lundi 30 avril 2012
Dragon Gate, la légende des sabres volants
vendredi 27 avril 2012
Beijing rocks
lundi 23 avril 2012
The Soong sisters
jeudi 19 avril 2012
Sorties à Hong Kong (avril 2012)
mardi 17 avril 2012
Rose Rose I love you

dimanche 15 avril 2012
31èmes Hong Kong Film Awards : Ann Hui contre Tsui Hark.

Ann Hui et son film A simple life ont été les grands gagnants des 31èmes Hong Kong Film Awards. Cinq prix : meilleur film, meilleure réalisatrice, Andy Lau meilleur acteur, Deannie Yip meilleure actrice (après son prix à Berlin) et meilleur scénario.
Le film en 3D de Tsui Hark, The Flying swords of Dragon Gate reçoit le même nombre de récompenses mais dans les catégories dites techniques : meilleur montage, meilleure direction artistique (décors), meilleure chorégraphie des combats, meilleur son et meilleurs effets visuels. Encore une fois, Tsui Hark passe à côté des prix suprêmes.
Deux acteurs de Life without principle de Johnnie To sont primés pour leur second rôle : Lo Hoi-pang et So Hang-shuen. Quant au nouvel interprète, c’est Jam Hsiao qui est récompensé et la nouvelle réalisatrice est Tsang Tsui-shan pour son film The Big blue lake.
Wu Xia reçoit les prix pour la meilleure photographie et la meilleure musique. Les meilleurs costumes et maquillages sont attribués à Let the bullet fly.
jeudi 12 avril 2012
Romancing in thin air

mercredi 11 avril 2012
Help me eros

A l’instar de Tsai Ming-liang, son maître et réalisateur attitré, Lee Kang-sheng filme la solitude d’un homme au milieu de la ville. En l’occurrence, lui-même dans Taipeh. Jie, son personnage habite dans un appartement en hauteur, pourvu de grandes baies vitrées, meublé de mobilier moderne et bobo. La grande passion de Jie est sa plantation de cannabis. Il aime ouvrir la porte de la serre, sentir l’odeur des plantes et retourner à ses occupations. A vrai dire, le boulot de Jie, nous ne le connaitrons pas. Il descend régulièrement dans la rue d’un quartier pas franchement chic que borde un pont autoroutier. Help me Eros place le spectateur dans un terrain tsai-ming-liangien plutôt connu, d’autant que Jie est avare de parole et que la nonchalance de Lee Kang-sheng ressemble comme à deux gouttes d’eau à celle de ses autres personnages.
Pour que le titre ait un sens, le film tournera autour de l’érotisme, du sexe, de la sexualité, des amours. Jie habite au dessus d’une boite à filles. Elles attendent des clients, non pas comme prostituées, mais plutôt comme vendeuse de jouets érotiques. Régulièrement, une voiture s’arrête, le conducteur ne se montre pas, il appelle la fille qui descend de son stand sur une barrière de lap-dance et va le servir en l’aguichant. Parmi toutes ces filles en tenue légère (string, talons ultra hauts, mini-jupes et top raccourci), Shin (Yin Shin) avec laquelle Jie tente de sympathiser. Elle fait comme si elle ne le voyait pas, ne l’entendait pas et passe son tour quand un autre client se pointe. Shin, c’est la paysanne de Taïwan venue en ville pour réussir et qui se retrouve à faire pin-ups au bord d’une autoroute.
Et puis, il y a Chyi (Jane Liao), une bonne femme un peu grosse que l’on sent mal dans sa peau. Son mari Rong (Denni Nieh) lui prépare plein de plats (cela dit en gros plan, ce n’est pas si appétissant que ça). Il remplit la baignoire d’anguilles. Désespérée, elle s’y baignera espérant qu’une anguille lui procurera plus de plaisir que la bouffe. On sent que les rapports de couple sont terminés, elle tente de caresser son torse, il referme sa chemise et continue de cuisiner en tablier. Ils ne se parlent pas et Chyi discute en tchat avec Jie. On comprendra plus tard que Rong a un petit ami dans une scène aussi troublante que cruelle où aucun mot, aucun regard ne sera échangé mais où la tension se révélera presque indécente.
Le film entre parfois dans la rêverie. Jie fume de l’herbe et imagine que toutes les filles tombent, ensorcelées, à ses pieds. Dans une belle séquence, il emmène Shin dans une balade en voiture (volée), elle sort du toit ouvrant et sourit enfin. Et lui aussi sourit enfin. Ils s’évadent de ce quartier fermé sur lui-même. Mais rien ne dit que cela est la réalité ou un rêve. Pas plus que les scènes de cul hyper esthétisantes (Jie baise debout tête bèche une femme dans une pièce immaculée) ou mystérieuse comme dans un trip de toxicomane. Contrairement à Tsai Ming-liang, ces effets de plans séquence, de narration minimaliste frôlent la plupart du temps le ridicule et tournent souvent à vide.
La différence majeure entre le Help me Eros et La Saveur de la pastèque (pour prendre le dernier film réussi de Tsai Ming-liang) est l’absence d’unité du film de Lee Kang-sheng, malgré certaines fulgurances (la scène finale avec la neige de papiers blancs), certains plans superbes (la baise à trois sur le toit avec des motifs à la Crazy Horse) ou de beaux plans séquences (la séquence de billard entre le mari et son amant où la caméra fait apparaitre leur nudité tandis qu’ils ne s’occupent pas de la femme). On est séduit par moments mais jamais dans la globalité, comme si les séquences ne se raccordaient jamais entre elles. Or justement, au-delà de son sens du rythme, du cadre et de l’humour, ce qui fait sens chez Tsai Ming-liang, c’est que chaque scène compose un ensemble cohérent. Help me Eros apparait cependant comme un avatar plus intéressant et plus plaisant que les derniers films de Tsai Ming-liang, ici producteur.
Help me Eros (幫幫我愛神, Taïwan, 2007) Un film de Lee Kang-sheng avec Lee Kang-sheng, Yin Shin, Dennis Nieh, Jane Liao, Amy Yip, Stacy Chow, Tiffany Che, Tracy Chou.
mardi 10 avril 2012
Song at midnight

La troupe du Théâtre du Jardin s’apprête à jouer dans une ville du sud de la Chine. Le lieu où les comédiens doivent jouer est lugubre : toiles d’araignées, mobilier vétuste et cassé, lumière terne. Toute la panoplie gothique est là pour indiquer que ce théâtre a été le lieu d’un drame et que depuis, rien n’a pas bougé, ni les souvenirs douloureux ni les traces de ce passé douloureux. La troupe est guidée par le domestique des lieux, un vieillard aux traits défaits, un homme fatigué à la fois inquiet de ce qui pourrait arriver et ravi que les lieux soient à nouveau investis.
Lors des répétitions, Xiao Ou, le comédien vedette a perdu sa voix et il est étonné d’entendre un homme chanter l’air qu’il doit interpréter. Le théâtre serait-il hanté ? Non, en vérité, c’est Song Dangping qui donne sa voix. Xiao Ou monte, anxieux, les escaliers et découvre un homme vêtu d’une longue cape noire dans le grenier. Terré là-haut, Song va raconter son passé au jeune homme en lui demandant de garder pour lui se secret. En échange, Song l’aidera en doublure voix afin que la troupe triomphe sur scène. Song at midnight, l’un des premiers films parlants chinois permet d’entendre quelques chansons. Le film date de 1937, une période où la Chine est en pleine guerre civile (les communistes contre les nationalistes).
Dans le flash-back qui occupe la deuxième partie du film et qui se déroule dix ans auparavant, on découvre que Song Dangping, fringuant jeune homme, est dans les camps du Kuomintang, les nationalistes. Il est très amoureux de Xia, la fille d’un notable local qui n’entend pas de cette oreille cette romance. Le père fait fouetter Song, le laisse inanimé et le jette hors de la ville. Décidé à conquérir sa bien aimée, il va écrire un opéra qu’il n’aura le temps de chanter qu’une fois avant que le prétendant de Xia, le fourbe Tang Jung, ne jette de l’acide sur le visage de Song Dangping. Bien entendu, Tang Jung n’est pas arrêté, son geste ne sera pas jugé mais sa cruauté et son impunité seront mis en avant dans la dernière partie du film quand il viendra menacer la fiancée de Xiao Ou.
Ses amis (dont le vieillard évoqué plus haut) tentent de soigner Song. Son visage et ses mains sont bandées. La scène où le bandage est finalement enlevé et où son nouveau visage est finalement révélé au spectateur donne l’une des meilleures scènes du film. Jusqu’à présent, il était recouvert d’une cape et le suspense dure toujours. En caméra subjective, le médecin déroule le bandage tandis que dehors l’orage gronde, des éclairs éclairant la pièce. Face à Song, les autres personnages découvrent horrifiés le visage. De dos, il se lève, titube jusqu’à un miroir où il peut enfin comprendre que ses traits ont disparu au profit de boursouflures dues aux brûlures de l’acide. Il brise le miroir dans un geste de colère, refuse de lire la lettre envoyée par Xia et décide de se faire passer pour mort.
Eminemment romantique, Song Dangping continue pourtant d’hanter la vie de Xia. A chaque pleine lune, il va chanter le morceau de son opéra. Incapable de refaire sa vie, Xia sombre dans une folie douce où elle n’attend que la nuit où elle pourra écouter son air favori. Song Dangping est devenu un « fantôme de l’opéra ». Mais passé quelques scènes fortes dont on sent l’influence expressionniste, il faut bien reconnaitre les balbutiements de la mise en scène de Ma-xu, le jeu extrêmement théâtral des acteurs, un jeu lent, appuyé à la fois dans les poses et dans la diction. Cette théâtralité est sans aucun doute à mettre sur le compte d’une technique encore balbutiante. Ceci étant, Ma-xu expérimente de nombreuses choses (travellings, fondus enchainés) et parvient à maintenir le suspense autour de ses personnages, notamment celui de Tang Jung qui menace Liu Die, la fiancée de Xiao Ou, comme il terrorisait Xia dix ans auparavant. En revanche, il faut bien le préciser, le visage de Song ne fait jamais peur.
Song at midnight (夜半歌聲, Chine, 1937) Un film de Weibang Ma-xu avec Woo Ping, Gam Saan, Chow Man-chu, Gu Meng-he, Shi Chao, Hui Maan-lai, Wong Wai-yat, Chen Yun, Xiao Ying, Li Chun-pan, Liu Shang-wen, Chen Bao-qi, Wang Ying-ying, Zong You, Liang Xin, Cai Jue-fei.
vendredi 6 avril 2012
Hong Kong ghost stories





