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jeudi 2 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) As the light goes out

As the light goes out (救火英雄, Hong Kong, 2013) Un film de Derek Kwok avec Nicholas Tse, Shawn Yue, Simon Yam, Hu Jun, Andy On, William Chan, Deep Ng, Patrick Tam, Liu Kai-chi, Ken Hung, Bai Bing, Michelle Wai, Bonnie Sin, Wang Zhi-fei, Siu Yam-yam, Andrew Lau, Kenny Kwan, Luo Shi, Jackie Chan. 115 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 2 janvier 2014.

jeudi 1 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) The Rooftop


The Rooftop (天台, Taïwan – Hong Kong, 2013)
Un film de Jay Chou avec Jay Chou, Eric Tsang, Oh Yau-lun, Li Xin-ai, Wang Xue-qi, Song Jian-zhang, Huang Jun-lang, Xu Fan, Na-Do, Kenny Bee, Ken Lin, Darren Chiu, Andrew Lau, David Chiang, Fu Yi-wei, Huang Huai-chen. 122 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 1er août 2013.

lundi 1 juillet 2013

Tai chi zero


Concilier l'ancien et le nouveau est l'ambition de Tai chi zero, premier volet du diptyque conçu par Stephen Chow et qui sort cette semaine en dvd chez Wild Side. La deuxième partie, Tai chi hero sortira fin août. L'ancien, c'est cette relecture actuelle de l'histoire de la Chine et de ses personnages emblématique (Ip Man vu au cinéma cinq fois, Chen Zhen, Qiu Jin) et désormais Lu-chan, le développeur de la technique du tai-chi. Il faut d'abord signaler que Tai chi zero n'est pas le remake de Tai chi master de Yuen Woo-ping avec Jet Li. En revanche, on peut constater qu'au début des années 1990, Hong Kong, juste avant la rétrocession revenait aussi sur l'histoire de certains de ces héros, Chen Zhen encore dans Fist of legend, Fong Sai-yuk et Wong Fei-hong dans les Il était une fois en Chine. Il est intéressant de voir que régulièrement le cinéma de Hong Kong et de Chine a besoin de se tourner sur son passé et récrire la légende de ses héros.

L'ouverture du film se fait en plusieurs temps. D'abord, une représentation de l'époque (dynastie Qing finissante, 19ème siècle), où Lu-chan (Jayden Huan) est l'un des soldats engagés dans une bataille de la guerre des clans. L'homme est pourvu d'une corne sur le front que son chef frappe et qui découple ses forces mais l'épuise physiquement. Puis, on continue avec un court flashback sur la naissance et l'enfance du personnage où Shu Qi incarne sa mère. Ce flashback est construit comme un film muet en noir et blanc, avec intertitres qui reprennent les dialogues. Puis, enfin le générique d'ouverture mêlant animation et prise de vues réelles avec Lu-chan adulte qui se rend au village de Chenjiagou. Comme dans un vieux Shaw Brothers, chaque acteur est présenté avec son nom et son personnage inscrit sur l'écran avec, cette fois, une indication aux plus jeunes spectateurs (Fung Hak-on « ancien cascadeur de Jackie Chan » par exemple).

L'idée de la distribution est de mêler jeunes et anciens acteurs. Les anciens : Bruce Leung, le méchant de Crazy kung-fu, film auquel on pense beaucoup, dans une courte apparition. Hung Yan-yan, le Pied-bot des Il était une fois en Chine, ici dans le court rôle du gardien du village des Chen. Car, tout le monde ne peut pas rentrer dans ce village et Lu-chan (incarné par un jeune champion olympique de kung-fu) doit passer quelques obstacles, dont l'ultime sera d'affronter Chen Yu-niang (Angelababy), la fille du chef du village. Plutôt que d'inscrire l'affrontement dans les dialogues, l'une des belles idées du film, à la fois ludique et didactique, est de montrer les mouvements de l'art martial visuellement, en décrivant avec des cercles, mots et flèches. Montrer ainsi la chorégraphie des combats de Sammo Hung est une nouveauté et affirme la volonté d'authenticité en appuyant sur l'aspect cartoonesque des scènes. Lu-chan rencontre alors un vieil artisan (Tony Leung Ka-fai) qui lui conseille d'imiter les gestes des adversaires. Cet homme, mystérieux, que l'on voit grimper obliquement les murs, est en fait le chef du village Chen.

Lu-chan est d'abord un homme innocent et naïf et surtout pas très malin (on a vite compris que l'artisan est le chef Chen) mais il apprend vite. Il affronte la belle Yu-niang par les arts martiaux, mais pour cette dernière, la rencontre avec Lu-chan lui permet un retour aux sources. Tout comme le personnage de Rosamund Kwan dans Il était une fois en Chine, Yu-niang est passionnée par les avancées technologiques occidentales. Passion qu'elle fait découvrir aux villageois (elle leur sert du café, elle allume des lampes, elle fait écouter un phonographe) et qu'elle partage avec Fang Zi-jing (Eddie Peng, acteur taïwanais, ce qui permet de réunir dans un même film des acteurs des trois Chine), son fiancé. L'une des répliques amusantes est sortie par un vieux paysan qui se demande pourquoi le jeune s'est mis un crachoir sur la tête en parlant de son chapeau haut de forme. Zi-jing est mandaté par le gouvernement impérial pour faire passer le train (la Chine commence à développer se chemins de fer) au milieu du village.

Ce qui est plaisant dans cette grosse machine commerciale qu'est Tai chi zero (et on imagine sa deuxième partie) est que précisément Stephen Fung tire les leçons des réussites passées pour faire de son film un habile mélange de nouveauté visuelle tout en rendant hommage au films d'arts martiaux anciens de la Shaw Brothers à Tsui Hark. Il réussit, à l'instar de Stephen Chow avec ses propres films, à combiner différents niveaux de comédie : gags visuels, humour qui joue sur les situations et les quiproquos, dialogues comiques ; et à alterner ces moments de comédie avec des enjeux dramatiques moins intéressants et peu développés. Le personnage de Zi-jing ne sait pas s'il doit obéir aveuglément à son chef et sacrifier son amour pour Yu-niang. L'arrivée de Claire (Mandy Lieu), femme au fort tempérament élevée à Londres va pousser Zi-jing a affronter les Chen, qui le méprisaient, avec la machine infernale conçue par les occidentaux. C'est une métaphore aucunement déguisée du cinéma hollywoodien désormais en concurrence avec justement des films de la trempe du diptyque. Tai chi zero parvient suffisamment à remplir son cahier des charges, à satisfaire ses ambitions et à divertir pendant 90 minutes pour donner envie de voir comment Lu-chan inventera dans Tai chi hero son art martial intérieur.

Tai chi zero (太極1:從零開始, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Jayden Yuan, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Andrew Lau.

vendredi 22 février 2013

A beautiful life


Après Look for a star et Legend of the fist, Return of Chen Zhen, A beautiful life marque la troisième collaboration consécutive entre Andrew Lau et Shu Qi. L’actrice incarne Li Peiru, une Hongkongaise immigrée à Pékin pour le travail, inversant ainsi le scénario de nombreux films de Hong Kong où des Chinois du continent venaient faire fortune dans l’ancienne colonie britannique. Souvent dans ces films, les Chinois étaient vus comme des parasites de la société, mafieux ou prostituées. Li Peiru n’est ni l’un ni l’autre, elle est seulement alcoolique. Pour rester au niveau de ses clients, elle boit autant qu’eux mais elle devient vite soûle. Un soir, dans une boite de nuit, elle ne tient plus debout et elle tombe sur Fang Zhengdong (Liu Ye) un jeune policier venu fêter l’anniversaire d’un de ses collègues. Parce qu’il est très serviable, il va la ramener chez elle sur son dos. Elle l’embrasse, sans vraiment s’en rendre compte. On comprend vite la romance qui va s’amorcer entre eux.

Quelques jours plus tard, alors qu’il patrouille en uniforme, Dong la revoit par hasard. Elle s’est mal garée. Il la gronde gentiment et lui demande si elle se souvient de lui. Oui, même sobre, elle se rappelle ce qu’il a fait pour lui et lui promet de l’inviter à boire un café. Ils échangent leur numéro de téléphone. Régulièrement, ils vont se rencontrer au gré du hasard, au supermarché, dans la rue. Elle l’appelle par son nom complet n’importe où, n’importe quand. Il l’appelle Miss Li. Les collègues de Dong se réjouissent enfin qu’il ait rencontré une fille, tout comme Zhong (Anthony Wong) son ami restaurateur. Toute cette première partie du film où ils se découvrent, ne savent pas encore s’ils s’aiment et pèsent le pour et le contre d’une éventuelle romance apporte de l’humour. Ils se font du bien, platoniquement, car tous deux ont un passé amoureux difficile. Lui s’est fait plaquer par sa femme neuf ans auparavant, elle est abonnée aux maris infidèles. Ils donc beaucoup de points communs question amour.

Le film glisse assez vite dans le mélodrame dégoulinant de bons sentiments quand il se confronte avec la maladie des personnages. Miss Li est alcoolique et ses actes entrainent souvent des écarts de conduite qui font d’elle une femme irresponsable. Dong se met à avoir des douleurs au bras. Plus tard, il sera diagnostiqué une tumeur au cerveau qui lui changera sa personnalité. C’était un homme bon, dévoué et réfléchi. Il va perdre la mémoire, sera irascible et parfois violent. Cela l’amènera à quitter son poste de policier. Comme si cela ne suffisait pas, Dong a la garde de Fang Zhencong (Tian Liang), son petit frère autiste mais qui est un bon dessinateur. Les murs de sa chambre sont couverts de portraits des gens qu’il aime (son grand frère en tout premier lieu, mais bientôt également Miss Li). Cong est amoureux de Xiaowan (Feng Dan-ying), une jeune muette qui vend des journaux pour gagner sa vie. Dong, avec son grand cœur va prendre soin d’eux, d’autant qu’ils veulent se marier.

Parce que c’est l’homme le plus gentil du monde, Dong va aider également Miss Li pour son travail. Là est sans doute la partie la plus maladroite de A beautiful life. Le personnage de Miss Li était jusqu’à lors montrée comme espiègle bien qu’un peu inconséquente. Elle est désormais pointée comme irrespectueuse des lois de la Chine, non pas parce qu’elle est inconséquente mais parce qu’elle vient de Hong Kong. On lui répond lorsqu’elle va demander un prêt bancaire que son dossier pourrait être accepté à Hong Kong, mais qu’à Pékin il faut respecter les règles. Plus tard quand, après avoir emprunté de l’argent à Dong, la commission de sécurité refusera l’agrément, elle protestera de manière hystérique. Dong lui rétorquera qu’on n’est pas à Hong Kong ici et qu’il y a des lois. Le personnage de Miss Li est alors accablé de tous les maux et rentrera chez elle où elle sera confrontée à une mère égoïste. A l’opposé, la police de Pékin (en tout cas le commissariat où travaille Dong) est montrée comme exemplaire, très respectueuse de la loi où même son chef accepte d’être critiqué par ses subalternes. Il ne restera à Miss Li qu’à retrouver son amoureux reparti vivre dans sa campagne natale où la vie simple fait les gens heureux, dans un finale lacrymal interminable. La gentillesse ne produit pas forcément un bon film.

A beautiful life (不再讓你孤單, Hong Kong – Chine, 2011) Un film d’Andrew Lau avec Shu Qi, Liu Ye, Tian Liang, Feng Dan-ying, Anthony Wong. Sarina. 

jeudi 27 décembre 2012

Sorties à Hong Kong (décembre 2012)


The Guillotines (血滴子, Hong Kong – Chine, 2012) 
Un film d’Andrew Lau avec Wang Luo-dan, Ruan Jing-tian, Huang Xiao-ming, Li Yu-chun, Shawn Yue, Jing Bo-ran, Purba Rygal, Zhou Yiwei, Jimmy Wang Yu, Wen Zhang, Li Meng, Yu Shao-qun, William Fung, Stephy Tang, Anthony Wong, Tang Guo-qiang, Hou Yong, Gao Tian. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sorties à Hong Kong : 27 décembre 2012.

jeudi 25 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)

Taichi hero (太極2:英雄崛起, Hong Kong – Chine, 2012)
Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Yuan Xiao-chao, Eddie Peng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Bruce Leung, Fung Hak-on, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Hung Yan-yan, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Yuen Biao, Andrew Lau, Daniel Wu, Patrick Tse, Jimmy Wang Yu. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 25 octobre 2012.

vendredi 9 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

A simple life (桃姐, Hong Kong, 2011)
Un film d’Ann Hui avec Andy Lau, Deannie Yip, Wang Fu-li, Qin Hailu, Lam Yi-man, Paul Chun, Hui Pik-kei, Elena Kong, Anthony Wong, Yu Man-si, Don Yu Dong, Helena Law, Raymond Chow, AngelaBaby, Chapman To, Tsui Hark, Ning Hao, John Shum, Sammo Hung, Leung Tin, Hui Siu-ying, Tam Bing-man, Andrew Lau, Gung Suet-fa, Joe Cheung. 119 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 9 mars 2012.

mardi 6 décembre 2011

Infernal affairs III


Deux ans et demi après avoir écrit sur Infernal affairs puis Infernal affairs II, il était temps que j’achève de causer de cette trilogie. Infernal affairs III démarre dès la fin du premier film. Ming (Andy Lau), après une mise à pied et une enquête suite à la mort irrésolue de Yan (Tony Leung Chiu-wai), reprend du service mais dans les bureaux et non plus sur le terrain. Le jour de la reprise de son travail, un jeune policier se suicide. Le seul témoin est l’inspecteur Yeung (Leon Lai), nouveau venu à la police et cela titille Ming qui a l’impression que Yeung n’est pas pour rien dans ce suicide.

Ming décide de chercher des indices sur cet inspecteur qui a une attitude continuellement calme. Jamais il ne semble montrer la moindre émotion, y compris lors de la mort de ce collègue. Un jeu du chat et de la souris s’engage entre les deux hommes, un jeu feutré et sournois. Ming installe sous la voiture de Yeung un émetteur pour suivre ses déplacements, il place des caméras dans son bureau pour le surveiller et surtout avoir le code d’accès de son coffre fort dans lequel Yeung a placé des cassettes où sont sans doute enregistrés des secrets. Yeung n’est pas dupe des petits secrets de Ming, il voit clair dans son jeu. Quand Ming pose l’émetteur, son téléphone sonne, feint de se disputer avec sa femme dont il divorce, mais Yeung a une mini caméra dans sa voiture et tout est filmé. Il a une longueur d’avance sur son adversaire. Ainsi, il s’amuse à regarder frontalement la caméra de surveillance en faisant comme s’il réfléchissait longuement, mettant les nerfs de Ming à rude épreuve (a-t-il deviné ?, se demande-t-il).

Pour les besoins de son enquête, Ming va demander l’aide du Docteur Lee (Kelly Chen). Dans Infernal affairs, on voyait régulièrement Yan venir faire la sieste dans son cabinet. Infernal affairs III montre comment Yan en est arrivé à devoir consulter une psychiatre sur les ordres de son chef, le commissaire Wong (Anthony Wong, que l’on voit peu dans ce volet, tout comme Eric Tsang, tous deux relégués comme personnages secondaires). Ming veut consulter le dossier de Yan, qui se trouve sur l’ordinateur du médecin. Il devra le voler, puis réussir à extorquer le mot de passe pour accéder aux dossiers. Le film revient longuement sur ces consultations de Yan chez le docteur Lee, changeant d’époque fréquemment, passant de six mois avant la mort du flic infiltré dans la triade à un temps bien postérieur à son décès. Et Ming commence lui aussi à s’assoir sur le divan. Le Docteur Lee pratique l’hypnose et il ne va pas tarder à révéler sa vraie nature.

Le fil narratif remonte jusqu’à la mort de Yan avec l’ajout d’un personnage énigmatique. Shen (Chen Dao-ming), tout aussi secret que celui de Yeung, mais qui est dans l’autre camp. De toute façon, avec les personnages de la trilogie Infernal affairs, il ne faut pas s’attendre à ce que quiconque ne soit ce qu’il semble être au premier abord. Sam (Eric Tsang) donne des ordres étranges à Yan, comme s’il voulait le piéger. Yeung fait-il partie des triades ? Connait-il Sam ? Qui est vraiment ce Shen ? Le film se plonge dans le cerveau de Ming qui veut tout voir, connaitre tous les secrets, espionner chacun des protagonistes. Il sombre peu à peu dans la schizophrénie, aidé en cela par une mise en scène qui alterne le passé et le présent, qui met dans le cadre Yan alors qu’il est mort, comme si les deux personnages n'étaient qu'un. J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans cette confusion, mais Andrew Lau et Alan Mak ont choisi de tout expliquer, peut-être un peu trop.

Infernal affairs III (無間道 III, Hong Kong, 2003) Un film d’Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung Chiu-wai, Andy Lau, Leon Lai, Chen Dao-ming, Kelly Chen, Anthony Wong, Eric Tsang, Chapman To, Ng Ting-yip, Wan Chi-keung, Hwang Zhi-zhong, Sammi Cheng, Carina Lau, Edison Chen, Shawn Yue, Lam Ka-tung, Vincent Wan, Courtney Wu, Waise Lee.

jeudi 26 mai 2011

Sorties à Hong Kong (mai 2011)

A beautiful life (不再讓你孤單, Hong Kong – Chine, 2011)

Un film d’Andrew Lau avec Shu Qi, Liu Ye, Tian Liang, Feng Dan-ying, Anthony Wong. Sa Ri-na. 121 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 26 mai 2011.





vendredi 24 décembre 2010

Legend of the fist, The Return of Chen Zhen


Bruce Lee dans La Fureur de vaincre, Jet Li dans Fist of legend et aujourd’hui Donnie Yen dans Legend of the fist The Return of Chen Zhen. Chen Zhen, le héros chinois qui défiait les étrangers venus occuper son pays ne serait pas mort à la fin des deux films cités plus haut. Donnie Yen et Andrew Lau ont l’idée de la faire vivre. Legend of the fist n’est pas un remake mais une suite, une digression et l’acteur a comme ambition, maintenant qu’il est la seule super star du cinéma d’arts martiaux à Hong Kong, de se hisser à la hauteur de ces deux sommets du cinéma cantonais.

Chen Zhen n’est pas mort en se sacrifiant pour la liberté, il n’est pas mort sous les balles des ennemis de la Chine. Non, Chen Zhen (Donnie Yen) est parti combattre en France l’armée allemande en 1917. Libérer un peuple est toujours la mission de Chen Zhen. Quand il doit rentrer à Shanghai, il prend l’identité d’un de ses camarades morts au combat et est bien décidé à mettre des bâtons dans les roues des envahisseurs japonais. Un nouveau Japonais, grand spécialiste des arts martiaux, entend prendre l’hégémonie. C’est Chikaraishi (Kohota Tuy), le nouveau maître du combat à affronter. Dans le film, il sera signalé plus tard que Chan Zhen a éliminé son père que l’on voit dans une courte scène incarné par Kurata Yasuaki, autre sommet du film de kung-fu de la Shaw Brothers.

Chen Zhen se fait embaucher par Liu Yutian (Anthony Wong) qui tient une boîte de nuit, le Casablanca. Il est toujours étonnant de remarquer que dans ces films en costumes des années 1920-1930, la boite de nuit est forcément le centre du monde. Il faut dire que Legend of the fist lorgne beaucoup du côté de Big brother. Liu, habillé en habit traditionnel, sympathise avec Chen Zhen, qui porte des vêtements occidentaux pour ne pas attirer l’attention sur lui. Chen Zhen va, quant à lui, découvrir la belle et charmante Kiki (Shu Qi), la chanteuse vedette du Casablanca. Elle est peut-être la maitresse de Liu, mais rien n’est certain. Elle semble libre et passe du temps avec Chen Zhen.

Pendant que les Chinois tentent d’organiser la résistance, les Japonais décident d’éliminer tous ceux qui se mettent sur leur passage. Une liste de personnes à tuer existe. La police, dirigée par l’inspecteur gaffeur Huang (Huang Bo), l’un des rares personnages comiques du film, se montre bien incapable d’empêcher les assassinats. Chen Zhen et ses camarades ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Grâce à son sens aigu de l’observation, notre héros va comprendre que le Casablanca est l’un des centres de décision des tueurs. Une des danseuses du Casablanca reçoit des ordres direct de Kiki, qui s’avère être une Japonaise.

Legend of the fist n’est de toute façon qu’une ode à la gloire de Donnie Yen. On le voit de tous les plans, il occupe le terrain et les autres interprètes n’ont que quelques os à ronger. Anthony Wong flotte sur le film de sa bonhommie, Shu Qi fait des sourires, joue parfaitement bien la fille ivre mais son personnage est un peu ingrat. Personne n’est aussi fort que Donnie Yen qui en fait beaucoup pour donner une aura à Chen Zhen, à lui donner un air à la fois cool quand il travaille dans la boite de nuit (sourire complice, petit geste de l’index) et fort (il est la star numéro un du cinéma kung-fu). On ne peut pas s’empêcher, devant tant de sérieux, de rigoler quand il revêt un masque à la Kato pour devenir super héros masqué, quand il pousse ses petits cris à la Bruce Lee ou quand il se met torse nu pour le combat final.

Certes, les acrobaties chorégraphiées par Donnie Yen sont réussies. Elles sont brillantes et les combats sont vifs et clairs. Tout cela occupe une bonne partie du film. Il ne reste à Andrew Lau qu’à mettre en scène le reste, tout ce qui concerne l’avancée de la partie suspense. Là, on est dans la grande confusion et le déjà-vu. Je vais finir par me demander ce qu’est devenu l’homme qui a fait les Infernal affairs. Sans doute, ai-je déjà la réponse avec le remarquable Once a gangster réalisé par Felix Chong, le scénariste de la trilogie. Ce qui m’embête le plus dans Legend of the fist est, comme dans Ip Man 2, ce nationalisme opportuniste et manichéen qui donne un goût amer au film. Il n'y avait pas de quoi ressusciter Chen Zhen pour ça.

Legend of the fist. Return of Chen Zhen (精武風雲.陳真, Hong Kong, 2010) Un film d’Andrew Lau avec Donnie Yen, Shu Qi, Huang Bo, Zhou Yang, Huo Siyan, Anthony Wong, Chen Jia-jia, Kohata Ryu, Shi Feng, Shawn Yue, Kurata Yasuaki.

lundi 11 octobre 2010

The Wesley's mysterious file

Entre Dance of a dream, jolie comédie musicale, et Infernal affairs, Andrew Lau a offert un écrin pour la carrière d’Andy Lau. Le rôle principal de The Wesley’s mysterious file au titre qui fleure bon l’énigme et l’anticipation. La star ne pouvait pas refuser une telle proposition d’autant que la papier cadeau a été fourni par le mogul génial et décadent Wong Jing. Voilà, un film avec des extra-terrestres qui n’a aucun sens et aucune direction. Dans le jargon, un nanar. C’est en tout ce qu’il est devenu au fil du temps, découvert par un public qui peut le comparer à Star Crash ou Turkish Star Wars.

Wesley est un agent de l’ONU qui aux Etats-Unis rencontre par hasard une femme qui lui rappelle d’étranges souvenirs d’enfance. Cette même personne avait été heurtée par une voiture et du sang bleu coulait de sa blessure. L’institutrice ne voulait pas croire les enfants. Wesley a été puni dans le couloir. Mais la femme, comme dans Men in black, a effacé la mémoire des enfants sauf de Wesley. Ce dernier part enquêter et se retrouve face à deux agents Sue (Shu Qi) et Pak (Roy Cheung), qui bossent pour Double-X, une section qui contrôle les activités extraterrestres.

Car cette femme nommée Fong (Rosamund Kwan) vient d’une autre planète. Il y a deux cents ans, elle est arrivée avec son frère Tan (Samuel Pang) en possession d’un fluide puissant qui guérit tout. Deux méchants aliens joués par Almen Wong et Mark Cheng, qui prennent la forme de qui ils veulent comme dans Terminator veulent ce fluide de sang bleu. Là, un ponte du FBI vient mettre son grain de sel, comme toujours le font toujours les pontes. Il ne croit personne et la catastrophe est proche. Il veut aussi faire des expériences avec le sang de Fong, mais Wesley, tombé amoureux d’elle, entend bien la sauver des tous les périls.

Dire que The Wesley’s mysterious file est mauvais ne saurait pas rendre justice au film. Son scénario est décousu et manque d’inspiration. Les scènes de combat et de gunfights sont plates et molles. L’histoire d’amour intergalactique d’une mièvrerie abyssale. Mais ce sont les effets spéciaux qui navrent le plus. Les transformations des extraterrestres, censées faire peur, sont risibles. Les décors gigantesques masquent à peine le vide des dialogues explicatifs à n’en plus finir, dialogues qui doivent eux faire avancer l’énigme dont on se fout éperdument. Tout ça pour délivrer un message de paix niais et conformiste. Quant à l’humour, seul le petit personnage que joue Wong JIng essaye d’en faire et entre tant de nullité parvient à faire sourire.

Un jour, il faudra que je comprenne pourquoi les dialogues en anglais dans les films de Hong Kong sont aussi mal dits. C’est là sans doute la chose la plus pénible du film. Les interprètes ânonnent leur texte sur un ton monocorde comme s’ils les découvraient au tournage. Cette impression, je l’avais déjà eu dans les films de Tsui Hark en anglais, surtout dans l’affreux Black mask 2. A moins que ce ne soit les cinéastes hongkongais qui exigent de faire dire les dialogues dans un anglais standard. En tout cas, tout sonne faux et The Wesley’s mysterious file est un film bidon.

The Wesley's mysterious file (衛斯理之藍血人, Hong Kong, 2002) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Rosamund Kwan, Shu Qi, Roy Cheung, Almen Wong, Mark Cheng, Wong Jing, Samuel Pang, Reuben Langdon.

jeudi 23 septembre 2010

Sorties à Hong Kong (septembre 2010)

Legend of the fist. Return of Chen Zhen (精武風雲.陳真)

Un film d’Andrew Lau avec Donnie Yen, Shu Qi, Huang Bo, Zhou Yang, Huo Siyan, Anthony Wong, Chen Jia-jia, Kohata Ryu, Shi Feng, Shawn Yue, Kurata Yasuaki. 103 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 23 septembre 2010.





dimanche 2 août 2009

Look for a star


Comédie romantique pour le Nouvel An Lunaire 2009, Look for a star apparaît comme un mélange de deux rôles romantiques d’Andy Lau. D’un côté Needing you de Johnnie To et Wai Ka-fai où Andy Lau était un patron qui tombait amoureux de son employée, de l’autre Dance of a dream d’Andrew Lau où l’acteur était un employé qui tombait amoureux de sa patronne. Dans Look of a star, Andy Lau va tomber amoureux d’une de ses employées. Ça n’est pas très original, mais ça marche toujours.


Sam Ching (Andy Lau) est un chef d’entreprise qui arrive de Hong Kong à Macao pour voir comment se porte le business dans son casino. Il est accompagné de son chauffeur Tim Ma (Lam Ka-wah) et de son assistante Jo Kwok (Denise Ho). Tous les trois sont des cœurs à prendre, des célibataires avec trois caractères bien différents. Sam est un homme à femmes marié et divorcé trois fois. Le chauffeur est très timide et peu sûr de lui. Jo est trop sûre d’elle et fait peur aux hommes. Chacun va bien entendu trouver chaussure à son pied, on est dans une comédie romantique.


Milan Sit (Shu Qi) entre alors dans l’histoire. Elle est danseuse la nuit dans un cabaret tenu par Rocky (George Lam) et travaille en journée en tant que croupier dans le casino de Sam. Elle vit avec son oncle et sa tante (David Chiang et Maria Cordero), cette dernière étant une joueuse invétérée. C’est là que Sam rencontre Milan, alors qu’elle tente de faire partir sa tante de la table de baccarat où elle vient de perdre de l’argent. Mais Milan ignore que Sam est son patron. Elle le prend pour un simple joueur. Ils vont devenir amis puis vont tomber amoureux l’un de l’autre sans qu’il ne lui dise qui il est.


Quant à Tim Ma, le chauffeur de Sam, il va rencontrer une jeune divorcée dans un blind test. Elle a une fillette de cinq ans et Tim va commencer à revivre et à comprendre qu’il peut très bien être un père. Jo va, quant à elle, fournir l’histoire la plus intéressante du film. Elle rencontre dans le couloir de l’hôtel du casino un ouvrier de maintenance Lin Jiu (Zhang Hanyu) qui débarque du fin fond de la Chine avec ses quelques sous qu’il économise pour aider sa mère restée là-bas. Leur rencontre est rude. Elle l’engueule mais il la reçoit avec beaucoup de douceur.


Dans cette relation entre deux classes sociales que tout oppose, la businesswoman va avoir du mal à accepter qu’elle puisse tomber amoureuse d’un homme manuel habillé en bleu de travail. Il lui écrit son numéro de téléphone sur un bout de papier. Elle pense qu’elle n’aura jamais à l’utiliser, mais un soir elle se rend compte qu’elle oublié son argent chez elle, elle ne peut pas payer le verre qu’elle vient de prendre. Il va arriver après son coup de fil et payer la note salée. Cette relation est bien dessinée et devient de plus en plus touchante. C’est l’histoire que l’on attend le plus parmi les trois. Denise Ho, star de la cantopop sous le nom de HoCC, campe un personnage sans glamour, mesquin et insensible qui va finir par abandonner ses réticences et se laisser aller à aimer Liu.



Mais c’est évidemment les deux stars du film, Andy Lau et Shu Qi, qui sont au centre du film. Les autres personnages, bien qu’autonomes, ne font que graviter autour d’eux. Mais c’est un couple qui fonctionne, on y croit parce que Shu Qi minaude et sourit avec charme. Son personnage est insouciant et se laisse aller à de nombreuses facéties. Elle reprend d’une certaine manière le personnage de Sandra Ng dans Dance of a dream, comme Denise Ho refait celui d’Anita Mui. Le personnage d’Andy Lau est très bon aussi, tout en sourire primesautier.


On s’en doute, Look for a star pour avancer doit mettre des bâtons dans les roues de ces histoires d’amour pour finalement arriver à une réconciliation sur un plateau de télé lors d’une émission animée par un Cheung Tat-ming qui, pour une fois n’en fait pas trop. Cheung Tat-ming campe un des nombreux seconds rôles du film qui en compte beaucoup. Maria Cordero est la meilleure dans ce jeu là où il faut en faire beaucoup. Elle est très drôle dans son duo avec David Chiang de vieux couple où les rôles sont inversés : elle va jouer au casino et il cuisine. Les scénaristes du film ont placé beaucoup d’humour avec ses seconds rôles pour que l’on ne tombe pas dans la mièvrerie inhérente aux comédies romantiques.


Look for a star (游龍戲鳳, Hong Kong, 2009) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Shu Qi, Denise Ho, Zhang Hanyu, Lam Ka-Wah, Zhang Xinyi, David Chiang, Maria Cordero, Cheung Tat-ming, George Lam, Ella Koon, Yao Wen-Xue, Pei Weiying, Po Po, Pei Pei, Tony Ho, Terence Yin, Pinky Cheung, Belinda Hamnett, Crystal Tin, Rebecca Pan, Raymond Tso, Monie Tung.

dimanche 12 avril 2009

Infernal affairs II


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Comment Ming et Yan sont-ils devenus des infiltrés ? Comment se fait-il que Sam et l'Inspecteur Wong se connaissent-ils tant ? Voilà quelques questions que se sont sans doute posé les spectateurs devant le premier opus. On connaît le pragmatisme de l'industrie du cinéma à Hong Kong, il était logique que, devant l'immense succès public et critique de Infernal affairs, les producteurs du film aient décidé de tourner une suite. Problème majeur : un des personnages principaux disparaît à la fin. Après quelques réflexions, les scénaristes ont opté pour développer la genèse des quatre personnages principaux. Infernal affairs II est donc sorti le 1er octobre 2003 sur les écrans de Hong Kong, soit dix mois seulement après Infernal affairs.

Ming, le gangster infiltré chez les flics était interprété par Andy Lau (il reprendra son rôle dans Infernal affairs III), il est ici joué par Edison Chen. Le rôle de Yan, le flic infiltré dans les triades de la famille Ngai était tenu par Tony Leung Chi-wai. C'est Shawn Yue qui fait Yan jeune. Par chance, l'Inspecteur Wong et Sam sont toujours joués par Anthony Wong et Eric Tsang. C'est avec ces deux personnages que le film commence en 1991. Sam, membre du clan des Ngai, est allé manger au poste de police de Kowloon avec son ami l'Inspecteur. Ils ne savent pas encore que l'Oncle Kwun va être assassiné ce soir. Et ce meurtre va changer profondément leur destin respectif.

Place au passé ! C'est Ming qui a tué Kwun Ngai. Le jeune homme est fasciné par les montres (pourquoi pas), symbole à ses yeux de réussite. Le meurtre a été commandité par Mary (Carina Lau), la femme de Sam. Mais il se pourrait que tout ne soit pas aussi simple que ces apparences le laissent supposre. Qui est réellement derrière l'assassinat du chef de la triade ? Certes Mary veut protéger son mari, mais la solution semble expéditive. Et Ming, après son meurtre, s'engage dans la police pour devenir une taupe. Et l'Inspecteur Wong demande à Yan, par ailleurs demi-frère de Hau Ngai (Francis Ng) héritier de l'Oncle Kwun, d'infiltrer la triade. Plus personne n'est tout blanc, plus personne n'est tout blanc.

Comme dans beaucoup de films de triades, c'est la fidélité des protagonistes qui est le sujet principal. Quand Hau Ngai prend le pouvoir, il met rapidement à l'épreuve quatre chefs de clan qui aimeraient bien prendre la place vacante. De la même façon, la position des jeunes Ming et Yan n'est pas certaine. Ming va au fil des ans devenir commissaire adjoint de Wong et Yan est en bonne place pour devenir le parrain de la famille Ngai. L'Inspecteur Wong se retrouve dans une position délicate face à la Justice ; quant à Sam, il est obligé de s'exiler en Thaïlande où il refait sa vie. Le film se termine au moment de la Rétrocession, tout va changer dans la continuité, nous disent les cinéastes.

Il faut parfois s'accrocher pour comprendre tous les méandres du scénario de Infernal affairs II qui, en 115 minutes, propose de nombreuses chausse-trapes, coups de théâtre et autres rebondissements. Andrew Lau et Alan Mak privilégient l'effet de surprise en inversant la temporalité de ces chocs scénaristiques. Comme chacun le sait Lau est aussi son directeur de la photographie (ici avec Ng Man-ching), le film arbore une teinte bleutée qui déclare largement la déprime générale des personnages.

Hong Kong est un pays royal pour les acteurs. Il ne sera donc pas surprenant qu'on fasse ici, encore une fois, l'éloge d'Anthony Wong, d'Eric Tsang, de Carina Lau et de Francis Ng (très sobre dans son rôle d'ordure intégrale). Le choix de Edison Chen et de Shawn Yue est lui aussi idéal. Leur juvénilité, leur ressemblance physique, leur candeur remplissent tout à fait la fonction de transparence que veut leur rôle. Infernal affairs II est une vraie réussite qui confirme l'idée, parfois trompeuse, que les N°2 des trilogies sont les meilleurs.

Infernal affairs II (无间道 II, Hong Kong, 2003) Un film de Andrew Lau et Alan Mak avec Anthony Wong, Eric Tsang, Francis Ng, Carina Lau, Shawn Yue, Edison Chen, Hu Jun, Chapman To, Roy Cheung, Liu Kai-chi, Yu Chiu, Kara Hui, Andrew Lin, Henry Fong Ping, Arthur Wong, Peter Ngor, Teddy Chan, Joe Cheung, Wan Chi-keung, Wu Kwan, Kelly Fu, Alexander Chan, Hera Lam, Eva Wong, Brian Ireland, Bey Logan.

samedi 11 avril 2009

Infernal affairs


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Andrew Lau a bien fait de quitter Wong Jing et la série des Young and dangerous pour proposer une vision, désormais classique, du film de flics et voyous. C’est le miracle de Infernal affairs qu’il a tourné avec Alan Mak sur un scénario de ce dernier avec Felix Fong. Ce qui impressionne tout d’abord dans le film, c’est son casting impressionnant avec deux des plus grandes stars dans les rôles principaux et mes préférés Anthony Wong et Eric Tsang.

Infernal affairs commence à l’école de police où les jeunes futures recrues nous sont présentées. Lau Kin-ming et Chen Wing-yan s’entraînent durement et en quelques minutes, on apprend que chacun d’entre eux sera une taupe infiltrée dans le camp inverse. Les deux jeunes flics sont joués par Edison Chen et Shawn Yue, qui reprendront leurs partitions dans Infernal affairs II. Seuls l’inspecteur Wong (Anthony Wong) et le chef de la police seront au courant que Yan est infiltré dans les triades.

Le film continue dix ans plus tard avec le visage de Tony Leung Chiu-wai qui se substitue à celui de Shawn Yue. Le chef de la police vient de mourir et Yan aimerait assister à l’enterrement, mais il ne peut pas se dévoiler. Wong est l’unique policier à connaître ce secret si difficile à supporter désormais pour Yan qui n’a pas de vie personnelle tout au service de Sam (Eric Tsang). Pour trouver un peu de calme, il va régulièrement chez sa psy le Docteur Lee (Kelly Chen), non pas pour parler mais pour dormir. Il profite d’une séance pour lui avouer, avec un petit sourire, qu’il est un flic. Yan n’a pas de vie, mais aurait pu en avoir une, comme le suggère la rencontre avec May et sa jeune fille qui pourrait justement celle de Yan.

A l’opposé, la vie de Ming (Andy Lau) est beaucoup plus rangée. Il est donc un membre de la triade de Sam infiltré chez les flics. Toujours habillé avec de chics costumes cravate type Armani, il s’apprête à emménager avec sa fiancée Mary (Sammi Cheng), écrivaine. Ming rencontre d’ailleurs Yan dans un magasin de chaines hi-fi. Dès ce moment, un jeu du chat et de la souris va s’entamer entre eux, chacun ignorant bien entendu la fonction de l’autre. Heureusement d’ailleurs. Mais l’inspecteur Wong se doute qu’un mafieux est infiltré tout autant que Sam est persuadé qu’une taupe a fait capoté un achat de drogues avec des thaïlandais.

Comment communiquer avec l’autre, avec celui qui connait le secret est le grand problème d’Infernal affairs. Ming se contente de téléphoner à Sam, quand il le peut, pour donner les informations sur les enquêtes de Wong. Mais l’affaire se corse quand Wong demande à ce que personne ne téléphone, Wing doit trouver des moyens pour communiquer. Yan lui informe Wong grâce au morse. Mais les secrets sont révélés via la technologie, forcément. Car au milieu, ceux qui savent disparaissent, ce qui va poser un gros problème à Yan qui n’a désormais plus aucun moyen de revenir à une vie normale.

Film sur les faux semblants, sur le mensonge, sur l’effet miroir (Yan et Wing ne sont finalement qu’une seule personne à deux facettes), comme ce fût le cas dans Face/off de John Woo ou Running out of time de Johnnie To, Infernal affairs révèle une surprise finale. Deux fins ont été tournées. L’une amorale où Wing s’en sort. Version officielle pour le public hongkongais et le nôtre. Une autre, plus classique et morale, où Wing commet les meurtres de Yan et du personnage de flic de Lam Ka-tung, mais il se fait arrêter par la police. Bien évidemment, la première fin est plus savoureuse. Le reste c’est l’histoire du cinéma : deux suites et une parodie signée Wong Jing, le navrant Love is a many stupid thing.

Infernal affairs (無間道, Hong Kong, 2002) Un film de Andrew Lau et Alan Mak avec Tony Leung, Andy Lau, Anthony Wong, Eric Tsang, Sammi Cheng, Kelly Chen, Elva Hsiao, Chapman To, Lam Ka-tung, Edison Chen, Shawn Yue, Berg Ng, Wan Chi-keung, Dion Lam, Tony Ho, Yuen Wai-ho.

vendredi 23 janvier 2009

Sorties à Hong Kong (janvier 2009)

All’s well end’s well 2009 (家有囍事2009)
Un film de Vincent Kok avec Louis Koo, Raymond Wong Bak-min, Sandra Ng, Ronald Cheng, Chen Yao, Miki Shen, Ha Chun-chau, Lee Hung-kam. Classé Catégorie IIA. Sortie : 23 janvier 2009.





Look for a star (游龍戲鳳)
Un film de Andrew Lau avec Andy Lau, Shu Qi, David Chiang, Maria Cordero, Cheung Tat-ming, George Lam, Ella Koon, Pei Weiying. 118 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 23 janvier 2009.





dimanche 24 février 2008

Dance of a dream


Avant sa trilogie Infernal affairs, Andrew Lau a tourné seul, sans Alan Mak, une comédie romantique. Et quand je dis romantique, je veux vraiment dire romantique. Ça veut dire fleur bleue, à l’eau de rose, love-love, cucul la praline. Dance of a dream est l’histoire entre un homme, Andy Lau, et deux femmes, Anita Mui et Sandra Ng. Et bien moi, j’aime ce film.

Andy Lau est professeur de danse. Il enseigne le tango, le cha cha, la rumba. Il doit se produire lors d’une réception qu’organise Anita Mui. C’est une femme d’affaires très riche, mais très froide. Sa rigidité est connue de tous. Son petit frère (Edison Chen) tente de lui redonner le sourire. Pour cela, contre une forte somme, il va engager Andy Lau pour qu’il lui donne des cours de danse. Lui et son associé (Lam Ka-tung) n’hésitent pas une seconde. Son cours de danse n’est pas florissant, tous ses élèves sont assez nuls.

Dans la réception donnée par Anita Mui, se trouve Sandra Ng. L’actrice comique incarne l’inverse du personnage d’Anita Mui. Sandra est au service, elle apporte les boissons aux invités mais elle tombe en admiration devant les danses qu’exécute Andy Lau. Elle va vite s’inscrire à son cours. Sans le sou, elle n’a même pas de quoi s’acheter des chaussures et de payer les leçons. Elle fera donc le ménage gratuitement pour Andy Lau. Il y a donc dans Dance of a dream des rapports de classe qui s’établissent entre les personnages. Les rapports d’argent se mêlent aux sentiments et risquent de ne pas dévoiler la sincérité des protagonistes.

Anita Mui est nulle. Elle ne sait pas danser, mais son professeur la flatte. Il a besoin d’argent, il doit éponger ses dettes. L’assistante d’Anita remarque les réflexions d’Andy, elle en parle à sa patronne. Anita laisse couler. Elle n’est pas dupe. Mais, elle croit pouvoir acheter Andy. Il veut garder sa dignité.

Sandra va donc prendre des cours avec la troupe des pieds gauches : Lam Tze-chung, Ronald Cheng, Cherrie Yin. Ils sont assez nuls en danse mais ils s’amusent tous comme des fous ensemble. Ce sont certainement les scènes les plus drôles du film. Sandra se donne comme mission de dérider Anita. Dur défi. La belle est vraiment coincée et snob. Sandra l’invite à une fête en l’honneur d’Andy. Là enfin, elle va se décoincer. Elle va comprendre que sa solitude volontaire n’a aucun sens. Elle va s’amuser au plus grand bonheur de son petit frère.

La transformation a lieu au milieu du film au cours de la scène de barbecue. Elle commence dans un bar où Lam Ka-teung imite Jackie Cheung. Puis Andy Lau chante une chanson très populaire ("风继续吹", un des plus grands tubes de Leslie Cheung, qui date de 1983). Il est très probable que la star de canto-pop ne devait pas être au courant, que la scène est improvisée. La scène est d’une drôlerie incroyable et d’une intense émotion. Enfin Anita se met à sourire et Sandra, assise à côté d’elle, rayonne également. Là, on comprend qu’elle est en train de tomber amoureuse d’Andy. Et tout le monde, le comprend en même temps. Tous sauf Andy Lau qui feint d’ignorer l’attrait qu’il exerce sur les femmes.

Changement de décor pour cette scène où l’on se révèle. Le barbecue en lui-même. Toute la troupe des danseurs se met à interpréter une chanson de Cha cha cha, comme dans une comédie musicale. Cela donne un tour poétique et ludique au film, d’autant que l’on ne s’y attendait pas. Anita et Sandra s’habillent en garçons, les autres ont déjà commencé à chanter et à danser, elles viennent se mêler aux autres. Tous les acteurs chantent avec leur vraie voix, parfois faux, mais peut importe. Un pur moment de bonheur.

A partir de ce moment, les deux personnages sont à égalité. Anita est rentrée dans le monde de Sandra, dans un monde modeste mais heureux. Elle va enfin s’amuser avec ses nouveaux amis. Il va s’agir pour Sandra de devenir une dame, à l’égale d’Anita. Elle va devoir séduire Andy avec ses propres charmes, mais aussi en apprenant à danser parfaitement et à se rendre belle. On sait que Sandra n’est pas la plus grande beauté du cinéma de Hong Kong, c’est donc montré comme une gageure dans le film.

Inutile de le préciser, mais tous les acteurs, toutes les actrices sont géniaux. Tout concourt à donner à Dance of a dream un plaisir fou. Il faut être cynique pour ne pas aimer ça, pour ne pas verser une petite larme lors de la scène finale. J’adore Dance of a dream.

Dance of a dream (爱君如梦, Hong Kong, 2001) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Anita Mui, Sandra Ng, Edison Chen, Lam Ka-tung, Lam Tze-chung, Cherrie Yin, Ronald Cheng. Suzanne Chung