lundi 3 juin 2013

Gigolo and whore


Jeune chinoise tout juste débarquée de sa campagne à Hong Kong, Hung (Carina Lau) est timide, prude et naïve. Elle veut retrouver sa cousine Kiki (Angile Leung), venue elle aussi des années auparavant pour se faire héberger et elle se rend compte qu'elle est devenue une « animatrice de bar ». Elle met un peu de temps à comprendre ce que ça veut dire d'autant que cela heurte son éducation continentale. Le spectateur a vite compris car ce film s'appelle Gigolo and whore et en l'occurrence, le gigolo est Sam (Simon Yam), l'homme le plus demandé à Hong Kong, comme le dit un homme en début de film. Sam se joint à Kiki dans le bar et c'est là qu'il rencontre Hung et qu'il va la prendre sous son aile.

Hung s'étonne de tout : qu'un verre de vin coûte si cher, qu'on puisse parler de sexe si franchement, qu'on ait pu lui voler ses valises qu'elle avait laissées dehors. Mais aussi découvre les belles technologies du moment, c'est à dire de 1991, le caméscope ou le CD. Elle finit par comprendre que Sam vend son corps pour de l'argent. La scène est d’ailleurs plutôt amusante, comme toute la première moitié du film, puisque Hung, par maladresse, a allumé le caméscope et voit Sam en train de coucher avec une femme. Sam espère que Hung pourra trouver du boulot dans le bar où il bosse mais là encore la terrible maladresse dont elle fait preuve ne lui permet pas de faire simple barmaid. Une idée jaillit alors, Hung, en attendant de trouver un vrai boulot, va faire l’escort girl quelques temps. Hung lui affirme que cela est dangereux, qu’une fois ce boulot commencé, il est difficile d’en sortir.

La transformation de Hung peut commencer : la gentille pucelle va devenir une superbe bimbo. D’abord son look. Sam, en expert de la gent féminine, va lui choisir sa robe, ses chaussures et, bien entendu, son soutien-gorge devant la vendeuse médusée de son habileté à les ouvrir d’un simple contact de son doigt. Puis, direction salon de coiffure et maquillages. Il continue par des exercices de souplesse car ça peut servir. Viennent les cours de cantonais. Ensuite, Sam lui apprend à simuler l’orgasme et à imiter les petits couinements de plaisir. Tout cela est sur le mode de la comédie légère et parodie les enseignements des maitres d’arts martiaux à son disciple. Mais la plus importante recommandation est de ne jamais tomber amoureuse de son client. La référence à Pretty woman est non seulement évidente mais littéralement citée dans les dialogues.

Malgré son titre bien racoleur et son classement en Catégorie III, Gigolo and whore est une comédie romantique bien sage. Peu de scènes érotiques pour égayer les yeux. Comme on s’en doute un peu, Sam va tomber amoureux de Hung, et réciproquement. Tout cela va se compliquer avec une mission que Hung accepte. Elle est engagée pour distraire Dickson Lee (Alex Fong Shung-sun), jeune millionnaire éploré depuis que sa femme est décédée. Elle va se prendre d’affection pour Dickson qui tombe amoureux d’elle. Le film fait semblant de se demander qui elle va choisir entre le gigolo et le millionnaire. Ce sont essentiellement les trois acteurs principaux, Simon Yam, Carina Lau et Alex Fong Chung-sun, sans oublier Angile Leung en pimbêche rigolote, qui font passer cette comédie romantique plus sucrée qu’acidulée.

Gigolo and whore (雞鴨戀, Hong Kong, 1991) Un film de Terry Tong avec Simon Yam, Carina Lau, Alex Fong Chung-sun, Angile Leung, Yiu Chi-wan.

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