dimanche 25 août 2013
Tai chi hero
mardi 20 août 2013
Love
lundi 1 juillet 2013
Tai chi zero
dimanche 5 mai 2013
Journey to the West : Conquering the demons
vendredi 22 février 2013
A beautiful life
jeudi 7 février 2013
Sorties à Hong Kong (février 2013) Journey to the West: Conquering the demons
jeudi 25 octobre 2012
Sorties à Hong Kong (octobre 2012)
jeudi 4 octobre 2012
Sorties à Hong Kong (octobre 2012)
vendredi 27 avril 2012
Beijing rocks
samedi 28 janvier 2012
Love me, love my money

Comédie romantique à la sauce Wong Jing, suite et fin (c’est promis, j’arrête de parler de ses films pendant un bon bout de temps après ces deux mois de rétrospective que je lui ai donné ici). Tony Leung Chiu-wai est Richard, un businessman qui au début de Love me, love my money revient de New York où il fait des affaires (lesquelles, on ne le saura jamais, mais ça n’aura aucune importance). Dans le taxi qui le ramène en ville, la voix off de l’acteur nous présente Helena (Cho Chun) et Tom (Lam Ka-tung), ses deux plus fidèles collaborateurs. Tom est son avocat, son ami de vingt ans, son confident, l’homme qui pense à tout préparer avant que son patron ne lui demande. Tom est indispensable à Richard qui n’a même pas un téléphone perso, il le connait comme sa poche et lui parle franchement de tout et surtout des femmes.
Les femmes, justement, est le souci de Richard. Il est riche et doute que sa copine Martha l’aime pour lui-même mais plutôt pour son argent. Une grosse dispute se déclare entre eux deux parce qu’il refuse de lui donner une forte somme d’argent. Ce qui conforte son opinion sur elle et donne encore une fois une bonne idée de ce que Wong Jing pense des femmes entre misogynie et clichés de potache. Elle quitte le luxueux appartement de Richard et décide de se venger. Elle va, quand il s’est absenté, enlever tous ses meubles et vêtements pour les donner à des hospices de vieux. Richard a envie de changer ses comportements et son nouveau maître mot est : économie. Il trouve qu’il dépense trop et veut virer tous ses employés, dans le même temps il demande à Helena de tout prendre en charge toutes les affaires. Résultat : elle démissionne. Mais assez parlé du boulot, le film ne le prend pas en compte contrairement à ce que faisaient Johnnie To et Wai Ka-fai dans Needing you, exemple type de la comédie romantique patron employée.
Richard rencontre par hasard Choi (Shu Qi) dans un restaurant de serpents où avec sa meilleure amie Fong (Teresa Mak) elle se réfugie pour échapper à Fatty (Yau Man-shing), un bon gros bonhomme qui tente de la convaincre de l’épouser. Fatty est en fait envoyé par le père de Choi (Wong Yat-fei), un homme plutôt traditionnel qui se désespère que sa fille ne se marie pas. Là nait l’idée géniale d’engager Richard pour le faire passer pour son fiancé. Elle ignore qui il est. Lui a envie d’être aimé pour lui et non pour son argent (tout comme dans Prince charming, vingt ans plus tôt). Or il se trouve que Choi plait plutôt à Richard et inversement. Mais on le sait tous, quand une relation démarre sur un mensonge, ça se passe rarement bien par la suite. Dans le même temps, Fong et Tom ont le coup de foudre et vivent une histoire d’amour débridée.
Le gros souci de Love me, love my money est que tout ce qui pourrait être drôle ne l’est jamais vraiment. Les quiproquos relatifs aux fausses fiançailles sont poussifs (encore une fois la passion de Wong Jing pour le jeu où Richard plume Fatty et son père venus rencontrer le « petit ami » virtuel). Pareillement, la soirée organisée chez Richard pour que le père de Choi rencontre sa future belle-famille est assez mauvaise, Wong Yat-fei reprenant son gag de Shaolin soccer où il chante faux un petit air à la guitare. Quand Choi se rend compte qu’elle a été bernée par Richard et Tom, elle lui donne des coups de pied ce qui semble la seule réponse aux yeux de Wong Jing qui faisait faire la même chose à Cecilia Cheung dans Everyday is Valentine. Quant au final, il est tellement écœurant de romantisme benêt que ça en est gênant. Que les fans de Tony Leung Chiu-wai se rassurent, l’acteur n’a plus jamais avec Wong Jing
Love me, love my money (有情飲水飽, 2001) Un film de Wong Jing avec Tony Leung Chiu-wai, Shu Qi, Lam Ka-tung, Teresa Mak, Wong Yat-fei, Angie Cheung, Cho Chun, Helen Poon, Joe Lee, Winston Yeh, Kao Bao-yun, Pang Lap-wai, Dick Tung, Yau Man-shing, Kam Kong, Wong Sum-yue.
dimanche 3 juillet 2011
A queer story

Malgré leur différence d’âge, Law Kar-sing (George Lam) et Sonny (Jordan Chan) sont en couple depuis huit ans. Sing a 46 ans (le titre chinois du film signifie « être gay à 40 ans ») et son petit ami tout juste trente ans. Ils habitent ensemble et Sonny tient le salon de coiffure qu’ils ont acheté. Personne ne sait qu’ils sortent ensemble, personne ne sait même que Sing est homo. Il l’a toujours caché à sa famille, à ses amis et à son travail (il est conseiller conjugal). Jusqu’à présent, tout allait bien, mais A queer story commence quand ils se sont séparés. Sing est en smoking et s’apprête à se marier.
Face caméra, les deux amants s’expliquent, à la manière d’une confession. Sonny commence, entouré de ses peluches, avec ses manières légèrement féminines. Il raconte qu’il aime les hommes plus âgés et qu’il apprécie la moustache de Sing. Il l’appelle Moustachio. Il est fidèle mais se fait draguer au salon par Carl (Alfred Cheung) qui lui offre des cadeaux et lui promet de faire de lui une star de la cantopop. Sing n’en croit rien, les chanteurs de cette génération sont des ados (et George Lam en sait quelque chose, lui qui a été l’un des chanteurs les plus populaires de Hong Kong avant l’arrivée massive de ces jeunes vedettes). Carl laissera tomber Sonny quand il comprend qu’il ne pourra pas coucher avec lui.
Autant Sonny est ouvertement gay, autant Sing ne dit rien. Son amie d’enfance Chuen (Christine Ng) attend qu’il lui dise qu’il est homo. Il ne le fera jamais, mais un jour, après une dispute avec Sonny, il va la demander en mariage. Il se sent désormais seul et sa vieille amie s’appétait à émigrer au Canada (le film a été tourné quelques mois avant la rétrocession). De la même manière, Sing doit conseiller une épouse qui est trompé par son mari qui a trouvé un amant de Chine populaire. Il aimerait pouvoir prendre parti quand les insultes fusent à l’égard du mari homo, mais il n’y arrive pas, il se cache, il vit dans un déni de sa sexualité. Sur ce plan, le film prend parti et clame tout haut qu’il faut vivre comme on est. Les personnalités si opposées entre Sing et Sonny sont exemplaires pour montrer le fossé entre les générations.
De nombreux sujets sont brassé, peut-être trop, comme s’il fallait enfin faire un film sur les homos de Hong Kong sans tomber dans le dolorisme souvent présent. Le film se différencie de ce point de vue des amours contrariées vues dans de nombreux films ou du travestissement sans finesse de He’s a woman she’s a man, et je ne parle pas du comique scabreux si présent dans le cinéma de Hong Kong Le film évoque surtout le rejet des homos par leur famille (l’une des raisons données par Sing pour ne pas en parler). On le voit encore plus clairement avec le personnage de l’amie de Sing, mère de famille dont le fils la rejette. Plus encore avec l’histoire de KK (Francis Ng) dont le compagnon meurt du SIDA. Sa belle famille refuse qu’il assiste aux funérailles.
A queer story se présente donc comme un film juste et convaincant. Il parvient à émouvoir dans deux belles scènes. La première est celle des funérailles où KK, poussé par un Sonny en colère contre le refus de la famille et l’absence de réaction de Sing, verse une larme en silence. La deuxième est celle où le père de Sing entend enfin ce que son fils a à lui dire et qu’il esquisse un sourire dans le taxi qui le ramène. Ces moments émouvants arrivent après certains moments comiques qui sont surtout dus au personnage de Sonny, jeune chien fou au milieu des conventions et qui les brise les unes après les autres. C’est à l’image de ce film qui a ouvert la voie à une vision plus réaliste des homos et lesbiennes de Hong Kong. Il faut cependant signaler qu'aucun bisou ne sera échangé entre les deux hommes. Il faudra attendre Happy together pour ça.
A queer story (基佬40, Hong Kong, 1996) Un film de Shu Kei avec George Lam, Jordan Chan, Christine Ng, Meg Lam, Francis Ng, Fredric Mao, Siu Chung-kwan, Shu Qi, Kristy Yeung, Alfred Cheung.
jeudi 26 mai 2011
Sorties à Hong Kong (mai 2011)
samedi 5 février 2011
Looking for Mister Perfect

Grace (Shu Qi) est policière. Après une enquête difficile, elle est sujette à des cauchemars qui la perturbent. Avec son amie Joey (Isabel Chan), mannequin de son état, elle part en Malaisie prendre quelques jours de vacances où un photoshoot est prévu. Vacances, j’oublie tout sauf quand un criminel décide de faire de ce coin paradisiaque le lieu où il doit acheter des plans militaires ultra secret. C’est Chan (Lam Suet), l’agent libidineux de Joey qui doit amener à Poon (Simon Yam) les plans. Ce qu’il ne faut pas se demander est pourquoi un agent de mannequins a ces secrets, sinon on ne profite pas de cette comédie enlevée.
Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. D’abord parce que Crab (Chapman To), un indic de Grace est aussi dans l’hôtel (pourquoi ? faut pas demander !) et qu’il a entendu que les plans seront échangés contre cinq millions de dollars. Il veut s’emparer de l’argent. Crab va s’emparer de la valisette mais ce n’est pas l’argent qui est dedans mais les plans, ce qui n’intéresse pas le petit voleur. Seulement voilà, Poon n’est pas un homme qui se laisse mener par le bout du nez et chercher à récupérer son bien.
Dans la chambre voisine de Joey et Grace, deux flics de Hong Kong espionnent les demoiselles. Teddy alias N°1 (Hui Siu-hung) et Alex alias N°2 (Andy On) sont persuadés que les filles sont complices de Poon. N°1 ordonne à N°2 d’aller flirter avec Grace ce qui rend fous de jalousie deux hommes qui tentent depuis des mois de la séduire et qui l’ont suivie. Vincent (Raymond Wong Ho-yin) et Ken (Godfrey Ngai) s’affrontent à coups de cadeaux à Grace et de phrases assassines entre eux. Pour le grand bonheur du spectateur, chaque personnage ignore ce qu’il vient faire dans cette histoire où les plans secrets ne sont qu’un MacGuffin qui fonctionne à merveille.
Ce qui compte dans Looking for Mister Perfect, ce sont les personnages hauts en couleur et les situations pleines de quiproquos. Le tout filmé par un Ringo Lam en grande forme qui fait de son film une variation de dessin animé avec ses petits gimmicks sonores, ses situations abracadabrantes qui se retournent contre les personnages et une romance aussi improbable que possible. Et pourtant ça marche, on rit souvent aux facéties des personnages et au ridicule de certaines situations qui sont assumés par le réalisateur.
Shu Qi est évidemment très bien dans son personnage de gentille fille débordée par les événements mais qui n’hésite pas à donner du coup de pied quand on l’embête. Son duo avec Chapman To est sur le mode du je t’aime moi non plus. Crab se met dans des situations qu’il ne peut pas assumer et cela dès le début du film. Il est un personnage de garçon lourdingue qui manque de toujours tout faire rater. Il s’incruste dans la chambre de Grace et Joey pour se protéger et Grace prend un malin plaisir à le « torturer », à lui demander de se taire et à le gronder comme un petit garçon, d’autant que sa copine Tina (Cody Lee) n’en manque pas une non plus.
On passera plus rapidement sur James (Nelson Cheung), le photographe gay jaloux que son petit ami Richard (le costaud David Wu) ne drague Joey. Le duo Raymond Wong Ho-yin et Godfrey Nagi, toujours à côté de leurs pompes est bien plus amusant comme celui de Hui Siu-hung et Andy On, le jeune flic mignon et le vieux flic dégarni qui ne cessent de s’humilier mutuellement. Le personnage de Lam Suet est dans un registre ingrat d’homme obsédé sexuel qui drague de manière très lourde Joey qui le fait marcher. L’épouse de Lam Suet (Crystal Tin) est toujours là pour lui rappeler qu’il est marié.
C’est Simon Yam dans son personnage de Poon, le mafieux qui veut acheter les plans qui offre le plus beau spectacle comique du film. Il arrive toujours avec ses deux stupides hommes de main et sa copine (Ruby Wong). Tous les quatre ne communiquent qu’en claquant des doigts, ce qui fait que parfois les deux molosses ne comprennent plus rien. Simon Yam est affublé de fringues d’un kitsch absolu mais il pense être à la pointe de la mode (pantalon vert, débardeur rose par exemple) et qui se met, de manière incongrue, à se lancer dans des pas de danse. C’est un personnage très bédé, haut en couleurs, très à l’opposé de ses rôles dans les films de Johnnie To. C’est un film assez bête mais très amusant.
Looking for Mister Perfect (奇逢敵手, Hong Kong, 2001) Un film de Ringo Lam avec Shu Qi, Isabel Chan, Andy On, Hui Siu-hung, Simon Yam, Ruby Wong, Lam Suet, Chapman To, Raymond Wong Ho-yin, Godfrey Ngai, David Wu, Wayne Lai, Nelson Cheung, Crystal Tin, Cody Lee.
samedi 8 janvier 2011
Visible secret

Tout commence par un accident. Un homme pressé (Anthony Wong dans une courte mais magnifique apparition) veut traverser la rue et se fait happer par un tramway. Sa tête roule jusque sous la rame tandis que son corps décapité s’en va. Une gamine regarde sous le tramway pour récupérer sa pomme qui vient de tomber et se trouve nez à nez avec la tête d’Anthony Wong. Voilà comment Ann Hui lance Visible secret son film sur les fantômes. Le ton est donné : on est dans le burlesque.
Des années plus tard, Peter (Eason Chan) est un coiffeur médiocre. Il ne sait faire que des coupes au bol. Même s’il affirme que c’est à la mode, il se fait renvoyer. Ave son pote Simon (Sam Lee), il passe son temps à draguer les filles et ce soir là en boite de nuit, il rencontre June (Shu Qi) qui vient de se débarrasser de son petit ami. Un peu éméché et à la recherche d’une fille, Peter se laisse aborder par cette fille qui porte un bandeau sur l’œil gauche parce que, dit-elle, elle voit des fantômes de ce côté. Peter ramène June chez lui, ils couchent ensemble. Le lendemain matin, il est réveillé par Simon.
June n’est plus là, elle est partie sans un mot et en prenant l’argent de Peter. Certes, peu d’argent vu qu’il n’en a pas. Mais ce qui est plus troublant est la peinture rouge qui a été badigeonné sur les murs de l’appartement de Peter. Encore plus étrange, Kit le père de Peter (James Wong), se trouve hagard dans la douche. Simon et Pëter ne comprennent pas comment il a pu partir de sa maison de retraite. Le père a une explication très simple : il est possédé par un fantôme. Le fils a du mal à le croire mais cela fait deux fois dans la même journée qu’il entend parler de fantôme.
June a subitement disparu mais elle va apparaitre aussi vite dans la vie de Peter. Ils vont se retrouver à un barbecue impromptu au bord de la plage et ne plus se quitter. Il fait passer les visions de June pour un petit grain de folie plus plaisant. Mais il va vite se rendre compte que des esprits ont bel et bien pris possession des gens qu’ils croisent. Ils prennent soudain une voix caverneuse et deviennent violents. Et encore cette peinture rouge sur les murs. Et ces même mots qui sortent de la bouche des gens possédés : c’est le même fantôme chaque fois et il veut se venger.
Pas plus que ne le feront Johnnie To et Wai Ka-fai dans My left eye sees ghosts, Ann Hui ne cherche à faire peur. La grammaire basique du cinéma horrifique est là, comme dans cette scène où une voix grave appelle Peter en off. La caméra avance en travelling sur le visage circonspect d’Eason Chan. La voix l’appelle encore. Il va ouvrir la porte. Il s’agissait seulement de Simon qui ne voulait pas crier dans l’entrée pour ne réveiller les voisins. Visible secret joue constamment sur les codes du film d’horreur pour les retourner et produire des gags.
Le mélange de comédie et de romance fonctionne parfaitement. Eason Chan est l’acteur idéal pour incarner l’étonnement constant. Il ne comprend jamais ce qui se passe et il adopte le point de vue du spectateur qui n’en sait pas plus. Ses grands étonnés sont pour beaucoup dans la réussite des gags. Shu Qi a un jeu plus subtil. Elle sait exactement de quoi il retourne, ce qui se passe et pourquoi les fantômes sont là. Elle passe de l’amoureuse à la gamine espiègle en quelques secondes. C’est un personnage changeant qui est la clé de l’énigme. Ann Hui s’amuse aussi à donner à ses plans des colorations pop, histoire d’imprimer sa fantaisie sur un film de genre.
Visible secret (幽靈人間, Hong Kong, 2001) Un film d’Ann Hui avec Eason Chan, Shu Qi, Sam Lee, James Wong, Kara Hui, Wayne Lai, Anthony Wong, Lau Wing, Cheung Tat-ming, Jo Kuk, Perry Chan, Lee Fung, Yau Man-shing, Mo Ka-lai, Tiffany Lee, Ding Chu-wai, Fo Lin.
vendredi 24 décembre 2010
Legend of the fist, The Return of Chen Zhen

Bruce Lee dans La Fureur de vaincre, Jet Li dans Fist of legend et aujourd’hui Donnie Yen dans Legend of the fist The Return of Chen Zhen. Chen Zhen, le héros chinois qui défiait les étrangers venus occuper son pays ne serait pas mort à la fin des deux films cités plus haut. Donnie Yen et Andrew Lau ont l’idée de la faire vivre. Legend of the fist n’est pas un remake mais une suite, une digression et l’acteur a comme ambition, maintenant qu’il est la seule super star du cinéma d’arts martiaux à Hong Kong, de se hisser à la hauteur de ces deux sommets du cinéma cantonais.
Chen Zhen n’est pas mort en se sacrifiant pour la liberté, il n’est pas mort sous les balles des ennemis de la Chine. Non, Chen Zhen (Donnie Yen) est parti combattre en France l’armée allemande en 1917. Libérer un peuple est toujours la mission de Chen Zhen. Quand il doit rentrer à Shanghai, il prend l’identité d’un de ses camarades morts au combat et est bien décidé à mettre des bâtons dans les roues des envahisseurs japonais. Un nouveau Japonais, grand spécialiste des arts martiaux, entend prendre l’hégémonie. C’est Chikaraishi (Kohota Tuy), le nouveau maître du combat à affronter. Dans le film, il sera signalé plus tard que Chan Zhen a éliminé son père que l’on voit dans une courte scène incarné par Kurata Yasuaki, autre sommet du film de kung-fu de la Shaw Brothers.
Chen Zhen se fait embaucher par Liu Yutian (Anthony Wong) qui tient une boîte de nuit, le Casablanca. Il est toujours étonnant de remarquer que dans ces films en costumes des années 1920-1930, la boite de nuit est forcément le centre du monde. Il faut dire que Legend of the fist lorgne beaucoup du côté de Big brother. Liu, habillé en habit traditionnel, sympathise avec Chen Zhen, qui porte des vêtements occidentaux pour ne pas attirer l’attention sur lui. Chen Zhen va, quant à lui, découvrir la belle et charmante Kiki (Shu Qi), la chanteuse vedette du Casablanca. Elle est peut-être la maitresse de Liu, mais rien n’est certain. Elle semble libre et passe du temps avec Chen Zhen.
Pendant que les Chinois tentent d’organiser la résistance, les Japonais décident d’éliminer tous ceux qui se mettent sur leur passage. Une liste de personnes à tuer existe. La police, dirigée par l’inspecteur gaffeur Huang (Huang Bo), l’un des rares personnages comiques du film, se montre bien incapable d’empêcher les assassinats. Chen Zhen et ses camarades ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Grâce à son sens aigu de l’observation, notre héros va comprendre que le Casablanca est l’un des centres de décision des tueurs. Une des danseuses du Casablanca reçoit des ordres direct de Kiki, qui s’avère être une Japonaise.
Legend of the fist n’est de toute façon qu’une ode à la gloire de Donnie Yen. On le voit de tous les plans, il occupe le terrain et les autres interprètes n’ont que quelques os à ronger. Anthony Wong flotte sur le film de sa bonhommie, Shu Qi fait des sourires, joue parfaitement bien la fille ivre mais son personnage est un peu ingrat. Personne n’est aussi fort que Donnie Yen qui en fait beaucoup pour donner une aura à Chen Zhen, à lui donner un air à la fois cool quand il travaille dans la boite de nuit (sourire complice, petit geste de l’index) et fort (il est la star numéro un du cinéma kung-fu). On ne peut pas s’empêcher, devant tant de sérieux, de rigoler quand il revêt un masque à la Kato pour devenir super héros masqué, quand il pousse ses petits cris à la Bruce Lee ou quand il se met torse nu pour le combat final.
Certes, les acrobaties chorégraphiées par Donnie Yen sont réussies. Elles sont brillantes et les combats sont vifs et clairs. Tout cela occupe une bonne partie du film. Il ne reste à Andrew Lau qu’à mettre en scène le reste, tout ce qui concerne l’avancée de la partie suspense. Là, on est dans la grande confusion et le déjà-vu. Je vais finir par me demander ce qu’est devenu l’homme qui a fait les Infernal affairs. Sans doute, ai-je déjà la réponse avec le remarquable Once a gangster réalisé par Felix Chong, le scénariste de la trilogie. Ce qui m’embête le plus dans Legend of the fist est, comme dans Ip Man 2, ce nationalisme opportuniste et manichéen qui donne un goût amer au film. Il n'y avait pas de quoi ressusciter Chen Zhen pour ça.
Legend of the fist. Return of Chen Zhen (精武風雲.陳真, Hong Kong, 2010) Un film d’Andrew Lau avec Donnie Yen, Shu Qi, Huang Bo, Zhou Yang, Huo Siyan, Anthony Wong, Chen Jia-jia, Kohata Ryu, Shi Feng, Shawn Yue, Kurata Yasuaki.
mercredi 1 décembre 2010
City under siege

Parfois dès les deux premières minutes, on sent qu’un film est perdu, que tout va être mauvais et que, jamais, on ne rira devant un tel navet. City under siege n’est pas même un nanar comme peuvent l’être par moment certains Wong Jing (au moins au début du film). Benny Chan n’a jamais été pour moi un bon réalisateur (en dépit de ce que j’ai pu lire ici ou là sur certaines de ses œuvres et de ses nominations régulières au Hong Kong Film Awards), mais là, il touche le fond entrainant son casting dans des abysses rarement atteintes.
Tout commence dans un laboratoire japonais en Malaisie. Des expérimentations sont menées sur des prisonniers pour en faire des surhommes. Aujourd’hui, une troupe cirque est justement à côté de ce labo secret qui a été enseveli. Sunny (Aaron Kwok), jeune benêt est le souffre douleur de ses collègues. Chu (Collin Chou) est le plus méchant avec lui. Evidemment, la petite troupe va tomber sur ce labo et inhaler le gaz qui va les transformer en mutant. Comme Chu est très méchant, il sera un méchant mutant. Comme Sunny est bien gentil les effets augmenteront sa bonté.
Par un concours de circonstance aussi crédible que possible, Sunny se retrouve sur une plage de Hong Kong et est recueilli par Angel (Shu Qi) journaliste de son état qui vient d’être mise à la porte. Elle se rendra compte que Sunny est spécial. Et tandis que les méchants mutants font des braquages de banque, elle s’occupe de la carrière artistique de Sunny. Il devient la coqueluche des hongkongais. Le jeu d’Aaron Kwok devient particulièrement gênant quand il fait de son personnage un grand garçon naïf à la limite de l’imbécillité. Sans doute cela est créé pour compenser le caractère vicieux de Chu et ses sbires, mais d’un côté comme de l’autre, on tombe dans le ridicule.
Alors, ça se bastonne, ça se castagne, ça se fait mal mais très vite on s’en fout parce que les combats se ressemblent tous (CGI à gogo) et sans hiérarchie. Ennui de ce coté là. Ennui aussi dans la partie romantique du film. Chui qui devient de plus en plus monstrueux (genre bodybuilder extrême) tombe amoureux d’Angel qui elle commence à en pincer pour Sunny qui le lui rend bien. Pire que cela, pour aller vers le marché chinois, le film ajoute deux personnages de flics spécialistes des mutants (ils ont tout en Chine). Ce couple, qui attend de se marier, est pris dans les rets de ces affrontements. En fin de compte, City under siege ne raconte rien sur notre monde et sur les relations entre les gens.
City under siege (全城戒備, Hong Kong, 2010) Un film de Benny Chan avec Aaron Kwok, Wu Jing, Shu Qi, Collin Chou, James Ho, Zhang Jingchu, Tie Nan, Yuen Wah, Richie Ren, Ben Wong, Karen Cheung, Terence Yin.
lundi 11 octobre 2010
The Wesley's mysterious file
Entre Dance of a dream, jolie comédie musicale, et Infernal affairs, Andrew Lau a offert un écrin pour la carrière d’Andy Lau. Le rôle principal de The Wesley’s mysterious file au titre qui fleure bon l’énigme et l’anticipation. La star ne pouvait pas refuser une telle proposition d’autant que la papier cadeau a été fourni par le mogul génial et décadent Wong Jing. Voilà, un film avec des extra-terrestres qui n’a aucun sens et aucune direction. Dans le jargon, un nanar. C’est en tout ce qu’il est devenu au fil du temps, découvert par un public qui peut le comparer à Star Crash ou Turkish Star Wars.
Wesley est un agent de l’ONU qui aux Etats-Unis rencontre par hasard une femme qui lui rappelle d’étranges souvenirs d’enfance. Cette même personne avait été heurtée par une voiture et du sang bleu coulait de sa blessure. L’institutrice ne voulait pas croire les enfants. Wesley a été puni dans le couloir. Mais la femme, comme dans Men in black, a effacé la mémoire des enfants sauf de Wesley. Ce dernier part enquêter et se retrouve face à deux agents Sue (Shu Qi) et Pak (Roy Cheung), qui bossent pour Double-X, une section qui contrôle les activités extraterrestres.
Car cette femme nommée Fong (Rosamund Kwan) vient d’une autre planète. Il y a deux cents ans, elle est arrivée avec son frère Tan (Samuel Pang) en possession d’un fluide puissant qui guérit tout. Deux méchants aliens joués par Almen Wong et Mark Cheng, qui prennent la forme de qui ils veulent comme dans Terminator veulent ce fluide de sang bleu. Là, un ponte du FBI vient mettre son grain de sel, comme toujours le font toujours les pontes. Il ne croit personne et la catastrophe est proche. Il veut aussi faire des expériences avec le sang de Fong, mais Wesley, tombé amoureux d’elle, entend bien la sauver des tous les périls.
Dire que The Wesley’s mysterious file est mauvais ne saurait pas rendre justice au film. Son scénario est décousu et manque d’inspiration. Les scènes de combat et de gunfights sont plates et molles. L’histoire d’amour intergalactique d’une mièvrerie abyssale. Mais ce sont les effets spéciaux qui navrent le plus. Les transformations des extraterrestres, censées faire peur, sont risibles. Les décors gigantesques masquent à peine le vide des dialogues explicatifs à n’en plus finir, dialogues qui doivent eux faire avancer l’énigme dont on se fout éperdument. Tout ça pour délivrer un message de paix niais et conformiste. Quant à l’humour, seul le petit personnage que joue Wong JIng essaye d’en faire et entre tant de nullité parvient à faire sourire.
Un jour, il faudra que je comprenne pourquoi les dialogues en anglais dans les films de Hong Kong sont aussi mal dits. C’est là sans doute la chose la plus pénible du film. Les interprètes ânonnent leur texte sur un ton monocorde comme s’ils les découvraient au tournage. Cette impression, je l’avais déjà eu dans les films de Tsui Hark en anglais, surtout dans l’affreux Black mask 2. A moins que ce ne soit les cinéastes hongkongais qui exigent de faire dire les dialogues dans un anglais standard. En tout cas, tout sonne faux et The Wesley’s mysterious file est un film bidon.
The Wesley's mysterious file (衛斯理之藍血人, Hong Kong, 2002) Un film d’Andrew Lau avec Andy Lau, Rosamund Kwan, Shu Qi, Roy Cheung, Almen Wong, Mark Cheng, Wong Jing, Samuel Pang, Reuben Langdon.













