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jeudi 23 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Mortician


Mortician (臨終囧事, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Cub Chin avec Bao Bei-er, Jim Chim, Janice Man, Stanley Fung, Kristy Yeung, Monica Mok, Jing Gang-shan, Lam Tze-chung. 90 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 23 janvier 2014.

vendredi 15 novembre 2013

Badges of fury


La carrière de Jet Li s’est considérablement ralentie depuis quelques années. Une comédie dramatique sociale (Ocean heaven), une participation aux Expendables de Sylvester Stallone et deux films en costumes de plus ou moins bonne fortune (Le Sorcier et le serpent blanc et Dragon Gate). Pour rester présent auprès des publics, ici à la fois hongkongais et chinois du continent, Jet Li se lance avec Badges of fury dans la comédie policière avec gros effets spéciaux, scènes d’action musclée et longs mouvements scénaristiques romantiques.

Pour approcher le public, cette super-production entoure Jet Li (qui a comme personnage Huang Fei-hong : gros rappels musicaux à Il était une fois en Chine, bien entendu) d’un jeune acteur Wen Zhang (qui partageait l’affiche d’Ocean heaven). Tous deux sont des policiers. Wang Bu-er et Huang ne s’entendent pas, ils ont un contentieux en commun mais doivent travailler ensemble dans une filature. Huang est cuistot et Wang Bu-er danseur écossais. L’opération est supervisée par Angela (Michele Chen), leur supérieure hiérarchique.

La filature tourne rapidement à la catastrophe (le décor est entièrement détruit) parce que les deux hommes ne cessent de s’envoyer des insultes dans leurs micros cachés et que Wang Bu-er pense avoir découvert un suspect dans une autre affaire irrésolue de crimes en séries. Trois hommes sont morts mystérieusement en affichant un très large sourire. C’est autour de cette enquête que les deux policiers, qui se détestent, vont devoir travailler ensemble. La piste les mène vers deux femmes que les victimes connaissaient pour avoir été leurs fiancés.

Liu Jin-shui (Liu Shi-shi) est une actrice célèbre qui rêve du grand amour mais espère que l’homme de sa vie ne s’arrêtera pas à son image de star du cinéma. Sa sœur Dai Yi-yi (Liu Yan) a également été la fiancée de ces trois hommes après leur rupture avec Jin-shui. Il faut dire que ses attraits physiques sont impressionnants, elle apparait constamment dans des tenues sexy avec des bustiers échancrés. Dai Yi-yi est filmée comme une bombe sexuelle à laquelle aucun homme ne peut résister. Wang Bu-er est comme le loup de Tex Avery, langue pendante, devant elle.

Le comique du film renvoie à celui des grosses comédies de Wong Jing (je pense par exemple à Nicky Larson) avec des effets visuels (le corps de Wang Bu-er semble élastique, sa grande et fine taille y est pour beaucoup à côté du corps pataud de Jet Li) et sonores (chaque gag est appuyé par un jingle). Le film s’apparente, surtout dans sa première partie, à un cartoon, comme le faisait Stephen Chow dans sa période faste. Il faut ajouter à cela de nombreuses courtes apparitions de star (Leung Kar-yan, Lam Suet, Lam Tze-chung, le gros de Shaolin soccer), pas mal de blagues triviales et d’humour potache ainsi que de nombreuses références cinématographiques.

On sent l’envie de Jet Li de revenir à un cinéma qu’il a raté dans les années 1990, ce genre de comédie où les moments comiques alternent avec la romance légère et les longues scènes d’action, dirigées ici par Corey Yuen. L’acteur est un peu en retrait, subit les effets spéciaux (une plongée numérique dans les escaliers) et cède souvent la place à Wen Zhang pour les combats au corps à corps (et il se débrouille très bien). Comme le faisait Jackie Chan quand il tournait New police story il y a dix ans de cela, Jet Li adoube cette nouvelle génération d’acteur d’action du cinéma chinois.

Badges of fury (不二神探, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Wang Zhiming avec Jet Li, Wen Zhang, Liu Shi-shi, Michelle Chen, Liu Yan, Wu Jing, Leung Kar-yan, Tong Da-wei, Michael Tse, Stephy Tang, Huang Xiao-ming, Kevin Cheng, Raymond Lam, Alex Fong Lik-sun, Ma Yi-li, Feng Dan-ying.

dimanche 25 mars 2012

Cat and mouse


Tout le monde s’ennuie à la cour de l’empereur. Et en premier lieu, le sabreur Zhan (Andy Lau), bras droit du juge impérial Bao (Anthony Wong). Aucune plainte, aucun procès, aucun jugement. Et pourtant, Zhan a bien quelques soupçons sur des magistrats corrompus. Le seul acte qu’il a le droit de faire est de découper avec son sabre la peau du rhinocéros apporté par une vieille femme à moitié folle. L’ennui va pousser Zhan à prendre quelques jours de repos. Incognito, il découvre qu’il se fait brocarder par un homme Chan (Wong Yat-fei) qui se vante d’exploits jamais accomplis contre lui. Frère Bai (Cecilia Cheung) lui rabat le claquet, sous le regard intrigué de Zhan, qui se demande qui est cet homme.

Bai n’est bien sûr pas un homme puisque c’est la belle Cecilia Cheung qui le joue. Mais elle est, sans habileté, déguisée avec une fine moustache et un brin de barbe, histoire de parodier certains wu xia pian où les actrices se faisaient passer pour des hommes (L’Hirondelle d’or par exemple). Variation de Robin des Bois, Bai est à la tête d’une bande de joyeux lurons, appelée les Cinq Souris, dans laquelle on reconnait Chapman To et Lam Tze-chung, inventeurs d’armes plus redoutables les unes que les autres. Cat and mouse joue sur les anachronismes : les deux hommes fabriquent un bazooka, Bai salue les gens comme un rappeur. La bande est engagée par Pang (Ng Yuet), un homme riche mais corrompu, pour supprimer Bao qui risque de mettre le nez dans ses affaires.

Si Bai est la souris, Zhan est le chat. Par un malheureux concours de circonstance, il se retrouve à devoir être le gardien du gros chat de l’impératrice, une amie proche de Pang. Un jeu du chat et de la souris va s’engager entre eux deux. Cela ravit les deux personnages qui vont avoir un peu d’action et devoir choisir leur camp. Bai doit supprimer le patron de Zhan mais elle succombe au charme du sabreur. Seulement voilà, il a été fiancé à la Hua (Li Bing-bing), la sœur adoptive du prince royal (Guo Dong-ling). Or, ce dernier complote contre l’empereur (Cheung Tat-ming). Les complots s’accumulent, les histoires d’amour se compliquent. Zhan réussit grâce à son charme à retourner la situation et à mettre de son côté les bande des Cinq Souris et là, il découvre que Bai est une femme.

Cat and mouse provoque parfois le sourire. Cheung Tat-ming, dans son rôle d’empereur, est dans un registre de grand naïf qui ne se rend jamais compte que tout le monde abuse de sa gentillesse, surtout l’impératrice parfaite en sale chipie. Chapman To et Lam Tze-chung explorent le burlesque des gags visuels. Leur comique est balourd : grimaces et voix forte devant les ratages qu’ils causent dans leurs actions et leurs inventions. Le personnage d’Anthony Wong repose sur la parodie du vieux sage, il caresse sa longue barbe et s’exprime comme dans un film classique, en articulant en exagérant beaucoup. L’acteur joue sur la lenteur en total contre-courant des autres interprètes, ce qui augmente sa puissance comique. C’est toujours agréable de rire mais tout cela semble avoir déjà été fait des dizaines de fois. Comme à la cour, on s'ennuie un peu. Sinon, je n’oublie pas de préciser que Cecilia Cheung se bat au sabre. Là, ce sont de bons moments.

Cat and Mouse (老鼠愛上貓, Hong Kong, 2003) Un film de Gordon Chan avec Cecilia Cheung, Andy Lau, Anthony Wong, Cheung Tat-ming, Li Bing-bing, Ng Yuet, Wong Yat-fei, Ronnie Cheung, Chapman To, Lam Tze-chung, Xie Jia-qi, Miao Hai-zhong, Cheung Wing-hong, Cui Lin, Gao Lei, Wen Yang, Cheung Kwok-yan, Guo Dong-lin.

mercredi 15 septembre 2010

Flirting scholar 2


Lee Lik-chi n’avait rien tourné depuis bien longtemps, soit The King of comedy avec Stephen Chow. Plus quelques apparitions en tant qu’acteur depuis une dizaine d’années. Et voilà qu’arrive Flirting scholar 2, sans Stephen Chow évidemment, qui s’avèrera être le prequel de Flirting scholar qui était l’un des sommets de l’acteur comique. En revanche, ce nouveau film qui reprend les mêmes personnages dans des situations diverses et variées n’arrivent pas à faire rire.

Le problème n’est pas dans le fait que ce genre de comédie ne fonctionne plus aujourd’hui, même si l’absence de Stephen Chow et de relève se fait grandement sentir. Il se tourne encore quelques comédie drôles et inspirées qui, souvent, ne fonctionne pas jusqu’au bout. Wong Jing essaie toujours d’en faire, sans succès, malgré Sandra Ng et son abattage. Les scénarios se contentent de recycler ce qui a marché des années auparavant, alors qu’auparavant les films prennaient un genre et le pervertissaient.

Tang Bak-fu est interprété par un acteur nouveau, Huang Xiaoming, qui en fait beaucoup pour rentrer dans le moule dessiné par Stephen Chow. Sa mère (Mimi Chu) l’inscrit à une école pour en faire un lettré, car c’est un cancre. Il est aidé dans sa tache par trois de ses amis, Nat Chan, Richie Ren (qui porte les cheveux bouclés) et Zhou Libo. Le gage de Lee Lik-chi est de faire rire avec ce quatuor. Viendra Qian-qian (Zhang Jingchu), la jeune fille rebelle dont Bak-fu va tomber amoureux mais qu’il aura bien du mal à conquérir.

L’humour ne vaut pas grand-chose, à moins d’apprécier tout simplement les coups de pied au cul, les chutes au sol et les blagues en dessous de la ceinture. Richie Ren feint d’avoir inventer un produit pour devenir invisible. Nat Chan écoute cela et se saisit de la boule magique qui est composée de crotte de chien. Ils rient en coin. Puis, Nat Chan déambule à poil, dans une longue scène qui s’étire trop. Et qui rappelle celle avec Richard Ng (qui fait une apparition dans le film) dans Le Gagnant. Mais jamais le duo Nat Chan - Huang Xiaoming n'arrivera à la cheville Nt Man-tat - Stephen Chow.

De la même manière, le moine en chef (Law Kar-ying) dirige un monastère tou sauf orthodoxe. Quand Bak-fu y arrive, il comprend que quelque chose ne tourne pas rond. Les moines frappent les éventuels fugitifs comme ceux dans The God of cookery où Stephen Chow en faisait les frais. Les vrais moines sont enfermés dans la cave où ils doivent travailler sans cesse pour que garder le bain chaud dans lequel les jeunes femmes du casting puissent offrir quelques scènes érotisantes. Puis, Law Kar-yin se transforme en démon et Flirting scholar 2 part dans l’absolu n’importe quoi.

Flirting scholar 2 (唐伯虎點秋香 2 之四大才子, Hong Kong – Chine, 2010) Un film de Lee Lik-chi avec Huang Xiaoming, Zhang Jingchu, Richie Ren, Nat Chan, Law Kar-ying, Cheung Tat-ming, Zhou Libo, Fan Siu-wong, Mimi Chu, Joe Cheng, Lee Siu-kei, Richard Ng, Lam Tze-chung, Tin Kai-Man, Yuen King-tan, Barbie Hsu.

dimanche 20 juin 2010

All's well end's well too 2010


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On reprend les mêmes et on recommence, cette fois dans la Chine ancienne sous le règne d’un Empereur de fantaisie (Louis Koo) qui ne pense qu’à s’exercer au kung-fu et qui entend rester vierge, ce qui a le donc d’énerver son épouse (Chrystal Tin). Pearl (Angelababy), la sœur cadette de l’Empereur revient après une décennie d’études en Chine. Elle est accompagnée de son garde du corps, le Général Bing (Ronald Cheng). Ils sont tombés amoureux, mais elle tombe à l’eau (ils étaient en mer) et Bing ne peut le repêcher. Justement, Bing et son acolyte (Lam Tze-chung) recueillent sur le navire Nightingale (Lynn Xiong), qui cherchait à oublier l’amour qu’elle porte à Shang-jin (Pan Yueming).

Arrivés sur terre, Bing part à la recherche de Pearl. Il rencontre le père de Shang-jin (Lam Suet) et sa sœur Sweetie (Sandra Ng) qui tombe amoureuse de lui. Elle est encore vierge et envoie des lettres d’amour avec des pigeons voyageurs, espérant le grand amour. Dans le même temps, Million Weng (Raymond Wong Bak-ming) trouve Pearl, devenue amnésique suite à la chute du bateau. Il l’a fait passer pour Nightingale et espère lui trouver un mari fortuné, car Weng a perdu tout son argent dans des investissements fumeux (avec anachronisme, il est fait référence à la faillite de Lehman Sachs). C’est parti pour 90 minutes de quiproquos et de déguisement jusqu’à l’issue finale qui, comédie du nouvel an lunaire oblige, sera heureuse et totalement invraisemblable.

Ce qui compte dans un film comme All’s well end’s well too 2010, c’est l’abattage des acteurs. Chacun aura sa part de cabotinage éhonté, et bien pour cela que j’aime les comédies du nouvel an lunaire. Louis Koo, en Empereur, joue à la fois les super mecs quand il feint d’être champion de kung-fu et qu’il combat ses dix gardes du corps qui le laissent gagner, à la fois les gamins gâtés pourris face à Sandra Ng à qui il avoue qu’il l’a toujours aimée, sans retour, et qu’il fait un caprice en tapant des pieds. Sandra Ng est fidèle à elle-même dans son rôle ingrat de pucelle qui rêve du prince charmant et qui comprend que sa correspondance la plus torride était avec Raymond Wong Bak-ming. Ce dernier en fait moins que d’habitude mais se déguise en peau de bête et fausse pilosité abdominale pour tenter de tromper l’Empereur.

La surprise vient de Ronald Cheng qui s’améliore avec le temps. Il tenait Just another Pandora’s box à bout de bras et, en ne surjouant que lorsque la scène le veut, parvient à donner à son personnage une certaine tristesse. Il est amoureux de Pearl mais elle ne le reconnait pas. Lors d’un tournoi organisé par l’Empereur, il doit l’affronter et cela le remplit de mélancolie. Angelababy, qui ne joue que dans ce genre de comédies, commence à avoir du savoir-faire. Son personnage de Pearl est effacé car amnésique, elle bégaye dans ces moments puis devient une femme de caractère quand elle recouvre la mémoire. Le film fait la part belle aux anachronismes. La mère de l’Empereur (Lee Heung-kam) porte des lunettes. On y voit un défilé de mode pour placer quelques produits. On y chante aussi et on y rape : Sandra Ng et Raymond Wong Bak-min s’affronte en rappant. All’s well end’s well too 2010 tient certaines promesses de faire rire. Raymond Wong Bak-ming a eu la bonne idée de demander à Herman Yau de filmer et cela se sent. Le rythme est meilleur que dans All’s well end’s well 2009, les gags mieux amenés et l’image correcte.

All’s well end’s well too 2010 (花田囍事2010, Hong Kong, 2010) Un film de Herman Yau et Raymond Wong Bak-ming avec Louis Koo, Ronald Cheng, Sandra Ng, Raymond Wong Bak-ming, Lynn Xiong, Angelababy, Pan Yueming, Crystal Tin, Lee Heung-kam, Ha Chun-chau, Lam Tze-Chung, Lam Suet, Mimi Chu, Wilfred Lau.

mercredi 12 août 2009

Kung fu chefs


J’aime beaucoup les comédies culinaires et si, en plus, il y a Sammo Hung dans le rôle du grand ordonnateur de la cuisine, alors je suis aux anges. Mais, parfois il faut un peu désenchanter et ne pas rêver d’un grand film. Kung fu chefs se regarde sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus. On est loin du Festin chinois de Tsui Hark et de God of cookery de Stephen Chow, mais c’est déjà tellement mieux que Le Grand chef.


Wong Bing-yee (Sammo Hung) est l’un des plus grands chefs cuisiniers de Chine, mais pour l’écarter d’un concours qu’il aurait probablement gagner, son assistant le trahit en mettant un poison qui intoxique tous les clients du restaurant. Il est désormais disqualifié auprès de ses pairs et doit partir. Il va aller ailleurs et se refaire une vie, en l’occurrence dans le restaurant de cuisine cantonaise. Il va prendre la place du chef en place.


Lung Kan-yat (Vaness Wu) est un jeune chien fou dans une école d’arts martiaux. Rusé et habile, il fait tourner en bourrique ses camarades et son maître ; Mais c’est un grand cuisinier. Il préfère partir à l’aventure et devenir cuisinier. Il va se retrouver au restaurant et vouloir devenir le disciple de Yee qui refuse qu’on l’appelle maître Wong, mais uniquement Ah Yee. Deux sœurs, Ching (Cherrie Ying) et Ying (Ai Kago) tiennent le restaurant. Ching est sérieuse et va converser avec Yee, mais Ying est espiègle et va se faire draguer par Kan.


Kung fu chefs se fait un gentil récit d’apprentissage. Sammo Hung ne veut pas enseigner son savoir à Vaness Wu puis accepte de devenir son mentor. On rappelle que Wu est le protégé de Sammo Hung. Le film est bon enfant. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un grain de sable ne venait se mettre au milieu de ces gens qui font la cuisine avec application. Joe (Fan Siu-wong) cherche à se venger. Il est persuadé que Yee a causé la fin de la carrière de son père Kei (Bruce Leung), le frère de Yee.


Joe est une caricature de personnage. Il n’appartient même pas à la mafia, sujet hautement prohibé en Chine. Il n’est pas question d’en parler. Cela aurait donné un peu plus de piquant au scénario et rappelée la recette ancestrale des films de Bruce Lee quand les méchants voulaient prendre son restaurant. Kung fu chefs met en œuvre une petite vengeance personnelle à laquelle on ne croit guère. D’autant que Louis Fan en fait des tonnes dans le rôle du méchant fumant son cigare et enfermant Ying et Kan dans la chambre froide pour les éliminer. Tout le monde n’est pas Simon Yam. C’est Timmy Hung, le fils de Sammo, qui joue l’assistant de Joe, qui va se résoudre à les libérer.


Le film se regarde sans aucun ennui même s’il souffre d’une certaine platitude de scénario. On sait exactement ce qu’il va arriver dans la scène suivante et qui va gagner et perdre. . Comme d’habitude, on ressort de la vision de ce genre de films avec appétit. Ici, les cuisiniers font l’éloge de la simplicité. On n’est plus dans les grands plats. L’affrontement final se fait entre Vaness Wu et Lam Tze-chung, avec la participation de vrais cuisiniers dans les rôles des jurés. On s’y bat aussi beaucoup. Jolie baston dans un magasin de légumes entre Fan Siu-wong, Vaness Wu, Ai Kago et quelques policiers. Bruce Leung et Sammo Hung se font un petit combat. C’est toujours agréable à voir.


Kung fu chefs (功夫廚神, Hong Kong – Chine, 2008) Un film de Yip Wing-kin avec Sammo Hung, Vanness Wu, Cherrie Ying, Ai Kago, Timmy Hung, Lam Tze-chung, Fan Siu-wong, Bruce Leung, Wu Jianfei, Cherry Cao, Fung Guk, Lee Hoi-sang, Simon Yu, May Huang, Wong Wing-chee, Liao Zhirong.

jeudi 6 août 2009

Sorties à Hong Kong (août 2009)

On his majesty's secret service (大內密探靈靈狗)

Un film de Wong Jing avec Louis Koo, Sandra Ng, Barbie Hsu, Louis Fan, Lam Tze-chung, Law Kar-ying, Lee Kin-yan, Lee Man-kwan, Leung Ka-yan, Natalie Meng, Jia Song, Dawei Tong, Yuen King-tan. 98 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie : 6 août 2009.








mardi 11 novembre 2008

The Luckiest man



Lam Tze-chung est un des acteurs les plus sympathiques du cinéma de Hong Kong. Le gentil gros a fait le succès des derniers films de Stephen Chow et je lui en suis éternellement reconnaissant. Après un premier long métrage produit par Andy Lau en 2006 (I’ll call you, que je n’ai pas vu), voici The Luckiest man, une gentille comédie comme je les aime.

L’homme très chanceux dont il est question dans le titre est Ho Bee-fat (Nat Chan). Il a eu de la chance aux jeux et a été l’un des plus grands patrons des salles de mah-jong. Il dit n’avoir pas voulu aller à Macao construire des casinos mais plutôt utiliser la culture ludique traditionnelle. Monsieur Ho a été marié trois fois et a eu trois enfants. Il a maintenant 70 ans et doit penser à son héritage. Enfin ce sont plus ses épouses et ses rejetons qui y pensent. Lui est malade, il est parfois dans un fauteuil roulant quand il est trop fatigué et c’est son majordome et secrétaire qui prend soin de lui (c’est Lam Tze-chung qui fait ce rôle secondaire).

La vénalité de sa famille le dégoûte et il se rappelle qu’il a autrefois aimé une femme Michelle et il veut la retrouver. Devant sa tombe il rencontre Fei (Bosco Wong, un acteur de télé qui a ici son premier rôle). Fei est le fils de Michelle et Monsieur Ho en conclue très vite qu’il est son père. Bien entendu, car on est dans une comédie, la famille va tout mettre pour éloigner ce nouveau venu qui risque de prendre le pognon. On le loge dans le débarras, on met de la colle à la place du gel douche et d’autres petites vacheries destinées à faire rire.

Enfin on sourit plus qu’on ne rit aux éclats. Mais ça n’est pas grave. Il y a quelques gags qui fonctionnent parfaitement bien qu’ils ne soient pas très neufs. Des regards caméra des acteurs et des clins d’œil, un personnage surgit de nulle part mais il savait qu’il devait arriver maintenant parce qu’il a lu le scénario. Pas mal de gags visuels, comme les bijoux des épouses qui s’éblouissent l’une l’autre et qui les empêchent de jouer au mah-jong. Et puis ensuite le scénario va vers l’affrontement entre les trois fils qui chacun doit mener la meilleure boîte de mah-jong.

Lam Tze-chung cherche à retrouver la facture des comédies des années 1990 qui se situaient entre Wong Jing et Stephen Chow. Et d’une certaine manière, il a plutôt réussi. The Luckiest man pourrait être une comédie du Nouvel An Lunaire s’il y avait au casting de vraies stars. Ni Nat Chan (qui abandonne un peu son cabotinage, c’est une bonne nouvelle), ni Bosco Wong ne sont autre chose que des acteurs de série B. Il y a bien Cheung Tat-ming, mais dans un tout petit rôle et encore en trio avec Vincent Kok et Tin Kai-man, deux acteurs de l’écurie Stephen Chow. Tout comme Yuen Qiu (la première épouse) et Chan Kwok-kwan (un fils adepte du death metal).

Le film se termine avec un gros, gros, gros message : la famille c’est tout ce qui compte. Tout le monde se réconcilie, car le père de famille résout tous les problèmes. Enfin, c’est parfois drôle sauf quand ils évoquent Edison Chen et ses histoires de cul ou quand ils parodient Prison Break. Sinon, le film est à l’image de Lam Tze-chung : sympa.

The Luckiest man (大四喜, Hong Kong, 2008) Un film de Lam Tze-chung avec Nat Chan, Bosco Wong, Yuen Qiu, Monica Chat, Pinky Cheung, Lam Tze-chung, Chan Kwok-kwan, Timmy Hung, Deng Siyi, Joe Cheng, Cheung Tat-ming, Tin Kai-man, Vincent Kok, Samuel Pang, Viann Leung, Lee Feung.

dimanche 9 novembre 2008

Love is a many stupid thing


Ce qu’il y a de formidable dans les parodies, c’est que l’on peut y mettre absolument n’importe quoi et son contraire. C’est ce qui rend le genre assez monstrueux. Surtout quand Wong Jing s’en mêle et qu’il utilise le fond de commerce des Infernal affairs pour faire le scénario de Love is a many stupid thing. Le titre chinois peut se traduire par « la chasse aux filles bien roulées », ce qui en dit déjà plus long que le titre anglais.


Donc, le scénario de la trilogie d’Andrew Lau et Alan Mak est recopié avec beaucoup d’application. Wong Jing va jusqu’à donner à Eric Tsang le même personnage. Du coup, on a l’étrange impression d’être dans une mise en abyme. Tsang se parodie et il se moque de son propre travail. Chapman To reprend le rôle de Shawn Yue (c’est-à-dire de Tony Leung Chiu-wai jeune recrue), or Shawn Yue joue dans le film le personnage qu’interprétait Chapman To. Mais Lam Tze-chung joue un personnage qui ressemble à celui de Chapman To. On redistribue les cartes. Et encrore quoi ? Nat Chan reprend le rôle d’Anthony Wong. Raymond Wong Ho-yin reprend le personnage d’Andy Lau. Quant à Tony Ho, comme dans Infernal affairs, il est un gangster. Mais un gangster gay qui cherche à choper Raymond Wong Ho-yin. Voilà, personne n’est obligé d’avoir vu la trilogie en entier ou en morceaux pour aimer ou pas Love is a many stupid thing, mais ça aide à voir où est censé être l’humour.


Une comédie de Wong Jing ne serait rien sans les filles. Là, elles sont cinq, évidemment toutes sublimes. Elles sont censées être attirées par le trio To, Lam et Yue, ce qui en dit long sur les intentions du cinéaste. Il s’agit bien d’affoler les spectateurs mâles de base. Pourquoi pas, certes mais l’humour d’en dessous de la ceinture demande une certaine subtilité. Alors quand les garçons se déguisent en filles et parodient Satreelex, on tombe dans le graveleux à la limite de l’homophobie. Bref, tout cela est très bas de plafond, mais qui suis-je pour juger ?


Love is a many stupid thing (精裝追女仔2004, Hong Kong, 2004) Un film de Wong Jing avec Shawn Yue, Chapman To, Lam Tze-chung, Eric Tsang, Raymond Wong Ho-yin, Nat Chan, Race Wong (2R), Rosanne Wong (2R), Belinda Hamnett, Teresa Mak, Iris Wang, Candice Yu, Miu Kiu-wai, Max Mok, Tong Chun-yip, Cheung Kwok-keung, Feng Tsui-fan, Jerry Lamb, Matt Chow, Tony Ho, Angie Cheong, Zuki Lee, Teresa Li, Shirley Hung, Gobby Wong, Eddie Pang (EO2), Carmen Yeung.

jeudi 4 septembre 2008

Sorties à Hong Kong (septembre 2008)

The Luckiest man (大四喜)
Un film de Lam Tze-chung avec Nat Chan, Lam Tze-chung, Yuen Qiu, Ronald Cheng, Bosco Wong, Cheung Tat-ming, Monica Chan, Pinky Cheung. 88 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 4 septembre 2008.





Rule #1 : there are no ghosts (第一誡)
Un film de Kelvin Tong avec Ekin Cheng, Shawn Yue, Stephanie Che, Fiona Xie. 88 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 4 septembre 2008.




A decade of love (十分.鍾情)
Un film à sketches de Bryan Chang, Chan Wing-chiu, Chung Kai-cheung, Aubrey Lam, Lam Wah-chuen, Lee Kung-lok, Marco Mak, Szeto Kam-yuen, Wong Ching-po, Yeung Yat-tak, Yuen Toe avec Tse Kwan-ho, Crystal Tin, Glen Chin, Tony Ho, Alannah Ong, Deep Ng, Louise Lee, Leo Lee, Eva Lai, Chan Wing-chiu, Gladys Fung, Race Wong, Jones Xu, Zac Kao, Wong Yau-nam, Belinda Hamnett, Angel Ho, Joe Cheung, Mandy Chiang, Cheung Tak-kwok, May Tse, Christy Chan, Joseph Cohen, Jozev, Elphonso Lam, Carl Ng, Amanda Strang, Ana R., Cheung Tat-ming, Richard Ng, Fanny, Liu Kai-chi, Stephen Au, Zhao Chen-yi, Josie Ho, Steven Cheung. 108 minutes. Classé Catégorie I. Sortie : 4 septembre 2008.



jeudi 29 mai 2008

Sorties à Hong Kong (mai 2008)

The Moss (青苔)

Un film de Derek Kwok avec Shawn Yue, Bonnie Sin, Fan Siu-wong, Siu Yam-yam, Liu Kai-chi. 94 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 29 mai 2008.





Shaolin girl (少林少女)

Un film de Katsuyuki Motohiro (Japon – Hong Kong) avec Yohsuke Eguchi, Kitty Zhang, Lam Tze-chung, Tin Kai-man, Kou Shibasaki. 107 minutes. Classé Catégorie II. Sortie : 29 mai 2008.


mercredi 7 mai 2008

Les personnages de CJ7 de Stephen Chow

CJ7 devrait sortir dans deux mois en France. J'avais envie de revenir sur les personnages principaux du dernier film de Stephen Chow.

Dicky, le fils (Xu Jiao)


Ti, le père (Stephen Chow)


Ti et son fils avant la rencontre avec la créature


Le patron de Ti (Lam Tze-chung)


L’institutrice Mademoiselle Yuen (Kitty Zhang) et le fort peu aimable professeur Monsieur Cao (Lee Sheung-ching)


Le prof de gym (Fung Min-hun)


Johnny, le camarade de classe de Dicky (Huang Lei)


Fanny, l’amoureuse de Dicky (Hu Qian-lin)


La petite fille géante (Han Yong-hua) et la bande à Johnny


L’enfant géant (Yao Wen-xue)


CJ7 en train d’être créée


CJ7, la créature (elle-même)


La maison de Ti et Dicky

dimanche 24 février 2008

Dance of a dream


Avant sa trilogie Infernal affairs, Andrew Lau a tourné seul, sans Alan Mak, une comédie romantique. Et quand je dis romantique, je veux vraiment dire romantique. Ça veut dire fleur bleue, à l’eau de rose, love-love, cucul la praline. Dance of a dream est l’histoire entre un homme, Andy Lau, et deux femmes, Anita Mui et Sandra Ng. Et bien moi, j’aime ce film.

Andy Lau est professeur de danse. Il enseigne le tango, le cha cha, la rumba. Il doit se produire lors d’une réception qu’organise Anita Mui. C’est une femme d’affaires très riche, mais très froide. Sa rigidité est connue de tous. Son petit frère (Edison Chen) tente de lui redonner le sourire. Pour cela, contre une forte somme, il va engager Andy Lau pour qu’il lui donne des cours de danse. Lui et son associé (Lam Ka-tung) n’hésitent pas une seconde. Son cours de danse n’est pas florissant, tous ses élèves sont assez nuls.

Dans la réception donnée par Anita Mui, se trouve Sandra Ng. L’actrice comique incarne l’inverse du personnage d’Anita Mui. Sandra est au service, elle apporte les boissons aux invités mais elle tombe en admiration devant les danses qu’exécute Andy Lau. Elle va vite s’inscrire à son cours. Sans le sou, elle n’a même pas de quoi s’acheter des chaussures et de payer les leçons. Elle fera donc le ménage gratuitement pour Andy Lau. Il y a donc dans Dance of a dream des rapports de classe qui s’établissent entre les personnages. Les rapports d’argent se mêlent aux sentiments et risquent de ne pas dévoiler la sincérité des protagonistes.

Anita Mui est nulle. Elle ne sait pas danser, mais son professeur la flatte. Il a besoin d’argent, il doit éponger ses dettes. L’assistante d’Anita remarque les réflexions d’Andy, elle en parle à sa patronne. Anita laisse couler. Elle n’est pas dupe. Mais, elle croit pouvoir acheter Andy. Il veut garder sa dignité.

Sandra va donc prendre des cours avec la troupe des pieds gauches : Lam Tze-chung, Ronald Cheng, Cherrie Yin. Ils sont assez nuls en danse mais ils s’amusent tous comme des fous ensemble. Ce sont certainement les scènes les plus drôles du film. Sandra se donne comme mission de dérider Anita. Dur défi. La belle est vraiment coincée et snob. Sandra l’invite à une fête en l’honneur d’Andy. Là enfin, elle va se décoincer. Elle va comprendre que sa solitude volontaire n’a aucun sens. Elle va s’amuser au plus grand bonheur de son petit frère.

La transformation a lieu au milieu du film au cours de la scène de barbecue. Elle commence dans un bar où Lam Ka-teung imite Jackie Cheung. Puis Andy Lau chante une chanson très populaire ("风继续吹", un des plus grands tubes de Leslie Cheung, qui date de 1983). Il est très probable que la star de canto-pop ne devait pas être au courant, que la scène est improvisée. La scène est d’une drôlerie incroyable et d’une intense émotion. Enfin Anita se met à sourire et Sandra, assise à côté d’elle, rayonne également. Là, on comprend qu’elle est en train de tomber amoureuse d’Andy. Et tout le monde, le comprend en même temps. Tous sauf Andy Lau qui feint d’ignorer l’attrait qu’il exerce sur les femmes.

Changement de décor pour cette scène où l’on se révèle. Le barbecue en lui-même. Toute la troupe des danseurs se met à interpréter une chanson de Cha cha cha, comme dans une comédie musicale. Cela donne un tour poétique et ludique au film, d’autant que l’on ne s’y attendait pas. Anita et Sandra s’habillent en garçons, les autres ont déjà commencé à chanter et à danser, elles viennent se mêler aux autres. Tous les acteurs chantent avec leur vraie voix, parfois faux, mais peut importe. Un pur moment de bonheur.

A partir de ce moment, les deux personnages sont à égalité. Anita est rentrée dans le monde de Sandra, dans un monde modeste mais heureux. Elle va enfin s’amuser avec ses nouveaux amis. Il va s’agir pour Sandra de devenir une dame, à l’égale d’Anita. Elle va devoir séduire Andy avec ses propres charmes, mais aussi en apprenant à danser parfaitement et à se rendre belle. On sait que Sandra n’est pas la plus grande beauté du cinéma de Hong Kong, c’est donc montré comme une gageure dans le film.

Inutile de le préciser, mais tous les acteurs, toutes les actrices sont géniaux. Tout concourt à donner à Dance of a dream un plaisir fou. Il faut être cynique pour ne pas aimer ça, pour ne pas verser une petite larme lors de la scène finale. J’adore Dance of a dream.

Dance of a dream (爱君如梦, Hong Kong, 2001) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Anita Mui, Sandra Ng, Edison Chen, Lam Ka-tung, Lam Tze-chung, Cherrie Yin, Ronald Cheng. Suzanne Chung

samedi 23 février 2008

CJ7


Il aura fallu trois ans à Stephen Chow pour faire un nouveau film. Trois ans pour faire oublier au public Crazy kung-fu (tâche difficile). Plutôt que de produire confortablement une suite à son film, Stephen Chow est allé vers d’autres histoires. Trois ans sans lui, cela veut dire aussi sans apparaître dans un aucun film réalisé par d’autres et prendre le risque de décevoir. Son aura actuelle lui permet d’espérer un succès énorme pour CJ7. Le film a déjà rassemblé, rien qu’à Hong Kong, plus de six millions de spectateurs.

Sans doute faut-il commencer par dire ce que CJ7 n’est pas. Chow renonce au burlesque nonsensique qui a fait sa gloire. Cela risque de décevoir ses fans occidentaux qui ne verraient en lui qu’un bouffon au comique irrésistible. CJ7 n’est pas non plus un remake cantonais de Flubber ou de ET. De plus, Chow n’apparaît pas dans CJ7 autant que dans ses films précédents. Comme si la star voulait désormais se consacrer essentiellement à la réalisation. Déjà cette tendance était visible dans Crazy kung-fu. Bref, Stephen Chow a choisi de ne pas faire du neuf avec du vieux. Le film est plus sombre que d’habitude, même si certains de ses films montraient sa part sombre.

Ti (Stephen Chow, qui joue pour la première fois un rôle de père) élève seul son jeune fils Dicky (Xu Jiao, une gamine de Chine, le rôle est paradoxalement tenue par une fille). Ti veut donner une belle éducation à son fils. Il va donc dans une école pour gosses de riche. Ti est très pauvre. Tout ce qu’il gagne va dans l’éducation de Dicky. Ti travaille dans un chantier, son patron (Lam Tze-chung, qui n’est présent que dans deux séquences) le traite comme un chien et le pousse à en faire toujours plus. Ti et Dicky habitent dans une maison délabrée (presque autant que celle de la famille de Charlie et la chocolaterie). Rien ne semble tenir debout. Ils n’ont bien sûr pas la climatisation et quand le père ramène un ventilateur, il ne fonctionne pas. Pauvreté extrême qui affecte Dicky : son uniforme d’élève est sale parce que sa maison n’est que gravas.

Dicky est le souffre-douleur de son professeur (Lee Sheung-ching) qui ne lui pardonne rien et surtout pas sa classe sociale. L’enfant est aussi constamment embêté par ses camarades d’école, tous plus riches et qui eux peuvent avoir les jouets qu’ils veulent. Ti ne peut rien offrir à son fils si ce n’est sa morale, ses valeurs et son amour paternel. Dicky veut un jouet, dans le magasin le vendeur les prend pour des voleurs. Le petit pleure. Ti va donc faire les poubelles pour trouver un cadeau et il tombe sur une sorte de ballon de foot-ball qu’il lui apporte.

Ce ballon n’en est pas un. C’est le CJ7 (cela évoque à la fois un jouet électronique et la rivière Yang Tsé) et c’est un extra-terrestre. Ti ne s’en aperçoit pas. Pourtant un reportage à la télé montrait dans la journée qu’un quidam disait avoir vu un OVNI. Le CJ7 va commencer à s’animer par la grâce des effets spéciaux (réussis par ailleurs). Dicky, d’abord effrayé, va apprivoiser la chose. L’extra-terrestre est un droïde, une adorable boule de poils blanc sur un minuscule corps vert comme de la gelée qui aime se faire caresser comme un toutou. Il va vite comprendre les possibilités du CJ7 et imaginer l’aide qu’il pourrait lui donner pour réussir à l’école.

Dicky n’est pas un brillant élève et le CJ7 va lui inventer des lunettes qui permettent de voir les copies de ses voisins, des chaussures qui lui offrent la force d’un surhomme. Mais entre le rêve et la réalité, il y a une grande différence. Le CJ7 n’a pas de tels pouvoirs et Dicky s’en débarrassera après l’avoir salement amoché. Mais le CJ7 se régénère et retourne dans le taudis de Ti. Dicky est tout content et fier d’amener son joujou à l’école mais c’est sans compter sur la méchanceté de ses camarades de classe.

Stephen Chow dans ses deux derniers films montrait deux groupes qui s’affrontaient. Les diverses équipes de foot-ball dans Shaolin soccer, les pauvres contre le gang des haches dans Crazy kung-fu. Dans CJ7, c’est un peu différent puisque Dicky est contre ses camarades de classe. Mais Stephen Chow ne fait rien comme tout le monde. Dans la classe se trouve une élève à la taille gigantesque mais à la voix d’enfant. Son affection pour les « monstres » est toujours vivace. Cette enfant géante, contrepoint idéal mais à peine humain du droïde, va défendre Dicky dans une courte scène de combat.

CJ7 n’est pas qu’un mélodrame, il évoque évidemment le néo-réalisme italien dans certaines scènes (Le Voleur de bicyclette) comme Crazy kung-fu rappelait Affreux sales et méchants. Les scènes sont comiques sont encore présentes, mais en moins grand nombre. Parfois facile (le CJ7 fait caca dans la main de Dicky), parfois visuel et sonore (la géante et sa voix), l’humour arrive toujours au milieu du drame sans crier gare. Les scènes les plus drôles sont celles entre l’enfant et Stephen Chow. Paradoxalement, cet humour verbal est méchant, le personnage de Monsieur Ti n’est pas très aimable parce que trop vertueux.

CJ7 est court, son récit est ramassé, son scénario basique. Il ne faut pas y voir une crise d’inspiration de la part de Stephen Chow. Sans doute, il ne s’est jamais autant livré que dans ce film où il semble raconter sa propre enfance. Le film se situe sur les lieux mêmes de son enfance. D’ailleurs, il n’y a que deux décors : la maison délabrée et l’école qui s’opposent par leurs aspects. On sait que Chow est issu d’une famille très pauvre. Tout le film peut être vu de manière strictement onirique comme si cet enfant c’était lui et qu’il imaginait ce que serait sa vie si une créature tombée du ciel allait à sa rencontre et l’aider à grandir. CJ7 est un film sur l’imaginaire débridé d’un enfant qui n’a jamais voulu grandir, et qui, une fois adulte, n’a jamais cessé de jouer comme un enfant.

CJ7 (長江7號, Hong Kong – Chine, 2008) Un film de Stephen Chow avec Stephen Chow, Xu Jiao, Kitty Zhang, Lee Sheung-ching, Fun Min-hun, Huang Lee, Yao Wenxue, Han Yong-wua, Lam Tze-chung, Hu Qianlin.