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jeudi 3 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) Naked ambition 3D


Naked ambition 3D (3D 豪情, Hong Kong, 2014) Un film de Lee Kung-lok avec Chapman To, Akiho Yoshizawa, Josie Ho, Hatano Yui, Sora Aoi, Yuki Mako, Derek Tsang, Louis Koo, Sandra Ng, Charlene Choi, Wong Jing, Candy Yuen. 107 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong le 3 avril 2014.

jeudi 30 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Golden Chickensss


Golden Chickensss (金雞 SSS, Hong Kong, 2014) Un film de Matt Chow avec Sandra Ng, Louis Koo, Michelle Chen, Nick Cheung, Tony Leung Ka-fai, Donnie Yen, Anthony Wong, Dayo Wong, Shawn Yue, Alex To, Eason Chan, Ronald Cheng, William So, Chapman To, Wyman Wong, Edison Chen, Lo Hoi-pang, Chin Ka-lok, Cheung King-hin, Eddie Cheung, Jim Chim. 99 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 30 janvier 2014.

mardi 28 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Hello babies


Hello babies (六福喜事, Hong Kong, 2014) Un film de Vincent Kok avec Louis Koo, Sandra Ng, Eric Tsang, Raymond Wong Pak-ming, Ronald Cheng, Fiona Sit, Alex Fong Lik-sun, Cheung Tat-ming, Jo Kuk, Sam Lee, Karena Ng, Vincent Kok, Raymond Lam, Lam Shing-pun, Miriam Yeung, Miki Yeung, Stephy Tang, Chan Fai-hung, Jan Lam, Lam Yi-man, Yu Bo, Lynn Hung, Da Peng, Alex Lam, Chun-chau. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 28 janvier 2014.

vendredi 13 décembre 2013

The Greatest lover


Tout commence dans un petit patelin de la Chine Populaire. Trois amis (Chow Yun-fat, Eric Tsang et Shing Fui-on) ont décidé de quitter illégalement leur patrie pour s’exiler à Hong Kong. Mal dégrossis, le trio a une idée pour échapper aux policiers des frontières armés et aux chiens féroces : se munir de crottes de tigre qui feront fuir les chiens et leur perdre leur odorat. The Greatest lover débute dans un zoo où le ton est donné : ils sont maladroits et incompétents mais dans un but comique. On va rire de leurs aventures à Hong Kong.

Les personnages sont éminemment caricaturaux, tout comme l’est le chef du village (Yuen Wah) qui les surprend chez eux en train de préparer leur périple et qui leur vole les vivres, les quelques dollars de Hong Kong et les couvertures. Il s’agit bien entendu de grossir le trait des frères du continent, montrer la corruption des édiles locaux, inscrire la pauvreté des habitants et affirmer l’utopie que représente Hong Kong. Ils s’enfuient de nuit, à la nage et arrivent sur les côtes de Hong Kong.

Wai (Eric Tsang) et Chicken (Shing Fui-on) ne retrouvent pas Chui Chun (Chow Yun-fat) et sont persuadés qu’il s’est noyé. Il n’en est rien. Il débarque devant un riche hôtel, y pénètre, se sert de la nourriture et se cache derrière un rideau. Chui Chun compare l’espace immense du lieu avec sa pauvre maison, l’abondance des mets avec sa maigre pitance mais ne peut s’empêcher, par réflexe, de critiquer cet esprit typiquement capitaliste et entonne des chants communistes pour se remonter le moral.

La situation de comédie de The Greatest lover va se mettre en place quand Sze (Wong Ching) un riche homme d’affaires est humilié en public dans cet hôtel par sa fiancée Nina (Nina Li Chi) et sa meilleure amie Fei Feng (Pauline Wong), le jour de leurs fiançailles. Pour se venger, il fait appel à Anita (Anita Mui), une styliste à la mode qui enseigne les bonnes manières aux gens. On la voit, armée d’une cravache, maltraiter la pauvre Sandra Ng pour lui donner des leçons de maintien.

Avec l’accord de Chui Chin, qui ne comprend pas tous les enjeux et la complicité de ses deux amis qu’il a entre temps retrouvés, Anita va faire de ce plouc de continental l’homme le plus raffiné de Hong Kong. Le film est une variation de My fair lady, Anita devient le Pygmalion de Chui Chin. Elle a fort à faire vu qu’il se goinfre dès qu’il voit de la nourriture, ne sait pas se déplacer avec élégance et dit tout ce qui lui passe par la tête sans faire attention. Cette fois, ce sont les gens riches et parvenus qui sont caricaturés à l’extrême avec le même résultat comique.

Là encore, le duo comique entre Chui Chin et Anita fonctionne à merveille. Elle se veut une grande dame qui change de tenues extravagantes à chaque scène (longues robes de soirée aux couleurs vives, chapeaux dignes de ceux de la reine d’Angleterre, peluche d’un lionceau accrochée à l’épaule). Anita Mui assume son rôle de grande bourgeoise avec aplomb tout comme Chow Yun-fat joue merveilleusement bien le benêt. La plus grande partie du film se déroule dans un décor kitsch à souhait.

C’est surtout l’abattage des interprètes qui permet à The Greatest lover de se laisser regarder jusqu’au bout. Anita Mui en grande snob jetant son regard désapprobateur devant ce grand enfant qu’incarne Chow Yun-fat. Les personnages se déguisent, hilarante scène où Anita Mui, Eric Tsang et Wong Ching revêtent les habits de la maman, la tante et la grand-mère de Chow Yun-fat pour tester les prétendantes. La romance, en fin de film, entre Anita et Chui Chin est en revanche moins convaincante et plus conformiste.

The Greatest lover (公子多情, Hong Kong, 1988) Un film de Clarence Ford avec Anita Mui, Chow Yun-fat, Eric Tsang, Shing Fui-on, Elizabeth Lee, Nina Li Chi, Pauline Wong, Wong Ching, Wong Jing, Sandra Ng, Rebecca Pan, Helena Law, Yuen Wah.

mercredi 31 juillet 2013

The Tricky master


The Tricky master marque la fin d’une époque dans la carrière de Stephen Chow puisque c’est avec ce film qu’il achève sa carrière de simple acteur. Désormais, il ne jouera plus que dans ses propres films. Compte tenu de sa faible participation au film, on peut se demander s’il n’a pas été obligé de finir son contrat avec la BoB de Wong Jing (la compagnie Best of Best, en toute modestie). Ses gags sont rares mais souvent très drôles, son jeu limité, et sa tenue le fait ressembler au chanteur Prince période Sign o’ the times, lunettes teintées arrondies et cheveux d’enfant sage. Stephen Chow est Master Wong (Wong Si-fu en VO), le « roi des filous ». Il est en prison et ses gardiens sont Tin Kai-man et Lee Siu-kei, qui sont au garde à vous devant lui.

Le véritable héros de The Tricky master est Leung Foon (Nick Cheung), jeune flic qui doit, comme dans les Fight back to school, surveiller sous couverture la fille d’un riche homme d’affaires menacée d’enlèvement. On retrouve l’habitude de Wong Jing de parodier les succès précédents des films plus ou moins récents. Ici entre autres, Mission impossible avec Tats Lau, le chef de la police, qui enlève son masque pour ensuite balbutier son dialogue dans son phrasé de semi-débile ou encore The Ring avec Sandra Ng, longs cheveux lui cachant le visage, qui sort de la télé que regarde Stephen Chow. Sans oublier, bien entendu, les références aux « héros » locaux de Stormriders au God of gamblers (car, on n’est jamais autant servi que par soi-même) ainsi que seconds rôles prestigieux (Ken Lo ou Law Jar-ying)

L’adversaire de Leung Foon est tout simplement Ferrari (Wong Jing, qui, avant chaque réplique, ricane sardoniquement). Le goût du cinéaste pour les résidences luxueuses, les belles voitures ainsi que les jolies femmes est à son comble. Cinéma publicitaire à l’extrême, la mise en scène de Wong Jing fait tout pour rendre son film luxueux et sexy. Gros plans en montage cut sur de jolies créatures à la plage, plan à la grue sur Ferrari qui arrive sous les applaudissements, l’acteur/producteur/réalisateur peut donc se permettre d’arborer de beaux costumes quand il écrase l’équipe olympique japonaise de ping-pong (oui, c’est un gag) face aux tenues et au brushing ridicules qu’arbore Leung Foon. Une veste composée de cartes, une chemise bariolée, des bouclettes aux bigoudis, rien n’y fait, Nick Cheung n’est pas un acteur comique.

Le film se veut également sexy avec l’arrivée de First Love (Kelly Lin), joli sourire mais espionne pour le compte de Ferrari. Leung Foon va tomber sous son charme mais il est marié à Pizza (Suki Kwan), au tempérament plus réservé. Il se trouve que Pizza est la sœur de Wasabi (Sandra Ng), sans doute dans un de ses rôles les plus ingrats de femme encombrante et humiliée par à peu près tous les personnages (Master Wong la jette régulièrement dans les meubles). Dans The Tricky master, les femmes n’ont pas de jolis rôles (cela dit les hommes sont tous des crétins, soyons honnêtes). Déjà, leurs noms sont stupides : First Love, Pizza et Wasabi. Pourquoi ? Puis, il vient à l’idée de Wong Jing de pousser encore plus la vulgarité avec l’apparition de Baat Leung-gam et son visage d’arriéré mental déguisé en femme. Il n’oublie pas d’armer Master Wong de trois concubines jouées par trois acteurs au physique ingrat.

Pourtant malgré cette description chargée que je viens de faire The Tricky master, certains gags sont très drôles. Wong Jing ne s’intéresse pas du tout à son histoire, la laisse vaguement se développer (on sait que Leung Foon gagnera malgré les tricheries de Ferrari, et à vrai dire on s’en moque). Il se contente de soigner les aspects comiques de ses personnages dégénérés, incapables de se plier aux règles communes, entre Master Wong qui refuse qu’on lui adresse directement la parole, Wasabi et sa peur de la richesse, Leung Foon et sa haine des jeux. Finalement, c’est dans ce genre de films que Wong Jing peut parvenir à convaincre, comme une sorte d’autoportrait d’une cinéaste lui-même décrié et considéré comme dégénéré pour ses navets apocalyptiques. Parfois, sous le navet s’avère être un film totalement jouissif.

The Tricky Master (千王之王2000, Hong Kong, 1999) Un film de Wong Jing avec Nick Cheung, Wong Jing, Tats Lau, Suki Kwan, Kelly Lin, Stephen Chow, Sandra Ng, Baat Leung-Gam, Ken Lo, Law Kar-ying, Lee Siu-kei, Tin Kai-man, Frankie Ng, Kingdom Yuen, Bowie Lau.

mercredi 10 juillet 2013

Thunder cops II


Il faut d’abord expliquer ce titre Thunder cops II, spin off d’Operation pink squad II, qui avait été retitré Thunder cops pour la sortie en vidéo hors de Hong Kong. Plus vendeur sans doute. Sandra Ng est désormais seule à porter le film et l’option film de fantômes est abandonnée. Femme flic autoritaire, Fong Ngai-nam ouspille les vendeurs de rue quand elle tombe sur son père (Eddy Ko dans une très courte apparition), lui aussi policier, qui surveille un affreux jojo, Chan Leung (Sunny Fang) au rire évidemment sardonique qui abat de deux balles le père devant les yeux de la fille. Cette dernière se sent responsable car elle n’avait pas suivi l’ordre de quitter les lieux. Nam n’a désormais plus qu’n but dans sa vie : venger son père.

Sur sa route vers la vengeance, elle interroge une junkie, Tsan (Ann Bridgewater) qui lui sert d’indic. Le film ne s’embarrasse pas pour laisser l’actrice faire un cabotinage franchement lourd dans son personnage de droguée, notamment dans une scène de manque où elle supplie Nam. Mais, il faut reconnaitre qu’elle est dans le ton des autres interprètes. Ainsi, Sing Fui-on est encore une fois un brutal porte-flingues qui couche avec Tsan tout en lui refilant son héroïne. Tsat-ko (Sing Fui-on) est l’homme clé pour l’emmener sur les pas de Chan Leung. Thunder cops II se confronte aussi à la corruption des flics. Jeff Lau joue le chef de la police qui fait arrêter Fong Ngai-nam. Il est de mèche avec les trafiquants de drogue.

Les scènes comiques, qui sont tout de même parmi les spécialités de Sandra Ng, sont rares. Elle arbore une moustache pour surveiller Tsat-ko. Son fort peu habile déguisement met en péril une autre filature. Les successives morts qui jalonnent le récit (son père, Tsan, puis une de ses collègues) augmentent la colère de son personnage. Le souci de contre-emploi est qu’elle reste dans la caricature, mâchoire crispée, regard noir, geste brusque. Stephen Chow n’apparait que dans la dernière moitié. Il est le frère de Tsat-ko. Une idylle se crée avec Ngai-nam et il doit choisir entre la femme dont il est tombé amoureux et sa famille. Le classique final au gunfight est filmé au ralenti. Le ton global du film est très sombre mais d’une manière trop forcée pour convaincre.

Thunder cops II (流氓差婆, Hong Kong, 1989) Un film de Jeff Lau avec Sandra Ng, Sing Fui-on, Ann Bridgewater, Stephen Chow, Wu Fung, Jeff Lau, Lam Siu-lau, Eddy Ko, Wong Chi-keung, Sunny Fang, Joh Chung-sing, Lo Hung.

samedi 22 juin 2013

Love is love


Stephen Chow a aujourd’hui 51 ans (bon anniversaire), l’occasion de causer tranquillement d’un film de ses débuts. Dans Love is love, il incarne Shui, orphelin recueilli dix ans auparavant par Shing (Shing Fui-on), restaurateur au bord de la mer. Mal payé et exploité, Shui n’a jamais osé demander la moindre augmentation et s’il reste l’employé de cet homme rude, c’est parce qu’il est amoureux de Tai (Sandra Ng), la fille de son patron. Après une énième engueulade avec son patron, les deux amoureux partent en cachette pour vivre leur amour au grand jour, abandonnant le père mais aussi Pumpkin (Pauline Kwan), la petite sœur de Tai. A eux une nouvelle vie, direction Hong Kong.

Comme il leur est difficile de se nourrir d’amour et d’eau fraiche, il faut d’abord trouver un logement. Celui trouvé sur une petite annonce est plutôt grand mais le propriétaire (Wu Fung) leur déclare qu’ils devront cohabiter avec Mabel (Angelina Lo), la voisine vulgaire et colérique qui exerce le métier d’entraineuse de bar. La rencontre avec cette voisine encombrante ne se fait pas sous les meilleurs hospices. Ensuite, il leur faudra trouver un boulot pour manger et payer le loyer. Mais pour Shui, c’est surtout le moyen de prouver à son beau-père (qui ne sait pas encore qu’ils se sont mariés) qu’il n’est pas le minable que l’on dit.

D’un côté, Shui cherche n’importe quel boulot et va atterrir dans une entreprise où son supérieur hiérarchique (Dennis Chan) lui fait faire le sale boulot de la comptabilité (des tonnes de factures à imputer avec une pauvre calculette) et l’humilie devant tout le monde. Il va avoir le soutien de Szu-szu (Suki Kwan), la fille du patron qui va le prendre sous son aile. De son côté, Tai demande de l’aide à Mabel qui lui propose un boulot dans le bar où elle travaille. Elle devra accompagner des vieux messieurs. Elle ne va rien dire à son mari et, comme de bien entendu, un quiproquo va révéler son activité. Tai va dîner dans un restaurant avec Shui. Elle voit en face un de ses clients qui attend justement Szu-szu.

Les mensonges vont commencer et avec eux l’éloignement des deux amoureux. Ils ont fait croire que Tai est la sœur de Shui. Conséquences : Szu-szu pense que Shui est célibataire et Tai se fait draguer par tous ses collègues. Leur mode de vie augmente (ils passent du petit appartement à un autre luxueux) mais ils s’éloignent l’un de l’autre. Le mensonge les ronge petit à petit. Love is love, gentille comédie romantique où la romance est plus forte que la comédie (on n’y rit assez peu et surtout sur des gags visuels et non de situation) montre surtout que Stephen Chow et Sandra Ng n’avaient pas encore trouvé les personnages hauts en couleur qui ont fait d’eux les incarnations de la comédie cantonaise des années 1990. Leur duo fonctionne correctement mais pas encore à plein régime, pour cela il faudra attendre le foutraque All’s well end’s well en 1992.

Love is love (望夫成龍, Hong Kong, 1990) Un film de Tommy Leung avec Stephen Chow, Sandra Ng, Shing Fui-on, Suki Kwan, Pauline Kwan, Wu Fung, Angelina Lo, Michael Wong, Tan Lap-man, Lo Hung, Peter Lai, Dennis Chan.

jeudi 7 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Princess and seven kung fu masters


Princess and seven kung fu masters (笑功震武林, Hong Kong, 2013)
Un film de Wong Jing et Venus Keung avec Sammo Hung, Eric Tsang, Sandra Ng, Ronald Cheng, Rose Chan, Timmy Hung, Natalie Meng, Xie Na, Yuen Wah, Xing Yu, Wong Cho-lam, Jiang Lu-xia, Philip Ng, Kimmy Tong, Jo Kuk, Dennis To, Wan Chiu, Xu Ming-hu. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 7 mars 2013.

jeudi 7 février 2013

Sorties à Hong Kong (février 2013) Hotel Deluxe

Hotel Deluxe (百星酒店, Hong Kong, 2013)
Un film de Vincent Kok avec Ronald Cheng, Sandra Ng, Teresa Mo, Chapman To, Fiona Sit, Eric Kot, Jim Chim, Raymond Wong Bak-ming, Lynn Hung, Karena Ng, Siu Yam-yam, Ha Chun-chau, Yu Bo, Janelle Sheng, Winkie Lai, Joe Cheng, Steven Fung. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 7 février 2013.

dimanche 19 août 2012

Mortuary blues


Dans un village reculé où des rites ancestraux perdurent encore et toujours, le vieux Piao (Pak Man-biu) fait régner sa loi en se débarrassant d’une femme accusée d’adultère et donc qui risque de divulguer leur secret. L’amant lui cherche un trésor dans ce qui en vérité est un tombeau peuplé de vampires. Pendant ce temps, le policier du village, l’irascible Shih (Corey Yuen), en caleçon et débardeur sale, interroge un type censé faire du trafic de drogue. Comme Kau, le personnage de Lam Ching-ying, Shih est assisté de deux crétins incompétents dans une variation dégénérée de Mr. Vampire. Le Sergent Li (David Lo), avec sa bouille de gros bébé et ses lunettes est d’abord un obsédé sexuel qui met ses mains sur les fesses des filles. Chen (Alex To), le policier subalterne est un froussard qui passera tout le film le visage vert après avoir fumé la prétendue drogue.

L’arrivée d’une troupe de théâtre d’opéra chinois va amener un peu d’animation dans le village. Shih les prévient qu’il les surveillera de très près. C’est sans compter sur les facéties de Sandra Ng, Lowell Lo et Sheila Chan, membres de la troupe et qui vont tomber par hasard sur la carte du trésor. Parlons un peu de l’humour au-delà du potache de Mortuary blues avant que les fantômes n’entrent en scène. D’abord l’hystérie totale du personnage de Sandra Ng qui dès qu’elle voit Corey Yuen se met en transe amoureuse avec une absence absolue de sobriété. Elle fait des grands gestes, des grimaces et hurle ses dialogues : la routine du jeu des débuts de l’actrice. Il faut aimer. L’autre motif comique est le caca. Toute la troupe a mangé des aliments qui leur donnent la chiasse. Les hommes se mettent en rang pour déféquer et se poussent l’un l’autre. Sandra Ng et Sheila Chn, sur scène, changent leurs dialogues (elles jouent la légende du papillon) et contractées par leur diarrhée, elles jouent des vierges qui sont enceintes. C’est certes extrêmement poussif, très longuet, mais ça peut s’avérer parfois drôle.

La partie des fantômes commencent avec de l’humour en dessous de la ceinture. Le trio de théâtreux pénètre dans la pagode cachée. Là, ils y trouvent quatre vampires aux visages purulents. C’est pleine lune et les vampires attaquent les vivants. Les talismans de papier sont ici remplacés par les vestes des protagonistes qu’ils placent sur les têtes des zombies pour les arrêter. Lowell Lo met sa main sur une vampire, ce qu’elle semble apprécier. Dans une scène, des rats s’introduisent dans les pantalons des filles qui croient que c’est le sexe du garçon. Ils réveillent un affreux démon (Chan Sek) au visage plein de pustules (un maquillage assez mal fichu). Puis, ils vont aller chercher le trésor où dans chaque pièce une épreuve les attend (des murs se déplacent, un saut au dessus du vide en liane). Très impur, le film de Jeff Lau offre cependant une belle séquence d’opéra chinois à la fin. Toues les personnages ont revêtus des costumes de l’opéra (le film se situe dans l’époque contemporaine) et affronte le démon qui se prend pour l’empereur de Chine. Bien que parodique (un pied géant en référence à Wong Fei-hung écrasera le démon), ces costumes et parures ramènent le film aux origines du genre. Cette séquence finale est la seule vraiment réussie de Mortuary blues, un film qui montre bien que la comédie de fantômes était largement épuisée à cette époque.

Mortuary blues (屍家重地, Hong Kong, 1990) Un film de Jeff Lau avec Corey Yuen, Sandra Ng, Lowell Lo, Sheila Chan, Alex To, David Lo, Charlie Cho, Amy Yip, Chung Faat, Pak Man-biu, Chan Sek.

jeudi 16 août 2012

Sorties à Hong Kong (août 2012)


Mc Dull, The Pork of music (麥兜噹噹伴我, Hong Kong, 2012) 
Un film de Brian Tse avec les voix de Sandra Ng, Anthony Wong, Ronald Cheng, The Pancakes. 79 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 16 août 2012.


jeudi 2 août 2012

When fortune smiles



Quand le patriarche de la famille s’apprête à mourir, toute la parentèle est présente pour connaitre le nom de l’héritier, attentive aux derniers mots du moribond. Son frère (Lau Kau) à son chevet entend bien faire respecter son testament : que sa fille Fei-fei hérite de toute sa fortune. Mais il faut la retrouver, personne ne sait où elle se trouve depuis qu’elle est partie étudier en France. Le but du jeu de When fortune smiles est de piquer l’héritage avant elle et tous les coups sont bons.

Le neveu du défunt, Lung (Shing Fui-on) aurait bien aimé profiter de l’héritage mais son père n’est pas d’accord. En secret, il va engager un jeune cambrioleur Vincent (Stephen Chow) pour s’introduire chez lui et dérober le testament. Il sera aidé par le détective privé Wong (Anthony Chan, le réalisateur du film), grand gars effilé à lunettes franchement pas adroit de ses mains : dans l’un des gags du film, on le retrouve la tête dans la cuvette des WC, histoire de bien montrer quel genre d’humour le film privilégie. Le style de Stephen Chow est ici à l’état brut. Dans une longue scène face à Lung, son personnage doit essayer de le faire rire. S’il réussit, il aura la vie sauve. C’est l’occasion pour l’acteur de faire de nombreuses mimiques et de tordre son corps burlesque dans tous les sens. En revanche, quand l’humour se fait scatologique, il devient paradoxalement plus fin. Vincent est en prison et doit se taire mais Stephen Chow mime son envie d’aller aux WC à quelqu’un qui ne comprend rien.

Face à Lung, le fils du patriarche, Wei (Anthony Wong) n’entend pas se laisser voler le magot par une sœur disparue depuis des années. Wei est un fou furieux, ultra violent, un personnage qu’Anthony Wong joue sans aucune retenue. Son idée est de trouver un sosie qui sera incarné par la mendiante Feng (Sandra Ng), une obsédée des cannettes de soda qu’elle écrase d’un bon coup de pied pour mieux ensuite les revendre. Feng se fera passer pour Fei-fei. Wei, pour la première rencontre avec l’oncle et Lung, lui donne un émetteur dans l’oreille et lui dicte son dialogue. Très vite, elle perd son oreillette et doit improviser. Pour corser le tout, elle rencontre Vincent qui est justement venu ce soir-là voler les dernières volontés. Ils se rendent vite compte qu’ils sont dans la même galère. Il se déguisera en servante (gags un peu misogynes) et elle l’aidera à s’en sortir dans une série de quiproquos.

Le reste du film développe ce simulacre où les deux personnages jouent eux-mêmes deux personnages qui vont, forcément, tomber amoureux l’un de l’autre. C’est la règle du jeu. Le sujet du film, l’héritage et ses contraintes, les rancœurs des spoliés et les cœurs purs des deux fantoches, était un thème largement développé par Wong Jing (Perfect girls ou Prince charming) mais surtout très normatif. Anthony Chan, spécialiste de la comédie du mariage, comprend assez vite que l’attraction majeure de son film est Stephen Chow. Alors qu’il commençait en duo comique, son propre personnage s’efface progressivement. Je retiendrai deux autres gags en dehors de ceux déjà évoqués (celui sur le mime du caca étant le meilleur du film) : dans le premier Stephen Chow fait de la boxe en imitant le cri de Bruce Lee, le match est arrangé, il défonce tout le monde puis devient le punching-ball humain d’un adversaire ignorant l’arrangement. Dans cette scène, ses changements de regard, d’abord arrogant puis angoissé, donnent déjà l’étendue du pouvoir comique de son visage. L’autre gag est typiquement visuel : c’est un combat en cuisine avec des poêles comme armes : la taille des ustensiles augmentent au fur et à mesure du combat : là, c’est l’esprit non-sensique qui officie.

When fortune smiles (無敵幸運星, Hong Kong, 1990) Un film d’Anthony Chan avec Stephen Chow, Sandra Ng, Anthony Chan, Anthony Wong, Cutie Mui, Shing Fui-on, Lam Kau, Hui Ying-sau, Mai Kei, Billy Chow, Stuart Ong, Sai Gwa-pau, Billy Ching, Lui Tat, Gam Lau.

vendredi 11 mai 2012

I love Hong Kong 2012 + All's well end's well 2012


Sandra Ng, Crystal Tin et Donnie Yen dans All's well end's well 2012

Teresa Mo et Eric Tsang dans I love Hong Kong 2012

Une guerre terrible se déroule sur les écrans depuis trois ans entre Eric Tsang et Raymond Wong Pak-ming. Les deux vétérans de la comédie cantonaise sortent chacun un film pour le Nouvel An Lunaire. D’un côté, la franchise All’s well end’s well créée en 1992 par Clifton Ko et que Raymond Wong a relancé en 2009 avec Louis Koo et Sandra Ng comme interprètes principaux. De l’autre côté, la Shaw Brothers qui joue sur le sentiment d’union populaire avec des titres évocateurs : 72 tenants of prosperity et I love Hong Kong, le premier film rappelant un classique ultra connu. La compagnie pour son retour a fait appel à Eric Tsang, personne central, acteur célèbre pour figurer le hongkongais moyen.

Au casting de All’s well end’s well 2012, Sandra Ng, qui revient après avoir été partenaire d’Eric Tsang dans I love Hong Kong. Autour d’elle, on trouve Donnie Yen (qui rempile) dans le rôle d’un guitariste sur le retour avec une coiffure pas possible. Sandra Ng est elle-même une ancienne vedette de cantopop et fournit d’ailleurs dans une scène de flash-back en duo avec Crystal Tin la seule scène vraiment hilarante. Autre souci capillaire pour Louis Koo, ouvrier en bâtiment (il bosse avec Lam Suet), homme modeste qui rencontre un jour Kelly Chan, photographe de mode qui souhaite le prendre en photo, il passera pratiquement tout le film torse nu, à montrer ses muscles et sa bonne mine en tant qu’atout charme. La beauté n’est pas ce qui caractérise Chapman To qui drague une jeune femme aveugle, Lynn Hung, car comme on le sait, la beauté intérieure est bien plus importante. Chapman To, dans un grand élan romantique, va créer tout un monde autour d’elle, fait de sensations. Enfin, Raymond Wong Pak-ming doit se réconcilier avec sa fille et aider sa nièce a hérité d’une forte somme d’argent. Sa vie amoureuse est inexistante et sa femme crée un site internet qui permet à tous les personnages de se rencontrer.

Dans I love Hong Kong 2012, Eric Tsang accueille Teresa Mo qui fût la belle sœur dans le premier All’s well end’s well. Les deux acteurs se connaissent très bien, ils ont été des partenaires parfaits dans Men suddenly in black. C’est d’abord une histoire de famille. Autour du père incarné par Stanley Fung, présentateur météo vétéran, on retrouve ses enfants turbulents. L’aînée est Teresa Mo, mariée à Eric Tsang qui tente de rallumer la flemme de son couple. Une scène de séduction figure dans les meilleurs moments du film, Eric Tsang se déguise en différents super héros (Batman, Captain America, Spider-man) face à Teresa Mo en combinaison à la Beyoncé. La seconde est Denise Ho, cheveux courts en garçon manqué et fiancée à Bosco Wong (la vedette en devenir de la Shaw Brothers), vendeur en magasin qui lui est très efféminé (cela rappelle le comique du personnage de Louis Koo dans All’s well end’s well 2011). Tout le monde est très réticent de cette union. Le troisième fils est 6 Wing amoureux d’une jeune femme (Zhang Xin-yu). Mais William So, le patron de Stanley Fung, ne l’entend pas de cette oreille et se réserve cette femme timide.

Les deux films jouent sur le même registre : divers couples pas forcément bien assortis qui se rencontrent, s’aiment mais ne se le disent pas ouvertement, se disputent gentiment pour se réconcilier sur fond de guimauve. La formule est celle des comédies du Nouvel An Lunaire, il faut les accepter quand on regarde ces films. Cette année, c’est I love Hong Kong 2012 qui emporte la manche. Le souci de All's well ends well 2012 est que le finale est insupportablement sirupeux, sombrant dans une mièvrerie indigeste. Le film souffre d’une longueur (2 heures) incompréhensible. Cette année les gags ne sont pas meilleurs que l’an dernier, bien au contraire. Les situations restent anecdotiques. Les personnages hauts en couleurs sont dans I love Hong Kong 2012 notamment Evergreen Mak, dans le rôle du frère de Stanley Fung, a priori largué mais finalement plein de bon sens. Et puis William So, tout en paillettes entourés de ses gardes du corps habillés ultra kitsch et bien ridicules. C’est sans doute pour cela que I love Hong Kong 2012 est moins mauvais : parce que Eric Tsang n’a jamais eu peur du ridicule. Rendez-vous l’an prochain.

All's well ends well 2012 (八星報喜, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Chan Hing-kai et Janet Chun avec Donnie Yen, Sandra Ng, Raymond Wong Pak-ming, Yang Mi, Kelly Chan, Louis Koo, Chapman To, Joey Yung, Yan Ni, Lynn Hung, Karena Ng, Jeremy Liu, Lam Suet, Ronald Cheng, Vincent Kok, Crystal Tin, Matt Chow, 6 Wing, Maria Cordero,

I Love Hong Kong 2012 (2012我愛HK喜上加囍, Hong Kong, 2012) Un film de Wilson Chin et Chung Shu-kai avec Eric Tsang, William So, Bosco Wong, Zhang Xin-yu, 6 Wing, Natalie Meng, Maggie Siu, Teresa Mo, Denise Ho, Lam Yan-tung, Samantha Ko, Osman Hung, Christine Kuo, Wu Yao-ming, Stanley Fung, Siu Yam-yam, Mak Cheung-ching, Yuen Siu-cheung, Hui Siu-hung, Jin Gang, Tats Lau, Mimi Chu, Michelle Lo, Eddie Pang, Otto Wong, Eric Tse.

jeudi 15 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Marrying Mr. Perfect (嫁個100分男人, Hong Kong – Chine, 2012)

Un film de Wong Jing avec Ronald Cheng, Gigi Leung, Chapman To, Pau Hei-ching, Liu Yan, Mao Jun-jie, Stanley Fung, Gong Xin-liang, Eric Tsang, Sandra Ng, Cherrie Ying, Xie Na, Natalie Meng Yao, Lin Miao-ke. 90 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.


vendredi 20 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

All's well ends well 2012 (八星報喜, Hong Kong, 2012)

Un film de Chan Hing-kai avec Donnie Yen, Sandra Ng, Raymond Wong Pak-ming, Yang Mi, Kelly Chan, Louis Koo, Chapman To, Joey Yung, Yan Ni, Hung Doi-lam, Karena Ng, Jeremy Liu, Lam Suet. 118 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 20 janvier 2012.


vendredi 13 janvier 2012

Boys are easy


Les trois filles de la famille Ching sont encore célibataires. Leur père (Richard Ng) avec la complicité du fils Siu-pei (Jimmy Lin) et de l’oncle Sai (Wu Fung) a trouvé un plan machiavélique pour les contraindre à se marier. Il les réunit le soir de son anniversaire pour leur annoncer une bien mauvaise nouvelle : il a un cancer, il ne lui reste plus que deux mois à vivre et aimerait qu’elles trouvent un bon mari et qu’elle se casent. Il faut dire que les demoiselles habitent encore chez leur papa. Par contre, le fils, lui semble trop jeune pour rentrer dans ce jeu du mariage. Voilà donc la chasse à l’homme de Boys are easy, pendant féminin de Perfect girls ou Doubles cause troubles. La machine Wong Jing est lancée.

Comme il se doit, pour la mécanique comique fonctionne, les trois filles Ching sont de caractère très opposés. Ching Siu-tung (Brigitte Lin), qui porte le même nom que le réalisateur chorégraphe, est policière. Elle porte une cravate, s’attache les cheveux longs et se comporte comme un mec. Le film s’ouvre sur son personnage quand elle chasse un truand (Ken Lo) qui décidera plus tard de mettre sa tête à prix pour assouvir sa vengeance. Elle tombe par hasard sur Simon Tse (Tony Leung Ka-fai), un gigolo qu’elle engage pour la faire passer pour son fiancé. Tony Leung Ka-fai et Brigitte Lin forment le duo vedette de Boys are easy car leur personnalité est opposée.

Les deux interprètes assument le show bien plus que les autres personnages. Simon Tse est considéré par Siu-tung comme une prostituée, renversant les rôles habituellement. Il parodie, dans une scène hilarante, Mark dans Le Syndicat du crime, arrivant dans le salon de « karaoké » avec un flingue dans chaque main sur la musique du film. Siu-tung prend peur et lui tire dessus. Ses cheveux sont tout ébouriffés, son visage noir de fumée et son air abasourdi. Mais, comme dans un dessin animé, il se baisse, sortant du plan, et remonte bien coiffé et tout nettoyé. On voit également Tony Leung Ka-fai faire un strip-tease dans une boîte. Plus tard, il prendra par erreur de la drogue et elle boira beaucoup d’alcool. A partir de ce moment, ils peuvent coucher ensemble et enfin rétablir l’ordre naturel des choses tel que le vante dans ses films Wong Jing. La seule question, à laquelle on connait la réponse, est de savoir s’ils vont s’aimer sincèrement.

Les deux autres sœurs sont dans le même cas. Elles ont rencontré deux hommes opposés à elles. Ching Siu-nam (Maggie Cheung) est assistante sociale et va tenter de remettre sur le droit chemin Wu Ying (Jacky Cheung), qui se passer pour un membre des triades dans son quartier. Elle va essayer de se rebeller en s’habillant en rockeuse et se faire appeler VietNam Rose. Lui va tenter de devenir un gentil garçon, d’arrêter de gueuler contre tour le monde et de s’habiller bien. Mais ils se rendent compte que, non seulement leur amour est sincère, mais qu’en plus ils se préfèrent avec leur vrai caractère. Enfin, Ching Siu-sze (Chingmy Yau) est infirmière. Pour une raison de quiproquo, elle se fait passer pour une prostituée et drague Chi Ko (Ekin Cheng) qui se fait passer pour un puceau. Boys are easy vaut ce que ce valent ses acteurs. Les deux premiers duos-couples sont les plus amusants. Le film se termine comme on l’imagine, les couples se disputent et se reconstituent grâce à la méchanceté du personnage de Sandra Ng, venue faire une apparition très lourde mais très drôle. Elle vient voler la fortune du père et tout le monde se liguera contre elle. A la fin, la norme l’aura emporté, comme on s’y attendait.

Boys are easy (追男仔, Hong Kong, 1993) Un film de Wong Jing avec Brigitte Lin, Maggie Cheung, Chingmy Yau, Tony Leung Ka-fai, Jacky Cheung, Ekin Cheng, Richard Ng, Jimmy Lin, Sandra Ng, Wu Fung, Shing Fui-on, Helena Law, Ken Lo.

dimanche 27 novembre 2011

Trouble couples


Il était une fois quatre sœurs qui habitaient ensemble. Depuis le décès de leur maman, c’est Ta-hsiang (Anita Mui) qui fait office de chef de la famille Mei. C’est l’aînée qui tient le restaurant qui leur permet de vivre. Les trois plus jeunes sœurs viennent aider après leurs études. Yee-hsiang (Ann Bridgewater), la deuxième est amoureuse d’un animateur de radio, Joe (Matthew Wong). Les deux plus jeunes Szu-hsiang (Charine Chan) et San-hsiang (Fennie Yuen) sont encore lycéennes. Elles se font draguer par Prince (Remus Choi), le fils d’un riche homme d’affaires et ses deux comparses le « binoclard » (Calvin Choi) et Jen (Edmond So). Voilà pour les présentations montrées classiquement, dans un mode léger typique de ces comédies romantiques des années 1980.

Le trublion qui va rentrer dans cette famille est Tseng Chao-tsai (Eric Tsang, également réalisateur via sa compagnie CCC, Cinema & City Company Films). Les trois jeunes sœurs l’entendent se disputer avec sa fiancée Agnes (Sandra Ng) qui le largue. Pour tenter de retenir sa copine, Tsai menace de se suicider en plongeant dans l’eau. Alors, il est inutile de chercher à savoir pourquoi les filles se trouvent là, mais l’occasion fait le larron, elles vont lui proposer de rencontrer Ta. D’abord parce qu’elle est encore célibataire au grand dam de toute sa famille et parce qu’elles pensent que ça adoucira leur sœur aînée qui leur interdit de voir les garçons. La première rencontre entre Tsai et Ta est catastrophique, et bien entendu comique, tant le duo Eric Tsang et Anita Mui détonne, lui tout petit et grassouillet, elle grande et sèche. Tsai renonce, tente de reconquérir Agnes qui, entre temps, s’est fiancée à Hsiao Ma (Shing Fui-on, dans son rôle habituel de brûte), un parrain de triades. Tsai, par défi, annonce qu’il se mariera la veille des noces d’Agnes et Hsiao Ma.

A partir de ce moment, il va falloir que les trois sœurs et leurs quatre amis trouvent des plans pour que Ta accepte de se marier avec Tsiao. Ce dernier va devoir faire la cour à la grande sœur qui ne s’en laisse pas compter. Il faut dire qu’elle impressionne de son autorité Tsiao. Elle décide d’imposer sa loi pour accepter le mariage où Tsiao devra obéir à toutes ses régles, y compris à prendre son nom de famille, ce qui dans la culture chinoise est inenvisageable. Comme il se doit, Ta découvre le pot aux roses et la raison véritable de la cour de Tsiao. Le mariage a eu lieu mais entre temps, il est sincèrement tombé amoureux d’elle et vice-versa, bien qu’elle refuse de se l’avouer. Tout le reste de Trouble couples sera donc de déployer toute une mise en scène pour que Tsiao soit accepté par Ta. Evidemment, puisqu’on est dans une comédie loufoque, il se produira de nombreux quiproquos où le personnage de couard geignard d’Eric Tsang fait le show. Le film est un peu idiot, totalement invraisemblable mais ce qui reste plaisant, c’est le cabotinage des interprètes.

Trouble couples (開心勿語, Hong Kong, 1987) Un film d’Eric Tsang avec Eric Tsang, Anita Mui, Ann Bridgewater, Charine Chan, Fennie Yuen, Matthew Wong, Calvin Choi, Remus Choi, Edmond So, Charlie Cho, Teresa Ha Ping, Wu Fung, Helena Law, Sandra Ng, Lau Kar-wing, Clarence Ford, Ann Mui, Shing Fui-on, Wong Jing, Hui Ying-ying.

mardi 5 juillet 2011

Mr & Mrs Incredible


En apparence, le couple que forment Louis Koo et Sandra Ng est tout à fait ordinaire. Dans une Chine ancienne, ils tiennent une auberge dans un village. Ils sont respectés et leur commerce est prospère. Ils décident d’habiter hors du village pour une raison simple : ils ont un secret. Lors du déménagement, ils ouvrent deux vieilles malles dont ils sortent des vêtements qu’ils portaient il y a dix ans de cela. Ce sont les tenues et les masques qu’ils revêtaient pour aller rendre la justice.
Louis Koo était Gazer Warrior (le guerrier au regard percent) et Sandra Ng Aroma Woman (la femme aux senteurs). Deux super-héros dans la Chine antique, telle est l’idée de Mr. & Mrs. Incredible. Ils ont des super pouvoirs et, comme n’importe lequel des super-héros, ils sont appelés souvent à la rescousse quand un crime est commis. Dans un flash-back, Vincent Kok les montre de manière comique : leurs faits d’armes, leur rencontre et leur décision de vivre ensemble dans un mode classique. On alterne les split screens, la parodie de jeu vidéo, l’animation, le cinéma muet (avec des cartons pour les dialogues). Ces variations de cinéma anachroniques ont déjà bien produit leur effet dans les comédies de Stephen Chow et que Vincent Kok reprend ici.
Le film revient au présent et à la vie tranquille que mène notre couple de héros ordinaires. Et surtout, ils tentent d’avoir un enfant mais leur métabolisme leur en empêche. On annonce une compétition d’arts martiaux dans le village. Grandmaster Blanc (Wang Bo-chieh) en est le grand ordonnateur. Il a appelé toutes les écoles pour en évaluer la qualité. A cette compétition, une jeune femme vient assister aux combats. C’est Phénix Bleu (Li Qin) qui pense reconnaitre Gazer Warrior. Ils s’étaient rencontrés quand elle était enfant lors d’une mission triomphante du super-héros.
Dès lors, le film continue sur sa lancée de comédie du mariage en ne s’occupant guère des arts martiaux. Et ça fonctionne. Louis Koo et Sandra Ng forment un couple crédible à la fois dans leur passion amoureuse (revenir aux rôles de superhéros ne leur plairaient plus) et dans leurs disputes qui portent surtout sur la vie quotidienne puis sur la jalousie que Aroma Woman éprouve à l’égard de Phénix Bleu. Les seconds rôles sont croustillants notamment les trois grosses commères avec lesquelles discute Sandra Ng et qui lui donnent de mauvais conseils. Les sifu des écoles d’arts martiaux dont un Chapman To affublé d’une coiffe gigantesque et d’une posture efféminée. Tout cela est fait de bons moments où l’on s’amuse de bon cœur. Cela faisait longtemps qu’une comédie du nouvel an lunaire n’avait pas semblé aussi réussie.
Mr. & Mrs. Incredible (神奇俠侶, Hong Kong – Chine, 2010) Un film de Vincent Kok avec Louis Koo, Sandra Ng, Wang Bo-chieh, Li Qin, Li Jing, He Yunwei, Wen Zhang, Chapman To. 100 minutes.

vendredi 13 mai 2011

I love Hong Kong


Après le succès de 72 tenants of prosperity, la Shaw Brothers et TVB se lancent à nouveau dans la comédie du Nouvel An Lunaire avec, comme en 2010, une histoire autour d’un immeuble dans un quartier très populaire. La famille Ng (nom ultra commun, les Dupont de Hong Kong en quelque sorte) doit retourner chez le père (Stanley Fung) qui accueille son fils et sa famille. Le fils Shun (Tony Leung Ka-fai) a fait faillite et n’a plus d’argent pour rester dans les beaux quartiers. Retour à la case popu avec sa femme (Sandra Ng), son fils ainé (Aarif Lee), et leurs deux filles.

Ce changement de classe sociale, ce retour dans cet immeuble sans vue, avec un vis-à-vis continu où tous les voisins sont présents et connaissent tout de la vie de chacun est un échec personnel pour Shun. Pour sa femme, c’est la même chose. Elle doit reprendre son boulot d’esthéticienne. Mais tout a changé en 25 ans et Sandra Ng n’a plus la ligne fine de sa nouvelle patronne qui se plait à l’humilier en public. Elle tente même de devenir doublure cascade dans une série télé en costumes pour gagner un peu d’argent (une des séquences les plus drôles où l’actrice se prend des coups devant les acteurs imperturbables qui rappelle Josephine Siao dans Plain Jane to the rescue).

Le retour de Dragon Cheng (Eric Tsang) après des années d’absence va perturber encore plus Shun. Ils étaient amis adolescents et faisaient ensemble les 400 coups, notamment draguer les jumelles voisines (qui ont bien changé et pris du poids), mais Cheng a trahi la communauté en prenant l’argent de la caisse commune. Le récit est alors ponctué de flashbacks où Shun est joué par Bosco Wong et Cheng par Wong Cho-nam. A cela, il faut ajouter Jing (Anita Yuen), la voisine dont Shun était le petit ami avant de rencontrer Sandra Ng et qui éveille quelques souvenirs quand il va se faire soigner chez elle. Bref, la nouvelle vie des Ng n’est pas un long fleuve tranquille mais leurs malheurs fournissent de jolis moments de comédie au spectateur.

Les gags de I love Hong Kong sont souvent hors du récit global mais certains sont très drôles. Le grand-père Ng reçoit, un soir, la visite d’un contrôleur des allocations, toute la famille se transforme en fantôme pour lui faire peur. Lam Suet fait une parodie de The Mission (la scène de foot avec une boule de papier froissé). La rencontre avec les jumelles 25 ans plus tard devenues laides et qui vont se venger de Shun et Cheng. C’est parfois un festival de grimaces (Wong Cho-nam) en tête, c’est souvent des situations à quiproquos entre Eric Tsang et Tony Leung Ka-fai, mais c’est de l’humour bon enfant, rarement vulgaire puisque la Shaw Brothers veut plaire à tous les publics.

Le film se veut également social puisqu’il parle d’une partie de la population de Hong Kong qui est rarement représentée dans les films : la classe laborieuse. En l’occurrence, les habitants de l’immeuble sont presque tous commerçants de rue, ce qui est interdit. Le fils de Shun est un agent de la ville qui vient sanctionner ces commerçants illégaux, or, il tombe amoureux de la fille de l’un d’eux. I love Hong Kong fait l’éloge de la solidarité, de la compréhension mutuelle et de la solidarité. Le message est délivré pendant tout le film sur tous les tons : dans les situations d’affrontement (discours d’Aarif Lee à son chef pour que les commerçants soient laissés tranquilles), dans les tournures du scénario (des riches arrogants veulent tout racheter pour faire un centre commercial), dans les dialogues (tout le monde se parle, s’engueule puis se comprend) et dans les chansons. Comme on est dans une comédie du Nouvel An Lunaire, on sait que tout finira bien. Et en plus on rit de bon cœur.

I love Hong Kong (我愛香港, Hong Kong, 2011) Un film de Chung Shu-kai et Eric Tsang avec Eric Tsang, Tony Leung Ka-fai, Stanley Fung, Sandra Ng, Aarif Lee, Anita Yuen, Charmaine Sheh, Moses Chan, Wong Cho-nam, Bosco Wong, Mag Lam, Terence Tsui, Wayne Lai, Felix Wong, Michael Miu, Fala Chen, Kate Tsui, Wu Ma, Jaime Chik.

jeudi 21 avril 2011

Top squad 2



La guerre des sexes continue dans l’école militaire. Comme dans Top squad, les filles sont les Amazones et les garçons sont les Tigres. Amy (Sandra Ng) est devenue chef et en fait baver à Madame Wu (Sibelle Hu). Elle se venge aussi sur Nam (Billy Lau) sur lequel elle a jeté son dévolu mais qui se refuse à elle. Mais tout cela n’était qu’un rêve et Amy est toujours dans l’escouade de Wu et continue ses pitreries ce qui lui vaut une punition : transporter des sacs de sable d’un bout à l’autre du camp d’entrainement. C’est là qu’arrivent quatre nouvelles recrues que les femmes accueillent froidement et à qui, Amy fait faire sa punition.

La première partie de Top squad 2 est dévolue à l’arrivée des nouvelles. Amy leur en fait voir de toutes les couleurs parce qu’elle trouve qu’elles s’imposent un peu. Elle devient verte de jalousie quand Susanna (Amy Yip) devient le centre de l’attention de tous les mecs à cause de sa jolie paire de seins (les autres sont plates), et surtout de Nam. Bien entendu, ce ne sont que des blagues de potache que l’on peut voir dans le film. Elles se chamaillent à la cantine sous l’œil amusé de Ricky Hui qui incarne le chef cuistot. Comble de l’humour, elles allument des sacs en papier dans la chambrée et les sacs contiennent de la merde. On se marre.

Puis Lo arrive (Melvin Wong), spécialiste de la lutte anti-terroriste qui vient superviser l’entrainement. Alors bien sûr on voit l’entrainement, mais on s’en fout, c’est juste l’occasion de montrer les filles en train de courir ou de ramper par terre. Cette deuxième partie montre l’affrontement entre Lo et Kan (Stanley Fung), le chef des Tigres, qui cherchent à s’attirer les faveurs de Wu dont on va fêter l’anniversaire. Top squad 2 propose alors l’un des plus grands moments de solitude d’un spectateur. Tous les personnages entament une danse sur une musique composée à partir d’un clavier. C’est au-delà du kitsch.

Le film est surtout composé de gags grivois censé faire rire le spectateur. Pour l’émoustiller, on montre aussi les filles qui prennent une douche. Bon, on voit une ou deux fesses et pas plus. C’est un film essentiellement machiste fait pour les hommes, la guerre des sexes est montrée de manière caricaturale, comme lors d’un combat de judo entre les Amazones et les Tigres. Mais un méchant terroriste (européen forcément), qui arrive comme un cheveu sur la soupe, va contribuer à unir tout le monde. Tout se finira bien, Nam comprendra enfin qu’il aime Amy et Madame Wu se rendra compte que Kan est l’homme de sa vie. C’est ce qu’on appelle une comédie bas de gamme, quand bien même ce soit produit par Jackie Chan.

Top squad 2 (The Inspector wears skirts II, 神勇飛虎霸王花, Hong Kong, 1989) Un film de Wellson Chin avec Sibelle Hu, Sandra Ng, Kara Hui, May Lo, Angile Leung, Regina Kent, Amy Yip, Joanna Chan, Tiffany Lau, Stanley Fung, Bill Tung, Billy Lau, Melvin Wong, Johnny Cheung, Ken Lo, Lee Jun-git, Chan Suet-man, Li Chung-chi, Ricky Hui.