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vendredi 11 avril 2014

The Midas touch


Dans The Bounty, le premier et réussi film de Fung Chihi-chiang, Chapman To était un chasseur de primes un peu dépassé par les événements. Dans The Midas touch, il se lance dans le show business avec huit et jolies jeunes femmes. Il faut donner leur nom, elles débutent dans le cinéma : Christie Chen, Alice Li, Jie Zhuang, Venus Wong, Jennifer Zhang, Angela Hui, Una Xie et Stephanie Che. Mak Chui (Chapman To) n’avait pas l’idée de devenir leur manager. Son boulot au début de The Midas touch est de collecter les dettes auprès des créanciers, métier peu noble qu’il exerce avec Beefy (Deep Ng) et sa bande.

L’idée de Mak en voyant ces jeunes femmes alanguies dans le salon de la boite de mannequins (la profession qu’elles sont censées exercer) est de les prendre sous son aile. Le film mise d’abord sur la beauté des femmes montrées sous toutes les coutures, mais de manière très chaste, bien entendu. L’érotisme n’ira pas plus loin qu’une courte scène où elles plongent, en bikini, dans une piscine. Elles manquent surtout de talent. L’une imite les chiens, une autre peut roter 100 fois en une minute, une autre balance des baffes. C’est un peu comme l’émission « Hong Kong a un incroyable talent ». Le film établit un parallèle entre la prostitution, Mak les transforme en escort girls avant d’entrer dans le milieu de la chanson.

Passés ces moments à l’humour très léger, la troupe se lance dans la conquête de la célébrité. Pour tenir son ton de comédie, les embuches ne cessent de se mettre en travers du chemin vers la gloire. Il faut dire que les filles ne sont pas très compétentes. Elles ne savent pas danser, ni chanter et encore moins rester disciplinées. D’où l’idée de génie de Mak, s’incruster à la conférence de presse d’un jeune acteur à la mode, J-Dragon (Gao Yun-xiang) dont l’attachée de presse est Suen Mei-mei (Charlene Choi). Mak emmène ses filles, les fait monter sur scène et mettre un gros bordel avant de se faire pourchasser par les vigiles.

Bien entendu, Mei-mei n’est pas contente de ce sabordage. Tout va se compliquer pour elle quand elle est virée pour avoir des vues un peu trop précises sur son protégé. Elle l’a installé dans un appartement à côté du sien et mis un miroir sans teint où elle peut l’observer tandis qu’il fait sa muscu torse nu. Elle décide de prendre sa revanche sur le destin en proposant, contre un gros contrat, à Mak de s’occuper de la carrière des filles. C’est parti pour des cours de chant, danse, comédie où elles sont aussi médiocres qu’au début du film, dans une suite de séquences de qualité variable. Mais la persévérance pourrait payer si elles travaillent beaucoup. Pas facile de transformer des gens sans qualité en or, l’effet Midas du titre se fait attendre.

Le récit de The Midas touch a un peu du mal à trouver sa voie. Il hésite à donner une comédie burlesque avec les gaffes des jeunes femmes comme de Mak qui fait preuve d’incompétence (Chapman To semble abonné à ces rôles de minable falmboyant), le tout avec une grosses pincée d’humour non-sensique et la présence de quelques vedettes en cameo (Nicholas Tse, Wong Cho-lam). Souvent le film se lance dans l’émotion poussive quand le premier concert se solde par un gros bide (la presse ni le public n’est venu), quand Mak et Mei-mei doutent de tout, quand les filles doivent se séparer. Paradoxalement, le film parvient à surprendre en ne donnant ni romance entre ses personnages, ni angélisme sur la réussite du groupe de filles bien que le film est loin d’être une critique acerbe du show business.

The Midas touch (超級經理人, Hong Kong, 2013) Un film de Fung Chih-chiang avec Chapman To, Charlene Choi, Gao Yun-xiang, Deep Ng, Christie Chen, Alice Li, Jie Zhuang, Venus Wong, Jennifer Zhang, Angela Hui, Una Xie, Stephanie Che Wong Cho-lam, Jenny Lau, Gillian Chung, He Jiong, Nicholas Tse, Vincy Chan, Fok Man-hei, Louis Cheung, Lo Hoi-pang, Yumiko Cheng, 6 Wing, Steven Cheung, Xie Jiayu, Ryan Lam, Johnny Choi, Masaki Heung.

jeudi 3 octobre 2013

Sorties à Hong Kong (octobre 2013) Out of Inferno


Out of Inferno (逃出生天, Hong Kong, 2013) Un film d’Oxide Pang et Danny Pang avec Louis Koo, Lau Ching-wan, Angelica Lee, Wang Xue-qi, Gillian Chung, Wang Bao-qiang, Jackie Xu, Chen Sicheng, Eddie Cheung, Natalie Tong, Jin Qiao-qiao, Hui Siu-hung, Sun Hong-lei, Terence Tsui. 107 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 3 octobre 2013.





jeudi 5 septembre 2013

Sorties à Hong Kong (septembre 2013) The Midas touch


The Midas touch (超級經理人, Hong Kong, 2013)
Un film de Fung Chih-chiang avec Chapman To, Charlene Choi, Wong Cho-lam, Jenny Lau, Gao Yun-xiang, Gillian Chung, He Jiong, Nicholas Tse, Vincy Chan, Fok Man-hei, Louis Cheung, Deep Ng, Lo Hoi-pang, Yumiko Cheng, 6 Wing, Stephanie Che, Steven Cheung, Zhuang Jie-meng, Xie Jiayu, Ryan Lam, Johnny Choi, Masaki Heung. 98 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 5 septembre 2013.


lundi 5 août 2013

Ip Man, the final fight


Cinquième film sur Ip Man, sorti près de trois mois après The Grandmaster de Wong Kar-wai, Ip Man, the final fight suit les années du maître des arts martiaux à Hong Kong où il débarque seul et sans le sou en 1950. Herman Yau avait évoqué la jeunesse du personnage dans La Légende est née, Ip Man avec Dennis To dans le rôle titre. C’est désormais Anthony Wong qui incarne Ip Man à la fin de sa vie. Il mène un train de vie modeste dans un petit appartement où il vit avec son fils Chun. En ouverture du film, Chun signale qu’un de ses anciens disciples (dont le nom n’est pas prononcé mais on a reconnu Bruce Lee), fait une démonstration de Wing Chun à la télé. Ip Man continuera d’arroser ses plantes sur le balcon, ne détournera pas la tête. Le film commence donc en 1971 et le fils, en voix off dans un long flashback, devient narrateur de la vie de son père.

Exilé, il doit trouver un logement. Il lui sera fourni par Leung Sheung (Timmy Hung, le fils de Sammo) qui, décide de devenir son disciple. Il sera accepté après un superbe combat dans le salon entre les deux hommes. Ip Man pose un journal sur le sol et se place dessus. Si Leung Sheung peut déloger Ip Man, il deviendra son élève. Le combat est très simple, corps à corps entre les deux hommes, échanges de coups de bras filmés sans esbroufe par Herman Yau. Ip Ma, the final fight ne cherche pas à chorégraphier à outrance, contrairement aux films de Wilson Yip et de Wong Kar-wai. Anthony Wong a son âge (52 ans au moment du tournage) et il serait ridicule de le voir sauter sur des tables ou des rondins de bois pour affronter ses adversaires. L’objectif est de rendre son parcours le plus réaliste possible et d’effacer l’héroïsme et le romantisme.

Il devient donc un simple professeur d’arts martiaux, installé sur le toit de l’immeuble. Ses élèves viennent de différents milieux et ont diverses raisons d’apprendre le Wing Chun. Jordan Chan est Tang Sing, un modeste policier qui espère monter en grade sans se corrompre. Gillian Chung est Chan Sei-mui qui épousera Wong Tung (Chow Ting-yu), qui fera des combats de boxe clandestins pour gagner de l’argent. Jiang Luxia est Lee King. Tous ont des problèmes qu’ils tentent de résoudre avec les leçons du maître. Mais parfois, leur impulsivité et leur manque de discipline les font détourner de la vision strictement défensive qu’Ip Man a des arts martiaux. Ils les grondent comme des enfants quand ils se battent après avoir perdu aux jeux de hasard. Le film décrit avec détails la vie à Hong Kong dans les années 1950, la pauvreté, la précarité et la répression d’une grève par les Britanniques.

Les soucis d’Ip Man ne sont pas oubliés. Il a laissé son épouse Wing Sing (Anita Yuen) et son fils en Chine. Elle pourra faire un séjour à Hong Kong puis retournera en Chine chercher leur fils. Jamais Ip Man n’aura l’occasion de revoir sa femme. Mais jamais il ne s’énervera, ne se plaindra de son sort, montrant bien la différence avec ses disciples toujours à râler. La grande compassion du maître sera mise en avant par ses rapports avec Miss Jenny (Zhou Chouchou), une chanteuse de cabaret, toujours vêtue de superbes robes colorées. Il se prend de sympathie pour cette femme que tous ses élèves méprisent compte tenu de sa profession. La tension et la rancœur sont palpables lors d’un repas d’anniversaire où personne n’adresse la parole à Jenny. Personne ne semble avoir retenu les leçons prodiguées par Ip Man.

Il faut également évoquer les adversaires d’Ip Man. L’un est son alter ego. Eric Tsang incarne Ng Chung, un maître d’une école concurrente d’arts martiaux. Dix ans après Infernal affairs, il est amusant de retrouver le duo d’acteurs et de les voir combattre comme s’ils étaient de jeunes gens. C’est aussi plaisant de revoir Hung Yan-yan dans un rôle de méchant balafré. Il est Dragon, le chef d’un quartier où toutes les lois sont bafouées, où la police ne rentre pas et où les combats de boxe illégaux sont organisés. Il tente, avec l’aide de Tang Sing, désormais passé dans le camp des policiers corrompus, de truquer une parade du dragon en faisant affronter son bras droit (Ken Lo) et Ng Chung. Ce dernier recevra le soutien d’Ip Man malgré leurs différents.

Ce qui plait et séduit le plus dans Ip Man, the final fight est la modestie du projet. La volonté d’Herman Yau, de sa scénariste Erica Li et des chorégraphes des combats Li Chung-chi et Sin Kwok-lam (le premier a commencé avec Jackie Chan, le second a travaillé sur La Légende est née, Ip Man et Qiu Jin, la guerrière) est de ne jamais séparer les moments de bravoure du quotidien des personnages. Inutile de préciser que les acteurs sont tous magnifiques. Malgré un aspect un peu théâtral, le film gagne ainsi en équilibre et en cohérence, laissant de côté les écueils vus dans les autres Ip Man, le nationalisme rance chez Wilson Yip et l’esthétisation à outrance chez Wong Kar-wai. Herman Yau décrit une personnalité débarrassée de la légende pour mieux réécrire la légende. C’est un tour de force de cinéma.

Ip Man, the final fight (葉問終極一戰, Hong Kong, 2013) Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng.

jeudi 28 mars 2013

Sorties à Hong Kong (mars 2013) Ip Man, the final fight


Ip Man, the final fight (葉問終極一戰, Hong Kong, 2013)
Un film d’Herman Yau avec Anthony Wong, Anita Yuen, Eric Tsang, Gillian Chung, Jordan Chan, Jiang Lu-xia, Timmy Hung, Zhou Dingyu, Rose Chan, Hung Yan-yan, Liu Kai-chi, Ken Lo, Wong Cho-lam, Yip Chun, Kevin Cheng. 102 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 28 mars 2013.

mercredi 22 août 2012

The Death curse


La lettre que reçoit Nancy (Charlene Choi) lui apprend que son père (Chen Xian-da) l’invite à participer à une réunion familiale dans sa demeure située dans un petit village de Chine. A court d’argent, la jeune femme en emprunte pour son voyage à Keith (Laurence Chou), son voisin amoureux d’elle (sans réciprocité), un jeune gars timide mais qui l’espionne. En effet, il ouvre son courrier avant elle et il sait déjà tout sur cette réunion bien avant elle. Nancy le rabroue comme un vilain chiot pour cet outrage de sa vie privée mais accepte son argent pour rencontrer cette parentèle inconnue. On ne reverra Keith qu’en fin de film pour aider Nancy, finalement il fait bien de lire son courrier.

La demeure du père est une sorte de château isolé et qui dit château isolé dit apparitions fantomatiques. Nancy aperçoit une enfant immobile, portant un masque, la musique (et le titre du film) nous fait croire que c’est un fantôme. C’est en fait Fanny (Kau Lapi-yi), la nièce de Nancy. Cette dernière découvre que son père a eu huit enfants avec huit femmes différentes. La première partie de The Death curse présente ces personnages avec des caractéristiques variées pour qu’ils puissent être identifiables immédiatement. L’ainé est Andy (Zhou Bo), toujours nerveux, la seconde est Deon (Suen Hiu-yin) la maman célibataire de Fanny. Puis Nick (Raymond Wong Yo-hin) qui se prend un membre des triades et se promène en veste ouverte sur son torse (un macho donc). Suivent les plus jeunes Linda (Gillian Chung), Jerry (Kenny Kawn) et Ben (Steven Cheung), par ailleurs membres du groupe de cantopop Boy’z.

La méfiance entre tous ces frères et sœurs qui ne connaissent pas va être accentuée par la bataille que lance le notaire Cheung (Alex Fong Chung-sun). Il annonce que le testament de Monsieur Ting, leur père tout juste décédé, leur demande de partager son immense fortune en part égale entre les huit enfants. Cheung déclare qu’il manque Samuel, le troisième frère et qu’ils devront tous avant d’obtenir l’argent, rester 49 jours dans la demeure et brûler de l’encens chaque soir à minuit précise. Si l’un d’eux manque à l’appel de minuit, il sera supprimé des héritiers. Passés l’étonnement et la protestation de rigueur, chacun s’installe où il peut et chacun essaie, maladroitement, de faire connaissance. A tous ces personnages, il ne faut pas oublier le hiératique et mystérieux Monsieur Wong (Sun Le-qiu), majordome du défunt qui surveille tout, semble se déplacer tel un fantôme dans toutes les pièces.

Le film se lance alors dans un joyeux jeu de massacre où les enfants vont disparaitre les uns après les autres. The Death curse s’apparente d’abord au film de fantômes avec des apparitions immobile du mort à grand renfort de musique flippante. Tous les artifices du film horrifique sont convoqués et Soi Cheang se débrouille plutôt bien pour tenter de faire peur au spectateur. Les moyens sont basiques : lumières qui clignotent, lampe de plafond qui se balance alternant nuit et jour, voix d’outre tombe. L’architecture du lieu, huis-clos qui enferme les personnages, permet d’instaurer une tension. Tous découvrent les longs couloirs où les portes s’ouvrent et se ferment toutes seules en même temps que le spectateur. Enfin, la petite Fanny est la seule à voir les morts, semble-t-il. Plus qu’un vrai film d’horreur, Soi Cheang en réalise la parodie avec beaucoup d’ironie.

Le ton s’apparente clairement vers celui de la comédie avec une caricature extrême des personnages, notamment les accolades gênées que doivent se donner les frères et sœurs : leurs têtes contrites à ces moments sont amusantes. The Death curse est d’abord un film pour mettre en valeur tous ces jeunes acteurs, les Twins et les Boy’z en tête. Il faut donc supporter leur jeu relativement inexpressif qui en comparaison de la composition ironique d’Alex Fong Chung-sun ne fait pas toujours le poids. Et puis, il reste un scénario pataud résout l’énigme des ces fantômes avec Charlene Choi en enquêtrice en chef, rappelant plus Scooby Doo que Shining.

The Death curse (古宅心慌慌, Hong Kong, 2003) Un film de Soi Cheang avec Charlene Choi, Gillian Chung, Steven Cheung, Kenny Kwan, Alex Fong Chung-sun, Raymond Wong Ho-yin, Lawrence Chou, Kau Lap-yi, Suen Hiu-yin, Sun Le-qiu, Zhou Bo, Chen Xian-da.

jeudi 15 juillet 2010

Sorties à Hong Kong (juillet 2010)

The Fantastic water babes (出水芙蓉)

Un film de Jeff Lau avec Gillian Chung, Alex Fong Lik-sun, Eva Huang, Stephen Fung, Chrissie Chow, Simon Lui, Ma Keyman, Tian Liang, Natalie Tong, Ava Yu. 89 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 15 juillet 2008.






jeudi 10 juin 2010

Sorties à Hong Kong (juin 2010)

Ex (前度)

Un film de Heiward Mak avec Gillian Chung, William Chan, Michelle Wai, Lawrence Chou, Jacky Heung, Eman Lam, Deep Ng, Tien Niu, Chapman To, Derek Tsang. 96 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 10 juin 2010.








dimanche 6 juin 2010

House of fury



Yue Siu-bo (Anthony Wong) est chiropracteur. Il soigne son vieil ami Oncle Chiu (Wu Ma), dans son officine. Siu-bo aime raconter des histoires aux gens. Il se voit en super héros de kung-fu et abat, sans armes, une dizaine d’ennemis, genre ninja, qui apparait comme par magie pour lui botter le cul. Siu-bo invente ses histoires et personne n’y croit. Cela exaspère sa fille Natalie (Gillian Chung) et son fils Nicky (Stephen Fung). Ce dernier travaille dans un parc aquatique où il dresse des dauphines, elle est lycéenne. Avec sa meilleure amie, Ella (Charlene Choi), elle tente d’échapper à son père, venu la chercher à la fin des cours.

Siu-bo est veuf et élève ses deux enfants seul. Ils ne sont pas très compréhensifs. Ils le trouvent ennuyeux. Eux-mêmes n’arrêtent pas de se disputer. Et ils se battent aussi, Siu-bo les a initié au kung-fu. Ainsi, quand Jason (Daniel Wu), le prétendant de Natalie vient dîner à la maison, le frère et la sœur s’envoient des coups de pied sous la table à la mode Shaolin. Ils renversent tous les plats sous les yeux médusés de Jason. Voilà une histoire de famille qui commence sous les chapeaux de roue. Des secrets sont dissimulés et on attend des quiproquos sur le mode humoristique.

Mais Stephen Fung continue House of fury avec une sale histoire de vengeance. Rosco (Michael Wong) cherche à connaitre le nom de celui qui, il y a douze ans de cela, lui a brisé le cou provoquant une paralysie totale. Rosco a torturé un agent secret, cela le mène sur la piste de Siu-bo. Les enfants comprennent que les histoires étaient véridiques, puis Jason explique qu’il est là pour surveiller l’oncle Chiu. Rosco est particulièrement vicieux, mais le jeu de Michael Wong est si pénible que son personnage de méchant lasse très vite. L’acteur parle anglais et détache tous les mots pour qu’on comprenne bien tout.

Le film alterne de longues explications dialoguées où les enjeux sont mis en avant : le méchant va torturer un gentil contre un renseignement, les gentils vont botter le cul du méchant et libérer le papa, avec des combats réglés par Yuen Woo-ping. Wu Ma poursuivi par Daniel Wu saute, grâce aux effets spéciaux, du toit d’un immeuble à un autre. Gillia Chung et Stephen Fung se battent contre les femmes et les hommes de main de Rosco. Yuen Woo-ping sait y faire mais il manque la légèreté. House of fury esquisse, timidement, l’opposition entre les générations d’artistes martiaux (les câbles contre les effets spéciaux). Stephen Fung s’est laissé déborder par l’ampleur du projet (le film est produit par Jackie Chan et la société Emperor) dont le but évident devait être de doubler Stephen Chow et Shaolin soccer auquel on pense parfois. De ce point de vue, c’est un échec.

House of fury (精武家庭, Hong Kong, 2005) Un film de Stephen Fung avec Anthony Wong, Stephen Fung, Gillian Chung, Michael Wong, Daniel Wu, Charlene Choi, Josie Ho, Wu Ma, Winnie Leung, Philip Ng, Jonathan Foo, Jacob Strickland, Law Kar-ying, Jason Tobin, Asuka Higuchi, Lee Ka-ting, Donald Tong, Siu Yeah-jim.

vendredi 1 août 2008

Twins effect II


Parfois, le cinéma cantonais offre de belles surprises, et parfois non. Twins effect II n’apporte aucun effet sur moi, si ce n’est une lassitude de voir les jumelles Charlene et Gillian se balader dans un film aussi insipide. Non pas que je considère les deux filles comme de grandes actrices méritant un grand et beau film, mais là quand même on frise la nullité absolue. Twins effect II n’est pas la suite du film de Dante Lam, titré parfois Vampire effect, le titre ne joue que sur le succès de ce film. De toute façon, seules les Twins sont rescapées du premier casting avec aussi Edison Chen dans un petit rôle.

Adieu donc les vampires de pacotille que chassait Ekin Cheng, cette fois on est dans un pays imaginaire dirigée par une méchante reine qui a mis tous les hommes de son pays au service des femmes. Ils sont tous devenus esclaves (pas forcément sexuels) et Charlene et Gillian sont des marchandes d’hommes. Ils portent autour du cou un collier de métal où est accrochée une clochette. La méchante reine maudit les hommes depuis que son amoureux (Daniel Wu) a couché, par erreur, avec sa sœur jumelle. Mais une prophétie annonce le retour d’un roi qui va libérer le pays. Il doit se saisir d’une épée qui est enfoncée dans un rocher. Certes, ça rappelle une histoire célèbre, mais même pas. La reine a aussi comme projet de transformer tous les gars en femmes. L’horreur quoi.

De nombreux personnages viennent petit à petit dans le récit. Deux acteurs de théâtre itinérant, Jaycee Chan (le fils de Jackie) et Wilson Chen, qui travaillent avec Tony Leung Ka-fai qui porte admirablement la moustache. Ils vont suivre les Twins et accomplir leur quête ensemble. S’ensuit une banale histoire d’amour. Ce beau monde va rencontrer Donnie Yen, évidemment expert en art martial qui leur annonce cette prophétie. L’un d’eux sera le futur roi. Mais lequel ?

Le film passe de combats de kung-fu pas terribles quand les filles doivent se battre, un peu mieux quand c’est Donnie Yen notamment face à Jackie Chan qui fait une courte apparition dans le rôle d’un soldat de terre cuite, à d'autres combats de kung-fu. Il y a beaucoup d’effets spéciaux pour faire se déplacer dans les airs, mais jamais le rythme n’est bon. Les ralentis sont censés souligner les gestes mais ça tombe à plat. Entre chaque combat, les personnages parlent de choses peu passionnantes : de leur quête, mais aussi de leurs petites querelles amoureuses. Le scénario n’est pas plus construit que cela. Du coup, on se fout complètement de la résolution de l’histoire. Que dire de plus ? Twins effect II n’est pas drôle et n’arrive même pas à devenir un nanar. Le comble !

Twins effect II (千机变 II 花都大战Hong Kong – Chine, 2004) Un film de Corey Yuen et Patrick Leung avec Charlene Choi, Gillian Chung, Daniel Wu, Jaycee Chan, Wilson Chen, Donnie Yen, Tony Leung Ka-fai, Qu Ying, Fan Bing-bing, Edison Chen, Jackie Chan.

dimanche 17 février 2008

Trivial matters


Pang Ho-cheung est fou. Trois mois après Exodus, voilà déjà son nouveau film Trivial matters, comme si de rien n’était, sans se soucier d’un plan de carrière, juste pour le plaisir du cinéma. Et celui du spectateur.
Trivial matters est un film à sketches, ou à épisodes. Il y en a sept. Ils sont tirés d’histoires que Pang Ho-cheung a écrites. Le cinéaste doit être écrivain, auteur de nouvelles à Hong Kong. Je ne le savais pas. Il a adapté lui-même ses nouvelles pour son dernier film et, encore une fois, il étonne par la variété de son style, de plus en plus souverain, en dehors des modes, au-delà des canons du box-office. Pang Ho-cheung est un auteur, un grand cinéaste et il faut que cela soit écrit.
Dans un film à sketches, il y a forcément des choses moins bien, et dans Trivial matters il y a des parties moins réussies que d’autres. Mais celles qui sont réussies sont tellement passionnantes que j’en suis resté timide d’admiration. Il est par exemple facile de passer très vite sur le ketch Tak Nga où il y est question de planètes que l’on doit nommer.
On peut aussi faire l’impasse sur Civism, bien que le sketch soit l’un des plus drôles de la collection. Edison Chen essaie de draguer une fille en boîte de nuit. Sa méthode est simple mais triviale, voire vulgaire. Il affirme faire preuve de grand civisme puisqu’il pisse sur les bouts de merde restés collés dans les chiottes des lieux publics. La technique de drague est minable mais hilarante. La pauvre Stephanie Cheng se bouche le nez rien que d’imaginer la situation. Le spectateur est moins verni puisqu’il voit la pisse se déverser sur la merde. Ça n’a l’air de rien, mais c’est presque une révolution dans la comédie cantonaise. L’humour scato fonctionne à plein régime. C’est vraiment trivial.
Le film commence avec Vis Major, qui rappelle le dispositif d’Exodus, des plans séquence avec des personnages qui parlent. Et ils racontent leur vie sexuelle. Un couple raconte ses coïts. Jan Lamb (la voix du cochon MacDull) filme un professeur et son épouse, chacun à leur tour. Chacun reproche à l’autre son manque d’écoute, avec l’idée que le corps en dit beaucoup plus que les mots. Comme Jan Lamb ne les trouve pas assez sexy, la scène est reconstituée avec deux jeunes acteurs qui baisent nus. L’image contredit les propos des deux acteurs. Et c’est finalement cela que veut mettre en scène Pang Ho-cheung, une certaine misère sexuelle, et qui rappelle ses anciens films, Men suddenly in black, AV et Exodus.
Dans Trivial matters, Pang Ho-cheung propose quatre autres histoires plus élaborées. Toutes basées justement sur la solitude, sur l’attente d’une vraie proposition sexuelle. Cela put être du registre comique (It’s a festival today) où Eason Chan n’arrive pas à avoir de rapports sexuels avec sa fiancée ou du registre dramatique (Recharge) où Chapman To va voir une prostituée du continent et où il s’aperçoit qu’il est plus seul qu’elle malgré son exil.
Dans ces deux sketches, c’est le corps qui est filmé. Pang Ho-cheung avait déjà largement exhibé Chapman To dans Isabella, où il lui donnait une aventure sexuelle ambiguë avec sa fille et en faisait un corps incapable de se placer dans le décor ancien de Macao. Dans le sketch Recharge, To n’hésite pas à se mettre complètement à poil. Pang met en scène ce corps désormais massif de l’acteur face à celui frêle de la prostituée chinoise. On y parle, mine de rien, d’esclavage sexuel mais en se demandant qui est vraiment le maître de l’autre.
Le corps d’Eason Chan est lui aussi assez massif. L’acteur, avec ses cheveux bouclés, est à part dans le paysage hongkongais. Constamment en caleçon dans It’s a festival today, il parviendra à convaincre sa copine de lui tailler une pipe lors de chaque jour de fête. Parce que sucer c’est pas faire l’amour. Il sera pris au piège de son appétit sexuel dans un crescendo comique. Mais, comme pour le personnage de Chapman To, c’est la solitude que pointe Pang Ho-cheung.
Solitude encore pour le personnage de Ah Wai interprétée par une Gillian Chung qui porte des lunettes. Ah Wai est ce qu’on appelle une ringarde. Elle n’a pas d’amis. Kate (Stephy Tang), sa pseudo meilleure amie discute avec elle, mais de choses sans intérêt. Elles vont chanter une chanson d’une vedette (genre Leslie Cheung) au karaoké, mais elles chantent faux. Contre toute attente, Ah Wai va réussir sa vie. Alors que rien ne semblait aller vers son bonheur. Elle rencontre un jeune garagiste tatoué qui se promène toute la journée torse nu. Un jeune loubard apparemment, mais en fait un mec bien. Quant à Kate, elle rate tout à fait sa vie. L’inversion des destins des deux adolescentes est remarquablement mise en scène avec une rigueur impeccable. Ah Wai the « Big Head » est le sketch le plus réussi de Trivial matters.
Petit à petit, le film s’emplie de mélancolie, d’une ambiance douce-amère. Jusqu’au dernier sketch Junior où un représentant de commerce vient rencontrer un homme d’affaires. Ce qu’il propose est un programme de tueur à gages avec un crime gratuit tous les 12 assassinats. Ce sera Shawn Yue le tueur « junior » et Conroy Chan la future victime. On y fume du cannabis dans un bang et ils s’amusent ensemble. Par son ton, par le choix des musiques, ce sketch évoque Tarantino période Pulp fiction.
Trivial matters est grand sous une apparence modeste. On ne sait pas où ira maintenant Pang Ho-cheung. S’il était besoin de le dire, sa maîtrise est désormais totale. Ses choix (sujets, acteurs, chansons, musique, cadres, narration) sont ceux d’un immense cinéaste. Putain, ça fait du bien.
Trivial matters (破事兒, Hong Kong, 2007) Un film en 7 sketches de Pang Ho-cheung avec Jan Lamb, Chan Fat-hung, Kristal Tin (Vis Major), Edison Chen, Stephanie Cheng (Civism), Eason Chan, Isabel Chan, Chapman To (It’s a festival today), Kenny Kwan, Angelababy, Patrick Tam (Tak Nga), Stephy Tang, Gillian Chung, Juno Mak (Ah Wai the « Big Head »), Eason Chan, Chapman To, Zhang Zheng (Recharge), Feng Xiaogang, Peter Kam, Shawn Yue, Conroy Chan (Junior).

mardi 15 janvier 2008

Mr. Boo détective + Fantasia


D’un côté, Mr. Boo détective (1976) de Michael Hui et dont l’action est contemporaine de sa réalisation. D’un autre côté, Fantasia (2004) de Wai Ka-fai qui se déroule en 1969. Entre les deux, un lien très fort puisque Fantasia est un quasi remake de Mr. Boo détective.
Mr. Boo est un personnage récurrent du cinéma comique créé par Michael Hui. Il a joué souvent avec ses deux frères, Samuel le beau gosse, et Ricky l’idiot. Michael lui porte des lunettes et joue un personnage irascible, caractériel et un brin antipathique. Dans Mr. Boo détective, il dirige une agence de détective privé. Il n’est pas très compétent et n’a que de pauvres affaires d’adultère. Ricky est le souffre douleur de son patron et nous offre une tête affligée.
Mr. Boo va devoir affronter une bande de malfrats menée par Shek Kin et Karl Maka. Ils détroussent les gens dans la rue ou dans un cinéma. Ce qui est drôle est que le chef des bandits affirme adorer l’honnêteté des gens qu’il vole et leur demande de tout lui donner. Mr. Boo se bat avec un nunchaku composé de saucisses. On voit dans le film le célèbre gag de l’écumoire qui laisse passer de la farine sur son visage (dans God of cookery, Stephen Chow reprendra le gag en ébouillantant le visage de Vincent Kok). Le flic, interprété par Richard Ng, n’est pas le plus fin du film.
Dans Fantasia, Lau Ching-wan, Louis Koo et Jordan Chan sont les trois détectives. Lau et Koo se prénomment respectivement Michael et Sam. Chan porte une minerve comme Ricky. Comme Mr. Boo, Lau Ching-wan est incompétent et fait porter ses échecs sur ses camarades. Francis Ng reprend le rôle de Shek Kin avec un cabotinage insensé des plus jubilants.
Fantasia reprend la plupart des meilleurs gags de Mr. Boo détective, comme la bataille de saucisses, l’écumoire, la mâchoire de requin, l’imitation de Bruce Lee. Il rejoue aussi certains moments scénaristiques tels que le détroussement dans la rue et dans le cinéma. Mais Fantasia rajoute plusieurs personnages et d’autres histoires.
Il y a Cecilia Cheung qui joue une apprentie sorcière. Elle apparaît quand Jordan Chan frotte une « lampe d’Aladin ». Elle porte des lunettes à triple foyer et n’est pas encore très forte en magie. Ses tours ratent toujours ce qui provoque des catastrophes. Cheung reprend le personnage comique que Josephine Siao avait inventé dans les années 1970, une femme lunatique, rôle dans lequel Cecilia Cheung est hilarante.
Le fantastique arrive donc dans Fantasia aussi grâce aux Twins. Charlene Choi et Gillian Chung incarnent deux baguettes chinoises qui deviennent humaines quand on les lèche. Ce sera le méchant Francis Ng qui les éveillera et elles deviendront ses complices. Il y aussi le cousin de Cecilia, une peluche qui sous les coups de colère se transforment en dragon furieux. Sans doute le personnage le moins drôle.
Les deux films rendent hommage à Steven Spielberg. Aux Dents de la mer dans Mr. Boo détective et à Jurassic Park dans Fantasia. Les deux scènes se déroulent dans une cuisine de restaurant.
Fantasia est plus drôle que Mr. Boo détective, qui est tout de même très drôle. Tous les interprètes s’en donnent à cœur joie dans des rôles d’incompétents ou de colériques. Ils ont l’air de s’amuser comme des gamins. Normal, ils jouent des enfants. Les deux films ont été des énormes succès publics.
Mr. Boo détective (The Private eyes, 両八斤半, Hong Kong, 1976) Un film de Michael Hui avec Michael Hui, Samuel Hui, Ricky Hui, Shek Kin, Karl Maka, Richard Ng, Angie Chiu, Lo Wai-ying, Chu Mu, Ko Hung, Joe Chen
Fantasia (鬼馬狂想曲, Hong Kong, 2004) Un film de Wai Ka-fai avec Lau ching-wan, Louis Koo, Cecilia Cheung, Jordan Chan, Francis Ng, Charlene Choi, Gillian Chung, Christy Chung, Kot Man-fai, Wong You-nam, Chui Tien-you, Cheung Tat-ming.

jeudi 20 décembre 2007

Sorties à Hong Kong (décembre 2007)

Trivial matters (破事兒)
Un film de Pang Ho-cheung avec avec Jan Lamb, Chan Fat-hung, Kristal Tin (Vis Major), Edison Chen, Stephanie Cheng (Civism), Eason Chan, Isabel Chan, Chapman To (It’s a festival today), Kenny Kwan, Angelababy, Patrick Tam (Tak Nga), Stephy Tang, Gillian Chung, Juno Mak (Ah Wai the « Big Head »), Eason Chan, Chapman To, Zhang Zheng (Recharge), Feng Xiaogang, Peter Kam, Shawn Yue, Conroy Chan (Junior). 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 20 décembre 2007.



lundi 10 septembre 2007

Twins mission


Dans la série des films de Steven Soderbergh les Ocean’s, il y a un personnage chinois que l’on peut, qui parle peu mais vient d’un cirque. Bon, ce personnage ne sert pas à grand-chose, mais il a apparemment inspiré les producteurs de Twins mission.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Charlene Choi et Gillian Chung sont les deux chanteuses de cantopop du groupe Twins. Comme beaucoup de leurs pairs chanteurs (Boyz, F4, Shine) et chanteuses (Josie Ho, Karen Mok), les Twins ont été appelées sous les feux de la rampe du cinéma cantonais. Et avec un certain bonheur parfois comme dans Fantasia de Wai Ka-fai en 2004, ou chez Patrick Leung pour Charlene (Good times bed times) ou chez Pang Ho-cheung pour Gillian (Beyond our Ken).

Les Twins sont devenues une franchise du cinéma d’action commencée avec Twins effect, un film plutôt divertissant. Jackie Chan n’étant pas libre, c’est ses anciens potes de cinéma, Sammo Hung et Yuen Wah, qui prennent le relais pour cette nouvelle aventure mouvementée où elles vont se battre contre les méchants qui en veulent à leur peau.

Rarement la mise en place d’un film ne m’a semblé aussi fastidieuse. C’est long, très long. Il faut dire qu’il y a tellement de personnages que le vertige nous prend.

Il n’y a dans ce film pratiquement que des jumeaux qui travaillent dans un cirque… de jumeaux. Sammo Hung et Wu Jing jouent deux moines qui transportent un « chapelet divin » qui permet de sauver des malades. Une horde de méchants le volent pour le compte d’un homme d’affaires sans scrupule. En moins de cinq minutes de film, il y a déjà un combat. Et durant tout le film, il y en aura des dizaines d’autres. Malheureusement, ils ne brillent pas par leur originalité. Kong Tao-hoi est à la fois réalisateur de Twins mission et le chorégraphe des combats. Il semble s’être fait plaisir. Moi, j’en ai pris beaucoup moins. Les scènes de comédie ne sont pas drôles, surtout quand Sam Lee dans son rôle de flic incompétent, surtout parce que ça joue sur des blagues racistes (il interroge des travailleurs étrangers).

L’impression globale que donne Twins mission est celle d’un véhicule pour maintenir les Twins à flot : elles posent comme des mannequins, pendant les 20 premières minutes, elles apparaissent à peine deux minutes. Elles n’ont aucun personnage à défendre. La confrontation entre Yuen Wah et son jumeau méchant est ridicule. Les combats dans la dernière partie sont navrants. Un montage alternatif montre les différents combats ce qui leur supprime tout rythme. Vraiment un film insipide.

Twins mission (双子神偷,Hong Kong, 2007) Un film de Kong Tao-hoi avec Sammo Hung, Wu Jing, Yuen Wah, Charlene Choi, Gillian Chung, Sam Lee.

vendredi 25 mai 2007

Beyond our Ken


Après deux comédies enthousiasmantes, Pang Ho-cheung change, avec Beyond our Ken, de registre. Il s’intéresse à la vie amoureuse de Ken. Plus précisément aux sentiments de Shirley sa petite amie actuelle qui rencontre un jour l’ex de Ken.

On début, on a très peur. On se demande si ça ne sera pas du sous-Wong Kar-wai période Nos années sauvages. Un jeune homme, une jeune fille, tous deux dans une chambre. La caméra est au plus près des visages, portée à l'épaule, comme une entrée directe en la matière dans l'intimité du couple. Regards langoureux du jeune homme vers la jeune femme. Elle, elle ose à peine le regarder. Il lui retire ses lunettes. Timidement, elle se laisse faire. Il veut lui retirer son gilet. Elle hésite, se lève et va éteindre la lumière. Elle veut qu'il ferme la porte. Il va la fermer. La caméra recule, sort de la pièce. Ils ne se seront pas dit un seul mot.
Cette première séquence est trompeuse. Cette jeune fille n'est pas la petite amie du jeune homme. Si la caméra sort de leur intimité, c'est pour aller vers la vraie copine de Ken. Elle s'appelle Shirley, elle est barmaid. Elle fait un peu la gueule, c'est son anniversaire et elle doit travailler ce soir. Mais, Ken a tout prévu. Etle gâteau qu'elle croit amener pour un client lui est en fait destiné. Ken est là avec tous ses amis. Ils s'embrassent. Enfin, elle sourit. Et plus tard, la caméra s'attardera dans la chambre où ils se retrouvent. Ils se déshabilleront. Cela nous sommes autorisés à le voir.

La jeune fille du début n'est pas un fantasme de Ken. C'est Chan, son ex. Elle enseigne le chinois. Elle décide d'aller rencontrer Shirley. Elle se présente et elle commence à raconter sa vie et notamment comment elle s'est fait larguer, il y a tout juste un mois dans le restaurant où travaille Shirley. On la comprend, Chan est très déprimée. Sur l'air d'une chanson de l'Italienne Gianna Nannini, elle erre en ville, titube, ne sait plus quoi faire. Elle est effondrée. L'autre mauvaise nouvelle, c'est que ses collègues de travail découvrent sur un site internet une photo d'elle nue avec Ken, qui lui a les yeux floutés. Elle est renvoyée. Elle fera tout pour mettre en garde Shirley, pour la prévenir que Ken risque de la prendre en photo nue et qu'ensuite elle se retrouve, comme elle, à la vue de tous.

Les deux filles vont s'unir pour accéder à l'ordinateur de Ken et effacer toutes les photos. Problème : Ken habite avec sa grand-mère et la clef que Chan avait ne fonctionne plus, la serrure a été changée. Il faudra trouver des ruses pour pénétrer dans l'appartement. Autre problème : Ken a tout du bon gars. Il est pompier, athlétique, souriant, serviable, gentil, et beau gosse (c'est quand même Daniel Wu qui interprète Ken.) Comment un garçon a priori si bien sous tous rapports peut-il être un tel mufle ? Qui plus est, Chan annonce à Shirley que Ken a l'hépatite. Avaient-ils utilisé un préservatif ? Shirley court faire un test de dépistage, qui par chance s'avère négatif. Désormais Shirley est convaincue d'aider Chan, sa nouvelle meilleure amie.

Les deux filles vont apprendre à se connaître. Elles discutent beaucoup, se racontent des souvenirs. Comment chacune a connu Ken. Sur les ex petits mais de chacune. Elles font du spa ou dissertent de l'absence de sexe sur la poupée Ken (vous savez le mari de barbie.) Elles sont en totale symbiose. Prêtes à voler la clef de l'appartement. Elles fomentent un plan. Ce qui donne droit à une scène burlesque très drôle entre un policier et Chan, puis dans un supermarché où un jeu de cache-cache s'impose.

Il serait cruel de raconter comment cela se termine. Car Pang Ho-cheung ne fera pas avec Beyond your Ken un film de vengeance à la Park Chan-wook. Loin de là. Il met en scène cette aventure de frustration sexuelle à la Brian De Palma où chaque image, chaque dialogue peut avoir un double sens et cacher des secrets. Qui cache quoi ? Et à qui ? Beyond our Ken s'avère un jeu de piste cruel et passionnant mis en scène avec une belle précision. On a maintenant la preuve que Pang Ho-cheung est doué pour tout. Beyond our ken, en anglais, a beau vouloir dire hors de notre vue, Pang restera un de nos amis.
Jean Dorel


Beyond our Ken (滿城盡帶黃金甲, Hong Kong, 2004, 93 minutes) Un film de Pang Ho-cheung avec Daniel Wu, Gillian Chung