mardi 6 octobre 2009

Future cops



Quand on regarde Future cops, on se demande à quoi tournait à l’époque Wong Jing. Et on se demande encore ce qui a poussé cette belle brochette de stars cantonaises à avoir accepté de tourner dans ce film encore plus barré et foutraque que Niky Larson, qui était pourtant déjà bien taré. J’espère qu’ils se sont amusés tous et qu’ils ont bien gagné leur vie. Il faut vraiment s’accrocher pour regarder le film en entier. A la fin du film, épuisé, moi aussi je suis devenu un super héros.

Des explosions dans une grande lumière bleue, du grand angle, des acteurs qui défient les lois de la gravitation. Tout cela rappelle le cinéma d’action de Ching Siu-tung. Future cops commence en 2043 avec nos quatre héros (Andy Lau, Simon Yam, Aaron Kwok et Jacky Cheung) qui combattent Ekin Cheng. Ils volent sur des skateboards qui évoquent celui de Michael J. Fox dans Retour vers le futur 2. Ça va très vite. On n’a à peine le temps de savoir qui est qui. On comprend que nos héros ont chacun des super pouvoirs genre les 4 Fantastiques. Simon Yam peut étendre ses bras. Ils ont surtout des costumes et des coiffures pas possibles.

On leur explique qu’ils vont devoir remonter le temps et aller jusqu’en 1993 pour sauver le monde. Ils vont devoir protéger un lycéen qui deviendra le juge qui condamnera celui qu’on appelle le Général (Ken Lo) à la prison à vie. Mais les hommes du Général se rebellent et partent libérer leur chef. Mais la machine à remonter ne marche pas bien et ils ne peuvent partir qu’à trois (Aaron Kwok ne reviendra qu’en fin de film). Dans le lycée, les flics du futur se feront passer pour un prof, un lycéen et un ami.

Comme les choses sont bien faites, ils tombent immédiatement sur le futur juge – qui s’ignore – car il ne porte pas le nom qu’il aura dans 50 ans. C’est Dicky Cheung qui incarne le lycéen. Je ne ferai aucun commentaire sur son interprétation. C’est le souffre-douleur de ses camarades et surtout de Kei-on (Andy Hui), le petit chef du bahut. D’autant que Dicky drague sa copine. Mais les future cops le protègent et bientôt il sera en haut de l’affiche jusqu’à ce que les méchants arrivent en 1993.

C’est un des films les plus bêtes et les plus kitsch de Wong Jing, mais c’est drôle de voir les acteurs en faire tant. Il s’est inspiré de Street fighter, le jeu vidéo, mais avant le film avec Jean-Claude Van Damme. On peut au moins lui reconnaître ça. Comme d’habitude, Wong Jing pique des idées de scénarios un peu partout et il parodie certains films marquants de l’époque, ici L’Amant de Jean-Jacques Annaud et Ghost de Jerry Zucker. C’est marrant de voir Simon Yam faire des grimaces à tout bout de champ. Future cops est un film au-delà du divertissement. Il est impossible de dire que l’on aime cela. C’est une curiosité typiquement hongkongaise assez proche du nanar.

Future cops (超級學校霸王, Hong Kong, 1993) Un film de Wong Jing avec Andy Lau, Jacky Cheung, Simon Yam, Dicky Cheung, Chingmy Yau, Charlie Young, Winnie Lau, Andy Hui, Richard Ng, Ekin Cheng, Billy Chow, Ken Lo, Mok Siu-chung, Dennis Chan, Nat Chan, Aaron Kwok, Yuen King-tan.

lundi 5 octobre 2009

L'Enfer des armes


Regarder les deux versions de L’Enfer des armes de Tsui Hark du coffret DVD de Metropolitan HK Vidéo est une épreuve. Quel que soit le sens, version remontée officielle ou version originale censurée, le film est une épreuve pour les nerfs. Tsui Hark n’y va pas avec le dos de la cuiller dans la violence pour son troisième film. On est pris aux tripes parce que le film est contemporain de son époque et non pas un film en costumes, parce que l’aspect burlesque et grotesque de Butterfly murders et Histoires de cannibales a disparu. Quel que soit le sens, la version censurée est la plus forte et cohérente même s’il faut accepter l’image dégueulasse des plans supprimés pour rendre le film conforme à la censure de l’époque.


Un jour de pluie, le désœuvrement de la jeunesse est en action. Wan-chu (Lin Chen-chi) s’amuse à planter une aiguille dans le crâne d’une des souris qu’elle élève. La souris couine et tourne en rond sous le regard satisfait et sadique de la jeune femme. Disons le tout net, ce regard me rappelle celui effrayant des gardes rouges de la révolution culturelle. Sa dureté ne cessera tout au long du film. Wan-chu s’habille d’ailleurs d’un pantalon bleu et d’une veste au col Mao qui évoque encore une fois les sombres gardes rouges.


Dans un autre lieu de Hong Kong, un immense immeuble des bas quartiers, Ko (Che Biu-law) et Loong (Lung Tin-sang) s’ennuient tout autant. Ils partent sous la pluie battante voir leur ami Paul (Albert Au), qui lui vit dans un quartier plus riche. Ses parents sont de meilleure condition, ils ont même une domestique tandis que chez Ko et Loong, toute la famille vit dans une seule pièce dans la promiscuité. Paul emprunte la voiture de son père mais ne sait pas bien conduire. Une erreur de conduite provoque la mort d’un passant. Wan-chu est témoin de l’accident.


Les trois garçons sont lycéens ou étudiants mais jamais on ne les verra travailler. Wan-chu, en revanche, travaille dans une fabrique de magazines. Elle s’embrouille avec une de ses collègues, lui lancent un seau d’encre noire sur la tête, se fait renvoyer tandis que son assistante sociale lui conseille de revenir dans le droit chemin. Mais dès qu’elle croise les trois garçons, tous binoclards, tous en chemise blanche et jean’s, elle suit leur route et l’aventure vers l’enfer des armes commence. Ils vont faire les 400 coups et notamment trouver des billets de banque japonais qu’ils vont tenter de changer en HK$. Sauf que l’argent appartient à de très méchants.


Dans le même temps, la police enquête sur un trafic d’armes qui a lieu à Hong Kong. Les armes sont interdites par la loi, et le film dans son pré-générique nous informe que les explosifs le sont aussi. On suit les forces de police dans divers lieux interlopes notamment une boite de nuit gay où John Sham cherche Michel, un indic. Tan (Lo Lieh), le propre frère de Wan-chu, enquête de son côté sur des explosions criminelles dont l’une a lieu dans un cinéma. Tan n’est pas un flic très réglementaire. Il s’énerve très vite et drague à tout va, il est un peu l’archétype du personnage inventé par Danny Lee est très à la mode à cette époque dans le cinéma de Hong Kong.


Ou bien alors… C’est une toute autre histoire. Celle que l’on découvre dans la version censurée montre les trois garçons fabriquer de petits explosifs et les faire exploser dans divers lieux publics : un cinéma, une pissotière. Là, le personnage de Lo Lieh prend une plus grande importance d’autant que l’histoire de trafic d’armes n’existait pas. Wan-chu repère les garçons dans le cinéma où ils ont déposé la bombe et les poursuit, puis les rattrape, dans un tunnel qui évoque Orange mécanique. Elle leur propose de devenir leur amie mais elle prend très au sérieux son rôle de destructrice alors que les trois garçons ne semblent faire cela que par amusement, s’il en est.


La bande des quatre va devoir affronter plusieurs ennemis qui vont chercher à récupérer l’argent japonais. Wan-chu avait balancé de sa fenêtre un pauvre chat en début de film, chat qui sera empalé et déchiqueté, les vilains vont faire la même chose avec la jeune femme. Les garçons fuiront dans un cimetière loin de l’agitation mais ils seront vite retrouvés et devront faire face aux armes des mafieux. Ils décideront de se suicider sans succès. C’est de toute façon la mort qui les attend et de manière particulièrement violente.


La force de L’Enfer des armes n’a pas pris une ride en trente ans. Quand Lo Lieh se met à frapper sa petite sœur et l’envoie à l’autre bout de la pièce, on a mal. Quand Tsui Hark filme les regards terrifiés de Ko, Loong et Paul face à la bande armée, c’est le spectateur qui a peur. C’est son art du montage qui fait beaucoup dans le film, la scène de la défenestration du chat est à ce titre exemplaire. C’est une œuvre brute qui a fortement déplu au public qui n’est pas allé voir le film, comme il s’abstiendra quinze ans plus tard avec The Blade. Tsui Hark pour continuer de travailler est allé faire deux ou trois comédies. Petit détail : dans la bande originale du film, on peut entendre quelques notes de Echoes de Pink Floyd et un long moment de Jean-Michel Jarre.


L’Enfer des armes (Dangerous encounter - 1st kind, 第一類型危險, Hong Kong, 1980) Un film de Tsui Hark avec Lo Lieh, Lin Chen-chi, Albert Au, Lung Tin-sang, Che Biu-law, Ray Lui, Bruce Baron, Cheung Gwok-ming, Chong Man-ching, Richard Da Silva, Nigel Falgate, Lau Shing-hon, Leong Po-chih, John Sham, Stephen Shin, Terry Tong, Pierre Tremblay, David Wu, Ronny Yu, Tsui Hark.

jeudi 1 octobre 2009

New mad mission


Ho Sik (Alan Tam, l’acolyte de Jackie Chan dans Mister Dynamite que je trouvais ringard) se voit contraint de reprendre les affaires familiales après la mort de son père. Sa mère castratrice et omniprésente (Maria Cardero) l’oblige à accepter le poste. Il devient un nouveau chef des triades. Mais il a du mal à accepter son sort. Il va rencontrer Cheong (Tony Leung Chiu-wai) qui devient son garde du corps. Cheong a une particularité, il est un fin tireur quand il a bu. Il va aussi rencontrer deux filles qui ignorent sa position de parrain de la mafia. Mais l’une d’elle est une tueuse à gages, Shan (Christy Chung). Et Ho Sik se laisse convaincre qu’il doit éliminer la belle.

Mais Ho Sik a une sainte horreur des armes et de toute façon, il ne sait pas s’en servir. Les deux garçons vont aussi rencontrer Mandy (Donna Chu), une jeune femme très douce qui ne cherche que l’âme sœur. Ensemble, ils vont former une bande à quatre d’autant que Ho Sik trouve Shan très à son goût bien qu’il doit se venger. Seulement voilà, il y a également Lui Yue-yeung (Francis Ng) un autre chef de triades que Shan a cambriolé devant ses yeux et lui aussi cherche à se venger. Pendant 90 minutes, c’est une course poursuite entre tout ce beau monde qui va s’engager. Sur le mode de la comédie bien entendu.

Près d’une décennie après Aces go places 5, Raymond Wong Bak-ming veut réssuciter la franchise lancée par la Cinema City & Films Company. New mad mission est produit par le comique pas drôle et la Mandarin Films qui s’est spécialisée dans la comédie avec les deux années précédentes Le Festin chinois et Tri-star de Tsui Hark. Il ne reste rien des complots politiques internationaux que Karl Maka, Sam Hui et Sylvia Chang devaient résoudre dans les trois premiers épisodes. Seule demeure la musique, et encore au générique. Ce 97 Aces go places, rebaptisé en France New mad mission peine à atteindre le niveau de ses prédécesseurs, alors même que c’était déjà pas génial.

Il faut dire qu’entre temps, la comédie cantonaise s’est totalement renouvelée grâce à Stephen Chow. Et on a vraiment l’impression que Tony Leung Chiu-wai ne cesse d’imiter son camarade. L’acteur en était encore à cette époque à continuer de faire de la grosse comédie avant de ne faire plus que du Wong Kar-wai. New mad mission recycle beaucoup de gags de Stephen Chow, notamment l’ambiguïté sexuelle entre nos deux héros. Tony leung Chiu-wai, en tant que soulard, propose une belle scène où il parodie le kung-fu de l’ivrogne. Les revolvers remplacent les poings. C’est à Francis Ng que revient la palme d’or de l’interprétation. Il en fait des tonnes, cabotine à mort comme jamais. Il est un chef de triade maniéré qui ne mange qu’avec des musiciens qui jouent du violon derrière lui. C’est pas grand-chose, mais ça fait déjà deux gags marrants dans un film tourné à la truelle.

New mad mission (97 Aces go places, 最佳拍檔之醉街拍檔, Hong Kong, 1997) Un film de Chin Kar-lok avec Alan Tam, Tony Leung Chiu-wai, Christy Chung, Donna Chu, Francis Ng, Simon Lui, Moses Chan, Lam Kwok-bun, Billy Chow, Raymond Wong Bak-ming, Emily Kwan, Chin Siu-ho, Ngai Sing, Dayo Wong, Mang Hoi, Chin Kar-lok, Vincent Kok, Maria Cordero, Timmy Hung.

Sorties à Hong Kong (octobre 2009)

The Founding of a Republic (建國大業)

Un film de Han Sanping et Huang Jianxin avec Tang Guoqiang, Zhang Guoli, Xu Qing, Liu Jin, Chen Kun, Wang Wufu, Wang Xueqi, Liu Sha, Wang Jian, Wang Bing, Vivian Wu, Xiu Zongdi, Liu Yiwei, Jet Li, Hu Jun, Sun Xing, Ao Yang, Bi Yanjun, Cao Kefan, Jackie Chan, Chen Baoguo, Chen Daoming, Chen Hao, Chen Hong, Chen Jianbin, Chen Kaige, Chen Shu, Che Xiaotong, Che Yongli, Deng Chao, Ding Zhicheng, Dong Xuan, Fan Wei, Feng Gong, Feng Xiaogang, Feng Yuanzheng, Ge Cunzhuang, Ge You, Gong Beibi, Guo Degang, Guo Xiaodong, Gu Wei, He Lin, Hou Yong, Huang Shengyi, Huang Wei, Huang Xiaoming, Jiang Wen, Jin Xin, Leon Lai, Andy Lau, Tony Leung Ka-fai, Li Bin, Lin Dong Fu, Teddy Lin, Li Qiang, Liu Hua, Liu Ye, Li Youbin, Ma Yue, Miao Pu, Ning Jing, Shen Ao-jun, Echo Shen, Shi Xin, Sun Honglei, Sun Jitang, Tao Zeru, Tong Dawei, Wang Baoqiang, Wang Fuli, Wang Jun, Wang Xuebing, Wang Yajie, John Woo, Wu Gang, Xia Gang, Xie Gang, Xu Fan, Xu Huanshan, Yang Ruoxi, Yang Xiaodan, Ye Jin, Donnie Yen, Ye Xiaokeng, Ying Da, You Liping, You Yong, Zhang Hanyu, Zhang Jianya, Zhang Qiufang, Zhang Ziyi, Zhao Baole, Zhao Ningyu, Zhao Wei, Zhao Yong, Zhong Xinghuo, Zong Liqun. 139 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 1er octobre 2009.











lundi 28 septembre 2009

Les Exécuteurs de Shaolin



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Comme souvent, les génériques des kung fu pian, surtout dans les films de la Shaw Brothers, lancent le film par des combats qui résument à eux seuls ce que sera la ligne directrice du film. Sur un grand plateau rouge, deux vieillards s'affrontent. L'un est en blanc : Longs Sourcils (Pai Mei pour les intimes), interprété par Lo Lieh. L'autre est en noir, le père du héros. Longs Sourcils tue son adversaire, tandis qu'une rapide explication nous est donnée sur le pourquoi de la chose. Il va sans dire que le héros passera tout le film à vouloir venger son père. L'enjeu étant de savoir s'il va y arriver. Et comment.

A partir de ce moment Hung Hsi-guan (joué par Chen Kuan-tai), le protagoniste des Exécuteurs de Shaolin va chercher à perfectionner son kung fu afin de pouvoir vaincre le terrible Longs Sourcils. Malheureusement, sa technique (celle du Tigre) est encore trop simple et moins efficace que celle de son ennemi. On connaît la passion de Liu Chia-liang pour les démonstrations d'art martial véritable. Sa mise en scène a consisté dans ses films à montrer les combats martiaux avec le moins de découpage possible. Ici, c'est tout particulièrement caractéristique. Liu choisit de ne pas filmer dans des décors qui sonnent trop toc, comme cela est souvent l'habitude avec les films de la Shaw Brothers. Les combats des Exécuteurs de Shaolin se déroulent dans des paysages qui font vrai et du coup, les combats prennent une ampleur réaliste. D'une certaine manière, les Exécuteurs de Shaolin réinventait le genre.

Liu Chia-liang est un des chantres au sein de la Shaw Brothers de la comedy kung fu. Et bien sûr, face au concurrent direct, Raymond Chow et à ses poulains, Jimmy Wang-yu (qui venait de quitter la Shaw en claquant la porte) ou Jackie Chan, déjà au sommet de la gloire grâce à ses facéties inimitables, Liu Chia-liang n'est pas en reste pour fournir des gags qui font mouche. Au cours du récit, Hung Hsi-guan part se réfugier à Canton. Il y rencontre Yong (Lily Li) qui fait des démonstrations de kung fu de la grue pour gagner sa vie. Très vite, tous deux s'affrontent avec leur propre style (grue contre tigre) d'abord sur un air d'opéra chinois, puis sur un tango. Histoire de montrer qu'entre ces deux là, cela se passera aussi au niveau sentimental. Et justement, quand Hung et Yong devront passer leur lune de miel après leur mariage d'amour, elle refusera d'écarter les jambes, ce qui donne droit à une scène digne des comédies de mariage américaines.

Les Exécuteurs de Shaolin se déroulent sur une très longue période (plus de vingt ans) avec grand nombre de personnages. Belle idée, d'ailleurs, de présenter les nouveaux personnages avec les idéogrammes chinois : Lily Li est Yong Chun, par exemple. Il faut comprendre que Longs Sourcils est coriace et que Hung retourne l'affronter après dix ans d'entraînement. Longs Sourcils n'est pas vaincu parce qu'il connaît tous les secrets de Hung qui pratique un kung fu. Le film se poursuit après une autre ellipse temporelle de plusieurs années. Hung est mort et Wen-ding, le fils de Hung et Yong, apprendra les techniques des deux kung fu (celle du tigre et celle de la grue). C'est en unifiant ses connaissances qu'il parviendra à vaincre son ennemi.

Il faut signaler que ce personnage de Wen-ding, affublé d'une chemise bariolée était interprété par Wong Yu. Quasi homonyme de Jimmy Wang-yu, désormais libéré de son contrat avec la Shaw Brothers, il fut dès lors imposé comme une star pour faire concurrence au héros des deux premiers épisodes du sabreur manchot de Chang Cheh. On n'oubliera pas non plus dans la distribution, la très courte partition de Gordon Liu qui meurt très vite criblé de flèches. Liu Chia-liang lui donnera la chance de sa vie dès son film suivant La 36ème chambre de Shaolin.

Les Exécuteurs de Shaolin (Executioners from Shaolin, 洪熙官, Hong Kong, 1977) Un film de Liu Chia-liang avec Chen Kuan-tai, Li Lily, Lo Lieh, Wong Yue Wong, Gordon Liu, Cheng Kang-yeh, Tao Chiang, Tien Ching, Lao Sheng, Johnny Cheung, Chiu Lee.

La Mante religieuse


Le générique de La Mante religieuse est typique des kung-fu pian de la fin des années 1970 : un simple plateau gris où Chiang fait la preuve de ses talents d'artiste martial, en l'occurrence le combat dans le style de la mante religieuse (tout le monde comprend donc le titre français, en anglais c'est Shaolin Mantis). Dès lors, le récit, forcément cruel pour les protagonistes, peut démarrer sur les chapeaux de roue (une grande spécialité de Liu Chia-liang) : Wei-feng (David Chiang) est un modeste employé de l'Empereur. Devant la cour, il est sommé d'évaluer un guerrier mongol puis un moine bouddhiste (ce dernier interprété par Gordon Liu qui n'apparaît dans La Mante religieuse que le temps de ce combat). Contre toute attente, Wei-feng défait très rapidement avec une technique inhabituelle ses deux adversaires. Il se voit, en conséquence de sa bravoure, confier une mission par son souverain : traquer ses ennemis rebelles et découvrir les noms des récalcitrants, dont le chef semble être Monsieur Tian. Histoire classique de guerre clanique que Liu et son scénariste Szeto corsent en imposant à Wei-feng des délais. Il doit accomplir sa mission au plus vite sans quoi l'Empereur dégradera le père de Wei au bout de trois mois, emprisonnera la famille au bout de six et les exécutera au bout d'un an.


Wei-feng part dans la province de Qijing et réussit à s'introduire dans la famille Tian. Il devient le précepteur de la jeune Zhi-zhi, la petite dernière de la lignée, après avoir renvoyé son dix-huitième professeur, un vieux sifu que le jeunesse de Zhi-zhi semble avoir lessivé. La jeune fille, interprétée avec espièglerie par Cecilia Wong, va tout faire pour séduire Wei-feng. Mais lui doit rester discret sur ses intentions premières et sur sa connaissance du kung-fu. On s'en doute, Wei-feng et Zhi-zhi vont tomber amoureux l'un de l'autre, ce qui compliquera encore plus l'espionnage de la Maison Tian, d'autant que personne ne fait confiance à Wei-feng, que ce soit le vieux Maître, les oncles, la tante ou la mère de Zhi-zhi. Ils veulent se marier. Ils décident de s'échapper et trouvent comme prétexte qu'il doit présenter sa douce à ses parents. Mais, toute la famille va se liguer contres les amoureux et leur mettre des bâtons dans les pattes.


La demeure des Tian, immense et opulente, va prendre un grand rôle dans La Mante religieuse. Ce qui n'aurait pu être qu'un simple décor (élaboré par Johnston Tao, habitué des films de la Shaw Brothers) va concentrer tout l'enjeu du film et devenir personnage à part entière. A l'arrivée de Wei-feng, le vieux Maître Tian fait visiter sa demeure et du même coup présente ses enfants. Pour pouvoir partir de la demeure, le couple devra affronter chaque membre de la famille dans sa propre chambre qui porte un nom : Cheval galopant, Phénix ou Tigre accroupi. Chaque pièce devient une épreuve : les cinq chambres de la mante de Shaolin. Seules la tante et la mère refuseront de se battre, elles utiliseront une dague factice.


Wei-feng considéré comme un simple employé par les Tian (comme précédemment par l'Empereur) cherche aussi à quitter la demeure pour sauver ses parents. Le temps est compté et se dilue à grande vitesse. Liu Chia-liang échoue à rendre ce suspense crédible. Il semble visiblement plus enclin à soigner ses chorégraphies. Et elles le sont. La Mante religieuse n'est pas un chef d'œuvre de Liu Chia-liang et de la Shaw Brothers, mais l'addition de ses combats martiaux et de la prestation de Cecilia Wong en font un divertissement tout à fait agréable.


La Mante religieuse (Shaolin mantis, 螳螂, Hong Kong, 1978) Un film de Liu Chia-liang avec David Chiang, Li Lily, Liu Chia-yung Liu, Cecilia Wong, Norman Chu, John Cheung, Miao Ching, Ping Ha, Ho Chi-cheng, Hsiao Hou, La Hoi-sang, Lee King-chu, Lin Ke-ming, Gordon Liu, Hung Lu, Lun Chia-chun, Wilson Tong, Wang Ching-ho, Hung Wei, Hua Yang.

jeudi 24 septembre 2009

Sortiesà Hong Kong (septembre 2009)

Glamorous youth (明媚時光)

Un film de Philip Yung avec Tai Bo, Nelson Yung, Louise Wong, Sherry Lee, Hui So-ying. 133 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 24 septembre 2009.




mardi 22 septembre 2009

Dragons forever

Parfois, il arrive que le sauce ne prenne pas, qu’on ne croit pas à un film et qu’on sente que même les acteurs n’y croient pas du tout. Regarder l’ennui d’un acteur jouer un personnage mal ébauché n’est pas très agréable et finalement pas toujours compenser par les scènes d’action. Dragons forever arrive dans une période où l’amitié entre les acteurs Jackie Chan, Yuen Biao et Sammo Hung, les petites merveilles de l’opéra, commence sérieusement à battre de l’aile et ça se sent.


Tout d’abord, il faut croire que Jackie Chan puisse être un avocat à la cour. Ce n’est pas évident d’admettre qu’il puisse faire des plaidoiries. C’est pour cela sans doute que son personnage décide de ne pas plaider. Cela évite d’avoir à faire l’acteur. Dans l’histoire de Dragons forever, Jackie Chan doit défendre au tribunal les méchants, en l’occurrence Yuen Wah, qui pollue l’exploitation de poissons de Deannie Yip et Pauline Yeung. Il engage Sammo Hung et Yuen Biao pour espionner ces deux femmes. Les garçons vont évidemment tomber amoureux d’elle. Enfin, Jackie et Sammo.


Du point de vue comique, Sammo Hung est le meilleur. Il aime toujours autant se ridiculiser. Il s’installe à côté de l’appartement de Deannie Yip et écoute ses conversations. Puis, il se rend compte qu’un voleur s’est introduit chez elle. C’est Yuen Biao qui venait poser un micro, mais Sammo ne le savait pas. Baston entre les deux artistes. Jackie viendra régler cette dispute qui continuera tout le film durant. Car finalement, les trois personnages ne cessent de se disputer et de se battre entre eux. Comme dans la vraie vie, on va dire.


Au bout d’un moment, ils comprennent que les deux femmes sont honnêtes et que leur commanditaire est un salaud. Ce salaud est interprété par Yuen wah, portant fine moustache et cigare en barreau de chaise. Il est d’une onctuosité et d’une méchanceté à toute épreuve. Sans lui, le film ne vaudrait rien. On est vraiment dans une comédie d'action très faible. Il se bat avec son corps tout en longueur dans la scène finale et on est vraiment très triste qu’il se fasse battre face à trois nigauds pareils. Je vote pour une rétrospective des films avec Yuen Wah à la Cinémathèque !


Dragons forever (飛龍猛將, Hong Kong, 1988) Un film de Sammo Hung avec Jackie Chan, Yuen Biao, Sammo Hung, Yuen Wah, Deannie Yip, Pauline Yeung, Billy Chow, Dick Wei, Roy Chiao, Lo Lieh, Lin Wei, Wu Feng, Crystal Kwok, James Tien, Benny Urquidez, Shing Fui-on, Chung Fat, Philip Ko, Chin Kar-lok, Chan Ging, Stanley Fung, Tai Bo, Shum Wai, Fung Hak-on, Chung Fat, James Ha.

lundi 21 septembre 2009

Butterfly



Flavia Wu, la trentaine, enseigne dans un lycée la littérature chinoise. Flavia est mariée à Ming (interprété par le comique Eric Kot, dans un contre-emploi remarquable) et ensemble ils ont un enfant. Dans un magasin d'alimentation, Flavia croise Yip, une jeune artiste, qui mange des biscuits à même l'emballage. Plutôt que laisser le vigile appeler la police (Yip n'a pas d'argent), Flavia dit qu'elle la connaît et qu'elle paiera pour elle. Flavia remarque que Yip a très faim et elles vont dans un snack. Là, un jeu de regards se met en place entre les deux femmes qui comprennent rapidement que quelque chose est en train de passer entre elles. Quoi ? Le coup de foudre, bien sûr...

Ce qui est certain, c'est que Flavia se rappelle son passé. Et ses souvenirs coïncident avec une nouvelle aventure amoureuse qui pourrait commencer dès ces regards langoureux. Ce passé a un nom, celui de Jin. En 1989, dans la période qui entoure les évènements de Tianan Men, Flavia au lycée se lie d'amitié avec Jin. Amitié qui se transformera vite en amour. Elles doivent se cacher et font souvent des escapades à Macao, ville plus libérale que Hong Kong. Cet amour va mal se terminer. Les parents de Flavia veulent que leur fille épouse un homme et qu'elle fonde une famille. Lorsqu'ils découvrent la chose, les deux filles veulent fuguer, mais se résignent. Flavia se marie et Jin deviendra nonne bouddhiste dans un hospice à Macao.

Cette aventure avec la jeune Yip serait pour Flavia un nouveau départ. Ming, son époux, gentil comme tout, essaie de comprendre mais refuse de divorcer. Quant à l'enfant, il en veut la garde exclusive en cas de divorce. Ming n'est pas un mauvais bougre. Un peu pataud, il tente de combler sa femme, mais elle d'autres choses dans la tête. Seulement voilà, Yip ne sait pas bien où elle en est. Rosa, son ex, la taraude encore. D'autant que Flavia hésite à se lancer complètement. Elle se pose aussi beaucoup de questions sur ce que peuvent penser les autres. Notamment quand dans son établissement deux lycéennes sont montrées du doigt et qu'elle prend leur défense.

Mak Yan-yan pour son film a choisi un rythme lancinant. Les flashbacks de l'histoire entre Flavia et Jin viennent régulièrement en contrecoup de celle que vit Flavia actuellement. Mak utilise des teintes sépia, indifféremment qu'il s'agisse du passé comme du présent, insistant sur le fait que Flavia aime les femmes, et cela depuis toujours. Cependant, bien que l'homosexualité féminine soir rare, et a priori inédit, dans le cinéma hongkongais, le film se traîne parfois en longueur (130 minutes tout de même) et que Mak Yan-yan et sa scénariste Jacqueline Liu aient cru bon de rajouter de trop nombreuses sous-intrigues familiales là où on aurait préféré un récit plus sec et plus politique. Comme si elles avaient, en le diluant, auto-censuré leur message humaniste.

Butterfly (蝴蝶, Hong Kong, 2004) Un film de Mak Yan-yan avec Josie Ho, Yuan Tian, Eric Kot, Stephanie Che, Isabel Chan, Joman Chiang, Kenneth Tsang, Pauline Yam, Carl Ng, Poon Yuen-leung.

dimanche 20 septembre 2009

Hanzo the razor : la chair et l'or


Hanzo the Razor : La Chair et l'or est une nouvelle aventure de l'Inspecteur Hanzo toujours dans l'Edo. Hanzo va encore une fois combattre la corruption qui règne à cette époque au Japon. Et il va le faire avec ses propres méthodes qui ont ravi les spectateurs japonais. Hanzo a toujours son sexe à calmer : seau d'eau froide, planche moule-bite, sac de riz à enfoncer. Hanzo est toujours avec ses deux clampins : Onibi et Masushi veuillent toujours partir au lieu d'aider leur senseï et Hanzo les retient encore une fois avec sa question " qui vous fait bouffer ". Hanzo torture encore, dans cette suite, une femme pour connaître la vérité, mais cette chaudasse, au lieu d'avouer la vérité, prend du plaisir. Le ton de Yoshio Inoue est plus léger, moins lyrique que celui que Yasuzo Masumura.


Cette fois, une fantôme hante les bords d'un lac. Hanzo et ses acolytes la capturent. Il s'avère que c'est une femme déguisée en fantôme chargée d'éloigner les passants du complot qu'ils fomentent. Des notables volent des pièces d'or en les cachant dans des bambous qu'ils jettent dans les eaux du lac. Il y est aussi question d'armes et notamment d'une lance vieille de 500 ans qu'un homme très riche veut acquérir coûte que coûte. Toujours à propos d'arme, un moribond veut des subventions pour financer un modèle de canon moderne pour combattre les occidentaux avec des armes de même calibre. Voilà pour quelques uns des soubresauts du scénario de La Chair et l'or. C'était le côté l'or.


Côté chair du film, on l'a déjà évoqué, Hanzo est toujours un inspecteur au service de son pays, mais c'est un rebelle, un Inspecteur Harry dont le Magnum serait entre ses jambes et qui tire sur les suspectes sans sommation. Outre la scène du sac avec la femme déguisée en fantôme, la scène de bravoure sexuelle est cette fois lors d'une séance de koto. La femme du Conseiller, Dame Oku prend des cours de koto (un instrument à cordes) chez un maître aveugle. Hanzo ira tirer des renseignements auprès de Dame Oku avec ses méthodes si particulières. Cette scène en montage alterné avec, d'un côté l'aveugle qui joue du koto et qui bien sûr ne se doute de rien, et de l'autre Dame Oku qui se fait allègrement détrousser par Hanzo. Une scène d'un grand érotisme.


Il est également question d'une manifestation d'aveugles. C'est drôle parce que dans cette scène, les acteurs font tous la même tête que Shintarô Katsu dans ses Zatoichi. Pas grand-chose à rajouter sur Hanzo the Razor 3 : un film honnête, sans plus. Une réalisation pépère et une musique moins inspirées que dans L’Enfer des supplices, l'épisode de Yasuzo Masumura. Un film bonus en quelque sorte.


Hanzo the Razor : la chair et l’or (御用牙 鬼の半蔵やわ肌小判, Japon, 1974) Un film de Yoshio Inoue avec Shintarô Katsu, Kô Nishimura, Mako Midori, Mikio Narita, Asao Koike, Etsushi Takahashi, Daigo Kusano, Keizô Kanie.