jeudi 2 octobre 2008

Sorties à Hong Kong (octobre 2008)

Lost indulgence (秘岸)

Un film chinois de Zhang Yibai avec Eric Tsang, Karen Mok, Eason Chan, Jiang Wenli. 101 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 2 octobre 2008.






mercredi 1 octobre 2008

Sorties à Hong Kong (octobre 2008)

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Storm rider clash of evils (風雲決)
Un film chinois de Dante Lam avec les voix de Hins Cheung, Raymond Lam, Juno Mak, Di Long, Vincent Wong, Hotcha, Nicholas Tse, Richie Ren. 90 minutes. Sortie : 1er octobre 2008.

mardi 30 septembre 2008

Phantom lover


Ronny Yu adapte dans Phantom lover le mythe du fantôme de l’opéra. Il faut dire qu’il s’y connaît en film de fantôme puisqu’il tourne ce film juste après ses deux Bride with white hair. Il utilise une nouvelle fois Leslie Cheung dans le grand rôle de l’amant défiguré qui va hanter un théâtre de sa présence.


Il faut cependant signaler que Leslie Cheung n’apparaît que peu dans le film bien qu’il soit en tête d’affiche. De plus, la plupart du temps, il est caché par une longue cape et son visage est à peine visible. Il sera dans toute la deuxième partie du film, celle où il est un fantôme (réel ou non) dans un quasi obscurité. Son personnage, Song Tangping, est celui d’un immense dramaturge, en l’occurrence il interprète Shakespeare et plus précisément Roméo et Juliette.


Le film se déroule en 1936. Une troupe de théâtre sans le sou et sans engagement précis a acquis les ruines d’un théâtre conçu et créé par Song Tangping quelques années auparavant. Le théâtre est aujourd’hui délabré, dans un état pitoyable et les toiles d’araignées ont tout envahi. Un des jeunes acteurs de la troupe, Waiching, aperçoit une ombre puis rencontre l’intendant du lieu qui lui raconte la triste histoire de Song.


Jusqu’alors, Phantom lover était filmé en sépia, pour donner une illusion de noir et blanc. Paradoxalement, le passé est filmé en couleur dans un style flamboyant, bien qu’un peu kitsch, il faut tout de même l’avouer. L’homme raconte cette histoire où Song Tangping jouait Roméo et où une jeune femme de bonne famille venait chaque soir l’écouter. Ils tombèrent amoureux, mais le père de la belle en avait décidé autrement et l’avait promise en mariage à un riche homme d’affaires.


Le soir du mariage, elle n’est plus vierge, le mari veut la répudier. Lui et son père profite de leur colère pour détruire le théâtre de Song en l’incendiant. Le comédien y meurt brûlé vif. La femme en devient folle et croit voir Song Tangping dans le personnage de Waiching.


C’est bien entendu une histoire très romantique et qui s’ancre dans la tradition gothique. Le théâtre, en tant que décor, n’est pas dans la tradition chinoise, il est au contraire issu de l’architecture occidentale avec un dôme de verre. La lumière du film (sépia je le rappelle) est pour beaucoup dans l’atmosphère lugubre du film. En revanche, il y a toujours le problème de la musique. C’est un problème, non pas parce qu’elle est composée de synthé comme dans beaucoup de films de Hong Kong de cette époque (et encore maintenant). Plutôt, la pièce Roméo et Juliette est jouée en chansons. Et elles sont très sirupeuses dans la grande tradiction du slow de la cantopop. Là, le kitsch est assez horripilant, et la douce voix de Leslie Cheung n’y peut rien.


Phantom lover (夜半歌声, Hong Kong, 1995) Un film de Ronny Yu avec Leslie Cheung, Ng Sin-lin, Huang Lei, Lau Lam, Roy Szeto, Tina Lau, Bao Fang, Phillip Kwok, Wong Bing.

samedi 27 septembre 2008

Histoire écrite sur l'eau



Cette histoire écrite sur l’eau est celle d’un col blanc tout ce qu’il y a de plus normal qui s’apprête à se marier. Mais il va épouser la fille de son patron. Une lettre anonyme trouvée dans le tiroir de son bureau lui annonce que sa fiancée n’est plus vierge. Lui-même l’est et n’envisage pas de coucher avant le mariage. Pourquoi ? Il commence à s’interroger sur cette idée de virginité et se rappelle quelques souvenirs familiaux.

C’est l’eau qui est élément déclencheur de ses souvenirs. Ce qu’il se rappelle le plonge dans un état d’étonnement. Il se rend compte que sa mère a eu une grande influence dans son choix, qu’elle lui tenait tout un discours à ce sujet et qu’il a suivi ses conseils jusqu’à devenir un homme totalement effacé. Pour oblitérer sa peur du sexe et de la sexualité, il va aller voir une prostituée et va semble-t-il en tomber amoureux. En vérité, c’est sa mère qu’il aime par-dessus tout. Inceste, j’écris ton nom.

La mère est incarnée par Mariko Okada, l’épouse de Yoshida. Elle est magistrale en femme castratrice. Pas de dialogues surabondants dans Histoire écrite sur l’eau. Au contraire, tout passe par l’image. Les flash-back invoquant l’inceste sont toujours amenés par l’eau, l’élément maternel chaque fois que notre héros va quelque part. Okada avance avec son ombrelle (elle fait de l’ombre à la vie de son fils), elle est admirée par ses camarades de classe, elle ne fait pas son âge. Cette ogresse si calme est l’atout majeur du film. D’ailleurs, le calme sous la tempête est un effet de mise en scène qui fait froid dans le dos.

Le cadre des plans est d’une rigueur exceptionnelle. Pour utiliser un cliché, chaque plan est un tableau. Et ce n’est rien de le dire. La lumière, notamment sur les visages, abasourdit. Quelle beauté. Dans la dernière demi heure, le film bascule dans la noirceur la plus effarante. Une séquence onirique (l’inceste) finit d’achever le spectateur.

Histoire écrite sur l’eau (水で書かれた物語, Japon, 1965) Un film de Yoshishige (Kijû) Yoshida avec Mariko Okada, Ruriko Asaoka, Yasunori Irikawa, Isao Yamagata, Shin Kishida.

vendredi 26 septembre 2008

Sorties à Hong Kong (septembre 2008)

Painted skin (畫皮)
Un film de Gordon Chan avec Zhou Xun, Chen Kun, Vicki Zhao, Donnie Yen, David Leong, Betty Sun. 103 minutes. Classé Catégorie IB. Sortie : 26 septembre 2008.










jeudi 25 septembre 2008

Sorties à Hong Kong (septembre 2008)

Connected (保持通話)

Un film de Benny Chan avec Louis Koo, Barbie Shiu, Nick Cheung, Liu Ye, Fan Siu-wong, Eddie Cheung, Flora Chan. 125 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie : 25 septembre 2008.







mercredi 24 septembre 2008

Les Arts martiaux de Shaolin


Je n’ai pas très envie d’écrire en ce moment. Je n’ai pas très le goût de regarder des films. Regarder quoi ce soir ? Un film horrifique japonais ou autre chose ? J’ai un tas de dvd qui m’attend sur un coin de mon bureau. Ils n’espèrent qu’une chose : être vus enfin depuis le temps qu’ils prennent la poussière. Bon, j’exagère un peu mais à peine. C’est par vague l’envie de cinéma cantonais ou autre. Bon, aujourd’hui, je me suis déplacé pour aller voir Entre les murs, notre Palme d’or française depuis 21 ans. J’ai aimé mais ça m’a déprimé. Autre sujet de déprime : la sortie du naveton Le Royaume interdit, horrible compilation de morceaux choisis du wu xia pian pour ados américains. J’en ai déjà parlé il y a trois mois.


Je me suis regardé ce soir un autre film avec Jet Li, Les Arts martiaux de Shaolin. Bon, c’est un peu niais, je dois avouer. L’histoire est assez banale mais il y a Jet Li tout gamin et le savoir-faire de Liu, même si c’est un Shaw Brothers en mandarin et d’une époque où la compagnie allait bien mal. J’en ai déjà parlé aussi de cette fameuse concurrence avec la Golden Harvest. Je ne vais pas radoter. Je crois aussi que j’ai commencé à apprécier le cinéma de Hong Kong grâce à Jet Li et sans doute avec son premier film Le Temple de Shaolin.


Là, Jet Li est un jeune moine de Shaolin du Nord. Il est orphelin et va chercher à se venger. Il est comme il se doit très indiscipliné et fougueux mais plein de générosité (voir la séquence où il frappe un arbre jusqu’au sang pour exorciser ses démons de vengeance puis où il récupère un nid d’oisillons qu’il va soigner.) Dans ses pérégrinations, il va rencontrer une jeune femme qui cherche à se venger de la même personne, ils vont faire un bout de chemin ensemble ainsi qu’avec un laïc. Rien de bien neuf dans le scénario, ni dans le déroulement de l’action.


On parle peu dans ce film, les scènes d’arts martiaux sont longues, jusqu’à l’écoeurement parfois. Liu Chia-liang en fait trop, il en donne pour l’argent du spectateur, j’imagine. Enfin, ce qui intéresse vraiment c’est Jet Li, et sa jeunesse. Son air de gamin comme on peut le voir sur la photo. Plus de vingt ans plus tard, il a bien entendu changé, lui et les films minables dans lesquels il joue maintenant. Dans Les Arts martiaux de Shaolin, Jet Li apparaît pour la dernière fois torse nu. Il ne le fera plus jamais après. Pourquoi ? Par pudeur ou au contraire pour se démarquer les deux sans doute.


Jet Li se déguise en femme pour duper ses ennemis lorsqu’il s’agit de passer les barrages. Et c’est drôle, loin du sérieux actuel. On sait que jamais il ne reviendra à ce qu’il a pu faire avant, jadis et à cette époque où il était svelte. Rien ne nous rendra le passé si ce n’est ces bons vieux dvd.


Les Arts martiaux de Shaolin (Martial arts of Shaolin, 南北少林, Hong Kong, 1986) Un film de Liu Chia-liang avec Jet Li.

dimanche 21 septembre 2008

Happy funeral


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Je n’ai jamais évoqué les mésaventures d’Edison Chen. L’acteur a été l’objet d’une scabreuse histoire de mœurs au début de l’année. En cause, des photos personnelles de lui en train de faire l’amour avec des actrices connues de Hong Kong : Gillian Chung et Cecilia Cheung, notamment. Chen avait pris ces photos et les avait stocké dans le disque dur de son ordinateur portable. Lors d’une réparation, les photos ont été volées puis divulguées sur internet. Les actrices étaient-elles au courant ? Peu importe, car à Hong Jong, et plus encore dans l’industrie du cinéma, on doit rester jeune et joli. Tout cela a été narré dans le détail sur hkcinemagic.

Pour Edison Chen et les actrices, cela est grave. Ils représentent un potentiel commercial que ces histoires de fesses sont venues contrecarrer. Gillian Chung, chanteuse ultra populaire avec Charlene Choi, a désormais quelques soucis de crédibilité dans son rôle d’actrice gentille et propre sur elle. Pour Cecilia Cheung, c’est encore pire. Elle s’est retirée du cinéma (j’espère provisoirement) pour se marier avec Nicholas Tse. Elle a eu un bébé en août 2007. Tse a exigé un test de paternité. Mais c’est pour Edison Chen que l’histoire a été catastrophique. Avant la parution des photos, il avait tourné dans Sniper. La production a décidé de supprimer la plupart de ses scènes. Le nouveau film de Stephen Fung dans lequel il devait jouer est au point mort.

C’est toute une génération de jeunes acteurs et actrices de Hong Kong qui est touchée et ébranlée dans leurs plans de carrière. Le cinéma est en crise et il est devenu de plus en plus difficile d’acquérir un statut de star. La double carrière chanteur acteur permet de développer leur talent, mais aujourd’hui que Nicholas Tse et Edison Chen sont sur la sellette, il n’y a plus guère que Louis Koo et Daniel Wu pour représenter cette génération arrivée après la rétrocession.

Le cas du film de Barbara Wong est intéressant. Il n’y a pas de nom connu dans sa distribution. Le film est une sorte de suite de son film phénomène Truth or dare : 6th Floor Rear Flat en date de 2003. D’ailleurs le titre en chinois de Happy funeral est le même avec juste un 2. Wong a engagé de jeunes chanteurs issus de la chanson ou du hiphop cantonais (l’un des rares intérêts du film est d’y entendre du cantorap). Deux actrices montantes complètent la distribution. Les personnages y parlent essentiellement de réussite au travers d’une métaphore lugubre : celui de l’enterrement. Il est possible d’y voir une allusion à cette nouvelle génération qui tente de s’en sortir avec ses moyens jeunes et fun.

A ce titre, la présence d’Eric Tsang est significative. Il est dans le cinéma depuis plus de trente ans et est toujours actif. Mais il représente la vieille école. Dans son rôle, la bande de jeunes lui demande de financer leur projet. Il s’y refuse d’abord mais doit bien comprendre qu’ils ont raison et que ça marche. Seulement voilà, on dira que dans l’autre film de Barbara Wong, on a déjà oublié les acteurs. Et de Happy funeral, qu’il est bien mou, très à la mode (on filme au caméscope) et complètement anecdotique. On y rit un peu (la scène d’enterrement de la grand-mère du copain de Tian Yuan), on est vaguement émus lors de celui de Suzy la mémé qui leur loue l’appartement bon marché qui donne son titre aux films. Finalement, la nouvelle génération est bien pâle et il n’est pas certain qu’elle puisse remplacer la vague d’Edison Chen.

Happy funeral (六樓后座2 家屬謝禮, Hong Kong, 2008) Un film de Barbara Wong avec Elanne Kong, Tian Yuan, Law Chung-him, Donald Tong, Siu Yeah-jim, 6 Wing, C. Kwan, Candy Hau, Eric Tsang, Tang Chi-fung, Stephanie Cheng, Philip Ng, Raymond Wong Bak-ming, Karena Lam, Candy Lo, Lawrence Chou, Sammy.

vendredi 19 septembre 2008

Sorties à Hong Kong (septembre 2008)

The Forbidden legend of sex & chopsticks (金瓶梅)

Un film de Chin Man-kei avec Hikaru Wakana, Kaera Uehara, Lam Wai-kin, Chui Siu-keung. 94 minutes. Classé Catégorie III. Sortie : 19 septembre 2008.







mardi 16 septembre 2008

Le Sens du devoir II



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D’accord, c’est le numéro deux, mais dans ce cas-là pourquoi est-il copyrighté en 1985 alors que le numéro un date de 1986. Il y a des énigmes comme ça que je ne peux pas expliquer. Yes, Madam semble être sorti avant Royal warriors et ça se sent dans tout le film qui lui est supérieur. Ou alors, tout simplement ne faut-il pas tenir compte des titres français.

Au centre du film, il y a bien entendu Michelle Yeoh (Kheng dans le générique du film) qui est la fliquette sans peur et sans reproche. Elle va pour arrêter un exhibitionniste quand elle comprend que dans la rue d’à côté, un cambriolage à mains armées est en tain d’être commis. Ni une ni deux, elle saute de la voiture, court très vite et va défendre la loi avec son flingue chargé dans la main. Les méchants sont retors et ils s’enfuient après avoir dézingué quelques personnes. Retour au commissariat : tout le monde la félicite. Elle se voit adjoindre un co-équipier, qui se trouve être une femme, Cynthia Rothrock.

Entre temps, on aura fait la connaissance du responsable en chef du cambriolage. C’est Monsieur Tin (James Tien), un homme d’affaires véreux qui veut récupérer le microfilm d’un contrat bidon. Ceci est le macguffin de Yes, Madam. James Tien ricane de manière sardonique, il est le méchant typique qui n’hésite à faire tuer n’importe qui pour arranger ses magouilles et c’est ce qu’il fera tout au long du film. C’est l’ennemi de la loi. (Le final à ce titre approuve le fait de faire justice soi-même, sans doute une des fins les moins intelligentes du cinéma d’action).

Entre les flics et les mafieux, trois pauvres cloches : Tsui Hark, Mang Hoi et John Sham. Ce trio forme l’atout majeur de Yes, Madam, ce par quoi le film restera digne et surtout drôle. Mang Hoi et John Sham sont deux voleurs. Au début du film, ils rentrent dans une chambre d’hôtel luxueux et volent le portefeuille d’un Américain. Or, le microfilm se trouve dans ce portefeuille. Tsui Hark fabrique des faux passeports et justement il va trafiquer celui de l’Américain et le vendre à un sbire de James Tien. Mal leur en prendra puisqu’ils vont être confrontés à la fois à la police et au parrain.

C’est surtout le personnage de Tsui Hark qui est plaisant. Il est habillé d’une salopette bleue et coiffé d’un casque avec une lampe qui lui permet de bien voir les faux passeports qu’il produit. Mais c’est son jeu qui est le plus étrange. Il semble constamment sur des braises, il bouge sans arrêt tout son corps. Il apparaît excité comme un puce, à la limite de l’hystérie. Il joue un fou furieux qui ment à tout le monde et qui vit dans un taudis aux pièges multiples. Tsui Hark est un élément comique assez fort. J’imagine tout à fait qu’il pourrait aussi pénible sur les tournages de ses films.

Encore dans le registre comique, Sammo Hung, David Chiang et Richard Ng jouent trois papis dans une maison de retraite, dans une courte apparition. Wu Ma un policier acariâtre. Le reste est de l’action avec un scénario irréaliste. Ils sont là histoire de mettre le pied à ‘étrier aux deux actrices et les placer dans leur lignée. Le combat final va à Michelle Yeoh et Cynthia Rothrock qui fouttent des coups aussi violents que d’autres dans pas mal d’autres films. Un film qui fleure bon les années 1980.

Le Sens du devoir II (Yes, Madam, 皇家師姐, Hong Kong, 1985) Un film de Corey Yuen avec Michelle Yeoh, Cynthia Rothrock, Mang Hoi, John Sham, Tsui Hark, James Tien, Dick Wei, Chung Fat, Wu Ma, Dennis Chan, Richard Ng, Sammo Hung, David Chiang, Eddie Maher, Michael Harry, Fruit Chan.