jeudi 5 janvier 2012

Sorties à Hong Kong (janvier 2012)

Speed angels (極速天使, Hong Kong – Chine – Taïwan – Corée – Japon, 2011)

Un film de Jingle Ma avec Tang Wei, Han Jae-suk, Cecilia Cheung, Rene Liu, Jimmy Lin, Tanaka Chie, Kitagawa Keiko. 111 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 5 janvier 2012.


mardi 3 janvier 2012

Dragon princess


Pour faire face à la montée de violence, la police de New York décide en 1966 d’entrainer ses agents au karaté. Mais deux écoles s’opposent, l’une dirigée par Higaki (Sony Chiba), classique et respectée issue d’Okinawa, l’autre fondée par Nikaido (Bin Amatsu, plus récente et controversée, est le Gôbukan de Tokyo. Nikaido défie Higaki dans un hangar désaffecté. Ce dernier refuse de se battre avec un Japonais, plaçant l’honneur de la patrie au dessus de tout. Parce que Nikaido est bien plus faible que Higaki, avec un grand rire sardonique, il appelle trois de ses comparses les plus vicieux pour tenter de battre son adversaire. Higaki se bat mais ressort de ce combat avec un œil crevé et d’autres blessures par couteau. Il a la vie (car il faut bien continuer le film) mais s’exile à Los Angeles.

Le Los Angeles de Dragon Princess est tout autant en carton-pâte que le hangar de New York, mais en plus, il y neige des gros flocons tels qu’on les voit dans les films japonais, mais passons sur ce détail. Higaki ne vit pas seul, il a une petite fille Yumi, que l’on découvre d’abord enfant puis adulte (Etsuko Shihomi). Parce qu’elle a vu ceux qui ont blessé son père, elle subit un entrainement intensif au karaté sur le toit de leur logement. Même quand la gamine revient des courses, elle doit monter les escaliers en sautant tandis qu’elle tient son panier à bout de bras. J’ai l’air d’ironiser, mais il faut bien reconnaitre que c’est assez ridicule. Puis dix ans se passent, Yumi est devenue extrêmement douée au karaté, bien qu’elle affirme dans son journal intime détester cet art martial, et son père meurt. Sur son lit de mort, il lui demande d’aller à Tokyo le venger. Nikaido en dix ans est devenu un homme de pouvoir.

Elle va chez son grand-père, une sorte de moine, et sur le chemin elle rencontre Kôtarô (Gajirô Satô), un fanfaron qui la provoque mais plutôt sympathique qui va l’aider à Tokyo. Elle part immédiatement défier l’école Gôbukan, dont les gros se moquent d’elle. Ils sont persuadés qu’une femme ne peut pas les battre. Elle se révèle experte et les humilie dans leur dojo. Mais Nikaido n’a pas dit son dernier mot et organise un combat international de karaté pour assoir sa suprématie. Auparavant, il élimine tous ceux qui pourraient battre ses meilleurs hommes. Yumi va devoir apprendre quelques tours de son grand-père pour assouvir la vengeance de feu son père. Le film prend une tournure différente quand un élève du Gôbukan se révèle être un allié de Yumi. Masahiko Okizaki (Yasuaki Kurata) cherche aussi à venger son père et s’était infiltré dans l’école. On s’en était bien douté avec les regards prolongés et douteux, sa position par rapport aux autres élèves et aux professeurs de l’école. Dragon Princess est un film d’action très classique avec ses habituels retournements de situation qui vaut surtout pour son final où Yumi et Okizaki se battent contre toute l’école Gôbukan dans un grand champ où ils peuvent se dissimuler derrière de hautes herbes. La caméra se fait très mouvante, suivant chaque geste des personnages, montrant chacun de leurs stratèges et les répliques de leurs adversaires. Ce dernier quart d’heure est très beau.

Dragon Princess (必殺女拳士, Japon, 1976) Un film de Yutaka Kohira avec Etsuko Shihomi, Yasuaki Kurata, Bin Amatsu, Masashi Ishibashi, Tatsuya Kameyama, Shunsuke Kariya, Yoshi Katô, Genji Kawai, Hôsei Komatsu, Jirô Chiba, Yûsuke Nagumo, Ryojiro Nishimoto, Sonny Chiba.

lundi 2 janvier 2012

Tricky brains


Wong Jing n’a pas découvert Stephen Chow, mais il lui a permis de s’exprimer pleinement, d’une certaine manière, le cinéaste l’a sublimé dans ce début des années 1990. Tricky brains est l’exemple le plus typique du mode comique de l’acteur où le scénario n’a plus aucune importance et où seuls les gags comptent. C’en est d’ailleurs fascinant. C’était une période bénie pour Stephen Chow qui est devenu le roi du box office en 1990 (et cela a duré cinq ans). Il jouait dans cette période dans près d’une dizaine de films par an, dont aucun n’est vraiment bon, mais cela le poussera à expérimenter beaucoup et à l’encourager à passer à la réalisation, à moins tourner, à se faire rare depuis dix ans (seulement trois films en incluant Shaolin soccer).

Le scénario est très simple : Jing Koo (Stephen Chow) est un détective privé embauché par Macky (Waise Lee) pour mettre au point un piège. La fiancée de Macky, la belle Lucy Ching (Rosamund Kwan) travaille incognito dans l’entreprise de son père M. Ching (Baau Hon-lam), un riche homme d’affaires. Un simple employé de la boite, Chi Man-kit (Andy Lau), qui ignore tout d’elle, cherche à la séduire et elle répond à ses timides avances, sous l’œil de Banana (Chingmy Yau), la meilleure amie de Lucy. Jing Koo doit se faire passer pour le frère de Kit, disparu depuis des années, et va s’incruster dans leur appartement, où Kit habite avec son père Yan Chi (Ng Man-tat). La stratégie de déstabilisation peut commencer. L’important dans Tricky brains n’est pas ce qui arrivera aux personnages (qu’on se rassure, le couple sera réuni et s’aimera), mais les gags des acteurs.

Les toilettes. Dans la séquence d’ouverture, Shing Fui-on s’assoit sur des toilettes et Stephen Chow l’enferme dans une cage pour qu’il y soit prisonnier, puis, les toilettes partent dans une galerie marchande où les clients se moquent de Shing Fui-on. Dans l’entreprise de Ching, Stephen Chow est envoyé aux chiottes par un collègue (interprété par Wong Jing). Sur la porte, il est écrit Ladies (il ne semble pas parler anglais), et Wong Jing affirme que ce sont des toilettes pour hommes. Ce dernier fait le pari avec ses collègues que Koo ressortira des toilettes tabassé par Liu Fan, une actrice au physique corpulent présentée comme peu commode. Stephen Chow s’en sortira en se faisant passer pour mort ( !) et humilera Wong Jing tandis que son père « adoptif » récupérera l’argent des paris.

Les vêtements. Les habits déchirés, c’est toujours rigolo. Andy Lau et Ng Man-tat auront leurs chemises mises en lambeaux dans une boite de nuit quand ils se battent contre un gros balaise. Stephen Chow arrive, pour son premier jour de travail, dans le costume du God of gambling, sur le son de la musique du film. Plus tard, toujours dans ce costume chic mais porté de travers à la manière d’un moine, il chantera un air d’opéra avec Andy Lau et Ng Man-tat au lieu de se parler comme tout le monde (l’un des moments les plus drôles). Ng Man-tat et Stephen Chow font de la gym tonique en survet fluo flashy. L’un des gags récurrents est aussi qu’aucun des deux ne supportent d’entendre le mot « père » et sont pris d’un tic qui fait onduler leur corps. Stephen Chow ira en boite de nuit en combinaison moulante où est écrit I Am Married. Avec Andy Lau, il fait un combat de vêtement et doivent retirer leur slip (dix ans avant le défi défilé de Zoolander). Et finalement, Ng Man-tat sera déguisé en bonne femme.

L’ambivalence sexuelle. Plusieurs fois dans le film, le personnage de Stephen Chow se présente comme gay, sans que cela soit vraiment justifié, mais c’est un des ressorts comiques récurrents de ses films de cette époque. Il tente de faire rire avec le Sida qu’il affirme avoir et qui est censé dégoûter les gens autour de lui, notamment Chingmy Yau avec qui il pourrait avoir une aventure. Stephen Chow achète des pilules de sensualité pour la refourguer à Andy Lau qui a bien du mal à dire à Rosamund Kwan qu’il l’aime. Tout cela se passe dans un cinéma où Andy Lau veut embrasser tout le monde et ploter les filles autour de lui. Finalement, les deux hommes s’embrasseront sur la bouche. Il y a encore de nombreux autres gags (la langue de Stephen Chow, les jeux de mots, les acteurs hurlent régulièrement, l’humiliation des personnages) qui donnent un film très lourd, souvent hilarant et typique du style primitif pas encore dompté de Stephen Chow.

Tricky brains (整蠱專家, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Andy Lau, Rosamund Kwan, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Waise Lee, Wong Jing, Baau Hon-lam, John Ching Tung, Chan Man-na, Shing Fui-on, Yu Miu-lin, Liu Fan, Charlie Cho, Jo Jo Ngan, Benz Kong, Bill Lung.

samedi 31 décembre 2011

Bilan de l'année 2011


Rarement, il n’y aura eu aussi peu de films d’Asie sortis en France : 19 seulement en 2011, on se croirait revenu dans les périodes de disette. C’est un animé Ghibli qui est en haut du classement de la fréquentation. Et pourtant Arrietty n’est pas la meilleure production du studio et souffre d’une musique particulièrement pénible. Disney, qui distribue désormais les films de Ghibli, choisit maintenant le début d’année pour sortir les films de la compagnie de Miyazaki. Mi-janvier, on pourra découvrir le nouveau film de Goro le fils du maître. Ce que l’on remarque surtout, c’est que le cinéma japonais semble aujourd’hui réduit à n’être que du film pour enfants ou de l’animé : Cheburashka, La Boite à malice et Colorful. Seule exception, le Hara Kiri de Takashi Miike dont aucun film n’était sorti en salles en France depuis bien longtemps. Le cinéma coréen s’est bien défendu, cinq films sont sortis, aucun cinéaste coréen n’a été découvert ce qui donne l’impression qu’il ne se ferait que des films rohmeriens ou des films de vengeance là-bas. Je doute que ce cinéma ne soit plus constitué que de cela.

Apparemment, il est de plus en plus difficile de découvrir en salles ce qui se produit actuellement en Asie. Les distributeurs se cantonnent avec ce qu’ils estiment être bankables soit Tsui Hark (semi-succès public) et Yuen Woo-ping (bide au box-office). Il était prévu que Sex & zen 3D sorte au cinéma pendant l’été. La sortie a été finalement annulée (ou repoussée) malgré le buzz intense (quoi que plutôt mensonger) sur le succès au box office hongkongais. Le film devra sans doute atteindre le public français en dvd et blu-ray dans les mois qui arrivent. La vraie star hongkongaise cette année a été Donnie Yen : les deux Ip Man, 14 blades, Legend of the fist et The Lost bladesman ont été édités en dvd, en attendant probablement Wu Xia (projeté à Cannes 2011). Il faudra attendre un peu pour découvrir ses autres films, notamment ses comédies. Donnie Yen est, en France aussi, la star incontestée du cinéma de Hong Kong. Par ailleurs, deux films de Johnnie To sont sortis à Hong Kong et il y a peu de chance qu’ils parviennent en salles jusqu’ici (à la limite en dvd).

L’un des faits marquants de cette année à Hong Kong est justement cette profusion actuelle de wu xia pian et autres films en costumes se déroulant dans la Chine légendaire ou dans celle du tournant du siècle (d’avant Mao). Cette mode a commencé à se développer depuis deux ans mais elle atteint aujourd’hui des proportions importantes. Sur la cinquantaine de films locaux sortis à Hong Kong en 2011, une quinzaine est donc en costumes. Une explication très simple à ce revival du genre : le nouveau système de coproduction avec la Chine. Près d’un tiers des films hongkongais sont aujourd’hui produits par Pékin pour le public chinois avec deux conséquences majeures. D’abord une obligation de se conformer aux exigences thématiques de Pékin, certains sujets ne peuvent pas être abordés, il est désormais interdit de critiquer tout organe étatique (police, fonctionnaire, état) et de vanter les triades ou d’en montrer des personnages positifs. L’autre conséquence est celle des acteurs et actrices : un quota d’interprètes chinois est exigé, des jeunes actrices mannequins au joli visage mais dont le jeu laisse indifférent.

L’arrivée de l’argent chinois dans le cinéma hongkongais a permis sans aucun doute à l’industrie d’être sauvée mais d’un autre côté, tous ces films en co-production se ressemblent et ennuient. Alors que reste-t-il à Hong Kong ? L’année a vu le retour de Cecilia Cheung après une longue éclipse due à sa vie de famille mouvementée. Elle a même embarqué dans un film son jeune fils. Il y aussi des choses qui ne bougent pas : Wong Jing par exemple qui continue avec ses budgets fauchés, ses scénarios simplistes et ses amis acteurs à produire et réaliser encore trois ou quatre films par an. Comme d’habitude, il change de genre comme de chemise, mais il garde toujours la même méthode. Wong Jing, quels que soient ses défauts, demeure aujourd’hui l’un des piliers du cinéma de Hong Kong.

Box office de tous les films d’Asie sortis en France en 2011 :

Arrietty le petit monde des chapardeurs (Hiromasa Yonebayashi) 916 961 entrées
Detective Dee (Tsui Hark) 234 726 entrées
La Ballade de l’impossible (Tran Anh Hung) 58 430 entrées
The Murderer (Na Hong-jin) 46 508 entrées
J’ai rencontré le diable (Kim Jee-won) 28 344 entrées
I wish I knew, histoires de Shanghai (Jia Zhangke) 27 893 entrées
Cheburashka et ses amis (Makoto Nakamura) 25 515 entrées
La Flûte et le grelot (collectif) 25 121 entrées
Ha ha ha (Hong Sang-soo) 15 610 entrées
Love and bruises (Lou Ye) 14 389 entrées
True legend (Yuen Woo-ping) 11 997 entrées
La Boite à malice (Koji Yamamura) 10 482 entrées
Hara kiri, mort d’un samouraï (Takashi Miike) 9 241 entrées
Colorful (Keiichi Hara) 5 479 entrées
Les Nuits rouges du bourreau de jade (Julien Carbon et Laurent Courtiaud) 3 731 entrées
Black blood (Zhang Miaoyan) 661 entrées
Oki’s movie (Hong Sang-soo) pas de chiffres
Summer vacation (Li Hongqi) pas de chiffres
Entre chien et loup (Jeon Soo-il) pas de chiffres

(Chiffres aimablement fournis par Mathias C. Alonzo-Mosely)

Bonne année 2012 !

vendredi 30 décembre 2011

Perfect girls


Un vieil oncle d’Amérique millionnaire s’apprête à mourir dans les deux prochains mois. Il cherche un héritier parmi sa famille à Hong Kong. Lam Tin-chi (Wilson Lam) est ce neveu à qui l’avocat doit annoncer la bonne nouvelle. Mais il ne pourra hériter de la fortune de son oncle que si, dans un délai d’un mois, il se marie. Car Chi à 29 ans est encore célibataire. Pire que cela pour le futur défunt, il a toujours eu, dès l’enfance, des problèmes avec les femmes : il se laisse dominer par elles. On voit où veut en venir ce cher Wong Jing : une femme parfaite est une femme soumise, ou au moins qui ne domine pas son mari. La chasse à l’épouse est partie pour Chi car s’il ne se marie pas, c’est son cousin Robert (Kwan Chiu-chung – je crois que je n’avais pas vu un acteur aussi mal jouer depuis des années, comme s’il ne comprenait pas ce qu’il dit) qui touchera le magot.

Pour l’instant, Chi n’est au courant de rien. Le vent tourne avec les filles, un jour avec son cousin (Wong Jing), un obsédé sexuel qui croit pourvoir séduire toutes les filles, ou presque, il rencontre Siu-siu (Michelle Reis). C’est vers Chi qu’elle va se tourner car pour une fois, elle est plutôt respectée par un homme. Il faut dire que Chi est un grand dadais, timide et peu volontaire : il attend que les filles lui tombent dans les bras, et pourtant il en croise beaucoup dans son métier, il travaille dans la pub. Siu-siu n’est pas une fille commode, elle ne se laisse pas faire. Sa copine Fitty (Bat Mei-na) leur donne quelques conseils pour l’amadouer et leur dit de ne surtout pas lui donner de l’alcool. Chi trouve que Siu-siu se conduit mal et lui lance un pari : qu’elle se tienne bien un quart d’heure pendant la fête d’anniversaire de la mère de Chi (Tang Pik-wan). Elle gagne son pari, la mère – comme les amies de la mère avec qui elle joue au mahjong – la trouve bien mais, Siu-siu, une fois le temps fini, redevient la fille indépendante qu’elle a toujours été. Bien entendu, ça ne va pas plaire du tout à la maman qui se voyait déjà avec un belle bru et puis non.

C’est alors que l’avocat de l’oncle intervient pour annoncer la nouvelle. C’est sans compter sur Robert, le vil cousin qui fomente dans son coin pour pouvoir toucher l’argent. Il va tout faire pour que Chi ne se marie pas et il commence par semer la zizanie entre Chi et Siu-suiu. Et ça marche, elle se fâche et la mère de Chi ne veut plus la voir. Elle organisera des blind dates avec des filles toutes plus névrosées et improbables les unes que les autres. Le schéma de Perfect girls est classique : on sait très bien que Siu-siu finira par se marier avec Chi, que la mère l’acceptera. Ce qui d’habitude est plaisant dans ce genre de comédie, ce son les obstacles qui se mettent entre les amoureux. Etonnamment, le frère de Siu-siu interprété par Shing Fui-on, censé être dans les triades n’entre pas vraiment en jeu : sa partition comique consiste à ce que son personnage s’appelle Leslie Cheung et que sa maman lui prépare les matraques pour aller tabasser les clans adverses. Il faut donc inclure dans le récit une rivale à Siu-siu : ce sera Yan (Nina Li Chi), un mannequin que Chi rencontre sur un tournage. Yan obtiendra le soutien de la mère de Chi pour le mariage. On a vite compris qu’elle est complice d’Albert. On se dit surtout que compte tenu de l’absence de personnalité et de charisme de l’acteur qui joue Chi, il n’est même pas étonnant que personne n’ait envie de l’épouser.

Perfect girls (靚足100分, Hong Kong, 1990) Un film de Wong Jing avec Wilson Lam, Michelle Reis, Nina Li Chi, Monica Chan, Wong Jing, Mui Siu-wai, Bat Mei-na, Tang Pik-wan, Kwan Chiu-chung, Mak Yan-wa, Chan Wan-yue, Carol Lee, Sharon Kwok, Dennis Chan, Aan Kwok-leung, Hui Ying-sau, Anders Nelsson, Nat Chan, Shing Fui-on, Manfred Wong, Frankie Chan, Cheng Siu-ping, Leung Biu-ching, Wai Yee-yan.

jeudi 29 décembre 2011

Sorties à Hong Kong (décembre 2011)

Laughing Gor turning point 2 (Laughing Gor 潛罪犯, Hong Kong, 2001)

Un film d’Herman Yau avec Michael Tse, Bosco Wong, Francis Ng, Kate Tsui, Damian Lau, Ching Ou-yang, Rebecca Zhu, Lam Suet, Kara Hui, Lau Siu-ming, Janice Man, Chapman To. 89 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 29 décembre 2011.


samedi 24 décembre 2011

Doubles cause troubles


Un avocat vient annoncer à Liang Shan-bo (Dodo Cheng), infirmière de son état toujours en retard au travail, qu’elle a hérité de l’appartement de sa grand-mère. Puis, le même avocat va annoncer à Zhu Ying-tai (Maggie Cheung), dont l’ambition est d’être comédienne, qu’elle a aussi héritée de cet appartement. Dans son cabinet, l’avocat leur annonce qu’elles devront habiter ensemble un an sans quoi le logement sera mis en vente aux enchères. L’ouverture de Doubles cause troubles est trépidante, les deux actrices y vont à fond dans leurs personnages de jeunes femmes espiègles. Ce qui est immédiatement plaisant, c’est que les deux cousines ne peuvent pas se saquer et qu’elles se lancent des vannes, se disputent sans cesse, comparent leurs mérites et se jalousent l’un l’autre. Mais malgré leur hypocrisie, elles acceptent cette colocation forcée. Il faut dire que l’appartement est vaste et que trouver un aussi grand logement à Hong Kong n’est pas une chose facile.

C’est la guerre entre les deux filles, sur le mode hystérique absolu. Et tout va empirer quand elles se rendent compte que feue la grand-mère avait un locataire, le beau Ben (Poon Jan-wai) qu’elles ont décidé de séduire toutes les deux. Qui aura les faveurs du jeune homme ? Personne car il va mourir sous leurs yeux. Elles ne le savent pas encore mais Ben est un petit malfrat et il s’est fait tiré dessus. Au centre de tout cela, se trouve un trésor volé à Taïwan et que Ben voulait vendre à Viper (Hon Yee-sang), un barbu toujours accompagné de ses deux comparses féminins Liang (Sherman Wong, c’est un acteur qui joue en femme pour faire rire) et Shantung (Liu Fan, une grosse dame qui, dans l’idée de Wong Jing, doit faire lesbienne). Il va s’en dire que Viper va chercher des noises aux filles pour retrouver ce trésor. Il est franchement dommage que ce début de comédie où j’espérais que les deux personnages féminins allaient jouer sur leur affrontement sur le mode comique, le film se transforme en simple comédie policière où les méchants poursuivent les gentils, où les flics sont en fait des méchants.

Du coup, le duo entre Nat Chan et Charlie Cho, deux acteurs habitués des films de Wong Jing produits par la Shaw Brothers. Certes, Nat Chan n’est pas vraiment un de mes acteurs préférés, je ne le trouve jamais drôle, ni bon acteur, mais ici, il réussit à composer une partition meilleure que d’habitude. Nat Chan est Handsome et il se prend pour un chef de triade, ce qu’il n’est absolument pas. Quand Viper et sa bande se mettent en action pour récupérer le trésor et qu’ils flinguent et menacent à tout va, Handsome devient un couard comme jamais. Il est accompagné de Can-ying (Charlie Cho), un grand dadais qui lui sert à la fois de larbin et de souffre-douleur. Il envoie toujours son comparse à sa place pour se battre, pour négocier ou pour se prendre des coups. Can-ying lui sert aussi à lui masser les épaules dans une relation qui frôle l’amitié virile crypto-gay. Ce qui est plus intéressant dans ces rapports conflictuels mais indéfectibles, bien mieux construits que celui des deux femmes, c’est qu’il annonce ceux que Wong Jing formera avec Stephen Chow dans son personnage d’homme égoïste, irascible et de mauvaise foi. On le verra, le cinéaste donnera à l’acteur divers partenaires mais on le sait maintenant, c’est Ng Man-tat que Stephen Chow humilie le mieux pour faire rire.

Doubles cause troubles (神勇雙妹嘜, Hong Kong, 1989) Un film de Wong Jing avec Maggie Cheung, Dodo Cheng, Nat Chan, Charlie Cho, Wilson Lam, Wong Jing, Poon Jan-wai, Gwaan Ming-yuk, Hon Yee-sang, Sherman Wong, Liu Fan.

vendredi 23 décembre 2011

The Flying Mr. B



Tout comme dans Prince Charming, on retrouve dans The Flying Mr. B le duo Kenny Bee – Cherie Chung, dans une nouvelle variation du chasing girls movie, genre florissant à Hong Kong. Les règles sont très simples : un gars timide qui veut se trouver une femme. Voilà, c’est à peu près tout. Tout est possible et souvent le plus n’importe quoi. Wong Jing atteint ici ses objectifs avec un certain brio, et en plus, on a la chance de le voir jouer sa partition habituelle : le loser fini.
Tout se passe dans un lycée. Shi Shang-fei (Kenny Bee), qui toujours ses lunettes de vue qui signifient qu’il est un peu timide, est prof de sport. Mais son équipe de foot se fait toujours battre par l’équipe adverse. Son collègue Zhu Yu-gan (Kent Cheng) est prof de physique et expérimente toutes sortes d’expérience dans son labo. Bien entendu, ce sont des expériences un peu loufoques, comme ces boulettes qui rebondissent et que Shi avale par accident. Cela produit chez lui le même effet, il peut voler partout mais jamais au bon moment, notamment quand il est convoqué par la directrice du lycée et qu’il ne peut tenir en place. L’humour est potache, souvent énorme.
Tout va changer quand Liu Ben (Wong Jing) laisse la femme de ménage vider une potion du laboratoire par inattention. Il était en train de discuter avec une lycéenne qui venait de l’humilier en public. Wong Jing se donne le rôle le plus ingrat du film : celui d’un lycéen de 30 ans qui a redoublé tant de fois qu’il a désormais l’âge de ses profs. Comme toujours quand il joue dans ses films, il se fait ridiculiser par les autres personnages, il joue le bouffon, le petit gros à lunettes que les filles méprisent. Il y a, pour le spectateur, un certain plaisir à prendre devant cet exercice de masochisme d’acteur. Mais sans cette bourde, l’histoire n’aurait pas avancé : Liu Ben tente de reproduire la formule que Zhu et Shi vont boire avec quelques effets désastreux et comiques. Zhu se transforme en monstre garou et Shi va acquérir la capacité de voler. Mais temporairement.
Et les femmes dans tout ça puisque c’est un chasing girls movie ? D’un côté Miss Ma (Pat Ha) que Zhu, avec son absence d’élégance, tente de séduire et de l’autre Miss Cheung (Cherie Chung) dont Shi est amoureux. Sa maladresse l’empêche de conquérir son cœur, mais dès qu’il devient « superman » et qu’il peut voler, tout change pour lui. Il va sauver grâce à ses pouvoirs le lycée confronté à des méchants sortis un peu de nulle part. « Superman » deviendra le héros de Cheung mais Shi ne veut pas dévoiler son secret. Les femmes sont toujours un peu trop pudiques et intransigeantes et les hommes trop entreprenants et gaffeurs. C’est le genre qui veut cela mais tout se terminera bien.
La potion miraculeuse permet aux hommes de devenir plus forts. Dans les matchs qu’ils tiennent, ils en boiront un peu et pourront gagner la compétition. Sans qu’on en retrouve l’ampleur, on pense à Stephen Chow et à Shaolin soccer. Le kung-fu est remplacé ici par la chimie du professeur Zhu, les lycéens volent dans les airs pour marquer des paniers (ils jouent au basket). Mais quand la potion magique fait défaut (parce que Zhu n’en a pas fabriqué assez), tout le monde s’unit pour défaire les méchants. Car oui, une tête bien pleine vaut mieux que des muscles bandés. Si c’est Wong Jing qui le dit, c’est que ça doit être vrai.
The Flying Mr. B (鬼馬飛人, Hong Kong, 1985) un film de Wong Jing avec Kenny Bee, Cherie Chung, Kent Cheng, Pat Ha, Rachel Lee, Phillip Ko, Wong Jing, John Chan, Wong Yu, Alfred Cheung, Anthony Chan, Nat Chan, Manfred Wong, Charlie Cho, Yu Miu-lin, To Siu-ming, Yip Ha-lei, Elvis Tsui.

jeudi 22 décembre 2011

Sorties à Hong Kong (décembre 2011)

The Flying swords of Dragon Gate (龍門飛甲, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Tsui Hark avec Jet Li, Zhou Xun, Chen Kun, Kwai Lun-mei, Mavis Fan, Fan Siu-wong, Li Yuchun, Du Yi-hengn, Dillon Wu, Zhang Xin-yu, Sheng Jian, Gordon Liu, Sun Jian-Kui. 122 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 22 décembre 2011.

mercredi 21 décembre 2011

Prince Charming


L’amour selon Wong Jing, c’est simple comme des vacances ensoleillées à Honolulu où l’on peut draguer des jeunes femmes blondes. C’est l’activité favorite de Chen Li-pin (Kenny Bee) qui, tout en faisant son footing, suit une belle plante. Il est sur les îles avec ses parents (Wong Tin-lam – le père de Wong Jing – et Ou-yang Sha-fei) qui ne souhaite qu’une chose : que leur fils se marie enfin. Le père va jusqu’à lui conseiller de suivre l’exemple de Lolanto (Nat Chan), le pote de Li-pin, séducteur invétéré mais qui a aussi la mauvaise habitude de lui piquer ses flirts. Lolanto arrive à Hawaii et la chasse aux filles peut commencer.
Lolanto prodigue quelques conseils pour aborder les filles, conseils un peu vaseux que Li-pin suivra à ses dépends : il est pris pour un satyre. Leurs premières proies sont deux Chinoises en villégiature : May (Cherie Chung) et Kitty (Maggie Cheung) qui ne se laissent pas si facilement séduire. Ils leur jouent quelques tours pendables pour se venger, elles prendront une revanche encore plus grande en mettant du somnifère dans du jus de fruits et en abandonnant les garçons sur un rocher désert tandis que la mer monte. Li-pin et Lolanto doivent repartir sans avoir pu sortir avec une fille et le travail les attend à Hong Kong.
Chen Li-pin est un gosse de riches. Ses parents possèdent une grosse boite mais il existe des soupçons de détournement d’argent. Il va devoir mener une enquête discrète en se faisant embaucher comme un simple chauffeur du patron. Lolanto, lui se fera donc passer pour le fils du boss. Personne n’est au courant, pas même le sous-directeur, l’hypocrite et obséquieux Chen Pi-hou (Charlie Cho). Qu’elle n’est pas la surprise des deux garçons quand ils comprennent que May et Kitty travaillent dans cette boite. Ils pensent que ce sera plus facile de les emballer, mais ils mentent sur leur fonction respective. Le prince charmant, riche et puissant se fait passer pour un simple employé.
Mais c’est sans compter sur la vilaine Piao Piao (Rosamund Kawn) qui découvre que Pi-lin est le fils de son employeur et qui va salement manigancer pour tenter de l’épouser. Il va falloir bien du courage aux garçons pour prouver leur bonne foi, d’autant que Lolanto est tombé amoureux de Kitty et que le frère de May (Michael Chan) n’est pas un type commode. Prince Charming n’est pas franchement une bonne comédie. Les gags reposent sur les mauvais coups (des gamineries) que se font les personnages. Chen Li-pin est affecté d’un trouble de la parole dès qu’il croise une femme mais ça n’est pas très drôle. Le seul relatif intérêt est de voir Maggie Cheung à ses tout débuts.
Prince Charming (青蛙王子, Hong Kong, 1984) Un film de Wong Jing avec Kenny Bee, Nat Chan, Cherie Chung, Maggie Cheung, Rosamund Kwan, Alex Man, Michael Chan, Elaine Kam, Charlie Cho, Wong Tin-lam, Ou-yang Sha-fei, Alfred Cheung.