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vendredi 3 janvier 2014

Unbeatable


Macao, terre des exclus de la société. Ching Fai (Nick Cheung) est un ancien boxeur criblé de dettes. Ses créanciers brûlent le taxi qui lui servait d’outil de travail et de domicile. Il quitte Hong Kong pour Macao où son ancien coach (Patrick Keung) accepte de l’embaucher malgré leur lourd passé : Fai s’était couché lors de ses matchs pour empocher de l’argent sur les paris. Son nouveau boulot : coach d’aérobic pour vieilles dames. Pas franchement la joie pour lui.

Fai a trouvé une petite chambre à louer dans l’appartement de Gwen (Mei Ting) qui vit avec sa fillette Dani (Crystal Lee). Gwen a subi un lourd traumatisme. Son mari l’a quitté quatre ans auparavant, elle est tombée dans l’alcool et son fils s’est noyé dans la baignoire. Depuis, elle s’est repliée sur elle-même. Dani, fillette énergique, dirige la maison, posant des post-it partout, donnant à Fai le règlement de la maison. Le grand boxeur face à la gamine n’en mène pas large.

Dans la salle d’entrainement de son ancien coach, Fai fait la connaissance de Lin Si Qi (Eddie Peng). Gosse de riche, il apprend que son père (Jack Kao) a fait faillite après de mauvais investissements. Lin veut l’aider à se renflouer. Il trouve un travail physiquement épuisant mais l’espoir renaît quand un championnat de MMA (lutte libre) promet un prix de 2,7 millions de dollars. Il doit s’entrainer à combattre. Il ne connait rien à la boxe et demande à Ching Fai de devenir son maître. Après quelques hésitations, il accepte.

Le passé hante les trois personnages, parfaits anti-héros, losers magnifiques de Unbeatable. Ils vont devoir se tourner vers le futur avec comme doctrine lancée pendant tout le film par Dante Lam : quand on veut on peut. Ching Fai va aider ses nouveaux amis. D’un côté, apprendre à Gwen à vivre normalement, à sortir de son autisme, avec l’aide de Dani. Gwen ne supporte aucun bruit, s’enferme dans son monde dès qu’un orage approche. Seul le conte des trois petits cochons, que Dani mime avec Fai, lui donne le sourire.

Dans la salle de boxe, Lin commence à apprendre à suer, à s’entrainer sans relâche. Il soulève de la fonte, pousse des pneus, fait des pompes, durcit ses mains, gonfle ses biceps et ses abdos. Lin Si Qi se considère comme le disciple de Fai, comme dans un film de kung-fu. Eddie Peng, tout comme Nick Cheung, se sont largement musclés pour leurs rôles. Le cinéaste filme au plus près ces corps dans un montage ultra rapide. Pourtant personne ne croit à la victoire du jeune homme, le coach de Ching Fai estime qu’il se fera éliminer dès le premier tour.

La première heure du film appréhende tous les problèmes du film, la deuxième tente de les résoudre, parfois en tombant dans un sentimentalisme appuyé. Mais l’énergie des acteurs (Crystal Lee qui joue la gamine, mais surtout Eddie Peng), quelques pointes d’humour (les élèves de l’aérobic) parviennent à maintenir l’intérêt pour les personnages. Et puis, il y a les combats de free fight qui sont les moments de bravoure attendus comme on attend ceux dans les films de kung-fu. Les deux derniers avec Andy On en adversaire sont particulièrement rudes et superbement chorégraphiés. On a très mal pour les acteurs.

Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Michelle Lo, Liu Geng-hong.

mardi 20 août 2013

Love


Un plan séquence de douze minutes ouvre Love, troisième film de Doze Niu. La caméra part des toilettes où Li (Ivy Chen) regarde un test de grossesse. Li sort dans le parc rejoindre Kai (Eddie Peng) qui quitte les lieux dès que Ni (Amber Kuo), sa petite amie arrive. Kai prend son vélo, manque de rentrer dans la voiture de Na (Mark Chao). Ce dernier se rend à l’hôtel rejoindre Zoe (Shu Qi) où il croise Jin (Vicky Chao) dans l’ascenseur. Zoe a commandé du champagne et c’est Kuan (Ethan Ruan), le garçon d’étage, qui l’apporte dans la chambre. Elle profite de son arrivée pour quitter l’hôtel et retrouver son fiancé Lu (Doze Niu) et partir en voiture.

Outre la fluidité de cette ouverture (aidée par quelques effets numériques pour joindre certaines scènes du plan séquence), la première information donnée est que le film va être choral, qu’il va être composé d’un grand nombre de personnages et, bien évidemment, qu’il va parler d’amour. Les premiers indices scénaristiques sont là (des adultères, une grosses non désirée) mais c’est plutôt le milieu social qui intéresse. Assez vite, on distingue les gens très fortunés et ceux qui le sont moins. Il reste alors à Doze Niu de redistribuer les cartes des personnages et lancer son récit foisonnant pendant plus de deux heures.

Les liens familiaux unissent plusieurs personnages. Lu, riche homme d’affaires, est le père de Ni. Elle sort avec Kai qui a couché avec Li, la meilleure amie de Ni. Pour l’instant, elle n’a pas dit à son amie qu’elle est enceinte mais le confesse à son frère Kuan, qui souffre de bégaiement. Kuan et Li habitent chez leurs parents, deux simples restaurateurs. Kai doit reconnaitre son adultère mais affirme qu’il est toujours amoureux de Ni. C’est la rupture d’amitié entre les deux jeunes filles. Li veut avorter mais son frère la convainc de garder l’enfant.

Kuan rencontre par le plus grands des hasards Zoe dans la rue. Il la prend en photo parce qu’elle est une célébrité. Ils se reverront plus tard. Zoe aime le calme du jeune homme au mode de vie totalement opposé de celui de Zoe et Lu. Autre enfant très important dans Love, celui de Jin, le petit Lin Mu-ran (Lin Mu-ran). Jin habite à Pékin, elle vend des maisons et Na est un de ses clients potentiels. Ils se disputent dès leur première rencontre mais le garçonnet va les rapprocher. L’enfant s’est persuadé que Na est son père venu pour son anniversaire. Ils vont devoir jouer au couple idéal.

Comme son titre l’indique bien, Love fait la part belle aux histoires d’amour, surtout si elles sont contrariés par les circonstances, si les amis se disputent, si les classes sociales sont différentes. On passe d’un personnage à un autre tout au long du récit et chaque petite histoire, chaque partie du puzzle, donne un nouveau point de vue à l’ensemble. Le film est essentiellement composé de dialogues plutôt fins, ce qui est rare dans les comédies romantiques. Comme le dit le père de Ni et Kuan à sa femme « on va discuter calmement, on n’est pas dans un soap opéra ».

Le film n’est pas dépourvu d’humour. On rit rarement aux éclats mais on sourit souvent. Le personnage le plus amusant est Ting, le flic de Pékin (Wang Jing-chun), qui intervient régulièrement entre Na et Jin, d’abord pour les séparer puis pour les rapprocher. Les scènes comiques interagissent avec les scènes d’émotion avec beaucoup de douceur et de décence. Le changement de ton dans une séquence est fréquent (le plongeon dans les égouts de Kai, l’attaque de Kuan par Lu, par exemple). Le réalisateur Doze Niu a eu la bonne idée de ne pas donner à l’acteur Doze Niu une part plus importante qu’aux autres acteurs et actrices (tous excellents) mais son personnage est la colonne vertébrale du film, le seul personnage qui a un rapport avec tous les autres.

Love (愛 Love, Taïwan, 2012) Un film de Doze Niu avec Vicki Zhao, Mark Chao, Shu Qi, Doze Niu, Ivy Chen, Ethan Ruan, Eddie Peng, Amber Kuo, Lung Siu-wa, Yu Mei-ren, Wang Jing-chun, Lin Mu-ran, Siu Yau.

jeudi 15 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) Unbeatable


Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013)
Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Li Fei-er, Michelle Lo, Liu Geng-hong. 116 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 15 août 2013.

lundi 1 juillet 2013

Tai chi zero


Concilier l'ancien et le nouveau est l'ambition de Tai chi zero, premier volet du diptyque conçu par Stephen Chow et qui sort cette semaine en dvd chez Wild Side. La deuxième partie, Tai chi hero sortira fin août. L'ancien, c'est cette relecture actuelle de l'histoire de la Chine et de ses personnages emblématique (Ip Man vu au cinéma cinq fois, Chen Zhen, Qiu Jin) et désormais Lu-chan, le développeur de la technique du tai-chi. Il faut d'abord signaler que Tai chi zero n'est pas le remake de Tai chi master de Yuen Woo-ping avec Jet Li. En revanche, on peut constater qu'au début des années 1990, Hong Kong, juste avant la rétrocession revenait aussi sur l'histoire de certains de ces héros, Chen Zhen encore dans Fist of legend, Fong Sai-yuk et Wong Fei-hong dans les Il était une fois en Chine. Il est intéressant de voir que régulièrement le cinéma de Hong Kong et de Chine a besoin de se tourner sur son passé et récrire la légende de ses héros.

L'ouverture du film se fait en plusieurs temps. D'abord, une représentation de l'époque (dynastie Qing finissante, 19ème siècle), où Lu-chan (Jayden Huan) est l'un des soldats engagés dans une bataille de la guerre des clans. L'homme est pourvu d'une corne sur le front que son chef frappe et qui découple ses forces mais l'épuise physiquement. Puis, on continue avec un court flashback sur la naissance et l'enfance du personnage où Shu Qi incarne sa mère. Ce flashback est construit comme un film muet en noir et blanc, avec intertitres qui reprennent les dialogues. Puis, enfin le générique d'ouverture mêlant animation et prise de vues réelles avec Lu-chan adulte qui se rend au village de Chenjiagou. Comme dans un vieux Shaw Brothers, chaque acteur est présenté avec son nom et son personnage inscrit sur l'écran avec, cette fois, une indication aux plus jeunes spectateurs (Fung Hak-on « ancien cascadeur de Jackie Chan » par exemple).

L'idée de la distribution est de mêler jeunes et anciens acteurs. Les anciens : Bruce Leung, le méchant de Crazy kung-fu, film auquel on pense beaucoup, dans une courte apparition. Hung Yan-yan, le Pied-bot des Il était une fois en Chine, ici dans le court rôle du gardien du village des Chen. Car, tout le monde ne peut pas rentrer dans ce village et Lu-chan (incarné par un jeune champion olympique de kung-fu) doit passer quelques obstacles, dont l'ultime sera d'affronter Chen Yu-niang (Angelababy), la fille du chef du village. Plutôt que d'inscrire l'affrontement dans les dialogues, l'une des belles idées du film, à la fois ludique et didactique, est de montrer les mouvements de l'art martial visuellement, en décrivant avec des cercles, mots et flèches. Montrer ainsi la chorégraphie des combats de Sammo Hung est une nouveauté et affirme la volonté d'authenticité en appuyant sur l'aspect cartoonesque des scènes. Lu-chan rencontre alors un vieil artisan (Tony Leung Ka-fai) qui lui conseille d'imiter les gestes des adversaires. Cet homme, mystérieux, que l'on voit grimper obliquement les murs, est en fait le chef du village Chen.

Lu-chan est d'abord un homme innocent et naïf et surtout pas très malin (on a vite compris que l'artisan est le chef Chen) mais il apprend vite. Il affronte la belle Yu-niang par les arts martiaux, mais pour cette dernière, la rencontre avec Lu-chan lui permet un retour aux sources. Tout comme le personnage de Rosamund Kwan dans Il était une fois en Chine, Yu-niang est passionnée par les avancées technologiques occidentales. Passion qu'elle fait découvrir aux villageois (elle leur sert du café, elle allume des lampes, elle fait écouter un phonographe) et qu'elle partage avec Fang Zi-jing (Eddie Peng, acteur taïwanais, ce qui permet de réunir dans un même film des acteurs des trois Chine), son fiancé. L'une des répliques amusantes est sortie par un vieux paysan qui se demande pourquoi le jeune s'est mis un crachoir sur la tête en parlant de son chapeau haut de forme. Zi-jing est mandaté par le gouvernement impérial pour faire passer le train (la Chine commence à développer se chemins de fer) au milieu du village.

Ce qui est plaisant dans cette grosse machine commerciale qu'est Tai chi zero (et on imagine sa deuxième partie) est que précisément Stephen Fung tire les leçons des réussites passées pour faire de son film un habile mélange de nouveauté visuelle tout en rendant hommage au films d'arts martiaux anciens de la Shaw Brothers à Tsui Hark. Il réussit, à l'instar de Stephen Chow avec ses propres films, à combiner différents niveaux de comédie : gags visuels, humour qui joue sur les situations et les quiproquos, dialogues comiques ; et à alterner ces moments de comédie avec des enjeux dramatiques moins intéressants et peu développés. Le personnage de Zi-jing ne sait pas s'il doit obéir aveuglément à son chef et sacrifier son amour pour Yu-niang. L'arrivée de Claire (Mandy Lieu), femme au fort tempérament élevée à Londres va pousser Zi-jing a affronter les Chen, qui le méprisaient, avec la machine infernale conçue par les occidentaux. C'est une métaphore aucunement déguisée du cinéma hollywoodien désormais en concurrence avec justement des films de la trempe du diptyque. Tai chi zero parvient suffisamment à remplir son cahier des charges, à satisfaire ses ambitions et à divertir pendant 90 minutes pour donner envie de voir comment Lu-chan inventera dans Tai chi hero son art martial intérieur.

Tai chi zero (太極1:從零開始, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Jayden Yuan, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Andrew Lau.

jeudi 14 mars 2013

Cold war


Un attentat a lieu au beau milieu du quartier de Mongkok dans le cinéma Broadway Circuit. La police est en alerte. Ailleurs, sur l’autoroute, un homme alcoolisé roule à toute vitesse. Cold war démarre sur les chapeaux de roue avec une scène rapide et inspirée, ce qui en cette période de vache maigre est très agréable. Rien à voir entre les deux faits si ce n’est que les cinq policiers, venus arrêter le chauffard, vont être enlevés par des terroristes masqués. Le commissaire en chef (Michael Wong, qui comme à son habitude parle anglais mais qui par chance vient juste faire une courte apparition) est absent. Il confie les rênes de l’enquête à ses deux divisionnaires : Sean Lau (Aaron Kwok), responsable du personnel, et MB Lee (Tony Leung Ka-fai), responsable des opérations. C’est ce dernier qui chapeaute le tout et décide de d’appeler l’opération « Cold war ». Une cellule de crise se met en place dans les locaux immenses et glaciaux des quartiers généraux de la police.

Ce qui impressionne également est le casting pléthorique du film : Lam Ka-tung, Andy On, Charlie Yeung, Terence Yin, Chin Ka-lok et un caméo d’Andy Lau. Chacun a une spécialité dans la police qu’il va utiliser pour tenter de retrouver les flics disparus. Cold war est une course contre la montre où les ravisseurs demandent une rançon. Les policiers sont menés d’un lieu à un autre. La cale d’un bateau est remplie de dynamite. Les matelots sont interrogés avec violence, torturés à l’ancienne par Kwong (Lam Ka-tung) et Shek (Andy On). Un paquet est déposé à la police, il contient un portable pour communiquer avec les bandits. To (Terence Yin), l’informaticien, va tenter de tracer le portable et les GPS des flics enlevés. Le thriller se met en place avec un grand renfort d’effets sonores, la musique tonitruante de Peter Kam appuie chaque moment de suspense et de tension. Quand Vincent (Chin Ka-lok), le fidèle homme de main de Lau meurt sous les balles, sa veuve se crispe de douleur et se met en colère. L’émotion qui devait se dégager de son chagrin ne parvient pas à se créer.

Seulement voilà, la guerre des chefs s’empare de la police. En effet, l’un des policiers enlevés est Joe Lee (Eddie Peng), le fils de MB Lee. Lau estime qu’il a outrepassé ses pouvoirs et qu’il ne peut plus diligenter les investigations. Le film s’engage alors dans de longues scènes de dialogues, ou plutôt d’engueulades entre les deux divisionnaires. Tony Leung Ka-fai est impressionnant avec son crâne rasé et sa barbe. Comme à son habitude, il sait donner du poids à son personnage, élevant la voix avec un regard de fou furieux. Mais le problème réside moins dans le jeu des acteurs (ils sont tous bons) que dans le statisme de ces scènes. Longman Leung et Sunny Luk, qui tournent leur premier film en tant que réalisateurs, ne savent pas comment filmer les dialogues si ce n’est en champ contre-champ des personnages qui parlent entre eux. Le rythme retombe donc fréquemment jusqu’au coup de théâtre suivant qui amène une nouvelle scène d’action.

Une fois les cinq policiers retrouvés, Cold war change de cap avec l’arrivée de deux nouveaux personnages venus mettre leur nez dans toute cette histoire. Mak (Alex Tsui) et Cheung (Aarif Lee) pensent qu’une taupe est responsable de l’enlèvement des cinq policiers. Le film repart donc sur une nouvelle enquête où chaque policier est un suspect en puissance. La tension passe cette fois dans les joutes verbales entre Cheung et les autres, que le jeune policier interroge. Le climax étant l’affrontement avec MB Lee qui, grâce à son sens du discours, parvient à retourner l’interrogatoire en contre-interrogatoire. Evidemment, Tony Leung Ka-fai fait tout le boulot, Aarif Lee fait ce qu’il peut face au talent monstre de son aîné.  Cold war évoque dans cette deuxième partie les luttes de pouvoirs à l’intérieur de la police. MB Lee, comme Lau, veulent la place de chef. Le film, avec son scénario rempli de rebondissements, est malin et, ce qui ne gâche rien, est esthétiquement agréable. Les deux cinéastes lorgnent du côté d’Infernal affairs mais en éludant totalement la vie privée des personnages ce qui les prive d’une complexité psychologique qui aurait permis qu’on se sente plus proches d’eux. Eux aussi veulent la place de chefs du film policier d’action depuis qu’Andrew Lau, parti faire des romances en Chine, a laissé la place vacante.

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012) Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau, Alex Tsui.

jeudi 8 novembre 2012

Sorties à Hong Kong (novembre 2012)

Cold war (寒戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Longman Leung et Sunny Luk avec Aaron Kwok, Tony Leung Ka-fai, Aarif Lee, Eddie Peng, Charlie Young, Terence Yin, Chin Ka-lok, Andy On, Ma Yi-li, Lam Ka-tung, Tony Ho, Andy Lau. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 8 novembre 2012.

jeudi 25 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)

Taichi hero (太極2:英雄崛起, Hong Kong – Chine, 2012)
Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Yuan Xiao-chao, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Yuen Biao, Andrew Lau, Daniel Wu, Patrick Tse, Jimmy Wang Yu. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 25 octobre 2012.

jeudi 4 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)


Taichi 0 (太極1:從零開始, Hong Kong – Chine, 2012)
Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Yuan Xiao-chao, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Yuen Biao, Andrew Lau, Daniel Wu, Patrick Tse, Jimmy Wang Yu. 98 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 4 octobre 2012.

vendredi 10 février 2012

Love you you


Petit à petit, Angelababy (quel pseudonyme !) creuse son sillon dans l’industrie du cinéma de Hong Kong en manque de nouvelles têtes et d’actrices débutantes. Une petite dizaine de films, essentiellement de bons gros films commerciaux, mais où elle parvient à exister. Dans Love you you, elle a pour partenaire Eddie Peng, jeune premier romantique au teint halé, à la chevelure légèrement hirsute (ici, teinte en rouille comme Louis Koo auquel on pense parfois). Comme dans toute comédie romantique (et Love you you balance ses guimauves à chaque mouvement de scénario), le duo va tomber amoureux malgré les obstacles et les contraintes.
Xiami (Angelababy) travaille dans un cabinet d’avocat. Elle peut lire sur les lèvres et cela lui vaut d’être engagé par You JK qui cherche à faire surveiller le gérant d’un hôtel, appelé Love You You Resort, situé sur une petite île de Malaisie. La clientèle principale est des couples qui viennent se marier dans un cadre idyllique et exotique. La plage de sable blanc, la mer limpide, le soleil, tout ça, tout ça. On est placé dès le départ dans les purs clichés romantoc pour gens aisés. You Lele (Eddie Peng) est le directeur de l’hôtel, un jeune homme énergique qui force ses employés à vite aller bosser, à ne pas perdre de temps. Lele met tout le temps la main à la pâte. Avec Xiami, il va aider un couple de clients à se réconcilier. Les arguments qu’ils leur donnent sont aussi caricaturaux que les raisons qui ont poussé ce couple à se disputer juste avant leur mariage.
Jusqu’à présent Xiami voyait Lele de manière peu avenante, mais elle se rend compte que c’est un garçon sympathique. Elle n’a pas encore succombé à son charme et à la force de ses muscles que ses larges débardeurs peinent à cacher. Mais ça viendra. Il reste cependant à Lele à comprendre la jeune femme. Elle a quelques secrets en plus de la mission qu’elle ne peut dévoiler. Le premier est qu’elle a vu précisément autour de cette île ses parents se noyer. Elle en garde des séquelles psychologiques qui l’empêchent de livrer ses émotions. Deuxième secret : elle est somnambule. Cela est censé créer des effets comiques, en vain. Finalement, cela permettra à Lele de se rapprocher d’elle en la liant avec une longue corde à leurs poignets. Et enfin, elle est sourde, ce qui a été dans son enfance une grande souffrance. De son côté, Lele n’est pas exempt de non-dits. C’est un homme très colérique et solitaire. On apprendra aussi que l’homme qui a engagé Xiami est le frère de Lele.
Love you you ne vole pas très haut, on reste aux lieux communs sur l’amour. Tout reste pudibond, jamais un baiser ne sera échangé, jamais personne ne se mettra entre eux, mais on dirait qu’ils font tout pour ne pas chercher à se comprendre, à s’expliquer, à parler calmement. Leur niveau d’incompréhension atteint un tel degré qu’on se demande comment ils ont pu tomber amoureux. D’ailleurs il faudra que Xiami prenne le journal intime de Lele (la seule scène un peu émouvante) pour qu’elle comprenne ses sentiments. Le film se termine sur une ode au rêve libéral quand Lele a enfin pu ouvrir son restaurant dans un quartier luxueux de Pékin parce que l’argent, finalement, résout tout.
Love you you (夏日樂悠悠, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Jingle Ma avec Angelababy, Eddie Peng, Zhu Yuchen, Zhou Yang, Angel He, Alvin Wong, Steve Yap, Bernard Hiew, Karena.

jeudi 13 octobre 2011

Sorties à Hong Kong (octobre 2011)


Love You You (Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Jingle Ma avec Angelababy, Zhou Yang, Zhu Yu-chen, Eddie Peng. 91 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 13 octobre 2011.

mardi 28 juin 2011

Lover's discourse


Lover’s discourse est l’un des plus beaux films sortis ces six derniers mois. Derek Tsang fait ses premiers pas de réalisateur en compagnie de Jimmy Wan sous l’œil bienveillant de Pang Ho-cheung, producteur de cette comédie romantique mais finalement fort peu à l’eau de rose. Derek Tsang s’était exercé dans les films de Pang Ho-cheung en tant qu’acteur notamment dans AV, Jimmy Wan a scénarisé trois films du cinéaste aux styles très différents, Isabella, Exodus et Dream home. Le film semble adopter la forme d’un film à sketches, il sera finalement un film choral.

Le film est lancé par Ray (Eason Chan) qui fend la foule un soir. Il téléphone pour savoir où est son interlocutrice se trouve. Filmé de dos, il avance, se retourne parfois et finalement trouve Lee (Karena Lam). Elle était à deux pas de lui. Ils se connaissent depuis des années, on ne saura pas bien ce qui les unissait. Ils vont se promener, boire quelques verres, ils se rappellent quelques souvenirs. Et au bout d’un moment, ils ne savent plus quoi se dire. Cela se traduit dans le film par un plan séquence fixe où les deux acteurs expriment avec leurs regards gênés, leurs mimiques et leurs passé cinématographiques toute la difficulté qu’ils ont de rester stoïques plutôt que de s’embrasser.

On abandonne Ray et Lee pour découvrir une laverie tenue par Gi (Kay Tse), jeune femme dont les lunettes de vue mangent le visage. Elle bade en attendant son fidèle client Lai (Eddie Peng), joli garçon un peu timide à qui elle demande chaque fois le nom et le téléphone. Dans l’arrière-boutique, elle garde tous les objets qu’il oublie dans ses poches. Et Ray semble amoureuse de lui. Elle s’imagine avec lui dans un vieux film de vampires ou dans une variation des Hauts de Hurlevent. Mais c’est le double en mannequin de magasin qui lui donne la réplique. Elle n’arrivera jamais à lui dire qu’elle l’aime d’autant qu’elle comprend qu’il n’est pas célibataire et qu’il a un ami.

La troisième partie se consacre à Po (Jacky Heung), d’abord dans sa jeunesse puis à l’âge adulte. Dans sa jeunesse, Po est ami avec Lai (ados, ils sont interprétés respectivement par William Chan et Carlos Chan). Régulièrement, il va chez son pote pour regarder le foot. Il se rend compte que le père (Eric Tsang) a une liaison et trompe sa femme (Kit Chan). Po, qui est amoureux de la mère lui révèle la liaison en espérant qu’elle le remerciera en sortant avec lui. Mais cela ne se produit pas. Adulte, Po remarque Lai dans un magasin, c’est ce qui lui rappelle ces souvenirs où il a brisé un couple. L’adultère continuera de l’obséder quand Lee, la copine de Ray, est persuadée que son mec a une liaison avec Kay (Kay Tse). Après des discussions en tchat, ils décident de les suivre pour les espionner.

Ce qui frappe dans Lover’s discourse est le silence qui parcoure tout le film. Les romances du cinéma cantonais sont très bavardes. Derek Tsang et Jimmy Wan s’emploie au contraire à faire de l’absence de dialogues explicatifs sur les rapports amoureux un atout. Tout passe des regards (Lee et Ray se taisent et leurs yeux fixent le vide) ou des non-regards (Gi détourne son regard de Lai filmé souvent de dos). Ces silences sont soutenus par une belle musique mélancolique de Peter Kam. Les chaussures ont une importance cruciale. La pantoufle de la mère de Lai que Po met discrètement sous la table à manger faisant comprendre qu’il est amoureux d’elle et non du fils comme on pouvait le croire. La paire d’escarpins de Lee qui laisse croire qu’elle a une aventure. Sans oublier, le nombre de discussions en marchant que font les personnages. La maîtrise des deux cinéastes est, pour un premier film, notable. Ils ne tombent jamais dans les clichés et offrent une émotion diffuse d’une immense tristesse sur la vie des couples. C’est très prometteur.

Lover’s discourse (戀人絮語, Hong Kong, 2010) Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Karena Lam, Eason Chan, Mavis Fan, Eddie Peng, Kay Tse, Jacky Heung, William Chan, Eric Tsang, Carlos Chan, Kit Chan.

jeudi 6 janvier 2011

Sorties à Hong Kong (janvier 2011)

Lover’s discourse (戀人絮語)

Un film de Derek Tsang et Jimmy Wan avec Karena Lam, Eason Chan, Mavis Fan, Eddie Peng, Kay Tse, Jacky Heung, William Chan, Eric Tsang, Carlos Chan, Kit Chan. 117 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 6 janvier 2011.








The Road less traveled (一路有你)

Un film de Derek Chiu avec Louis Koo, Karen Mok, Eva Huang, Yin Xiaotian, Zhang Yi, Chen Xibei. Catégorie IIA. Sortie : 6 janvier 2011.





lundi 30 mars 2009

All about women


Tsui Hark n’avait pas fait de comédie volontaire depuis Tri-star. J’oublie volontairement les JCVDeries. Ce retour avec All about women va sans doute laisser pas mal de fans déçus au cas où ils attendraient encore un film épique. Depuis plus de dix ans, on espère un film qui tienne à peu près la route et qui soit compréhensible (Time and tide reste toujours un OVNI abscons). Tsui Hark a été l’un des meilleurs cinéastes de comédie de Hong Kong dans les années 1980 jusqu’à son départ pour Hollywood. En même temps, il n’a rien à prouver si ce n’est marcher sur les plates-bandes de Wai Ka-fai.


Trois femmes, trois personnalités différentes, trois célibataires dont le cœur est à prendre. Le film commence avec Ou Fanfan (Zhou Xun), 27 ans, qui travaille dans un centre de radiologie. Elle porte des lunettes sans lesquelles elle ne voit rien et elle a un gros, gros souci avec le contact humain. Elle se raidit dès qu’on la touche. Or elle veut prendre des cours de danse avec un jeune homme qu’elle trouve très à son goût. Mais cette histoire sera morte avant même de débuter. On dira aisément que Fanfan est un frigide. D’ailleurs elle s’habille tout en blanc.


Deuxième personnage à entrer en scène : Miss Tang Lu (Kitty Zhang), 31 ans, bombe sexuelle et businesswoman. Elle bosse dans l’industrie et son fidèle assistant Mo Qiyan (Eddie Peng), portant lunettes et costume, la suit partout. C’est le seul employé à ne pas succomber à son charme. Tous les autres rougissent en la voyant et perdent leurs moyens. Tang Lu n’est plus invitée aux mariages de ses amies de peur qu’elle pique le fiancé. Elle est la croqueuse d’hommes, la femme de pouvoir qui a réussit mais dont l’ambition ne permet pas de trouver un mari.

Enfin, Tie Ling (Kwai Lun-mei), 19 ans est une dure à cuire. Elle fait de la boxe, elle écrit des nouvelles sur internet et elle joue dans un groupe de rock. Elle répète dans un squat artistique. Elle mène une vie de Bohème sans se soucier du lendemain. Elle s’habille avec les fringues qui lui tombent sous la main. C’est une fonceuse et elle rentre dans le lard des mecs mais elle a un problème : elle croit qu’elle parle à X (Godfrey Kao), une star de cantopop. Mais elle a un vrai fan, qui lui existe bel en bien, c’est Mo, l’employé de Tang Lu.

Passée cette présentation où Tsui Hark sait nous rendre attachants ces personnages en mêlant une bonne dose d’humour et d’effets comiques, il reste à trouver une histoire à ces femmes. Elles devront trouver l’âme sœur et ce ne sera pas facile. Fanfan cherche à créer une phéromone qui la rendra attirante auprès des hommes. Et ça marche. Elle rencontre à son travail Xiao-gang (Stephen Fung) et ils couchent ensemble. Mais est-il vraiment amoureux d’elle ou est-ce le résultat des phéromones à base de truffe ? Xiao-gang est le parolier du groupe de rock de Tie Ling et cette idylle perturbe la carrière des musiciens. Autre souci : Tang Lu possède le terrain sur lequel squat les artistes et veut le transformer en usine. Les destins des trois femmes sont désormais liés.

Tsui Hark met les bouchées doubles pour faire fonctionner sa comédie. Il renoue avec son sens inouï du quiproquo qui faisait merveille dans Shanghai blues ou dans Twin dragons. Deux scènes retiennent l’attention. La première est située dans un gala de charité organisé par Tang Lu au profit d’un orphelinat. L’invité d’honneur est un ingénieur (Alex Fong Chung-sun). Une vente aux enchères a lieu, Fanfan a perdu ses lentilles et elle ne se rend pas compte que ses gestes provoquent la surenchère des prix. Puis arrive sur les lieux Tie Ling avec X, mais elle croit qu’elle est la seule à le voir. On se méprend sur les intentions, on provoque des catastrophes. Autre grand moment de comédie, celui d’un concert du groupe de rock où Tie Ling lit les paroles sur son portable. Et elle reçoit un coup de téléphone pendant qu’elle chante, puis se reçoit une bouteille sur la tronche.

Alors en forme Tsui Hark ? Presque. La fin se traîne vraiment en longueur pour pouvoir réconcilier les histoires d’amour. Chacune trouvera son chacun au terme d’une recherche un peu vaine. Tsui Hark propose un happy end auquel on croit à peine. Il est sans doute dommage qu’il ne soit pas arrivé à faire du trio d’actrices un vrai groupe contrairement à ses comédies féminines précédentes (Shanghai blues encore et Peking opera blues). Mais c’est déjà tellement mieux que ce qu’il a fait depuis longtemps qu’on est content de rire de bon cœur. Et de vraiment rire.

All about women (女人不壞, Hong Kong, 2008) Un film de Tsui Hark avec Zhou Xun, Kwai Lun-mei, Kitty Zhang, Stephen Fung, Eddie Peng, Alex Fong Chung-sun, Godfrey Kao, Shen Chang, Jacob Cheung.

jeudi 11 décembre 2008

Sorties à Hong Kong (décembre 2008)


All about women (女人不壞)
Un film de Tsui Hark avec Alex Fong Chung-sun, Stephen Fung, Kwai Lunmei, Eddie Peng, Kitty Zhang, Zhou Xun. 120 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 11 décembre 2008.