mardi 21 août 2007

Peking opera blues


Tsui Harl adore plonger ses personnages dan l’histoire de la Chine. Shanghai blues explorait en 1984 la guerre sino-japonaise, la série des Il était une fois en Chine se déroulera au début du 20ème siècle lors de la colonisation de la Chine par les occidentaux, Peking opera blues va avoir pour cadre les débuts de la République de Chine. Le film commence en 1913 soit quelques mois à peine après la fin de l’empire.

Sheung (Cherie Chung) est une jeune chanteuse. Ce jour-là, elle est chez un général libidineux, qui, bien qu’ayant déjà 28 épouses, se verrait bien convoler avec cette chanteuse. Tout est interrompu par l’entrée de soldats, car notre Général n’a pas oublié de se servir dans la caisse. Sheung s’enfuie aussi en récupérant quelques bijoux qu’elle cache sur la charrette de la troupe de théâtre Chun Hu. C’est la confusion, les soldats fouillent tout le monde, mais Sheung s’en sort grâce à l’intervention de Hsueh (Brigitte Lin). Sheung va au théâtre reprendre son bien volé. Là bas, on lui interdit l’entrée. Le responsable du théâtre Hua (Wu Ma) a une fille qui rêve de jouer, Pak (Sally Yeh) s’est habillé pour jouer dans l’opéra mais son père lui interdit.

Or, le théâtre est lieu de rendez vous des rebelles contre les généraux corrompus. Brigitte Lin, bien que fille d’un général, est une de ces rebelles. Elle sera chargée d’une mission avec Ning (Marc Cheng), ils doivent prendre un document qui établit l’état de corruption de membres haut placés. Ils espèrent aisni amener la démocratie en Chine. Très vite, les deux autres filles seropnt mêlées à toute cette histoire de document secret qui sert de fil conducteur au récit de Peking opera blues, ce que en d’autres temps on appellerait le macguffin.

Tsui Hark utilise bien entendu ce cadre historique notamment pour la reconstitution. L’Histoire, celle que l’on lit dans les livres, on le sait est souvent écrite par des hommes avec des hommes au centre des évènements. Tsui Hark en donnant à ses actrices les rôles principaux ne contredit pas l’idée que l’histoire c’est les hommes, mais va en diminuer considérablement la portée.

Ce que montre Peking opera blues est un monde dominé par les hommes. Si l’Histoire c’est les hommes, la fiction c’est les femmes. Tsui Hark procède dans son film à un renversement des sexes assez jubilatoire. Brigitte Lin, que l’on avait connu dans Zu les guerriers de la montagne magique comme Reine des Glaces, soit le symbole de l’érotisme féminin, est là habillé en homme (cheveux courts et pantalons) et prend la tête de la rébellion. Elle conduit, elle boit, elle est libre.

Ce sont souvent les hommes qui sont féminisés. Le théâtre est interdit aux femmes et les hommes jouent les femmes. D’ailleurs, le chef de la police tombe en émoi devant le frère du patron du théâtre quand il interprète son opéra. Pak et Sheung devront s’imposer pour pouvoir jouer devant le public.

Tout Peking opera blues est constitué de signe qui mettent en avant les femmes en tant qu’elles font avancer la fiction. Elles sont créatrices du scénario soit parce qu’elles font progresser le récit (la recherche du document et tout ce qui se rapporte à la rébellion), soit parce qu’elles le font capoter (leurs gaffes fournit l’élément burlesque qui contrebalance l’aspect historique). Dans les deux cas, les hommes doivent suivre. Le père accepte que sa fille joue au théâtre, les deux garçons tentent de séduire les filles.

On s’amuse beaucoup aux aventures des héroïnes de Peking opera blues. Tsui Hark ne relâche jamais la tension et parcourt son film de morceaux de bravoure, de poursuite, de danse, de combats, le tout réglé par Ching Siu-tung. Ce dernier deviendra le maître d’œuvre d’une nouvelle carrière qui va s’ouvrir pour Tsui Hark, celle de producteur. Dès la fin du tournage de Peking opera blues, le cinéaste désormais patron de la Film Workshop va produire les Histoires de fantômes chinois et créer l’univers baroque de John Woo en lançant Le Syndicat du crime, entre autres films. Une époque bénie pour le cinéphile.

Jean Dorel

Peking opera blues (刀馬旦, Hong Kong, 1986) Un film de Tsui Hark avec Brigitte Lin, Sally Yeh, Cherie Chung, Mark Cheng, Wu Ma

1 commentaire:

Brian a dit…

http://www.shelflifeclothing.com/shirtpages/pekingopera.html