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jeudi 17 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) Iceman 3D


Iceman 3D (3D急凍奇俠, Chine – Hong Kong, 2014) Un film de Law Wing-cheong avec Donnie Yen, Wang Bao-qiang, Eva Huang, Daniel Wu, Bai Baihe, Simon Yam, Benny Chan. 103 minutes. Classé catégorie IIB. Sortie à Hong Kong le 17 avril 2014.

jeudi 10 avril 2014

Sorties à Hong Kong (avril 2014) The Midnight after


The Midnight after (那夜凌晨,我坐上了旺角開往大埔的紅 Van, Hong Kong, 2014) Un film de Fruit Chan avec Wong Yau-nam, Janice Man, Chui Tien-you, Kara Hui, Simon Yam, Sam Lee, Lee Sheung-ching, Lam Suet, Vincci Cheuk, Cherry Ngan, Kelvin Chan, Fiona Sit, Endy Chow, Jan Curious, Mike Orange, Kitty Trouble, Waiting Soul, Les Hunter, Yiu Yuet-ming, Melodee Mak. 120 minutes. Classé Catégorie III. Sortie à Hong Kong le 10 avril 2014.

jeudi 16 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) Control


Control (控制, Chine – Hong Kong, 2013) Un film de Kenneth Bi avec Daniel Wu, Simon Yam, Yao Chen, Leon Dai, Shao Bing, Kara Hui, Ang Yi-xuan, Hao Bo-jie, Linda Wong, Pauline Suen, Feng Jia-yi, Li Guang-jie, Nie Yuan. 92 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 16 janvier 2014.

jeudi 2 janvier 2014

Sorties à Hong Kong (janvier 2014) As the light goes out

As the light goes out (救火英雄, Hong Kong, 2013) Un film de Derek Kwok avec Nicholas Tse, Shawn Yue, Simon Yam, Hu Jun, Andy On, William Chan, Deep Ng, Patrick Tam, Liu Kai-chi, Ken Hung, Bai Bing, Michelle Wai, Bonnie Sin, Wang Zhi-fei, Siu Yam-yam, Andrew Lau, Kenny Kwan, Luo Shi, Jackie Chan. 115 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 2 janvier 2014.

jeudi 28 novembre 2013

Sorties à Hong Kong (novembre 2013) The Constable


The Constable (衝鋒戰警, Hong Kong, 2013) Un film de Dennis Law avec Simon Yam, Lam Suet, Sam Lee, Maggie Siu, Niu Meng-meng, Ken Lo, Maggie Li, Eddie Cheung, Zi Yi, Li Jin-jiang, Wang Si-ya, Chen Jing-yi, Lisa Cheng, Lo Hoi-pang. 100 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 novembre 2013.

mardi 12 novembre 2013

Tales from the dark 1


Trois contes sur les fantômes chinois par trois réalisateurs de Hong Kong composent ce Tales from the dark 1. Cette fois, les trois histoires sont de niveau à peu près égal, donnant un film très agréable à regarder avec ses qualités, à commencer par le casting de haute volée (Simon Yam, Tony Leung Ka-fai et Siu Yam-yam dans les rôles principaux) et ses défauts (les films de fantômes chinois, ça ne me fait vraiment pas peur mais c’est toujours amusant de regarder les acteurs qu’on aime jouer les revenants).

Simon Yam fait ses débuts de réalisateur avec le premier épisode. Dans Stolen Goods, il incarne Kwan, un ouvrier tellement rongé par ses insomnies qu’il n’arrive jamais à se rendre à l’heure à son travail. Il se fait virer de tous ses boulots, ouvrier dans le bâtiment ou cuistot dans un restau tenu par une Yuen Qiu (actrice trop rare depuis Crazy kung-fu) qui passe son temps à lui gueuler dessus entre chaque partie de jeux sur son smartphone. Kwan vit seul dans un minuscule cagibi où les étagères sont remplies de jouets et poupées filmés en gros plan qui leur donne un aspect inquiétant.

Pour survivre, Kwan suit les conseils de sa patronne qui lui a dit que seuls les fantômes voudraient l’embaucher. Il va donc voler des urnes funéraires et rançonner les familles. Ça n’était pas forcément une bonne idée. Simon Yam joue à fond la carte du grand guignol avec des apparitions des fantômes qui font sursauter dans des effets effrayants (montage cut et grosse musique), Lam Suet grimé en blanc en train de se goinfrer et Simon Yam dans un personnage d’agité du ciboulot qui ne comprend pas vraiment ce qu’il lui arrive et qui attribue sa folie à la terre entière.

Le commerce autour des fantômes se poursuit avec A word in the palm. Tony Leung Ka-fai est Maitre Ho, sorte de diseur de bonne aventures dans un quartier commercial de seconde zone. Il a décidé d’arrêter cette profession à la demande de sa femme (Eileen Tung) avec qui il est séparé mais qu’il espère reconquérir. Leur fils, désormais adulte, est un pianiste émérite. Les derniers clients de Ho sont un jeune couple qui attend un enfant. Ils souhaitent trouver le meilleur feng-shui pour leur bébé. Ho leur conseille d’aller voir Lan (Kelly Chen) qui tient la boutique voisine et qui leur prodiguera des conseils.

Lan est une femme excentrique qui n’a jamais vu de fantôme. Elle n’attend que cela avec une impatience non feinte, lassant un peu Ho qui est le sérieux même. Leurs attitudes opposées créent des moments légèrement comiques qui vont être contrariés avec l’arrivée de Ting (Cherrie Ngan) une lycéenne. Le duo de médium repère en elle un fantôme qui en veut au jeune marié qui vient de les consulter. Dans cet épisode, la tension est soutenue grâce aux portes qui coincent, avec le visage cadavérique de la lycéenne et le danger qu’elle représente face à la mariée enceinte.

Le dernier conte est réalisé par Fruit Chan que l’on n’avait pas vu depuis Nouvelle cuisine. Jing Zhe commence avec des plans épars filmés caméra à l’épaule dans un quartier populaire. Des vieilles dames s’affairent pour attirer des clients qui veulent lancer quelques sorts à leurs ennemis. Les gens apportent des photos et les intermédiaires tapent avec une chaussure sur les photos en lançant des incantations. Parmi eux, Chu (Siu Yam-yam, actrice au visage atypique) est installée au milieu des bougies, amulettes et bâton d’encens. Elle reçoit comme cliente une jeune femme (Dada Chan) qui en veut à trois hommes et à une femme.

Cet épisode est le plus effrayant des trois contes de Tales from the dark 1. On ne comprend pas immédiatement où veut en venir Fruit Chan. C’est d’abord le boniment de Chu qui est mis en avant, entre volonté de satisfaire les clients qui ne pratiquent ses sorts plus par tradition que conviction et sa lassitude de devoir encore travailler à son âge avancé. Puis, l’angoisse commence à pointer son nez quand on comprend que cette jeune femme est un fantôme et qu’elle cherche à se venger de ceux qui l’ont fait mourir. L’effroi ne se crée pas avec son apparition mais par le regard effrayé de Chu devant ce fantôme vengeur. Tout cela donne envie de regarder assez vite Tales from the dark 2.

Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan. 1. Stolen goods avec Simon Yam, Yuen Qiu, Maggie Siu, Felix Lok, Lam Suet, Jonathan Wong, Audrey Chan, Ben Yuen, Ma Yu-ching, Ho Sai-man, Cat Lee. 2. A word in the palm avec Tony Leung Ka-fai, Kelly Chan, Eileen Tung, Dada Chan, Cherry Ngan, Eddie Li, Jeannie Chan, Kitson Shum, 3. Jing Zhe avec Siu Yam-yam, Fala Chen, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho.

mardi 5 novembre 2013

Une balle dans la tête


Une balle dans la tête est le film le plus lyrique de John Woo. Le contexte est le Hong Kong de 1967, dans les quartiers pauvres où les trois personnages, tout juste rentrés dans l’âge adulte mais encore immatures, ne rêvent que d’une chose : une vie meilleure. Une balle dans la tête filme d’abord leur sourire, leur amitié  indéfectible, leur jeu innocent et se termine avec des visages grimaçant de douleurs, le cœur brisé et l’amitié détruite. John Woo filme ce mouvement en deux heures et cinq minutes.

Le générique d’ouverture est guilleret. Benny (Tony Leung Chiu-wai), Frank (Jacky Cheung) et Paul (Waise Lee) se connaissent depuis l’enfance. Le premier va bientôt se marier avec Jane (Fennie Yuen), une jeune femme de leur quartier. Ils ne pensent pas pouvoir sortir de ces quelques rues où ils trainent en vélo imaginant des courses, comme s’ils étaient dans La Fureur de vivre. Frank manque de tomber à l'eau dans cette course (signe prémonitoire). Paul ne rêve que de pouvoir conduire une Mercedes, sa seule ambition.

Benny épouse Jane sous la pluie. Frank n'est pas là. Il doit emmener de quoi payer le restaurateur, il a emprunté de l'argent, sur le chemin, il se fait racketter par une bande du quartier voisin. Il se fait salement amocher. Benny et Paul vont le venger à coups de barres de fer. Le mariage de Benny n'aura duré qu'une nuit, il doit fuir parce que le chef de la bande est mort dans la baston. Les trois amis décident de partir au Viêt Nam, en pleine guerre, parce que, comme leur dit un parrain bien intentionné « c'est dans le plus grand des chaos qu'on peut faire les meilleures affaires ». On leur confie des amphétamines qu'ils iront vendre au Viêt Nam pour démarrer.

Le chaos, il est déjà à Hong Kong avec les manifs étudiantes qui commencent à enflammer le campus universitaire. Jane est encore étudiante, Benny est déjà recherché activement par la police locale. Les manifestants sont communistes, ils lâchent des bombes au milieu de la rue, ces salauds. A Saïgon, dans le Sud Viêt Nam, d'autres communistes manifestent pour protester contre la présence des Américains. Lors de ces deux manifs, on pense aux événements de Tian An Men survenu pendant le tournage, on voit des étudiants devant un char d'assaut. Un autre attentat est commis dans la rue. Pas de bol, toute la marchandise des trois amis est détruite par la bombe.

Le lyrisme d’Une balle dans la tête passe par la nostalgie du pays natal pour les trois garçons coincés en pleine guerre dans un pays dont ils ne parlent pas la langue. Ils voulaient contrôler leur destin mais n’y parviennent pas. La nostalgie passe par le personnage de Sally Yan (Yolinda Yan), qui fût, jadis, vedette de la chanson à Hong Kong. Son regard triste n’exprime qu’une chose : espérer son retour dans la colonie britannique. Benny la remarque tout de suite, elle lui rappelle sans doute Jane laissée au pays.  Sally Yan chante des chansons mélancoliques dans le cabaret où on l’oblige à travailler.

Son bourreau est Leong (Lam Chung), caricature de parrain de triades au ricanement constant. Il est pourtant le point de chute des trois amis, leur contact pour « réussir ». C’est lui qui profite du chaos de la guerre pour se faire de l’argent. Il est de mèche avec les autorités. Il retient Sally en cachant son passeport. Il la soumet en la droguant. Le dernier personnage auquel les trois amis vont se raccrocher est Luke (Simon Yam) qui apparait comme un fantôme tout vêtu de blanc qu’il est. Il est l’antithèse de Leong, le sauveur de toutes les situations. Leong est un traitre, Luke un ange.

La guerre rend fou, le chaos change les hommes. Paul se démarque de ses deux amis en ne voulant qu’une chose : l’or qui appartient à Leong. L’amitié ne vaut rien face à de l’or. La traversée des champs de bataille permet à John Woo de rivaliser, avec beaucoup moins de moyens, avec Hollywood. Le film est un dépliage de Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino. Dans cette course folle en voiture au milieu des bombes qui tombent, des Vietnamiens qui fuient, l’incongruité de se trimballer avec un coffre plein d’or détonne.

La tension dans ces scènes de bataille se crée ainsi en opposant la violence des combats, filmés en alternant plans larges et gros plans, et l’angoisse qui se lit sur le visage de Paul, Benny, Frank, Luke et Sally. Puis, il s’accentue encore plus lorsque les Viêt-Cong (le film est violemment anti-communiste) obligent les soldats prisonniers puis Frank et Paul à abattre à bout portant d’autres prisonniers. La tension est à son comble quand Paul, tenant le coffre d’or dans une main, ne peut pas s’empêcher de ne vouloir sauver que sa peau et abandonner Frank, blessé, à son sort.

Les beaux visages des quatre acteurs n’en finissent pas de se tordre, au ralenti, sous la douleur à la fois physique et morale. John Woo leur demande d’hystériser leur interprétation, de hurler les dialogues, de crisper leur yeux. Il défigure la beauté de Tony Leung Chiu-wai, celle de Simon Yam ou Jacky Cheung, en les plongeant dans la boue, dans le sang, dans la sueur. Les corps sont épuisés, les visages remplis de cicatrices, leur jeunesse est perdue. Le spectateur est lui aussi épuisé par le sort qu’on leur fait subir sans ménagement. Une balle dans la tête est l’un des films les plus viscéraux et les plus sombres de John Woo.

Une balle dans la tête (Bullet in the head, 喋血街頭, Hong Kong, 1990) Un film de John Woo avec Tony Leung Chiu-wai, Jacky Cheung, Waise Lee, Simon Yam, Yolinda Yan, Lam Chung, Fennie Yuen, Chang Gan-wing, So Hang-suen, Pau Hei-ching, Cheung Chang, Siao San-yan, Yee Tin-hung, Pooi Wan, Tsui Kwong-lam, Lawrence Lau, To Wai-wo, Lam Chi-tai, Wan Seung-lam, Raymond Lee, Jameson Lam.

jeudi 11 juillet 2013

Sorties à Hong Kong (juillet 2013) Tales from the dark 1


Tales from the dark 1 (李碧華鬼魅系列-迷離夜, Hong Kong, 2013) 
Un film de Simon Yam, Lee Chi-ngai et Fruit Chan avec Simon Yam, Tony Leung Ka-fai, Lam Suet, Dada Chan, Siu Yam-yam, Felix Lok, Fala Chen, Kelly Chan, Yuen Qiu, Maggie Siu, Josephine Koo, Lo Hoi-pang, Cherry Ngan, Eileen Tung, Jonathan Wong, Chan Lai-wan, Julius Brian Siswojo, Leung Wing-kit, Tony Ho. 108 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 11 juillet 2013.



dimanche 9 juin 2013

Casino


Interviewé par la télévision, Giant Wan (Simon Yam) raconte son parcours de parrain des triades de Macao. Il s’adresse directement au spectateur, regard caméra, créant ainsi une proximité et une confiance. La journaliste semble avoir tiré le bon client avec cet homme souriant, bon vivant et joueur impénitent. Avec son pote Liu (Alex Fong Chung-sun), Wan passe son temps dans les tripots à essayer de gagner aux cartes dans les casinos, à défier les arnaqueurs de rue en misant sur la bonne carte et à ne pas croiser la route de l’incorruptible inspecteur To (Kent Cheng) qui sermonne tous ceux qui viendraient mettre le trouble dans sa juridiction. Et de temps en temps, il chante en boîte de nuit la chanson des Il était une fois en Chine, très belle scène. Casino se déroule en 1991, huit ans avant la rétrocession de Macao à la Chine. La différence entre Hong Kong et Macao, ce sont donc ces casinos qui sont autorisés et le portugais qui remplace l’anglais.

Comme dans tout film de triades qui se respecte, les affrontements entre les clans constituent le socle du récit. Ici, en l’occurrence, Lo Ping (Frankie Ng) qui aimerait s’accaparer le marché de Wan. Le film montre les manigances de Lo Ping dans sa lutte du pouvoir, les combats entre clans avec coups brutaux et sang qui gicle (d’où l’une des raisons du classement Catégorie III) et les habituels scories sur les valeurs des membres des triades. Lo Ping est à l’opposé de Wan, c’est un homme très sympathique, charismatique et sain qui ne boit pas d’alcool ni ne fume. L’inspecteur To en viendrait presque à faire son éloge. En tout, dit le film, comparé aux autres parrains, Wan est un héros des temps modernes. C’était la mode de valoriser les triades à l’époque ou, plutôt, de fantasmer sur leur mode de vie. Le film nage régulièrement dans les pires clichés sur le milieu. Qui plus est Casino présente sous un mode volontairement plaisant son duo d’acteurs.

C’est justement le duo Simon Yam/Alex Fong Chung-sun qui mène le récit. Si le premier est aujourd’hui, grâce aux films de Johnnie To, très connu, le deuxième reste encore bien inconnu malgré sa centaine de films où il incarne souvent des seconds rôles. L’intérêt majeur de Casino est dans le rapport entre Wan et Liu que l’on peut qualifier de passionnel. Comme dans bon nombre de films de triades, les deux hommes se considèrent comme deux frères et se sont sans aucun doute connus dès l’enfance. Liu, physiquement plus grand que Wan et à la voix bien plus grave, n’a pas le même caractère : fumeur, irascible et volontiers violent, il représente cependant l’archétype de l’homme de main qui n’hésite à donner du coup de poing pour son patron quand un adversaire les menace ou les arnaque. Leur réussite et leur amitié sont représentées par un jeton de casino, le premier gagné par Liu, à la valeur sentimentale. Symboliquement, les deux hommes sont les deux faces d’une même pièce.

Mais Liu est plus qu’un homme de main, le film laisse transparaitre une relation de couple, quasi amoureuse entre les deux hommes. Au beau milieu du film, on apprend que Wan est marié et sa femme va bientôt accoucher. Mais Wan semble n’en avoir rien à foutre et quand elle va à la maternité, il ne s’intéresse ni à elle ni au bébé. Passée cette scène arrivée comme un cheveu sur la soupe, l’épouse disparait. Rarement deux personnages ne s’intéresseront aussi peu aux femmes que dans Casino. En revanche, Liu tombe subitement malade, du sang coule de son nez, là Wan prend soin de lui, va le voir à l’hôpital, l’aide à se rétablir et passe tout son temps avec lui. Si l’on ajoute à cela des regards langoureux filmés au ralenti entre les deux hommes, des caresses sur le visage de Liu de la part de Wan dans la scène finale, on peut considérer que le vrai couple d’amoureux est bien Wan et Liu. C’était peut-être cela le véritable sujet de l’interview de la journaliste, prétexte à ce double portrait.

Casino (濠江風雲, Hong Kong, 1998) Un film de Billy Tang avec Simon Yam, Alex Fong Chung-sun, Kent Cheng, Kenix Kwok, Frankie Ng, Moses Chan, Michael Lam, Raven Choi, John Ching, Ada Choi, Michael Chan, Ben Ng, Teresa Ha, Tommy Law, Ng Ting-yip.

lundi 3 juin 2013

Gigolo and whore


Jeune chinoise tout juste débarquée de sa campagne à Hong Kong, Hung (Carina Lau) est timide, prude et naïve. Elle veut retrouver sa cousine Kiki (Angile Leung), venue elle aussi des années auparavant pour se faire héberger et elle se rend compte qu'elle est devenue une « animatrice de bar ». Elle met un peu de temps à comprendre ce que ça veut dire d'autant que cela heurte son éducation continentale. Le spectateur a vite compris car ce film s'appelle Gigolo and whore et en l'occurrence, le gigolo est Sam (Simon Yam), l'homme le plus demandé à Hong Kong, comme le dit un homme en début de film. Sam se joint à Kiki dans le bar et c'est là qu'il rencontre Hung et qu'il va la prendre sous son aile.

Hung s'étonne de tout : qu'un verre de vin coûte si cher, qu'on puisse parler de sexe si franchement, qu'on ait pu lui voler ses valises qu'elle avait laissées dehors. Mais aussi découvre les belles technologies du moment, c'est à dire de 1991, le caméscope ou le CD. Elle finit par comprendre que Sam vend son corps pour de l'argent. La scène est d’ailleurs plutôt amusante, comme toute la première moitié du film, puisque Hung, par maladresse, a allumé le caméscope et voit Sam en train de coucher avec une femme. Sam espère que Hung pourra trouver du boulot dans le bar où il bosse mais là encore la terrible maladresse dont elle fait preuve ne lui permet pas de faire simple barmaid. Une idée jaillit alors, Hung, en attendant de trouver un vrai boulot, va faire l’escort girl quelques temps. Hung lui affirme que cela est dangereux, qu’une fois ce boulot commencé, il est difficile d’en sortir.

La transformation de Hung peut commencer : la gentille pucelle va devenir une superbe bimbo. D’abord son look. Sam, en expert de la gent féminine, va lui choisir sa robe, ses chaussures et, bien entendu, son soutien-gorge devant la vendeuse médusée de son habileté à les ouvrir d’un simple contact de son doigt. Puis, direction salon de coiffure et maquillages. Il continue par des exercices de souplesse car ça peut servir. Viennent les cours de cantonais. Ensuite, Sam lui apprend à simuler l’orgasme et à imiter les petits couinements de plaisir. Tout cela est sur le mode de la comédie légère et parodie les enseignements des maitres d’arts martiaux à son disciple. Mais la plus importante recommandation est de ne jamais tomber amoureuse de son client. La référence à Pretty woman est non seulement évidente mais littéralement citée dans les dialogues.

Malgré son titre bien racoleur et son classement en Catégorie III, Gigolo and whore est une comédie romantique bien sage. Peu de scènes érotiques pour égayer les yeux. Comme on s’en doute un peu, Sam va tomber amoureux de Hung, et réciproquement. Tout cela va se compliquer avec une mission que Hung accepte. Elle est engagée pour distraire Dickson Lee (Alex Fong Shung-sun), jeune millionnaire éploré depuis que sa femme est décédée. Elle va se prendre d’affection pour Dickson qui tombe amoureux d’elle. Le film fait semblant de se demander qui elle va choisir entre le gigolo et le millionnaire. Ce sont essentiellement les trois acteurs principaux, Simon Yam, Carina Lau et Alex Fong Chung-sun, sans oublier Angile Leung en pimbêche rigolote, qui font passer cette comédie romantique plus sucrée qu’acidulée.

Gigolo and whore (雞鴨戀, Hong Kong, 1991) Un film de Terry Tong avec Simon Yam, Carina Lau, Alex Fong Chung-sun, Angile Leung, Yiu Chi-wan.

jeudi 4 octobre 2012

Sorties à Hong Kong (octobre 2012)


Cross (第六誡, Hong Kong, 2011)
Un film de Daniel Chan avec Simon Yam, Kenny Wong, Gung Tse-yan, Nick Cheung, Liu Kai-chi, Evelyn Choi, Chen Rui, Mok Chi-yee, Au Hin-wai. 85 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 4 octobre 2012.

jeudi 6 septembre 2012

Sorties à Hong Kong (septembre 2012)


Passion Island (熱愛島, Hong Kong, 2012) 
Un film de Kam Kwok-leung avec Simon Yam, Joan Chen, Francis Ng, Chang Chen, Janice Man, Song Jia, Shen Fang-xi, Huang Wei-de. 94 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 6 septembre 2012.

mardi 22 mai 2012

Once upon a time a hero in China



Parce que le cinéma cantonais est d’abord une industrie (et c’est très bien comme ça), les succès du jour font l’objet de reprise, pastiche, parodie. Comme son titre l’indique très précisément Once upon a time a hero in China prend comme modèle Il était une fois en Chine et La Secte du lotus blanc, les deux premiers épisodes de la saga de Tsui Hark (la cérémonie de la secte sera allégrement décalquée). Le titre en chinois se traduit par « Wong Fei-hung pour rire » avec dans le rôle titre Alan Tam du héros chinois. Lee Lik-chi n’a pas pu, contrairement à Wong Jing avec Claws of steel, un an plus tard, employer Jet Li. Alan Tam a sans douté été, il y a deux décennies, une immense star, mais il apparait aujourd’hui bien fade.

L’avantage pour Lee Lik-chi est de ne pas à avoir à présenter les personnages. Tout le monde connait le médecin chinois et ses disciples. On le découvre au bord de la mer, sur un rocher en train de recevoir sur la figure une grosse vague. Car le Wong Fei-hung de Once upon a time a hero in China est un homme faible. D’autres diraient qu’il est nul, incompétent, incapable, mais il est un héros, et le film va devoir faire qu’il ne le soit pas seulement dans le titre mais aussi aux yeux de tous les autres personnages. Le maître n’en est donc pas un, on voit bien que ses compétences lors du défilé des dragons ne sont pas bonnes, qu’il fait tout rater et que ses élèves sont en vérité ceux qui ont le savoir.

Ce sera à eux qu’incombera la fastidieuse tache de faire de Wong Fei-hung un héros qui pourra, dans un film non parodique, être incarné par Jet Li. Wing (Eric Tsang) est l’expert en kung-fu. Il faut bien voir le petit et grassouillet acteur se démener tel Sammo Hung. So (Ng Man-tat) avec ses grandes dents en avant est le médecin, celui qui sait vraiment soigner. On le voit à l’œuvre, une fois sur Tante Yee (Teresa Mo) et une autre sur Wing, dans des situations humiliantes pour les patients avec des tubes placées çà ou là. Enfin, Leung (Simon Yam), bien que vierge – comme il le proclame – est son expert en choses de l’amour. Tous les trois vont apprendre à Wong Fei-hung autre chose que la cuisine, car le médecin se passionne pour l’art culinaire. D’ailleurs, il clame « à table », dans un effet comique dès que ses comparses commencent à se disputer entre eux.

La rivalité entre les personnages démarre dès que Tante Yee entre en scène. Totalement à l’opposée du personnage de Rosamund Kwan, celui de Teresa Mo est immature, inconséquente et nymphomane. Elle se met à sauter sur chacun des disciples à tour de rôle avant de trouver Wong Fei-hung, car après tout, elle succombera au charme du médecin comme il devra lui résister pendant tout le film. Ces conventions sont là aussi réduites à néant pour produire le comique : la nymphomanie de Tante Yee est ce qui compte le plus. Son personnage n’est pas montré de manière positive, bien au contraire, et les quatre hommes ne la mettent pas en valeur. Dans la série de Tsui Hark, elle était porteuse de modernité face à l’esprit conservateur de Wong, ici, les gadgets occidentaux qu’elle amène la ridiculise encore plus, comme ce spray anti cafards dont elle vaporise les disciples.

Certes, Tante Yee permettra à Wong Fei-hung de s’accomplir et de devenir le héros que le titre promet et que la légende clame. Mais, ce sera le méchant du film, Ken (Tony Leung Ka-fai) qui va révéler le médecin. Il se livre à quelques forfaits, notamment au trafic d’opium avec ces « diables » d’étrangers (ici personnifiés par l’éternel blanc méchant, l’acteur Paul Fonoroff). Il ne faut pas compter sur Tony Leung Ka-fai pour ne pas en faire des tonnes : il cabotinera à chacune de ces scènes. Comme il se doit, Wong Fei-hung en sortira vainqueur et finalement quand il retournera au bord de la mer, il utilisera son célèbre coup de pied contre la vague qui obéira à ses ordres et ne le mouillera pas. Voilà un vrai héros chinois.

Once upon a time a hero in China (黃飛鴻笑傳, Hong Kong, 1992) Un film de Lee Lik-chi avec Alan Tam, Teresa Mo, Eric Tsang, Ng Man-tat, Simon Yam, Tony Leung Ka-fai, Sek Kin, Paul Fonoroff, Vincent Kok, Charine Chan.

mardi 17 avril 2012

Rose Rose I love you



Vraie fausse suite de 92 Legendary La Rose noire, Rose Rose I love you est d’abord un festival Tony Leung Ka-fai qui apporte de sa voix nasillarde toute l’incongruité qu’il faut à son personnage de flic un peu loser mais qui ne le sait pas vraiment. Habillé comme il se doit avec un costume qui aurait fait fureur dans les années 1960, Keith enquête sur Micky (Simon Yam), un voleur échappé de prison qui est à la recherche d’un diamant (la rose malaisienne). Micky va sans aucun doute rejoindre sa petite amie Pearl (Carina Lau). Keith décide de squatter l’appartement sur le même palier pour mieux la surveiller. Problème, le collègue du flic, Leung (Kenny Bee), qui a aussi remarqué de Pearl est bien jolie, aimerait mener les investigations et les deux hommes vont se disputer.
Car la trame policière du film n’est qu’un McGuffin des plus grossiers. Certes, on verra le personnage de malfrat de Simon Yam de temps en temps, comme si les scénaristes se rappelaient qu’il est dans le film, mais ce sont les tentatives calamiteuses des deux hommes pour draguer les filles qui constituent l’essentiel du récit de Rose Rose I love you. Même la référence aux aventures de Rose Noire est peu marquée, arrivant par intermittence et se battant dans un combat un peu mou entre Carina Lau et Veronica Yip, portant toutes les deux un masque de plumes sur les yeux. On voit également des extraits d’une des versions des années 1960 avec Shek Kin et Nam Hung, l’actrice fétiche de ce personnage de voleuse.
Les deux flics vont donc s’installer dans cet immeuble. Appartement 2B, celui où habite Bowie Lam, prétendument atteint d’amnésie et à qui Keith va faire croire qu’il est son petit ami. Il va le pousser dehors au bout de quelques minutes pour devoir confronter Beauty (Veronica Yip) habillée en garçon. Appartement 2A, Leung ne perd pas de temps et se fait passer auprès de Pearl pour un immigré chinois perdu et qui demande de l’aide. Il serait difficile de décrire tous les gags mais certains sont très bons. Les acteurs se donnent à fond pour faire exister des situations improbables (une grand-mère boit du thé dans un placard, un affrontement à coup de bouilloires entre Simon Yam et Kenny Bee, des déguisements, des portes qui claquent, des quiproquos à gogo, un strip-tease en comédie musicale dans un lycée). Parfois, les situations sont un peu trop répétitives comme les différentes tentatives de suicide de Beauty. L’intérêt de Rose Rose I love you repose donc sur la capacité du spectateur à assimiler un humour épuisant mais jouissif.
Rose Rose I love you (玫瑰玫瑰我愛你, Hong Kong, 1993) Un film de Jacky Pang avec Tony Leung Ka-fai, Carina Lau, Kenny Bee, Simon Yam, Veronica Yip, Charine Chan, Bowie Lam, Ku Feng, Lo Hung, Tommy Leung, Jameson Lam.

jeudi 15 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Nightfall (大追捕, Hong Kong, 2011)

Un film de Roy Chow avec Simon Yam, Nick Cheung, Kay Tse, Janice Man, Michael Wong, Tian Zhuang-zhuang, Dou Xiao, Ang Lee, Candice Yu, Cheung Kwok-keung, Felix Lok, Hung Cheuk-lap, Ngan Cheuk-ling, Gordon Liu, Kung Shek-leung, Ken Lo. 107 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.


dimanche 30 octobre 2011

The Suspect


Après douze ans de prison, Don Lee (Louis Koo) retrouve enfin la liberté. En 1986, quelque part en Asie (comme il est indiqué dans un carton en ouverture du film), Don Don avait seize ans. A peine dehors, il est pris en charge par ses anciens amis, conduit dans un hôtel de luxe et livré aux bons soins d’une prostituée. Là, un coup de téléphone le ramène à la réalité. Hung lui demande un service : tuer un candidat aux élections qui fait un meeting en face de son hôtel. Il devra ensuite tuer la prostituée. Puis, Max (Cheung Chi-lam) l’attendra dans le hall de l’hôtel et ils s’enfuiront. Mais Don Don refuse, Max abat lui-même le candidat, la police arrive et Don Lee cherche à lui échapper.
C’est une course poursuite d’une heure et demie qui s’engage dans The Suspect. Le jeune homme est devenu le suspect idéal. Tès vite la presse est sur le coup et annonce que c’est un Chinois qui a tué l’homme politique. La foule qui soutient le candidat veut lyncher Don qui se retrouve traqué, seul, avec des ennemis de toutes parts. La police veut l’arrêter, Hung et Max considèrent qu’il a trahi la « famille » et la population de ce pays imaginaire veut sa peau (on y parle anglais, les noms des gens font espagnol et c’est filmé aux Philippines). Il faut fuir. Don sort de prison et, une fois en liberté, se retrouve prisonnier d’une situation qu’il na pas choisie. C’est l’idée hitchcokienne du héros innocent pris dans l’engrenage du destin.
Seules deux personnes vont l’aider à se sortir de cette situation. Annie (Ada Choi) et King (Ray Lui). La première est journaliste et va se rendre compte que cette histoire est trop complexe pour Don. Elle va le soutenir, le guider dans ce pays qu’il ne connait pas, dont il ne parle pas la langue. Don veut se rendre, s’expliquer à la police et surtout, il veut faire comprendre que Hung est le commanditaire de tout cela. Mais quand il désigne Hung (Simon Yam), on lui dit qu’il s’agit d’Aquino, un homme politique local. Aquino, habillé d’une traditionnelle chemise blanche légère (celle que portent les notables) et qui ne prétend parler qu’anglais (Don lui ne parle que chinois) récuse toutes ces accusations. Don fera tout pour prouver qu’Aquino est Hung. Ce qu’il est évidemment.
L’autre soutien que reçoit Don Lee est celle de King, un membre de la légion étrangère. Il faut avouer que ce personnage n’est là que pour apporter quelques scènes d’action spectaculaires, comme cet assaut en hélicoptère sur un pont. Annie est la douceur, la sensibilité (il se passe quelque chose de très fort entre elle et Don, mais ça n’est pas de la romance), alors que King est la force, la violence, c’est un personnage quasi irréel sorti d’on ne sait, qui semble tout savoir sur Don Lee. Le film va balancer entre les deux, entre la raison (elle veut aller avec lui à la police pour se rendre et discuter) et l’action pure, bête et méchante (faut tout faire exploser puisque personne ne veut entendre raison). Don Don est balloté entre deux pôles et le film alterne les séquences d’action avec des scènes plus calmes.
Comme Chow Yun-fat dans Full contact et comme Lau Ching-wan dans Full alert, Louis Koo est le héros déterminé à rendre la justice quelques soient les embûches qu’on puisse lui mettre sur son chemin. Simon Yam est un méchant bipolaire. Son personnage n’apparait que très tard dans le film, il est au centre du récit. Don Don croit encore qu’il va dire la vérité à son sujet, le déculpabiliser et que cette promesse d’un monde meilleur arrivera. Mais Hung est un démon du chaos qui a élevé ses deux fils adoptifs Max et Don pour en faire des armes. Il leur a enlevé toute humanité, Don sera obligé d’éliminer son père et son frère diabolique pour commencer à vivre. The Suspect est un film qui montre cet exorcisme.
The Suspect (極度重犯, Hong Kong, 1998) Un film de Ringo Lam avec Louis Koo, Cheung Chi-lam, Simon Yam, Ray Lui, Ada Choi, Eric Mo, Phillip Ko, Johnny Cheung, Raven Choi, Iris Chai, Fok Wing-fu.

mardi 25 octobre 2011

Full contact


Ce qui frappe dès le début de Full contact, c’est sa vulgarité. Mais le dit l’expression critique facile « c’est voulu ». Oui, Ringo Lam a choisi de montrer des personnages bêtes et méchants habillés dans des couleurs qui ne s’accordent, il a choisi de les filmer en grand angle et en gros plan, il a choisi de les rendre totalement amoraux et inconséquents. Et d’une certaine manière, Full contact rappelle les premiers films de Wai Ka-fai conçus quelques années plus tard pour la Milkyway (Too many ways to be N°1 est le prototype parfait).

D’ailleurs, Ringo Lam présente d’abord les affreux du film, la bande de cambrioleurs de Judge (Simon Yam), un homo tellement raffiné qu’il en est kitsch. Son mignon lui fait les ongles, le peigne, l’habille avec des tenues extravagantes. Chemises à jabot vertes ou violettes, des vestes improbables. Sa petite mèche sur le front, son regard narquois et ses pauses féminines en font pourtant un redoutable salaud qui n’hésite jamais à flinguer n’importe qui à la moindre occasion. Il est accompagné d’un couple, Ngang (Bonnie Fu) et Psycho (Frankie Chan). Lui est le costaud bagarreur, elle est l’hystérique nymphomane de service qui montre sa culotte à tout vent. Une fine équipe.

Sam Sei (Anthony Wong, constamment dans le sur-jeu jouissif) n’arrive pas à payer ses dettes. Il fait appel à son vieil ami Gou Fei (Chow Yun-fat), un videur de boites de nuit à qui on ne la raconte pas. Lui aussi a le poing facile. Il sort avec une gentille fille Mona (Ann Bridgewater), le seul personnage calme de tout le film, le seul auquel on peut éventuellement s’identifier s’il elle n’était pas aussi manipulable. Bref, le scénario se lance et tient dans les phrases suivantes : Judge va faire un gros coup en Thaïlande avec sa bande, Gou Fei et Sam Sei. Mais Judge décide de tuer Gou Fei qui passe pour mort. Gou Fei va chercher à se venger.

La vengeance est un film qui se mange à grands coups de flingues pour Ringo Lam. Et il n’ira pas avec le dos de la cuillère. Le braquage en Thaïlande en faisant déjà beaucoup, Judge flingue sur une maison où Gou Fei s’était réfugié. Toute la famille y passe, puis quelques grenades font flamber le tout, Gou Fei parvient à sauver une la fille et le chiot. Guérir, panser ses blessures, recouvrir des forces, apprendre à nouveau à tirer malgré sa blessure à la main droite. Quelques doigts ont été arrachés et on pense forcément au sabreur manchot, Ringo Lam place son film dans la lignée de ces films où le héros solitaire va prendre sa revanche. Et la revanche, la vengeance sera sanglante, on s’en doute. Jusqu’à la toute fin, ça va crever dans la bidoche, ça va exploser les viscères, ça va juter de l’hémoglobine.

Ce que parvient à produire Full contact est pourtant remarquable. En décomplexant son film de toute morale telle qu’on l’entend communément (seuls Gou Fei et Mona en gardent encore quelques relents), Ringo Lam crée un monde qui n’a plus rien à voir avec la réalité. La noirceur du monde décrit est radicalement opposée aux couleurs criardes des vêtements, le rire crétin et aigu de Ngang contraste avec la voix doucereuse et hypocrite de Judge (qui passe son temps à admirer les yeux de Gou Fei), l’angoisse de Sam Sei détonne face au calme de Gou Fei, quelle que soit la situation. Ce monde sans douceur, tout en brutalité, n’est qu’un monde de cinéma dans toute sa cohérence, qui plus est illustré par la musique en riffs de guitare composée par Teddy Robin. On en sort épuisé et ravi de savoir que ce genre de film existe.

Full contact (俠盜高飛, Hong Kong, 1992) Un film de Ringo Lam avec Chow Yun-fat, Simon Yam, Anthony Wong, Ann Bridgewater, Bonnie Fu, Frankie Chan, Nam Yin, Victor Hon, Chris Lee, Chun Hung.

jeudi 23 juin 2011

Sorties à Hong Kong (juin 2011)


Beginning of the great revival (建黨大業 , Chine, 2011)
Un film de Han Sanping et Huang Jianxin avec Chow Yun-fat, Andy Lau, John Woo, Guo Tao, Nie Yuan, Ma Shao-hua, Chang Chen, Yi Zhen, Simon Yam, Daniel Wu, Chen Kun, Dong Jie, Ray Lui, Zhang Hanyu, Gordon Cheung, Zhao Ben-shan, Zhou Xun, Tang Wei, Michelle Ye, Huang Xuan, Nick Cheung, Alex Fong Chung-sun. 124 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 23 juin 2011.

dimanche 6 mars 2011

The Hitman


Un tueur à gages anonyme élimine des gens riches sur lesquels la justice est inefficace. Il se fait appeler « l’ange exterminateur » et l’un de ses particularités et de ne pas se faire payer. The Hitman s’ouvre sur la mise en place de l’exécution de Tsukamoto, un homme d’affaires japonais montré comme un obsédé sexuel qui aime par-dessus tout violer les jeunes femmes vierges. Le hitman est masqué, il s’introduit dans le building où se trouvent les bureaux de Tsukamoto, tire sur les caméras de surveillance pour ne pas être filmé. Face au Japonais, il se voit menacer de représailles s’il est tué. Une prime de 100 millions de dollars est prévue en cas d’assassinat. Sans un mot, le hitman tue Tsukamoto.

Le fils de Tsukamoto (Sato Keiji) met immédiatement en place un conseil de guerre pour venger son père et annonce que la prime sera offerte à la personne qui découvrira qui est le tueur masqué et invisible. Ngor alias Crocodile (Eric Tsang) croit à sa chance décrocher le gros lot. Ngor est une grande gueule mais c’est un petit escroc qui rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Régulièrement, sa fille Gigi (Gigi Leung) qui fait des études de droit pour devenir avocate de venir lui payer ses cautions quand il se fait prendre par la police. L’avocat de Tsukamoto reçoit tous les candidats à la prime. C’est là qu’il rencontre Fu (Jet Li) venu lui aussi pour empocher l’argent.

Fu est un jeune immigré chinois débarqué à Hong Kong et qui vit, avec des compatriotes, dans un taudis. Il est tueur à gages à la recherche du moindre cachet. Il porte de vieux vêtements qui sentent pas bon. Il reprise son pantalon usé jusqu’à la corde. Il est surtout très radin, il économise le moindre centime et refuse de dépenser quoi que ce soit, y compris pour la bouffe. Toute cette radinerie tend vers l’humour comme si Fu ne rendait pas compte de son défaut. On le voit ainsi manger à côté d’un Indien qui lui propose un bout de poulet dont Fu s’empare sans partager alors que ce dernier offre au pauvre Indien une minuscule portion d’omelettes. Fu le radin et Ngor le tocard font faire affaire ensemble.

Le duo est l’attraction majeure de The Hitman. Il fonctionne sur le registre inépuisable du buddy movie où les deux héros sont très mal assortis mais parviennent à surmonter les épreuves qui se trouvent sur leur chemin. Fu va s’incruster chez Ngor qui voit cela d’un mauvais œil. Et quand Gigi passe à l’appartement, Fu ne semble pas insensible à son charme, ce qui rend Ngor encore plus en colère d’autant qu’elle est fiancée à un de ses collègues avocats. Mais en attendant, il faut que Fu ressemble à un vrai tueur à gages : direction le tailleur avec une séquence classique d’essayage de costumes où Fu est habillé comme Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime ou comme Jean Réno dans Léon.

Au bout d’un moment, il faut bien que le scénario revienne à cette histoire de tueur à gages. Je n’ai pas encore parlé d’un personnage important du film, celui de l’inspecteur Chan (Simon Yam) qui a été mis au courant de la prime et qui soupçonne Fu d’être le hitman vengeur et bénévole. Il va donc augmenter la surveillance sur le duo. Jusqu’à la révélation finale, on ne saura pas qui est le tueur. Mais à vrai dire, ça n’est pas très important puisque la valeur de The Hitman vient de l’irrésistible duo comique entre Jet Li et Eric Tsang. De la même manière, l’affrontement final entre le fils Tsukamoto et le duo n’apporte aucune nouveauté.

The Hitman (殺手之王, Hong Kong, 1998) Un film de Stephen Tung avec Jet Li, Eric Tsang, Gigi Leung, Simon Yam, Yip Kwong-kim, Timmy Ho, Frankie Ng, John Ching, Paul Rapovski, Sato Keiji, Hidari Meiken, Isuzu Nokoto, Sahara Kenji.

samedi 5 février 2011

Looking for Mister Perfect


Grace (Shu Qi) est policière. Après une enquête difficile, elle est sujette à des cauchemars qui la perturbent. Avec son amie Joey (Isabel Chan), mannequin de son état, elle part en Malaisie prendre quelques jours de vacances où un photoshoot est prévu. Vacances, j’oublie tout sauf quand un criminel décide de faire de ce coin paradisiaque le lieu où il doit acheter des plans militaires ultra secret. C’est Chan (Lam Suet), l’agent libidineux de Joey qui doit amener à Poon (Simon Yam) les plans. Ce qu’il ne faut pas se demander est pourquoi un agent de mannequins a ces secrets, sinon on ne profite pas de cette comédie enlevée.

Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. D’abord parce que Crab (Chapman To), un indic de Grace est aussi dans l’hôtel (pourquoi ? faut pas demander !) et qu’il a entendu que les plans seront échangés contre cinq millions de dollars. Il veut s’emparer de l’argent. Crab va s’emparer de la valisette mais ce n’est pas l’argent qui est dedans mais les plans, ce qui n’intéresse pas le petit voleur. Seulement voilà, Poon n’est pas un homme qui se laisse mener par le bout du nez et chercher à récupérer son bien.

Dans la chambre voisine de Joey et Grace, deux flics de Hong Kong espionnent les demoiselles. Teddy alias N°1 (Hui Siu-hung) et Alex alias N°2 (Andy On) sont persuadés que les filles sont complices de Poon. N°1 ordonne à N°2 d’aller flirter avec Grace ce qui rend fous de jalousie deux hommes qui tentent depuis des mois de la séduire et qui l’ont suivie. Vincent (Raymond Wong Ho-yin) et Ken (Godfrey Ngai) s’affrontent à coups de cadeaux à Grace et de phrases assassines entre eux. Pour le grand bonheur du spectateur, chaque personnage ignore ce qu’il vient faire dans cette histoire où les plans secrets ne sont qu’un MacGuffin qui fonctionne à merveille.

Ce qui compte dans Looking for Mister Perfect, ce sont les personnages hauts en couleur et les situations pleines de quiproquos. Le tout filmé par un Ringo Lam en grande forme qui fait de son film une variation de dessin animé avec ses petits gimmicks sonores, ses situations abracadabrantes qui se retournent contre les personnages et une romance aussi improbable que possible. Et pourtant ça marche, on rit souvent aux facéties des personnages et au ridicule de certaines situations qui sont assumés par le réalisateur.

Shu Qi est évidemment très bien dans son personnage de gentille fille débordée par les événements mais qui n’hésite pas à donner du coup de pied quand on l’embête. Son duo avec Chapman To est sur le mode du je t’aime moi non plus. Crab se met dans des situations qu’il ne peut pas assumer et cela dès le début du film. Il est un personnage de garçon lourdingue qui manque de toujours tout faire rater. Il s’incruste dans la chambre de Grace et Joey pour se protéger et Grace prend un malin plaisir à le « torturer », à lui demander de se taire et à le gronder comme un petit garçon, d’autant que sa copine Tina (Cody Lee) n’en manque pas une non plus.

On passera plus rapidement sur James (Nelson Cheung), le photographe gay jaloux que son petit ami Richard (le costaud David Wu) ne drague Joey. Le duo Raymond Wong Ho-yin et Godfrey Nagi, toujours à côté de leurs pompes est bien plus amusant comme celui de Hui Siu-hung et Andy On, le jeune flic mignon et le vieux flic dégarni qui ne cessent de s’humilier mutuellement. Le personnage de Lam Suet est dans un registre ingrat d’homme obsédé sexuel qui drague de manière très lourde Joey qui le fait marcher. L’épouse de Lam Suet (Crystal Tin) est toujours là pour lui rappeler qu’il est marié.

C’est Simon Yam dans son personnage de Poon, le mafieux qui veut acheter les plans qui offre le plus beau spectacle comique du film. Il arrive toujours avec ses deux stupides hommes de main et sa copine (Ruby Wong). Tous les quatre ne communiquent qu’en claquant des doigts, ce qui fait que parfois les deux molosses ne comprennent plus rien. Simon Yam est affublé de fringues d’un kitsch absolu mais il pense être à la pointe de la mode (pantalon vert, débardeur rose par exemple) et qui se met, de manière incongrue, à se lancer dans des pas de danse. C’est un personnage très bédé, haut en couleurs, très à l’opposé de ses rôles dans les films de Johnnie To. C’est un film assez bête mais très amusant.

Looking for Mister Perfect (奇逢敵手, Hong Kong, 2001) Un film de Ringo Lam avec Shu Qi, Isabel Chan, Andy On, Hui Siu-hung, Simon Yam, Ruby Wong, Lam Suet, Chapman To, Raymond Wong Ho-yin, Godfrey Ngai, David Wu, Wayne Lai, Nelson Cheung, Crystal Tin, Cody Lee.