Lost indulgence (秘岸)
Un film chinois de Zhang Yibai avec Eric Tsang, Karen Mok, Eason Chan, Jiang Wenli. 101 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 2 octobre 2008.





AsieVision - parce que le cinéma de Hong Kong mérite de vraies critiques...
Ronny Yu adapte dans Phantom lover le mythe du fantôme de l’opéra. Il faut dire qu’il s’y connaît en film de fantôme puisqu’il tourne ce film juste après ses deux Bride with white hair. Il utilise une nouvelle fois Leslie Cheung dans le grand rôle de l’amant défiguré qui va hanter un théâtre de sa présence.
Il faut cependant signaler que Leslie Cheung n’apparaît que peu dans le film bien qu’il soit en tête d’affiche. De plus, la plupart du temps, il est caché par une longue cape et son visage est à peine visible. Il sera dans toute la deuxième partie du film, celle où il est un fantôme (réel ou non) dans un quasi obscurité. Son personnage, Song Tangping, est celui d’un immense dramaturge, en l’occurrence il interprète Shakespeare et plus précisément Roméo et Juliette.
Le film se déroule en 1936. Une troupe de théâtre sans le sou et sans engagement précis a acquis les ruines d’un théâtre conçu et créé par Song Tangping quelques années auparavant. Le théâtre est aujourd’hui délabré, dans un état pitoyable et les toiles d’araignées ont tout envahi. Un des jeunes acteurs de la troupe, Waiching, aperçoit une ombre puis rencontre l’intendant du lieu qui lui raconte la triste histoire de Song.
Jusqu’alors, Phantom lover était filmé en sépia, pour donner une illusion de noir et blanc. Paradoxalement, le passé est filmé en couleur dans un style flamboyant, bien qu’un peu kitsch, il faut tout de même l’avouer. L’homme raconte cette histoire où Song Tangping jouait Roméo et où une jeune femme de bonne famille venait chaque soir l’écouter. Ils tombèrent amoureux, mais le père de la belle en avait décidé autrement et l’avait promise en mariage à un riche homme d’affaires.
Le soir du mariage, elle n’est plus vierge, le mari veut la répudier. Lui et son père profite de leur colère pour détruire le théâtre de Song en l’incendiant. Le comédien y meurt brûlé vif. La femme en devient folle et croit voir Song Tangping dans le personnage de Waiching.
C’est bien entendu une histoire très romantique et qui s’ancre dans la tradition gothique. Le théâtre, en tant que décor, n’est pas dans la tradition chinoise, il est au contraire issu de l’architecture occidentale avec un dôme de verre. La lumière du film (sépia je le rappelle) est pour beaucoup dans l’atmosphère lugubre du film. En revanche, il y a toujours le problème de la musique. C’est un problème, non pas parce qu’elle est composée de synthé comme dans beaucoup de films de Hong Kong de cette époque (et encore maintenant). Plutôt, la pièce Roméo et Juliette est jouée en chansons. Et elles sont très sirupeuses dans la grande tradiction du slow de la cantopop. Là, le kitsch est assez horripilant, et la douce voix de Leslie Cheung n’y peut rien.
Phantom lover (夜半歌声, Hong Kong, 1995) Un film de Ronny Yu avec Leslie Cheung, Ng Sin-lin, Huang Lei, Lau Lam, Roy Szeto, Tina Lau, Bao Fang, Phillip Kwok, Wong Bing.
Je n’ai pas très envie d’écrire en ce moment. Je n’ai pas très le goût de regarder des films. Regarder quoi ce soir ? Un film horrifique japonais ou autre chose ? J’ai un tas de dvd qui m’attend sur un coin de mon bureau. Ils n’espèrent qu’une chose : être vus enfin depuis le temps qu’ils prennent la poussière. Bon, j’exagère un peu mais à peine. C’est par vague l’envie de cinéma cantonais ou autre. Bon, aujourd’hui, je me suis déplacé pour aller voir Entre les murs, notre Palme d’or française depuis 21 ans. J’ai aimé mais ça m’a déprimé. Autre sujet de déprime : la sortie du naveton Le Royaume interdit, horrible compilation de morceaux choisis du wu xia pian pour ados américains. J’en ai déjà parlé il y a trois mois.
Je me suis regardé ce soir un autre film avec Jet Li, Les Arts martiaux de Shaolin. Bon, c’est un peu niais, je dois avouer. L’histoire est assez banale mais il y a Jet Li tout gamin et le savoir-faire de Liu, même si c’est un Shaw Brothers en mandarin et d’une époque où la compagnie allait bien mal. J’en ai déjà parlé aussi de cette fameuse concurrence avec
Là, Jet Li est un jeune moine de Shaolin du Nord. Il est orphelin et va chercher à se venger. Il est comme il se doit très indiscipliné et fougueux mais plein de générosité (voir la séquence où il frappe un arbre jusqu’au sang pour exorciser ses démons de vengeance puis où il récupère un nid d’oisillons qu’il va soigner.) Dans ses pérégrinations, il va rencontrer une jeune femme qui cherche à se venger de la même personne, ils vont faire un bout de chemin ensemble ainsi qu’avec un laïc. Rien de bien neuf dans le scénario, ni dans le déroulement de l’action.
On parle peu dans ce film, les scènes d’arts martiaux sont longues, jusqu’à l’écoeurement parfois. Liu Chia-liang en fait trop, il en donne pour l’argent du spectateur, j’imagine. Enfin, ce qui intéresse vraiment c’est Jet Li, et sa jeunesse. Son air de gamin comme on peut le voir sur la photo. Plus de vingt ans plus tard, il a bien entendu changé, lui et les films minables dans lesquels il joue maintenant. Dans Les Arts martiaux de Shaolin, Jet Li apparaît pour la dernière fois torse nu. Il ne le fera plus jamais après. Pourquoi ? Par pudeur ou au contraire pour se démarquer les deux sans doute.
Jet Li se déguise en femme pour duper ses ennemis lorsqu’il s’agit de passer les barrages. Et c’est drôle, loin du sérieux actuel. On sait que jamais il ne reviendra à ce qu’il a pu faire avant, jadis et à cette époque où il était svelte. Rien ne nous rendra le passé si ce n’est ces bons vieux dvd.
Les Arts martiaux de Shaolin (Martial arts of Shaolin, 南北少林, Hong Kong, 1986) Un film de Liu Chia-liang avec Jet Li.