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samedi 21 juin 2014

That demon within


J’ai toujours trouvé que le visage de Daniel Wu avait quelque chose de très enfantin, qu’il dégage une innocence avec ses yeux doux, son nez ronds et ses dents qui se chevauchent. Cette image candide, Dante Lam l’utilise pour montrer toute la bonté et le calme du flic Dave Wong qu’incarne Daniel Wu, en le filmant dans un lent travelling arrière. Dave Wong travaille dans un hôpital public dont il est le gardien, une sorte de policier d’accueil. En voix off, il exprime sa joie d’avoir un travail si tranquille.

Ce visage serein est immédiatement opposé à celui de Hon (Nick Cheung), l’alter ego maléfique de Dave Wong. Hon est membre d’un gang de sept malfrats. On les découvre en ouverture de films priant pour que leur casse de déroule bien. Ils commettent leurs forfaits en portant des masques de démon. Ultra violents, ils n’hésitent pas à utiliser des gros calibres pour tirer sur les flics et les passants. Lors d’un vol de bijoux qui se termine mal, Hon finit à l’hôpital.

Le premier regard entre les deux hommes, le gentil flic et le violent braqueur, a lieu sur deux lits d’hôpital. Dave, avec son bon cœur, accepte de donner un peu de sang à Hon qui en a beaucoup perdu dans la fusillade. Pops (Dominic Lam), comme ses hommes l’appellent, est le chef de la brigade anti-gang et engueule le jeune flic comme du poisson pourri. Alors que plusieurs de ses policiers sont morts, lui sauve le tireur.

Derrière ses allures classiques de film de flics qui chassent les braqueurs, That demon within cherche à dresser le portrait d’un homme mentalement dérangé. Non pas celui de Hon, tueur froid que Nick Cheung incarne encore une fois brillamment, non pas ceux de ses six collègues braqueurs que l’appât du gain va rendre nerveux au point de ne plus se faire confiance, mais celui du brave policier qu’est Dave. Derrière ce visage impavide et neutre se cache un fou.

Il n’est pas présenté comme fou, mais plutôt comme un flic têtu, respectant le code à la lettre, étant un policier procédurier qui reproche à ses collègues de faire des pauses. Personne ne veut être son équipier et il est d’ailleurs solitaire. Chez lui, quand il estime avoir mal fait son travail, il se punit lui-même, torse nu il se flagelle avec la boucle de sa ceinture, comme pour expier ses péchés. Petit à petit, on comprendra que tout ne tourne pas rond.

C’est que tout cela vient d’un traumatisme de l’enfance, explique en long, en large et en travers le film. Il faut d’abord en passer par la cellule psychologique que lui impose sa supérieure (Christie Chen). Peu loquace, Dave avoue ne pas avoir d’amis et que la seule chose qui le calme est de nager. Sous hypnose, il confessera que son père le battait et qu’il répète ce geste. Il affirme aussi vouloir venger la mort des collègues morts sous le feu de Hon lançant le film dans un long règlement de comptes.

Le démon qui habite Dave, pour reprendre le titre du film, est celui d’une justice aveugle. That demon within adoptera l’unique point de vue de Dave, alternant les images mentales (regard caméra, caméra harnachée sur Daniel Wu qui filme ses déplacements, filtres rouges quand il perd la raison) avec des scènes d’action où les coups de feu sont incessants. Le mystère qui s’épaissit est gangréné par les explications de fin de film.

C’est rien de dire que tout le film repose sur le jeu de Daniel Wu qui excelle dans sa partition de personnage aux multiples personnalités. Il passe en un clin d’œil du gentil garçon qui prend soin de sa grand-mère au salaud qui tue de sang froid les malfrats. Seulement voilà, face à lui, les autres acteurs font un peu office de figurants,  (il est assez étonnant que Nick Cheung se retrouve finalement dans un second rôle) rendant parfois bancale la progression du film.

That demon within (魔警, Hong Kong – Chine, 2014) Un film de Dante Lam avec Daniel Wu, Nick Cheung, Christie Chen, Andy On, Dominic Lam, Liu Kai-chi, Stephen Au, Lee Kwok-lun, Chi Kuan-chun, Astrid Chan, Samuel Leung, Fung So-po.

jeudi 17 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) That demon within


That demon within (魔警, Hong Kong – Chine, 2014) Un film de Dante Lam avec Daniel Wu, Nick Cheung, Christie Chen, Andy On, Dominic Lam, Liu Kai-chi, Stephen Au, Lee Kwok-lun, Chi Kuan-chun, Astrid Chan, Samuel Leung, Fung So-po. 112 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie à Hong Kong le 17 avril 2014.





vendredi 3 janvier 2014

Unbeatable


Macao, terre des exclus de la société. Ching Fai (Nick Cheung) est un ancien boxeur criblé de dettes. Ses créanciers brûlent le taxi qui lui servait d’outil de travail et de domicile. Il quitte Hong Kong pour Macao où son ancien coach (Patrick Keung) accepte de l’embaucher malgré leur lourd passé : Fai s’était couché lors de ses matchs pour empocher de l’argent sur les paris. Son nouveau boulot : coach d’aérobic pour vieilles dames. Pas franchement la joie pour lui.

Fai a trouvé une petite chambre à louer dans l’appartement de Gwen (Mei Ting) qui vit avec sa fillette Dani (Crystal Lee). Gwen a subi un lourd traumatisme. Son mari l’a quitté quatre ans auparavant, elle est tombée dans l’alcool et son fils s’est noyé dans la baignoire. Depuis, elle s’est repliée sur elle-même. Dani, fillette énergique, dirige la maison, posant des post-it partout, donnant à Fai le règlement de la maison. Le grand boxeur face à la gamine n’en mène pas large.

Dans la salle d’entrainement de son ancien coach, Fai fait la connaissance de Lin Si Qi (Eddie Peng). Gosse de riche, il apprend que son père (Jack Kao) a fait faillite après de mauvais investissements. Lin veut l’aider à se renflouer. Il trouve un travail physiquement épuisant mais l’espoir renaît quand un championnat de MMA (lutte libre) promet un prix de 2,7 millions de dollars. Il doit s’entrainer à combattre. Il ne connait rien à la boxe et demande à Ching Fai de devenir son maître. Après quelques hésitations, il accepte.

Le passé hante les trois personnages, parfaits anti-héros, losers magnifiques de Unbeatable. Ils vont devoir se tourner vers le futur avec comme doctrine lancée pendant tout le film par Dante Lam : quand on veut on peut. Ching Fai va aider ses nouveaux amis. D’un côté, apprendre à Gwen à vivre normalement, à sortir de son autisme, avec l’aide de Dani. Gwen ne supporte aucun bruit, s’enferme dans son monde dès qu’un orage approche. Seul le conte des trois petits cochons, que Dani mime avec Fai, lui donne le sourire.

Dans la salle de boxe, Lin commence à apprendre à suer, à s’entrainer sans relâche. Il soulève de la fonte, pousse des pneus, fait des pompes, durcit ses mains, gonfle ses biceps et ses abdos. Lin Si Qi se considère comme le disciple de Fai, comme dans un film de kung-fu. Eddie Peng, tout comme Nick Cheung, se sont largement musclés pour leurs rôles. Le cinéaste filme au plus près ces corps dans un montage ultra rapide. Pourtant personne ne croit à la victoire du jeune homme, le coach de Ching Fai estime qu’il se fera éliminer dès le premier tour.

La première heure du film appréhende tous les problèmes du film, la deuxième tente de les résoudre, parfois en tombant dans un sentimentalisme appuyé. Mais l’énergie des acteurs (Crystal Lee qui joue la gamine, mais surtout Eddie Peng), quelques pointes d’humour (les élèves de l’aérobic) parviennent à maintenir l’intérêt pour les personnages. Et puis, il y a les combats de free fight qui sont les moments de bravoure attendus comme on attend ceux dans les films de kung-fu. Les deux derniers avec Andy On en adversaire sont particulièrement rudes et superbement chorégraphiés. On a très mal pour les acteurs.

Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013) Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Michelle Lo, Liu Geng-hong.

jeudi 15 août 2013

Sorties à Hong Kong (août 2013) Unbeatable


Unbeatable (激戰, Hong Kong – Chine, 2013)
Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Eddie Peng, Crystal Lee, Jack Kao, Mei Ting, Patrick Keung, Andy On, Wang Bao-qiang, Li Fei-er, Michelle Lo, Liu Geng-hong. 116 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 15 août 2013.

dimanche 17 juin 2012

The Viral factor



Sentant sa fin venir, Madame Fengling (Elaine Kam) décide de dire la vérité à son fils Jon (Jay Chou). Il pensait que son père avait quitté sa mère. Mais c’est elle qui a décidé de partir, ne supportant plus cet époux qui passait tout son temps et son argent à jouer. Elle lui apprend également qu’il a un frère qu’elle a été obligée d’abandonner. Elle demande à Jon d’aller les rejoindre en Malaisie où ils habitent depuis vingt ans afin de former une nouvelle famille. Jon a bien besoin de repos après un grave accident, vu dans la longue et pleine de suspense scène d’ouverture comme Dante Lam sait si bien les faire. Flic, il devait protéger un savant jordanien et le faire sortir en voiture blindée du pays. Sa coéquipière a été tuée dans une embuscade et lui-même a désormais une balle logée dans la tête. La mort rôde constamment dans The Viral factor, film d’action énergique et musclé aux accents funèbres.

Jon rencontre son père par hasard alors qu’il manque de se faire tabasser par un créancier. Ce père Tian (Liu Kai-chi) vit avec la petite Champ (Chrystal Lee), la fille de son autre fils, Yeung (Nicholas Tse) qui depuis des années est en prison. C’est la hasard également qui met sur la route de Jon la scientifique Rachel Kan (Lin Peng). Alors qu’il prend un malaise dans l’avion qui les amène en Malaisie, Rachel le soigne. Il l’ignore toute à fait, mais Yeung est sur les traces de la savante. Il doit la kidnapper contre une forte somme d’argent. Car là aussi, comme par hasard, tout est lié. Rachel Kan peut aider à compléter la formule d’un virus mortel concocté par le savant jordanien que justement Jon cherchait à évacuer. Le commanditaire de cet enlèvement est un riche homme d’affaires américain (évidemment) et il a comme par hasard l’un des anciens collègues de Jon dans ses hommes. Avec beaucoup de calme, Sean (Andy On) dirige l’opération. C’est aussi un homme impitoyable qui n’hésite pas à abattre l’un des ses hommes après l’échec de l’opération. Le hasard fait toujours bien les choses et permet ici à Dante Lam et ses scénaristes d’accélérer le récit mais lui donne un caractère forcé.

L’opposition des personnages apparait également poussive. Jon, le gentil flic face à Yeung, le sale voleur. Les deux frères sont de caractères totalement antagonistes, mais c’est surtout une question de confiance qui constitue le nœud psychologique entre eux. Il faut rappeler que Yeung n’a guère le choix : un sale flic corrompu l’oblige à ces méfaits. Cette figure du flic corrompu, classique dans le cinéma cantonais, avait disparu avec les coproductions avec la Chine. Il revient ici mais avec un flic chinois de Malaisie. De plus, la petite fille a été enlevée par Sean afin de faire plier son oncle de flic et forcer Rachel Kan à trouver la formule du terrible virus. Comme les méchants du film sont particulièrement retors, ils ont inoculé le poison provisoire dans le sang de l’enfant. Le film va bien entendu les faire s’entendre les deux frères mais de manière racoleuse puisque c’est sur les mouvements scénaristiques de la mort du père et de l’empoisonnement de la gamine. Cependant jamais le film ne réussit avec ces deux motifs à donner la moindre émotion.

A vrai dire, The Viral factor s’apparente à une immense course poursuite dans Kuala Lumpur. Passé les scènes d’introduction et les retrouvailles, la chasse à l’antidote dure près de 90 minutes avec pratiquement aucun temps mort, si ce n’est les courtes scènes « scientifiques » avec Rachel Kan dans le laboratoire des méchants. Jon poursuite son frère puis ils sont tous les deux poursuivis par d’autres malfrats. Passé les écueils des situations familiales et des réconciliations mièvres, le film augmente son rythme trépidant et Dante Lam parvient à donner de belles séquences d’actions parfaitement construites avec un montage redoutable. C’est donc un film décevant dans son histoire mais palpitant dans ses scènes d’action.

The Viral factor (逆戰, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Dante Lam avec Nicholas Tse, Jay Chou, Andy On, Carl Ng, Liu Kai-chi, Elaine Kam, Lin Peng, Sammy Hung, Philip Keung, Bai Bing, Deep Ng, Chrystal Lee.

samedi 21 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

The Viral factor (逆戰, Hong Kong, 2012)
Un film de Dante Lam avec Nicholas Tse, Jay Chou, Bai Bing, Andy On, Carl Ng, Liu Kai-chi, Elaine Kam, Lin Peng, Sammy Hung, Patrick Keung, Deep Ng. 121 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 21 janvier 2012.

dimanche 18 septembre 2011

Beast cops


Parmi le grand nombre de films qui traitent des rapports entre les triades et la police, Beast cops est l’un des plus intéressants. L’époque était aux Young and dangerous produits par Wong Jing avec cette idée que passé la rétrocession, tout changerait pour l’inconnu le plus total. Avec Wong Jing, c’est surtout la démagogie la plus totale et une valorisation des « frères » des triades. La réplique est venue de cinéastes estimables, Johnnie To ou Dante Lam pour ce film écrit et co-réalisé par Gordon Chan.

Le film s’ouvre sur frère Tung (Anthony Wong), un joueur compulsif et en conséquence un homme qui perd tout son argent aux jeux. Il cherche à taxer Big Brother (Roy Cheung), le patron de la boîte, il veut continuer à jouer. L’alcool coule à flots et les putes se font acheter des verres hors de prix. Le système est bien rodé et Tung est à fond dedans. Seulement voilà, Tung est flic, honnête mais qui fréquente des lieux qu’il ne devrait pas. Il n’a jamais été acheté mais il connait Big Brother depuis toujours (on saura à la fin où ils se sont rencontrés).

Tung bosse essentiellement avec Sam (Sam Lee), un grand maigrichon avec qui il va souvent au bar de Big Brother. Sam est un séducteur né malgré son physique particulier. Les deux gars sont colocataires d’un appartement miteux, mal rangé dans un quartier populaire. Ils vont devoir héberger Michael Cheung (Michael Wong), leur nouveau supérieur hiérarchique qui est surnommé « killer king », car il n’hésite jamais à tirer pour se défendre, y compris sur des collègues pris en otage pour ensuite abattre le malfrat. C’est un dur, c’est surtout Michael Wong qui sort, à la Van Damme, des phrases en anglais dans ses dialogues. L’acteur n’a jamais été très bon mais il est ici parfait dans son état d’hébétude devant l’univers de Tung et Sam. Il s’installe dans le taudis des deux hommes, bien malgré lui.

Un événement va se produire et il va changer la donne dans la vie somme toute tranquille de ces flics. Big Brother doit quitter le pays, avec le soutien de Tung, après la mort d’un malfrat. Il laisse son karaoké à Tai (Arthur Wong) et à Wa (Patrick Tam), ses fidèles bras droits. Wa en veut plus, toujours plus et commence à se voir chef à la place du chef. Il se met à surveiller Yoyo (Kathy Chow), la fiancée de Big Brother. Pendant l’absence de son mec, elle a découvert Cheung et ils flirtent ensemble. Le secret n’est pas bien gardé, Cheung commence à prendre l’habitude de venir au cabaret de Big Brother, tout comme Tung et Sam.

Mais les moments d’action sont très brefs (si ce n’est dans le final), c’est ce qui séduit. Plus encore, tout est dans un flottement comme si les personnages ne pouvaient de se résoudre à être des flics qui luttent contre les triades. Comme chez Johnnie To à partir de The Mission, les moments de creux, les discussions, l’attente et les verres que l’on boit sont plus importants que l’action et les coups de feu. L’appartement des trois flics et la boite de Big Brother sont les lieux uniques du film. Les personnages naviguent entre les deux lieux et finissent presque par ne plus enquêter sur quoi que ce soit, jusqu’à ce que Wa devienne trop menaçant. On voit aussi les personnages s’adresser directement à la caméra pour parler d’eux. Tout cela transforme Beast cops en une comédie plaisante alors que le titre laisse penser à un film d’action pur et dur.

Beast cops (野獸刑警, Hong Kong, 1998) Un film de Dante Lam et Gordon Chan avec Anthony Wong, Michael Wong, Roy Cheung, Kathy Chow, Sam Lee, Patrick Tam, Stephanie Che, Kam Kong, Arthur Wong, Michael Lui, Daisy Woo, Terence Tsui, Sung Boon-chung.

lundi 2 mai 2011

The Stool pigeon en dvd et bluray


Il est bien de le signaler : Wild Side après des mois d’abstinence (sauf en VOD) revient proposer quelques films de Hong Kong. Bien entendu, l’événement de ce printemps est la sortie en salles de Detective Dee de Tsui Hark (plus de 170000 spectateurs à l’heure où j’écris ces lignes, c’est bon). Mais aussi trois films en DVD et BluRay. Le premier Triple tap de Derek Yee, retitré Shooters, est un peu dispensable, en tout cas bien inférieur à Double tap qu’ils auraient pu sortir en bonus. Le deuxième est le splendide Dream home de Pang Ho-cheung, le meilleur film hongkongais de l’année 2010. Le troisième est The Stool pigeon de Dante Lam, rebaptisé cette fois The Insider (ont-ils vraiment besoin de mettre un titre anglais pour remplacer un titre anglais ?). The Stool pigeon a reçu le Hong Kong Film Award du meilleur acteur en primant Nicholas Tse. J’espère que Wild Side, comme d’autres sociétés d’éditions, vont continuer à sortir quelques films récents de Hong Kong. Il y en a quelques uns, je peux en témoigner.

mardi 14 décembre 2010

The Stool pigeon



Dans un rue isolée et étroite, deux camions s’engouffrent suivis d’une voiture. La planque pour prendre en flagrant délit des trafiquants de drogue commence. L’Inspecteur Don Lee (Nick Cheung) attend dans la voiture avec calme. Dans son costume chic et avec ses lunettes carrées, il surveille le déroulement des opérations. Un flic infiltré (le stool pigeon du titre anglais) filme toute la scène mais le chef des trafiquants comprend qu’il est surveillé. Le flic infiltré (Liu Kai-chi) se cache et son nom est prononcé par un flic assaillant brisant en mille morceaux sa couverture. Malgré l’air rassurant de Lee, l’informateur manque d’être massacré sous les coups d’une hache. Il ne meurt pas mais en restera traumatisé et vit caché sous un pont, déguisé comme un clochard.
Un an plus, après une petite dépression, Lee revient aux affaires et se cherche un nouveau pigeon qui pourra espionner à son compte. Il choisit Ho Sai-fui (Nicholas Tse) qui se fait appelé Ghost Jr à qui il reste deux jours de prison à faire. C’est le fils de son père ce qui implique de Ho a une dette de jeu de son paternel à régler à un chef de clan. Ce dernier a d’ailleurs mis la sœur de Ho au tapin pour commencer à rembourser l’emprunt fait quelques années auparavant. Ho Sai-fui refuse d’abord l’offre de Lee mais il se fait salement amocher quand il défend se sœur et se voit contraint d’accepter la proposition contre un million de dollars HK.
Ho doit se faire connaitre et pour ça va rencontrer deux malfrats qui bossent ensemble Tai Ping (Keung Ho-man) et Barbarian (Lu Yi). Il parvient à se faire accepter en gagnant une course de voiture et va devenir le pilote pour un casse de bijouterie. Mais le cambriolage ne se déroule pas comme prévu, un flic est abattu. La hiérarchie de l’inspecteur Lee est désabusée et remet en cause les méthodes du flic. Il est vu comme un homme sans cœur qui n’hésite pas à sacrifier quiconque (dont ses informateurs) pour atteindre le résultat escompté. Le duo de Beast stalker Nicholas Tse Nick Cheung est reconstitué dans The Stool pigeon mais c’est un duo aux rôles inversés.
Comme pour Beast stalker, Dante Lam donne le meilleur de lui-même dans ses scènes d’action, notamment dans une poursuite à pied, au pas de charge, dans les rues d’un quartier populaire. Les policiers en civil suivent Barbarian dans le dédale des rues bondées et des longs passages qui courent d’un immeuble à l’autre. Les flics ne doivent pas se faire repérer et le cinéaste fait preuve de virtuosité pour mettre en scène ces moments presque intimistes. Tout comme est réussie la séquence de l’attaque de la bijouterie où la sauvagerie des cambrioleurs est poussée à son paroxysme laissant Ho décontenancé. En regardant son visage, on a l’impression qu’il se demande si Lee ne souhaite pas cette violence pour pouvoir répondre de la même manière quand il trouvera les malfrats.
En fin de compte, le personnage de Ho apparait bien plus sympathique et positive que l’inspecteur Lee dont le comportement tordu met mal à l’aise tous ses interlocuteurs dans sa pratique du chantage. Dante Lam offre quelques belles scènes à Nicholas Tse dès qu’il rencontre Dee (Kwai Lunmei) et pour laquelle il devient son chauffeur. Elle lui achète un costume, va faire les magasins, prend une photo devant le père Noël, va boire des bières dans un restaurant. Pour la première fois, Ho a l’impression de vivre complètement et il envisage une aventure amoureuse avec elle. Ces moments de tendresse contrastent avec l’inhumanité des autres personnages. Leur histoire ne pourra pas s’épanouir comme on l’espérait.
The Stool pigeon (铫人, Hong Kong, 2010) Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Nicholas Tse, Liu Kai-chi, Kwai Lunmei, Miao Pu, Lu Yi, Sherman Chung, Keung Ho-man

Filmographie : Dante Lam



Dante Lam 林超賢

Option zero (G4特工, 1997) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 27 novembre 1997.
Beast cops (野獸刑警, 1998) Un film de Dante Lam et Gordon Chan. Sortie à Hong Kong : 9 avril 1998.
When I look upon the stars (天旋地戀, 1999) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 9 janvier 1999.
Jiang Hu: The Triad zone (江湖告急, 2000) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 21 septembre 2000.
Hit team (走投有路, 2001) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 22 février 2001.
Runaway (重裝警察, 2001) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 17 mai 2001.
Tiramisu (戀愛行星, 2002) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 28 mars 2002.
The Twins effect (千機變, 2003) Un film de Dante Lam et Donnie Yen. Sortie à Hong Kong : 24 juin 2003.
Naked ambition (豪情, 2003) Un film de Dante Lam et Chan Hing-kai. Sortie à Hong Kong : 30 octobre 2003.
Love on the rocks (戀情告急, 2004) Un film de Dante Lam et Chan Hing-kai. Sortie à Hong Kong : 8 avril 2004.
Heat team (重案黐孖 Gun, 2004) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 24 juin 2004.
Undercover hidden dragon (至尊無賴, 2006) Un film de Dante Lam et Gordon Chan. Sortie à Hong Kong : 6 avril 2006.
Storm Rider - Clash of Evils (風雲決, 2008) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 19 juillet 2008.
Beast stalker (証人, 2008) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 20 novembre 2008.
The Sniper (神鎗手, 2009) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 23 mars 2009.
Fire of conscience (火龍, 2010) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 1er avril 2010.
The Stool pigeon (線人, 2010) Un film de Dante Lam. Sortie à Hong Kong : 26 août 2010.
The Viral factor (逆戰, 2012) Sortie à Hong Kong : 21 janvier 2012.
Unbeatable (激戰, 2013) Sortie à Hong Kong : 15 août 2013.
That demon within (魔警, 2014) Sortie à Hong Kong : 17 avril 2014.

dimanche 14 novembre 2010

Hit team


Mon intérêt pour les films de Dante Lam me pousse à aller voir certains de ses premiers films. Il occupe aujourd’hui dans l’industrie du cinéma de Hong Kong une place de choix depuis quelques mois. Il semble se spécialiser dans le polar sophistiqué profitant de l’absence de Johnnie To depuis deux ans. Dante Lam n’arrête pas de tourner après ses mésaventures (involontaires) consécutives au scandale d’Edison Chen. Il a du retourner Sniper et affronter un échec programmé.

Hit team a été un succès. Son scénario repose sur un des vieux ressorts du polar, soit l’affrontement entre deux équipes de police. D’un côté, l’équipe de Chau (Daniel Wu) composé de BJ (Poon Chit-yuen), Jane (Jo Koo) et Sam (Samuel Pang). C’est une escouade d’intervention, mais ils sont très unis. De l’autre côté, Don (Alex To) et les membres de la DSU parmi lesquels Ho (Chin Kar-lok), flic infiltré, qui, à la suite d’une fusillade dans laquelle il est pris pour cible, se retrouve grièvement blessé. Il vit désormais sur un fauteuil roulant et a du mal à payer ses soins.

Ces collègues décident, menés par Don, d’aller chercher de l’argent là où il se trouve. C'est-à-dire dans les banques clandestines des triades. Cela part d’un sentiment noble mais la méthode n’est guère légale. Don et sa bande ne veulent pas faire de mal. Ils se procurent des armes et les moyens d’entrer dans cette banque. L’assaut doit être rapide pour juste prendre les petites coupures. Mais tout ne se passe pas comme prévu et Don abat les gangsters. Les mafieux à qui ils vont s’attaquer ne sont pas des tendres. Brother Joe (Joe Lee) cherche à se venger, il comprend très vite que ce sont des flics qui ont fait le coup. Chau s’en rend vite compte aussi.

La guerre des polices n’a rien à voir avec un affrontement de puissance. C’est de morale qu’il s’agit. Chacun va faire valoir la sienne. Don trouve immoral que l’on n’aide pas Ho et tout à fait moral que l’on pique aux mafieux. Chau comprend les motivations de Don mais n’y adhère pas. C’est dans ces nuances que se forge la différence narrative de Hit team. C’est un récit au premier degré, sans humour, d’une grande noirceur mais terriblement affaibli par une musique bas de gamme.

Le film est également encombré du passé tourmenté de Chau et de son angoisse de ne pas savoir. A vrai dire, ces scènes au bord de l’eau, ne sont là que pour montrer Daniel Wu torse nu. Une concession à son cortège de fans. Justement, le film est très masculin. Les femmes sont très absentes si ce n’est Jane, qui de toute façon se comporte en homme. Aucun de ces hommes d’action n’a de femme. Mais, contrairement à Heat team, Hit team n’entame pas encore le virage de l’homoérotisme qui fait le charme des comédies d’action de Dante Lam.

Hit team (重装警察, Hong Kong, 2001) Un film de Dante Lam avec Daniel Wu, Alex To, Ruby Wong, Jo Koo, Samuel Pang, Chin Kar-lok, Joe Lee, Poon Chit-yuen, Allan Mo, Wong Wai-fai, Cheung Shui-chit, Clarence Cheung, Monica Lo, Michael Lui, Joe Ma, Olivia Fu.

jeudi 26 août 2010

Sorties à Hong Kong (août 2010)

-->Curse of the deserted (荒村公寓)
Un film de Law Chi-leung avec Shawn Yue, Kitty Zhang. 96 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 26 août 2010.





-->The Stool pigeon (铫人)
Un film de Dante Lam avec Nick Cheung, Nicholas Tse, Liu Kai-chi, Kwai Lunmei, Miao Pu, Lu Yi, Sherman Chung. 112 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 26 août 2010.

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-->All about love (得閒炒飯)
Un film d’Ann Hui avec Sandra Ng, Vivian Chow, William Chan, Eddie Cheung, Jo Kuk, Joey Meng. 105 minutes. Classé Catégorie IIB.
Sortie : 26 août 2010.




mercredi 28 juillet 2010

Fire of conscience


Dante Lam offre avec Fire of conscience l’une des plus belles scènes d’ouverture filmé dans un polar depuis celle d’Overheard d’Alan Mak et Felix Chong. En caméra subjective, en noir et blanc, comme un plan séquence, différentes scènes défilent. Comme figés, les personnes sur l’image sont engagés dans des moments violents qui annoncent sur le mode du flash-back le début du récit. Dans le métro, des flics se font tirer dessus à bout portant par un homme qui porte une casquette. Une réunion au sommet à lieu à la Police pour montrer toute la drogue qu’ils ont démantelé d’un trafic. Une femme nue est au lit avec un homme. Dans un bar, un homme vole un portable. Dans la rue, l’inspecteur Kee (Richie Ren) va à son rendez-vous. La musique appuie le suspense.


Enfin, tout passe à la couleur. Des couleurs très vives qui contrastent avec le noir et blanc patiné. Et tout va très vite. Celui qui avait volé le portable s’enfuit du restaurant. Immédiatement poursuivi par le flic qui vient d’être dérobé. Kee s’engage dans la course. La caméra est débridée. Un camion surgit et renverse l’autre flic qui dit à Kee ce qu’il lui est arrivé. Cette ouverture est un morceau de bravoure d’une grande force qui amène les premiers éléments de Fire of conscience sans qu’on ne le comprenne tout à fait. Mais, tout est donné dès les cinq premières minutes. Dante Lam maîtrise son film avec brio.


Il faut maintenant présenter Manfred (Leon Lai), un flic qui sera l’opposé de Kee. Ce dernier poste un costume cravate, de jolies lunettes, a une femme superbe. Manfred porte une barbe mal taillée, s’habille avec les premières fringues qu’il trouve et semble vivre dans sa voiture. Il cherche encore le meurtrier de sa femme. Il est toujours flanqué de Cheung-on (Liu Kai-chi), un flic nerveux que l’on découvre complètement saoul. Les deux hommes que tout oppose vont devoir travailler ensemble. D’abord, pour retrouver le portable volé et ensuite pour résoudre une histoire de trafic de drogue. Les indices s’accumulent et surtout une évidence. Kee semble impliqué dans ce trafic puisque régulièrement les flics sont pris de court quand ils planquent.


Après quelques moments plus classiques, Dante Lam met en scène dans un restaurant une séquence magnifique où des armes doivent être vendues. Le port d’armes à feu est interdit à Hong Kong, de cela découle un grand trafic. Tous les personnages sont dans la pièce. Le tueur au chapeau, Manfred et une de ses collègues, un Chinois venu faire l’appât et les hommes de Kee. Les trafiquants d’armes arrivent. Tout devient une question de regard, de cachette. Ne pas se faire voir mais bien tout observer. Ne pas se faire remarquer mais agir au bon moment. Les téléphones sonnent. On avertit les malfrats de la présence des flics. La caméra tourne autour des personnages, la musique s’intensifie jusqu’à l’action et à un gunfight d’une très grande tenue. Une séquence d’anthologie.


Seulement voilà, des séquences comme celle-ci, il n’y en a finalement peu. Le vrai souci avec Fire of conscience demeure l’application avec laquelle Dante Lam développe la psychologie des personnages. Et le film en regorge. Chacun a ses raisons, ses motivations et cela devient parfois confus et convenu. Les acteurs sont pourtant admirablement dirigés mais le cinéaste décide de prendre la voie inverse de celle de Johnnie To (aucune psychologie, des personnages miroirs du spectateur) ou Andrew Lau (des personnages archétypaux mais peu nombreux). Le final montrera l’affrontement entre Kee et Manfred au milieu de la Fête du Dragon. Le film reprend un peu du poil de la bête.


Fire of conscience (火龍, Hong Kong, 2010) Un film de Dante Lam avec Leon Lai, Richie Ren, Wang Baoqiang, Vivian Hsu, Liu Kai-chi, Michelle Ye, Wilfred Lau, Charles Ying, Vanessa Yeung, Chen Kuan-tai, Tang Yan, Tan Kai, Yue Xiaojun.

jeudi 1 avril 2010

Sorties à Hong Kong (avril 2010)

Beauty on duty (美麗密令)
Un film de Wong Jing avec Charlene Choi, Sandra Ng, Chim Sui-man, Fan Siu-wong, William Chan, Lu Yi, Xie Na, Cheung Tat-ming, Hui Shiu-hung, Samantha Ko, Lam Suet, Lee Man-kwan, Leung Ching-kok, Sammy Leung, Lena Lin, Yuen King-tan. 97 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.







Crossing Hennessy (月滿軒尼詩)
Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Ekin Cheng, Maggie Cheung Ho-yee, Lam Wai, Danny Lee, Lowell Lo, Andy On, Paw Hee-ching, Gill Mohindepaul Singh, Maggie Siu, Mimi Zhu. 98 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.





Fire of conscience (火龍)
Un film de Dante Lam avec Leon Lai, Richie Ren, Wang Baoqiang, Vivian Hsu, Liu Kai-chi, Michelle Ye, Wilfred Lau, Charles Ying, Vanessa Yeung, Chen Kuan-tai, Tang Yan, Tan Kai, Yue Xiaojun. 106 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie : 1er avril 2010.







The Spy next door
Un film de Brian Levant (Etats-Unis) avec Jackie Chan, Jackie Chan, Amber Valletta, Madeline Carroll, Will Shadley, Alina Foley, Magnús Scheving, Billy Ray Cyrus, George Lopez, Katherine Boecher. 94 minutes. Classé catégorie IIA. Sortie : 1er avril 2010.