mardi 31 juillet 2012

Filmographie : Ringo Lam



Ringo Lam
林嶺東

Esprit d'amour (陰陽錯) Sortie à Hong Kong le 15 décembre 1983.
The Other side of gentleman (君子好逑) Sortie à Hong Kong le 28 juin 1984.
Cupid one (愛神一號) Sortie à Hong Kong le 17 mai 1985.
Aces go places IV (最佳拍檔千里救差婆) Sortie à Hong Kong le 30 janvier 1986.
City on fire (龍虎風雲) Sortie à Hong Kong le 13 février 1987.
Prison on fire (監獄風雲) Sortie à Hong Kong le 13 novembre 1987.
School on fire (學校風雲) Sortie à Hong Kong le 20 août 1988.
Wild search (伴我闖天涯) Sortie à Hong Kong le 3 juin 1989.
Guerres de l’ombre (Undeclared war, 聖戰風雲) Sortie à Hong Kong le 1er septembre 1990.
Touch and go (一觸即發) Sortie à Hong Kong le 16 mai 1991.
Prison on fire II (監獄風雲II逃犯) Sortie à Hong Kong le 22 juin 1991.
Twin dragons (雙龍會) Sortie à Hong Kong le 15 janvier 1992.
Full contact (俠盜高飛) Sortie à Hong Kong le 23 juillet 1993.
Le Temple du lotus rouge (Burning paradise, 火燒紅蓮寺) Sortie à Hong Kong le 31 mars 1994.
The Adventurers (大冒險家) Sortie à Hong Kong le 2 août 1995.
Risque maximum (Maximum risk, 1996)
Full alert (高度戒備) Sortie à Hong Kong le 17 juillet 1997.
The Suspect (極度重犯) Sortie à Hong Kong le 16 juillet 1998.
Victim (目露凶光) Sortie à Hong Kong le 16 octobre 1999.
Replicant (2001)
Looking for Mister Perfect (奇逢敵手, 2001) Sortie à Hong Kong le 27 mars 2003.
In hell (2003)
Triangle (鐵三角) Sortie à Hong Kong le 1er novembre 2007.

lundi 30 juillet 2012

Guerres de l'ombre



L’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne se rend dans une église de Varsovie pour faire baptiser son fils. Sur le chemin, sa limousine est stoppée par un motard, ses gardes du corps – en alerte constante – arrêtent le chauffeur mais le conducteur de la moto s’avère être Gary Redner (Peter Liapis), le beau-frère du diplomate mais également un agent de la CIA. Dans l’église, deux sœurs pénètrent à la barbe des agents de sécurité : ce sont deux terroristes qui se mettent à tirer à la mitraillette sur tout ce qui bouge. Sous leur déguisement, se cachent Rebecca Ecke (Olivia Hussay) et le nommé Hannibal (Vernon Wells) soi-disant membres de l’Armée Internationale de Libération, un groupuscule qui fait la chasse « aux porcs d’impérialiste » après la chute du mur de Berlin.

Redner est persuadé que Hannibal, as du déguisement (pensez-vous, il va à Canton et se grime en vieux chinois : méconnaissable) va sévir à Hong Kong pour saboter une conférence quelconque mais très importante pour la liberté dans le monde. Ces Guerres de l’ombre dont parlent le titre, ce sont donc ces luttes contre des terroristes très nombreux et très armés que la CIA cherche à combattre partout dans le monde. Seulement voilà, en 1990, Hong Kong était encore une colonie de la couronne britannique et là-bas, c’est l’inspecteur Bong (Danny Lee) qui gère les attaques terroristes, il est assisté dans cette tache par Le lieutenant Tang (Tommy Wong), flic constamment sur la défensive et qui ne va pas du tout s’entendre avec Redner. Ainsi quand ils arrêtent Rebecca Ecke, Redner veut la libérer pour pouvoir la suivre et débusquer Hannibal dans sa tanière alors que les flics hongkongais souhaitent l’interroger. Le film pointe cette guerre des polices.

La menace d’un attentat est doublée du danger de voir tout dévoiler dans la presse. La journaliste Ann Chang (Rosamund Kwan), pourtant amie de Bong (elle l’invite au détour d’un dialogue à l’anniversaire de sa maman) cherche un scoop sensationnel en dépit du danger. Dans Guerres de l’ombre, on est loin de l’analyse du métier de journaliste que fera Johnnie To dans Breaking news (analyse pourtant un peu caricaturale). Rosamund Kwan n’arrive jamais à donner une épaisseur à son personnage, y compris dans ses rapports avec Bong (est-elle son ex ? sa belle-sœur ?) qui sont mal agencés. Résultat des courses, elle sera fera prendre au piège et en otage par Hannibal, un homme qui ne tient pas ses promesses (comme souvent chez les terroristes d’ailleurs). Pour sauver Ann Chang du pétrin dans lequel elle s’est fourrée, Bong et Redner vont devoir s’entendre, apprendre à ses connaitre et faire équipe.

Le récit commençait en Pologne, se déplace à Hong Kong et part faire un tour à Canton où un message de paix des autorités locales est envoyé à Bong (« on souhaite que Hong Kong soir en paix d’ici la rétrocession). Les seules bonnes scènes d’action consistent en une course poursuite dans les rues de Hong Kong. Un allié soviétique à Hannibal se fait arrêter et interroger violemment par Redner. Le film visant probablement le marché international regorge d’acteurs américains ou australiens. Comme toujours, leur jeu est excessif avec une palme pour l’interprète d’Hannibal à la performance sans nuances qui déclame son texte avec grandiloquence et application. Il se déplace avec un regard très sérieux et achève d’enlever toute crédibilité au film. La scène finale de gunfight, ainsi que les ultimes retournements de situation finissent par lasser et sentent le bâclage.

Guerres de l’ombre (Undeclared war, 聖戰風雲, Hong Kong, 1990) Un film de Ringo Lam avec Danny Lee, Tommy Kwong, Peter Liapis, Vernon Wells, Rosamund Kwan, Olivia Hussey, Victor Hon, David Hedison, Louis Roth, Dean Harrington.

samedi 28 juillet 2012

Heaven can't wait



Dans un Hong Kong qui s’apprête à vivre les angoisses de la rétrocession, la population renoue avec une spiritualité basique. Fung (Tony Leung Chiu-wai) navigue allégrement sur cette vague de retour à la religion. Lui-même ne croit pas du tout en Dieu depuis qu’enfant il assistait un prêtre (Richard Ng) et que l’homme a posé le pied sur la lune et que Fung ne croit plus en la Moon Lady que priait ce prêtre. Mais il cherche à bien profiter de la crédulité de ses concitoyens avec l’aide de Calvin (Bowie Lam) plus charismatique que Fung et qui s’apprête à passer à la télévision dans l’émission de Joan (Karen Mok), animatrice qui elle aussi a bien l’intention de profiter de cet engouement. Assez vite, quand les affaires de Calvin commencent à bien aller, ce dernier décide qu’il doit recevoir un part plus importante. C’est la rupture entre les deux hommes.

Seulement voilà, Fung ne sait pas faire grand-chose et Calvin lui fait bien remarquer que c’était lui que les clients venaient voir pour ses conseils occultes. Fou de rage et déambulant dans la rue un soir, Fung croise une procession recréant la Passion du Christ. Grotesque procession mais celui qui incarne Jésus se donne à fond. Il s’agit de Chun (Jordan Chan) que Fung aborde dans les pissotières. Chun n’est pas franchement une flèche et Jordan Chan avec sa tête rasée, ses yeux trop grands, sa tête allongée parvient à faire de son personnage un benêt non seulement crédible mais également touchant. Il se voit alors proposer par Fung de rentrer dans une combine pour gagner de l’argent grâce aux conseils spirituels. Il accepte parce qu’il rêve d’être acteur et que c’est un rôle comme un autre.

Première mission : faire de Chun un mage. D’abord la tenue de Chun qui portera désormais une grande toge blanche avec un petit sac en bandoulière. Au plus grand fait de sa popularité, ses fans se vêtiront comme lui. Puis lui trouver un nom. Fung trouve qu’il a une ressemblance avec un ancien moine bouddhiste dont il a retrouvé une statue. Chun sera désormais Maître Da Da et la réincarnation de ce moine dont on apprendra plus tard l’identité. Enfin, faire un gros coup de pub, une grande promo à la télévision. Fung a encore des contacts et parvient à faire en sorte de mettre dans le coup Pao Wah (Alex To), une star de la cantopop. Ils font croire qu’il est mourant, Da Da en profite pour le ressusciter. Des milliers de fans hystériques suivent ces événements et c’est tout bénef pour Fung et Chun comme pour Pao Wah.

Heaven can’t wait met le doigt sur un monde avide d’audience à tout prix quelles que soient les sujets. Joan, la reporter vedette profite elle aussi de la crédulité de son patron (Kent Cheng) qui est fan d’ésotérisme. Bien entendu, cette entente avec Fung pour que Chun fasse de la télé se fait au détriment de Chi qui avait pourtant passé un accord avec Joan. Chun alias Maitre Da Da est alors invité sur les plateaux télé et ses prédictions sont loufoques. Il s’avère pourtant que grâce à un coup du sort et de nombreux hasards, elles se réalisent. Dans une des séquences les plus amusantes, Da Da semble dire absolument n’importe quoi au grand dam de Fung. Il parle de l’herpès d’un invité lors d’un dîner mondain, prévoit un effondrement de la bourse alors que tout va bien (finalement un tremblement de terre au Japon change le destin) ou encore annonce que tous les chevaux d’une course hippique vont arriver ex aequo.

Le film se concentre alors sur un homme qui est exploité de toutes parts, qui fait cristalliser toutes les peurs d’un pays et fait resurgir les pires mesquineries d’une société qui ne plus qu’en l’argent. Heaven can’t wait traite tout cela sur un ton léger sur un récit qui n’est pas exempt de longueurs et où la musique est un peu lourdingue (Carmina Burana, Tchaïkovski, Brazil). Mais le film est tenu par son duo d’acteurs et surtout par Jordan Chan (je le redis parce qu’on ne le voit presque plus au cinéma). Ses scènes comiques avec son air buté et son regard hagard sont aussi fortes que ses scènes d’émotion (le retour au pays et la discussion avec sa mère). Jordan Chan a reçu une nomination aux Hong Kong Film Awards pour ce rôle.

Heaven can't wait (救世神棍, Hong Kong, 1995) Un film de Lee Chi-ngai avec Tony Leung Chiu-wai, Jordan Chan, Bowie Lam, Karen Mok, Jerry Lamb, Alex To, Kent Cheng,  Lawrence Cheng, Richard Ng, Dennis Chan, Teresa Ha, Anita Yuen.

jeudi 26 juillet 2012

Guilty of romance



« Bon, j’y vais » dit tous les matins à sept heures le mari à qui sa femme dévouée tend le chausse-pied puis sa valise. « Bonne journée », lui répond-elle. L’homme ouvre la porte et part au travail. L’épouse se met à genoux, prend les chaussons et les retourne pour qu’à 21 heures, à son retour, quand il ouvre la porte, il puisse les enfiler avant de se faire servir un thé au salon. Ce rituel scande le premier chapitre de Guilty of romance. Et l’inquiétude s’installe progressivement concernant Izumi (Megumi Kagurazaka), cette jeune épouse soumise, silencieuse et bien propre sur elle. On s’inquiète pour son sort, de savoir si le thé est bien au goût de son époux, si les chaussons ont été bien replacés ou si elle lui tend comme il faut sa valise.

Car le film se lance sur une macabre découverte sur laquelle l’inspectrice de police Yoshida (Miki Mizuno) doit enquêter. Dans le quartier des prostituées, un corps a été démembré et reconstitué avec des bouts de mannequins en plastic. Les asticots commencent à salement attaquer la chair putréfiée. Sono Sion s’applique pour donner quelques plans choquants avec ce corps mutilé et pourri. On se demande si ce n’est pas celui de Izumi qui git là après qu’elle aurait être pu tuée par son mari pas très rassurant. Il est écrivain, publie des romans à l’eau de rose où les passions sexuelles sont débridées mais au lit, il ne fait rien. Et Izumi est en train de s’éteindre à petit feu.

Elle s’ennuie et elle décide de prendre un petit boulot au supermarché. Elle fera la promo des saucisses. Sa timidité l’empêche de convaincre les clients de goûter à la saucisse. La scène est un peu démonstrative mais c’est pour mieux la faire contraster avec sa transformation du tout au tout. De femme poupée insipide, elle devient une femme libre et sensuelle. Cela est l’effet magique du sexe. Entre ces deux scènes de vente de saucisses, Izumi rencontre deux femmes indépendantes qui vont lui apprendre à jouir sans entraves et à se décoincer.

Le première est Eri Doi (Chika Uchida) qui l’aborde dans le supermarché et lui propose de gagner plus d’argent en se faisant prendre en photo. Izumi comprendra que ce sont des photos érotiques. Elle aura comme partenaire un jeune et beau gars (Motoki Fukami) répondant au pseudonyme de Maki Martini. Ce dernier lui fera l’amour, sans doute pour la première fois et ça change sa vie. On la retrouve chez elle, entièrement nue, devant son miroir en train de répéter son texte pour le supermarché. Cette belle scène, osée (nudité frontale non floutée sur nos écrans) décrit la naissance  d’une femme. C’est à la fois troublant et terriblement émouvant.

Le changement se prolongera avec la rencontre fortuite encore une fois de Mitsuko (Makoto Togashi). Grande et mince alors qu’Izumi est petite et pulpeuse, les deux femmes vont très bien s’entendre. Mitsuko enseigne la littérature japonaise à l’université. Son activité principale est la prostitution qu’elle pratique de manière très ouverte. Même certains de ses étudiants sont au courant. Sur un fond de musique de Sully, les deux femmes vont longuement discuter de la sexualité dans des dialogues qui trainent un peu en longueur. Ça philosophie sur la liberté du corps, sur les mots qu’il faut libérer. Et puis soudainement, Mitsuko explose. Car finalement le vrai sujet de Guilty of romance semble être la folie pure, aucun des personnages du film n'est sain d'esprit, tous sont cinglés.

Là est sans doute la limite du film de Sono Sion qui menace à chaque séquence où Mitsuko se met en roue libre de tomber dans le plus grand ridicule. Son personnage rappelle celui des femmes dans certains pinku eiga des années 1967-1973, un peu ceux de Yasuzo Masumura – hystérisation des rapports, dialogues hurlés, comportements anormaux et malsains – mais aussi certains films de Yoshishige Yoshida. De beaux plans ponctuent le film (le proxénète, par ailleurs frère de Mitsuko jette des ballons remplis de peinture), des scènes sont terrifiantes (la mère de Mitsuko déclare son dégoût pour ses enfants). En revanche, sur le plan policier, la résolution de l’enquête place le récit dans le Grand-Guignol avec une révélation largement superflue.

Guilty of romance (恋の罪, Japon, 2011) Un film de Sono Sion avec Megumi Kagurazaka, Makoto Togashi, Miki Mizuno, Kazuya Kojima, Motoki Fukami, Chika Uchida,  Kanji Tsuda.

Sorties à Hong Kong (juillet 2012)


Wu Dang (大武當之天地密碼, Chine – Hong Kong, 2012) 
Un film de Patrick Leung avec Yang Mi, Fan Siu-wong, Chiu Man-cheuk, Dennis To, Xu Jiao, Pau Hei-ching, Wang Xiao, Donnie Yen, Shaun Tam, Henry Fong. 100 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie à Hong Kong : 26 juillet 2012.


mercredi 25 juillet 2012

Filmographie : Gordon Chan



Gordon Chan, 陳嘉上

The Yuppie fantasia (小男人周記) Sortie à Hong Kong le 20 mai 1989.
Brief encounter in Shinjuku (錯在新宿) Sortie à Hong Kong le 16 février 1990.
Fight back to school (逃學威龍) Sortie à Hong Kong le 18 juillet 1991.
Inspector Pink Dragon (神探馬如龍) Sortie à Hong Kong le 7 novembre 1991.
Fight back to school II (逃學威龍2) Sortie à Hong Kong le 9 avril 1992.
Game kids (Boy小子之真假威龍) Sortie à Hong Kong le 6 juin 1992.
King of beggars (武狀元蘇乞兒) Sortie à Hong Kong le 17 décembre 1992.
The Final option (飛虎雄心) Sortie à Hong Kong le 17 mars 1994.
Long and winding road (錦繡前程) Sortie à Hong Kong le 4 août 1994.
Fist of legend (精武英雄) Sortie à Hong Kong le 22 décembre 1994.
Thunderbolt (霹靂火) Sortie à Hong Kong le 5 août 1995.
First option (飛虎) Sortie à Hong Kong le 14 septembre 1996.
Armageddon (天地雄心) Sortie à Hong Kong le 22 mars 1997.
Beast cops (野獸刑警) Sortie à Hong Kong le 9 avril 1998.
2000 A.D. (公元2000 AD) Sortie à Hong Kong le 3 février 2000.
Okinawa rendez-vous (戀戰沖繩) Sortie à Hong Kong le 28 juillet 2000.
Cat and Mouse (老鼠愛上貓) Sortie à Hong Kong le 13 février 2003.
The Medallion (飛龍再生) Sortie à Hong Kong le 15 août 2003.
A-1 Headline (A-1頭條) Sortie à Hong Kong le 9 septembre 2004.
Undercover hidden dragon (至尊無賴) Sortie à Hong Kong le 6 avril 2006.
Mr. 3 minutes (3分鐘先生) Sortie à Hong Kong le 16 novembre 2006.
Painted skin (畫皮) Sortie à Hong Kong le 26 septembre 2008.
Mural (畫壁) Sortie à Hong Kong le 13 octobre 2011.
The Four (四大名捕) Sortie à Hong Kong le 12 juillet 2012.
Tales from the dark 2 (李碧華鬼魅系列-奇幻夜) Sortie à Hong Kong le 8 août 2013.
The Four 2 (四大名捕2) Sortie à Hong Kong le 5 décembre 2013.

mardi 24 juillet 2012

The Yuppie fantasia + Brief encounter in Shinjuku



Les deux premiers films de Gordon Chan explorent la vie amoureuse de Leung Foon (Lawrence Cheng) un trentenaire cadre supérieur dans une entreprise de publicité de Hong Kong. Construit comme une confession, avec Foon qui s’adresse aux spectateurs en voix off et à la première personne, le diptyque se veut une analyse tendre et légère des affres de la vie des couples d’aujourd’hui. Foon  est un grand et gentil gars à lunettes et au visage rond, à la coupe à la Chow Yun-fat (il joue parfois de cette ressemblance en mettant des lunettes de soleil et parodie ses films en cachant des préservatifs comme l’acteur cachait des flingues dans les films de John Woo).

Dans le premier volet, The Yuppie fantasia, Foon se dispute avec son épouse Ann (Carol Cheng), une accro du boulot (elle est conseillère à la banque) tandis qu’ils se rendent à un barbecue chez leurs amis. D’abord, Foon est abordé dans la rue par une jeune femme (Vivian Chow) qu’il ne semble pas du tout connaitre, alors qu’elle dit qu’elle compte lui téléphoner. On retrouvera cette même femme en clôture de Brief encounter un Shinjuku, le deuxième volet. Ann, sèche, prend le volant et somme son mari, tel un enfant, de mettre sa ceinture. Chez leurs hôtes, elle servira, là encore, comme un gamin. Ils se feront quelques remarques et décideront le lendemain d’aller cher leur avocat pour signer une séparation.

Ce n’est pas que Foon ne peut pas régler ses problèmes conjugaux avec Ann qui consistent en de simples disputes de couples, c’est surtout que les amis de Foon ne sont pas de bons exemples. Q Tai-long (Manfred Wong), petit trapu à moustache et Cunning (Peter Lai), aus dents de lapin, ne sont pas des modèles de fidélité. Le premier trompe Feng sa femme (Chow Mei-fung) et le deuxième la traite comme un animal de compagnie. Ils sont tous les deux collègues de bureau de Foon et passent leur temps à draguer les employées ou les stagiaires. Tout ce temps passé à regarder les jeunes femmes, les deux hommes ne le passent pas à bosser. Les trois copains sont à la fois pathétiques et drôles justement parce qu’ils sont trois pauvres types : la manière dont Cunning parle de sa femme est révoltante, il lui parle vraiment comme si elle était un toutou.

Jusqu’à présent, Foon les couvrait mais Madame Lam (Cherie Chung), la nouvelle patronne le charge de les virer. Il n’est pas insensible au charme de sa patronne et Ann, à coups de répliques cinglantes contre son mari, refuse d’envisager une reformation de leur couple, même s’ils leur arrivent de remettre ça. Puis Foon rencontre par hasard Jenny (Elisabeth Lee) avec qui il va sortir tandis qu’Ann s’est trouvé un vieux (Paul Chun). La guerre des sexes ne fait que continuer avec ses coups bas, ses mensonges et ses regrets pour se poursuivre dans Brief encounter in Shinjuku.


Dans le deuxième volet, Foon et Ann ne se sont pas remis ensemble. Avec leurs amis, ils décident de faire un tout de voilier. On apprend que Feng et Q Tai-long attendent un enfant. Elle l’a bien dressé et il exécute désormais les ordres de son épouse au doigt et à l’œil. Cunning s’est trouvé une jeunesse ce qui ne cesse d’étonner tout le monde car tous le trouvent, avec ses dents mal fichues, bien vilain. Ann a décidé d’inviter Alan (Allan Fung) son ex à bord,ce qui augmente la jalousie de Foon qui espère encore et toujours refaire son couple. Tous deux n’ont pas changé de caractère. Il reste un grand mou incapable de prendre une décision, qui s’enfonce dans ses mensonges. Elle demeure intransigeante et colérique, dominatrice et rancunière.

Foon a un nouveau boulot et une nouvelle collègue, Wendy (Rosamund Kwan) une jeune femme plutôt timide fiancée à John (Lee Chung-ling), un garçon sympathique et joli garçon. Foon, voyant des signes de séduction partout, va se persuader qu’il pourrait avoir une liaison avec Wendy. Un voyage d’affaires au Japon est la source de bien des quiproquos notamment avec un bracelet de fiancée qui va, malencontreusement, se retrouver dans la valise de Foon et finalement atterrir sur le poignet d’Ann. La jalousie entre couples et les disputes entre amis sont au programme des deux films. Ils se différencient du tout venant de la production de films romantiques par un regard plus juste qu’à l’accoutumé, par des acteurs ni trop beaux ni trop communs, par des situations simples que les personnages ne vivent pas avec hystérie. Les deux films sont sur un ton doux-amer à l’image du personnage de Foon, attachant et maladroit.

The Yuppie fantasia (小男人周記, Hong Kong, 1989) Un film de Gordon Chan avec Lawrence Cheng, Carol Cheng, Manfred Wong, Chow Mei-fung, Peter Lai, Elisabeth Lee, Sheren Tang, Cherie Chung, Sibelle Hu, Alfred Cheung, Yip Hon-leung, Paul Chun, Vivian Chow.

Brief encounter in Shinjuku (錯在新宿, Hong Kong, 1990) Un film de Gordon Chan avec Lawrence Cheng, Carol Cheng, Manfred Wong, Chow Mei-fung, Peter Lai, Allan Fung, Rosamunf Kwan, Kenneth Tsang, Eric Yeung, Lee Chung-ling, Vindy Chan, Eric Kot, Kan Lam.

vendredi 20 juillet 2012

Aces go places V : Terracota hit



La cinquième et dernière aventure du duo de policiers espions King Kong (Samuel Hui) et Albert le Chauve (Karl Maka) a été confié à Liu Chia-liang. Aces go places V Terrocota hit commence avec une mission que les deux hommes mènent ensemble mais qui se soldera par une grosse fâcherie. Chacun  part de son côté exercer un nouveau métier sans grand succès. King Kong est devenu vendeur de conseils en bourse dans des bureaux bien trop coûteux pour lui. Albert a expédié sa femme et son fils au Canada et passe son temps à jouer au mahjong. Ainsi, on ne verra pas Sylvia Chang dans cette aventure ni leur enfant qui étai au centre des épisodes 3 et 4 de la franchise, alors qu’elle constituait, dans ses disputes avec le personnage de Karl Maka, l’un des piliers comiques des Aces go places.

La police de Hong Kong cherche à réunir les deux hommes (on se demande bien pourquoi vu leur gaffes continuelles dans les autres films) après que des soldats de terre cuite (les terracota) et une fameuse épée aient été volés. Les voleurs des objets traditionnels chinois sont – en sous doute – des occidents sans foi ni loi avec des rires sardoniques qui expriment que l’appât du gain est leur unique motivation. Mais si elle les cherche, c’est parce que la police est persuadée qu’ils ont fait le coup. En fait, il s’agit de deux voleurs au grand cœur, un frère (Leslie Cheung) et sa sœur (Nina Li-chi). Le nouveau duo, rajeuni et mixte, est là pour apporter un supplément au duo vieillissant de Samuel Hui et Karl Maka. De là, il va découler de nombreux quiproquos qui provoqueront les habituelles courses poursuites qui ont fait la gloire de la série.

Le film montre l’affrontement (plutôt sympathique puisque Aces go places V Terracota hit est une comédie tout public) entre deux générations d’acteurs. On se doute bien que pour vaincre l’ennemi commun qui veut spoiler la Chine de son patrimoine, les deux générations vont faire cause commune. Les embuches vont être nombreuses sur le parcours du quatuor. Il faut dire que King Kong et Albert ont tout le monde contre eux : la police de Hong Kong, les méchants qui ont volé les antiquités et l’armée chinoise. Ils vont même se retrouver en prison avec un Danny Lee tout droit sorti d’un de ses films où il est le héros et avec Roy Cheung qui reprend son personnage de taulier intransigeant de Prison on fire. Le film ne cherche même plus à avoir un scénario cohérent et part un peu dans tous les sens. Le film perd à la fois sa candeur et son humour bon enfant qui amenaient les films vers une poésie bancale et non-sensique.

Après la fin du wu xia pian et son départ de la Shaw Brothers, Liu Chia-liang, un des piliers de la compagnie, tente de continuer de travailler. L’une des idées qu’il apporte dans sa mise en scène des combats (dans une franchise où les gadgets sont légion – parodie de James Bond oblige) est de trouver le moyen de faire combattre ses personnages dans des arts martiaux traditionnels, ce qui constitue la marque de fabrique de Liu Chia-liang. La solution est trouvée : les statues de terre cuite risqueraient d’être abimées avec des armes modernes, il faudra donc se battre à l’ancienne, de manière authentique. Mais cette volonté d’authenticité des combats n’apporte pas grand-chose. Malgré la relève, la série s’arrêtera avec ce film après avoir bien vécu et beaucoup diverti le public. En 1997, Alan Tam et Tony Leung Chiu-wai, tenteront de reprendre le concept dans New mad mission, sans grand succès.

Aces Go Places V (新最佳拍檔, 1989) Un film de Liu Chia-liang avec Samuel Hui, Karl Maka, Leslie Cheung, Nina Li, Conan Lee, Ha Chi-jan, Walter Tso, Ellen Chan, Fennie Yuen, Dannie Lee, Roy Cheung, Maria Cordero, Liu Chia-liang, Hung Yan-yan.

mercredi 18 juillet 2012

Sortie en France de La Vie sans principe


Absent des écrans français depuis Vengeance, Johnnie To retrouve le public français avec La Vie sans principe. Entre les deux films, il a tourné Don’t go breaking my heart  et depuis Romancing in thin air. La sortie de ce film du cinéaste est une bonne nouvelle pour les spectateurs même s’il ne va sans doute pas être facile de trouver une salle : le film sort sur une vingtaine de copies. Il faut espérer qu’il tournera dans les cinémas et il faut surtout souhaiter que le DCP (copie numérique) sera de bonne qualité (le distributeur est Films sans frontières, société malheureusement connue pour la piètre qualité du compressage de ses DVD – voir Raining in the mountain de King Hu et pleurer).

On le sait, le cinéma de Hong Kong va très mal. Il sort de moins en moins de films là-bas et, évidemment, de moins en moins de films hongkongais sortent en France. En tout cas, en salles. Les derniers films sortis sont Detective Dee de Tsui Hark (en avril 2011) et True legend de Yuen Woo-ping (en septembre 2011), tous deux des coproductions chinoises. Donc, pour l’instant, il faut se réjouir d’admirer, sur grand écran, le génie de Lau Ching-wan et de comprendre – comme il tente de l’expliquer à un journaliste du Monde – qu’il n’est pas qu’un réalisateur de polar. Loin de là.

mardi 17 juillet 2012

Aces go places IV



Après les deux premiers épisodes tournés par Eric Tsang (Aces go places en 1981 puis Aces go places II en 1982) puis la parodie excessive réalisée par Tsui Hark (Mad mission en 1984), la CCC Cinema & City Company a confié en 1986 une version plus axée sur les aventures d’espionnage à Ringo Lam, en contrat avec la compagnie (qui produira l’année suivante Prison on fire. Pour la petite histoire, Aces go places IV est sorti au cinéma en France sous le titre Rien ne sert de mourir, titre éminemment « James Bondien ». King Kong (Samuel Hui) doit cette fois faire face à une bande d’affreux terroristes et ennemis qui veulent s’emparer d’un prisme qui permet de transformer un simple homme en superman.

Inventé par un savant (Roy Chiao, dans une courte apparition) pour le gouvernement de Hong Kong, ce prisme en forme de pyramide de verre  est d’abord testé sur King Kong avec beaucoup d’effets spéciaux qui donnent un ton plus sérieux au film. Ça sera sans compter sur la fille du savant (Sally Yeh), mademoiselle catastrophe qui fait interrompre l’expérience. Puis l’arrivée des méchants, forcément européens, menés par l’acteur Ronald Lacey, le nazi dans Les Aventuriers de l’Arche perdue de Steven Spielberg qui arbore sur sa main la même marque et qui est vêtu avec un pardessus similaire. Arrivés en hélicoptère, les méchants font tout exploser (le spectateur avide d’action en aura pour son argent). Seuls King Kong et Sally s’en échappent. Il a juré au savant de prendre soin de sa fille.

De retour à Hong Kong, on découvre un match de hockey sur glace où deux équipes s’affrontent. L’une composée de flics d’Interpol est coachée par Sek Kin, l’autre issue de policiers de Hong Kong est dirigée par Kwan Tak-hing. Les deux acteurs principaux de la série classique des Wong Fei-hung se disputent ici pour le rire. L’équipe de Hong Kong ne marque pas de points jusqu’à l’arrivée de King Kong qui, grâce à cette formule du prisme, a hérité d’une grande force. Les méchants ne vont pas tarder à débarquer et à provoquer une course poursuite qui commence dans une galerie marchande (le but, éviter les passants) puis sur une autoroute (le but, filmer des carambolages).

Tout Aces go places IV sera mené tambour battant autour de quelques scènes d’actions trépidantes. Le fils de Albert (Karl Maka) et Sylvia (Sylvia Chang), le petite « Balady Junior » (bald = chauve en anglais) sera kidnappé. On le retrouvera suspendu à un fil en haut d’un immeuble. Puis, c’est Sylvia qui est enlevée par les méchants et emmené en Nouvelle Zélande (où une large partie du film a été tournée). Karl Maka aura droit à son lot de cascades et de courses poursuite et le spectateur masculin pourra regarder les deux jeunes femmes blondes qui l’attireront dans un piège.

La partie action du film est richement dotée avec une base secrète cachée comme il se doit au fin fond d’une île secrète elle aussi. Cette base secrète a évidemment un grand nombre de sbires tous en uniforme et tous incapables d’atteindre leur cible mais qui s’écroulent dès que King Kong et Albert tirent (où vont-ils chaque fois les trouver ces sbires figurants). La partie comédie est plutôt dévolue au personnage de Sally Yeh, dame catastrophe qui crée plus de soucis à Samuel Hui qu’elle n’en résout. Le point d’orgue étant ce périple en avion qui ne veut jamais démarrer. Bref, rien de bien neuf dans la série si ce n’est un rythme fou qui aura donné ses gages de bon réalisateur à Ringo Lam.

Rien ne sert de mourir (Aces go places IV, 最佳拍檔千里救差婆, Hong Kong, 1986) Un film de Ringo Lam avec Samuel Hui, Karl Maka, Sally Yeh, Sylvia Chang, Cyrus Wong, Sek Kin, Kwan Tak-hing, Walter Tso, Roy Chiao, Pomson Shi, Ronald Lacey, Onno Boelee, Peter McCaulley, Sandy Dexter, Gayle-Anne Jones, Fung Ging-man, Chang Kwok-tse.