mardi 22 novembre 2011

Alan & Eric : Between hello and goodbye


Deux amis d’enfance, deux destins opposés et, entre eux, une femme. Alan (Alan Tam) et Eric (Eric Tsang) se connaissent depuis l’enfance. On les voit enfants jouer ensemble, s’imaginer qu’ils découvrent une île au trésor, qu’ils resteront amis pour la vie. Puis Eric part avec son père en Californie. Pour faire fortune, mais c’est la ruine qui arrivera. Eric et Alan s’échangent des lettres, puis les nouvelles se raréfient. Des années ont passé, Alan est serveur dans un petit restau. Ses rêves de devenir chanteur n’ont jamais été menés à terme.

Et un beau jour, après bien des années, Eric arrive au restau. Alan est très heureux, il lui présente son patron Barry (Barry Wong, bourru mais généreux, Hairy (Paul Fonoroff) qui lit l’avenir dans les cartes et Pierre (Blacky Ko) un baroudeur jovial. Eric a un projet qu’il espère juteux : ouvrir un poulailler et vendre des œufs, puis des poules. Les deux amis construisent joyeusement ce poulailler fait avec des planches. Ce qui manque : un chien pour garder le bâtiment. Eric se rend au chenil et adopte le chien dont veut se séparer Olive (Maggie Cheung) avec qui il sympathise.

Eric promet à Olive de venir rendre visite au chien quand elle le veut. Elle viendra et il en tombera amoureux. Jusqu’au jour où Alan passe par là et Olive en tombe amoureuse. Dilemme. Mais Eric n’a jamais déclaré clairement sa flamme à Olive qui commence à sortir avec Alan. Le destin s’accable sur Eric : une tempête détruit son poulailler et tue ses volailles. Inversement, Alan est repéré par un gros producteur de cantopop et est engagé. Il devient rapidement une star avec tout ce que cela implique : les fans hystériques, les grandes salles de concert et surtout, il délaisse de plus en plus Olive qui prend mal ses absences.

La crise éclate un soir de Noël où Alan doit participer à une émission de télévision en direct. La cabane d’Eric est décorée mais il ne viendra pas et Olive se soule. Dans l’ivresse, elle va se laisser embrasser par Eric. C’est la fin de son couple mais Eric décide de quitter Hong Kong et de voyager, de découvrir le monde, d’oublier cette vie morose. Alan est l’une des plus grandes stars de la cantopop et le film prend bien le soin de faire sa pub puisqu’il est effectivement chanteur. On entend plusieurs de ses chansons dont une reprise en cantonais de Oh Sharona. La critique que le film fait du milieu est bien faible et demeure au niveau du cliché.

Alan & Eric : Between hello and goodbye est d'abord et avant tout un mélo mais moins sur un trio amoureux que sur l’amitié indéfectible. Le film ne prend pas le risque de faire un Jules et Jim, jamais aucun des membres du trio n’envisage de composer un trio amoureux. Pour parvenir à faire tirer quelques larmes au spectateur, Eric devient malade. Il est atteint de diabète et n’a plus que quelques mois à vivre. Les trois amis se retrouvent et vont faire quelques tours de carrousel (dans une scène qui frise le ridicule). La dernière partie est de ce point de vue franchement peu emballante. Mais il reste l’énergie de Maggie Cheung, pourtant dans un rôle assez ingrat puisqu’elle reste dépendante des désirs des deux hommes, comme si le sien ne comptait pas. Alan Tam est un peu faible tandis qu’Eric Tsang est toujours bon. Il reçut cette année-là un Hong Kong Film Award du meilleur acteur pour ce rôle.

Alan & Eric : Between hello and goodbye (雙城故事, Hong Kong, 1991) Un film de Peter Chan avec Alan Tam, Eric Tsang, Maggie Cheung, Blacky Ko, Barry Wong, Paul Fonoroff, Michael Dinga, Cheung Ying-tsoi, Steve Chan Ho, Yeung Sze-yee, Chan Pak-hou.

dimanche 20 novembre 2011

Eros + massacre


1916 : Noe + Ôsugi

Eros + massacre dure presque trois heures et trente minutes. Comme Les Sept samouraïs d’Akira Kurosawa, mais rien ne rapproche les deux films. Il faut tenir le coup chez Yoshida, s’armer de patience pour comprendre de quoi ça parle et lire, lire tous les sous-titres dialogues sans lesquels rien n’est compréhensible. Ce qui frappe dès l’ouverture, c’est que les images semblent désaccordées avec ce que disent les personnages. Pendant le film, je me demandais si on pouvait comprendre la moindre chose d’Eros + massacre sans les sous-titres. Une vieille théorie critique disait que c’était possible et vraisemblable chez les grands cinéastes, mais chez Yoshida, je crois qu’on est passé dans une autre expérience, proche de l’expérimental.

Deux époques s’entrechoquent. 1916, le Japon impérial. Ôsugi (Toshiyuki Hosokawa) discute sous les cerisiers en fleurs avec sa maîtresse Noe (Mariko Okada). Cette dernière se pose des questions sur leur relation car Ôsugi est marié à Yasuko (Masako Yagi) et a une autre maîtresse Itsuko (Yūko Kusunoki). Noe, quant à elle, est marié à Tsuji (Etsushi Takahashi) et est mère de deux enfants. Elle discutera longtemps de sa liaison avec Ôsugi avec son époux parce qu’ils ne se cachent pas ces choses. On peut appeler ça l’amour libre, comme il est dit dans le film, mais pour Ôsugi et Noe, c’est un moyen de rejeter la société traditionnelle confucianiste, un moyen de refuser les règles de la culture impériale japonaise. En un moment, un anarchiste de l’amour.
1969 : Eiko + Wada
Il va sans dire qu’il est mal jugé par ses contemporains, par sa femme, qu’il est espionné par la police. Il en mourra. Sa mort est mise en scène de nombreuses fois. Comme une répétition tragique (la première fois, il est tué par ses comparses anarchistes qui estiment qu’il trahi la cause politique en se vautrant dans ses liaisons) puis grotesque (sa maîtresse l’égorgera par surprise et une autre fois en lui demandant provoquant une chorégraphie entre eux deux proche du burlesque). Finalement, puisque Ôsugi a existé, Yoshida montre son corps abandonné dans une carrière d’usine, entouré de son neveu et de Noe. Ôsugi est une légende et le cinéaste brouille les cartes, recrée une histoire de toutes pièces, invente la mythologie de cette mort.

C’est autour de cette légende que tourne Eiko (Kazuko Ineno), une jeune femme qui couche avec un réalisateur de publicité obsédé sexuel qui passe son temps, lors des tournages, à humilier les mannequins. Eiko aimerait plutôt coucher avec Wada (Daijiro Harada), une sorte de dandy qui déclame à longueur de temps des phrases péremptoires et absconses et qui veut brûler la société. Le jeune étudiant n’a pas envie de coucher avec Eiko et ne quittera jamais son sous-pull et ses lunettes de tout le film (sauf quand il faudra bien y aller). Ça parle politique, ça parle de relations sexuelles et ça parle d’amour. Eiko, comme Noe, a plusieurs hommes dans sa vie et la confrontation entre les deux époques, 1916 et 1969, montrent que la société n’a pas tant évolué que cela. Finalement, les deux femmes ne font qu’une, c’est une idée de femme moderne. Elles se rencontrent d’ailleurs quand bien même Noe est morte en 1923, Yoshida s’offrant une licence poétique où Eiko interviewe Noe.

1916 + 1969 : Noe + Eiko
Eros + massacre est un film politique, non pas comme un brûlot ou un pamphlet comme le ferait Wakamatsu. Pas ici de slogans sociaux ou de revendications facilement assimilables. Le film serait plutôt un mélange entre le Bergman du Rite et le Godard du Gai savoir. Il faut décrypter, replier et sous-entendre le discours politique autour de la liberté individuelle. Le film de ce point de vue est très marqué par son époque de la même manière qu’est daté le cinéma de Godard de cette époque. Aucuns des deux cinéastes n’arrive à dire directement ce qu’ils expriment. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. En revanche, ce qui demeure sublime est la beauté et la variété des plans. L’alternance entre les gros plans sur les visages des acteurs et actrices et les plans larges sur les paysages où ils se perdent, dans une photographie la plupart du temps surexposée, crée un effet d’étonnement et de perte de repères constants.

Eros + massacre (エロス+虐殺, Japon, 1969) Un film de Yoshishige Yoshida avec Mariko Okada, Toshiyuki Hosokawa, Yūko Kusunoki, Kazuko Ineno, Etsushi Takahashi, Daijiro Harada, Taeko Shinbashi, Ejko Sokutai, Masako Yagi.

jeudi 17 novembre 2011

The Lion roars


Cette année aura été marquée par le retour de Cecilia Cheung au cinéma après cinq années d’absence. Un second rôle dans la franchise chorale du Nouvel An Lunaire All’s well end’s well. Une comédie de Wong Jing avec son fils (Treasure hunt, sorti en août à Hong Kong) et aujourd’hui Legendary amazons, co-production avec la Chine où elle tient le premier rôle en compagnie de Richie Ren, qui fût son partenaire à ses tous débuts dans Fly me to Polaris. Cette actrice revient, je l’aime beaucoup et je ne peux que m’en réjouir. Il trainait sur mon bureau ce The Lion roars tourné par Joe Ma. Allons voir ce que c’est.

Tout commence sur le ton de la comédie en costumes de la Chine impériale. Cecilia Cheung est Moth Liu, une jeune femme célibataire que son frère espère marier au plus vite. Le frangin (Wyman Wong) est si débordé par l’énergie de sa sœur qu’il en perdu tous ses cheveux. Il faut dire que c’est pas une femme commode, elle tape sur tous ceux qui la contredisent, elle n’hésite jamais à donner du poing. Elle est très costaude et arracher un pilonne pour s’en servir de massue est un jeu d’enfant. Bref Moth Liu est un poison et personne ne veut d’elle en épouse.

Le caractère de Seasonal Chan (Louis Koo) est l’inverse de celui de Moth Liu. C’est un homme posé, qui se dit poète mais qui n’a jamais été capable d’écrire une seule ligne. Dans la séquence la plus hilarante du film, on le voit tenter d’interpréter un de ses textes sous une pluie de huées. Ce qui est drôle dans cette scène est son anachronisme volontaire puisqu’il s’agit de parodier un concert de cantopop avec ses fans hystériques, sa star adulée et tous les clichés qui vont avec ce genre de concerts. Tout le monde veut que Chang quitte la scène, sauf Moth Liu qui semble la seule à apprécier. Le coup de foudre immédiat qui sera suivi d’un mariage express puisque l’empereur se trouve là par hasard.

Voilà une première partie rigolote. Place au mariage. Chan a peur de son épouse pour les raisons évoquées plus haut. Elle a du mal à être douce et il est de plus en plus incapable d’agir, d’écrire le moindre mot. Bref, il y a un malaise. Qui plus est cette peur gangrène toute la ville notamment Soo (Hui Siu-hung) et sa famille. Tout cabossés, ils viennent se plaindre de la conduite de Liu. Elle n’a rien fait, elle ne les a pas frappés mais l’angoisse est là, constante, irrémédiable. Le film ne se transforme pas en film d’horreur mais, avec un peu de courage, il aurait pu l’être. D’ailleurs, The Lion roars frôle avec le film de fantômes quand la princesse (Fan Bing-bing), la fille de l’empereur, vient séduire Chan, alors que Moth Liu est absente, en se faisant passer pour un « démon ».

La dernière partie du film prend une tournure digne d’une tragédie. Débarrassé de tout élément comique, le film s’engage dans un propos quasi féministe. Moth Liu constate l’adultère (forcé) de son mari et doit subir le diktat de l’empereur qui exige que sa fille devienne la concubine de Chan. Liu proteste et Cecilia Cheung a cette capacité de faire passer son visage du rire aux larmes avec une force de conviction inégalée. Le film se fait féministe parce qu’elle plaide la cause de la liberté des femmes. Certes, tout cela ne va pas bien loin mais les choses sont dites. De toute façon, sur le mode comique ou dramatique, tout le film repose sur le charme de Cecilia Cheung. D’ailleurs, Joe Ma a tourné avec elle un The Lion roars 2 qui devrait sortir prochainement.

The Lion roars (我家有一隻河東獅, Hong Kong, 2002) Un film de Joe Ma avec Cecilia Cheung, Louis Koo, Wyman Wong, Hui Siu-hung, Fan Bing-bing, Cheung Kam-ching, Raymond Wong Ho-yin, Joe Lee, Mou Jian.

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


Big blue lake (大藍湖, Hong Kong, 2011) Un film de Tsang Tsui-shan avec Leila Kong, Lawrence Chou, Amy Chum. 104 minutes. Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 17 novembre 2011.


Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


Legendary amazons (楊門女將之軍令如山, Hong Kong – Chine, 2011)
Un film de Frankie Chan avec Cecilia Cheung, Cheng Pei-pei, Liu Xiaoqing, Chen Zihan, Jin Qiaoqiao, Richie Ren, Yang Zitong, Ge Chunyan, Oshima Yukari, Li Jing, Kathy Chow, Liu Dong, Zhao Qianyu, Yu Na, Wang Ti, Zhou Xiao-fei, Wu Ma. 108 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 17 novembre 2011.




mardi 15 novembre 2011

Les Plaisirs de la chair


Il ne faudra pas moins de quatre femmes à Wakizaka (Katsuo Nakamura) pour essayer de remplacer Shoko (Mariko Kaga), la seule et unique femme qu’il a toujours aimée. Les Plaisirs de la chair est le récit de cette tentative d’oubli de cet amour unilatéral. Wakizaka est un simple étudiant quand il rencontre Shoko puis devient professeur, ce qui signifie qu’il est pauvre. Shoko l’invite a son mariage, à son grand dam et il y va. Les parents de la jeune mariée, connaissant la passion de Wakizaka pour leur fille, en profite pour lui demander de tuer l’homme qui a violé Shoko. Il accompli cet acte criminel par amour.

Peu de temps après, il reçoit dans son modeste appartement, la visite d’un fonctionnaire qui affirme être l’unique témoin du meurtre. Il lui propose un marché. Le fonctionnaire a détourné de l’argent public, il sait qu’il va être découvert, arrêté et mis en prison. Il veut que Wakizaka garde trente millions de yens pendant ses cinq ans de geôles pour les récupérer à sa sortie. Il ne devra pas en dépenser et, en contrepartie, le fonctionnaire se taira. Il accepte ce marché, quatre ans se passent et il a soudain une idée. Il va dépenser tout l’argent en un an, il va coucher avec des femmes et, juste avant que le fonctionnaire ne sorte de prison, mettre fin à sa vie.

Les femmes, pour un puceau comme Wakizaka, il n’est pas évident de les aborder. Il engage Hitomi (Yumiko Nogawa) dans un bar à prostituées. Elle accepte le marché contre un million de yens par mois. Tout se déroule bien au début, elle s’achète de beaux vêtements, se parfume, se fait belle, mais leurs rapports restent superficiels. La deuxième femme est Shizuko (Masako Yagi), son époux vient s’immiscer dans leurs aventures sexuelles. C’est un minable, incapable de garder un boulot. Ils ont deux enfants. Il va leur léguer beaucoup d’argent et sa maison pour qu’ils s’en sortent en leur écrivant une lettre d’une rare cruauté.

Puis il passe à Keiko (Toshiko Higuchi), une femme rencontrée chez son médecin. Elle est froide, refuse de coucher avec lui, elle est à la fois frigide et castratrice. Finalement, il met son dévolu sur Mari (Hiroko Shimizu), une jeune muette que son proxénète présente comme idiote. Elle devient, en opposition avec Keiko, un corps avec lequel il peut faire l’amour, avec lequel il peut enfin assumer ses désirs, de la chair et rien d’autre. Mais là, le proxénète va venir s’en mêler. Et l’argent commence à manquer, l’année finit par s’écouler.

Le film n’est pas du tout sensuel et Wakizaka ne retire aucun réel plaisir de la chair tant les obstacles qui se mettent sur son chemin l’en empêchent. Plus la sortie du fonctionnaire approche, plus son état mental s’aggrave. Il commence à voir le visage de Shoko quand il étreint ses femmes. Ce qui lui coupe tous ses élans. Puis, c’est le fonctionnaire qui lui apparait, venant réclamer l’argent qu’il n’a plus. Nagisa Oshima joue sur les couleurs pour donner un effet proche du fantastique. Les scènes de tension (avec les différents « époux » ou proxénètes) sont filmées en plan séquence. Chacune des femmes est montrée dans une scène où les surimpressions des corps ou des objets déterminent son caractère. Mais ce qui ressort avant tout est que Wakizaka est incapable d’aimer dans le vrai monde, que ses désirs sont mortifères et sa vie est une tragédie.

Les Plaisirs de la chair (悦楽, Japon, 1965) Un film de Nagisa Oshima avec Katsuo Nakamura, Mariko Kaga, Yumiko Nogawa, Masako Yagi, Toshiko Higuchi, Hiroko Shimizu.

vendredi 11 novembre 2011

Merry-go-round


Merry-go-round est un film gentil, tellement gentil qu’il est classé Catégorie I, tellement gentil que je m’étonne que la UFO ait produit ça et qu’en plus Eric Tsang, patron de cette compagnie, joue dedans. C’était l’unique raison pour laquelle j’ai regardé ce film. Il joue monsieur Kuk, un veuf, qui vient d’acheter un fond de commerce pour y lancer son restaurant de nouilles. Il vit avec son fiston adolescent un peu couillon, Fung (Lawrence Chou), coupe afro et sa fillette Ku (Lai Yuen-tung) qui sera la narratrice du film. C’est sans doute pour cela que tout y sera gentil.

Le père achète le restaurant dans un quartier très peu fréquenté. Tout le mobilier du restau s’écroule (rires) puis le jour de l’ouverture, tous les clients s’enfuient en courant parce que Kuk cuisine très mal (rires). Ya plus personne pour acheter des nouilles, mais le père cherche à progresser (notions sur les valeurs de persévérance et du travail). Malgré le faible rendement, Kuk engage Carlily (Rainie Yang), dont l’oncle était l’ancien tenancier des lieux. C’est une jeune fille timide mais elle va s’entendre très bien avec Fung et commencer à sortir avec lui. Ils font chaque jour la même promenade et se pèsent chaque jour sur une balance de fête foraine. Carlily conserve tous les tickets dans un album comme autant de moments partagés.

Carlily a une sœur, Heman (Zeny Kwok) qui ne s’entend pas du tout avec Fung. Quand ce dernier téléphone à sa petite amie, ils s’envoient de bonnes bâches (rire), ils se disputent mais ils vont bien s’entendre (soulagement, l’amitié est une vraie valeur). Ils vont devenir amis et partenaires d’un jeu télévisiuel où le lot est un voyage au Japon. Heman, bien que grande gueule a un grand cœur et compte offrir le voyage à sa Carlily qui rêve de faire du carrousel (le titre du film) à Tokyo. Mais par un malheureux concours de circonstance, elle ne le pourra pas. C’est sans doute là le début de la fin de sa romance avec Fung qui serait éventuellement amoureux de Heman.

Parlons maintenant de la petite sœur, un adorable enfant qui va se lier d’amitié avec un adorable marmot qui passe souvent devant le magasin avec sa grand-mère. Locuste (Darren Cheng) et sa mamie (Helena Law) sont très pauvres. Ils ont à peine de quoi se payer un plat de nouilles pour deux et le môme porte chaque jour les mêmes vêtements. Mais Fung va prendre sous son aile le gamin qui pourra manger à sa faim. C’est une douce amitié entre les deux enfants qui se développe, une relation de respect où chacun donne de l’espoir à l’autre. Alors, bien sûr, Merry-go-round est un film relativement culcul la praline, où tout le monde sourit tout le temps (c’en est presque énervant), où les problèmes de pauvreté sont réglés à grands coups de bons sentiments et de couleurs pimpantes. Voilà, c’est un film gentil comme il en existe partout.

Merry-go-round (初戀拿喳麵, Hong Kong, 2001) Un film de Thomas Chow avec Lawrence Chou, Rainie Yang, Zeny Kwok, Darren Cheng, Lai Yuen-tung, Eric Tsang, Helena Law.

jeudi 10 novembre 2011

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


The Killer who never kills (殺手歐陽盆栽, Taïwan, 2011)
Un film de Lee Fung-bok et Jimmy Wan avec Hsiao Jung-ting, Eric Tsang, Lin Chen-xi, Huang Licheng, Chrissie Chau, Na-Do, Ma Nien-hsien, Chang Kuo-chu, Tsai Shu-chen, Deng An-ning, Chao Cheng-ping. 103 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 10 novembre 2011.

Sorties à Hong Kong (novembre 2011)


Let’s go (保衛戰隊之出動喇!朋友!, Hong Kong, 2011)
Un film de Wong Ching-po avec Juno Mak, Stephy Tang, Pat Ha, Lam Ka-tung, Gary Chaw, Jimmy Wang Yu, Chin Siu-ho, Ken Lo. 96 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 10 novembre 2011.



mercredi 9 novembre 2011

Overheard 2



Overheard 2 n’est pas la suite d’Overheard. Alan Mak et Felix Chong pour leur deuxième film sorti cette année ont repris les acteurs et les ont placés dans des situations et des personnages nouveaux. En revanche, ce qui ne change est le fond de l’histoire. On est encore dans les magouilles des milieux financiers. Un groupe de riches hommes d’affaire s’est constitué depuis 1973 et tient la mainmise sur les entreprises locales depuis. C’est une société secrète ou presque et leur prête-nom est Law man-sang (Lau Ching-wan), le plus jeune et récent membre de ce groupe.
Law est l’objet de surveillance de Joe (Daniel Wu) qui a placé sur sa voiture un traceur. D’une fourgonnette, il le suit dans les rues de Hong Kong, il le pourchasse mais Law tente de le semer. Les deux cinéastes tentent de refaire le coup de génie d’une séquence d’ouverture (celle d’Overheard était magnifique) mais ici, cela fonctionne avec moins de brio. Joe observe Law répondre à une interview à la télévision puis engage une course poursuite. Là encore aucun mot n’est prononcé, on ne connait pas les rapports entre les deux hommes ni la raison pour laquelle Joe poursuit Law.
Ce sera à Jack Ho (Louis Koo qui pour l’occasion porte une barbe de trois jours et a les cheveux gris) de résoudre cette histoire. Jack Ho bosse à la sécurité intérieure. C’est un policier incorruptible qui est allé jusqu’à arrêter sa femme qui s’était livrée à des pots de vin. Ho cherche partout où se trouve Law des micros et il en trouve beaucoup. Très vite, il tombe sur Joe qui surveille Law dans l’immeuble en face, très vite les deux hommes vont jouer au jeu du jeu du chat et la souris. Joe balance quelques explosifs dans les rues et on le retrouve aider sa mère amnésique dans un hospice. C’est lui qui sera au centre du film, un personnage sec, taiseux, malin et a priori, il est méchant du film.
A priori bien entendu. Comment pourrait-il être mauvais alors qu’il prend si soin de sa maman ? Les vrais affreux du film sont les membres du club financiers qui corrompent le système et on découvrira au fur et à mesure pourquoi Joe leur veut du mal. Non pas parce qu’ils sont corrompus jusqu’à la moelle et qu’ils dirigent de leur bureau l’industrie de Hong Kong (la charge contre les financiers est assez grossière) mais parce que Joe estime que Tony (Kenneth Tsang), le chef du clan, est responsable de la mort de son père Szema (Wu Fung). Mais toutes ces informations seront distillées au compte gouttes, dans des tunnels de dialogues explicatifs ce qui alourdit considérablement le film.
Le trio d’acteurs est ce qu’il ya de mieux dans le film. Chacun a un caractère très différent. Louis Koo incarne le calme, Lau Ching-wan l’inquiétude et Daniel Wu la nervosité. Ils se complètent et se répondent. Il faudrait pouvoir oublier ces histoires financières qui sont beaucoup trop développées et ralentissent le récit qui partait sur les chapeaux de roue. Les deux réalisateurs finissent leur film sur un montage alterné digne de Francis Ford Coppola entre le nid d’aigle de Tony assailli par Joe et le bureau de Law où il met en œuvre le plan machiavélique conçu par Joe pour se venger. Jack Ho est entre les deux, il résout une énigme que le spectateur aura déjà compris dix minutes avant lui.
Overheard 2 (竊聽風雲2, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Felix Chong et Alan Mak avec Lau Ching-wan, Louis Koo, Daniel Wu, Michelle Ye, Alex Fong Chung-sun, Chrystal Huang, Kenneth Tsang.