Affichage des articles dont le libellé est Anita Yuen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Anita Yuen. Afficher tous les articles

lundi 5 août 2013

Ip Man, the final fight


Cinquième film sur Ip Man, sorti près de trois mois après The Grandmaster de Wong Kar-wai, Ip Man, the final fight suit les années du maître des arts martiaux à Hong Kong où il débarque seul et sans le sou en 1950. Herman Yau avait évoqué la jeunesse du personnage dans La Légende est née, Ip Man avec Dennis To dans le rôle titre. C’est désormais Anthony Wong qui incarne Ip Man à la fin de sa vie. Il mène un train de vie modeste dans un petit appartement où il vit avec son fils Chun. En ouverture du film, Chun signale qu’un de ses anciens disciples (dont le nom n’est pas prononcé mais on a reconnu Bruce Lee), fait une démonstration de Wing Chun à la télé. Ip Man continuera d’arroser ses plantes sur le balcon, ne détournera pas la tête. Le film commence donc en 1971 et le fils, en voix off dans un long flashback, devient narrateur de la vie de son père.

Exilé, il doit trouver un logement. Il lui sera fourni par Leung Sheung (Timmy Hung, le fils de Sammo) qui, décide de devenir son disciple. Il sera accepté après un superbe combat dans le salon entre les deux hommes. Ip Man pose un journal sur le sol et se place dessus. Si Leung Sheung peut déloger Ip Man, il deviendra son élève. Le combat est très simple, corps à corps entre les deux hommes, échanges de coups de bras filmés sans esbroufe par Herman Yau. Ip Ma, the final fight ne cherche pas à chorégraphier à outrance, contrairement aux films de Wilson Yip et de Wong Kar-wai. Anthony Wong a son âge (52 ans au moment du tournage) et il serait ridicule de le voir sauter sur des tables ou des rondins de bois pour affronter ses adversaires. L’objectif est de rendre son parcours le plus réaliste possible et d’effacer l’héroïsme et le romantisme.

Il devient donc un simple professeur d’arts martiaux, installé sur le toit de l’immeuble. Ses élèves viennent de différents milieux et ont diverses raisons d’apprendre le Wing Chun. Jordan Chan est Tang Sing, un modeste policier qui espère monter en grade sans se corrompre. Gillian Chung est Chan Sei-mui qui épousera Wong Tung (Chow Ting-yu), qui fera des combats de boxe clandestins pour gagner de l’argent. Jiang Luxia est Lee King. Tous ont des problèmes qu’ils tentent de résoudre avec les leçons du maître. Mais parfois, leur impulsivité et leur manque de discipline les font détourner de la vision strictement défensive qu’Ip Man a des arts martiaux. Ils les grondent comme des enfants quand ils se battent après avoir perdu aux jeux de hasard. Le film décrit avec détails la vie à Hong Kong dans les années 1950, la pauvreté, la précarité et la répression d’une grève par les Britanniques.

Les soucis d’Ip Man ne sont pas oubliés. Il a laissé son épouse Wing Sing (Anita Yuen) et son fils en Chine. Elle pourra faire un séjour à Hong Kong puis retournera en Chine chercher leur fils. Jamais Ip Man n’aura l’occasion de revoir sa femme. Mais jamais il ne s’énervera, ne se plaindra de son sort, montrant bien la différence avec ses disciples toujours à râler. La grande compassion du maître sera mise en avant par ses rapports avec Miss Jenny (Zhou Chouchou), une chanteuse de cabaret, toujours vêtue de superbes robes colorées. Il se prend de sympathie pour cette femme que tous ses élèves méprisent compte tenu de sa profession. La tension et la rancœur sont palpables lors d’un repas d’anniversaire où personne n’adresse la parole à Jenny. Personne ne semble avoir retenu les leçons prodiguées par Ip Man.

Il faut également évoquer les adversaires d’Ip Man. L’un est son alter ego. Eric Tsang incarne Ng Chung, un maître d’une école concurrente d’arts martiaux. Dix ans après Infernal affairs, il est amusant de retrouver le duo d’acteurs et de les voir combattre comme s’ils étaient de jeunes gens. C’est aussi plaisant de revoir Hung Yan-yan dans un rôle de méchant balafré. Il est Dragon, le chef d’un quartier où toutes les lois sont bafouées, où la police ne rentre pas et où les combats de boxe illégaux sont organisés. Il tente, avec l’aide de Tang Sing, désormais passé dans le camp des policiers corrompus, de truquer une parade du dragon en faisant affronter son bras droit (Ken Lo) et Ng Chung. Ce dernier recevra le soutien d’Ip Man malgré leurs différents.

Ce qui plait et séduit le plus dans Ip Man, the final fight est la modestie du projet. La volonté d’Herman Yau, de sa scénariste Erica Li et des chorégraphes des combats Li Chung-chi et Sin Kwok-lam (le premier a commencé avec Jackie Chan, le second a travaillé sur La Légende est née, Ip Man et Qiu Jin, la guerrière) est de ne jamais séparer les moments de bravoure du quotidien des personnages. Inutile de préciser que les acteurs sont tous magnifiques. Malgré un aspect un peu théâtral, le film gagne ainsi en équilibre et en cohérence, laissant de côté les écueils vus dans les autres Ip Man, le nationalisme rance chez Wilson Yip et l’esthétisation à outrance chez Wong Kar-wai. Herman Yau décrit une personnalité débarrassée de la légende pour mieux réécrire la légende. C’est un tour de force de cinéma.

Ip Man, the final fight (葉問-終極一戰, Hong Kong, 2013) Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng.

jeudi 1 août 2013

Who’s the woman who’s the man


Deux ans après He’s a woman she’s a man, Sam Koo (Leslie Cheung) est toujours le petit ami de Wing (Anita Yuen). Ils ont décidé de tout re-décorer l’appartement où ils habitent avec Fish (Jordan Chan), l’ami d’enfance un peu brut de décoffrage de Wing. Un nouveau décor pour une nouvelle vie pour chacun des personnages de Who’s the woman who’s the man. Le personnage de star de la cantopop de Rose (Carina Lau) n’est là que sur une photo dans le salon, c’est désormais Wing, jeune femme qui se fait passer pour un homme depuis le premier film. En recevant, une récompense pour son dernier album Wing déclare sur scène son amour à Sam, qui s’écroule dans son fauteuil, désolé que le public puisse penser qu’il est gay.

Le milieu de la cantopop que décrit Peter Chan dans son film est le plus gentil du monde. Tout le monde s’apprécie et aucun paparazzi ne vient troubler la tranquillité du couple que forment Sam et Wing. Auntie (Eric Tsang), l’agent haut en couleur aux cheveux blonds et à la fine moustache noire du couple, vient apporter la touche queer au film. Eric Tsang fait le job en une seule séquence où il engage un chanteur médiocre parce qu’il est mignon. Plus tard, il consolera Sam dans une scène un peu forcée où il joue du piano. Il est le seul à connaitre la vraie vie du couple. La cérémonie rend hommage à Fan Fan (Anita Mui), star qui a introduit l’androgynéité dans la chanson et qui a quitté le milieu depuis des années. Elle vogue sur son voilier au gré de ses envies et décide de débarquer pour rencontrer ce drôle de couple.

Les figures majeures de Who’s the woman who’s the man sont le masque et le travestissement. D’abord le masque invisible que porte Wing composé uniquement d’une paire de lunettes et d’une coupe de garçon. Personne n’a encore compris que Wing n’est pas un homme. Après la cérémonie, Wing organise une soirée déguisée. Elle porte, tout comme Fan Fan, un masque de Whoopi Goldberg, elles vont se rencontrer, se parler et comprendre que si elles arborent la même tête, c’est que quelque chose va les rapprocher. Or, Sam quand il arrive à la soirée n’a pas compris qu’il doit porter un masque, il est le seul personnage du film qui veut rester lui-même. Il choisit un masque de Woody Allen, métaphore des gros soucis de cœur qui vont lui tomber dessus. Mais masqué, chacun peut dire ce qu’il pense sans peur de se révéler trop, et l’alcool aidant, tout peut se terminer dans le lit.

Le travestissement est double. Celui des vêtements qui donnera à Fish l’envie de s’habiller en femme pour plaire à O (Theresa Lee), l’assistante lesbienne de Fan Fan. Fish tente de la séduire et se berce d’illusion malgré les refus d’O. Wing est engagée pour tourner un film. Elle devra jouer une femme et son partenaire masculin sera Fan Fan déguisée en homme. C’est là que le travestissement de la vérité commence pour ces deux couples hors-norme. Wing et Fan Fan entament une liaison d’abord strictement cinématographique (le film dans le film avec la scène du baiser sans cesse retardée à cause du hoquet de Wing) puis réelle, sous les yeux de Sam désespéré. Le film propose beaucoup de combinaisons amoureuses et sexuelles avec une volonté de surenchère par rapport à He’s the woman she’s the man. Pourtant ce marivaudage très chic dans le très grand appartement s’avère très gentil et parfois très banal.

Who's the woman who's the man (金枝玉葉2, Hong Kong, 1996) Un film de Peter Chan avec Leslie Cheung, Anita Mui, Anita Yuen, Jordan Chan, Theresa Lee, Eric Tsang, Carina Lau, Clarence Hui, Andy Hui, Edmond Leung, Ann Hui, Alfred Cheung, Clifton Ko, Joe Cheung.

jeudi 28 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Ip Man, the final fight


Ip Man, the final fight (葉問-終極一戰, Hong Kong, 2013)
Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 mars 2013.

samedi 28 juillet 2012

Heaven can't wait



Dans un Hong Kong qui s’apprête à vivre les angoisses de la rétrocession, la population renoue avec une spiritualité basique. Fung (Tony Leung Chiu-wai) navigue allégrement sur cette vague de retour à la religion. Lui-même ne croit pas du tout en Dieu depuis qu’enfant il assistait un prêtre (Richard Ng) et que l’homme a posé le pied sur la lune et que Fung ne croit plus en la Moon Lady que priait ce prêtre. Mais il cherche à bien profiter de la crédulité de ses concitoyens avec l’aide de Calvin (Bowie Lam) plus charismatique que Fung et qui s’apprête à passer à la télévision dans l’émission de Joan (Karen Mok), animatrice qui elle aussi a bien l’intention de profiter de cet engouement. Assez vite, quand les affaires de Calvin commencent à bien aller, ce dernier décide qu’il doit recevoir un part plus importante. C’est la rupture entre les deux hommes.

Seulement voilà, Fung ne sait pas faire grand-chose et Calvin lui fait bien remarquer que c’était lui que les clients venaient voir pour ses conseils occultes. Fou de rage et déambulant dans la rue un soir, Fung croise une procession recréant la Passion du Christ. Grotesque procession mais celui qui incarne Jésus se donne à fond. Il s’agit de Chun (Jordan Chan) que Fung aborde dans les pissotières. Chun n’est pas franchement une flèche et Jordan Chan avec sa tête rasée, ses yeux trop grands, sa tête allongée parvient à faire de son personnage un benêt non seulement crédible mais également touchant. Il se voit alors proposer par Fung de rentrer dans une combine pour gagner de l’argent grâce aux conseils spirituels. Il accepte parce qu’il rêve d’être acteur et que c’est un rôle comme un autre.

Première mission : faire de Chun un mage. D’abord la tenue de Chun qui portera désormais une grande toge blanche avec un petit sac en bandoulière. Au plus grand fait de sa popularité, ses fans se vêtiront comme lui. Puis lui trouver un nom. Fung trouve qu’il a une ressemblance avec un ancien moine bouddhiste dont il a retrouvé une statue. Chun sera désormais Maître Da Da et la réincarnation de ce moine dont on apprendra plus tard l’identité. Enfin, faire un gros coup de pub, une grande promo à la télévision. Fung a encore des contacts et parvient à faire en sorte de mettre dans le coup Pao Wah (Alex To), une star de la cantopop. Ils font croire qu’il est mourant, Da Da en profite pour le ressusciter. Des milliers de fans hystériques suivent ces événements et c’est tout bénef pour Fung et Chun comme pour Pao Wah.

Heaven can’t wait met le doigt sur un monde avide d’audience à tout prix quelles que soient les sujets. Joan, la reporter vedette profite elle aussi de la crédulité de son patron (Kent Cheng) qui est fan d’ésotérisme. Bien entendu, cette entente avec Fung pour que Chun fasse de la télé se fait au détriment de Chi qui avait pourtant passé un accord avec Joan. Chun alias Maitre Da Da est alors invité sur les plateaux télé et ses prédictions sont loufoques. Il s’avère pourtant que grâce à un coup du sort et de nombreux hasards, elles se réalisent. Dans une des séquences les plus amusantes, Da Da semble dire absolument n’importe quoi au grand dam de Fung. Il parle de l’herpès d’un invité lors d’un dîner mondain, prévoit un effondrement de la bourse alors que tout va bien (finalement un tremblement de terre au Japon change le destin) ou encore annonce que tous les chevaux d’une course hippique vont arriver ex aequo.

Le film se concentre alors sur un homme qui est exploité de toutes parts, qui fait cristalliser toutes les peurs d’un pays et fait resurgir les pires mesquineries d’une société qui ne plus qu’en l’argent. Heaven can’t wait traite tout cela sur un ton léger sur un récit qui n’est pas exempt de longueurs et où la musique est un peu lourdingue (Carmina Burana, Tchaïkovski, Brazil). Mais le film est tenu par son duo d’acteurs et surtout par Jordan Chan (je le redis parce qu’on ne le voit presque plus au cinéma). Ses scènes comiques avec son air buté et son regard hagard sont aussi fortes que ses scènes d’émotion (le retour au pays et la discussion avec sa mère). Jordan Chan a reçu une nomination aux Hong Kong Film Awards pour ce rôle.

Heaven can't wait (救世神棍, Hong Kong, 1995) Un film de Lee Chi-ngai avec Tony Leung Chiu-wai, Jordan Chan, Bowie Lam, Karen Mok, Jerry Lamb, Alex To, Kent Cheng,  Lawrence Cheng, Richard Ng, Dennis Chan, Teresa Ha, Anita Yuen.

jeudi 3 mai 2012

01:00 A.M.


Pour son premier film, Wilson Yip explore, avec un film à sketches, l’univers des fantômes. Les trois parties sont moins effrayantes que comiques et comme le titre l’indique, 01:00 A.M., elles se déroulent au beau milieu de la nuit, à une heure du matin, le meilleur moment pour apercevoir des fantômes. Ancré dans une réalité typiquement hongkongaise, les récits sont indépendants les uns des autres et prétendument tirés de faits réels.

Dans Coma, Veronica Yip est une infirmière qui doit soigner un jeune chanteur de cantopop (Anthony Wong Yiu-ming, un homonyme à l’acteur, bien moins charismatique). Elle doit éviter que les journalistes ne prennent des photos de la star, que le public ne vienne harceler le malade et que sa collègue qui, comme une ado, veut aller dans la chambre de l’idole. Veronica Yip discute dans son sommeil avec la star. Il est dans une entre deux, sa copine décédée le retient dans son coma et l’infirmière devra le libérer. Elle fait office de psy pour fantômes et c’est là que réside l’humour. Dans Braided maiden, Anita Yuen part en voiture à la recherche du fantôme qui hante son université. Abandonnée par ses trois copines sur une route déserte, Anita Yuen doit aussi faire face à une panne de voiture. Tout le récit repose sur l’actrice qui joue seule alors qu’elle souvent meilleure en duo. Le sketch repose sur le fait qu’elle ne voit jamais le fantôme qui rode autour d’elle.

Puisqu’il est question de duos, celui de la dernière histoire, Photo finish met en scène Elvis Tsui et Jordan Chan. Deux flics sont punis par leur chef et envoyés surveiller les excès de vitesse sur une route où aucune voiture ne passe. Ils vont être confrontés à une vieille dame, typique des films cantonais, toute en modestie, en tenue classique, qui traverse la route. Le duo fonctionne parce que les acteurs sont complémentaires, qu’ils se répondent dans leur fonction : quand l’un est trouillard, l’autre tente de se moquer et de faire preuve de courage. Le film ne cherche jamais à jouer sur le suspense, à retarder l’arrivée du fantôme, mais plutôt à tabler sur les effets comiques que des situations triviales peuvent provoquer. En substance, 01 :00 A.M. explique que l’au-delà, c’est encore la vie de tous les jours, qu’on n’y échappe pas et qu’il vaut mieux en rire.

01:00 A.M. (夜半一點鐘, Hong Kong, 1995) Un film de Wilson Yip avec Veronica Yip, Anita Yuen, Elvis Tsui, Jordan Chan, Anthony Wong Yiu-ming, Farini Cheung, Jessica Hester, Shirley Hung, Ivy Leung, Lee Gam-luen, Hau Woon-ling.

samedi 26 novembre 2011

Anna Magdalena


La vie de Chan Kar-fu (Takeshi Kaneshiro) est morne. La journée, il bosse. Il est accordeur de pianos. Après le boulot, il rentre chez lui en transports en commun. Chez lui, il mange tout seul ses nouilles pendant la lessive. Il s’ennuie dans la vie et ça se voit sur lui, derrière ses lunettes et ses cheveux gras mi-longs, il arbore un visage sans sourire, sans émotion, sans vie. Tout va changer le jour où il rencontre Yau Muk-yan (Aaron Kwok). Rencontre due au hasard, Fu allait réparer un piano chez la petite amie de Yau précisément le jour où le jeune couple se disputait.
Yau quitte sa copine. Pour tout bagage, il a un carton avec quelques affaires dedans. Il se retrouve dans le bus qui ramène Fu chez lui, s’assoit à côté de ce dernier, va s’inviter à manger chez lui et s’incruster pour la nuit. Vêtu d’un vieux t-shirt qui s’est déformé à force de porter toujours le même, Yau a le caractère inverse de Fu. C’est un homme qui semble ne pas se soucier de l’avenir, qui est grossier, qui parle à tout le monde et souvent pour dire pas grand-chose. Il gagne sa vie en jouant aux courses hippiques et prétend vouloir écrire un roman. Par la force des choses, Yau va vivre chez Fu. Ce sont leurs oppositions, leurs caractères si différents qui donnent les meilleurs moments comiques tellement Fu est scié par l’aplomb de son colocataire.
Tout va changer avec l’arrivée de Mok Man-yee (Kelly Chan) dans l’immeuble. Elle vient d’emménager dans l’appartement au dessus de Fu et joue au piano. Mais le problème, c’est que Man joue atrocement au piano et ça énerve Yau qui, en caleçon, va frapper à la porte de la jeune voisine pour l’engueuler. Evidemment, Monsieur sans-gêne se fait remettre à sa place mais ce couillon voit ça comme de la drague. Il va donc tenter de séduire Man, et petit à petit elle succombe à son bagou. C’est sa méthode de séduction. Elle confesse à Fu qu’elle trouve Yau grossier mais elle commence à sortir avec lui. Mais, ce qu’elle ignore, c’est que Fu est aussi amoureux d’elle et qu’il n’ose pas lui dire.
Anna Magdalena est une romance sur un trio amoureux rythmé par la musique de Bach (le film s’appelle ainsi pour cette raison) que joue Man sur son piano et qui fascine Fu. Le duo Kaneshiro Kwok fonctionne sur un mode comique qui sort le film du tout venant des comédies romantiques. Dans le dernier tiers du film, le ton change. Fu écrit un roman qu’il cherche à faire publier et l’histoire de ce roman épique et fantastique est mise en scène. La rupture de style étonne d’abord mais finalement permet d’éviter les écueils habituels du genre. Produit par Eric Tsang, via sa société UFO, qui joue un petit rôle de concierge curieux Anna Magdalena soigne aussi ses seconds rôles. Jacky Cheung joue un flic intrusif, Leslie Cheung joue l’éditeur du roman et Anita Yuen son employée qui découvre le roman. C’est un film tout à fait charmant.
Anna Magdalena (安娜瑪德蓮娜, Hong Kong, 1998) Un film de Hai Chung-man avec Takeshi Kaneshiro, Kelly Chan, Aaron Kwok, Anita Yuen, Leslie Cheung, Jacky Cheung, Josie Ho, Eric Tsang, Leo Koo, Wei Wei, Yu Wai-lung, Lai Yuen-tung.

vendredi 13 mai 2011

I love Hong Kong


Après le succès de 72 tenants of prosperity, la Shaw Brothers et TVB se lancent à nouveau dans la comédie du Nouvel An Lunaire avec, comme en 2010, une histoire autour d’un immeuble dans un quartier très populaire. La famille Ng (nom ultra commun, les Dupont de Hong Kong en quelque sorte) doit retourner chez le père (Stanley Fung) qui accueille son fils et sa famille. Le fils Shun (Tony Leung Ka-fai) a fait faillite et n’a plus d’argent pour rester dans les beaux quartiers. Retour à la case popu avec sa femme (Sandra Ng), son fils ainé (Aarif Lee), et leurs deux filles.

Ce changement de classe sociale, ce retour dans cet immeuble sans vue, avec un vis-à-vis continu où tous les voisins sont présents et connaissent tout de la vie de chacun est un échec personnel pour Shun. Pour sa femme, c’est la même chose. Elle doit reprendre son boulot d’esthéticienne. Mais tout a changé en 25 ans et Sandra Ng n’a plus la ligne fine de sa nouvelle patronne qui se plait à l’humilier en public. Elle tente même de devenir doublure cascade dans une série télé en costumes pour gagner un peu d’argent (une des séquences les plus drôles où l’actrice se prend des coups devant les acteurs imperturbables qui rappelle Josephine Siao dans Plain Jane to the rescue).

Le retour de Dragon Cheng (Eric Tsang) après des années d’absence va perturber encore plus Shun. Ils étaient amis adolescents et faisaient ensemble les 400 coups, notamment draguer les jumelles voisines (qui ont bien changé et pris du poids), mais Cheng a trahi la communauté en prenant l’argent de la caisse commune. Le récit est alors ponctué de flashbacks où Shun est joué par Bosco Wong et Cheng par Wong Cho-nam. A cela, il faut ajouter Jing (Anita Yuen), la voisine dont Shun était le petit ami avant de rencontrer Sandra Ng et qui éveille quelques souvenirs quand il va se faire soigner chez elle. Bref, la nouvelle vie des Ng n’est pas un long fleuve tranquille mais leurs malheurs fournissent de jolis moments de comédie au spectateur.

Les gags de I love Hong Kong sont souvent hors du récit global mais certains sont très drôles. Le grand-père Ng reçoit, un soir, la visite d’un contrôleur des allocations, toute la famille se transforme en fantôme pour lui faire peur. Lam Suet fait une parodie de The Mission (la scène de foot avec une boule de papier froissé). La rencontre avec les jumelles 25 ans plus tard devenues laides et qui vont se venger de Shun et Cheng. C’est parfois un festival de grimaces (Wong Cho-nam) en tête, c’est souvent des situations à quiproquos entre Eric Tsang et Tony Leung Ka-fai, mais c’est de l’humour bon enfant, rarement vulgaire puisque la Shaw Brothers veut plaire à tous les publics.

Le film se veut également social puisqu’il parle d’une partie de la population de Hong Kong qui est rarement représentée dans les films : la classe laborieuse. En l’occurrence, les habitants de l’immeuble sont presque tous commerçants de rue, ce qui est interdit. Le fils de Shun est un agent de la ville qui vient sanctionner ces commerçants illégaux, or, il tombe amoureux de la fille de l’un d’eux. I love Hong Kong fait l’éloge de la solidarité, de la compréhension mutuelle et de la solidarité. Le message est délivré pendant tout le film sur tous les tons : dans les situations d’affrontement (discours d’Aarif Lee à son chef pour que les commerçants soient laissés tranquilles), dans les tournures du scénario (des riches arrogants veulent tout racheter pour faire un centre commercial), dans les dialogues (tout le monde se parle, s’engueule puis se comprend) et dans les chansons. Comme on est dans une comédie du Nouvel An Lunaire, on sait que tout finira bien. Et en plus on rit de bon cœur.

I love Hong Kong (我愛香港, Hong Kong, 2011) Un film de Chung Shu-kai et Eric Tsang avec Eric Tsang, Tony Leung Ka-fai, Stanley Fung, Sandra Ng, Aarif Lee, Anita Yuen, Charmaine Sheh, Moses Chan, Wong Cho-nam, Bosco Wong, Mag Lam, Terence Tsui, Wayne Lai, Felix Wong, Michael Miu, Fala Chen, Kate Tsui, Wu Ma, Jaime Chik.

mardi 4 janvier 2011

It's a wonderful life


It’s a wonderful life commence avec quelques vues de décorations de Noël tandis qu’une version cantonaise de la chanson Noël blanc est en fond sonore. Pour rentrer immédiatement dans le vif du sujet, le film présente les personnages grâce à une prière de la mère de famille qui souhaite que chacun de ses quatre enfants réussisse dans la vie mais surtout en amour. On est en terrain très connu, balisé même. On sait exactement où les personnages vont aller et, parce qu’on est dans une comédie du Nouvel An Lunaire, on sait qu’à la fin, tout ira bien.

Clifton Ko reprend la distribution de son All’s well end’s well (ou presque) et leur donne presque les même personnages. Le père (Walter Tso) et la mère (Lee Heung-kam) sont donc là comme observateurs de la vie amoureuse de leur progéniture. Le grand-père (qui surnomme son fils Foon) est interprété par Kwan Tak-hing qui n’est dans le film sans doute que parce qu’il incarna Wong Fei-hung au cinéma durant des décennies et que Il était une fois en Chine est encore à la mode. Le vieil acteur fera quelques figures de kung-fu pour faire un clin d’œil au spectateur.

Raymond Wong Bak-ming est Kau Fu, le fils aîné. Cadre supérieur, il est marié et a une fillette. Lors de ses réunions de travail, il se sent toujours obligé de trinquer avec les clients et il rentre souvent soûl le soir à la maison ce qui agace sa femme (Petrina Fung) qui le vire du domicile conjugale. Son épouse tient un restaurant japonais. L’un des meilleurs gags du film consiste à ce qu’elle fasse la leçon à ses employées en leur demandant de sourire beaucoup et de remercier encore plus, comme les Japonaises. Elle veut montrer l’exemple mais c’est son mari qui est le client et elle est fort impolie.

Parce que Raymond Wong Bak-ming est le producteur du film, il se donne le plus grand rôle et celui qui est censé le plus émouvoir. Il accable l’épouse d’un peu tous les maux dans une misogynie habituelle dans la comédie. Il a été chassé de la maison mais elle s’est tout de suite remise avec son avocat engagé pour le divorce. La fillette vit mal la séparation et elle est odieuse avec les nounous. C’est alors que Kau Fu a l’idée de se déguiser en femme pour faire la nounou. Il parviendra, grâce à sa perspicacité, à montrer que l’avocat n’est qu’un affreux coureur de jupons.

Le deuxième fils Kau Kwai (Tony Leung Ka-fai) est bègue. Il a beaucoup de mal à s’exprimer avec des mots mais il possède un grand talent pour dessiner. Il exprime donc son amour pour Mademoiselle Ho (Anita Yuen), l’une des professeurs de son petit frère Kau Kei (William Chu) grâce aux mangas. Enfin, Kau Ann (Teresa Mo) revient de France avec un de ses amis Roberto (Leslie Cheung), sorte de personnage Bohème. Ils n’ont pas compris qu’ils sont amoureux l’un de l’autre. Depuis son départ pour la France, Ann semble avoir bien changée. Son amour d’enfance Chung (Lau Ching-wan) espère pourvoir l’épouser mais elle ne l’aime pas.

Tout le film sera une suite de sketchs où les personnages devront conquérir ceux qu’ils aiment, leur ouvrir les yeux pour qu’ils se rendent compte qu’ils sont gentils. Il n’y aura rien de neuf de ce point de vue. Les bandes dessinées qu’écrit Kwai sont imaginées par lui avec tous les membres de sa famille et les décors utilisés (des dinosaures qui bougent à peine, Jurassic Park venait de sortir) sont ridicules. Le film parvient à faire sourire très épisodiquement. Certes, ces comédies du Nouvel An Lunaire sont toujours fédératrices et gentilles, It’s a wonderful life prouve aussi qu’elles peuvent être niaises.

It’s a wonderful life (大富之家, Hong Kong, 1994) Un film de Clifton Ko avec Raymond Wong Kak-ming, Leslie Cheung, Teresa Mo, Anita Yuen, Tony Leung Ka-fai, Fung Bo-bo, Carol Cheng, Lau Ching-wan, Kwan Tak-hing, Lee Heung-kam, William Chu, Walter Tso.

mercredi 7 avril 2010

72 tenants of prosperity



-->
J’aime les comédies du nouvel an lunaire. Et je les préfère quand elles sont drôles. Et quand en plus il y a des stars et des acteurs que j’adore, c’est le bonheur total. 72 tenants of prosperity est non seulement le succès surprise de ce début d’année à Hong Kong mais il est aussi une comédie réussie où j’ai ri, et parfois très fort. Le film est l’adaptation d’un classique du théâtre, connu par tous les Hongkongais, ce qui explique sans doute ce succès. C’est une production de la Shaw Brothers et de sa chaîne de télévision TVB qui a le vent en poupe après Laughing Gor Turning point, également plébiscité par le public.

On retrouve Anita Yuen, qui avait un peu disparu des écrans depuis quelques temps. Elle est Pinky, le pivot central du film, le personnage féminin que se disputent Kin (Jacky Cheung) et Kung (Eric Tsang) depuis leur adolescence. Les deux garçons étaient tous les deux amoureux d’elle (on les retrouve en flash back joués par Raymond Lam et Justin Lo). Pinky a été jouée à pile ou face. C’est Kung qui est devenu son mari. Depuis Kin et Kung ne se parlent plus. Chacun a eu deux enfants d’une vingtaine d’années, donc en âge de tomber amoureux, si vous voyez ce que je veux dire. Effectivement, Bosco Lam et Linda Chung vont s’aimer tandis que Wong Cho-lam et Stephy Tang vont s’aimer aussi, malgré les rivalités entre les deux papas. La comédie du nouvel an lunaire c’est aussi ça : des histoires d’amour très simples avec des happy ends attendus. Il est inutile de cacher que Eric Tsang et Jacky Cheung vont se réconcilier.

L’humour dans 72 tenants of prosperity est varié et se décline sur plusieurs modes. Le plus difficile à comprendre est celui qui joue sur les jeux de mots grivois en cantonais. Bosco Wong lors de sa première rencontre avec Linda Chung parle d’excréments à la place d’un autre mot. Plus tard, Jacky Cheung se moque d’Eric Tsang qui ne sait pas dire « Try your best » et qui prononce « breast », poitrine. Autre genre d’humour parfois un peu difficile à cerner, celui qui évoque la vie people locale. Linda Chung est régulièrement comparée à une actrice japonaise de films AV, cinéma très populaire. Et il y a aussi les références à tous les acteurs de TVB venus faire un petit coucou, car le film regorge d’apparitions fugaces de stars de la télé (voir le générique en fin de texte). Le film se permet de rendre hommage à Laughing Gor Turning point avec Michael Tse lui-même qui reprend le temps d’une séquence son propre rôle. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Le film commence par une brillante parodie de The House of the 72 tenants, classique de la Shaw brothers. Tout y est : les voix et les accents de ces années-là, les zooms sur les personnages, les vêtements et l’ambiance de l’époque. Cerise sur la gâteau, le rose de Lydia Shum est repris par sa fille Bernice Liu. Et sensuite, le comique des situations fait le reste. Kin et Kung travaillent l’un en face de l’autre dans une rue très populaire de Mongkok. Chacun vend ses téléphones portables censés résister à l’eau. Kin montre des filles très sexy arrosées par des pistolets à eau. Kung lui emboîte le pas avec des filles pas sexy qui se font couler du dentifrice, de la glace et du lait sur leur poitrine. La confrontation, un peu misogyne, fonctionne et fait rire. Puis, on se lance sur une chanson de comédie musicale sur les conditions de travail de tout ce beau monde. Et puis on termine avec les vœux où Wong Cho-lam et Bosco Wong font du marketing en citant tous les sponsors.

Entre ces deux moments, il y aura beaucoup de situations incongrues, des filles en maillot de bains, dont une qui cherche à vendre à un Lam Suet désorienté un portable. Pas mal de guest stars venues cabotiner une minute le temps d’une scène. Wong Cho-lam qui imite Jacky Cheung juste à côté de lui. Des parodies de plusieurs films récents. Et encore un chinois du continent qui semble d’abord être un vilain promoteur et qui s’avère être le sauveur de la situation. Il faut bien vendre le film en Chine, ce qui n’empêche pas Bosco Lam de se moquer du mandarin (la langue). Et puis une intrigue secondaire autour d’acide lancée du toit et qui se rapporte à l’actualité de Hong Kong. 72 tenants of prosperity fournit à l’amateur de comédie suffisamment d’éléments pour le rassasier et là est bien l’essentiel.

72 tenants of prosperity (72 家租客, Hong Kong, 2010) Un film de Eric Tsang et Chung Shu-kai et Patrick Kong avec Jacky Cheung, Eric Tsang, Anita Yuen, Bosco Wong, Stephy Tang, Wong Cho-lam, Linda Chung, Liang Tian, Aimee Chan, Joel Chan, Chan Pak-cheung, Sunny Chan, Vincy Chan, Fala Chen, Joyce Cheng, Kevin Cheng, Cheng Sze-kwan, Cheng Yim Lai, Kelly Chen, Chen Shuang, Chen Yoyo, Alfred Cheung, Cheung Chi-kwong, Dicky Cheung, Cheung Kayi, Cheung Kwok-keung, Chiang Tao, Jaime Mei Chun-chik, Chin Kar-lok, Chin Siu-hou, Andy Hui, Cho Wing-lim, Terence Chui, Sherman Chung, Chun Wong, Jacky Heung, Denise Ho, Kara Hui, Timmy Hung, Tracy Ip, Ko Hoi-ning, Ella Koon, Ku Feng, Emily Kwan, Kwok Jing-hung, Peter Lai, Lai Yiu-cheung, Lam Ka-tung, Raymond Lam, Lam Suet, Lau Mei-guan, Lau Siu-kwan, Tats Lau, Sam Lee, Jeanette Leung, Kaki Leung, Leung Lit-wai, Sammy Leung, Toby Leung, Bernice Liu, David Lo, Justin Lo, Koni Lui, Rosanne Lui, Luk Wing-kuen, Joe Ma, Mak Cheung-ching, Ma Kwok-ming, Ma Tai-lo, Ming Tai-yiu, Lawrence Ng, Ron Ng, Charmaine Sheh, Nancy Sit, Maggie Siu, William So, Tam Jan-yut, Tang Lai-ming, Tin Kai-man, Natalie Tong, Angela Tong, Michael Tse, Kate Tsui, Wong Ching, Wong Chi-yin, Fung Woo, Wu Myolie, Shaw Yin Yin, Yiu Ying-ying, Yuen King-tan, Kitty Yuen, Louis Yuen, Yuen Wai-ho, Mimi Zhu, Maria Cordero.

mardi 2 mars 2010

Histoires de fantômes chinois en animation


-->
Tsui Hark adapte en dessin animé sa production phare des Histoires de fantômes chinois. Le film est clairement à destination des enfants compte tenu du graphisme doux des personnages. Des corps et des visages ronds et graciles inspirés de l’animation japonaise. Tous les personnages sont en animation classique dessinée sur celluloïd. Les décors sont conçus par ordinateur, ce qui donne parfois un aspect contradictoire entre les deux formats. Cela fonctionne puisque le scénario se déroule dans un monde de fantômes.

Le jeune lettré Ning (doublé par Jan Lamb qui fera plus tard la voix de McDull) s’abrite un jour de pluie dans un temple où de nombreux esprits fantomatiques se trouvent. Deux moines boudhistes Nuage Blanc (Raymond Wong Bak-ming) et son apprenti (Eric Kot) viennent chasser les âmes perdues. Ils sont un peu violents et intransigeants dans leur chasse. Un autre chasseur de fantômes, un Taoïste nommé Barberousse (James Wong) qui se déplace sur une machine, s’oppose constamment aux moines. Ning et son chien Lingot d’or prennent leurs jambes à leurs cous et filent dans un village voisin.

Pas de chance pour Ning, il atterrit en plein nid de fantômes et ils adorent la chair fraiche. Sin (Anita Yuen) aura comme mission de ramener le jeune homme à sa maîtresse pour qu’elle le croque tout cru, mais c’est sans compter sur le pouvoir de l’amour. Ning commence à tomber amoureux de la belle fantôme mais celle-ci prétend rester fidèle à un démon (incarné par Jordan Chan), une star géante qui fait des concerts de cantopop, un des morceaux d’humour du film qui en recèle beaucoup. Sin et Ning vont tenter de trouver une solution pour s’aimer, en l’occurrence se réincarner.

C’est sans compter sur les embuches que tous les autres personnages vont placer sur leur chemin. A commencer par les deux moines particulièrement intransigeants sur les fantômes. Barberousse va d’ailleurs comprendre le dilemme des deux amoureux et les aider. C’est sans compter sur la maîtresse de Sin, un arbre de cinq siècles qui a pris l’apparence d’une belle femme mais qui a besoin de chair humaine pour conserver son apparence. Le film sera un incessant récit d’aventures qui va très vite et n’arrête jamais.

Histoires de fantômes chinois en animation parle d’amour éternel, un thème cher à Tsui Hark. Pour lui, qui a scénarisé le film et qui le produit, c’est l’aboutissement de l’amour des deux héros qui importe. Tsui Hark double par ailleurs le chien Lingot d’or qui suit son jeune maître dans tous les méandres du film. L’ambition du cinéaste est aussi de concurrencer le studio Ghibli. D’ailleurs, la musique de Ricky Ho ressemble beaucoup à celle de Joe Hisaishi, mais les films de Hayao Miyazaki sont supérieurs, sans doute parce que chez le cinéaste japonais la poésie y est naturelle.

Histoires de fantômes chinois en animation (A Chinese ghost story the Tsui Hark animation, 小倩, Hong Kong, 1997) Un film de Andrew Chen avec les voix de Jan Lamb, Jordan Chan, Ronald Cheng, Kelly Chen, Vivian Lai, Eric Kot, Rene Liu, Raymond Wong Bak-ming, Tsui Hark, James Wong, Charlie Young.

vendredi 12 février 2010

The Days of being dumb


Deux losers magnifiques rêvent de devenir membres des triades depuis leur petite enfance. Keith (Jacky Cheung) et Fred (Tony Leung Chiu-wai) sont trop paresseux pour travailler et ils sont persuadés que leur vie sera meilleure mais les faits vont constamment les démentir. Keith et Fred ne savent absolument rien faire et ne provoquent que des catastrophes qui mettent en péril leurs patrons. Lors des rixes entre clans, plusieurs des chefs qui les ont engagés meurent. Très vite, les deux hommes sont identifiés comme des porte-poisse.


Parce qu’ils ne sont pas très malins, Keith et Fred font tout foirer. Pour se faire passer pour des membres de triades, ils décident de se tatouer le dos. Keith peint sur le dos de Fred un tatouage qui ressemble à un vrai, mais Fred en fait un sur son pote qui s’apparente à un dessin d’enfant. Et tous les deux vont pavaner torse nu dans une galerie marchande avec leur tatouage ridicule qui fond avec la chaleur. Les gens se moquent d’eux, mais ils ne se rendent compte de rien. Ils vont chercher une commission chez un boucher qui coupe sa viande dans sa chambre froide, et les deux crétins commencent à se les geler.


Keith et Fred ont comme suprême ambition de devenir les hommes de main de Kwan (Ken Tong), l’homme qui a toujours de la chance. Partout où il se rend, Kwan évite les embuches. Cela est dû selon les garçons à la tache rouge qui a sur son visage. Au bout de bien des épreuves, Kwan va les engager persuadé qu’ils ne pourront pas lui donner la poisse. Mais c’est sans compter sur leur crasse incompétence. Il les charge de se débarrasser du corps d’un mort en pleine mer, mais le bateau coule.


Ils n’ont que des idées pourries. Pour gagner leur vie, ils « achètent » une prostituée. Jane (Anita Yuen) n’a pas compris pourquoi elle atterrit chez les deux tocards. Et les deux mecs, obsédés sexuels, et un peu frustrés dans leur libido parce que les filles ne sortent pas avec des porte-poisse, pensent pourvoir coucher avec elle. Bien sûr, elle ne veut pas d’autant qu’elle prétend renoncer aux hommes, que les garçons commencent à comprendre qu’elle est peut-être lesbienne. Mais la seule chose qu’elle veut, c’est un peu de tendresse.


A vrai dire, le seul couple que forme The Days of being dumb est sans doute celui de Keith et Fred. Le film est régulièrement ponctué de commentaires des deux hommes assis sur un canapé, ils se confessent un peu comme les couples de Quand Harry rencontre Sally. Autre élément, ils parviennent, par la magie du cinéma, à converser ensemble par la pensée. Et finalement, ils finissent par dormir ensemble, dans le même lit. Il ne faut pas non plus oublier toutes les allusions en dessous de la ceinture avec leurs révolvers. Mais, une chose est certaine, même si le scénario est très décousu, le film parvient très souvent à faire rire. Jacky Cheung et Tony Leung Chiu-wai forment un couple comique convaincant.


The Days of being dumb (亞飛與亞基, Hong Kong, 1992) Un film de Blacky Ko avec Tony Leung Chiu-wai, Jacky Cheung, Anita Yuen, Eric Tsang, Ken Tong, Jamie Luk.

jeudi 11 février 2010

Sorties à Hong Kong (février 2010)

Les films du Nouvel An Lunaire 2010

All’s well end’s well too 2010 ( 花田囍事 2010)
Un film de Herman Yau et Raymond Wong Bak-ming avec Louis Koo, Sandra Ng, Raymond Wong Bak-min, Angelababy, Lynn Hung, Lam Suet, Ronald Cheng, Pan Yueming, Kristal Tin. 92 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 11 février 2010.


True legend (蘇乞兒)
Un film de Yuen Woo-ping avec Chiu Man-cheuk, Jay Chou, Guo Xiaodong, Michelle Yeoh, Andy On, Xun Zhou, Le Cung, Butterbean, David Carradine, Conan Stevens. 115 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.







72 tenants of prosperity (72 家租客)
Un film de Eric Tsang avec Eric Tsang, Jacky Cheung, Anita Yuen, Joyce Cheng, Charmaine Sheh, Linda Chung, Bosco Wong, Kara Hui, Joyce Tang, Bernice Liu, Lawrence Ng, Raymond Tso, Michael Tse, Joe Ma, Raymond Lam, Wong Cho-nam, 6 Wing, C Kwan. 99 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.





14 blades (錦衣衛)
Un film de Daniel Lee avec Donnie Yen, Vicki Zhao Wei, Wu Chun, Kate Tsui, Qi Yuwu, Chen Kuan-tai, Fung Hak-on, Hui Chen-zhi, Sammo Hung, Damian Lau, Law Kar-ying, Wu Ma, Xu Xiang-dong. 113 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 11 février 2010.







samedi 25 avril 2009

Claws of steel


Pour encore mieux apprécier la trilogie des Il était une fois en Chine de Tsui Hark, il faut regarder la version Claws of steel signée Wong Jing pour la Win’s Entertainment. Certes Jet Li retrouve son rôle de maître Wong Fei-hung, mais le cinéaste producteur ne va pas chercher à aucun moment à élever sa matière. Il en fat, au contraire, un film de gaudriole avec de temps en temps quelques combats chorégraphiés par le frère cadet de Yuen Woo-ping.


Tout le récit de Claws of steel tourne autour de la femme, ou pour être plus précis de la gonzesse. Le film commence comme un épisode d’Histoires de fantômes chinois, dans une lumière bleue où des femmes tentent d’échapper à un Prêtre qui veut en faire des prostituées. Le Prêtre (on saura qu’il s’agit du personnage de Gordon Liu plus tard, n’hésite pas à l’aide d’une griffe d’acier (le titre du film) à déchiqueter les femmes. Le Prêtre est de mèche avec le Gouverneur corrompu qui voit en Wong Fei-hung un danger potentiel à ses sombres desseins.


La gonzesse donc, et même la prostituée va entrer dans la vie rangée de Wong. Tante Yee est partie faire un reportage, il va devoir régler ses histoires de libido tout seul. Son école est désormais trop petite face à sa réputation grandissante. Ses deux plus fidèles disciples Su et Fu ont du mal à enseigner. Wong Jing filme surtout un entraînement loufoque composée de grimaces et de coups de pied au cul. Po Chi Lam doit déménager. Nat Chan, l’immense dramaturge propose un local qui se trouve être juste à côté de sa « maison de luxe ».


Là les disciples de Wong Fei-hung n’en peuvent plus d’être devant de si jolies filles qui en profitent pour les aguicher. Le maître va également être la cible des filles mais il s’en débarasse en leur pratiquant une « médecine ». Wong Jing ne fait dans la dentelle du point du comique sexuelle en faisant minauder ses actrices et baver les garçons qui les regardent mais tout reste bien pudibond. Il ne va pas bien loin d’autant que s’entame un flirt entre Yin Er (Cheung Man) une combattante de la liberté privée de son père et Wong Fei-hung.


Sinon il reste un combat entre Gordon Liu et Jet Li dans l’antre du Prêtre démoniaque sur un pont en bois qui traverse une grotte. Le combat utilise largement le champ contrechamp et la mise en scène joue l’apparition et la disparition du personnage de Gordon Liu dans le champ de vision de Jet Li. Le Prêtre utilise la magie pour se battre et une cape qui le rend invisible. Puis vient le classique combat de lions dans l’arène. Ici, le Gouverneur va défaire Wong Fei-hung grâce une danse du mille-pattes. Or si Wong perd c’est qu’il est devenu sourd. Il part doc faire une retraite.


Dès lors Claws of steel va prendre une tournure un peu ridicule. Le personnage de Wong Fei-hung décrit par Wong Jing n’apporte pas une pierre supplémentaire à l’édifice de sa légende. Au contraire, lors de sa retraite Wong découvre qu’une poule peut écraser un mille-pattes (forcément) et va donc adopter le style de la poule pour vaincre le Prêtre et le Gouverneur et faire revenir la sagesse à Canton. On se serait bien passé de ce déguisement grotesque et de cette aventure strictement mercantile, d'autant que la dernière pastiche le style Jackie Chan de la boxe ivre.


Claws of steel (Last hero in China, 黄飞鸿之铁鸡斗蜈蚣, Hong Kong, 1993) Un film de Wong Jing avec Jet Li, Cheung Man, Dicky Cheung, Nat Chan, Leung Ka-yan, Gordon Liu, Jue Tit-woh, Anita Yuen, Yuen King-tan, Chung Fat, Wong Tin-lam, Dion Lam.

lundi 6 avril 2009

He's a woman, she's a man


Ce désormais classique de la comédie dramatique cantonaise a du mettre un bon de temps à se faire. Eric Tsang, via sa compagnie UFO, a produit ce long métrage de Peter Chan qui savait à l’époque filmer à hauteur d’hommes ses scénarios. C’est un autoportrait inversé de Leslie Cheung que l’on peut lire dans He’s a woman, she’s a man, et pour lui aussi il fallait un certain courage pour sortir du placard.


Wing (Anita Yuen) est une jeune femme qui a la passion de la cantopop. Elle a pour idole la chanteuse Rose (Carina Lau) et cherche à tout prix à la voir, à l’approcher et à posséder des objets qui lui auraient appartenu. Rose est encore une fois gagnante du trophée de la meilleure chanteuse. Elle remercie Sam Koo (Leslie Cheung), son compositeur et producteur attitré, qui est absent de la cérémonie.


Sam Koo préfère jouer du piano (en l’occurrence Twist and shout) avec les vieux musiciens qui accompagnaient son père lui-même un chanteur connu et respecté, symbole d’une autre époque. Peter Chan brocarde gentiment le star system dérivé du marché de la cantopop en montrant tous les fans qui cherchent à vendre les objets des stars comme des reliques. Mention spéciale à la gamine qui propose aux clients le caleçon de Tony Leung. Cette partie sur le système des stars est assez intéressante.


Sam Koo est par ailleurs l’amant de Rose, mais cette liaison doit rester secrète pour ne pas blesser les fans. Ils habitent dans le même immeuble, relié par un escalier secret. Sam sent la lassitude arriver et cherche à produire un nouvel artiste. Il va faire passer un casting pour découvrir un chanteur. Yu Lo (Jordan Chan) le colocataire de Wing suggère qu’elle pourrait se faire passer pour un garçon, ne serait-ce que pour approcher Sam Koo, et par extension Rose. Mais, c’est elle, en tant que garçon, qui sera retenue.


Wing est donc maintenant un garçon. Il va s’habiller en garçon et les autres remarquent qu’il est efféminé. Auntie (Eric Tsang), le conseiller mode de Sam reste persuadé que Wing est homo. Auntie est lui-même homo et s’habille avec une grande robe blanche. Il faut remercier Eric Tsang de cette composition finalement relativement nuancée pour ce personnage de grande folle. Avec son physique, ce n’était pas évident.


Or la situation va se compliquer pour notre plus grand plaisir. Rose va chercher à draguer Wing pour rendre jaloux Sam et se fait photographier par les paparazzi. Dans le même temps, Wing va succomber au charme de Sam qui en vient lui-même à se demander s’il ne serait pas devenu gay. C’est dans cette mise en abyme de la vie privée de Leslie Cheung qu’il faut trouver les choses les plus intéressantes sur le devoir de garder secrète l’homosexualité des artistes.


Leslie Cheung n’a jamais directement et ouvertement parlé de son homosexualité. C’est dans cette période qu’il a joué des rôles plus ambiguës. Le frère efféminé qui tombe amoureux de Teresa Mo, personnage de garçon manqué, dans All’s well end’s well de Clifton Ko ou l’acteur d’opéra chinois de Adieu ma concubine de Chen Kaige. On peut bien entendu regretter que tout redevienne dans l’ordre des choses, mais quelque chose passe. Le public s’est intéressé à ce film. Du coup, d’autres films moins gracieux ont utilisé le sujet à de seules fins de pantalonnades. Peter Chan a réalisé la suite du film dans Who’s the woman who’s the man, avec Anita Mui, cette fois.


He’s a woman, she’s a man (金枝玉葉, Hong Kong, 1994) Un film de Peter Chan avec Leslie Cheung, Anita Yuen, Carina Lau, Jordan Chan, Eric Tsang, Law Kar-ying, Joe Cheung, Jerry Lamb, Lawrence Cheng.