdotiques. Les personnages hauts en couleurs sont dans I love Hong Kong 2012 notamment Evergreen Mak, dans le rôle du frère de Stanley Fung, a priori largué mais finalement plein de bon sens. Et puis William So, tout en paillettes entourés de ses gardes du corps habillés ultra kitsch et bien ridicules. C’est sans doute pour cela que I love Hong Kong 2012 est moins mauvais : parce que Eric Tsang n’a jamais eu peur du ridicule. Rendez-vous l’an prochain.

All's well ends well 2012 (八星報喜, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Chan Hing-kai et Janet Chun avec Donnie Yen, Sandra Ng, Raymond Wong Pak-ming, Yang Mi, Kelly Chan, Louis Koo, Chapman To, Joey Yung, Yan Ni, Lynn Hung, Karena Ng, Jeremy Liu, Lam Suet, Ronald Cheng, Vincent Kok, Crystal Tin, Matt Chow, 6 Wing, Maria Cordero,

I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012) Un film de Wilson Chin et Chung Shu-kai avec Eric Tsang, William So, Bosco Wong, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse.

jeudi 15 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Marrying Mr. Perfect (嫁個100分男人, Hong Kong – Chine, 2012)

Un film de Wong Jing avec Ronald Cheng, Gigi Leung, Chapman To, Pau Hei-ching, Liu Yan, Mao Jun-jie, Stanley Fung, Gong Xin-liang, Eric Tsang, Sandra Ng, Cherrie Ying, Xie Na, Natalie Meng Yao, Lin Miao-ke. 90 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.