jeudi 15 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Nightfall (大追捕, Hong Kong, 2011)

Un film de Roy Chow avec Simon Yam, Nick Cheung, Kay Tse, Janice Man, Michael Wong, Tian Zhuang-zhuang, Dou Xiao, Ang Lee, Candice Yu, Cheung Kwok-keung, Felix Lok, Hung Cheuk-lap, Ngan Cheuk-ling, Gordon Liu, Kung Shek-leung, Ken Lo. 107 minutes. Classé Catégorie IIB. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.


Sorties à Hong Kong (mars 2012)

Marrying Mr. Perfect (嫁個100分男人, Hong Kong – Chine, 2012)

Un film de Wong Jing avec Ronald Cheng, Gigi Leung, Chapman To, Pau Hei-ching, Liu Yan, Mao Jun-jie, Stanley Fung, Gong Xin-liang, Eric Tsang, Sandra Ng, Cherrie Ying, Xie Na, Natalie Meng Yao, Lin Miao-ke. 90 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.


Sorties à Hong Kong (mars 2012)

One nation, two cities (一國雙城, Hong Kong, 2011)

Un film de King Wai-cheung. 70 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 15 mars 2012.


mercredi 14 mars 2012

Her fatal ways 3


Le concept de la série des Her fatal ways, produite par la Golden Harvest et réalisée par Alfred Cheung, repose sur un principe simple. Cheng Shih-nan (Dodo Cheng) est une haut-gradée des services de sécurité de la police de la Chine continentale. Avec son cousin Hsiao Sheng (Alfred Cheung), elle part en mission à Hong Kong avec chaque fois un but bien précis. Tous deux découvrent la colonie britannique (le premier film date de 1990) qui s’apprêtait alors à vivre la rétrocession. Cette rencontre avec les cousins Hongkongais (la traduction du titre chinois est « Cousin, vous êtes formidables ») est pour eux une constante source de surprises et pour le spectateur une suite de gags.

Dans Her fatal ways 3, Shih-nan se rend à Hong Kong pour organiser la venue d’un membre du parti communiste chinois. Pendant la guerre, le Chef Chien (Michael Lee) avait été soldat dans la colonie alors occupée par les Japonais. Et il y avait fait des rencontres (notamment amoureuse). Il en garde de très bons souvenirs et compte, à la fin de sa vie bien remplie, revivre ces moments heureux. Mais avant d’arriver à Hong Kong, un incident se produit. L’avion qui les amène de Pékin subit une avarie de moteurs et doit atterrir à Taïwan. Pour Shih-nan, c’est dramatique car l’île est disputée par les deux états. Elle ne trouve rien de mieux à faire que d’avaler son passeport et cache sa véritable identité. Elle termine à l’hôpital et son homologue taïwanais, Chiang Ta-yung (Chan Chun-yung) finit par découvrir qui elle est. Il s’ensuit une dispute sur la souveraineté de l’île où les arguments s’affrontent mais qui aboutit à un fait : Ta-yung tombe amoureux de Shih-nan qui, une fois rétablie, part à Hong Kong, laissant le pauvre homme dépité.

Passons maintenant à Hong Kong. Shih-nan et Hsiao Sheng ont pour guide l’inspecteur Lu (Anthony Wong) qui leur fait visiter la ville. Le caractère autoritaire de Shih-nan ressort immédiatement. A ses côtés, Hsiao Sheng fait pâle figure, il se tait la plupart du temps, il a envie de profiter de ces beaux moments qu’offrent la société capitaliste que fustige sa chef qui en fait son souffre-douleur. Shih-nan fait penser à Ninotchka, cette soviétique inventée par Ernst Lubitsch qui allait découvrir l’ennemi avec effroi avant de s’y plaire. Shih-nan est d’abord de mauvaise foi, persuadée que la nourriture occidentale va la transformer de bonne communiste en sale capitaliste. Elle est aussi pudibonde et ne comprend pas la raison pour laquelle le chef Chien veuille aller visiter Tsam Sha Tsui, le quartier chaud de Kowloon où Lu rencontre les triades (là non plus elle ne s’en rend pas compte) pour assurer la sécurité du dignitaire.

Her fatal ways 3 est l’occasion de brocarder les habitudes des Hongkongais, leur mode de vie, leurs loisirs. Elle s’essaie au karaoké et fait des vocalises mais chante terriblement faux. Elle visite un terrain de golf, traite les joueurs de paresseux mais est incapable de lancer une balle. Elle visite le tournage d’un film de kung-fu (avec l’aimable participation de Dion Lam). Les commentaires acerbes de Shih-nan créent l’étincelle comique. Elle semble se tromper sur à peu près tous les sujets. Face à elle, le regard impassible d’Anthony Wong, tout en douceur, en dit long sur les questions que posait la rétrocession. Les trois Chine sont réunies le temps d’une comédie avec des personnages attachants liés pour déjouer une vengeance amoureuse ourdie contre le chef Chien. Her fatal ways 3 est vraiment un film romantique.

Her fatal ways 3 (表姐,你好野!3之大人駕到, Hong Kong, 1992) Un film d’Alfred Cheung avec Dodo Cheng, Alfred Cheung, Anthony Wong, Chan Chun-yung, Lok Wai, Michael Lee, Wong Man, Pang Mei-seung, Wong Kwok-leung, Dion Lam.

mardi 13 mars 2012

Madam City Hunter


Il y a Mister City Hunter incarné par Jackie Chan dans Niki Larson de Wong Jing, voici Madam City Hunter interprétée par Cynthia Khan (le « vol » de titre est très courant). Elle est Shin, une policière non seulement bien jolie mais également courageuse qui n’hésite pas à sauter du toit d’un immeuble pour aller dézinguer quelques malfrats à la mitraillette. Elle est aussi experte en arts martiaux balançant des tatanes à d’autres méchants. Elle est impulsive, elle dit ce qu’elle pense, mais (et là, c’est le drame) Shin est célibataire et vit avec son papa (Wu Fung). Elle s’inquiète pour lui (il est veuf) autant qu’il s’inquiète pour elle (elle ne connait pas le danger).

Le père fréquente à nouveau, une jeune. Siu-Hung (Kara Hui) n’est pas dans les petits papiers de Shin. Bien au contraire, elle soupçonne cette future belle-mère de vouloir accaparer la richesse familiale. Elle a désormais tout le temps pour surveiller son père et sa compagne. En effet, Shin est soupçonnée d’avoir abattu froidement cinq jeunes drogués. C’est bien entendu un complot. En tant que bon flic, elle venait prendre des nouvelles d’une adolescente qui vit dans un squat. On l’a assommée et le méchant du film, Thumb (Yau Gin-gwok), chef très recherché du gang des Cinq Doigts, lui a tendu un piège. Elle est suspendue mais va mener son enquête avec l’accord de son chef, l’inspecteur Kwong (Tommy Wong), qui est secrètement amoureux d’elle. Enfin, secrètement, il faut le dire vite. Il lui offre chaque jour des fleurs, la dévisage avec un air béat et tente maladroitement de lui annoncer son amour.

Cette enquête, elle va la poursuivre avec Charlie Chan (Anthony Wong), affublé de lunettes et aux cheveux mi-longs bouclés. C’est peu de dire qu’Anthony Wong est l’attraction majeure du film dans un personnage au comique irrésistible. Il promène sa grosse carcasse et offre un burlesque corporel à côté duquel les autres acteurs font pâle figure. Charlie Chan est un détective privé, fort perspicace, puisqu’il parvient sans peine à comprendre que Siu-hung est liée à Thumb, que c’est une dévoreuse de maris fortunés (oui, le film est très misogyne). Chan est accompagné dans son travail par Blackie (Sheila Chan), une folle furieuse qui se met sans cesse en colère et menace de frapper du poing à peu près tout le monde. Elle met souvent cette menace à exécution mais son corps frêle face aux malfrats ne fait pas le poids. Là aussi réside le comique du film.

Madam City Hunter est une comédie d’action où l’action n’est dévolue de manière sérieuse qu’au personnage de Cynthia Khan sur une chorégraphie des combats de Yuen Woo-ping. Elle frappe fort et de manière précise, les mouvements de son corps occupent l’espace. Il est cependant étonnant de voir que la plupart des combats ont lieu dans des immeubles ravagés. De leur côté, Anthony Wong comme Sheila Chan se battent pour rire, en faisant de grands gestes et de beaucoup de grimaces. Le film est parodique mais dans une moindre mesure que Niki Larson. Il souffre évidemment d’un budget inférieur (d’où les décors pauvres et non pas un paquebot de luxe). Sinon, il faut signaler que Kara Hui est hilarante à la fois quand elle fait son strip-tease et quand elle ne comprend pas le langage de Sheila Chan lorsque cette dernière se fait passer pour une bonne philippine.

Madam City Hunter (城市女獵人, Hong Kong, 1992) Un film de Johnnie Kong avec Cynthia Khan, Anthony Wong, Tommy Wong, Sheila Chan, Kara Hui, Wu Fung, Yau Gin-gwok, Hau Woon-ling.

lundi 12 mars 2012

The Legendary Tai Fei


Dans une boite de nuit, Shin (Alex Lam) et ses amis (deux garçons et trois filles), dansent en transe aux sons d’une musique techno minimale. La boite appartient à leur boss, King (Benny Lai), jeune loup des triades qui, affalé sur son canapé du carré VIP et entouré de deux jeunes femmes peu farouches, encouragent deux lycéens à vendre de la drogue. Car King est une ordure, un homme sans foi ni loi qui ne rêve que d’une chose : devenir le chef suprême des triades. Il a beau s’habiller avec un beau costume, il est l’opposé de Tai Fei (Anthony Wong) amateur de chemise à fleurs, qui avec sa femme Kei (Teresa Mak) sermonne gentiment un de ses hommes qui bat sa femme. Ça ne se fait pas dans le clan de Tai Fei qui préfère les triades à l’ancienne.
Un jour, Fei reçoit des nouvelles de Ling (Maggie Lau), l’un de ses anciennes petites amies, il y a de cela près de vingt ans. Elle est mourante et apprend à Fei que Shin est son fils. Elle lui sort une longue litanie bourrée de clichés (mais voulue comme édifiantes) sur la vie, la mort et le destin, le tout accompagné d’une musique poignantes destinée à faire produire quelques larmes chez le spectateur. Il se trouve que Shin l’apprend en même temps. Le problème est que le père et le fils ne s’entendent pas. Ce dernier était allé provoquer Fei, quelques scènes auparavant, dans son sauna (comprendre un bordel) où il refusait toutes les filles proposées. Les hommes de Fei l’ont fichu à la porte, ainsi que ses deux potes, en caleçon, les humiliant en public. Les garçons se croient tout permis parce qu’ils s’estiment protégés par King, mais quand Tai Fei leur fait la morale sur le caractère méchant de leur boss, ils n’écoutent pas et n’en font qu’à leur tête.
Pour accéder au pouvoir, King a décidé de sortir la grosse artillerie : meurtre, chantage, enlèvement, torture. On avait bien compris son caractère néfaste quand il ment sans vergogne à sa copine, par ailleurs la fille d’un des bras droits de Tai Fei (encore un problème de mauvaise éducation parentale, faut dire que la fille se promène en soutien-gorge). Mais Tai Fei n’est pas un homme à se laisser trahir et dicter sa conduite. Il va rameuter tous ses fidèles pour remettre dans le droit chemin cette saleté d’arriviste. The Legendary Tai Fei s’applique à suivre un programme élaboré avec les Young & dangerous produits par Wong Jing, soit une vision romantique des valeurs des triades. Pourquoi pas, John Woo l’a un peu en son temps jusqu’à ce que Johnnie To montre l’envers du décor de manière politique dès les débuts de la Milkyway Image. Tai Fei était un personnage de la série de films et The Legendary Tai Fei en est un spin off. Le souci majeur du film est qu’il ne véhicule que des clichés éculés dans des scènes très dramatisés (la mort de la mère de Shin appuyées avec une musique lacrymale et des gros plans de visage en larmes) et que son budget très faible donne des images d’une grande laideur (des contre plongées à gogo). Tout cela rend le film vite insupportable et bête.
The Legendary Tai Fei (古惑仔激情篇洪興大飛哥, Hong Kong, 1999) Un film de Kant Leung avec Anthony Wong, Teresa Mak, Benny Lai, Alex Lam, Maggie Lau, Chiu Lai-yee, Leung Cheuk-moon, Chan Nam-wing, Chat Pui-wan, Tsui Ling-ling, Lee Siu-kei, Kam Yau, Bowie Lau.

vendredi 9 mars 2012

Sorties à Hong Kong (mars 2012)

A simple life (桃姐, Hong Kong, 2011)
Un film d’Ann Hui avec Andy Lau, Deannie Yip, Wang Fu-li, Qin Hailu, Lam Yi-man, Paul Chun, Hui Pik-kei, Elena Kong, Anthony Wong, Yu Man-si, Don Yu Dong, Helena Law, Raymond Chow, AngelaBaby, Chapman To, Tsui Hark, Ning Hao, John Shum, Sammo Hung, Leung Tin, Hui Siu-ying, Tam Bing-man, Andrew Lau, Gung Suet-fa, Joe Cheung. 119 minutes. Classé Catégorie I. Sortie à Hong Kong : 9 mars 2012.

mercredi 7 mars 2012

Apart together


La fébrilité règne dans la maison de Yue (Lisa lu) à la lecture de la lettre de Liu Yansheng (Feng Lin). Ce dernier fût, à la fin des années 1940, le premier époux de Yue. Soldat nationaliste, il a fui à Taïwan comme un bon nombre de Shanghaiens à l’arrivée des troupes de Mao Tsé-toung. Il a refait sa vie là-bas, s’est marié et devenu veuf. Il annonce à Yue qu’il va venir la voir lors d’un voyage touristique. Elle a également bien vécu. Elle a élevé son fils qu’elle a eu de Yansheng et ses deux filles avec son deuxième mari Lu Shanmin (Xu Caigen), que tout le quartier appelle le vieux Lu. C’est un événement que personne ne veut manquer, la famille prépare un copieux repas « encore plus beau que celui du Nouvel An », dit la fille de Yue.

C’est dans l’allégresse que tout le quartier (avec fanfare d’enfants) accueille Yangsheng. La petite fille de Yue va lui faire visiter la ville en car dans un moment ironique où les touristes taïwanais regardent tous les beaux immeubles de Shanghai sous des « oh » et des « ah » d’étonnement. Toute la ville reste hors champ car ce que veut montrer Wang Quanan n’est pas le miracle économique chinois mais plutôt ce futur qui déstructure les familles, qui les fait vivre dans des buildings sans âme, sans vie de quartier. Il ne vante pas non plus la promiscuité de ces résidences vétustes, pleines de courant d’air où les voisins savent tout, tout de suite. Il compare ces modes de vie comme les personnages comparent leurs expériences de 1949 dans des plans séquences quasi immobiles où les trois vieux acteurs se racontent tandis qu’ils dînent.

Séparés et ensemble, comme le dit le titre Apart together. Séparés, ils l’ont été plus de 50 ans, par la force des choses. Yue dans ses souvenirs essaie de comprendre pourquoi ils ne se sont pas retrouver sur le quai pour l’embarquement. Tout reste un peu confus. Ensemble, ils le sont maintenant devant l’œil amusé du vieux Lu qui achète de beaux crabes à Yansheng. Il n’y a que le fils ainé qui ne semble avoir que peut d’affinités avec ces retrouvailles. Il en a toujours voulu à ce père naturel de les avoir abandonnés, de ne jamais avoir donné de nouvelles et de revenir aujourd’hui à la fin de leur vie. Or Yansheng a un projet : faire venir Yue à Taïwan et qu’ils puissent recommencer leur vie ensemble. Ça va beaucoup discuter et s’engueuler dans la famille et, bizarrement, le vieux Lu – a priori le plus rétif – ne voit pas d’opposition à cette nouvelle séparation.

A ce stade du film, le scénario qui aurait pu partir dans le mélodrame larmoyant, les règlements de compte sur fond d’histoire des deux Chine, décide au contraire d’aller sur les champs de la comédie. Yue et Lu décident donc de divorcer. Mais par un tour kafkaïen, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas mariés. Il faut donc qu’ils se marient pour divorcer. On a droit à une amusante scène de photo de noces, à un rendez-vous bureaucratique absurde et à un repas où chacun entonne une chanson de leurs vingt ans. Le regard doux porté sur ces visages usés, cette subtilité dans l’évocation du passé douloureux chinois font la saveur de ce film modeste et beau.

Apart together (團圓, Chine, 2010) Un film de Wang Quanan avec Lisa Lu, Qiao Yue, Feng Ling, Xu Caigen, Lu Shanmin, Monica Mok, Baiyang, Mo Xiaotian, Lu Yan.

mardi 6 mars 2012

Lady Whirlwind


La Lady Whrilwind de ce film des premières années de la Golden Harvest, c’est Tien Li-chun (Angela Mao). Telle une héroîne d’un film de King Hu, elle cherche à venger la disparition de sa sœur, morte de chagrin après le départ du foyer de Ling Shih-hao (Chang Yi). Ce dernier a disparu depuis trois ans. On le découvrait dans la scène d’ouverture en train de se battre contre Azumaya (Pai Ying), un Japonais pour une fois montré de manière moins caricaturale que d’habitude (en tout cas moins que dans La Fureur de vaincre au moins au début du film). Les deux hommes sont ennemis parce que Ling lutte contre un trafic d’opium organisé par le Japonais. Laissé pour mort, il est secouru par Hsuang Hsuang (Wu Ching-erh), une frêle jeune femme.

Le trafic est organisé par Madame Tao (Liu Ah-na), une femme au caractère bine trempé qui tire frénétiquement sur son fume-cigarette. C’est elle qui a mis à prix la tête de Ling Shih-hao. Elle se trouve vite confrontée à la fureur vengeresse de Tien qui apparait vite comme obsédée par sa mission de justice. Hsuang Hsuang a beau lui demander sa clémence, Ling a beau lui expliquer qu’il n’est pas responsable de la mort de sa sœur, rien n’y fait, elle continue de vouloir le tuer. Œil pour œil, dent pour dent. Ainsi, quand Ling a été salement amoché par l’un des hommes de Madame Tao (Sammo Hung, qui a l’époque se contentait des rôles de méchants et par ailleurs crédité comme chorégraphe des combats), Tien attend qu’il se soit rétabli pour finir son travail.

L’ambition de Lady Whirlwind est double. Il s’agit d’abord de concurrencer sur son propre terrain de prédilection la Shaw Brothers et ses actrices vengeresses combattantes (Cheng Pei-pei par exemple). D’un autre côté, la Golden Harvest rebondit sur le succès incroyable des deux films avec Bruce Lee qui ont radicalement changé le paysage du film de kung-fu. Lady Whirlwind sorti trois mois après La Fureur de vaincre en est le pendant féminin mais avec un souci de taille : un trop grand nombre de combat pas franchement réussis. Le film souffre d'un manque flagrant de budget, tout est filmé en forêt, il n'y a que peu de décors tous pauvres. Comme souvent, la surenchère apporte la banalisation et il faut bien reconnaitre que l’ennui pointe souvent devant l’absence de diversité des combats et les caractères trop tranchés des personnages.

Lady Whirlwind (鐵掌旋風腿, Hong Kong, 1972) Un film de Huang Feng avec Chang Yi, Angela Mao, Pai Ying, Wu Ching-erh, Liu Ah-na, Chin Yuet-sang, Sammo Hung, Chin Nan-yi, Yeung Wai, Law Kei, Huang Feng.

lundi 5 mars 2012

Hello, late homecomers


Hello, late homecomers est un film composé de trois histoires réalisé par trois cinéastes (John Woo, Louis Sit et Lau Tin-chi) avec comme acteur principal Louis Lo Yuen. Peu connu (je ne l’avais vu que dans un Chow Yun-fat de ses débuts, Their private lives), Louis Lo Yuen est un grassouillet qui porte des lunettes carrées et est persuadé d’être un Apollon. La première matière de son comique est donc le contraste avec son physique banal, voire ingrat, et son ambition sexuelle. Le sujet du film est les femmes qui font subir quelques déboires amoureux à notre héros. Elles vont lui en faire voir des toutes les couleurs et le placer dans des situations humiliantes donnant ainsi une volonté de burlesque où son corps sera malmené, sa position de mâle ridiculisée et ses tentatives de parvenir à coucher avortées.

Dans Till we meet again, Louis Lo Yuen parie avec deux de ses amis (dont Karl Maka qui portait encore des cheveux) qu’il réussira à coucher avec une femme choisit au hasard dans les vingt-quatre heures. Dans Heart on her undies, il porte un caleçon sur lequel sa maîtresse a cousu un cœur. Le caleçon disparait et il part à sa recherche. Dans Little men’s big hopes, il est le mari d’une femme acariâtre qui ne lui laisse aucune liberté. Sa maîtresse le convainc d’engager un tueur à gages pour l’éliminer. Dans les deux premières histoires, Louis Lo Yuen sera le dindon de la farce, celui dont tout le monde se moque. Ainsi Karl Maka a fait un arrangement avec la jeune femme (une prostituée) pour lui soutirer son argent. Ne nous y trompons pas, le film est d’abord le moyen de montrer les actrices en maillot de bain, en petite tenue, voire entièrement nue, comme dans le dernier sketch. Le film déploie aussi des gags pas franchement fins qui vont du plus bête (on marche sur les pieds des autres) au plus élaboré (un serveur lit à très haute voix une lettre de drague dans le restaurant) en passant par le graveleux (Louis Lo Yuen frotte un concombre, une courgette puis un cornichon sur la joue d’une fille qui ne le voit pas, elle le reconnait avec le cornichon).

Des trois, c’est la dernière histoire qui est la mieux mise en scène parce qu’elle confronte eros et thanatos, l’amour et la mort. Louis Lo Yuen est donc un mari brimé par sa femme. Elle le harcèle à chaque minute de la journée en lui demandant avec une voix autoritaire qu’il lui dise qu’elle l’aime. Il lui répond avec une toute petite voix. Elle adore sucer des glaçons (pourquoi, je ne sais pas) et refroidit sa chambre où Yuen se gèle. Elle le surveille jusqu’aux toilettes. Son échappatoire est sa jeune maîtresse qui est aussi sa secrétaire. Il place tout un stratagème chez lui, sur les conseils d’un tueur à gages pas franchement très compétent, pour assassiner son épouse. On voit d’abord l’installation minutieuse des pistolets, couteaux, câbles électriques, poison destinés assurer son sale coup. Ce n’est pas seulement la surabondance de moyens pour tuer sa femme qui fait sourire, mais c’est aussi que pour la première fois Yuen prend en main sa vie, il met en scène son meurtre tel Michael Caine dans Le Limier dont on sent les emprunts.. On reconnait dans ce sketch l’amorce du style de John Woo quand dans ses polars des années 1980, les gangsters planquaient des armes dans les pots de fleurs ou sous la table. John Woo lance ensuite sa chorégraphie quand l’épouse revient : pour Yuen, il s’agit d’éviter les pièges qu’il a lui-même tendu, le rythme s’emballe pour un final qui doit plus au cinéma de kung-fu qu’à la comédie.

Hello, late homecomers (Hello! 夜歸人, Hong Kong, 1978) Un film de John Woo, Louis Sit et Lau Tin-chi avec Louis Lo Yuen, Yik Ga, Chan Wai-ying, Fung Hak-on, Lee Hoi-sang, Cheng Lui, Cheng Fu-hung, Lam Hau-yi, Karl Maka, Lau Hok-nin, Tong Kam-tong, Fung Fung, Ho Pak-kwong, Lau Kwok-shing, Ma Chung-tak, Lee Wan-lung.