jeudi 12 janvier 2012
Sorties à Hong Kong (janvier 2012)
mercredi 11 janvier 2012
Les Guerriers de l'Apocalypse

Toutes les montres se sont arrêtées à 5h18 ce matin-là. Les soldats de l’armée japonaise allaient faire quelques manœuvres et ils constatent tous, durant le trajet, que l’heure n’avance plus. L’un d’eux remarque que Vénus a changé de place. A là tête de la brigade de vingt hommes, le Lieutenant Iba (Sonny Chiba), barbu comme il se doit, qui demande à tous si les montres fonctionnent. Le temps s’est figé et c’est alors que d’étranges phénomènes se produisent. De gros nuages violacés apparaissent, le soleil lui-même change de couleur, un cheval sur le bord de la mer semble touché par un étrange arc-en-ciel. On se croirait un peu dans le trip final de 2001 l’odyssée de l’espace. Les mouettes s’envolent en criant, des chevaux courent sans raison. Puis, la mer se démonte, de grosses vagues menacent un croiseur venu également pour les manœuvres. Et puis soudain, une grande lumière blanche aveuglante et le noir complet, plus une seule lumière jusqu’à ce qu’elle revienne et que les montres se remettent à marcher.
Au petit matin, la troupe ne comprend pas encore ce qu’il leur ait arrivé. La plage sur laquelle il se trouve n’a pas changé, mais l’environnement est totalement différent. L’usine électrique que l’on avait aperçue en début de film n’est plus là. Passé un moment d’hébétude, les soldats commencent à se poser des questions. L’un d’eux, qui a toujours une envie pressante de pisser, s’éloigne un peu et aperçoit des hommes sur la colline. Ils sont vêtus à la samouraï. Car en fait, ce sont des samouraïs. Et ces soldats d’un autre âge commencent à envoyer des flèches aux soldats de 1979. Ces derniers répliquent avec leur char d’assaut en tirant sur les arbres autour des samouraïs qui s’enfuient. Iba et ses hommes sont passés au milieu du 15ème siècle. Ils en font le constat avec un certain effroi mais ils doivent bien faire avec. Iba va demander aux marins du bateau de venir sur terre et aux pilotes de l’hélicoptère de se poser. Les armes et les moteurs marchent, et c’est tant mieux parce qu’ils vont devoir s’en servir.
Un chef de clan, Kategora (Isao Natsuyagi) arrive sur les lieux sur son cheval, dans son beau costume surmonté d’un demi-arc de ciel doré. Il présente tous les hommes de son château. Iba comprend qu’il se trouve en pleine guerre féodale. Kategora va voir les hommes du futur et s’interroge sur ces étranges machines. Il monte sur le char et tire à la mitraillette. Kategora est montré comme un gamin qui découvre un joujou. Il apprend de nouveaux mots (prononcer hélicoptère), s’amuse beaucoup sur les engins et ne semble pas vraiment étonné de voir tout ce monde. Il a autre chose en tête, engager Iba pour vaincre son ennemi mortel, le seigneur Kutoda, et mieux encore, prendre la place du shogun. Après tout, Iba est aussi un combattant, une machine de guerre. On voit alors les deux hommes sympathiser, sur une musique mi rock mi disco (la musique jurera constamment avec l’ambiance du film), aller faire des promenades ensemble, prendre des bains et discuter de la vie, la mort et la guerre sur un rocher au bord de plage. Il est nécessaire de dire que cette partie, où leur amitié nait, est l’une des parties les plus kitsch des Guerriers de l’apocalypse. La guerre est lancée, sauvage et violente d’autant que le film n’hésite pas sur le nombre de figurants à l’écran. La dernière demi-heure est entièrement dédiée à la bataille entre les soldats contemporains et ceux du shogun. Avec leurs simples flèches, mais en nombre largement supérieur, ils attaquent le char et l’hélico.
Avant cette bataille brillante et flamboyante, morceau de bravoure des Guerriers de l’apocalypse, le film montre les comportements des soldats d’Iba. On découvre le jeune soldat romantique qui voulait déserter pour rejoindre sa copine qui l’attend sur le quai de la gare. Le film jouera sur la temporalité (histoire de dire que rien n’a changé en cinq siècles), en montrant une reconstitution de bataille de la guerre féodale devant laquelle la jeune femme passe. L’une des inquiétudes d’un soldat est le choc temporal, l’angoisse de modifier l’Histoire. Un autre rencontre une jeune femme sauvage qui ne dira pas un mot pendant tout le film. Ils se suivront, se chercheront, s’aimeront sans doute. Un autre soldat choisit d’aider une jeune mère de famille dans ses tâches quotidiennes, il abandonne la brigade pour rester avec elle. Et enfin, il y a Yano (Tsunehiko Watase), l’ennemi de l’intérieur, l’adversaire personnel d’Iba. Ils se connaissent depuis des années (il est évoqué un coup d’état où l’un a arrêté l’autre) et ne s’apprécient pas. Leur affrontement précède la grande bataille et il est tout aussi brutal. Yano se rebelle, part avec quelques soldats piller les villages et violer des femmes, mais il va devoir affronter Iba. Et parce qu’Iba est joué par Sonny Chiba, l’acteur de films d’action viril qu’il est, va aller le choper à la mitraillette accroché au bout d’une corde suspendu à l’hélicoptère. C’est à ça qu’on reconnait un héros de film de guerre.
Les Guerriers de l'Apocalypse (戦国自衛隊, Japon, 1979) Un film de Kōsei Saitō avec Sonny Chiba, Toshitaka Ito, Jun Eto, Koji Naka, Mancho Tsuji, Raita Ryu, Shinichiro Mikami, Tadashi Kato, Tsunehiko Watase, Hiroshi Kamayatsu, Isao Natsuyagi, Haruki Kadokawa, Hitoshi Omae, Kentaro Kudo, Katsumasa Uchida, Shin Kishida, Hiroshi Tanaka, Hiroyuki Sanada, Mikio Narita, Mizuho Suzuki.
Encyclopédie 2012
2012
Un film de Gorō Miyazaki avec les voix de Masami Nagasawa, Junichi Okada, Keiko Takeshita, Yuriko Ishida, Rumi Hiiragi, Jun Fubuki, Takashi Naitô, Shunsuke Kazama, Nao Ohmori, Teruyuki Kagawa.
Sortie en France : 1er février 2012.
Fengming, Chronique d'une femme chinoise (Fengming, a Chinese memoir, 和凤鸣, Chine – Hong Kong – France, 2007)
lundi 9 janvier 2012
Oki's movie

Quatre parties, trois personnages : deux hommes et une femme, un sujet : le cinéma. Oki’s movie, parait-il tourné très rapidement de manière improvisée, adopte une forme courte (80 minutes), enfin débarrassée des lourdeurs du sentimentalisme de certains des films précédents de Hong Sang-soo. Les deux hommes, Song (Moon Seong-geun) le plus âgé et Jin-gu (Lee Seon-gyoon) le plus jeune tournent autour d’Oki (Jeong Yu-mi), jeune femme réservée en apparence. Elle est étudiante et son cœur est à prendre et hésite entre les deux. Elle va aller jusqu’à les comparer dans la partie qui donne son titre au film, en voix off, à un an de distance, elle amène les deux hommes faire la même promenade le jour de l’an. Alternativement, elle analyse les gestes, les comportements, ce qu’ils disent et ce qu’ils proposent de faire. Elle en vient à la conclusion qu’elle préfère le professeur Song au jeune étudiant Jin-gu. Cette décision est la suite logique, si une logique est possible en amour, des trois autres parties qui développent les personnalités de Song et de Jin-gu.
Dans la première partie, Jin-gu n’est pas un étudiant mais un cinéaste qui enseigne à la fac. Il n’a pas tourné depuis longtemps et son allure est celle d’un jeune : baskets, sac en bandoulière, veste colorée. Song est son supérieur à la fac et il l’invite à manger au restau avec des collègues. Là, Jing-gu boit tellement qu’il commence à parler des rumeurs qui courent sur le proviseur Song. Il balance ça en plein repas, demandant si c’est vrai, ajoutant qu’il lui apporte son soutien. Ça passe évidemment très mal, Song lui demande de se taire et lui fait la gueule. Les rumeurs, Jing-gu en sera aussi victime lors de la présentation d’un de ses films où une spectatrice lui demande de répondre à des accusations : quatre ans auparavant, il aurait brisé la vie d’une étudiante qui se préparait à se marier. C’est la confrontation entre les deux manières de proférer les rumeurs, l’une sur le mode comique au restau, l’autre sur le mode dramatique pendant la conférence, qui séduit. Soudain, cette partie s’achève et un nouveau générique, bien fauché, filmé directement sur un écran d’ordinateur avec une musique pompière entame la deuxième partie. Encore, le double et leur opposition.
Les deux autres parties se concentrent sur Song en tant que cinéaste et enseignant et Jing-gu, étudiant en cinéma doué. Les deux hommes aiment Oki, l’étudiant ignore qu’elle a une aventure avec le cinéaste et ce dernier fait tout pour la dissuader de voir Jing-gu qui ne comprend pas ce refus. En plein hiver, il va passer la nuit dehors, devant sa porte en attendant qu’elle veuille bien lui ouvrir. Oki a beau dire à Song qu’elle ne répond pas à ces appels et à ces sollicitations, le professeur décide de saquer son meilleur élève qui, là non plus, ne comprend pas ce qui se passe. Finalement, le dindon de la farce, ca sera toujours lui. Il est là, avec sa grosse doudoune rouge à passer mollement dans la cour de la fac, encore ici à boire de l’alcool de riz sur un escalier à attendre. Il est à la fois pathétique et sympathique, victime de son histoire d’amour. Mais on se dit aussi que le récit de la deuxième rumeur sur le prof qui séduit une étudiante alors qu’elle allait se marier est en train de se mettre en place et que cette rumeur de corruption de Song trouve des échos dans la mauvaise note que reçoit Song-gu. Oki’s movie est un film modeste qui joue avec les marivaudages et ce film m’apparait bien supérieur aux films précédents du réalisateur.
Oki’s movie (옥희의 영화, Corée, 2011) Un film de Hong Sang-soo avec Lee Seon-gyoon, Jeong Yu-mi, Moon Seong-geun, Seo Young-hwa, Song Gi-hyeong, Baek Jeong-rim.
samedi 7 janvier 2012
Niki Larson

jeudi 5 janvier 2012
Sorties à Hong Kong (janvier 2012)
mardi 3 janvier 2012
Dragon princess

Pour faire face à la montée de violence, la police de New York décide en 1966 d’entrainer ses agents au karaté. Mais deux écoles s’opposent, l’une dirigée par Higaki (Sony Chiba), classique et respectée issue d’Okinawa, l’autre fondée par Nikaido (Bin Amatsu, plus récente et controversée, est le Gôbukan de Tokyo. Nikaido défie Higaki dans un hangar désaffecté. Ce dernier refuse de se battre avec un Japonais, plaçant l’honneur de la patrie au dessus de tout. Parce que Nikaido est bien plus faible que Higaki, avec un grand rire sardonique, il appelle trois de ses comparses les plus vicieux pour tenter de battre son adversaire. Higaki se bat mais ressort de ce combat avec un œil crevé et d’autres blessures par couteau. Il a la vie (car il faut bien continuer le film) mais s’exile à Los Angeles.
Le Los Angeles de Dragon Princess est tout autant en carton-pâte que le hangar de New York, mais en plus, il y neige des gros flocons tels qu’on les voit dans les films japonais, mais passons sur ce détail. Higaki ne vit pas seul, il a une petite fille Yumi, que l’on découvre d’abord enfant puis adulte (Etsuko Shihomi). Parce qu’elle a vu ceux qui ont blessé son père, elle subit un entrainement intensif au karaté sur le toit de leur logement. Même quand la gamine revient des courses, elle doit monter les escaliers en sautant tandis qu’elle tient son panier à bout de bras. J’ai l’air d’ironiser, mais il faut bien reconnaitre que c’est assez ridicule. Puis dix ans se passent, Yumi est devenue extrêmement douée au karaté, bien qu’elle affirme dans son journal intime détester cet art martial, et son père meurt. Sur son lit de mort, il lui demande d’aller à Tokyo le venger. Nikaido en dix ans est devenu un homme de pouvoir.
Elle va chez son grand-père, une sorte de moine, et sur le chemin elle rencontre Kôtarô (Gajirô Satô), un fanfaron qui la provoque mais plutôt sympathique qui va l’aider à Tokyo. Elle part immédiatement défier l’école Gôbukan, dont les gros se moquent d’elle. Ils sont persuadés qu’une femme ne peut pas les battre. Elle se révèle experte et les humilie dans leur dojo. Mais Nikaido n’a pas dit son dernier mot et organise un combat international de karaté pour assoir sa suprématie. Auparavant, il élimine tous ceux qui pourraient battre ses meilleurs hommes. Yumi va devoir apprendre quelques tours de son grand-père pour assouvir la vengeance de feu son père. Le film prend une tournure différente quand un élève du Gôbukan se révèle être un allié de Yumi. Masahiko Okizaki (Yasuaki Kurata) cherche aussi à venger son père et s’était infiltré dans l’école. On s’en était bien douté avec les regards prolongés et douteux, sa position par rapport aux autres élèves et aux professeurs de l’école. Dragon Princess est un film d’action très classique avec ses habituels retournements de situation qui vaut surtout pour son final où Yumi et Okizaki se battent contre toute l’école Gôbukan dans un grand champ où ils peuvent se dissimuler derrière de hautes herbes. La caméra se fait très mouvante, suivant chaque geste des personnages, montrant chacun de leurs stratèges et les répliques de leurs adversaires. Ce dernier quart d’heure est très beau.
Dragon Princess (必殺女拳士, Japon, 1976) Un film de Yutaka Kohira avec Etsuko Shihomi, Yasuaki Kurata, Bin Amatsu, Masashi Ishibashi, Tatsuya Kameyama, Shunsuke Kariya, Yoshi Katô, Genji Kawai, Hôsei Komatsu, Jirô Chiba, Yûsuke Nagumo, Ryojiro Nishimoto, Sonny Chiba.
lundi 2 janvier 2012
Tricky brains

Wong Jing n’a pas découvert Stephen Chow, mais il lui a permis de s’exprimer pleinement, d’une certaine manière, le cinéaste l’a sublimé dans ce début des années 1990. Tricky brains est l’exemple le plus typique du mode comique de l’acteur où le scénario n’a plus aucune importance et où seuls les gags comptent. C’en est d’ailleurs fascinant. C’était une période bénie pour Stephen Chow qui est devenu le roi du box office en 1990 (et cela a duré cinq ans). Il jouait dans cette période dans près d’une dizaine de films par an, dont aucun n’est vraiment bon, mais cela le poussera à expérimenter beaucoup et à l’encourager à passer à la réalisation, à moins tourner, à se faire rare depuis dix ans (seulement trois films en incluant Shaolin soccer).
Le scénario est très simple : Jing Koo (Stephen Chow) est un détective privé embauché par Macky (Waise Lee) pour mettre au point un piège. La fiancée de Macky, la belle Lucy Ching (Rosamund Kwan) travaille incognito dans l’entreprise de son père M. Ching (Baau Hon-lam), un riche homme d’affaires. Un simple employé de la boite, Chi Man-kit (Andy Lau), qui ignore tout d’elle, cherche à la séduire et elle répond à ses timides avances, sous l’œil de Banana (Chingmy Yau), la meilleure amie de Lucy. Jing Koo doit se faire passer pour le frère de Kit, disparu depuis des années, et va s’incruster dans leur appartement, où Kit habite avec son père Yan Chi (Ng Man-tat). La stratégie de déstabilisation peut commencer. L’important dans Tricky brains n’est pas ce qui arrivera aux personnages (qu’on se rassure, le couple sera réuni et s’aimera), mais les gags des acteurs.
Les toilettes. Dans la séquence d’ouverture, Shing Fui-on s’assoit sur des toilettes et Stephen Chow l’enferme dans une cage pour qu’il y soit prisonnier, puis, les toilettes partent dans une galerie marchande où les clients se moquent de Shing Fui-on. Dans l’entreprise de Ching, Stephen Chow est envoyé aux chiottes par un collègue (interprété par Wong Jing). Sur la porte, il est écrit Ladies (il ne semble pas parler anglais), et Wong Jing affirme que ce sont des toilettes pour hommes. Ce dernier fait le pari avec ses collègues que Koo ressortira des toilettes tabassé par Liu Fan, une actrice au physique corpulent présentée comme peu commode. Stephen Chow s’en sortira en se faisant passer pour mort ( !) et humilera Wong Jing tandis que son père « adoptif » récupérera l’argent des paris.
Les vêtements. Les habits déchirés, c’est toujours rigolo. Andy Lau et Ng Man-tat auront leurs chemises mises en lambeaux dans une boite de nuit quand ils se battent contre un gros balaise. Stephen Chow arrive, pour son premier jour de travail, dans le costume du God of gambling, sur le son de la musique du film. Plus tard, toujours dans ce costume chic mais porté de travers à la manière d’un moine, il chantera un air d’opéra avec Andy Lau et Ng Man-tat au lieu de se parler comme tout le monde (l’un des moments les plus drôles). Ng Man-tat et Stephen Chow font de la gym tonique en survet fluo flashy. L’un des gags récurrents est aussi qu’aucun des deux ne supportent d’entendre le mot « père » et sont pris d’un tic qui fait onduler leur corps. Stephen Chow ira en boite de nuit en combinaison moulante où est écrit I Am Married. Avec Andy Lau, il fait un combat de vêtement et doivent retirer leur slip (dix ans avant le défi défilé de Zoolander). Et finalement, Ng Man-tat sera déguisé en bonne femme.
L’ambivalence sexuelle. Plusieurs fois dans le film, le personnage de Stephen Chow se présente comme gay, sans que cela soit vraiment justifié, mais c’est un des ressorts comiques récurrents de ses films de cette époque. Il tente de faire rire avec le Sida qu’il affirme avoir et qui est censé dégoûter les gens autour de lui, notamment Chingmy Yau avec qui il pourrait avoir une aventure. Stephen Chow achète des pilules de sensualité pour la refourguer à Andy Lau qui a bien du mal à dire à Rosamund Kwan qu’il l’aime. Tout cela se passe dans un cinéma où Andy Lau veut embrasser tout le monde et ploter les filles autour de lui. Finalement, les deux hommes s’embrasseront sur la bouche. Il y a encore de nombreux autres gags (la langue de Stephen Chow, les jeux de mots, les acteurs hurlent régulièrement, l’humiliation des personnages) qui donnent un film très lourd, souvent hilarant et typique du style primitif pas encore dompté de Stephen Chow.
Tricky brains (整蠱專家, Hong Kong, 1991) Un film de Wong Jing avec Stephen Chow, Andy Lau, Rosamund Kwan, Chingmy Yau, Ng Man-tat, Waise Lee, Wong Jing, Baau Hon-lam, John Ching Tung, Chan Man-na, Shing Fui-on, Yu Miu-lin, Liu Fan, Charlie Cho, Jo Jo Ngan, Benz Kong, Bill Lung.
samedi 31 décembre 2011
Bilan de l'année 2011

Rarement, il n’y aura eu aussi peu de films d’Asie sortis en France : 19 seulement en 2011, on se croirait revenu dans les périodes de disette. C’est un animé Ghibli qui est en haut du classement de la fréquentation. Et pourtant Arrietty n’est pas la meilleure production du studio et souffre d’une musique particulièrement pénible. Disney, qui distribue désormais les films de Ghibli, choisit maintenant le début d’année pour sortir les films de la compagnie de Miyazaki. Mi-janvier, on pourra découvrir le nouveau film de Goro le fils du maître. Ce que l’on remarque surtout, c’est que le cinéma japonais semble aujourd’hui réduit à n’être que du film pour enfants ou de l’animé : Cheburashka, La Boite à malice et Colorful. Seule exception, le Hara Kiri de Takashi Miike dont aucun film n’était sorti en salles en France depuis bien longtemps. Le cinéma coréen s’est bien défendu, cinq films sont sortis, aucun cinéaste coréen n’a été découvert ce qui donne l’impression qu’il ne se ferait que des films rohmeriens ou des films de vengeance là-bas. Je doute que ce cinéma ne soit plus constitué que de cela.
Apparemment, il est de plus en plus difficile de découvrir en salles ce qui se produit actuellement en Asie. Les distributeurs se cantonnent avec ce qu’ils estiment être bankables soit Tsui Hark (semi-succès public) et Yuen Woo-ping (bide au box-office). Il était prévu que Sex & zen 3D sorte au cinéma pendant l’été. La sortie a été finalement annulée (ou repoussée) malgré le buzz intense (quoi que plutôt mensonger) sur le succès au box office hongkongais. Le film devra sans doute atteindre le public français en dvd et blu-ray dans les mois qui arrivent. La vraie star hongkongaise cette année a été Donnie Yen : les deux Ip Man, 14 blades, Legend of the fist et The Lost bladesman ont été édités en dvd, en attendant probablement Wu Xia (projeté à Cannes 2011). Il faudra attendre un peu pour découvrir ses autres films, notamment ses comédies. Donnie Yen est, en France aussi, la star incontestée du cinéma de Hong Kong. Par ailleurs, deux films de Johnnie To sont sortis à Hong Kong et il y a peu de chance qu’ils parviennent en salles jusqu’ici (à la limite en dvd).
L’un des faits marquants de cette année à Hong Kong est justement cette profusion actuelle de wu xia pian et autres films en costumes se déroulant dans la Chine légendaire ou dans celle du tournant du siècle (d’avant Mao). Cette mode a commencé à se développer depuis deux ans mais elle atteint aujourd’hui des proportions importantes. Sur la cinquantaine de films locaux sortis à Hong Kong en 2011, une quinzaine est donc en costumes. Une explication très simple à ce revival du genre : le nouveau système de coproduction avec la Chine. Près d’un tiers des films hongkongais sont aujourd’hui produits par Pékin pour le public chinois avec deux conséquences majeures. D’abord une obligation de se conformer aux exigences thématiques de Pékin, certains sujets ne peuvent pas être abordés, il est désormais interdit de critiquer tout organe étatique (police, fonctionnaire, état) et de vanter les triades ou d’en montrer des personnages positifs. L’autre conséquence est celle des acteurs et actrices : un quota d’interprètes chinois est exigé, des jeunes actrices mannequins au joli visage mais dont le jeu laisse indifférent.
L’arrivée de l’argent chinois dans le cinéma hongkongais a permis sans aucun doute à l’industrie d’être sauvée mais d’un autre côté, tous ces films en co-production se ressemblent et ennuient. Alors que reste-t-il à Hong Kong ? L’année a vu le retour de Cecilia Cheung après une longue éclipse due à sa vie de famille mouvementée. Elle a même embarqué dans un film son jeune fils. Il y aussi des choses qui ne bougent pas : Wong Jing par exemple qui continue avec ses budgets fauchés, ses scénarios simplistes et ses amis acteurs à produire et réaliser encore trois ou quatre films par an. Comme d’habitude, il change de genre comme de chemise, mais il garde toujours la même méthode. Wong Jing, quels que soient ses défauts, demeure aujourd’hui l’un des piliers du cinéma de Hong Kong.
Box office de tous les films d’Asie sortis en France en 2011 :
Arrietty le petit monde des chapardeurs (Hiromasa Yonebayashi) 916 961 entrées
(Chiffres aimablement fournis par Mathias C. Alonzo-Mosely)
Bonne année 2012 !
vendredi 30 décembre 2011
Perfect girls

Un vieil oncle d’Amérique millionnaire s’apprête à mourir dans les deux prochains mois. Il cherche un héritier parmi sa famille à Hong Kong. Lam Tin-chi (Wilson Lam) est ce neveu à qui l’avocat doit annoncer la bonne nouvelle. Mais il ne pourra hériter de la fortune de son oncle que si, dans un délai d’un mois, il se marie. Car Chi à 29 ans est encore célibataire. Pire que cela pour le futur défunt, il a toujours eu, dès l’enfance, des problèmes avec les femmes : il se laisse dominer par elles. On voit où veut en venir ce cher Wong Jing : une femme parfaite est une femme soumise, ou au moins qui ne domine pas son mari. La chasse à l’épouse est partie pour Chi car s’il ne se marie pas, c’est son cousin Robert (Kwan Chiu-chung – je crois que je n’avais pas vu un acteur aussi mal jouer depuis des années, comme s’il ne comprenait pas ce qu’il dit) qui touchera le magot.
Pour l’instant, Chi n’est au courant de rien. Le vent tourne avec les filles, un jour avec son cousin (Wong Jing), un obsédé sexuel qui croit pourvoir séduire toutes les filles, ou presque, il rencontre Siu-siu (Michelle Reis). C’est vers Chi qu’elle va se tourner car pour une fois, elle est plutôt respectée par un homme. Il faut dire que Chi est un grand dadais, timide et peu volontaire : il attend que les filles lui tombent dans les bras, et pourtant il en croise beaucoup dans son métier, il travaille dans la pub. Siu-siu n’est pas une fille commode, elle ne se laisse pas faire. Sa copine Fitty (Bat Mei-na) leur donne quelques conseils pour l’amadouer et leur dit de ne surtout pas lui donner de l’alcool. Chi trouve que Siu-siu se conduit mal et lui lance un pari : qu’elle se tienne bien un quart d’heure pendant la fête d’anniversaire de la mère de Chi (Tang Pik-wan). Elle gagne son pari, la mère – comme les amies de la mère avec qui elle joue au mahjong – la trouve bien mais, Siu-siu, une fois le temps fini, redevient la fille indépendante qu’elle a toujours été. Bien entendu, ça ne va pas plaire du tout à la maman qui se voyait déjà avec un belle bru et puis non.
C’est alors que l’avocat de l’oncle intervient pour annoncer la nouvelle. C’est sans compter sur Robert, le vil cousin qui fomente dans son coin pour pouvoir toucher l’argent. Il va tout faire pour que Chi ne se marie pas et il commence par semer la zizanie entre Chi et Siu-suiu. Et ça marche, elle se fâche et la mère de Chi ne veut plus la voir. Elle organisera des blind dates avec des filles toutes plus névrosées et improbables les unes que les autres. Le schéma de Perfect girls est classique : on sait très bien que Siu-siu finira par se marier avec Chi, que la mère l’acceptera. Ce qui d’habitude est plaisant dans ce genre de comédie, ce son les obstacles qui se mettent entre les amoureux. Etonnamment, le frère de Siu-siu interprété par Shing Fui-on, censé être dans les triades n’entre pas vraiment en jeu : sa partition comique consiste à ce que son personnage s’appelle Leslie Cheung et que sa maman lui prépare les matraques pour aller tabasser les clans adverses. Il faut donc inclure dans le récit une rivale à Siu-siu : ce sera Yan (Nina Li Chi), un mannequin que Chi rencontre sur un tournage. Yan obtiendra le soutien de la mère de Chi pour le mariage. On a vite compris qu’elle est complice d’Albert. On se dit surtout que compte tenu de l’absence de personnalité et de charisme de l’acteur qui joue Chi, il n’est même pas étonnant que personne n’ait envie de l’épouser.
Perfect girls (靚足100分, Hong Kong, 1990) Un film de Wong Jing avec Wilson Lam, Michelle Reis, Nina Li Chi, Monica Chan, Wong Jing, Mui Siu-wai, Bat Mei-na, Tang Pik-wan, Kwan Chiu-chung, Mak Yan-wa, Chan Wan-yue, Carol Lee, Sharon Kwok, Dennis Chan, Aan Kwok-leung, Hui Ying-sau, Anders Nelsson, Nat Chan, Shing Fui-on, Manfred Wong, Frankie Chan, Cheng Siu-ping, Leung Biu-ching, Wai Yee-yan.

