jeudi 17 juin 2010
Time warriors : la révolte des mutants (Future X Cops)
mercredi 16 juin 2010
Sorties à Hong Kong (juin 2010)
mardi 15 juin 2010
City without baseball
Scud est un jeune nouveau réalisateur (trois films à son actif) qui semble passionné par une chose rare dans l’industrie de Hong Kong : filmer des corps de garçons nus. Et quand, je dis nu, j’entends la bite à l’air. Dans City without baseball, Scud filme une équipe de joueurs de baseball, sport de non professionnels. Et dès le début, la caméra rôde dans les vestiaires où les joueurs prennent une douche bien méritée. Ils discutent de tout et de rien, et notamment d’une équipe de cinéma qui viendrait faire un documentaire sur eux.
Le film va s’attacher à deux personnages que tout va opposer, sexuellement au moins. Ron (Ron Heung), grand, maigrichon, cheveux longs, grand sourire. Ron est le souffre douleur de certains de ses collègues. Il vient de s’apercevoir que sa petite amie le trompe. Chung (Leung Yu-chung), costaud, cheveux courts, fait un peu la gueule. C’est un joueur apprécié de ses camarades. Il est surtout assez attiré par la nouvelle copine de Ron, et ce dernier commence à se sentir proche de Chung. Ils forment un trio romantique qui ne parviendra jamais à aller jusqu’au bout de leurs sentiments.
Et le baseball dans tout ça ? Ce sport consiste en une compétition d’endurance, sur neuf manches où la rapidité des joueurs va de pair avec leur patience. Un match de baseball peut durer cinq heures. La tactique adoptée par Ron pour s’approcher de Chung est celle de la patience. Il faut faire en sorte que l’adversaire (la jeune fille qui se met au milieu) ne reste pas sur la base. Il faut que Ron saisisse le bon moment pour prendre sa place quand elle quitte Chung pour passer du temps avec lui.
Le championnat pan-asiatique permettra à nos deux personnages de tenter d’aller plus loin. Les filles ne sont plus là pour les séparer. Il n’y a même pas de public dans les tribunes. Seuls au monde entre hommes, entre garçons. Scud filme ses acteurs comme des icones dans un homoérotisme naturel. C’est ce qui frappe le plus dans City without baseball, cet idée primaire de mettre nu quelques acteurs, de filmer des mains qui s’approchent, des regards qui se portent. Mais, l’amour ne pourra pas, malgré cela, éclore. Scud reste somme tout plutôt réaliste dans son position, ni pessimiste, ni optimiste. Il reste cependant un soupçon de mort, de suicide, scandé par le nom des chanteurs de cantopop décédés depuis quinze ans.
City without baseball (無野之城, Hong Kong, 2008) Un film de Lawrence Ah Mon et Scud avec Leung Yu-chung, Ron Heung, Lin Yuan, Monie Tung, Daai Ji-ching, Tsang Kin-chung, Au Wing-leung.
dimanche 13 juin 2010
Claustrophobia
Ils sont cinq dans une voiture. Thomas (Ekin Cheng) conduit. Sur sa gauche, au siège passager, Karl (Felix Lok), derrière Pearl (Karena Lam) et Jewel (Chucky Woo) et au milieu John (Derek Tsang). Ils partent du travail, rentrent chez eux. A fur et à mesure du trajet, chacun quitte la voiture. Ils ne se disent pas grand-chose, mais des regards laissent sous entendre qu’ils aimeraient se parler, évoquer ce qui pourraient les lier les uns avec les autres. Chacun de ces cinq personnages aimeraient s’aimer mais n’iront pas plus loin que leur relation de collègues. Le sujet de Claustrophobia, premier film en tant que réalisatrice d’Ivy Ho, est l’incommunicabilité.
La scène inaugurale dure près de vingt minutes. Le spectateur, comme les personnages sont coincés dans cette voiture filmée dans des tons verdâtres qui tournent au glauque (je parle de la couleur). Jewel joue avec son portable incrusté de perles rouges, des babioles. John a des regards langoureux qu’il tente de réprimer. Pearl regarde Thomas et Karl est le premier à partir. Les discussions portent sur le travail. Il n’y a aucun sous entendu dans les dialogues. On se croirait presque dans un film d’Abbas Kiarostami.
Ivy Ho filme en douceur les soubresauts des âmes de ses personnages. Ils restent obscurs et ne se dévoilent que très lentement. Claustrophobia déroule son récit à l’envers, une semaine plus tôt, un mois plus tôt, six mois plus tôt, un an plus tôt. On apprend à connaître les personnages qui se découvrent eux-mêmes et là, on se rend compte que la situation traine depuis des lustres, que toutes les frustrations sentimentales que chacun exerce sur l’autre n’évolue pas. On est très loin des rapports employés / patron qui faisaient la romance humoristique de Needing you de Johnnie To et Wai Ka-fai.
Il faut en fin de compte une bonne dose de courage pour tourner une romance en sourdine telle que Claustrophobia. A Hong Kong, c’est très rare de voir des personnages ne pas exprimer leurs sentiments, ne pas aller jusqu’au bout de leur volonté. Paradoxalement, cette atmosphère éthérée apporte un supplément de réalité, et comme le titre l’indique, un sentiment de claustrophobie. Les acteurs, Ekin Cheng en tête, sont tous d’une sobriété que l’on n’imaginait plus. Eric Tsang, dans sa courte apparition, est très en dessous de son habituel registre. Ivy Ho, l’une des scénaristes les plus reconnues de films romantiques, a récidivé en tenant la bribe à Jacky Cheung dans Crossing Hennessy. Une cinéaste à suivre.
Claustrophobia (親密, Hong Kong, 2008) Un film de Ivy Ho avec Karena Lam, Ekin Cheng, Andy Hui, Eric Tsang, Felix Lok, Derek Tsang, Chucky Woo.
jeudi 10 juin 2010
Sorties à Hong Kong (juin 2010)
mardi 8 juin 2010
Summer wars
Kenji est un adolescent passionné d’informatique, de monde virtuel et d’avatar qui passe son temps devant son ordinateur. Il vit dans le monde de OZ où chacun a une identité propre et vit en harmonie. Dès les premières secondes, Summer wars nous plonge dans cet univers virtuel où tout est ligne et courbes, à l’exception des avatars qui sont tout mignon, petits animaux rondouillards typique de le culture manga et animée japonaise. Ces premières images sont superbes, très changeantes, passant du sombre au lumineux. Elles frappent par leur variété et leur dynamisme. Pour l’instant, on ignore en quoi ces images font provoquer de la fiction.
L’univers virtuel auquel s’adonne Kenji ne va pas résister à la proposition de Natsuki, une de ses camarades de classe. Elle lui propose de venir avec lui quelques jours en vacances dans la maison de sa famille. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que toute la famille sera réunie pour les 90 ans de la grand-mère. Que cette famille est issue d’un clan ancestral et vit, non pas une simple maison, mais dans un vieux château au beau milieu de la campagne japonaise. La famille est très nombreuse. Natsuki a de nombreux oncles, tantes, cousins, mais c’est la grand-mère qui règne sur tout ce beau monde.
La famille est unie par les liens du sang, mais tout le monde est différent, tous sont des grandes gueules. Il y a l’oncle qui connaît toutes les vieilles batailles des ancêtres shogun, le cousin un peu trop protecteur avec Natsuki, la tante qui passe son temps à regarder les matchs de base-ball de l’équipe où joue son fils, un oncle très calme et qui s’avèrera avoir des secrets, et la grand-mère impériale à qui Natsuki fait croire que Kenji est son petit ami. Kenji, jeune homme timide, est secrètement amoureux d’elle, mais il trouve la méthode un peu forte. D’autant qu’arrive Wabisuke, son oncle dont elle était amoureuse, fils illégitime de son grand-père. Autant dire que l’ambiance dans le domaine devient survoltée.
Et tout va s’aggraver quand un super virus, Love machine, au sourire carnassier, va s’attaquer à OZ et provoquer de nombreux dégâts. Des dégâts dans le monde virtuel où il chamboule tout, où il vole les identités, mais également dans le monde réel où il perturbe la circulation et les ordinateurs en prenant le contrôle de tout ce qui fonctionne avec de l’électronique. Kenji est accusé d’être le hacker créateur de Love Machine, mais le virus vient d’ailleurs. Tout la famille va donc s’unir pour vaincre ce vil avatar et notamment Kazuma, le cousin de 13 ans de Natsuki, qui, dans la vie est quasi autiste mais dans OZ un superhéros.
Les deux mondes, virtuels et réels vont être dès lors très liés. Et forcément, encore plus opposés. Tout est question de réseau. Celui de OZ finira par être aspiré par Love Machine. Les avatars doivent s’unir pour supprimer le virus. De la même manière, la grand-mère fait appel à son réseau, dont on se rend compte qu’il est toujours aussi important que dans les siècles passés (elle est chef de clan) pour éviter le chaos. Tout est lié et tout est opposition. L’image de OZ et celle du Japon sont très différentes. Summer wars propose les plus beaux travellings latéraux vus depuis des années dans un film. Ce sont des travellings sur les paysages et la famille. Dans OZ, ce sont des travellings virtuels, numériques qui traversent tout un univers. Même si parfois on frise le larmoyant dans certaines familiales, c’est un très beau film.
Summer wars (サマーウォーズ, Japon, 2009) Un film de Mamoru Hosoda avec les voix de Sumiko Fuji, Ryûnosuke Kamiki, Ayumu Saitô, Nanami Sakuraba, Yôji Tanaka, Mitsuki Tanimura, Takahiro Yokokawa.
dimanche 6 juin 2010
House of fury
Divergence
Suen (Aaron Kwok) est « la voix de la police » de Hong Kong, bel homme qui rentre parfaitement dans ses costumes de marque, il représente l’image de marque des forces de l’ordre de Hong Kong. Il achemine en avion un gros ponte du banditisme, des menottes les lient dans tous leurs déplacements. Mais l’homme est abattu par Coke (Daniel Wu) dès son arrivée sur le sol de l’île. Un homme d’affaires pas très net va devoir faire face au zèle de Suen pour faire avancer la vérité. Il va trouver sur son chemin son avocat To (Ekin Cheng).
Chaque acteur campe un personnage qui n'aurait pas du se rencontrer à cause de leurs divergences. Suen est incompris de ses supérieurs, solitaire, il passe le clair de son temps à pleurer dans sa voiture. Il ne s'est toujours pas remis de la disparition de sa femme dix ans plus tôt. Coke est un tueur à gages qui tombe amoureux de la fille qui sert de liaison entre ses commanditaires et lui. Daniel Wu minaude, clope au bec, en jeune homme sûr de son pouvoir de séduction. Ekin Cheng est transparent dans son rôle d'avocat au service du mal. Sans la fin du film grotesque, on dirait qu'il est venu ici pour observer.
La première moitié de Divergence présente les personnages, ce qui les lient les uns aux autres et ce qui les opposent. La deuxième partie demeure une accumulation de lieux communs du film policier auquel la vie matrimoniale des protagonistes est censée apporter du neuf. Entre les deux parties, se trouve une belle scène de poursuite. Suen poursuit en courant Coke dans les rues de Hong Kong. Ici, Benny Chan se montre excellent. La course se termine dans un marché bondé. Chan travaille alors sur le son et le ralenti.
On notera la présence du toujours génial Eric Tsang. Il travaille à la morgue et sa philosophie de la mort est drôle. Lam Suet joue encore une fois un indic. Divergence se moque aussi de la cantopop avec le personnage d'un jeune chanteur assez nul et très imbu de son talent. Le garçon se fera enlever par des méchants. Le reste du film a un air de déjà vu. Le scénario est un peu confus et trop fourni, avec beaucoup trop de psychologie et une image beaucoup trop léchée pour montrer le côté sombre de chaque personnage.
Divergence (三岔口, Hong Kong, 2005) Un film de Benny Chan avec Aaron Kwok, Ekin Cheng, Daniel Wu, Gallen Law, Angelica Lee, Ning Jing, Eric Tsang, Jan Lam, Yu Rong-guang, Lau Siu-ming, Lam Suet, Sam Lee, Tony Ho, Chloe Chiu, Samuel Pang, Anson Leung, Tommy Yuen.
jeudi 3 juin 2010
Sorties à Hong Kong (juin 2010)
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mardi 1 juin 2010
Crossing Hennessy
Hennessy Road est une rue commerçante de New Kowloon et tous les matins, Loy (Jacky Cheung) a bien du mal à se lever pour aller travailler au magasin d’électroménager que tient sa mère, Madame Chiang (Paw Hee-ching). Loy dort à poing fermé quand le réveil sonne, toujours trop fort et le surprend dans ses rêves où il est avec son père décédé (Lowell Lo, que l’on n’avait pas vu depuis longtemps) qui lui prodigue de bons conseils pour sa vie de nonchalant velléitaire. Ces courtes scènes de rêves où l’image est déformée et flottante ponctue le film, scènes immédiatement suivies d’un réveil brutal de Loy apportant un soupçon de comédie.
Loy vit avec sa tante (Mimi Chu) qui lui prépare de bons petits plats même quand il n’a pas d’appétit, même quand il n’a pas envie de manger. La tante prépare aussi la cuisine pour tout le personnel du magasin de Madame Chaing, sa sœur. Dans cette boutique où les clients ne sont pas nombreux, surtout pendant l’heure de la pause déjeuner, l’Oncle Ching (Danny Lee) vient souvent rendre visite à Madame Chiang. Ils sont amants platoniques et elle est jalouse de Jo Jo, le petit chien qui accompagne dans tous ses gestes Ching. Elle pense qu’il se préoccupe plus du toutou, qui mange à même son bol, que d’elle. Ce qui a le don de la mettre dans une des colères noires.
Loy est célibataire. Ou plutôt, malgré ses quarante ans bien sonnés, il ne s’est toujours pas remis de la rupture d’avec Mina Siu (Maggie Cheung Ho-yee, pas celle de Wong Kar-wai), qui est devenue photographe et dont les affaires marchent bien. Mais, ils restent amis. Deux commerçants voisins hébergent leur nièce Oi Lin (Tang Wei) et Madame Chiang s’est mise dans la tête qu’elle pourrait épouser Loy. Seulement voilà, Oi Lin a un petit ami Xu (Andy On), petite frappe qui purge une courte peine de prison pour agression. Loy et Oi Lin sont prévenus des intentions maritales des parents.
Ivy Ho concocte une comédie douce-amère sur la solitude d’un homme qui ne veut plus avancer. Il est coincé dans cette rue d’Hennessy n’arrive même plus à dire à une jeune fille qu’il pourrait l’aimer. Loy est sans doute un faible, en comparaison de sa mère, c’est certain. Elle contrôle tout : elle dirige son magasin d’une main de fer, elle voudrait que Ching se débarrasse de son petit chien, elle oblige sa sœur à faire à manger pour tout le monde. Et elle a le pouvoir sur son fils. Une scène à ce titre est formidable. Madame Chiang est persuadé que Ching a une aventure avec sa sœur. Elle en fait une attaque. A l’hôpital où Loy lui donne la béquée, Ching arrive. Elle se cache sous le drap. Il pense qu’il lui en veut toujours. Mais non, elle refuse qu’il la voie sans maquillage, à nu, faible.
Loy est faible comparé à Xu. Andy On apparait tout en muscle face à Oi Lin, toute frêle. Il sort de prison et les deux jeunes amoureux se retrouvent. Mais le travail de séduction en sourdine de Loy a eu un effet sur Oi Lin. Ils ne couchent pas ensemble mais vont voir des expos, boire un café, se promener (on se promène beaucoup dans Crossing Hennessy, sans pour autant toujours bavarder – une des forces du film). Xu est jaloux, maladivement. Il décide de casser la gueule de Loy qui ne se défend pas beaucoup, mais une simple phrase va faire comprendre à Xu que Oi Lin lui est perdue, qu’elle a traversée la rue pour être avec Loy.
Ivy Ho filme avec délicatesse et subtilité les rapports entre les personnages. Elle évite l’écueil du lyrisme (peu de musique) comme elle ne tombe pas dans le piège du romantisme béat. Ce genre de film est très rare à Hong Kong, on se croirait dans un film indépendant américain réussi, mettons un film de Woody Allen où la mère juive aurait été remplacée par Madame Chiang. Les interprètes sont pour beaucoup dans la réussite de Crossing Hennessy. Je ne pensais plus que Jacky Cheung, comme Danny Lee d’ailleurs, pouvaient être sobres. Derek Tsang fait une courte apparition en médecin, Ekin Cheng en dentiste et Maggie Siu en officier de mariage. Et les deux actrices Paw Hee-ching, en mère abusive, et Mimi Chu, en tante désabusée, sont formidables.
Crossing Hennessy (月滿軒尼詩, Hong Kong, 2010) Un film de Ivy Ho avec Jacky Cheung, Tang Wei, Paw Hee-ching, Maggie Cheung Ho-yee, Andy On, Danny Lee, Mimi Chu, Lowell Lo, Gill Mohindepaul Singh, Kwok Fung, Margaret Cheung, Lam Wai, Wu Man-fei, Derek Tsang, Ekin Cheng, Maggie Siu.
sur la photo : Jacky Cheung et Mimi Chu.








