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AsieVision - parce que le cinéma de Hong Kong mérite de vraies critiques...


Ho Meng-hua quelques années avant de tourner ce qui restera son « chef d’œuvre » Le Colosse de Hong Kong, s’est essayé au film horrifique avec Black magic. C’était un des premiers rôles de Ti Lung en dehors du film de kung-fu. Il s’agissait pour
Black magic est un film sur la magie noire (le titre original se traduit par "tête qui tombe") et c’est le sorcier Shan (Ku Feng) qui la pratique. Pour bien nous montrer dans quel sens va aller son film, Ho Meng-hua nous montre comment l’homme procède. Une femme l’engage pour tuer son époux et la maîtresse de ce dernier. L’homme procède au sort. On voit immédiatement l’effet sur le couple adultérin. Ils étaient tranquillement à poil dans la chambre (ce qui permet aussi de faire un peu d’érotisme) et ils meurent sous les piques de San.
Un médecin va poser des talismans sur le lieu du crime pour tenter d’enrayer le mauvais sort. Mais Shan est très fort et cela ne va pas aller sans mal. Comme vont l’apprendre à leurs dépends les autres personnages de Black magic.
Passé cette séquence introductive, on rentre dans le scénario principal qui va suivre le parcours de Xu Nuo (Ti Lung). Le beau gosse travaille comme chef de chantier (a priori on est en Malaysie) où il construit un building. Xu a une fiancée bien gentille, Mlle Wang (Lily Li) qui travaille dans une école. Le couple est très amoureux mais Mme Zhou Luo-yin (Tien Ni) veut mettre dans son lit le sexy Xu.
Seulement voilà, Jiaje (Lo Lieh, portant moustache et chemises disco) est amoureux de Luo-yin. Elle refuse de le voir et va jusqu’à casser sa voiture à coups de batte de baseball. Désespéré, Jiaje va voir la sorcier pour qu’il fasse un filtre d’amour. Jiaje arrive à ses fins jusqu’à ce que le charme finisse son effet.
C’est alors que Luo-yin décide elle aussi de faire appel au sorcier pour mettre un charme sur Xu. La jeune femme riche croit pouvoir tout se payer y compris un homme fiancé.
Black magic est un film de fantômes qui ne se passe pas dans un passé légendaire mais à l’époque de sa réalisation. Pour cette raison, Ho Meng-hua place des filles aux seins nus un peu partout dans son film et pas mal de musique disco. Parfois, on y voit une scène un plus poétique comme celle avec des fantômes se sautant avec des ombrelles. On admirera Ti Lung, très souvent torse nu pour les raisons évoquées plus haut, dans un superbe caleçon en peau de léopard.
Les séquences de magie proprement dites, notamment les effets spéciaux, sont rigolotes. Les visages répugnants des invités au mariage ou le passage de vie à trépas de Lo Lieh font sourire et rarement frissonner. Mais ça se regarde avec un petit plaisir pervers, surtout pour les tapisseries des appartements qui ont des couleurs pas possibles.
Black magic (降頭, Hong, Kong, 1975) Un film de Ho Meng-hua avec Ti Lung, Lo Lieh, Lily Li, Tien Ni, Ku Feng


Dès le début du film, on est mis dans le bain. Le générique en scope de
Et à commencer par les chef de la tribu, Yang Tsung-pao. Parti combattre avec ses frères l'invasion mongole des Hsiao, il se retrouve pris au piège et exterminé par les soldats. Le roi Hsiao a cinq fils, dont le plus cruel est le dernier. Il prend un plaisir non feint à torturer ses prisonniers et les Yang seront décapités sans pitié au son d'un rire sardonique typique des méchants. Le cinquième Prince, c'est Lo Lieh, toque en fourrure blanche constamment vissé sur la tête et chaussures rouges aux pieds. Il semble prendre beaucoup de plaisir à son rôle de méchant. Il aura l'occasion de faire beaucoup le méchant, de donner des coups de fouet à de pauvres innocents, de bastonner une gentille fille et de décapiter ceux qui ne sont pas de son avis, d'organiser des combats sanglants entre ses hommes, de les autoriser à violer des jeunes filles capturées. Et d'autres horreurs encore. Plus méchant, c'est dur.
Les ennemis des Hsia, ce sont les Chinois, ici symboles de loyauté, de pureté et d'honnêteté. Ses meilleurs représentants en sont la famille Yang. Toute la parentèle nous est présentée en début de film : chaque actrice a son nom en lettres jaunes en bas de l'écran. Comme elles sont nombreuses, on a peu de temps pour vraiment faire connaissance avec elles. Mais, voilà les Yang, famille ô combien estimable en train de faire la fête pour l'anniversaire de Tsung-pao. Or, ce qu'elles ignorent c'est que Tsung-pao vient de mourir précisément ce jour-là. Sous la direction de
De nombreux points différencient Les 14 Amazones des autres productions Shaw Brothers de la même époque. On ne trouve pas le héros solitaire et mélancolique de Chang Cheh. Il n'y a pas l'esthétisme des films de
Mais ce qui étonne le plus dans Les 14 Amazones reste les combats eux-mêmes. Pas tous, certes, mais certains notamment le dernier, sont filmés caméra à l'épaule, au plus près des personnages. Pour dire vrai on se croirait dans certaines scènes de The Blade. On ressent le chaos, la haine des combattants les uns pour les autres. Le scope permet à des centaines de figurants de se battre. C'est Ching Siu-tung, le fils de Cheng Kang qui avait alors 18 ans, qui a réglé certains combats. On retrouve la frénésie qu'il utilisera dans ses Histoires de fantômes chinois. Les combats, avec en contrepoint une musique qui mélange les genres, prennent une ampleur assez rare pour un Shaw Brothers.
On est du coup très indulgent, devant cet immense effort de rendre réaliste les scènes de sabre, pour les décors en carton pâte (l'attaque de la forteresse ou celle du barrage ou encore les miniatures dans le canyon), pour les chansons mièvres (les paroles sont de Cheng Kang), pour l'esprit puritain qui accompagne le wu xia pian (toujours l'honneur des époux à défendre et surtout pas le féminisme), pour le sang ketchup (Lo Lieh boit le sang de l'esclave qu'il vient de fouetter), pour les grimaces censées exprimer la douleur (et toujours quand une soldate pleure elle met ses yeux dans ses manches). Cheng Kang, qui reçut le Golden Horse du meilleur metteur en scène – récompense méritée – reste un cinéaste qu'on a envie de découvrir.
Les 14 Amazones (The 14 Amazons, 十四女英豪, Hong Kong, 1972) Un film de Cheng Kang avec Lisa Lu, Ivy Ling Po, Li Ching, Lily Ho, Lo Lieh, Yueh Hua, Shu Peipei, Wang Ping, Tina Chin Fei, Ting Pei, Wang Hsieh, Fan Mei-sheng, Chen Yen-yen, Hsia Ping, Lin Ching, Ching Miao, Tien Feng, Huang Chung-hsing
D'un côté, il y a les très méchants :
Super Inframan était sorti sur les écrans français le 18 mai 1977. Le voici qui déboule aujourd'hui en dvd sans la version française qui aurait permis de voir comment on doublait à l'époque les films d'actions HK avant de les sortir dans les cinémas de quartier. Cela aurait été très intéressant. Réalisé par Hua Shan et avec dans le rôle titre Daniel Lee, alors débutant – il jouera en 1989 dans The Killer de John Woo – Super Inframan est une production Shaw Brothers destinée au pur divertissement familial.
Il ne s'agit pas de réévaluer un film somme toute assez médiocre, réalisé par un habitué des films de grande consommation. Mais après tout, qui n'a jamais aimé un nanar pour des raisons inavouables ? Voir un Bruce Lee, voir certains Tsui Hark (Mad Mission III, par exemple) a toujours eu sur le spectateur amateur de films asiatiques un effet jubilatoire. On ne parlera pas de mise en scène, de direction d'acteurs, de réalisme ou de politique, mais plutôt des personnages du film, tous hauts en couleur, et du scénario typique des films d'action.
Le générique d'ouverture du film donne le ton. Daniel Lee devient Inframan. Sa combinaison bleue se change en rouge et d'homme ordinaire, il se transforme en super héros. La musique disco (le film date de 1975) scande la métamorphose. Puis arrive l'action. Une sorte de ptérodactyle dégénéré attaque un bus rempli d'enfants. Il crée un tremblement de terre. Puis, c'est la ville entière qui est en feu. Il se passe quelque chose. Quoi, se demandent les gens ? C'est
De sa cave située dans un volcan, elle dirige ces créatures. Découpe-Montagne, monstre de pierre à qui aucun mur ne résiste. Monstre-Araignée, rouge et qui prend une taille monumentale. Monstre-Plante qui envahit la base du Professeur. Ou encore un monstre tout poilu qui crache des rayons laser. Tous grognent, ricanent, gesticulent dans tous les sens... et laissent presque apparaître leur fermeture éclair. A côté des créatures diaboliques,
A chacun de découvrir les aventures riches en rebondissements de Super Inframan. Inutile de préciser que les méchants n'auront pas le dernier mot, malgré leurs vilenies particulièrement crasses. Le plaisir, pour autant qu'on goûte à ce genre de divertissements, reste intact
Super Inframan (中國超人, Hong Kong, 1975) Un film de Hua Shan avec Danny Lee, Yuan Man-tzu, Wang Hsia, Terry Liu, Fanny Leung


Le destin de quatre amis qui espéraient s'enrichir en kidnappant le fils de leur patron.
Lung Wei (Lo Lieh) est un modeste employé d'une station service. Son patron le méprise et l'humilie constamment. Un soir, il drague Ching Chue (Hi Chun), une jeune femme dans une discothèque. Il se fait passer pour un homme fortuné jusqu'à ce que son patron arrive et révèle le pot aux roses. Ching Chue avait pourtant prévenu Lung Wei " no money, no talk ", dit-elle en anglais dans le texte. Déçue d'avoir été séduite par un pauvre, elle abandonne le sympathique Lung Wei à son sort. Ce dernier décide de se venger et de séquestrer le fils de son patron pour lui réclamer une rançon. Il aura ainsi suffisamment d'argent pour plaire à la belle.
Lung Wei demande à trois de ses amis un bon coup de main. Ting Hsiao-chiang (Lam Wai-tu), le plus jeune, est un joueur professionnel (un gambler), il passe sa vie à tenter de gagner des tournois de domino. Niu Ta-kang (Tung Lam) est un chauffeur routier un peu brutal. Sa mère, très âgée, continue de travailler pour subvenir à ses besoins. Cela le remplit de honte. Enfin, dernier de la bande des quatre, Chao Hai-chuan (Fan Mui-sang) est maquilleur corps dans une boîte de strip tease. Marié, il a deux enfants. Ensemble, ils vont manigancer un plan pour kidnapper le gosse de riche. Le fiston du patron, en l'occurrence, a une bonne trentaine d'années.
Les quatre amis préparent leur plan en rigolant, persuadés de leur future réussite. Ils vont enlever le jeune Wang à la sortie d'une boîte de nuit et l'emmèneront plus loin. Pas de chance, Ching Chue est témoin de toute la scène et tente de faire chanter Lung Wei. Il est à deux doigts d'être très riche et la séduit sans mal, ils couchent ensemble et elle tombera enceinte. L'enlèvement ne se déroule pas les gars l'avaient prévu : le fils Wang reconnaît l'employé de son père. Et ça n'est pas parce que le fils meurt qu'ils ne vont pas continuer à demander leur rançon. Ils envoient une oreille au père. Petit à petit, ils tombent dans un engrenage dont ils ne peuvent plus contrôler le court.
Ils décident d'enlever le père. Deuxième kidnapping qui, cette fois, se solde par un succès. Les voilà riches et prêts à vivre la grande vie. D'ailleurs, c'est ce que s'empresse de faire Chiang, le joueur compulsif. Belle veste, briquet et montre en or, pourboire exorbitant. Chiang donne tous les indices à des hommes plus crapuleux que lui, qu'il est dans le coup de cette bande que la presse surnomme les loups. Le patron du tripot en profite pour faire chanter Chiang et ses amis. Un sale coup de pelle sur la nuque et voilà le maître chanteur hors du coup. Nouveau meurtre. Chiang tente alors d'arnaquer ses trois camarades en s'enfuyant avec le fric et va les dénoncer à la police.
Et le film ne s'arrête pas en si bon chemin. On n'en est qu'à la première heure. Dans la seconde partie, la police traque la bande. Les trois tentent de se cacher et se rendent bien compte qu'ils sont dans une impasse. La police les recherche fructueusement et ils sont condamnés à mort par la justice britannique. On ne se permettra de raconter la fin du film (l'affiche la dévoile avec cette corde de pendu), mais pas son déroulement qui ménage avec une redoutable efficacité un suspense haletant lors de la traque. L'angoisse de Lung Wei, Chao et Ta-kang de trouver une solution à leur problème est admirablement rendue. Il est difficile de ne pas se sentir en empathie avec ces personnages, quels que soient leurs crimes, tant la mise en scène de Cheng Kang tend vers cet effet d'identification.
Kidnap est certes un film moral où les vilains sont châtiés. Le scénario est souvent attendu, mais ce qui fait l'intérêt de ce film est la manière du cinéaste de dynamiter son récit (dont il est le scénariste) par certains procédés assez rares dans le cinéma de Hong Kong. L'introduction du film est à ce titre exemplaire. Un plan nocturne de la ville où un carton nous indique que les faits sont purement fictionnels et que toute ressemblance... Peut-être, mais tout dans le film nous dira le contraire, comme ces journaux où les photos des criminels de la bande des loups ne ressemblent pas aux acteurs du film. Cheng Kang donne, dans le même esprit, une dimension réaliste aux poursuites et un aspect très documenté sur les conditions de vie des otages. Cheng filme la solitude des ces gars sans le sou. La promiscuité des logements est clairement décrite comme leur misère sexuelle. Cheng a eu, pour interpréter ses personnages, des stars du studio, mais ils semblent jouer presque sans fioritures. Maquillage discret, vêtements ordinaires. Difficile de ne pas s'immerger dans le film.
Ce qui tranche singulièrement avec les autres productions Shaw Brothers est l'aspect esthétique de Kidnap. Cheng n'hésite pas non plus à filmer des scènes dans une obscurité presque totale (comme le fait aujourd'hui très souvent Johnnie To dans ses polars réalistes tel PTU ou Election). L'image et le cadre sont très travaillés comme dans la scène de présentation des quatre amis où les morcellements du plan décrivent la désintégration progressive des personnages. Kidnap commence par des cris ("K O M A" : aidez-moi, en cantonais) d'un personnage que l'on ne connaît pas encore. Scène inaugurale en noir et blanc qui tend vers le gris, image renversée, comme pour indiquer que, quoi qu'il en soit, tout ira mal. Cette scène, on ne le comprendra qu'une heure vingt minutes plus tard. Mais la chose la plus étonnante dans ce film de Cheng Kang est qu'il soit parlé en cantonais, chose rarissime dans les films produits par les frères Shaw. Comme si un message devait être délivré directement à la population de Hong Kong qui ne parlait pas le mandarin. Le crime ne paie pas, dit en substance Kidnap. Or, c'est le contraire. Le crime paie puisqu'il permet de réussir un chef d'œuvre noir et funèbre d'une force térébrante.
Kidnap (天網,Hong Kong, 1974) Un film de Cheng Kang avec Lo Lieh, Hu Chin, Fan Mei-sheng, Liu Wu-chi, Tung Lin, Lin Wei-tu, Chin Feng, Liu Tan, Wang Lai, Ching Miao, Chiang Nan, Hsia Ping, Chow Kat
Triangle (鐵三角)
Un film de Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To avec Louis Koo, Simon Yam, Sun Hong-lei, Lam Ka-tung, KellyLin, Yao Yung, Lam Suet. 93 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 1er novembre 2007.
Site officiel : cliquer ici.


