lundi 2 septembre 2013

Zatoichi, le masseur aveugle


Ce voyageur solitaire qu’est Zatoichi (Shintaro Katsu) rend visite au parrain du clan Iioka dans ce premier épisode des aventures du masseur aveugle (il s’en compte 25 films tournés entre 1962 et 1973). Zatoichi le masseur aveugle présente d’abord les grandes facultés du personnage. Arrivé dans la demeure du maître du clan, il ne se fait pas tout de suite connaitre. Il joue aux dés avec les samouraïs présents. Il se moque de leur puanteur, sueur et crasse, après avoir senti le doux parfum des fleurs printanières dans le jardin. Croyant pouvoir l’arnaquer, Zatoichi les prend à leur propre piège. Les dés sont découverts, ils pensent gagner, parient tous sur le nombre annoncé. Mais ces dés étaient les siens, tombés bien malencontreusement de sa manche. Les dés du pari étaient bien couverts. Il récolte leur argent.

Son premier sens bien développé est donc l’odeur. Son ouïe l’est encore plus. A coups de gros plans sur son oreille alternant avec une image de pieds foulant l’herbe, il parvient à savoir à l’avance l’arrivée de quelqu’un. Ses deux sens cumulés lui permettent également de manier l’épée avec dextérité. C’est ce qui fait sa réputation, comme le souligne le parrain Iioka qui demande une démonstration devant ses samouraïs. Non sans malice, Zatoichi refuse d’obéir à cet ordre (« je ne suis pas une bête de foire », dit-il). Personne ne dicte sa conduite, pas même un chef de clan. Avec un certain sens comique, Zatoichi préfère se faire masser par Tatekichi (Michirō Minami), un samouraï mis à sa disposition (« un masseur aveugle qui se fait masser par un voyant, c’est le comble », hurle le chef de clan).

Cette présentation du personnage faite, Zatoichi le masseur aveugle doit développer son scénario au sein des Iioka. Tatekichi a une sœur, Otane (Masayo Banri). Elle travaille dans l’auberge du village. Leurs rapports sont houleux depuis qu’elle sait que Tatekichi a mis enceinte l’une de ses amies. Il refuse d’aller voir sa maitresse et d’envisager d’être père. Otane, femme au fort tempérament, a décidé de quitter son époux Masakichi (Toshio Chiba), par lassitude du monde des samouraïs. Zatoichi comprend toute l’histoire en glissant son oreille de temps en temps, faisant mine de n’avoir rien entendu. Ses arrivés impromptues montrent l’ironie de son personnage qui n’est jamais dupe de la bêtise des deux samouraïs. Il prend le parti d’Otane qui souhaite quitter le clan avec lui.

Le clan Iioka, et son chef en premier lieu, a une grande soif de pouvoir mais se montre radin pour payer Zatoichi (l’argent a une grande importance dans le film). Le clan ennemi est celui des Sasagawa qui se vante d’avoir en son sein un grand sabreur, Hirate (Shigeru Amachi). Bien qu’hébergé par les Iioka, Zatoichi se lie d’amitié avec Hirate. Ils se rencontrent au bord d’un étang où tous deux sont venus pécher. Ils vont boire du saké ensemble. Leur point commun est leur handicap. Hirate est tuberculeux et Zatoichi l’a senti tout de suite. Mais la guerre entre les deux clans approche. Les relations entre les deux hommes sont les plus saines de tout le film. Sur un pied d’égalité, ils sont tous les deux manipulés et utilisés comme chair à canon par leur chef respectif.

Cette amitié sincère est le cœur du film de Kenji Misumi et contraste avec le traitement des personnages des deux clans. Zatoichi démontre à plusieurs reprises la stupidité du chef Iioka en l’humiliant devant ses hommes. Les deux chefs Iioka et Sasagawa sont désignés comme des hommes belliqueux et avides de pouvoir. La scène de bataille les montre pleutres (ils se cachent derrière leurs hommes). Les villageois sont terrorisés par ces guerres de clan et les samouraïs ne se soucient pas d’eux. Les combats ne sont pas particulièrement bien chorégraphiés et rapidement expédiés mais la photographie du film est superbe avec un noir et blanc contrasté. En fin de film, Zatoichi part, seul, vers une nouvelle aventure.

Zatoichi, le masseur aveugle (座頭市物語, Japon, 1962) Un film de Kenji Misumi avec Shintaro Katsu, Masayo Banri, Ryuzo Shimada, Hajime Mitamura, Shigeru Amachi, Chitose Maki, Ikuko Mōri, Michirō Minami, Eijirō Yanagi, Toshio Chiba, Manabu Morita, Yoichi Funaki, Kinya Ichikawa, Eigoro Onoe, Yoshito Yamaji.

samedi 31 août 2013

The Bare-footed kid


Entre The Heroic trio et The Mad monk, Johnnie To a tourné, pour la Shaw Brothers, The Bare-footed kid. Le rôle titre, Feng-yao est tenu par Aaron Kwok alors en pleine conquête du cinéma cantonais. Jeune orphelin qui débarque en ville sans le sou et sans chaussure. Il a faim mais n’a pas de quoi acheter à manger. Une belle jeune femme, Miss Ho (Maggie Cheung), immédiatement magnifiée par Johnnie To au milieu de tous les pouilleux qui grouillent dans le village, lui donne deux galettes pour son repas. Son bonté est également montrée quand elle donne des pièces à des pauvres qui empêchent un palanquin de mariage de passer. Miss Ho aime résoudre les problèmes.

Feng-yao n’a qu’une adresse, celle du tisserand des Quatre Saisons. Il l’ignore encore mais la Miss Ho en est la patronne. Les ouvriers travaillent gaiement, ils sont bien payés et font du bon travail. Duan (Ti Lung) est le gérant de l’affaire. Il cache un lourd secret. Avant de devenir tisserand, il était un général rebelle. Il connaissait le père de Feng-yao avec lequel il a fomenté un complot. Désormais en exil, Duan décide d’engager l’orphelin et Miss Ho lui offre l’un des objets qu’il espérait : une paire de chaussures. Feng-yao n’est désormais plus pieds nus et peut enfin manger à sa faim. Duan a gardé pour le jeune homme l’arme fétiche de son défunt père.

Feng-yao est pauvre mais il est aussi illettré. Ne sachant même pas écrire son nom, il rencontre Hua Xiao-lien (Jacklynn Wu) qui enseigne l’écriture aux enfants. Elle est la fille du professeur Hua (Paul Chun), un homme de sagesse. Mais sa fille est moins sage. D’abord vue déguisée en homme pour regarder des estampes érotiques chez un forain, elle se moque ensuite de Feng-yao en lui donnant un papier où elle aurait écrit son nom. En fait, il s’agit du mot « abruti » qu’il parvient à reproduire sous les ricanements. Consciente de la peine causée, elle l’aidera honnêtement et une romance s’esquisse entre Xiao-lien et Feng-yao.

Le scénario de The Bare-footed kid ne s’embarrasse pas avec le manichéisme. Le bien est du côté des Quatre Saisons, le mal est à chercher chez les Fileurs du Dragon, dirigé par Ke Hu Pu (Kenneth Tsang) qui n’a d’autre but dans la vie que de posséder le monopole du marché du tissu. Il veut acheter les Quatre Saisons et tous les moyens sont bons pour lui. Quand Yuan Tien-yu (Eddie Cheung), un nouveau magistrat arrive dans la ville, Ke Hu Du fait tout pour qu’il ne voie pas la corruption qui règne (il supprime les témoins) ou les jeux de hasard qu’il gère malgré l’interdiction. Toute l’échoppe de Miss Ho est brûlée et Feng-yao va la venger en se battant contre les hommes de Ke Hu Pu.

Feng-yao est chassé des Quatre Saisons et devient boxeur pour Ke Hu Du. Seule sa naïveté autorise ce changement de camp, ainsi que l’appât du gain. Ke Hu Du veut en faire son chef de la garde devant sa grande force. Feng-yao est content d’avoir de nouvelles chaussures mais il préfère se battre pieds-nus, laissant l’empreinte de ses pieds poussiéreux sur les visages de ses adversaires. C’est Liu Chia-liang qui chorégraphie des combats virevoltants et tout à fait dans le style de cette époque, montage très rapide, champ-contrechamp sur les coups de poing donnés puis reçus, corps qui tombent violemment en cassant les chaises. Le scénario est plein de rebondissements et de coups de théâtre, loin de la finesse des films suivants de Johnnie To.

The Bare-footed kid (腳小子, Hong Kong, 1993) Un film de Johnnie To avec Aaron Kwok, Maggie Cheung, Ti Lung, Jacklynn Wu, Paul Chun, Eddie Cheung, Kenneth Tsang

vendredi 30 août 2013

Tiger on the beat 2


Le titre est presque le même mais Tiger on the beat 2 n’est pas une suite de Tiger on the beat tout en se déroulant dans l’univers de la police qui lutte contre des affreux trafiquants de cocaïne. Le concept primaire n’évolue pas, seuls les personnages changent. Danny Lee remplace Chow Yun-fat dans le rôle du flic incompris de sa hiérarchie. L’inspecteur Lim doit accueillir son neveu Buffalo (Conan Lee, dont la musculature a doublé depuis Tiger on the beat), jeune marin qui débarque candidement de son bateau en provenance de Los Angeles. Sa mère l’envoie à Hong Kong pour que Lim lui trouve une épouse chinoise avant la rétrocession, sujet plusieurs fois évoqué superficiellement dans le film.

Trouver une fiancée à ce grand benêt de Buffalo, gentil jeune homme qui a le cœur sur la main (toujours prêt à rendre service) et le poing facile (l’impulsivité est le moteur psychologique) est la mission de Lim. Il demande conseil à un de ses collègues qui ne trouve rien de mieux que d’emmener Lim et Buffalo sur une pagode remplie de réfugiées illégales à la recherche d’un mari pour devenir citoyennes de Hong Kong. Le rendez-vous tourne court, le policier et son neveu s’en vont vite quand leur bateau croise le yacht de Fai (Gordon Liu), que Lim connait très bien, trop bien pour s’être souvent confronté à lui pour des affaires louches.

Fai, attifé comme un nouveau riche et donnant des coups de fil avec ces téléphones géants, si typique de ces années du cinéma cantonais, n’est pas ravi de voir débarquer son ennemi sur son yacht. D’autant qu’il monte parce qu’une jeune femme, surnommée Sweet Dream (Ellen Chan) a sauté du navire en criant à l’aide. Buffalo cherche à savoir pourquoi elle a fui l’homme d’affaires qui feint de n’avoir rien à se reprocher. Sweet Dream a été témoin d’un meurtre par le tueur à gages (Roy Cheung) de Fai, un homme au regard sombre qui manie le couteau avec une grande dextérité. Sweet Dream a surtout volé une bague sertie de diamants à l’homme assassiné, un autre trafiquant.

Le personnage de Sweet Dream est l’un des plus pénibles vus dans le cinéma de Liu Chia-liang. Minaudant d’abord pour faussement séduire Buffalo, elle va ensuite s’incruster dans sa vie en l’invitant chez elle où sa colocataire, nymphomane, manque de violer le jeune homme. Séquence comique avec une série de quiproquos où un tueur débarque pour flinguer Sweet Dream. Lim est persuadée que la jeune femme a inventé cette histoire de tueur venu la flinguer (elle est la seule témoin) alors que Buffalo veut la croire et l’aider. Tout cela dure des plombes, les avanies pleuvent sur la pauvre jeune femme que personne ne croit, jusqu’à ce que Lim comprenne qu’elle est effectivement en danger. Les méchants sont sans pitié et frappent fort. Les deux amis ne font pas le poids contre eux.

C’est sans doute pour cela que le récit fait entrer un autre personnage féminin, Maria (Maria Cordero), collègue de Lim au physique à l’opposé de celui d’Ellen Chan. Maria Cordero, qui chantait la chanson du générique de Tiger on the beat, était jusqu’à présent habituée aux simples apparitions comiques que son physique de femme gironde commande. Aussi raisonnable que Sweet Dream est écervelée, Maria va aider la petite bande à affronter Gordon Liu et Roy Cheung dans un combat qui lorgne à la fois du côté de Piège de cristal (Buffalo se retrouve pieds nus à marcher sur du verre) et les films de Jackie Chan (les chutes brutales sur le sol, l’utilisation des meubles pour se battre). Pour conclure, Tiger on the beat 2 est un film très poussif, très répétitif et très convenu. Le film a été un échec public.

Tiger on the beat 2 (老虎出更2, Hong Kong, 1990) Un film de Liu Chia-liang avec Danny Lee, Conan Lee, Ellen Chan, Gordon Liu, Roy Cheung, Maria Cordero, James Wong, Mak Tak-law, Norman Chu, Margaret Lee, Melvin Wong, John Cheung, Phillip Ko.

jeudi 29 août 2013

Tiger on the beat


Après l’effondrement de la Shaw Brothers (de deux à trois films par an à partir de 1986), Liu Chia-liang travaille pour la CCC (Cinema City Company) pour trois films. Tiger on the beat en 1988, Aces go places V : Terracota hit en 1989 et Tiger on the beat 2 en 1990. Il en profite pour embaucher quatre de ses acteurs fétiches dans Tiger on the beat, polar urbain qui cherche à marcher sur les plates-bandes de Jackie Chan ou John Woo. Norman Chu interprète le super méchant du trafiquant de drogues. Il veut vendre de la cocaïne venue de Thaïlande avec de vilains Américains. Gordon Liu incarne son garde du corps vicieux et violent. David Chiang est le commissaire en chef de la brigade anti-criminalité. Ti Lung est un restaurateur très ami avec le personnage de Chow Yun-fat.

Chacun d’eux a des apparitions plus ou moins longues en tant que personnages secondaires. Mais ce sont les deux flics Francis Li (Chow Yun-fat) et Michael Tso (Conan Lee) qui sont les héros de Tiger on the beat. Comme dans tout buddy movie, leur caractère s’oppose. Francis Li est un gros dragueur (le film commence dans la chambre d’une jeune femme quand le mari arrive), râleur (il s’engueule avec son patron) et paresseux (flic depuis onze ans, il n’est jamais parvenu à monter en grade). Michael Tso est un homme d’action, impulsif et intègre. Il entend faire respecter la loi partout où il se trouve. C’est à lui que sont dévolues les scènes de baston, notamment le final contre Gordon Liu où chacun est armé d’une tronçonneuse.

Le scénario de Tiger on the beat se déploie selon trois axes. Le premier est la confrontation entre les deux flics. Ils ont des méthodes différentes pour enquêter, l’une douce (Li), l’autre forte (Tso). Ils vont devoir faire équipe et s’entendre. Le deuxième est typique des polars des années 1980 : une banale histoire de trafic de drogues avec des méchants aux rires sardoniques qui se croient impunis. Tous sont très caricaturaux. Le troisième est autour des filles. Mimi (Shirley Ng) est la sœur de Li qui va flirter avec Tso, en cachette, car son équipier voit d’un mauvais œil cela. Mary-Donna (Nina Li Chi) est la sœur d’un trafiquant qui sert de coursier. Elle ignore tout du trafic mais va se retrouver embarquée dans cette sale histoire. Les deux demoiselles vont, bien entendu, être malmenées par les trafiquants de drogue.

Alors que dans ses films de kung-fu avait toujours évité d’accumuler les morts, le scénario de Tiger on the beat en regorge. Le cinéaste tente de s’adapter aux goûts du moment, bien loin de ses habitudes. Poursuite entre Philip Ko (le frère Mary-Donna) et Tso qui grimpe sur le toit d’un passage piéton. Courses en voiture avec cascades. Fusillade à gogo. Mais pour rester dans la course, le film est aussi agrémenté de scènes comiques qui ne volent pas haut : drague minable de Francis Li, gags avec les deux héros en caleçon dans la rue, courte apparition de la comique Lydia Shum en vendeuse de sous-vêtements féminins. Le film n’est pas désagréable à regarder grâce aux acteurs, Chow Yun-fat en tête dans son personnage de mec tellement cool et aussi grâce à Gordon Liu en épouvantable méchant. Après les gros bides de ses films précédents, Liu Chia-liang renoue enfin avec le succès public et relance sa carrière.

Tiger on the beat (老虎出更, Hong Kong, 1988) Un film de Liu Chia-liang avec Chow Yun-fat, Conan Lee, Nina Li Chi, Shirley Ng, James Wong, Ti Lung, Gordon Liu, Norman Chu, Phillip Ko, Shing Fui-on, David Chiang, Lydia Shum, Chan Yau-man, Lau Kar-wing.

Sorties à Hong Kong (août 2013) Hardcore comedy


Hardcore comedy (重口味, Hong Kong, 2013)
Un film d’Andy Lo, Henri Wong et Chong Siu-wing avec Kelvin Kwan, Michelle Wai, William Chan, Dada Chan, Terence Tsui, Oscar Leung, Christine Kuo, Siu Yam-yam, Suen Kai-kwan, Judy Tsang, Cheung Laap-gei, Timothy Cheng. 92 minutes. Catégorie III. Sortie à Hong Kong : 29 août 2013.

mercredi 28 août 2013

Les Disciples de la 36ème chambre


Dans le troisième et denier film de la saga de la 36ème chambre de Shaolin, San De est à nouveau incarné par Gordon Liu. Le créateur de l’école d’entrainement aux laïcs part fleurir la tombe de son père quand, encore une fois, il doit faire face à des Mandchous qui célèbrent leurs morts dans un cimetière à part. Le chef des Mandchous (Liu Chia-liang, rarement vu dans le rôle de l’ennemi) pêche dans un étang adjacent, quand le jeune Fong Shi-yu (Hsiao Ho) tente de la lui voler la truite qu’il a au bout du fil. San De parvient à calmer les Mandchous mais Shi-yu pense que ce moine pactise avec l’occupant.

Le véritable personnage principal des Disciples de la 36ème chambre est Fang Shi-yu, alias Fong Sai-yuk que Jet Li interprétera par deux fois dans deux comédies de Corey Yuen (Fong Sai Yuk et Fong Sai Yuk 2). Comme dans tout Shaw Brothers qui se respecte, le générique montre sur fond uni le passé du jeune homme : un adversaire redoutable au kung-fu qui parvient à défaire des plus costauds que lui et notamment Tiger Lie. Voici ce qui fait la réputation de Shi-yu. Hsiao Ho, au corps si frêle, de petite taille ne tient pas en place. Chaque occasion est bonne pour aller donner du coup de poing, pour se vanter et pour répliquer à ses professeurs ou ses parents.

Il est né du deuxième mariage avec Miao Tsui-hua (Lily Li) qui a épousé un riche et vieil homme déjà père de deux fils plus âgés que Shi-yu. Les deux aînés étudient dans l’école des grands mais Shi-yu est cantonné à celle des enfants. On imagine parce qu’il n’a jamais cessé d’apprendre les arts martiaux, il n’a jamais pu apprendre à écrire. Il tient son pinceau comme un gamin, gribouillant sa punition. Pour qu’il ne s’échappe pas, sa mère, qui le couve beaucoup et le défend souvent, l’attache avec une corde que tiennent les aînés. Le personnage a donc d’abord une fonction comique, une sorte d’abruti qui n’est jamais à sa place. Il se conduit comme un enfant et est persuadé d’être très malin.

Ce sale gamin peut vite énerver tant son personnage est immature, prétentieux et impulsif, ce qui le mène à chercher des noises à San De. Il ignore qui il est et reste persuadé qu’il est allié des Mandchous. Il se rend avec ses frères au commandement général, agresse les soldats en grand nombre. Rien ne se passe comme prévu puisque San De n’est pas là mais au monastère de Shaolin. Miao Tsui-hua arrive à temps pour que les enfants ne périssent pas. D’un côté, elle expédie les trois garçons à Shaolin, d’un autre côté, elle promet d’épouser le chef mandchou s’il parvient à séparer ses deux jambes pendant qu’elle prend la position du cheval. Les Mandchous sont doublement humiliés.

Comme dans les deux volets précédents, la discipline de fer ne sied guère au jeune Shi-yu qui prend un malin plaisir à contredire San De lors des exercices quotidiens. A la petite école, il était attaché, là Shi-yu est de corvée de vaisselle avec une assiette coincée entre les jambes. Pire que cela, il brise le règlement en sortant de nuit pour aller regarder la fête des lanternes. Il est vite pris au piège de ses manquements aux lois de Shaolin. San De est obligé de renvoyer le jeune homme qui ne trouve rien de mieux que d’aller faire le vantard chez les Mandchous, menaçant les moins de révéler tous les secrets. La menace gronde sur Shaolin, il est grand temps pour San de d’agir et de rétablir le bon ordre.

La critique n’a pas été tendre avec Les Disciples de Shaolin et le public a largement boudé le film de Liu Chia-liang qui n’a changé aucune de ses méthodes formelles. Le combat final, situé dans le palais des Mandchous, où Gordon Liu et Hsiao Ho (qui a contribué à la mise en scène des chorégraphies) est pourtant un modèle de fluidité des mouvements des corps des très nombreux personnages et figurants qui se battent. Le public était passé à autre chose, préférant le kung-fu urbain de Police story (le plus gros succès critique et public de 1985) ou celui comique et bon enfant du Flic de Hong Kong de Sammo Hung. Pire que cela, la Shaw Brothers mise aussi sur la comédie (surtout celles de Wong Jing, l’un de leur employé) sonnant le glas de la compagnie.

Les Disciples de la 36ème chambre (Disciples of the 36th Chamber, 霹靂十傑, Hong Kong, 1985) Un film de Liu Chia-liang avec Hsio Ho, Gordon Liu, Lily Li, Jason Pai, Liu Chia-liang, Mak Wai-cheung, Cheng Miu, Lee Hoi-sang, Yuen Qiu, Chan Shen, Yeung Chi-hing, Wong Ching-ho, Shum Lo, Lam Fai-wong, King Lee, Wang Han-chen, Lam Hak-ming.

dimanche 25 août 2013

Tai chi hero


Après Tai chi zero, voici que sort en DVD, toujours chez Wild Side, Tai chi hero. Le premier film avait laissé le village des Chen au moment du mariage de Lu-chan (Jayden Yuan) avec Chen Yu-niang (AngelaBaby). Mariage forcé pour permettre à jeune homme de ne pas être un étranger au village. Forte tête, la mariée ne compte pas laisser son époux profiter de son charme ni de son lit. Il doit dormir par terre et l’appeler « maître » lorsqu’elle lui enseigne le kung-fu. Ses leçons sont rudes laissant peu de répit au jeune marié. Pile au moment de l’échange des vœux du mariage, le fils aîné du grand maître Chen Chang-xing (Tony Leung Ka-fai) revient au village. Le grand maître, fâché avec son fils depuis des années, refuse de lui parler et quitte les lieux sans dire un seul mot.

Zai-yang (William Feng), ce fils indigne et prodigue vient mettre en garde contre Lu-chan et rappeler une vieille légende centenaire qui affirme qu’un étranger ne peut pas apprendre le kung-fu des Chen sous peine de destruction du village. Le trouble est semé parmi les habitants comme dans la famille Chen. Les deux frères cadets veulent chasser leur nouveau beau-frère. Ils ont bien peu de foi dans les conseils de leur père. La malédiction doit s’accomplir lorsque la cloche située dans le temple se mettre à sonner. Un flash-back avec Daniel Wu (dans un personnage de moine violent et colérique) et Patrick Tse (dans le rôle de l’ancêtre des Chen), permet de découvrir l’origine de cette malédiction qui va, selon tous sauf Chen Chang-xing, les anéantir.

De la même manière que dans le premier volet, Tai chi hero a son lot de grosses machines de guerres. Celles de Fang Zi-jing (Eddie Peng) sont meurtrières, encore une fois. Après l’explosion de sa machine de guerre du premier épisode, il est défiguré par des cicatrices. Devenu gouverneur, l’ancien fiancée de Yu-niang, souhaite prendre sa revanche quel qu’en soit le prix. Ce prix est celui de la corruption. Pour obtenir ce poste il a payé un mandarin. Pour trahir la famille Chen, il a passé un accord de dupes avec Zai-ying qui avait pour mission de destituer son père et de prendre sa place. Les gros canons automatiques de l’armée lancent leur obus au milieu des centaines de soldats de l’armée impériale avec leurs uniformes traditionnels, reprenant l’idée de Tai chi zero sur l’opposition entre moderne et ancien, sur un mode mineur.

En revanche, les machines rédemptrices de Zai-yang sont là pour sauver les villageois des canons de Fan Zi-jing. Là, il s’agit moins du combat entre l’ancien et le moderne que d’approfondir les complexes rapports familiaux. Le fils du grand maître Chen est un inventeur de génie qui, dès son plus jeune âge créait des mécanismes complexes. Génie de l’invention mais ignorant des arts martiaux, au grand dam de son père. Là encore, un flashback un peu trop explicatif montre ce lourd passé. L’alliance entre le fils choisi, Lu-chang, et Zai-yang est donc primordial car c’est la seule solution pour sauver le village. Stephen Fung filme au ralenti (dommage) les chorégraphies de Sammo Hung où les personnages défient toutes les lois de la gravitation pour abattre l’armée.

Moins vif que Tai chi zero, ce second volet abandonne l’esprit comics, l’humour burlesque et les effets spectaculaires pour explorer les rapports entre Lu-chan et Yu-niang. Le romantisme prend le dessus non sans émouvoir. On ne peut pas reprocher à Stephen Fung de changer de style entre les deux volets de son récit, de passer d’un épisode foisonnant et foutraque à un autre plus calme et psychologique. Pour le cinéaste, les amours entre le jeune couple sont aussi complexes à mettre en scène que la superbe chorégraphie finale, qui permet à Lu-chan de devenir l’homme qui a toujours voulu être. Tout ce joue dans les regards que s’échangent les mariés. Ce combat, mis en scène dans la cuisine du prince impérial, est un morceau de bravoure qui conclue ce diptyque sur le tai chi tout en promettant un troisième épisode où Fan Zi-jing pourrait poursuivre sa vengeance.

Taichi hero (太極2:英雄崛起, Hong Kong – Chine, 2012) Un film de Stephen Fung avec Tony Leung Ka-fai, AngelaBaby, Jayden Yuan, Eddie Peng, William Feng, Fung Shiu-fung, Shu Qi, Stanley Fung, Ying Da, Chen Sicheng, Xiong Naijin, Yuan Wen-kang, Nikki Hsieh, Daniel Wu, Patrick Tse.

The Wall


Adolescents, Cho (Jordan Chan) et Dik (Patrick Tam), amis d’enfance, commencent à intégrer une triade sur les conseils d’un parrain (Herman Yau, dans une courte apparition en ouverture de film). Les deux garçons tuent un homme avec un couteau. C’est Dik qui porte le coup fatal mais Cho qui assume le meurtre. Il fait douze ans de prison. Le générique de The Wall montre Cho en prison, mêlant noir et blanc sépia et images en couleurs. Son parcours est décrit très rapidement : devenir prisonnier, se faire respecter, apprendre le métier de cuisinier, puis enfin sortir.

A sa sortie de prison, Jack (Chapman To) vient le chercher en voiture. Ils ne se connaissent pas. Jack a pour mission de veiller sur Cho, de lui trouver un logement au lieu de loger dans un foyer et, éventuellement, de lui trouver un boulot. Jack est encore, à cause de sa jeunesse, dans le fantasme du membre des triades. Jack fait du racket auprès de petits trafiquants pour payer le restau et l’hôtel. Cho se voit refuser tous les boulots que son conseiller judiciaire lui avait suggérés. Il espérait pouvoir aider sa sœur (Amanda Lee), mariée à un homme violent et mère de plusieurs enfants.

La vie est triste et morne, tout va changer quand Cho retrouve Dik. Les deux amis ne s’étaient pas revus depuis douze ans. Ils se voient par hasard dans la rue. D’abord, Cho ne veut pas parler à Dik, même s’il ne regrette pas d’avoir payer pour lui. Dik n’était jamais allé voir Cho en prison pour ne pas le compromettre. Chacun se demande s’il pourra devenir à nouveau l’ami de l’autre, s’ils pourront revenir douze ans en arrière quand ils étaient si insouciants. Dik est devenu, depuis tout ce temps, un des pontes des triades et souhaite prendre soin de Cho, offrir une vie meilleure à son frère de sang.

Pendant vingt minutes, The Wall semble s’engager sur une histoire d’amitié si forte entre les deux hommes qu’on se croirait dans une histoire d’amour pure et dure. Une imagerie typiquement homoérotique et amoureuse est développée entre les regards que se portent les deux personnages suivis de détournements de regards après des discussions vives où leurs oppositions sont mises en avant. Les dialogues sont ceux d’un couple qui tente de se reformer, la caméra capte leur complice intimité. Cho se rend compte que Dik habite juste en face de la prison et qu’il l’observait avec une longue-vue. Dik est d’ailleurs, tout comme Cho, resté célibataire.

L’idée de lier les deux hommes par des sentiments très forts est une volonté des scénaristes et du cinéaste de se placer dans la lignée du Syndicat du crime et des rapports entre Chow Yun-fat et Leslie Cheung. Mais très vite, The Wall part sur d’autres pistes scénaristiques beaucoup moins inspirées et bien plus caricaturales. Dik offre à Cho un restaurant qui devient vite le repaire de la triade de Dik. Ce dernier choisit d’y faire sa chambre des tortures, scènes racoleuses où il frappe au marteau ses ennemis. A cela il faut ajouter le fils du parrain (David Lee) qui abuse de son pouvoir et veut pendre la place de son père. La lutte pour le pouvoir est trop caricaturale pour convaincre.

La rédemption pour Cho est envisagée de deux manières. D’abord avec la police qui cherche à arrêter Dik. Il s’agit donc de convaincre Cho d’espionner son ami pour le trahir. Il tente de le remettre dans le droit chemin, mais la soif de pouvoir et le goût de la violence sont trop grands. Ensuite avec San (Cherrie Ying), jeune et belle femme seule qui noie son ennui dans l’alcool. Dans les deux cas, The Wall illustre de manière superficielle cette volonté de quitter la triade et d’accéder à une vie meilleure. La scène finale où tous les personnages sont réunis pour régler leur compte tombe rapidement dans le grotesque gore accentuant le gâchis d’un film au début pourtant prometteur à défaut d’être original.

The Wall (黑道風雲, Hong Kong, 2002) Un film de Marco Mak avec Jordan Chan, Patrick Tam, Chapman To, Simon Loui, Cherrie Ying, David Lee, Sek Sau, Kau Man-lung, Amanda Lee, Herman Yau, Nam Yin, Timothy Zao, Ricky Fan, Wong Man-shing.

mardi 20 août 2013

Love


Un plan séquence de douze minutes ouvre Love, troisième film de Doze Niu. La caméra part des toilettes où Li (Ivy Chen) regarde un test de grossesse. Li sort dans le parc rejoindre Kai (Eddie Peng) qui quitte les lieux dès que Ni (Amber Kuo), sa petite amie arrive. Kai prend son vélo, manque de rentrer dans la voiture de Na (Mark Chao). Ce dernier se rend à l’hôtel rejoindre Zoe (Shu Qi) où il croise Jin (Vicky Chao) dans l’ascenseur. Zoe a commandé du champagne et c’est Kuan (Ethan Ruan), le garçon d’étage, qui l’apporte dans la chambre. Elle profite de son arrivée pour quitter l’hôtel et retrouver son fiancé Lu (Doze Niu) et partir en voiture.

Outre la fluidité de cette ouverture (aidée par quelques effets numériques pour joindre certaines scènes du plan séquence), la première information donnée est que le film va être choral, qu’il va être composé d’un grand nombre de personnages et, bien évidemment, qu’il va parler d’amour. Les premiers indices scénaristiques sont là (des adultères, une grosses non désirée) mais c’est plutôt le milieu social qui intéresse. Assez vite, on distingue les gens très fortunés et ceux qui le sont moins. Il reste alors à Doze Niu de redistribuer les cartes des personnages et lancer son récit foisonnant pendant plus de deux heures.

Les liens familiaux unissent plusieurs personnages. Lu, riche homme d’affaires, est le père de Ni. Elle sort avec Kai qui a couché avec Li, la meilleure amie de Ni. Pour l’instant, elle n’a pas dit à son amie qu’elle est enceinte mais le confesse à son frère Kuan, qui souffre de bégaiement. Kuan et Li habitent chez leurs parents, deux simples restaurateurs. Kai doit reconnaitre son adultère mais affirme qu’il est toujours amoureux de Ni. C’est la rupture d’amitié entre les deux jeunes filles. Li veut avorter mais son frère la convainc de garder l’enfant.

Kuan rencontre par le plus grands des hasards Zoe dans la rue. Il la prend en photo parce qu’elle est une célébrité. Ils se reverront plus tard. Zoe aime le calme du jeune homme au mode de vie totalement opposé de celui de Zoe et Lu. Autre enfant très important dans Love, celui de Jin, le petit Lin Mu-ran (Lin Mu-ran). Jin habite à Pékin, elle vend des maisons et Na est un de ses clients potentiels. Ils se disputent dès leur première rencontre mais le garçonnet va les rapprocher. L’enfant s’est persuadé que Na est son père venu pour son anniversaire. Ils vont devoir jouer au couple idéal.

Comme son titre l’indique bien, Love fait la part belle aux histoires d’amour, surtout si elles sont contrariés par les circonstances, si les amis se disputent, si les classes sociales sont différentes. On passe d’un personnage à un autre tout au long du récit et chaque petite histoire, chaque partie du puzzle, donne un nouveau point de vue à l’ensemble. Le film est essentiellement composé de dialogues plutôt fins, ce qui est rare dans les comédies romantiques. Comme le dit le père de Ni et Kuan à sa femme « on va discuter calmement, on n’est pas dans un soap opéra ».

Le film n’est pas dépourvu d’humour. On rit rarement aux éclats mais on sourit souvent. Le personnage le plus amusant est Ting, le flic de Pékin (Wang Jing-chun), qui intervient régulièrement entre Na et Jin, d’abord pour les séparer puis pour les rapprocher. Les scènes comiques interagissent avec les scènes d’émotion avec beaucoup de douceur et de décence. Le changement de ton dans une séquence est fréquent (le plongeon dans les égouts de Kai, l’attaque de Kuan par Lu, par exemple). Le réalisateur Doze Niu a eu la bonne idée de ne pas donner à l’acteur Doze Niu une part plus importante qu’aux autres acteurs et actrices (tous excellents) mais son personnage est la colonne vertébrale du film, le seul personnage qui a un rapport avec tous les autres.

Love ( Love, Taïwan, 2012) Un film de Doze Niu avec Vicki Zhao, Mark Chao, Shu Qi, Doze Niu, Ivy Chen, Ethan Ruan, Eddie Peng, Amber Kuo, Lung Siu-wa, Yu Mei-ren, Wang Jing-chun, Lin Mu-ran, Siu Yau.

lundi 19 août 2013

Martial club


Deuxième incartade dans l’apprentissage du jeune Wong Fei-hung, après Le Combat des maitres (tourné en 1976), Martial club s’applique à dépeindre quatre disciples de sifu de trois écoles d’arts martiaux. Wong Qi-ying (Ku Feng), maitre de l’école Wu Ben doit réconcilier Maitre Zheng (Wilson Tong) et Maitre Lu (Jue Tit-who) après une sévère dispute lors d’une danse de lion. Les deux écoles se sont battus après quand Lu Shan-hou (King Lee), impétueux fils de Maitre Lu a voulu s’emparer de la lance de Wang Yi-lin (Mak Tak-law).

Ce dernier est un disciple qui aime se donner en spectacle. Il étudie à l’école Zhen mais apprécie montrer sa force sur la place publique, exhiber ses muscles aux jeunes femmes de la maison close et affronter son ami Wong Fei-hung (Gordon Liu). Les deux jeunes hommes ont les mêmes méthodes pour se battre : donner une pièce à un adversaire pour qu’il se couche et paraitre auprès de l’autre le plus fort. Devant les filles, contre quelques caresses et autres bisous, il se fait attacher avec une ceinture et la déchire avec ses muscles.

Ces petites facéties pourraient continuer si un maitre du nord, Shan Xiong (Johnny Wang) n’avait pas grièvement blessé Yi-lin dans une de ses fameuses fausses démonstrations. Venu à Canton apprendre le kung-fu du sud, il est invité chez Maitre Lu. Les intentions de ce dernier ne sont pas aussi bonnes que celles de Maitre Shan. Lu, tout comme son fils, cherche à éliminer les écoles adverses. Les motivations des personnages des « méchants » sont assez banales, le récit du film se contente de cette bataille entre écoles.

Martial club, dans sa séquence de générique classique des Shaw Brothers (démonstration de danse de lion sur un fond blanc), fait intervenir Liu Chia-liang en personne pour expliquer que ce qui compte le plus dans les arts martiaux, est la forme et non le fond. Pour les combattants, il faut garder à l’esprit deux choses : respecter les Maîtres et ne pas enfreindre les règles ancestrales établies depuis toujours, ce que ne feront pas Maitre Lu et son fils, qui ne cesseront de trahir leurs accords, de piéger les concurrents et de se battre en surnombre avec des armes différentes. Les Lu attaquent au sabre Wong Fei-hung qui est mains nues.

De ce point de vue, le personnage de Shan Xiong est le plus intéressant car il a beau être dans le camp des Lu, il entend honorer les règles des arts martiaux et respecter les Maitres. Les enfants et disciples des sifu ne sont pas aussi disciplinés. Si Wong Fei-hung est un fils digne de son père, en revanche, le fils Lu est vicieux et violent, Yi-lin est prétentieux et vantard. Quant à Ju-ying (Kara Hui), la sœur de Yi-lin, elle aussi disciple de l’école Sheng, c’est un personnage qui agit sans réfléchir, réagissant au quart de tour, donnant des coups sans attendre la moindre explication.

Son impulsivité conduit à des conflits entre les écoles. Elle accuse Wong Fei-hung d’avoir blessé son frère et court l’affronter. Les films de Liu Chia-liang sont dénués de personnages féminins et celui de Martial club est particulièrement épuisant. En fin de film, devant son agressivité, Wong Fei-hung demandera à Ju-ying de quitter les lieux afin de combattre loyalement San Xiong. Martial club, face aux deux Wong Fei-hung de Yuen Woo-ping, sortis quelques mois avant, pourtant pas bons (Le Héros magnifique et Tigre blanc), n’arrive jamais à vraiment être à la hauteur du personnage.

Martial club (武館, Hong Kong, 1981) Un film de Liu Chia-liang avec Gordon Liu, Kara Hui, Ku Feng, Mak Tak-law, King Lee, Johnny Wang, Jue Tit-who, Wilson Tong, Hsiao Ho, Sek Gong, Chow Siu-loi, Lam Hak-ming, Go Lai-ga, Wong Bat-ging.