dimanche 4 mars 2012

La Vie sans principe



L’argent est au centre des préoccupations de tous les personnages de La Vie sans  principe. Le titre est déjà un jugement moral sur la valeur de l’argent considéré comme une maladie qui gangrène toute une civilisation. Le récit est ramassé sur une courte période ponctué par des nouvelles de la crise grecque qui occupe l’actualité. La forme s’apparente à celle d’un film choral. Les trois protagonistes ne se rencontreront jamais mais seront liés par des personnages secondaires. Le récit reviendra parfois sur un événement pour mieux l’éclairer avec un point de vue différent dans un souci permanent de fluidifier la narration et de poser les enjeux du film.

La première partie montre le processus, au sein d’une banque, de spoliation des crédits des clients pour les transformer en investissement à risque. Teresa (Denise Ho) habillée en tailleur noir strict, cheveux courts, n’est pas l’employée la plus rentable. Dans une scène douloureuse pour son personnage, sa patronne félicite ceux qui ont réussi à faire gagner beaucoup d’argent à la banque. Teresa ne fait pas partie de ces cadres méritants. Elle décide de rester le soir pour harceler les clients au téléphone pour qu’ils investissent. Elle a trouvé la proie idéale en Madame Kun (So Hang-suen) qui aimerait que son compte rapporte plus que les 2% légaux. Teresa va investir l’argent du compte. La description est minutieuse et non dénuée d’humour car la pauvre dame, d’une cinquantaine d’années, ne comprend strictement rien à tout cela. Teresa lui fait répéter la même phrase (« j’ai parfaitement compris ») à chaque phase du contrat, histoire de prouver en cas d’enquête que la cliente était au courant de tout. Ce que montre Johnnie To à ce moment-là est un pur et simple vol de l’argent du client par la banque. Le malaise s’installe petit à petit, le désarroi de Madame Kun puis sa joie quand Teresa lui assure que l’investissement, forcément foireux et illégal, lui rapportera 20%, fait froid dans le dos.

Un autre client de Teresa est Yuen (Lo Hoi-pang). En cette période de crise, Yuen vient régulièrement retirer de l’argent de son compte pour ensuite le prêter (encore une fois illégalement) est récupérer de forts intérêts. C’est un profiteur de la crise, l’un de ces requins qui abusent de leur position pour faire des profits monstrueux. Il apparait pourtant de manière bien sympathique de prime abord. Yuen demande ce jour-là 10 millions de dollars HK, reçoit un coup de téléphone, puis n’en veut finalement plus que 5 millions. Il demande alors à Teresa de garder dans son bureau la somme sortie pour la recréditer plus tard sur son compte. Yuen est pressé, il doit partir, il oublie son portable sur le bureau, elle veut le rattraper. Dans le parking souterrain, elle se voit se faire agresser et on lui vole son sac plein d’argent. Je ne dévoilerai pas l’auteur du vol d’autant que le récit revient en arrière avec l’arrivée de Panther (Lau Ching-wan) et de Cheung (Richie Ren).

Cheung est policier. Le film commençait avec son personnage et sa femme Connie (Myolie Wu) qui visitent un appartement pour l’acheter. Son manque d’enthousiasme devant la vue et l’espace agacent Connie mais Cheung a d’autres choses en tête. Son téléphone n’arrête pas de sonner. Un vieillard a assommé un de ses voisins et Cheung doit procéder à une enquête de simple routine. Il est également sur les traces de Wah (Eddie Cheung) qu’il arrête au banquet d’anniversaire du « boss » Kwan (Tam Ping-man), parrain de triade. Peu importe la raison de l’arrestation, mais les conséquences seront lourdes pour Panther. Ce dernier toujours vêtu d’une chemise à fleurs, de sandales et portant sa sacoche en bandoulière (alors que tous les autres sont plutôt dans l’imagerie classique des membres des triades) se met alors en tête de payer la caution de Wah. Johnnie To décrit le personnage de Panther comme un simplet, toujours prompt à réagir dans cette idéologie de la loyauté des triades.

Panther pratique la loyauté entre frères. Il va chercher de l’argent où il pense en trouver et sa méthode, comme son engagement, rend son personnage totalement pathétique avec cette idée d’enlever tout aspect romantique aux triades. Lau Ching-wan joue Panther avec force, le faisant bouger dans le cadre comme un gamin, le faisant cligner des yeux frénétiquement, le faisant marcher avec des pas saccadés comme s’il y avait une urgence à tout faire très rapidement. Panther est un dinosaure dans cette jungle des triades où il rencontre successivement Lung, un ancien de sa confrérie (Felix Wong) reconverti dans le ramassage de papier à qui il demande de l’aider, puis Lung, un trader clandestin (Keung Ho-man) et finalement un Chinois du continent (Terence Yin) qui représente la nouvelle garde de la mafia.

La Vie sans  principe est plus une satire de la circulation de l’argent, de son pouvoir de corruption sur les personnes qu’un film qui dénonce. Et c’est bien mieux comme cela. Johnnie To fait preuve de beaucoup d’ironie (je pense par exemple au long périple en voiture du trader avec une flèche dans le cœur, obligé de conduire parce que Panther n’a pas le permis) et de dérision (la double arrestation de Wah d’abord par le commissariat de West Kowloon puis par celui de East Kowloon). Le film ne parvient pas toujours à tenir son suspense dans cette forme chorale dans le petit jeu de savoir qui sera dupé et qui va duper l’autre. Largement supérieur à Don’t go breaking my heart, ce film social amorce la nouvelle carrière du cinéaste depuis qu’il s’est éloigné des polars qui ont fait sa gloire.

La Vie sans principe (Life without principle, 奪命金, Hong Kong, 2011) Un film de Johnnie To avec Lau Ching-wan, Richie Ren, Denise Ho, Myolie Wu, Lo Hoi-pang, Keung Ho-man, So Hang-suen, Eddie Cheung, Felix Wong, Ben Wong, Tam Ping-man, JJ Jia, Stephanie Che, Terence Yin, Yoyo Chen, Anson Leung, Ng Chi-hung, Lee Siu-kei, Vincent Sze.

jeudi 1 mars 2012

The Kid, the story of Ah-Chang


Avant The Big boss et La Fureur de vaincre, avant sa série Le Frelon vert, Bruce Lee a eu une belle carrière à Hong Kong. The Kid, the story of Ah-Chang est le premier long métrage (tourné en cantonais et en noir et blanc) où il a le rôle principal. C’est une comédie sociale où Bruce Lee a le rôle titre. Le petit Chang, dix ans (l’âge de l’acteur) est orphelin et vit chez son oncle Ho (Yee Chau-sui), apparemment veuf mais vivant avec ses deux jeunes enfants. Il vend au coin d’une rue des livres pour pouvoir nourrir sa famille. Ils sont pauvres et Ho va trouver un travail de professeur chez Monsieur Hung (Lee Hoi-chuen).

Hung tient une fabrique de tissus. Le film s’ouvre sur un discours qu’il tient devant un comité de quartier où il promet d’ouvrir une école publique. Mais cette promesse, il ne compte pas la tenir. Sa seule ambition est de gagner de l’argent. Ainsi, lorsqu’il est bousculé par des pickpockets, il prétend à la police qu’on lui a volé 10.000 $, alors qu’il n’avait rien dans son portefeuille. La charmante et pimpante petite fille de Hung a elle perdu son chainette en or, c’est Ho et Chang qui la retrouvent. Ils la ramènent et Hung, qui ostensiblement mange devant eux, affamés, offre ce poste à Ho : il va donner des leçons privées à ses deux enfants. L’autre, plus âgé, est Charles qui fait un trafic de tissu sous le nez de son père.


Chang aura la possibilité d’aller à l’école privée de Hung. Son oncle lui achète de beaux vêtements, mais le gamin n’a pas envie d’aller à l’école et dès le premier jour, il se bat avec ses camarades. Il sera embauché à l’usine comme apprenti. Son énergie fait le bonheur des employées, dont May (Chan Wai-yue) qui subit la pression du contremaitre Joe (Chow Chi-sing) surnommé « quatre yeux » parce qu’il porte des lunettes noires. Elle se fait également draguer par Charles, le fils du patron. Joe est de mèche avec Charles dans le trafic. Il se met à harceler le petit Chang qui se casse un bras.

Le film prend progressivement le parti des ouvriers, des travailleurs et accusent les patrons (surtout le contremaitre) d’abuser de leur prérogatives, d’exploiter de manière scandaleuse la misère des employés. Les ouvrières se mettent en grève et le contremaitre cherche à les accuser de vol. L’époque voulait sans doute cela, Hong Kong était en pleine crise économique après la guerre. Bien qu’entièrement tourné en studio et filmé en plan fixe de manière souvent théâtral, au détour d’une courte scène, on découvre la ville et ses quartiers pauvres quand Chang, pour survivre, devient un voleur. Le jeune garçon trouvera un salut lors de sa rencontre avec Lee (Fung Fung, le réalisateur lui-même) qui, bien que voleur, parviendra à le remettre sur le droit chemin dans un esprit moraliste qui passe avec une certaine finesse.

Et Bruce Lee dans tout cela ? Le jeune acteur en herbe est très vif, avec une capacité de se mouvoir à travers le plan que les autres enfants du film n’ont pas (excepté la fillette qui joue l’enfant de Hung, mais dans une moindre mesure). Bruce Lee saute les barrières, fait des cabrioles, plie et déploie son corps de dix ans. Plus que tout autre personnage, Chang fait rire quand il grimace, qu’il se moque des chefs, quand il imite les adultes. Il a une voix déjà un peu grave, plus que celle des autres gamins, et lorsqu’il devient un petit caïd, il est désormais « adulte », s’habillant comme un grand, avec la même tenue que Lee, chemise blanche, veste et chapeau. Il prend les décisions à la place de son oncle Ho, velléitaire incapable d’agir. Et enfin, on retrouve au détour d’une scène, l’un de ses plus célèbres gestes, celui quand il porte son index sur le nez. Il n’est pas étonnant qu’il soit devenu un star avec un tel tempérament.

The Kid, the story of Ah-Chang (細路祥, Hong Kong, 1950) Un film de Fung Fung avec Bruce Lee, Yee Chau-sui, Lee Hoi-chuen, Fung Fung, Chow Chi-sing, Chan Wai-yue, Yuen Biu-wan, Ko Lo-chuen, Tong Yuen, Wong Gwai-lam, Fung So-po, Yip Ping.

mercredi 29 février 2012

Shaolin



Le général Hou Jie (Andy Lau) veut le pouvoir, tout le pouvoir et ne pas le partager. Il est un homme de guerre et mène ses batailles impitoyablement en tuant ses ennemis. C’est une période trouble pour la Chine, une bataille d’influence en ce début de 20ème siècle. Le seul socle de stabilité semble être le temple de Shaolin, unique décor du film de Benny Chan. Son destin, on le connait, sera d’être brûlé, Shaolin est le récit de ces derniers jours du temple. L’ouverture est filmés avec les mêmes intentions de noirceur que Les Seigneurs de la guerre de Peter Chan, des cadavres gisent au sol dans une atmosphère grisâtre. Contre toutes les conventions, Hou Jie va jusqu’à tuer dans l’enceinte du temple le chef des troupes qu’il combattait, malgré les appels à la raison des moines.

Hou Jie a trois ennemis dans le film. Tout d’abord, son « frère », le général Song (Shi Xiao-hong), à la fois allié (ils souhaitent que leurs enfants respectifs se marient) et adversaires (lequel des deux pourra devenir le chef de la ville qu’ils viennent de prendre aux ennemis). Hou Jie a décidé d’assassiner son compagnon d’armes lors de la cérémonie du mariage. Trahi par son propre ami, Song affirme dans un dernier geste d’agonie qu’il voulait lui céder la ville, prendre sa retraite et quitter la guerre. Mais le complot ne se passe pas comme Hou Jie l’entendait car un autre de ses ennemis cherche à lui piquer sa place. Tandis que cet ennemi l’assaille, la fillette de Hou Jie est blessée et immédiatement emmenée au temple Shaolin pour y être soignée. C’est un mouvement de scénario bien connu pour apporter un peu d’émotion à bon compte, le guerrier sanguinaire qui retrouve un peu d’humanité devant la mort d’un enfant. Gros plans sur les larmes, sur les visages tordus de douleur, musique qui dramatise cette douleur.

La brutalité de Hou Jie et son absence de pitié se retournent contre lui. Il est désormais traqué par le fomenteur du complot qui n’est autre que Tsao Man (Nicholas Tse), son second mais aussi son homme à tout faire que Hou Jie traitait comme un moins que rien. Cabotinant du mieux qu’il puisse, Nicholas Tse campe un méchant comme on n’en voyait plus depuis un bon moment : rire sardonique, détachement dans ses affirmations de devenir le maître du monde suivi d’excessifs accès de violence où il abat ceux qui contestent ses décisions. C’est un méchant au-delà de la caricature qui décide de piller la région de ses trésors nationaux et de tuer les témoins (les ouvriers qui sont allés creuser les tombes des empereurs). Les scènes d’exécutions sommaires sont particulièrement pénibles et racoleuse comme en est la raison scénaristique : tout cela est évidemment la faute des étrangers qui veulent envahir la Chine et corrompe le jeune général. Sur le plan du nationalisme, le film est puant, une habitude de plus en plus courante.

Mais le vrai ennemi de Hou Jie est lui-même. Il souhaite devenir moine à Shaolin. Compte tenu de ses faits d’arme, deux moines ont du mal à accepter ce retournement. Ce sont Jing Neng (Wu Jing) et Jing Kong (Xing Yu) adeptes des arts martiaux qui sont convaincus que le cœur du désormais ex général ne peut pas se purifier. Bien entendu, ils se trompent lourdement. Et c’est avec l’aide du cuisinier du temple (Jackie Chan) qui manie le wok comme d’autres le sabre que Hou Jie va s’humaniser au contact des jeunes enfants moines et apprendre le sens de la vie. Il faut reconnaitre que dans ce déluge de conventions scénaristiques, de personnages caricaturaux à l’extrême et de combats martiaux chorégraphiés par Corey Yuen, le personnage comique de Jackie Chan apporte un peu d’air frais. Mais ça ne suffit à palier la lourdeur de Saholin et son esprit rance.

Shaolin (新少林寺, Chine – Hong Kong, 2011) Un film de Benny Chan avec Jackie Chan, Nicholas Tse, Fan Bing-bing, Andy Lau, Wu Jing, Yu Shaoqun, Xing Yu, Yue Hoi, Hung Yan-yan, Bai Bing, Shi Xiao-hong, Sang Wei-lin.

lundi 27 février 2012

Hanezu, l'esprit des montagnes


Naomi Kawase aime la montagne et tente maintenant d’en sonder l’esprit. Une voix off sur fond de monts brumeux nous parle du temps des Dieux, des hommes qui se battent pour se disputer les femmes. Régulièrement, un râle se fait entendre, sourd et mystérieux. Hanezu l’esprit des montagnes déploie avec des éléments très simples un univers qui tend à s’approcher du fantastique, on croise dans des plans très sombres des insectes sur un tronc d’arbre, ici une toile d’araignée ensoleillée, plus loin un peu de pluie sur les flancs d’une rizière. La nature est là, en train de vivre éternellement, sans se soucier du reste.

Le reste, ce sont les personnages du film de Naomi Kawase. Elle en filme d’abord les gestes du quotidien. Kayoko (Hako Oshima) est artisane, elle prépare des foulards qu’elle teint avec une décoction de fleurs. Son visage ne rayonne pas, ses gestes sont mécaniques. Elle vit dans une jolie maison de leur bourgade avec Tetsuya (Tetsuya Akikawa), publicitaire qui doit partir une semaine dans la grande ville pour rencontrer ses clients. Il mange bio, il vante les qualités de ces si belles tomates qu’il a acheté le matin. Ils ont voulu leur vie au plus près de la nature mais elle semble s’ennuyer.

Kayoko a un amant Takumi (Tohta Komizu), un homme des bois, encore célibataire au grand dam de son grand-père qui souhaite lui trouver une épouse. Il vit dans la montagne dans une cabane. Il lui prépare un plat de légumes cuits au feu de bois et qu’il sert dans une buche creusée au milieu. Elle lui annonce qu’elle est enceinte. Il va devoir faire face à cette nouvelle. Un couple d’hirondelles niche dans sa cuisine, ils volent librement, symbolisant la liberté de Takumi. A l’opposé, chez Kayoko, un canari est enfermé dans une cage, seul, voletant sans but. Symbolique un peu lourde et très signifiante.

Autre symbolique un peu poussive, celle de l’éternité et du temps qui passe avec un personnage d’archéologue (Akaji Maro) qui fouille les vestiges de la capitale primitive du Japon (le film est dédié à toutes les âmes perdues de cette ville). Cet archéologue discute avec un soldat fantôme qui se promène et qui l’avait initié, jadis, à l’étude des pierres. Pour tout dire, la recette (puisqu’on parle beaucoup de cuisine dans Hanezu) ne prend pas. Il faut en plus supporter une caméra à l’épaule hésitante (encore une fois l’effet du réel apparait comme le nouvel académisme) et une lumière crue particulièrement fastidieuse.

Hanezu, l’esprit des montagnes (朱花の月, Japon, 2011) Un film de Naomi Kawase avec Tohta Komizu, Hako Oshima, Tetsuya Akikawa, Akaji Maro, Taiga Komizu, Kirin Kiki, Norio Nishikawa, Miyako Yamaguchi, Sen-nosuke Tanaka.

vendredi 24 février 2012

Flying dragon leaping tiger


Dans un entretien accordé aux Cahiers du Cinéma lors de la sortie en salle de L’Hirondelle d’or, Cheng Pei-pei racontait sa déception d’avoir eu un si petit rôle dans Tigre et dragon. C’est sans doute la raison pour laquelle l’actrice a décidé de produire Flying dragon leaping tiger au titre anglais fort similaire au film d’Ang Lee. C’est autour de son personnage que se lance le récit, même si elle n’apparait que dans la première demi-heure. C’est atour de son histoire et d’une scène primitive que le destin des autres protagonistes va se jouer. Vingt ans avant le récit principal, Yian (Cheng Pei-pei) est assaillie dans une petite maison en plein désert par des soldats. Elle a deux enfants et doit les sauver d’un incendie. Seule sa fille en réchappe. Le reste du film consiste à assouvir sa vengeance.

Sur son chemin, elle va rencontrer un prisonnier. Pak (Fan Siu-wong) va la suivre après qu’elle ait tué tous les gardiens armée de son seul sabre. Elle y sera blessée. Tout le film se déroule dans le désert de Gobi, ce qui évite d’avoir à construire le moindre décor à l’exception d’une séquence dans une auberge (forcément en hommage à King Hu) où elle retrouve Yang (Sammo Hung qui est étrangement doublé) qui est le père de sa fille. Yang est accompagné d’un de ses disciples, son meilleur ami en fait qui régulièrement donne un proverbe loufoque (les seuls gags du film) devant le visage affligé de Yang. Yian refuse de discuter avec son ancien époux et repart dans le désert où elle va affronter la dangereuse bande de Kiu Yu (Kiu Jan-yu) qui cherche à venger son père. Double vengeance donc. Yian meurt dans le désert après avoir reçu les soins de Pak, dans une cavité qui s’ouvre sous leurs pieds dont on n’a pas compris comment ils y avaient accédé.

Pak qui dans ce combat a reçu un apprentissage express change de fringues (quelques bouts de tissus), se recoiffe et part chercher la fille de Yian sur son cheval. Dans le même temps, Yang est aussi parti sur les traces de sa fille (qui elle l’ignore). Arrivés sur place, ils se rendent que Long (Jade Leung) n’est pas une fille commode. Impulsive, elle préfère donner des coups et poser des questions après. La fougue de la jeunesse ! Yang va tenter de contrôler ce trop plein d’énergie, il la raisonne mais rien n’y fait, elle part chercher la bagarre persuadée d’être la plus forte. Il y aura de nombreux combats, beaucoup de philosophie de bas étage et une révélation que l’on avait deviné (en fait, le deuxième enfant n’était pas mort, tout ça pour ça !)

Le film souffre de son absence de budget qui en comparaison de n’importe quel wu xia pian de cette époque lui enlève tout charme. Le film joue sur un certain effet de nostalgie, un retour vers l’aridité de King Hu, bien plus que vers l’imagerie des Shaw Brothers ou l’énergie des productions de Tsui Hark. Mais tout apparait comme ringard et mal fichu. Les deux effets spéciaux (une tornade qui s’abat, une tour qui s’écroule) font rigoler. L’autre souci majeur est celui de l’interprétation où chaque acteur surjoue, Cheng Pei-pei en tête qui dramatise la douleur de sa blessure. Jade Leung finit par fatiguer dans son personnage qui perpétue une vengeance au-delà des générations.

Flying dragon leaping tiger (龍騰虎躍, Hong Kong, 2001) Un film d’Allan Lan avec Sammo Hung, Fan Siu-wong, Jade Leung, Cheng Pei-pei, Yuen Lai-kai, Kiu Jan-yu, Hui Gwoh, Bai Jun-jie, Mao Kit, Tung Ken-lan.

jeudi 23 février 2012

Magic to win


Après un remake honnête mais peu enthousiasmant de A Chinese ghost story, Wilson Yip continue dans le surnaturel avec cette fois de la magie. Magic to win est une variation des Happy Ghost, série produite il y a près de trente ans par Raymond Wong Pak-ming pour le mettre en vedette. Le principe de cette série était très simple et très bête à la fois : mettre sur l’écran de jeunes actrices de Hong Kong en short et débardeur (donc des lycéennes ou jeunes étudiantes qui font du sport) et les confronter avec des fantômes qui viennent les taquiner. C’était les années 1980, c’était la Cinema City.
Raymond Wong Bak-ming est encore l’acteur principal et toujours aussi mauvais. Il est Kang, professeur de quelques chose de plus ou moins scientifique, mais peu importe et a comme étudiante Macy (Karena Ng) qui habite avec cinq colocataires (elles aussi dans la même fac). Elles sont dans l’équipe de volley-ball que dirige leur coach (Yan Ni). Cette dernière se désespère de les voir si nulles avec un ballon et souffre du sarcasme de l’entraineur adverse (Vincent Kok). Tout cela va bien changer un soir d’orage où Macy renverse accidentellement Kang. Des flashes lumineux les entourent et elle absorbe son pouvoir.
Car Kang est un magicien comme on a pu le constater dans une scène précédente. Au petit déjeuner par exemple, par un simple mouvement de main, il fait voler sa vaisselle jusqu’à l’évier. Pratique ! Mais le lendemain matin de cet orage, plus de magie. Il lui faudra un moment pour comprendre que c’est Macy qui possède ses dons. En revanche, elle décide de bien en profiter. Encouragée par ses amies, elle va aider contre de l’argent des petits gros à gagner leurs épreuves sportives. Ça lui monte à la tête tout cet argent et elle se met littéralement à enfler. Elle abuse de ses pouvoirs magiques dans des scènes supposées amusantes, dont un dessin animé primaire sur musique de rap, mais un autre magicien va venir contrer ses pratiques.
Il y a en tout cinq magiciens, chacun représente un élément. Kang est le magicien de l’Eau. Wu Chun est le magicien de la Terre, c’est lui qui va dans le lycée de Macy pour demander de l’aide. Car le magicien du Feu (Wu Jing) l’a privé de ses pouvoirs et rendu invisible aux yeux des simples mortels (sauf Macy). Wu Jing a emprisonné le magicien du Bois (Louis Koo) dans un miroir. Désabusé ce dernier passe son temps à picoler (faut le comprendre, on s’ennuie autant que lui). Enfin, il cherche à accaparer les dons du magicien du Métal (Tonny Jan) qui lui exerce la profession de magicien. Wu Jing cherche à remonter dans le temps avec ces cinq magies pour changer le cours de sa vie. Mais en attendant, il est le méchant du film.
Le scénario de Magic to win se traine en longueur et chaque scène manque cruellement de rythme. L’humour reste très basique, Raymond Wong Bak-ming en fait toujours trop dans les grimaces et sa perruque le rend vraiment ridicule. Quant aux personnages de Karena Ng et de ses camarades, elles apparaissent comme de jeunes idiotes inconscientes et on se demande comment elles ont pu réussir leurs études. Le vrai souci est dans l’emploi excessif des effets spéciaux composés surtout de lumières de différentes couleurs qui se chevauchent dans une orgie visuelle bien indigente. Sinon, Wu Jing et Wu Ching sont très bien habillés pour paraitre sexy. De vraies gravures de mode.
Magic to win (開心魔法, Hong Kong – Chine, 2011) Un film de Wilson Yip avec Raymond Wong Bak-ming, Karena Ng, Wu Chun, Wu Jing, Yan Ni, Louis Koo, Tonny Jan, Tan Li-na, Yip Sai-wing, Rachel Lee, Pau Hei-ching, Vincent Kok.

mardi 21 février 2012

Raining in the mountain


Tout le récit de Raining in the mountain est centré sur un rouleau de prière, McGuffin idéal qui permet à King Hu de tracer un scénario somme toute minimaliste et de développer son art de la mise en scène. Comme à son habitude, après un long générique composé d’estampes, la montagne est le premier décor du film. Trois personnages la traversent pour arriver au Monastère des Trois Joyaux, lieu de prière isolé et havre de plénitude. Ce rouleau est le manuscrit de Xuan Zang des Soutras de Mahayana. L’ambition de Wen An (Suen Yuet) est de s’emparer de cet objet qu’il considère d’une valeur inestimable. Il est accompagné de « Renarde Blanche » (Xu Feng) qu’il présente comme son épouse et de « Serrure d’or » (Ng Ming-choi) qui fait office de porteur des bagages.

Ce sont des voleurs dont l’agilité est démontrée dans une longue séquence où Renarde Blanche et Serrure d’or traversent tout le monastère pour arriver dans la chambre qui contient tous les parchemins. Il leur faut éviter d’être vus par les moines, se dissimuler dans les cachettes des bâtiments et avancer à toute vitesse. Pour cela, King Hu monte son film à un rythme alerte. Les déplacements sont suivis en travelling, les regards sont l’objet de gros plans sur les deux voleurs montés en contrechamp des plans larges où l’on découvre les moines qui ne se doutent de rien. Le monastère est filmé comme un labyrinthe composé de nombreux couloirs. Il est absolument impossible de se rendre compte de l’architecture du bâtiment, tout cela reste mystérieux afin de perdre le spectateur dans les méandres des déplacements. Mais Renarde Blanche ne parvient pas à ouvrier le loquet de la bibliothèque. Un moine, Hui Wen (Lu Chan), va l’aider sans qu’on ne lui demande rien.

Ce moine est le complice de Wen Na. Il est aussi l’un des prétendants à la succession du maître du monastère qui va prendre sa retraite. Wen Na est d’ailleurs venu pour soutenir la candidature de Hui Wen, qui comme on l’a compris est un homme corrompu. C’est alors qu’entre en scène le gouverneur Wan (Tien Feng) et son bras droit le commandant Zhang Cheng (Chan Wai-lau) qui viennent pour exactement les mêmes raisons : voler le manuscrit et soutenir un moine, Hui Tong (Shih Jun). Leur méthode sera différente, moins subtile mais plus sournoise. Wan et Zhang Cheng représentes ce qu’il y a de pire dans le pouvoir : son abus. D’ailleurs, très vite on va comprendre que leur passé est trouble, que la violence ne leur fait pas peur, ce qui dans un monastère bouddhiste n’est pas recommandé. On retrouve ce thème de l’injustice qui, depuis son premier film, traverse le cinéma de King Hu.

Tous ces personnages présentés jusque là, à l’exception du vieux maitre, pratique l’art du faux, de la dissimulation, du simulacre. Aucun d’eux n’est ce qu’il affirme être, cette idée du faux ne s’applique plus ici comme dans Legend of the mountain avec des fantômes ou dans Dragon Inn avec de simples mensonges. Les personnages de Raining in the mountain ne sont pas dupes de ce que sont les autres. Le grand maître et son bras droit, le moine Hui Si (Paul Chun) vont faire preuve d’encore plus de ruse qu’eux pour que personne ne s’empare du rouleau dont on ne saura jamais ce qu’il contient vraiment (dans Legend of the mountain, les sutras avaient une ambition, celle de communiquer avec les morts).

L’arrivée de deux personnages permettra de changer les plans des deux bandes de voleurs. Un sage laïc, Wu Wai (Wu Jia-xiang) arrive avec ses servantes pour l’élection du nouveau maître. Il va mettre à rude épreuve les moines bien peu chastes quand il les forcera à méditer tandis que cette nuée de femmes se baignent en petite tenue, dans une scène à l’érotisme discret mais réel. Puis, Qiu Ming (Tung Lam) entre en scène. Accusé d’un crime dont il se dit innocent, Qiu Ming a choisi de se retirer dans le monastère. Son calme et sa détermination sont décelés chez les maîtres du monastère qui vont le désigner nouveau maître. Puis, c’est son habileté politique, son sens des réformes qui font de Raining in the mountain à la fois un film politique et l’aboutissement de l’œuvre du cinéaste qui livrait son meilleur film.

Raining in the mountain (空山靈雨, Hong Kong, 1979) Un film de King Hu avec Hsu Feng, Tung Lam, Paul Chun, Ng Ming-choi, Suen Yuet, Shih Jun, Chan Wai-lau, Lee Man-tai, Wu Jia-xiang, Wang Kuang-yu, Tien Feng, Lu Chan.

lundi 20 février 2012

Follow the star


Follow the star est l’un de ces nombreuses comédies loufoques que John Woo avait tourné avant ses polars. (J’ai déjà parlé de ses films avec Ricky Hui : Money crazy, From riches to rags, To hell with the devil et Plain Jane to the rescue.) Ici, Roy Chiao est Sing un mécanicien très paresseux qui va être pris dans une aventure alors qu’il ne demandait rien. On le découvre affalé dans son lit, appuyant sur des télécommandes pour amener à sa bouche sa brosse à dents grâce à une ingénieuse mécanique (cela a dû lui demander d’ailleurs beaucoup d’efforts pour l’installer), il glisse ensuite dans son pantalon, caresse son petit singe qui lui sert d’animal de compagnie et file tranquillement au boulot où il arrive en retard. Au boulot, il travaille à son rythme, alternant les coups de clé anglaise et les coups de whisky. Car Sing boit beaucoup pour oublier qu’il bosse.

C’est justement dans le garage où il travaille que Miss Chan (Rowena Cortes), la star du titre du film, vient faire réparer la voiture de son agent (Chung Chai-sam). Elle est ado (16 ans dit-elle) et orpheline. Son statut de star n’entrera jamais en compte dans le film. En revanche, elle est poursuivie par cinq malfrats (Fung Hak-on, Chin Yuet-sang, Wong Ching, Lee Hoi-sang et Chan Paak-san) la kidnappent pour savoir où se trouvent les cinq millions de HK$ que le père de Chan aurait caché après un casse. Bien entendu, la gamine ne sait rien, elle leur dit mais ils ne la croient pas. Malgré sa paresse, Sing va partir à la rescousse de Miss Chan dans un élan héroïque. Il grimpe sur la camionnette, s’introduit dans leur repaire (un poulailler), parvient à battre ces vilains kidnappeurs et à libérer la starlette. Bizarrement, l’agent de Miss Chan refuse que l’on appelle la police (on se doute vite pourquoi).

L’attraction majeure ce sont ces cinq caïds aussi stupides que patibulaires. Chaque tentative pour arriver à leur fin se solde par un échec retentissant. Chacun, comme dans les films de kung-fu, a une botte à son actif pour accomplir leurs forfaits. L’un a une main pourvue de griffes de métal, un autre envoie du poison avec un spray, le troisième utilise un révolver, le quatrième a un poing super puissant et le dernier lance des cartes à jouer tranchantes. Ça fait très peur, mais non, en fait car ils manquent inlassablement leur cible et se font humilier en beauté. Il faut bien signaler que les nombreux gags qui pullulent dans Follow the stars ne volent pas très haut. C’est d’abord un concours de grimaces : le quintet a des trognes pas possibles, ils se ramassent plein de choses dans la gueule (farine, œufs), Sing a une bosse énorme sur le front qui pousse en direct. Sinon, les pantalons des méchants tombent et laissent apparaitre les caleçons, de la fumée sort des oreilles de Sing et il y a pas mal de gags sur le caca (un serpent chie sur le dingue des armes à feu, un autre tombe la tête dans une crotte de chien), quelques moments de travestissement et une poursuite en voitures dont il ne restera rien des véhicules.

D’autres moments d’humour sont de meilleure qualité (même si j’avoue que la loufoquerie non-sensique me plait beaucoup avec cette idée de produire des gags tellement au ras des pâquerettes qu’ils en deviennent drôles). On trouve un flashback tourné comme un film muet burlesque sur le père de Miss Chan. Plus tard, le film bifurque dans un cimetière peuplé de fantômes qui jouent une partie de mahjong endiablée. On retrouve le goût de John Woo pour la littérature classique chinoise puisque les « amants papillons » reviennent dans leurs costumes d’époque d’entre les morts. Enfin, la baston finale aura lieu dans une église où il ne manque que les colombes et les gros guns (on n’est pas encore de The Killer quand même).

Follow the star (大煞星與小妹頭, 1978) Un film de John Woo avec Roy Chiao, Rowena Cortes, Chung Chai-sam, Fung Hak-on, Chin Yuet-sang, Wong Ching, Lee Hoi-sang, Chan Paak-san, Chui Gai-heung, Fung Fung, Cheng Suk-ying, David Wu, Cheng Siu-ping, Sai Gwa-pau, Fung Ging-man, Chan Kim-wan.

samedi 18 février 2012

Legend of the mountain


Le lettré Ho (Shih Jun) a été chargé d’une mission par un abbé bouddhiste : traduire le sutra Mudra, extrêmement secret et ésotérique, dans un lieu reculé où il pourra travailler au calme. Ce sutra permet de communiquer avec les défunts et son pouvoir est sans doute inconnu de la plupart des hommes. Ho, en tant qu’intellectuel, ne croit guère à ces croyances. Son regard à ce sujet demeure celui d’un simple traducteur et pense que sa mission va être simple. C’est donc trou tranquillement, à un rythme nonchalant, qu’il se rend à la citadelle du nord où l’attend le général Han qui gouverne le lieu. Durant ce périple, King Hu filme les rivières, les rochers, le vent qui souffle sur les fleurs comme filmer le calme de la nature de ces montagnes.

Ho commence à avoir des hallucinations. Il aperçoit une jeune femme chanter de la flûte au bord d’une rivière, femme qui disparait aussitôt. Il arrive enfin à la citadelle qui est dépeuplée. Un homme en haillons, Chang (Tien Feng), s’exprimant par borborygmes l’accueille, enfin accueillir est un bien grand mot. Chang est le domestique de Tsui (Tung Lam), ce dernier se présente comme le bras droit du général Han. Il annonce à Ho que tout le monde est mort lors d’une bataille. Il lui fait visiter la vaste demeure où il séjournera et pourra travailler. Ho lui explique sa mission tandis que madame Wang (Rainbow Hsu) espionne leur conversation. Elle va vite entrer dans leur intimité, imposer sa présence et demander à Ho de donner des cours à sa fille. Elle exige qu’il vienne dîner chez elle le soir même. Malgré les réticences de Tsui, Ho se rend chez les Wang et va rencontrer sa fille.

Cette enfant n’est pas du tout en bas âge. Bien au contraire, c’est une adulte. Mandy (Xu Feng) ne cesse de fixer de son regard perçant Ho, elle s’assied à ses côtés et va jouer du tambourin quand la maisonnée est dérangée par un moine taoïste (Ng Ming-choi) qui vient demander la charité. Il se fait chasser par Mandy qui reprend sa musique qui hypnotise Ho. Le lendemain matin, sans aucun souvenir, il se retrouve dans le lit de la belle ensorceleuse qui affirme sans détour qu’ils doivent se marier. Ho ne comprend pas ce qu’il lui arrive mais se soumet. Métaphoriquement, King Hu montre une mante religieuse dévorant son mâle et une araignée encerclant sa proie pour signifier la relation que Mandy Wang va entretenir avec Ho. Tout ce qui l’intéresse est la traduction du sutra Mudra mais la raison n’en est pas encore donnée.

L’idée de mise en scène de King Hu pour Legend of the mountain est de donner à Ho le point de vue. Il porte un regard candide sur les événements troublants dont il est l’objet. Il n’en sait pas plus que le spectateur qui découvre en même temps que lui quels sont les rapports entre les personnages, quels sont leurs secrets et, surtout, qui incarne le bien ou le bien. Il faudra bien lui déciller les yeux. Cela sera la tâche de Cloud (Sylvia Chang), la jeune femme qu’il avait aperçu lors de sa venue. Elle est l’opposée de Mandy. Cloud a un regard apaisant, elle joue de la flûte et est l’incarnation du bien. Ho mettra un moment, parce qu’il ne croit pas au surnaturel, à admettre que Mandy est un démon qui pratique la magie noire. King Hu amène le fantastique dans son film progressivement par de subtiles touches sans effets spéciaux ni maquillages. Cette mise en scène du fantastique procède à la fois de la suggestion (on nous dit que les personnages sont des fantômes) et de preuves (le combat final entre le moine et Mandy). On se prend aussi à repérer quelques plans que Tsui Hark a emprunté dans Zu les guerriers de la montagne magique, notamment Cloud sur une statue d’éléphant.

Legend of the mountain (山中傳奇, Taïwan, 1979) Un film de King Hu avec Shih Jun, Sylvia Chang, Hsu Feng, Tien Feng, Ng Ming-choi, Tung Lam, Rainbow Hsu, Wu Jia-xiang.

vendredi 17 février 2012

Nominations des 31èmes Hong Kong Film Awards

Les nominations de la 31ème cérémonie des Hong Kong Film Awards ont été annoncées.
La soirée aura lieu le samedi 15 avril 2012.

Meilleur film
A simple life (桃姐) d’Ann Hui, produit par Roger Lee, Ann Hui et Chan Pui.
Life without principle (奪命金) de Johnnie To, produit par Johnnie To.
Flying swords of dragon gate (龍門飛甲) de Tsui Hark, produit par Tsui Hark.
Overheard 2 (竊聽風雲2) de Felix Chong et Alan Mak, produit par Derek Yee.
Let the bullets fly (讓子彈飛) de Jiang Wen, produit par Ma Ke, Albert Lee, Yin Homber, Barbie Tung et Zhao Haicheng

Flying swords of dragon gate (13 nominations)

Meilleur réalisateur
Ann Hui (A simple life)
Johnnie To (Life without principle)
Tsui Hark (Flying swords of dragon gate)
Alan Mak et Felix Chong (Overheard 2)
Jiang Wen (Let the bullets fly)

Meilleur scénario
Susan Chan (A simple life)
Wai Ka-fai, Yau Nai-hoi, Ryker Chan et Jevons Au (Don’t go breaking my heart)
Milkyway Creative Team, Au Kin-yee, Wong King-fai (Life without principle)
Alan Mak et Felix Chong (Overheard 2)
Zhu Sujin, Shu Ping, Jiang Wen, Guo Junli, Wei Xiao et Li Bukong (Let the bullets fly)

Let the bullets fly (13 nominations)

Meilleur acteur
Andy Lau (A simple life)
Lau Ching-wan (Life without principle)
Lau Ching-wan (Overheard 2)
Jiang Wen (Let the bullets fly)
Ge You (Let the bullets fly)

Meilleure actrice
Shu Qi (A beautiful life)
Tang Wei (Wu Xia)
Deanie Ip (A simple life)
Gao Yuanyuan (Don’t go breaking my heart)
Zhou Xun (Flying swords of dragon gate)

Wu Xia (12 nominations)

Meilleur acteur dans un second rôle
Jimmy Wang Yu (Wu Xia)
Paul Chiang (A simple life)
Nicholas Tse (Shaolin)
Lo Hoi-pang (Life without principle)
Kenneth Tsang (Overheard 2)

Meilleure actrice dans un second rôle
Wai Ying-hung (Wu Xia)
Qin Hailu (A simple life)
So Hang-shuen (Life without principle)
Gwei Lun-mei (Flying swords of dragon gate)
Carina Lau (Let the bullets fly)

Meilleur nouvel interprète
Hsiao Ching-teng (The Killer who never kills)
Shiga Lin (Lan Kwai Fong)
Zheng Shuang (Mural)
Karena Ng (Magic to win)
Sheng Chien (Flying swords of dragon gate)

Overheard 2 (9 nominations)

Meilleur directeur de la photographie
Jake Pollock et Lai Yiu-fai (Wu Xia)
Yu Lik-wai (A simple life)
Choi Sung-fai (Flying swords of dragon gate)
Anthony Pun (Overheard 2)
Zhao Fei (Let the bullets fly)

Meilleur monteur
Derek Hui (Wu Xia)
David Richardson (Life without principle)
Yau Chi-wai (Flying swords of dragon gate)
Curran Pang (Overheard 2)
Jiang Wen et Cao Wei-jie (Let the bullets fly)

Meilleure direction artistique (décors)
Yee Chung-man et Sun Li (Wu Xia)
Yee Chung-man et Lau Man-hung (Shaolin)
Yee Chung-man et Lau Man-hung (Flying swords of dragon gate)
Daniel Lee (White vengeance)
Eddy Wong, Yu Qing-hua et Gao Yi Guang (Let the bullets fly)

Meilleurs costumes et meilleurs maquillages
Dora Ng (Wu Xia) Ng Po-ling (Mural)
Lai Hsuan-wu (Flying swords of dragon gate)
Eddy Mok et Debby Wong (White vengeance)
William Chang (Let the bullets fly)

A simple life (8 nominations)

Meilleure chorégraphie des combats
Ching Siu-tung (The Sorcerer and the white snake)
Donnie Yen (Wu Xia)
Corey Yuen, Yuen Tak et Li Chung-chi (Shaolin)
Yuen Bun, Lan Hai-han et Sun Jiankui (Flying swords of dragon gate)
Sit Chun-wai et Lee Chung-chi (Let the bullets fly)

Meilleure musique originale
Chan Kwong-wing (A beautiful life)
Chatchai Pongprapaphan, Chan Kwong-wing, Peter Kam (Wu Xia)
Wu Wai-lap, Li Han-chiang et Gu Xin (Flying swords of dragon gate)
Henry Lai (White Vengeance)
Chan Kwong-wing (Overheard 2)

Meilleure chanson originale
錯過了地址 (A beautiful life) par Ivana Wong
兩生花 (Hi, fidelity) par Sandy Lam
水漫金山 (Life without principle) par Yue Wei
悟 (Shaolin) par Andy Lau
迷走江湖 (Wu Xia) par Dou Wei

Meilleur son
Nopawat Likitwong et Traithep Wongpaiboon (Wu Xia)
Kim Suk-won (Flying swords of dragon gate)
Phyllis Cheng et Lam Siu-yu (White vengeance)
Kinson Tsang (Overheard 2)
Wen Bo et Wang Gang (Let the bullets fly)

Life without principle (8 nominations)

Meilleurs effets visuels
Ryu Hee-jung, Eddy Wong et Law Wai-ho (The Sorcerer and the white snake)
Yung Kwok-yin et Andy Kang (Wu Xia)
Christopher Bremble (Mural)
Wook Kim, Josh Cole, Frankie Chung (Flying swords of dragon gate)
Victor Wong et Xie Yi-wen (Let the bullets fly)

Meilleur nouveau réalisateur
Tsang Tsui-shan (The Big blue lake)
Calvin Poon (Hi, fidelity)
Bill Yip (Cure)

Meilleur film de République Populaire de Chine et Taïwan
You are the apple of my eye (Giddens Ko)
The Flowers of war (Zhang Yimou)
If you are the one 2 (Feng Xiaogang)
Starry starry night (Lin Shu-yu)
Warriors of the rainbow : Seediq Bale (Wei Te-sheng)