dimanche 11 novembre 2007

Le Combat des maîtres


Le Combat des maîtres de Liu Chia-liang raconte Wong Fei-hung dans ses années d’apprentissage. Gordon Liu prête son corps au héros chinois. Retour sur la légende…
On connaissait les aventures de Wong Fei-hung avec Jet Li dans le rôle du médecin sous la caméra de Tsui Hark. C'était il y a déjà quinze ans. La saga des Il était une fois en Chine redéfinissait la légende du héros. Tsui Hark, en amoureux de la culture chinoise, en faisait un homme qui découvrait son pays ravagé par l'impérialisme occidental. Il en faisait un naïf qui savait au bon moment rendre la justice. Les trois premiers épisodes de l'hexalogie sont de purs chefs d'œuvre. Les autres peuvent être oubliés. Jet Li a aussi incarné un agréable Wong Fei-hung pour Wong Jing : Claws of steel (1993).

On ne connaît pas encore en France les quelque 80 films tournés entre 1949 et 1974 avec Kwan Tak-hing. C'est cet acteur qui a immortalisé Wong Fei-hung. Né en 1905, il est devenu lui-même un héros pour le cinéma chinois. Yuen Woo-ping l'a par ailleurs embauché pour deux de ses films dans le rôle de Wong dans Magnificent butcher (1979) et Tigre blanc (1981). Un jour peut-être découvrirons-nous quelques uns des Wong Fei-hung. Kwan, certaines années comme en 1957 ou 1958, tournait plus de quinze films sur le personnage. C'est dire son extrême popularité.

Auparavant Yuen avait réinventé le personnage de Wong Fei-hung pour Jackie Chan dans Drunken master (1978). Sans doute l'un des rares Wong Fei-hung sans natte et sans tonsure. Jackie Chan gardait ses cheveux tels quels. Il apparaît évident que ces trois films furent produits pour concurrencer ceux de la Shaw Brothers, déjà largement en perte de vitesse face à la Golden Harvest. D'ailleurs, Jackie Chan, toujours avec ses cheveux, tournera Combats de maître (Drunken master 2) en 1993 sous la direction de Liu Chia-liang. La boucle était bouclée.

Le Combat des maîtres commence comme tous les Liu Chia-liang par une démonstration de kung-fu sur un décor nu. Ici, c'est Wong Fei-hung, ou Huang Fei Huang comme il est écrit sur le générique, qui s'entraîne avec son mentor Lu A Tsai (Chen Kuan-tai). Torses nus, ils enchaînent les mouvements sur le désormais célèbre thème musical que l'on a tous fredonné après avoir vu Il était une fois en Chine. Passé le générique, nous nous retrouvons à Canton où se déroule la Fête des Pétards. Les différentes écoles d'arts martiaux se battent pour en attraper un maximum.

Gordon Liu incarne un Wong Fei-hung impétueux et totalement inexpérimenté. Son père, Wong Qi-ying, pour le protéger lui interdit d'apprendre le kung-fu. Cela n'empêche pas le jeune homme de faire le pied de grue devant l'école de Lu A Tsai, un des meilleurs spécialistes de kung-fu. Mais jamais il n'ose franchir la porte de l'école. Wong essaie de se mêler aux étudiants de son père, mais sa maladresse et son impulsivité lui causent quelques désagréments. Les combats pour les pétards sont dangereux et violents, mais il s'en moque. Il veut en faire partie. Conclusion directe : l'école adverse remporte le tournoi au grand dam des étudiants et de Monsieur Wong.

Liu Chia-liang et ses scénaristes rajoutent quelques intrigues pour corser l'histoire. He Hu vient se réfugier dans l'école martiale adverse. L'homme, interprété par Liu Chia-liang lui-même, est un mercenaire sans foi ni loi. Il est activement recherché par la police pour meurtre. Il y a aussi une jeune fille qui fait trembler le cœur de Wong Fei-hung. Comme il se doit, c'est Lily Li qui l'incarne. Mais le film sacrifie se personnage de pure convenance comme si Liu Chia-liang ne s'en intéressait pas. Car Liu est avant tour un passionné d'art martial.

Et comme dans bon nombre de films de kung-fu, l'apprentissage par le sifu prend une grande importance. Wong Fei-hung sera désormais entraîné par Lu A Tsai. Ils passeront deux ans dans une forêt lointaine à apprendre la patience, le maniement du bâton et les figures imposées d'un artiste martial. Malgré l'avis du père, Lu A Tsai a décelé chez Wong Fei-hung un grand artiste martial. Il enroule sa natte de cheveux autour du cou et s'entraîne, s'entraîne et s'entraîne jusqu'à acquérir la maîtrise parfaite. Pour cela il en cassera de la vaisselle !

Le Combat des maîtres est l'un des premiers films de Liu Chia-liang. Sa mise en scène des combats collectifs lors des fêtes des pétards ne sont aussi magistraux que ce l'on attendait. Il semble mal à l'aise avec ses nombreux figurants. Tout le monde n'est pas Cheng Kang, le réalisateur des 14 Amazones. Comme on a pu le voir dans ses films ultérieurs, il soigne avant tout les chorégraphies des combats en duo. Lui-même contre Gordon Liu, ou Gordon Liu à l'entraînement avec Chen Kuan-tai. Sans être indispensable (car l'humour manque ici), Le Combat des maîtres est un élément important de l'histoire des aventures de Wong Fei-hung.

Le Combat des maîtres (Challenge of the masters, 陸阿采與黃飛鴻, Hong Kong, 1976) Un film de Liu Chia-liang avec Godon Liu, Chen Kuan-tai, Lily Li, Wang Yu, Liu CHia-liang

1 commentaire:

Jean-noel Lafargue a dit…

Bonjour. Je ne trouve pas d'autre moyen pour vous contacter que les commentaires (vous pouvez ne pas afficher celui-ci car il ne s'agit pas d'un commentaire mais d'un message). Voilà. Je viens de refondre l'article "Film Musical de Wikipédia et, afin que celui-ci soit le plus complet possible, j'aimerais savoir s'il existe une tradition de film musicaux en extrème-orient. Je suppose que l'opéra chinois classique ou maoiste a été adapté au cinéma, mais en fait je n'en sais rien. Quand au Japon, à la Corée, aucune idée ! Si vous avez des suggestions, une expertise, des références à signaler, etc., n'hésitez pas à compléter l'article où à venir en parler ici par exemple. Merci d'avance.