
mardi 29 avril 2008
Le Sang séché

lundi 28 avril 2008
As tears go by

As tears go by, tourné en 1988 à Hong Kong a été présenté en France au Festival de Cannes 1989. Pas en compétition officielle, mais à
Le scénario de As tears go by est simple. Wah (Andy Lau à peine reconnaissable) est un petit malfrat. Son meilleur ami Fly (Jacky Cheung) est son acolyte dans ses affaires louches. La jeune Ngor (Maggie Cheung encore moins reconnaissable que Andy Lau) vient se faire soigner les poumons et demande à être hébergée chez Wah, qui est son cousin. Wah vient de se faire larguer par sa copine. Fly, tout fanfaron qu'il est, a bien du mal à récupérer de l'argent chez un de ses " protégés ". Petite histoire de polar entre truands au milieu desquels se retrouve une jeune fille naïve et innocente. Rien de bien neuf.
Le film commence pourtant différemment des autres polars de Hong Kong. Plutôt que de planter l'action de son film, censé être un film d'action, avec justement de l'action, c'est-à-dire de montrer Fly en train de demander de l'argent au l'autre type, Wong Kar-wai choisit de laisser tout cela hors champ. Quand As tears go by commence, Andy Lau est en train de roupiller. Le téléphone sonne. C'est sa tante qui lui dit qu'elle rappellera quand il sera levé. Mais elle téléphone peu de temps après pour dire que sa cousine Ngor va venir loger chez lui. " Ah bon, j'ai une cousine ! " Wong Kar-wai fait en quelque sorte un film d'inaction pour l'instant.
Maggie Cheung arrive. C'est une gentille fille sage. Elle porte une robe bien droite et ses cheveux sont longs et gentiment coiffés. Elle s'excuse d'arriver comme ça. Wah en a un peu rien à foutre. Ce qui l'intéresse, c'est de dormir et de ne pas être dérangé par le téléphone. Ngor répond aux coups de fils. C'est Fly qui n'arrive vraiment pas à avoir son argent. Il n'est pas du tout étonné que la cousine de Wah réponde. As tears go by débute donc dans le comique de situation et sa mise en scène nous signale déjà que son histoire de petits truands ne le passionne pas.
Il se résoudra pourtant à accomplir quelques scènes de baston. Il a signé pour un film d'action, faut-il le rappeler. Les bagarres sont filmées de manière très classique avec beaucoup de plans qui ont du mal à convaincre. Wong sent bien qu'il n'est pas doué pour ça. Le cinéaste filmera même une poursuite dans les rues, celles très peuplées du quartier de Mongkok où se passe le film. Il joue déjà avec le ralenti comme plus tard dans Chungking express, mais l'usage du ralenti était très répandu dans les polars de John Woo de cette période. Il ne détourne pas encore complètement la commande, comme plus tard dans Les Cendres du temps où il ne filme que des moments de creux.
Ce qui rattache As tears go by avec les films suivants de Wong Kar-wai est autre chose. Il s'agit d'abord des rapports entre les personnages de Maggie Cheung et Andy Lau. Ils discutent beaucoup dans des lieux triviaux, comme ce plan séquence dans la cuisine où ils mangent des nouilles. Finalement, c'est une histoire d'amour impossible entre eux que Wong Kar-wai veut filmer, comment ces deux là vont arriver à coucher ensemble. A ce propose, que faut-il entendre dans le terme " cousin " qu'ils sont supposés être ?
Autre récurrence, la fascination du cinéaste pour la cigarette, pour ses volutes de fumée. Paradoxe puisque Maggie Cheung est malade des poumons. Mais le glamour de la cigarette prime sur la cohérence du scénario. Le personnage de Maggie Cheung prétend être amoureuse du médecin qui la soigne, médecin que l'on aperçoit dix secondes dans le film et qui ne réagit pas quand Maggie tombe dans les bras de Andy Lau.
Toujours une affaire de souffle, pendant toute une séquence où Wah est blessé et où Ngor le soigne, on entend Take my breath away, dans une version chantée en cantonais par Sandy Lam, très populaire à l'époque et encore maintenant d'ailleurs. La séquence dure dix bonnes minutes. La chanson a peut-être été imposée à Wong Kar-wai, mais il l'utilise comme il le fera plus tard avec le Happy together des Turtles ou le tango dans In the mood for love.
Pour finir, on parlera de l'aspect chromatique de As tears go by qui, bien que moins soigné qu'ultérieurement, est défini par une opposition claire entre le bleu et le rouge. C'est d'ailleurs Andrew Lau qui est le chef opérateur. Christopher Doyle ne travaillera avec Wong qu'après ce film. As tears go by est souvent filmé de nuit et encore plus souvent à l'intérieur de l'appartement de Wah et parfois dans un bar. L'image est constamment sombre comme mal éclairée. C'est dans ces séquences noires que se déroulent les moments heureux de Wah et Ngor. C'est en plein jour que la mort arrive.
As tears go by est-il un bon film ? Est-il un bon film de Wong Kar-wai ? C'est un polar un peu différent. C'est sans doute une des raisons qui ont fait que ce film a séduit en 1989 quelques critiques de cinéma français qui l'ont sélectionné à Cannes. Il devra quand même atteindre cinq ans avec Chungking express pour voir un de ses films distribués en France, avant de connaître l'engouement, parfois délirant, pour ses trois derniers films un peu surfaits, mais ce n'est que mon avis. Par ailleurs, Andy Lau et Jacky Cheung se sont retrouvés dans un film de triade très intéressant en 2004,
As tears go by (旺角卡门, Hong Kong, 1988) Un film de Wong Kar-wai avec Andy Lau, Jacky Cheung, Maggie Cheung, Alex Man, Ronald Wong.
vendredi 25 avril 2008
Playboy cops

jeudi 24 avril 2008
Sorties à Hong Kong (avril 2008)




The Forbidden kingdom (功夫之王)
Un film de Rob Minkoff (Etats-Unis) avec Jet Li, Jackie Chan, Li Bingbing, Colin Chou, Liu Yefein. 105 minutes. Classé Catégorie IIA. Sortie : 24 avril 2008.


mercredi 23 avril 2008
Cannes 2008 : la Sélection Officielle
Cannes 2008 se prépare activement cette année, comme tous les ans. Sean Penn sera Président du Jury, Apichatpong Weerasethakul sera un de ses Jurés stars. Les journalistes pourront apprendre son nom et être fiers de le réciter par cœur. Hou Hsiao-hsien sera président du jury de la sélection des courts-métrages.
Et les films dans tout cela ? On se rappelle que la sélection officielle l’an dernier avait été misérable – et surtout misérabiliste (les films de Cannes 2007). Les sorties des films sélectionnés se font de plus en plus rares et sont de plus en plus tardives. Stephen Chow est encore une fois oublié…
Ceux qui ne sont pas oubliés pour prétendre à la Palme d’or sont Jia Zhangke avec 24 city, qui fait maintenant deux ou trois films par an. Eric Khoo qui, après le superbe Be with me, présenta My magic, sans doute un film de Singapour pour la toute première fois. Brillante Mendoza, le réalisateur de John John sera là avec Serbis. Ça ne fait guère pour l’instant, mais le sélectionneur rajoute toujours quelques films avant le début du festival.
Hors compétition, Kim Jee-woon présentera The Good the bad the weird, mais je n’attends rien de ce (mauvais) réalisateur surtout avec un titre de ce genre qui sent bon le postmoderne. Un autre Coréen présentera son premier film (donc un candidat à la Caméra d’or), c’est Na Hong-jin avec The Chaser. Quant à Wong Kar-wai, déjà bien mal en point avec son minable My blueberry nights, il présente une version redux des Cendres des temps, son plus mauvais film. Ça fait déjà peur !
Dans la section Un certain regard, trois cinéastes sont allé filmer Tokyo dans un film qui s’appelle Tokyo. Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-ho sont derrière la caméra. Ça peut être pas mal. Toujours Tokyo, mais vu par Kyioshi Kurosawa, ça s’appelle Tokyo sonata. Pour continuer, un film chinois Yi ban haishui yi ban huoyan de Liu Fendou et un film taïwanais pour finir, Parking de Chung Mong-hong.
Jackie Chan devrait monter les marches puisque Kung-fu panda, dont il fait la voix, sera présenté hors compétition. Il sera la seule présence de Hong Kong.
mardi 22 avril 2008
Femmes de yakuzas

Madame Tamaki Awazu esr femme de yakuza. Ça n’est pas son métier, c’est sa position. Et parce que son mari de yakuza est en prison, c’est elle qui a pris en charge la tête du clan. Elle a 500 hommes à diriger, 500 yakuzas et elle les mène à la baguette en attendant que son mari revienne pour reprendre sa fonction. Il doit sortir dans trois mois mais en attendant ça va barder dans le milieu.
Le film d’Hideo Gosha commence justement par une fête trimestrielle où toutes les femmes de yakuzas en prison se retrouvent pour s’amuser. Elles vont chanter au karaoké, danser, boire des verres, oublier leur situation et la pression de femmes « célibataires ». Tamaki reçoit la visite de la femme du parrain Domoto. Elle se jurent chacune l’une l’autre loyauté et soutien. Mais le parrain meurt soudainement et le clan va exploser.
Tamaki a une sœur, célibataire, qui vit chez leur père qui n’a aucun rapport avec les yakuzas. Cette sœur, Makoto, va se retrouver au centre du récit de Femmes de yakuzas, bien malgré elle. Tamaki veut la fiancer avec le fils d’un patron d’une grosse entreprise d’immobilier. Elle accepte d’abord, contrainte et forcée. Un autre homme fait irruption dans sa vie, l’apprenti yakuza Banji qui est amoureux d’elle et qui s’installe chez le père. Mais la rencontre avec Sugita va changer sa vie
Sugita est un yakuza. Elle l’ignore d’abord mais elle comprend en voyant ses tatouages lors d’une scène où, après l’avoir draguée, il la viole. Mais Makoto va tomber amoureuse de lui et l’épouser au grand dam de Tamaki. Car Sugita est l’homme de main de Koizo, le chef du clan qui a fait sécession et qui veut assassiner le nouveau parrain.
Makoto pensait pouvoir échapper au monde des yakuzas, mais c’est peine perdue. Sa sœur Tamaki, qui voulait l’épargner, ne pense désormais plus qu’à prendre la tête du clan. Aucune réconciliation entre les clans ne semble possible et c’est Makoto qui va faire les frais de cette gangrène qui va pourrir Tamaki et en faire un monstre. Avoir le pouvoir, être la chef des yakuzas d’Osaka est son unique ambition et tout obstacle devra être éliminé.
Femmes de yakuzas commençait presque comme une comédie. Au fil de son développement, la noirceur vient plonger tous les personnages dans les affres de la déchéance. Plus Tamaki veut s’élever dans la hiérarchie du milieu, plus Makoto va sombrer et perdre de son humanité. Cette dernière aspirait à une vie classique d’épouse. Habillée en habits occidentaux, elle va s’opposer à Tamaki qui porte le kimono traditionnel jusqu’à une scène paroxystique, filmée en plan séquence, où elles vont en venir aux mains.
Gosha propose une mise en scène implacable de cette descente aux enfers dans le monde des yakuzas. On saura très vite de quel côté il se place. Détail amusant : il adore lui aussi filmer les pieds des femmes. Tarantino n’est pas le seul à avoir cette délicate manie.
Femmes de yakuzas (極道の妻たち, Japon, 1986) Un film d’Hideo Gosha avec Iwashita Shima, Katase Rino, Sera Masanori.
dimanche 20 avril 2008
Mongol

Avant d’être Gengis Khan, Gengis Khan s’appelait tout simplement Temujin. Mongol racontera l’histoire de Temujin avant qu’il ne devienne l’empereur de la moitié du monde, comme on dit. On commence donc dans l’enfance quand notre futur chef de clan n’a encore que neuf ans. Auparavant, Mongol nous aua montré Tadanobu Asano, le visage buriné attaché dans une cage. Le film tendra à nous montrer comment il s’est retrouvé prisonnier et comment il va s’en sortir.
Départ du récit avec cet enfant qui est amené par son père dans la tribu des Merkits dans le royaume du Tangut, afin de choisir une femme. Elle sera Borte, elle sera consentante voire à l’initiative de leur futur amour. Ils se retrouveront dix ans plus tard pour se marier, mais entre temps, Temujin sera blessé et laissé pour mort. Borte sera promise à un autre, mais Temujin revient et se fait un ennemi. L’homme se montre d’une fidélité à ses engagements et telle est sa devise selon Bodrov.
Temujin deviendra donc une bête de guerre pour une femme quand bien même on lui conseille de ne jamais faire la guerre pour cette raison. Temujin va s’allier avec Jamuha qui deviendra son ennemi et le vendra, à cause d’une femme, à cause de pouvoir, à un seigneur de Tangut. Jamuha, qui porte presque une coiffure d’iroquois, sera malgré lui un de piliers qu fabriquent Gengis Khan. Ils sont peu nombreux les gens qui reconnaissent en cet impétueux Temujin le futur empereur. Il y a Borte, sa femme et un moine bouddhiste qui avertit le roi de Tangut que cet homme détruira son royaume.
Bodrov ne fait pas de Gengis une figure angélique, contrairement à ce qui a pu être écrit. Mais, Mongol ne s’attache que très tardivement aux guerres et aux massacres perpétrés par Gengis. On trouve au milieu du film une courte scène de bataille, mais déjà on observe que Temujin décime tous ses ennemis. On dira que la gloire de Gengis Khan a été possible uniquement parce que tous ses ennemis sont morts et qu’ils ne purent jamais écrire une sa contre-histoire.
Bodrov filme ces scènes de bataille à la manière d’un chambara. Les sabres rentrent dans les corps en éjectant des giclées de sang. Cela les scènes de sabre dans le Zatoichi de Takeshi Kitano.
Mongol réussit à ne pas être un gros film bourrin comme Zhang Yimou ou Chen Kaige en on tourné récemment (
Ça se regarde, sans plus. Sans réel plaisir, sans déplaisir non plus contrairement au dernier film de Chen Kaige. Mongol a été nommé aux Oscar en tant que meilleur film en langue étrangère. La seule question réellement intéressante est de savoir pourquoi Asano joue un Mongole et est-ce que cela va lancer sa carrière hors du Japon. Sinon, il est très bien Asano dans ce rôle tout en douceur.
Mongol (Монгол, Russie – Allemagne, 2007) Un film de Sergei Bodrov Sr. Avec Tadanobu Asano, Soon Khon-lei, Khylan Tchouloon, Odniam Odsouren.
jeudi 17 avril 2008
Sorties à Hong Kong (avril 2008)
lundi 14 avril 2008
27ème Hong Kong Film Awards : The Warlords rafle (presque) tout
Le grand gagnant de la 27ème cérémonie des Hong Kong Film Awards est The Warlords de Peter Chan Ho-sun. La super-production pan asiatique écrase tous ses concurrents qui jouaient tous dans des catégories plus modestes et plus artistiques. Bref, The Warlords a reçu les HKFA du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleure Photographie, Meilleurs Décors, Meilleurs Maquillages et Costumes, Meilleur Son et Meilleurs Effets Spéciaux. Pour ne faire du tout dans la demie mesure, Jet Li a même été sacré Meilleur Acteur, damant le pas à son partenaire dans le film, Andy Lau qui doit se contenter cette année du HKFA du Meilleur second rôle pour Protégé. Le film de Derek Yee reçoit aussi la récompense pour le Meilleur Montage. Les autres films n’ont plus qu’à récupérer les miettes. The Postmodern life of my aunt d’Ann Hui reçoit les awards de la Meilleure Actrice pour Siqin Gaowa et de la Meilleure Musique. Filatures / Eye in the sky reçoit aussi deux prix : Meilleur Nouvelle Actrice pour Kate Tsui et Meilleur Nouveau Réalisateur pour Yau Nai-hoi. Logiquement, c’est Wai Ka-fai qui se voit attribuer le HKFA du meilleur scénario pour Mad detective. Siu Yam-yam est consacrée Meilleur Second Rôle Féminin pour The Pye dog. Donnie Yen pourra continuer à soulever de la fonte pour montrer ses muscles dans les films d’action, ses scènes d’action dans Flash point de Wilson Yip sont récompensées. Quant au HKFA de la Meilleur Chanson, il va à celle de Love is not around. Enfin, Lust caution reçoit le Award du Meilleur Film Asiatique de l’année, mais sans Ang Lee qui était absent.
Vous pouvez retrouver toutes les nominations ici : Nominations des 27ème HKFA.
samedi 12 avril 2008
Bon à rien






